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Alcools forts : pourquoi les Français en achètent de moins en moins

Les spiritueux souffrent aussi d’une érosion d’image. Longtemps associés à la convivialité ou à un certain art de vivre, ils peinent à séduire les nouveaux profils d’acheteurs.

Léo Charcosset

L'alcool pourrait coûter plus cher l'année prochaine
Alcools forts : pourquoi les Français en achètent de moins en moins | journaldeleconomie.fr

Le 14 juin 2025, les chiffres ont confirmé un repli inédit : les achats d’alcool fort sont en chute libre, et 15 % des Français ne consomment plus du tout ce type de boisson. Un changement de comportement qui impacte toute la chaîne, des producteurs aux distributeurs.

Des volumes en net recul dans tous les circuits de distribution

Le marché français des spiritueux traverse une phase de contraction continue. Selon la Fédération française des spiritueux, les ventes en grande distribution ont chuté de 3,8 % en 2024, pour atteindre 247 millions de litres. Dans les cafés, hôtels et restaurants, la baisse atteint 2 %, à 20,8 millions de litres.

Ce repli concerne tous les produits : CognacWhiskyVodkaGinRhum, et liqueurs variées. Les données publiées par Les Échos font état d’une « dégringolade persistante », affectant aussi bien la consommation domestique que les sorties au restaurant.

Une abstinence croissante qui redessine la consommation

Le chiffre marquant de cette tendance est celui diffusé par BFMTV le 14 juin 2025 : « 15 % des Français ne boivent plus une goutte d’alcool ». Une évolution confirmée par 20 Minutes , qui rapporte que « le secteur du spiritueux est de plus en plus inquiet ».

Dans le détail, ce sont les jeunes générations qui se détournent le plus du rayon spiritueux. 20 Minutes, dans son article du 12 juin 2025, souligne que les 18-34 ans sont désormais 13,4 % à ne plus consommer d’alcool fort à domicile, soit le double par rapport à 2020.

Ce désintérêt croissant se traduit par une baisse de fréquentation des rayons spécialisés et un déplacement de la demande vers d’autres segments : vins à faible teneur en alcool, cocktails pré-mixés ou boissons sans alcool.

L’effet “Dry January” et l’impact sur les temps forts commerciaux

Le phénomène est amplifié par les temps forts de la consommation. Le Dry January 2024 a provoqué un effondrement de 22 % des ventes de spiritueux dans la restauration, selon des chiffres relayés par Rayon-Boissons.

Ces chiffres confirment une mutation des comportements d’achat, avec une saisonnalité plus marquée, des pics de désengagement, et un effet d’entraînement au sein des catégories proches. Les spiritueux souffrent aussi d’une érosion d’image. Longtemps associés à la convivialité ou à un certain art de vivre, ils peinent à séduire les nouveaux profils d’acheteurs.

Les campagnes marketing traditionnelles, basées sur l’excellence ou la tradition, semblent moins efficaces auprès d’un public plus volatile, moins fidèle à la marque, et plus attentif à d’autres critères : composition, origine, teneur, degré d’innovation produit. Selon le baromètre SOWINE/Dynata 2025, seuls 22 % des 18-25 ans trouvent les spiritueux « attractifs », un score historiquement bas.

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Non, boire un verre de vin par jour n’est pas bon pour la santé, voici pourquoi

Philippe, ARVERS, médecin addictologue à l’Université Grenoble Alpes.

Certaines substances et produits sont aujourd’hui reconnus comme dangereux… Mais on leur a parfois prêté, par le passé, des vertus curatives ou de beauté. Erreur tragique. Pour le deuxième épisode de notre série « Les fausses bonnes idées en santé », nous revenons sur une controverse scientifique : le « French paradox », ou quand des chercheurs ont suggéré que le vin protégeait les Français des maladies cardio-vasculaires.

Par le passé, divers travaux ont suggéré qu’une consommation modérée d’alcool aurait pu avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, comparativement à l’abstinence. Cet effet était supposé expliquer le célèbre « French paradox », qui intriguait les épidémiologistes depuis les années 1970 : pourquoi la mortalité par maladie coronarienne était-elle moins importante en France qu’au Royaume-Uni, alors qu’on y mangeait plus de graisses animales et qu’on y fumait autant ?

Lire aussi : CARTES. Dry january : où boit-on le plus (ou le moins) d’alcool en France ?

Longtemps discuté, cet effet protecteur est aujourd’hui battu en brèche. En 2016 déjà, une équipe de l’Université de Victoria (Canada) avait démontré l’absence d’effet bénéfique sur la mortalité d’une consommation modérée d’alcool. Ses auteurs révélaient notamment que la mortalité, toutes causes confondues, ne semblait pas réduite chez les consommateurs modérés par rapport à la mortalité de consommateurs excessifs.

2019, cette absence d’effet s’est vu à nouveau confirmée par une grande étude prospective chinoise publiée dans la prestigieuse revue The Lancet. Le rôle joué par l’alcool dans le célèbre « paradoxe français » semble bien avoir du plomb dans l’aile…

Le paradoxe français

En 1992, Serge Renaud et Michel de Lorgeril présentaient le « French paradox » dans The Lancet : une consommation journalière de 20 à 30 grammes d’éthanol (soit deux à trois verres standards) pouvait réduire le risque de maladie coronarienne de 40 %.

L’explication donnée alors par les deux auteurs était une baisse de la réactivité des plaquettes, une diminution de leur agrégation. Ils pointaient également l’importance de l’alimentation et plus particulièrement du régime méditerranéen (pain, fruits et légumes, fromage et vin).

Plusieurs autres hypothèses ont cependant été suggérées pour expliquer ce phénomène : plus faible consommation de lactose, moindre consommation d’acides gras trans. On peut légitimement supposer qu’un niveau de développement socio-économique et des modes de vie différents (moins de stress ?) ont aussi une influence.

Ce « French paradox » a fait couler beaucoup d’encre, et la controverse n’est pas terminée. Ainsi, en 2015, un article paru dans la revue la Presse médicale recommandait de boire 1 à 2 verres par jour (soit 10 à 20 grammes d’alcool). Il a entraîné une réponse cinglante, dans la même revue, sous la forme d’un article au titre évocateur : « Le vin : bon pour la santé… des producteurs, et seulement eux ! ». On pouvait notamment y lire : « La recommandation “1 à 2 verres par jour” est médicalement dangereuse. Si des doses faibles ou modérées d’alcool ont un effet protecteur coronaire, celui-ci ne serait que très faible et faudrait-il encore être exposé au risque, ce qui n’est pas le cas des jeunes et des femmes avant 50 ans. »

Lire aussi : ENQUÊTE. Comment le lobby de l’alcool et du vin fait tout pour limiter l’ampleur du « Dry January »

Alors, qui croire ? Pour le savoir, il faut avant tout faire le point sur les conséquences de la consommation d’alcool.

Mortalité liée à l’alcool : la courbe en « J »

En France, on dénombre chaque année 41 000 décès attribuables à l’alcool : 30 000 hommes (soit 11 % de la mortalité des adultes de 15 ans et plus) et 11 000 femmes (soit 4 % de la mortalité des adultes de 15 ans et plus). Les causes de cette mortalité sont multiples : outre les maladies cardio-vasculaires, l’alcool entraîne cancers (foie, colon-rectum, sein, voies aérodigestives supérieures), cirrhose du foie, pancréatite, diabète, épilepsie, accidents et suicides…

Et nul besoin de consommer excessivement pour s’exposer au risque, puisqu’on sait aujourd’hui que pour les cancers et l’épilepsie, pour la cirrhose du foie et la pancréatite, ainsi que pour de nombreuses maladies cardio-vasculaires, il existe une relation effet-dose dès le premier verre d’alcool.

Les choses sont un peu différentes pour les décès par accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVC) et par cardiopathies ischémiques : le risque relatif de décès est moins élevé chez les buveurs « modérés » d’alcool que chez les abstinents et les buveurs « excessifs ». On parle alors de « courbe en J » (ou de courbe « en U »).

Lire aussi : Pourquoi servait-on du vin aux enfants dans les cantines scolaires françaises jusqu’en 1956 ?

Le risque de survenue d’un infarctus du myocarde suit également une telle courbe. C’est une des raisons qui poussent certains à continuer à faire la promotion de l’alcool, et du vin en particulier, sur le mode « consommé modérément le vin, c’est bon pour le cœur ». Mais ce raccourci est problématique, car la courbe en J reflète en effet une tendance globale, valable à l’échelle d’une population donnée. Les conséquences de la consommation d’alcool pour un individu particulier peuvent être sensiblement différentes, car chacun peut présenter ou non d’autres facteurs de risque et/ou de protection.

Autre argument souvent entendu : le vin n’a pas les mêmes effets que les autres alcools. À ce sujet, il faut signaler que, si de nombreuses études se sont intéressées à l’incidence éventuelle du type de boisson (vin, bière, etc.) sur la mortalité cardio-vasculaire, rien de probant n’en est sorti. Aucune étude n’a été en mesure de démontrer de différence entre les conséquences de la consommation de vin et de bière par exemple.

Quant à la modération, elle n’apporte pas non plus d’effet bénéfique en termes de mortalité, comme le démontrent des travaux récents. À condition de prendre garde aux biais méthodologiques…

Mortalité : pas d’effet bénéfique des consommations modérées

En 2006, une méta-analyse (analyse de travaux scientifiques déjà publiés), révélait que de nombreux travaux sur les effets de l’alcool comportaient un important biais méthodologique : souvent, le groupe de référence utilisé (celui des « abstinents ») incluait en fait des individus consommant de l’alcool occasionnellement, ainsi que d’anciens buveurs.

En excluant de telles études pour ne garder que celles jugées exemptes de ce biais, les auteurs concluaient qu’aucune protection significative en termes de maladies cardiovasculaires ne pouvait être décelée. À l’époque, ils déclaraient que : « La protection cardiaque offerte par l’alcool pourrait avoir été surestimée. Les estimations de la mortalité due à une consommation excessive d’alcool peuvent également être plus élevées que les estimations antérieures. »

Dix ans plus tard, ces mêmes auteurs ont publié une autre méta-analyse, visant à explorer l’association entre la consommation d’alcool et le risque de décès « toutes causes ». Leurs résultats sont sans appel : les buveurs modérés (1,3 à 24,9 g d’alcool par jour) perdent tout avantage de santé par rapport aux abstinents. On est donc très loin des effets supposés du « French paradox ».

Autre résultat important à souligner : la courbe en J n’est pas retrouvée lorsqu’on prend en compte les faux-abstinents et les facteurs de confusion qui peuvent interférer avec les résultats (âge, sexe, tabagisme, nombre d’années de suivi).

Une étude sur plus de 500 000 personnes

Début avril 2019, un nouveau clou a été planté dans le cercueil des effets bénéfiques d’une consommation modérée d’alcool sur la mortalité, avec la publication d’une étude prospective chinoise d’ampleur. Cette dernière a suivi, pendant près de 10 ans, l’évolution de la santé de 512 715 adultes vivant dans 10 régions de Chine, en prenant en compte leur consommation d’alcool et d’autres caractéristiques.

Les auteurs ont voulu déterminer si les effets cardiovasculaires rapportés par les précédentes études étaient effectivement dus à une absorption modérée d’alcool. Dans les faits, cette relation de causalité est difficile à établir, car de nombreux facteurs autres que la consommation d’alcool influent sur le risque de survenue de maladies : tabagisme, alimentation, sédentarité…

Par ailleurs, il faut se méfier des causalités inversées : des personnes en mauvaise santé limiteront leur consommation d’alcool, alors que des personnes en bonne santé feront moins attention. Mais cela ne signifie pas que s’abstenir de consommer de l’alcool détériore la santé…

Pour tenter de faire la part des choses, deux approches ont été employées. L’une était basée sur l’épidémiologie conventionnelle : la consommation d’alcool était estimée par questionnaire, les participants déclarant eux-mêmes les quantités ingérées. L’autre s’appuyait sur une particularité génétique.

En effet, de nombreux individus d’origine asiatique sont porteurs de mutations entraînant la déficience d’une enzyme impliquée dans l’élimination de l’alcool. Chez eux, l’absorption d’alcool se traduit par un afflux de sang facial (« flush syndrome ») et des symptômes désagréables (maux de tête, hypotension, tachycardie…). Leur consommation est de facto modérée. Donc en connaissant leur profil génétique, on peut prédire leur consommation.

Absence d’effet confirmée

Les résultats révèlent que la tension artérielle et le risque d’accident vasculaire cérébral augmentent de concert avec l’augmentation de la consommation d’alcool. Pour les AVC et les hémorragies intracérébrales, la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype est associée au risque de maladie de manière continue. les affirmations antérieures selon lesquelles une ou deux consommations par jour pourraient protéger contre les accidents vasculaires cérébraux sont donc fausses.

Pour les infarctus du myocarde, la situation est à nouveau un peu différente, puisque la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype n’est pas associée significativement au risque de maladie.

Ladite consommation semble avoir un petit effet net positif sur le risque d’infarctus du myocarde, lié peut-être, selon les auteurs, à une augmentation du HDL-cholestérol (un effet constaté chez les personnes dont l’alcoolisation est chronique). Cependant, comme l’ont souligné Alain Braillon et Gérard Dubois dans La Presse Médicale, s’il existe un effet protecteur coronaire, il n’est que très faible et ne concerne pas tout le monde.

En définitive, il est surtout important de rappeler qu’il n’existe pas de consommation d’alcool « sans risque », comme l’avait montré une autre méta-analyse parue l’an dernier dans The Lancet. Mieux vaut donc plutôt parler de consommation d’alcool « à moindre risque ». Et relire les recommandations de Santé publique France, plus strictes que celles de l’OMS. 

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

« L’alcoolisme est bien une maladie » rappelle Corinne Derangère, présidente de la Croix Bleue en Franche-Comté

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Corinne Derangère, présidente de la Croix Bleue, invitée d’ICI Matin. © Radio France

Flora Midy

Diffusé le vendredi 23 mai 2025

Jeudi 22 mai, l’association « Vie libre » à Audincourt organisait un atelier à la Maison des usagers de l’hôpital Nord Franche-Comté sur la consommation d’alcool. Initiative soutenue par Corinne Derangère, président de l’association la Croix Bleue, qui accompagne également les personnes alcooliques.

Ce n’est pas toujours facile de dire « non » à l’alcool. Un atelier avait lieu jeudi 22 mai à la Maison des usagers de l’Hôpital Nord Franche-Comté, pour échanger sur la consommation d’alcool. Le sujet est encore souvent tabou. En Franche-Comté, l’association la Croix Bleue accompagne justement les personnes qui souffrent de cette addiction. Sa présidente, Corinne Derangère, était l’invitée d’ICI Matin

Elle accompagne les personnes en situation d’alcoolisme depuis 40 ans. On lui a demandé de partager sur notre antenne deux souvenirs de parcours qu’elle garde en tête. Le premier est dramatique : « Je vais vous parler de Pierre, qui était notaire, qui a tout perdu. Il a perdu son notariat, il a perdu sa famille. Alors, il était polyaddict, donc cocaïne, alcool. Il a eu beaucoup, beaucoup de mal, il a fait de nombreuses cures. La dernière qu’il a faite, il est sorti de cure. Il était complètement sevré à la cocaïne, l’alcool pas tout à fait, mais il avait ce désir de s’en sortir. Il a fait une chute dans la rue, sous alcool, et chute fatale« .

Et puis, Corinne Derangère a partagé une histoire qui se termine bien : « Je vais parler de notre Gilou. C’est un monsieur qui travaillait à Peugeot. Et on lui a mis le couteau sous la gorge en lui disant « Ou tu arrêtes de boire, ou on te licencie. » Puis normalement, on sait que les injonctions, ça ne marche pas forcément puisqu’il faut que le désir d’arrêter vienne de soi-même. Mais il en a pris conscience quand même. Il a arrêté de consommer totalement. Actuellement, il fait de l’accompagnement. Il a pris des responsabilités à une époque. Bon, il a décidé d’arrêter. Et à la Croix-Bleu, nous avons fait son mariage« ..

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Les pays où l’on consomme le plus d’alcool

Le marché mondial des boissons alcoolisées est estimé à environ 1,62 trillion de dollars par an.

L’Europe domine largement la consommation à l’échelle mondiale, mais certains pays asiatiques se distinguent également.

Découvrons maintenant quelles sont les nations qui consomment le plus d’alcool.

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Alcool et cancer : il y a un risque dès les premiers verres


L’ESSENTIEL

  • Même en faible quantité, l’alcool augmente le risque de développer un cancer.
  • Cette boisson est un facteur de risque comme divers cancers (foie, bouche, sein, colorectal, etc.) et maladies cardiovasculaires (cardiopathie ischémique, hypertension artérielle).
  • Pour limiter les risques, il est recommandé de limiter sa consommation : pas plus de deux verres par jour et pas tous les jours.

28.000 nouveaux cas de cancer sont attribuables à la consommation d’alcool chaque année, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ce qui en fait la deuxième cause évitable de mortalité par cancer, derrière le tabac. “Vous vous demandez peut-être quelle quantité d’alcool vous pouvez boire en toute sécurité et sans risque, écrit Panoti Mandrekar, professeur à la faculté de médecine Chan de l’université du Massachusetts, aux États-Unis, dans un article de The ConversationSi vous posez la question aux médecins et aux scientifiques, vous n’aimerez peut-être pas la réponse : aucune”. 

La consommation d’alcool est néfaste pour la santé. Elle est responsable de plus de 200 maladies et atteintes diverses, d’après l’Inserm. Certaines y sont exclusivement attribuables comme la cirrhose alcoolique. Pour d’autres, cette boisson est un facteur de risque pour divers cancers (foie, bouche, sein, colorectal, etc.) et pour des maladies cardiovasculaires (cardiopathie ischémique, hypertension artérielle). 

La consommation d’alcool n’est jamais sans risque, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). “Pour le dire simplement, l’alcool est toxique, assure le docteur Carina Ferreira-Borges, directrice par intérim de la division Maladies non transmissibles et cheffe du programme Alcool et drogues illicites à l’OMS/Europe. Lorsqu’il traverse le corps, il endommage chaque organe. Il est donc parfaitement sensé de limiter la quantité d’alcool consommée, de trouver des moyens de remplacer l’alcool par d’autres boissons et d’adopter des politiques nationales qui contribuent à une réduction de la consommation d’alcool”. Pour le cancer du sein par exemple, chaque unité journalière consommée augmente le risque.

Pour ce même cancer, l’OMS avait mesuré le niveau d’information de la population. Dans une note, l’instance de santé indique que seuls 21 % des femmes – et 10 % des hommes – connaissaient le lien avec la consommation d’alcool et le risque de développer un cancer du sein. Pourtant, il représente 66 % de tous les cas attribuables à l’alcool chez les femmes.

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Alcool : le « Vody », la nouvelle boisson énergisante alcoolisée qui inquiète

Publié le 02/05/2025

Alcool : le "Vody", la nouvelle boisson énergisante alcoolisée qui inquiète

2min

Article rédigé par France 2 – S. Brunn, L. Quérin, N. Auer, A. Mazigh, L. Gaydu, Guadeloupe La 1ère, J. Cohen-Olivieri

On les trouve dans certaines petites épiceries du nord de Paris. Une nouvelle boisson potentiellement dangereuse a fait son apparition : le « Vody », une boisson énergisante et alcoolisée, un mélange de vodka et de boisson énergisante. Plusieurs parfums existent déjà et ce produit, fabriqué en Allemagne, est vendu en canettes au prix de 3,50 euros.

Un « marketing cynique »

La boisson est largement distribuée en Afrique et en Outre-mer depuis quelques années. De plus en plus de consommateurs en font la promotion sur les réseaux sociaux et quelques passants interrogés nous confirment en avoir consommé. En Guadeloupe, plusieurs jeunes ont fait des comas éthyliques après une consommation excessive du produit.

La Répression des fraudes a ouvert une enquête pour identifier le réseau de distribution. « On est dans du marketing cynique et pur », constate le Dr William Lowenstein, addictologue et président de SOS Addictions.

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Consommation d’alcool en France : ce que révèlent les dernières statistiques

L’alcool occupe une place centrale dans la culture française, mais les habitudes de consommation évoluent. Entre baisse de l’engouement pour le vin, popularité croissante des cocktails et influence des réseaux sociaux, les comportements changent. Décryptage des nouvelles tendances et de leur impact sur la société.

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Par Isabelle MAGDELENAT DELOGE, Journaliste web.

La France, patrie du vin et des spiritueux, entretient un rapport particulier avec l’alcool. Si les boissons alcoolisées sont associées aux traditions et aux moments de convivialité, elles constituent aussi un enjeu de santé publique majeur. Chaque année, des millions de Français consomment de l’alcool, avec des tendances de consommation qui varient selon l’âge et les influences culturelles. Alors que les jeunes générations semblent moins attachées au vin que leurs aînés, elles se tournent davantage vers des boissons plus modernes, comme les cocktails ou la bière artisanale.

En parallèle, la question des risques liés à l’alcool reste centrale. Avec un coût social estimé à plus de 118 milliards d’euros par an, l’alcoolisme est un problème de santé publique de premier ordre. L’État et les associations mènent des campagnes de sensibilisation pour limiter les excès, notamment à destination des plus jeunes. Toutefois, les campagnes de prévention peinent parfois à rivaliser avec les stratégies marketing des marques, omniprésentes sur les réseaux sociaux via des influenceurs. Décryptage de cette relation complexe entre les Français et l’alcool.

Les habitudes de consommation : un fossé entre générations

La consommation d’alcool en France varie considérablement en fonction de l’âge. Les 18-24 ans sont 27,3 % à boire chaque semaine, une proportion nettement inférieure à celle des générations plus âgées. En effet, 43,8 % des 65-75 ans consomment de l’alcool de manière hebdomadaire, signe que les habitudes évoluent avec le temps.

Si le vin a longtemps été la boisson préférée des Français, son déclin est notable. En 1975, un Français consommait en moyenne 100 litres de vin par an, un chiffre qui a fortement chuté puisque aujourd’hui les Français en consomment 35 litres par an. Le vin reste tout de même la boisson préférée de 60% des Français. La bière arrive en deuxième position avec 58%, vient ensuite le champagne avec 39%, les cocktails avec 31%, le cidre avec 22% et enfin les spiritueux pour 21% des personnes interrogées.

Les campagnes comme le Dry January, qui incite à une pause d’un mois sans alcool, attirent de plus en plus d’adeptes. En 2024, 4,5 millions de Français y ont participé, un chiffre en constante augmentation. Cette prise de conscience, encouragée par les autorités sanitaires et relayée sur les réseaux sociaux, témoigne d’une évolution vers une consommation plus modérée et réfléchie.

L’influence des réseaux sociaux sur la consommation

La publicité pour l’alcool est strictement encadrée en France depuis la loi Évin, mais cela n’empêche pas les marques de contourner ces restrictions via les influenceurs. En 2023, plus de 483 influenceurs ont promu près de 800 marques d’alcool sur les réseaux sociaux. Un phénomène préoccupant, car ces contenus, souvent non signalés comme publicitaires, touchent une audience jeune et influençable.

Le marketing digital joue un rôle clé dans l’évolution des tendances de consommation. Les marques misent sur des campagnes attractives, des collaborations avec des influenceurs et des événements exclusifs pour séduire la génération ZCocktails sophistiqués, bières artisanales et alcools premium sont devenus les nouveaux symboles de convivialité, reléguant le vin à une image plus traditionnelle et vieillissante.

Cette omniprésence pose la question de la régulation : comment protéger les jeunes consommateurs sans brider totalement la communication des marques ? Les autorités tentent de renforcer la transparence et de responsabiliser les influenceurs, mais la frontière entre publicité et contenu organique reste souvent floue.

Les enjeux sanitaires et économiques de l’alcool

L’alcool représente un défi majeur pour la santé publique en France. 85 % des 16-17 ans ont déjà goûté à l’alcoolune précocité qui inquiète les experts. La banalisation de la consommation dès l’adolescence peut entraîner des comportements à risque, notamment l’alcoolisation excessive lors des soirées étudiantes.

Au-delà des problèmes de santé, le coût économique et social de l’alcool est considérable. L’alcool entraîne chaque année un coût estimé à 118 milliards d’euros, englobant les dépenses de santé, les pertes de productivité et les conséquences sociales (accidents, violences, addictions). Face à cette réalité, le gouvernement tente d’intensifier les actions de prévention et de lutte contre l’alcoolisme.

Cependant, la régulation se heurte à des intérêts économiques puissants. La France compte plus de 33 754 cafés, bars et pubs, un secteur qui génère des milliers d’emplois. L’industrie de l’alcool représente un poids économique considérable, ce qui explique en partie la difficulté d’imposer des restrictions plus strictes. Entre impératifs de santé publique et enjeux économiques, la France peine à trouver un équilibre.

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SANTÉ – Chine: première implantation réussie d’une puce anti-alcool dans le corps d’un patient

26 avril 2025

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Une opération chirurgicale a été réalisée à Fuyang, en Chine, au cours de laquelle un médicament à libération prolongée, le chlorhydrate de naltrexone, a été implanté sous la peau du bas-ventre d’un patient, via une incision d’à peine 1 cm.

Ce médicament agit en bloquant les récepteurs de plaisir liés à la consommation d’alcool, réduisant ainsi le désir psychologique de boire. L’intervention, réalisée sous anesthésie locale, dure moins de 5 minutes.

Le patient, nommé « Li » — un quadragénaire — souffrait d’alcoolisme depuis plus de vingt ans. Malgré de nombreuses tentatives de traitement, il rechutait constamment, avec neuf hospitalisations pour des crises de dépendance. L’alcool avait non seulement gravement affecté sa santé, mais avait aussi détruit ses relations familiales, marquées par des disputes fréquentes et un comportement agressif.

Face à cette nouvelle option thérapeutique proposée par l’hôpital, « Li » a décidé de tenter l’implantation de l’implant après avoir consulté sa famille.

Cette technique est désormais disponible dans plusieurs villes chinoises telles que Chengdu, Wenzhou et Zhoukou.

En février 2025, un autre patient, âgé de 35 ans dans la province du Hubei, a rapporté avoir complètement perdu toute envie de consommer de l’alcool, même en sentant son odeur.

Avantages de cette technologie  :

Intervention chirurgicale minime (1 cm seulement).

Réalisée sous anesthésie locale,

Durée d’opération très courte (moins de 5 minutes).

Effet thérapeutique prolongé,

Réduction significative de l’envie psychologique de consommer.

Cet exploit médical représente une avancée importante dans le traitement de l’alcoolisme, offrant une solution pratique aux patients pour qui les méthodes traditionnelles ont échoué.

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La lettre du CNPERT (Avril 2025)

 Lettre N°95   

Président : Pr. Jean-Pierre Goullé 
    

EDITORIAL du Président du CNPERT Jean-Pierre Goullé 

­L’opération « mois de janvier sobre » ou « dry january » se déroule dans l’hexagone depuis 2020 : c’est donc la sixième édition en 2025. Elle connaît chaque année un succès croissant, puisqu’en 2024, ce défi a été suivi par près de 4,5 millions de personnes selon une étude qui a été publiée en décembre 2024 et qui est résumée dans cette lettre N°95.  

Il est regrettable que l’opération « mois de janvier sobre » n’ait pas reçu de soutien officiel. Le retrait du gouvernement du lancement initial a privé la campagne du financement nécessaire à la publicité, notamment via un site Web dédié et une application pour smartphone, indispensables à la diffusion, afin d’améliorer la sensibilisation à la consommation de boissons alcooliques, mais aussi la participation du plus grand nombre à cette campagne.  

En France, le marché des boissons rafraîchissantes sans alcool, terme consacré, est très réglementé. Il est régi par le décret 92-307 en date du 31 mars 1992. Le titre alcoométrique doit être inférieur ou égal à 1,2% par volume, soit 12 g d’alcool pur pour un litre – pour celles qui atteignent ce chiffre, l’équivalent d’une « unité alcoolique » (10 g) – on devrait donc plutôt parler de teneur réduite en alcool.  

Le marché de ces boissons se développe considérablement, qu’il s’agisse de bières, de cocktails ou encore de vins. Davantage de produits sont proposés aux consommateurs, qui peuvent ainsi déguster une boisson dont le goût, les arômes et les sensations sont assez similaires à ceux d’une boisson alcoolique traditionnelle.  En France, le marché a augmenté de 13% en 2021 et il connaît chaque année une progression d’environ 10%. Au niveau mondial, le marché des boissons pauvres en alcool ou qui n’en contiennent pas, a connu une hausse de 7% entre 2021 et 2022.  

Le chiffre d’affaires s’établissait à 11 milliards de dollars en 2022, contre 8 milliards en 2018. Il est certain que les habitudes de consommation évoluent : aujourd’hui de plus en plus de personnes se tournent vers des boissons non alcooliques pour des raisons personnelles, professionnelles, religieuses, de santé, mais aussi de mode de vie. Dans ce numéro, deux résumés sont consacrés à l’alcool. Le premier, par le Dr Alexis Demas, fait la synthèse d’une étude française publiée récemment sur le « dry january ». Le second, par le Pr Jean-Paul Tillement, dresse le bilan de l’alcoolisme en France en 2023.

Jean-Pierre Goullé­Le « Dry January » en France : Un défi d’un mois pour un impact durable sur la consommation d’alcool

Depuis son lancement au Royaume-Uni en 2013, la campagne « Dry January » (ou Janvier sobre) a gagné du terrain dans de nombreux pays, dont la France. L’objectif ? Encourager les participants à s’abstenir de toute consommation d’alcool pendant un mois, dans l’espoir d’adopter une relation plus modérée et consciente avec cette substance.
Une récente étude française, publiée dans Frontiers in Public Health, a examiné la prévalence et les caractéristiques des participants à cette campagne en France.­Lire la suite 

­L’alcoolisme en France en 2023, le bilan de l’OFDT­Comme chaque année, l’OFDT présente le bilan analytique de l’alcoolisme en France en trois volets : l’offre d’alcool, ses usagers et les conséquences encourues.
Le volume d’alcool pur mis en vente en 2023 est d’environ 6 millions d’hectolitres, répartis en ….Lire la suite 

Le tabac : Combien ?
Le tabac tue. C’est entendu. Mais combien ? Les 75.000 morts annuelles en France (55.000 hommes et 20.000 femmes soit 3 décès par an et par bureau de tabac) ne sont guère parlants car ils sont dispersés, sous des diagnostics divers, et ne tiennent pas dans le champ de vision.

C’est un peu mieux si l’on dit que les 8.000.000 de décès annuels dans le monde équivalent à 44 Airbus A380 de 500 places qui s’écrasent chaque jour.

C’est plus impressionnant, mais ce qui l’est plus encore, c’est…..Lire l’article­

Drogues illicites en France : niveaux d’usage en 2023
Alors que l’usage de drogues illicites ne cesse de progresser dans notre pays, les niveaux de consommation sont préoccupants. En effet, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) a dévoilé récemment les résultats de son enquête 2023 sur ces consommations.

La précédente enquête comparable, remontant à 2017, a montré en 6 ans une nette hausse des usages. La présente étude a été réalisée à partir d’un échantillon représentatif de 15.000 personnes âgées de 18 à 75 ans de France métropolitaine…. Lire la suite 

­­Le nourrisson, un utilisateur nouveau et insoupçonné des écransIl est courant d’observer que des enfants, parfois très jeunes, sont exposés à des écrans dans leur environnement quotidien. Des études ont révélé que les nourrissons et les enfants français âgés de 0 à 3 ans passent en moyenne 30 minutes par jour devant des écrans jusqu’à l’âge de 12 mois, puis 50 minutes de 24 à 29 mois et près d’une heure de 30 à 35 mois (Le Heuzey and Turberg- Romain, 2015)…­Lire l’article­

Résumé du rapport de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Tendances addictives) sur les traitements de substitution aux opiacés (12-2024)Ce rapport fait appel à de nombreuses études statistiques issues des services publics (dont la CNAM) et est illustré de figures claires qui montrent des évolutions sur la période 2012- 2023.

Rappelons que les traitements des personnes dépendantes des opiacés/opioïdes sont organisés en France depuis près de 30 ans, avec – entre autres – la mise à la disposition de l’ensemble du corps médical de la buprénorphine haut dosage (BHD), alternative recommandée face aux risques de surdose liés à l’autre médicament de substitution, la méthadone ; le double but initial était (i) de supprimer les risques de surdoses mortelles des injections IV d’héroïne et les risques infectieux (VIH et hépatites, liés aux échanges de seringues), et (ii) de permettre la réinsertion sociale des consommateurs.

Ces traitements de substitution des opiacés (TSO) devaient aussi, à terme, permettre des sevrages secondaires, éventualité qui a été malheureusement oubliée depuis…Lire le résumé­­
Une nouvelle piste dans le traitement des addictions ?­Les « incrétines », qui sont des substances libérées par le tube digestif (iléon, colon) à l’arrivée du bol alimentaire, font baisser la glycémie, en stimulant la sécrétion d’insuline par le pancréas. Parmi ces incrétines le GLP- 1 (glucagon-like peptide-1) et le GIP (glucose- dependent insulinotropic polypeptide).­Lire l’article 

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Cannabis et schizophrénie

 ­Une imagerie PET scan (tomographie par émission de positrons) a permis de constater une réduction des synapses (éléments spécialisés dans la communication entre les cellules nerveuses/neurones) dans certaines régions du cerveau.

Cette réduction a été observée à des stades très précoces de la schizophrénie chez des sujets jeunes … ­Lire l’article

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Pr. Jean-Pierre Goullé 

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