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Boire ou conduire : l’IA pourra bientôt détecter quand vous êtes saoul

© Getty Images

Des chercheurs australiens ont mis en place une caméra capable de détecter notre alcoolémie, une technologie qui permettrait bientôt de réguler la conduite en état d’ivresse ?

Si boire de l’alcool devrait prohiber la prise du volant, les chiffres nous montrent que nombreux sont encore les conducteurs qui roulent avec un coup dans le nez. Face à ce comportement délétère, de nombreuses technologies ont tenté d’enrayer le problème, avec un succès relatif.

Récemment, des chercheurs australiens ont développé un prototype qui permettrait sur une simple analyse faciale d’établir si un conducteur est capable de prendre le volant ou non. Une caméra qui serait capable de deviner combien de bières ont été ingurgitées, en bref.

Pour développer ce dispositif, soixante volontaires ont participé à l’expérience. Tous ont consommé de l’alcool en quantités différentes et été placés dans des simulateurs de conduite, filmés par une caméra. Les données ont ensuite été soumises à l’analyse d’une IA «  à la recherche de corrélations significatives entre les expressions du visage et le niveau d’alcoolisation« , comme l’explique Korii qui rapporte que les résultats de l’étude sont prometteurs : dans 75% des cas, l’intelligence artificielle détecte avec une précision étonnante (de 0,5 g/l dans le sang) le niveau d’alcoolémie des volontaires. 

Une caméra utilisée pour surveiller sur les routes ?

Il serait donc possible d’évaluer son propre taux d’alcool avant de prendre le volant, mais si l’on sait qu’on ne peut compter sur la seule bonne volonté des conducteurs, ce dispositif pourrait à l’avenir être employé par les forces de l’ordre, comme l’indique le chercheur principal, le Dr Syed Zulqarnain Gilani au média New Atlas : « la prochaine étape de nos recherches consistera à définir la résolution d’image nécessaire à l’utilisation de cet algorithme. Si les vidéos à faible résolution s’avèrent suffisantes, cette technologie pourra être utilisée par les caméras de surveillance installées sur le bord des routes, et les forces de l’ordre pourront s’en servir pour prévenir la conduite en état d’ivresse. » 

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L’alcool tue 2,6 millions de personnes par an, selon l’OMS

L’alcool tue 2,6 millions de personnes par an, a indiqué mardi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour qui ce chiffre reste « inacceptablement élevé » malgré une légère baisse ces dernières années. Le dernier rapport de l’agence de santé de l’ONU sur l’alcool et la santé souligne que l’alcool cause quasiment un décès sur 20 chaque année au niveau mondial, en incluant les accidents de la route qui y sont liés, les violences, les abus et une multitude de maladies et de troubles.

Selon le rapport, 2,6 millions de décès ont été attribués à l’alcool en 2019 – les dernières statistiques disponibles -, soit 4,7% des décès dans le monde cette année-là. Les hommes représentent les trois quarts de ces décès. « L’utilisation de substances nuit gravement à la santé individuelle, augmente les risques de maladies chroniques et de maladies mentales et a pour résultat tragique des millions de morts évitables chaque année », a déploré le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un communiqué. Dans le rapport, il pointe « une certaine réduction de la consommation d’alcool et des maux induits depuis 2010 dans le monde ».

Mais « les maux sanitaires et sociaux dûs à l’abus d’alcool restent inacceptablement élevés », pour M. Tedros, qui souligne que les jeunes sont touchés de manière disproportionnée. La plus forte proportion de morts attribuables à l’alcool en 2019 se trouve dans la tranche des 20-39 ans, avec 13% des décès.

Cancers et accidents

L’alcool provoque une flopée de maladies, dont la cirrhose du foie et certains cancers. Sur les 2,6 millions de morts liées à l’alcool en 2019, le rapport indique que 1,6 million de personnes sont mortes de maladies non transmissibles, dont 474.000 de maladies cardiovasculaires et 401.000 de cancers. 724.000 décès supplémentaires résultent de blessures, dont des accidents de la route et de l’automutilation.

L’abus d’alcool rend également les personnes plus fragiles face à des maladies infectieuses comme la tuberculose, le sida et la pneumonie. Environ 209 millions de personnes vivaient avec une dépendance à l’alcool en 2019, soit 3,7% de la population mondiale. Dans le même temps, la consommation annuelle individuelle a légèrement baissé, à 5,5 litres en 2019 contre 5,7 litres neuf ans auparavant, selon le rapport.

Mais la consommation est répartie de façon inégale sur le globe, avec plus de la moitié de la population mondiale âgée de plus de 15 ans qui s’abstient totalement. L’Europe a les plus hauts niveaux de consommation, avec 9,2 litres d’alcool par an et par moyenne, suivie par les Amériques avec 7,5 litres. Les consommations les plus basses se retrouvent dans des pays à majorité musulmane en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie, explique le rapport.

Gros buveurs

En moyenne, un buveur a consommé 27 grammes d’alcool par jour en 2019, selon le rapport. Cela équivaut à peu près à deux verres de vins, deux bières ou deux shots d’alcool fort. « Ce niveau et cette fréquence de consommation sont associés à des risques plus élevés d’attraper de nombreuses maladies, ainsi qu’à la mortalité et les handicaps » qui les accompagnent, prévient l’OMS. 

En 2019, 38% des buveurs habituels ont reconnu s’être engagés dans des épisodes de forte consommation, définis comme la consommation d’au moins 60 grammes d’alcool pur lors d’une ou plusieurs occasions durant le mois qui précède.

Au niveau mondial, 23,5% des 15-19 ans sont considérés comme des buveurs habituels. Mais le chiffre bondit à plus de 45% pour les personnes de cet âge vivant en Europe, et à près de 44% pour ceux vivant aux Amériques. Au vu de l’ampleur du problème, l’OMS pointe un besoin urgent d’améliorer l’accès à des traitements de qualité pour les troubles liés à l’usage de substances.

En 2019, la proportion de personnes en contact avec des services s’occupant de toxicomanie allait de moins de 1% à un maximum de 35%, selon le pays étudié. « La stigmatisation, la discrimination et de fausses idées sur l’efficacité des traitements contribuent à ces graves lacunes dans la mise à disposition des traitements », a déclaré à la presse Vladimir Poznyak, chef du département alcool, drogues et comportements addictifs de l’OMS.

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Gueule de bois

8 Juin 2024

Billet d’humeur :

Non, vaincre l’alcoolisme ne rend pas invivable !

Une récente polémique a révélé au grand public une question rarement posée assortie d’une mauvaise réponse. Un jeune acteur annonçant qu’il était sorti de l’alcoolisme, s’entend rétorquer que, de moins angoissé qu’il était, il est devenu…chiant !

Par-delà la boutade – on s’adressait aussi à un humoriste – c’est la double question de l’état mental au sortir d’une addiction, ici à l’alcool, qui est posée et celle de la sociabilité du « rescapé ». Le sevrage donnerait-il la gueule de bois ?

L’alcool serait-il donc utile pour mieux vivre en société ?

De-là à dire qu’une addiction serait la solution pour vaincre son mal-être, il n’y a qu’un pas. Un pas à ne pas franchir, bien évidemment. Le constat par des proches d’une forme d’épanouissement, d’une reconquête, au sortir d’une toxicomanie est en revanche souvent rapportée, et c’est un soulagement.

Néanmoins, peu d’études (à notre connaissance) ont mesuré l’impact mental et sociétal de la sortie de l’emprise d’une drogue. Le plus souvent, on se contente d’apprécier l’acte volontaire et courageux d’un malade guéri et c’est l’essentiel.

Cependant, il est utile de rappeler que la prise de drogue est une fuite de la réalité, une recherche qui conduit rapidement à une forme d’isolement (même dans les « rave parties ») où le toxicomane se réfugie et se complait.

Sevré, il s’ouvre à nouveau à son entourage et à une vie communautaire, le contraire de
ce que suggérait cette remarque. C’est vrai pour l’alcool ainsi que pour toutes les autres substances
addictives.

Jean-Paul Tillement

« Un coup de massue »: alcool interdit dans les kermesses

Comment les parents s’organisent à Rennes

Début mars 2024, la ville de Rennes a rappelé la règle à tous les directeurs d’établissements scolaires : l’alcool à la fête de l’école, c’est non. Ou alors sous certaines conditions. Des associations de parents d’élèves s’inquiètent du manque à gagner. La kermesse est souvent leur principale source de revenu. Une manne directement versée aux écoles pour mener des projets éducatifs et favoriser l’inclusion.

À Rennes, la mairie a rappelé la règle, début mars 2024, la tireuse à bière la fête de l’école : c’est non. Enfin presque… (photo d’illustration).

À Rennes, la mairie a rappelé la règle, début mars 2024, la tireuse à bière la fête de l’école : c’est non. Enfin presque… (photo d’illustration). | ARCHIVES OUEST-FRANCE.

« À Rennes, ça secoue le landerneau des Associations de parents d’élèves (APE) », confie Stéphane Tomczak, président de celle du groupe scolaire Châteaugiron Landry.

Dans un courriel envoyé aux directeurs d’école, début mars 2024, la mairie a rappelé à tous les directeurs d’école la réglementation concernant la vente d’alcool pendant les traditionnelles kermesses de fin d’année. « Conformément à la loi, il est interdit d’installer un débit de boissons de ce type à moins de 100 mètres d’un établissement », précise la Ville, qui s’appuie sur un arrêté préfectoral. Exit donc la tireuse à bière sous le préau pendant que les enfants jouent à la pêche au canard.

« On a tous appris la nouvelle avec inquiétude, raconte Stéphane Tomczak. La kermesse c’est ce qui génère le plus d’argent pour aider…

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Publicités dans le métro : à cause de l’alcool, la RATP visée par une plainte de plusieurs associations

De nombreuses publicités pour de l’alcool sont présentes dans le métro parisien, dénoncent des associations, notamment à proximité d’établissements scolaires.

Par Le Huff Post avec AFP

Des associations dénoncent l’omniprésence de publicité pour alcools dans le métro.

GRANT FAINT / GETTY IMAGES

Des associations dénoncent l’omniprésence de publicité pour alcools dans le métro.

Quand on ne boit pas d’alcool, les commentaires « intrusifs » et les injonctions sont légion

Ces associations, dont fait partie France Assos Santé, la Ligue contre le cancer, l’Union nationale des associations familiales (Unaf), la Fédération nationale des amis de la santé (FNAS) et l’association Entraid’addict, déposeront cette plainte au tribunal de Paris pour « provocation directe à la consommation d’alcool à l’encontre des mineurs ».

« En 4×4 mètres, l’alcool, sous toutes ses formes, ruisselle sur les murs du métro parisien, s’indignent les associations. Impossible d’échapper au matraquage publicitaire qui, en toute situation et dans toutes les stations de la RATP, invite insidieusement l’ensemble des usagers des transports publics à trinquer, banalisant du même coup l’usage des boissons alcoolisées, présenté comme convivial et festif. »

Une précédente plainte l’année dernière

L’an dernier, une plainte avait déjà été déposée par ces mêmes associations à l’encontre de la RATP. Elle avait été rejetée car jugée insuffisamment documentée, a expliqué à l’AFP Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le cancer. « Si le procureur la rejette à nouveau cette année, nous nous constituerons partie civile », a-t-il ajouté.

Une lettre ouverte au PDG de la RATP, l’ancien Premier Ministre Jean Castex – qui devrait être reconduit pour un second mandat à la tête de l’entreprise après proposition d’Emmanuel Macron -, était aussi restée sans suite. « La RATP est une entreprise nationale et son PDG a été Premier Ministre et directeur de cabinet du ministère de la Santé » (du temps de Xavier Bertrand), a rappelé Emmanuel Ricard.

La loi Évin de 1991, qui consacrait la primauté de la santé publique sur les intérêts économiques, a été petit à petit dénaturée et vidée de sa substance, selon les associations. La jeunesse vit ainsi dans un environnement saturé de stimuli incitant à consommer de l’alcool, alors même que sa vente est interdite aux mineurs, regrettent-elles.

« En Outre-mer, l’affichage près des écoles a été interdit. La France étant un pays républicain, cette mesure devrait s’imposer sur l’ensemble du territoire », plaide Emmanuel Ricard. L’alcool est responsable d’environ 41 000 morts par an en France, ce qui en fait la deuxième cause de décès prématurés par cancers, maladies cardiovasculaires ou digestives, selon les données de Santé publique France.

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Boire de l’alcool à bord d’un avion est mauvais pour la santé, révèle une étude

Une récente étude déconseille aux passagers de boire de l’alcool lorsqu’ils se trouvent en avion, surtout s’ils le font pour s’endormir plus facilement. Selon les chercheurs, la combinaison de l’alcool et du sommeil dans ces conditions de pressions atmosphériques augmenterait le rythme cardiaque et ferait baisser la quantité d’oxygène dans le sang. 

Boire de l’alcool à bord d’un avion serait néfaste pour la santé, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Thorax. Photo d’illustration.

Boire de l’alcool à bord d’un avion serait néfaste pour la santé, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Thorax. Photo d’illustration. | PETER ANDREWS/REUTERS ARCHIVES

Boire une bière ou un verre de vin en avion permet souvent aux passagers de se sentir plus détendus pour le vol. Certains voyageurs ont même adopté ce réflexe pour s’endormir plus facilement sans avoir recours à des médicaments. Cette habitude serait pourtant néfaste pour la santé, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Thorax et relayée par nos confrères de  CNN .

« Ne buvez pas d’alcool »

Les cabines des avions sont pressurisées pour obtenir des pressions atmosphériques et des niveaux d’oxygène qui correspondent à une altitude située entre 1 500 et 2 500 mètres. Il s’agit de conditions hypobares. Les avions filant généralement à une altitude de croisière d’environ 10 000 mètres, la pression atmosphérique en plein vol est logiquement plus faible que celle qui existe au niveau de la mer, ce qui provoque une baisse du niveau de saturation en oxygène.

« Même chez les individus jeunes et en bonne santé, la combinaison de la consommation d’alcool et du sommeil dans des conditions hypobares exerce une pression considérable sur le système cardiaque et pourrait conduire à une exacerbation des symptômes chez les patients atteints de maladies cardiaques ou pulmonaires », expliquent les chercheurs dans cette étude. Co-autrice du rapport, le Dr Eva-Maria Elmenhorst appelle donc les voyageurs à la vigilance en des termes clairs : « S’il vous plaît, ne buvez pas d’alcool à bord des avions. » 

Un mauvais sommeil

Pour mener à bien leur expérimentation, les chercheurs ont créé un environnement atmosphérique similaire à celui d’une cabine d’avion en vol. Ils ont demandé à 48 adultes en bonne santé de dormir quatre heures. Dans un cas, les cobayes n’avaient pas bu et dans l’autre, ils avaient bu l’équivalent de deux verres de vin ou de deux canettes de bière. Les chercheurs ont alors constaté que lorsque les participants avaient bu de l’alcool, le niveau d’oxygène avait baissé dans leur sang et leur fréquence cardiaque avait augmenté.

Or même si de nombreuses personnes boivent de l’alcool à bord des avions pour s’endormir, ce réflexe a non seulement un impact négatif sur leur santé à long terme mais également sur la réalisation de leur objectif. En effet, l’absorption d’alcool est généralement suivie d’un moins bon sommeil. À l’inverse, les passagers qui s’endorment sans avoir bu bénéficient d’un sommeil plus réparateur.

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Dépendance à l’alcool : comment repérer les signes d’addiction chez vous ou vos proches ?

Publié le 31 mai 2024 à 17h30

Comment repérer les signes d’addiction chez vous ou vos proches ?
Comment repérer les signes d’addiction chez vous ou vos proches ? – © Olga Strelnikova/ iStock

SAUVEGARDER

Ma mission : informer, déstigmatiser et déculpabiliser pour libérer la parole en matière de santé mentale et d’addictions. Cette semaine, on apprend à reconnaître les signes de dépendance à l’alcool.Par Juliette Hazart

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L’alcool est la substance la plus consommée en France avec 40% d’usagers réguliers (au moins 10 fois par mois) et 10% de buveurs quotidiens ce qui représente 5 millions de personnes en France. On estime que moins de 10 % des personnes ayant une addiction à l’alcool bénéficient d’un accompagnement par un professionnel de santé. 

QU’EST SONT LES DIFFÉRENTS NIVEAUX D’USAGE DE L’ALCOOL ?

  • Vous n’avez jamais consommé d’alcool. C’est le niveau de non-usage.
  • Vous avez consommé de l’alcool au moins une fois au cours de votre vie. C’est le cas de 4 adolescents sur 5 qui ont expérimenté l’alcool à l’âge de 17 ans, selon l’enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense) de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) menée en 2022.

La première consommation au cours de la vie, on appelle cela une expérimentation. Plus elle a lieu tôt dans la vie, dans l’enfance ou l’adolescence en particulier, plus le risque de développer une addiction à l’alcool ou à une autre substance psychoactive est augmentée à l’âge adulte. 

L’usage «simple» ou consommation modérée ou sociale, c’est quoi ? Il s’agit en quelque sorte d’une consommation « socialement réglée » ou « admise ». Elle correspond à une consommation d’alcool n’entraînant pas de complications sur la santé physique, mentale ou de répercussions sociales.

L’USAGE À RISQUE C’EST QUAND, COMBIEN, COMMENT ? 

Dans des situations spécifiques comme :

– consommer de l’alcool avant de conduire un véhicule ou une machine au travail
– consommer de l’alcool durant la grossesse
– associer l’alcool avec la prise de certains médicaments

Dans toutes ces situations, les risques de dommages existent dès la première consommation.

ENVIRON 20 % DES ADULTES DE 18 À 75 ANS DÉPASSENT LES REPÈRES DE CONSOMMATION

L’usage à risque peut être lié à la quantité. C’est boire au-delà des repères de consommation à moindre risque pour la santé. Cette valeur repère chez l’adulte, homme ou femme, est établie à 10 verres d’alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standards par jour avec des jours dans la semaine sans consommation.

Après 65 ans, l’organisme tolère moins bien l’alcool et les recommandations sont adaptées par la Société française de gériatrie et de gérontologie et la Société française d’alcoologie. Pour les consommateurs quotidiens, ne pas dépasser 1 verre standard par jour et essayer d’avoir des jours dans la semaine sans consommation. Pour les consommateurs occasionnels, ne pas dépasser 2 verres par occasion, avoir au moins 2 jours sans consommation dans la semaine et ne pas dépasser 7 verres par semaine.

Environ 20 % des adultes de 18 à 75 ans dépassent les repères de consommation à moindre risque, selon les données 2021 du Baromètre de Santé publique France. 

C’EST QUOI UN REPÈRE DE CONSOMMATION À MOINDRE RISQUE ?

Les risques sont assez faibles pour être considérés comme «acceptables» pour l’individu et la société, mais pas sans risque. L’institut national du cancer rappelle que pour toute consommation d’alcool, dès le premier verre, le risque par exemple de cancer du sein augmente chez la femme et le risque de maladie cardiovasculaire augmente chez les hommes et chez les femmes.

C’est quoi un verre standard ? Il s’agit de verres basés sur le contenant servi dans un bar et non un verre maison. Une bière, un verre de whisky, un verre de vodka orange, un verre de vin servi dans les bars contiennent tous la même quantité d’alcool pur, soit environ 10 grammes. C’est ce qu’on appelle un verre standard ou unité d’alcool. Cette équivalence est valable seulement si chaque boisson est servie dans le récipient prévu à cet effet (verre à cognac, à vodka, …). À la maison, vous pouvez utiliser un gobelet doseur avec des graduations en unité d’alcoolpour quantifier votre consommation. 

LES CONSOMMATIONS À RISQUE PLUS OU MOINS ÉLEVÉ

Ne pas boire d’alcool dans certaines circonstances est l’option la plus sûre :

  • Dès le projet de grossesse, pendant toute la  durée de la grossesse et de l’allaitement.
  • Pendant l’enfance, l’adolescence et toute la période de la croissance en cas de conduite automobile ou de machine.
  • Lors de pratique de sports (du fait des risques de chute, de blessure…)
  • En cas de consommation de certains médicaments du fait du risque d’interactions avec l’alcool pouvant diminuer l’efficacité des médicaments ou en augmenter les effets indésirables.
  • Dans certaines maladies, il est également recommandé de ne pas consommer d’alcool. Demandez toujours conseil à un professionnel de santé.

L’USAGE À RISQUE PEUT ÊTRE LIÉ AUX MODALITÉS DE CONSOMMATION : C’EST COMMENT ? 

Il existe des modalités de consommation à risque qui augmentent le risque de développer une addiction au cours de sa vie :

  • La précocité de l’expérimentation, par exemple la consommation d’alcool avant l’âge de 15 ans.
  • La consommation à visée auto thérapeutique. Par exemple, consommer pour «diminuer son mal-être», «ne plus penser», «mieux dormir», «être plus détendu»… et ressentir un auto-soulagement.
  • Le cumul des consommations, les conduites d’excès avec la recherche d’ivresse et la répétition de consommations à risque. 

COMMENT REPÉRER LES SIGNES D’UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE OU D’UNE ADDICTION ?

Cela se manifeste souvent par un ensemble d’éléments. 

  • La consommation d’alcool est de plus en plus répétée, régulière. 
  • Les quantités augmentent parfois de façon insidieuse et la personne ne parvient pas à contrôler la quantité consommée bien qu’elle ait la volonté de baisser ou d’arrêter sa consommation. Elle perd le contrôle de sa consommation.
  • Elle a des envies fortes, impérieuses, de boire qu’elle ne peut réprimer qu’on appelle le craving.  
  • Il existe des conséquences dans la vie de la personne au niveau de sa santé physique ou mentale, sur le plan relationnel au travail, à la maison ou avec des amis. 

L’addiction, ça n’est pas une question de quantité ! En effet, une personne peut se sentir en difficulté avec ses consommations dont la quantité est inférieure aux seuils de consommation de moindre risque pour la santé.

QUAND PENSER À UNE ADDICTION OU À UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE ?

Devant des :

  • problèmes conjugaux, financiers, relationnels, professionnels, judiciaires…
  • des conflits ou des difficultés à assurer la journée de travail ou les tâches à la maison. Le comportement de la personne peut aussi parfois se modifier et donc la relation avec ses proches. Vous remarquez une instabilité relationnelle avec les proches, des difficultés de couples, un conflit de voisinage… La personne s’isole de plus en plus fréquemment.
  •  des absences au travail, un désinvestissement sur le plan professionnel et des loisirs
  • des troubles du sommeil, une anxiété, une dépression, de la nervosité, une irritabilité, des tremblements des extrémités, une fatigue chronique, des troubles de l’humeur
  • un état de santé plus fragile avec des consultations plus fréquentes auprès de professionnels de santé

Si vous ou l’une de vos connaissances, vous sentez en difficulté avec l’alcool, quelles que soient les quantités consommées ou la fréquence de consommation, demandez conseil à un professionnel de santé. 

La honte et la culpabilité sont des émotions souvent éprouvées par les personnes en difficulté avec leur consommation. Pourtant, l’addiction est une maladie chronique au même titre qu’une hypertension artérielle ou qu’une dépression et n’a rien à voir avec un manque de volonté ! Faire passer l’information, c’est lutter contre les idées reçues afin de libérer la parole des personnes qui sont en difficulté. 

OU TROUVER DES CONSEILS POUR ÊTRE ACCOMPAGNÉE ?

  • auprès de votre médecin généraliste
  • dans les consultations jeunes consommateurs (CJC) qui accueillent en toute confidentialité des jeunes âgés entre 12 et 25 ans en questionnement sur leur consommation, ainsi que leur entourage
  • sur le site alcool-info-service ou par téléphone pour vous ou votre entourage en toute confidentialité 7 jours sur 7 de 8h00 à 2h00 au0 980 980 930 
  • auprès de structures spécialisées comme les CSAPA(Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), présentes dans tous les départements de France, afin de faire le point de façon anonyme et gratuite avec un professionnel sur les difficultés rencontrées
  • au sein d’une association ou d’un groupe d’entraide pour la personne concernée ou l’entourage dont vous trouverez les coordonnées sur alcool-info-service.fr

L’alcool et les animaux

Animaux ivres titubant sur la voie publique, soûlés aux fruits trop mûrs, gorgés d’alcool… Les exemples de bêtes intoxiquées dans leur environnement naturel ne manquent pas, et pourtant, sait-on si cette faune s’enivre volontairement ? Si les animaux peuvent être alcooliques, ou addicts à une drogue ? Réponses avec le chercheur Serge Ahmed, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de l’addiction.

À l’arrivée du printemps, il peut arriver d’être témoin d’une scène étonnante. Certains chevreuils, qui auraient mangé trop de bourgeons gorgés de sucre, titubent et se rapprochent des habitations. Ils sont tout simplement ivres, complètement assommés sous l’effet de la fermentation qui se produit dans leur organisme de ruminant.

Le phénomène des éléphants d’Afrique soûls, à cause des baies trop mûres de marula, est également de notoriété publique. Les pachydermes qui fréquentent les bosquets où poussent ces fruits jaunes plein d’éthanol, dans les réserves protégées, sont souvent très joueurs… Parce qu’ils sont enivrés.

Un animal peut-il se soûler volontairement ?

Les histoires telles que celles-ci ne manquent pas. Des marsupiaux qui s’introduisent dans des champs de pavot (la graine qui sert à produire de l’héroïne), des cerfs qui mangent des champignons hallucinogènes… Les animaux consomment des drogues naturelles.

Cependant, on ignore s’ils les consomment d’abord pour se nourrir, puisque les baies, les champignons, ou les graines, constituent leur source principale d’alimentation, ou pour faire l’expérience des effets de la drogue. « Dans le cas de l’éléphant d’Afrique, on a des preuves évidentes d’un état d’intoxication », nous explique Serge H. Ahmed, neurobiologiste et directeur de recherches pour le CNRS à l’Université de Bordeaux. « Mais on ne sait pas si cela plaît à l’animal d’être ivre. Nous n’avons aucune preuve directe qui permet de le penser. »

Cependant, si l’on sort de l’environnement naturel, la réponse du chercheur est différente. « Dans un laboratoire, on est déjà plus en mesure de mettre en place des dispositifs pour comprendre les motivations de l’animal. C’est-à-dire que l’on peut mettre l’animal en position où il doit produire un effort important pour obtenir une dose de drogue, ou bien adapter son comportement, comme appuyer sur un levier, ou déclencher une pompe.

On va regarder s’il se dirige plus vers celle qui délivre de la drogue plutôt que sur la pompe témoin qui ne délivre rien. » Et ces expériences en laboratoire, sur des rongeurs principalement, ou sur des singes, se soldent toujours par le même constat : le circuit de récompense de la drogue, tel qu’il fonctionne chez l’humain, fonctionne aussi chez les animaux.

« Depuis presque 60 ans que l’on travaille sur ces questions-là, on a démontré que quasiment toutes les substances susceptibles de conduire un état d’addiction chez l’homme peuvent être consommées de manière volontaire par les animaux. » D’autant plus que les produits testés, que ce soit la cocaïne, l’héroïne, les opioïdes, etc., n’ont aucune valeur nutritionnelle, et que leur voie d’entrée dans l’organisme, par intraveineuse, et ne passe pas par le goût ou l’odorat. 

« Les animaux peuvent s’engager dans un comportement répété de consommation de drogue, et ce qui les motive, ce sont bien les effets pharmacologiques ressentis » dans ce cadre-là, affirme le spécialiste de l’addiction. « On peut même dire quels sont les récepteurs ou les circuits neuronaux qui sont impliqués dans cette recherche des effets de la drogue.

Par contre, on ne connaît pas la nature de ces effets. Ni même si les animaux peuvent ou non y être addicts. » La science ne sait donc pas encore si les effets psychotropes du cannabis sont les mêmes chez l’animal et chez l’humain. Et si la consommation animale peut véritablement être qualifiée d’addiction.

L’addiction, un phénomène uniquement humain ?

Pour souffrir d’une addiction au chocolat, il ne suffit pas de manger beaucoup de chocolat. Si vous mangez une quantité excessive de chocolat, mais que vous pouvez vous arrêter du jour au lendemain, et ne pas être tenté d’y revenir alors que vous avez arrêté, alors, vous n’êtes pas addict. « L’addiction, c’est aussi une consommation sur laquelle l’individu perd le contrôle« , poursuit le chercheur en neurosciences. Il n’y a pas d’addiction sans désir intérieur de limiter sa consommation, sans prise de conscience qu’elle a des effets néfastes, que ça a été trop loin. 

« Lorsque l’individu parvient à s’abstenir, cette abstinence peut être interrompue par une rechute, due à un état de “craving”, c’est-à-dire une envie impérieuse de reconsommer ». Ce désir invasif entre en conflit avec notre propre volonté. Or, chez l’animal, c’est difficile à interpréter. « L’individu peut nous parler de ses symptômes, purement subjectifs, qui sont caractéristiques d’un état d’addiction. Mais comment fait-on pour savoir si l’animal en est atteint ? On ne peut pas l’observer de l’extérieur, ce n’est pas un critère objectif », assure le Pr. Ahmed.

Les recherches pour trouver un marqueur biologique, qui permettrait de diagnostiquer l’addiction de manière objective chez l’humain, se poursuivent. Mais notre cerveau n’est pas le même que celui des animaux. Ainsi, si la science découvre un jour, par exemple, une activité suspecte chez un groupe de neurones, qui peut s’apparenter à un signe d’addiction pour une substance, rien ne dit que ces neurones seront présents chez les rats, souvent utilisés comme modèle animal dans la recherche. Il existe donc des limites au niveau physiologiques qui ne nous permettent pas, pour le moment, et malgré tous les progrès réalisés en la matière, de savoir si les animaux peuvent être eux aussi, alcooliques.

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Hypertension: plus de 650.000 cas liés à une consommation d’alcool dépassant les plafonds recommandés

Plus de 650.000 adultes en France métropolitaine, essentiellement des hommes, souffriraient d’hypertension artérielle du fait d’une consommation d’alcool dépassant une moyenne de 10 verres par semaine, selon une étude publiée mardi 30 avril par Santé publique France. En France, environ un adulte sur trois est hypertendu, soit environ 17 millions de personnes. Plusieurs facteurs de risque sont identifiés, comme l’âge, les antécédents familiaux, une faible activité physique, une alimentation riche en sel et pauvre en fruits et légumes, l’obésité mais également la consommation d’alcool.

Pour mieux mesurer le poids de l’alcool, Santé publique France a cherché à estimer le nombre de cas d’hypertension attribuables à une consommation dépassant les plafonds recommandés chez les 18-74 ans. Pour limiter l’impact sur la santé de l’alcool, des repères de consommation à moindre risque (maximum 10 verres par semaine, maximum deux verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation) ont été définis depuis 2017 et communiqués régulièrement depuis.

Quelque 655.000 cas d’hypertension artérielle avant 75 ans «seraient liés à la consommation d’alcool excédant une moyenne de 10 verres par semaine en France métropolitaine», dont 624.000 hommes et 31.000 femmes, estime l’étude parue dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Faute de données récentes sur la fréquence de l’hypertension Outremer, l’étude est limitée à la métropole. La «différence importante» entre hommes et femmes résulte principalement, selon les chercheurs, de consommations d’alcool plus importantes des hommes par rapport aux femmes, mais aussi d’épisodes de binge drinking et d’alcoolisation massive plus fréquents chez les uns que chez les autres.

L’importance de la prévention

S’ils reconnaissent certaines limites méthodologiques à leur étude, ses auteurs la voient comme «une estimation a minima des cas d’hypertension artérielle attribuables à la consommation d’alcool qui s’avère très élevée, et fondée sur deux enquêtes robustes et représentatives de la population française, l’enquête avec examen de santé Esteban et le Baromètre de Santé publique France». Face à ces résultats, l’agence sanitaire insiste sur l’importance de la prévention de la consommation d’alcool mais aussi de la prise en charge de l’hypertension.

L’alcool demeure l’un des premiers facteurs de risque de maladies et de décès en France, avec plus de 40.000 décès attribuables. En plus des risques cardiovasculaires et de cirrhose, la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de certains cancers. «Si les Français ont réduit leur consommation d’alcool depuis trente ans, les niveaux de consommation restent très élevés (…) tant en population générale que parmi certaines sous-populations, comme les femmes enceintes», rappelle la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille, dans un éditorial chapeautant ce bulletin épidémiologique.

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