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Cannabis et autres produits cannabinoïdes : toujours plus, toujours plus fort

« Toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort » : le cannabis actuel n’a plus grand-chose à voir avec celui fumé à Woodstock. Taux de THC multipliés, nouvelles méthodes de consommation ultra-efficaces, substances de synthèse bien plus puissantes… Pour le professeur Jean Costentin -qui tient à préciser que ses propos n’engagent pas les institutions auxquelles il appartient ou a appartenu- cette évolution constitue une menace sanitaire majeure, particulièrement pour les plus jeunes. Alors que la banalisation sociale du cannabis se poursuit, il déplore l’absence d’une véritable politique de prévention en France et appelle à une réaction d’urgence face à ce qu’il décrit comme un « tsunami cannabique ».

avec Jean Costentin

Atlantico : L’Union européenne est inondée par un cannabis ultrapuissant qui expose les consommateurs à un risque accru de psychose, selon des informations du Financial Times. Quelle est, selon vous, la principale menace que représente ce nouveau cannabis surpuissant à très forte teneur en THC pour la santé publique ? Quelles sont les spécificités de ce cannabis surpuissant ? 

Jean Costentin :  Il y a lieu de distinguer :  le cannabis/ chanvre indien de plus en plus puissant, du fait de sa concentration en tétrahydrocannabinol/THC, régulièrement accrue par des florilèges variés ;  les nouveaux modes de consommation du cannabis qui accroissent la cession du THC à l’organisme ; et les nouveaux cannabinoïdes surpuissants obtenus par synthèse chimique, soit par modifications de substances produites par le cannabis (le THC  ou encore le cannabidiol / CBD) ; soit enfin les cannabinomimétiques obtenus par synthèse totale, avec souvent des formules chimiques bien différentes de celle du THC.

-L’accroissement du taux de THC produit par le chanvre indien peut s’effectuer par la sélection de cultivars ayant spontanément une teneur élevée en THC, en  effectuant à partir d’eux des reproductions dirigées, par pollinisation des fleurs des plantes femelles à haute teneur en THC par le pollen des fleurs des plantes mâles,  ayant également une haute teneur en THC.

-Un autre procédé consiste à couper les fleurs, c’est à dire castrer les plantes mâles, avant qu’elles ne pollinisent les fleurs des plantes femelles ; ces dernières fleurs évoluent alors sans former de graines, sans semence donc, d’où son nom de sinsemilla, qui est très riche en THC (» 60%).

-La culture sous serres du cannabis, maitrisant l’hygrométrie, les cycles jour-nuit, les longueurs d’onde de la lumière (lampes à vapeur de sodium), la température, les engrais, permet de « booster » la teneur en THC.

-Une teneur élevée en THC est une exigence des consommateurs, qui se rient par avance d’un cannabis ayant le faible taux que proposerait une « régie nationale du cannabis ». En Uruguay le taux du « cannabis légal » qui était de 2 % lors de la légalisation est passé aujourd’hui à 15 %…  

Pour accroître la cession à l’organisme du THC, relativement aux « joints » (résine de cannabis égrenée dans du tabac) ou aux « pétards » (cigarettes grossières composées des éléments de la plante cannabis, en privilégiant les fleurs femelles, les plus riches en THC) il existe plusieurs artifices. C’est, par exemple, son introduction dans des pâtisseries de type oriental, dont la composante huileuse a été chauffée avec de la résine de cannabis/haschisch/shit  (les « space cakes ») ; résurgence de ce que fut autrefois la « confiture verte » le Dawamesk. On peut extraire le THC de la résine de cannabis avec des solvants hydrohobes / lipophiles, suivi de leur évaporation, laissant un résidu d’aspect huileux, mal nommé « huile de cannabis », à très haute teneur en THC. L’étirement d’une goutte de cette « huile » sur une cigarette de tabac, apporte des concentrations très élevées de THC. Cette « huile de cannabis » peut aussi être introduite dans les recharge pour les cigarettes électroniques, détournées de leur dispensation primitive de nicotine. Une autre technique consiste à extraire sous pression la résine de cannabis par du butane liquide dont le passage à l’état gazeux à la pression atmosphérique, laisse un résidu : le Butane Hash Oil / BHO, d’aspect cireux, consommé dans des pipes à eau ou par volatilisation selon la technique du dabbing.  

N’oublions pas la pipe à eau, qui permet de fumer la plante de cannabis  (marijuana  herbe / beuh) ou sa résine égrenée dans  du tabac. Fumant une cigarette on arrête d’inspirer la fumée après une 40aine de millilitres, limité par l’échauffement de la cavité buccale et des bronches ; avec la pipe à eau la fumée, refroidie par son barbotage dans l’eau froide, permet des inspirations maximales de près de 4.000 ml, c’est à dire cent fois plus qu’avec un « joint » ou un « pétard « ..

Mais plus fort encore qu’avec ces divers artifices, sont apparus des cannabinoïdes nouveaux, 10, 100, et même plusieurs centaines de fois plus puissants que le cannabis d’antan. Il s’agit de produits de synthèses partielles réalisées à partir de substance naturelles,  le THC ou le CBD, ou des produits de synthèses totales, n’ayant plus de parentés, au moins apparente, avec les THC ou CBD, mais qui sont capables d’agir sur les mêmes cibles biologiques (les récepteurs cannabinoïdes de type 1 / CB1) pour lesquels ils ont une affinité beaucoup plus importantes que celle du THC et un pouvoir de stimulation de ces récepteurs / une activité intrinsèque maximale. Ces molécules ressortissent de plus d’une quinzaine de familles chimiques, et plus de 200 de ces molécules font l’objet de trafics.    

Alexis Goosdeel, directeur de l’Agence européenne des médicaments, a déclaré que le cannabis en circulation aujourd’hui était cinq fois plus fort que « l’herbe fumée à Woodstock », en 1969. Peut-on dire que ce « nouveau cannabis » est une substance radicalement différente de celle consommée dans les années 60-70, notamment à Woodstock ? 

Jean Costentin : Pour mémoire ou information, le  festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Fair), dans l’État de New-York (USA), en 1969, (presque contemporain de la féria Française de mai 1968) était un festival de musique, rassemblement « emblématique » de la culture hippie, où le cannabis était très présent.  

 D’autres source que celle deGoosdeel font état d’augmentations de concentrations en THC nettement plus importantes que le facteur cinq qu’il évoque (il est à ma connaissance directeur de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies / OEDT). L’ inflation de ce taux voit ses effets décuplés par les divers artifices que je viens d’évoquer.

S’agissant des effets développés, c’est comme si l’on comparait ceux d’une cannette de bière (250 mL d’une solution à 5° alcoolique), à ceux d’un flasque de 250 mL de Whisky à 40° alcoolique ; l’effet 8 fois plus intense fait qu’on ne joue plus du tout  dans la même cours ; c’est celle des « prépas » comparée à celle de la maternelle.

« Le poison réside dans la dose » disent très justement les toxicologues, on pourrait ajouter qu’il réside dans la fréquence des usages. Plus la dose est élevée et plus l’addiction / la dépendance/ le pouvoir d’accrochage sont forts. Une tolérance s’installe alors, qui conduit à accroître ces doses ainsi que la fréquence des utilisations, faisant passer de l’us à l’abus.

La concentration moyenne de THC étant passée de 4 % dans les années 70 à plus de 20 % aujourd’hui, quelles conséquences cela a-t-il sur le cerveau, notamment chez les jeunes ?  Y a-t-il des risques d’épisodes psychotiques ou de schizophrénie liés à une consommation régulière et/ou précoce de ce cannabis surpuissant ? 

Jean Costentin L’exposition au cannabis dans la période pré-conceptionnelle, pendant la gestation, dans la période périnatale, tout comme au cours de l’adolescence peut perturber la maturation cérébrale et induire des troubles de la cognition, des troubles psychotiques et une vulnérabilité aux addictions, qui persistent très au-delà de la période de cette exposition.

Un des drames du cannabis  tient au fait qu’il s’abat sur les adolescents à la période de leur maturation cérébrale (12 à 24 ans). Au cours de cette maturation surviennent deux phénomènes opposés : une prolifération des ramifications neuronales pour établir le maximum de contacts (ou synapses) entre neurones voisins et, simultanément,  l’élagage des synapses non impliquées dans une fonction. Le THC et les autres stimulants des récepteurs cannabinoïdes cérébraux (CB1), laissent persister des synapses qui auraient dû être éliminées, lesquelles constitueront des voies aberrantes de conduction des mécanismes délirants et hallucinatoires qui caractérisent la schizophrénie. Ils élaguent par contre des synapses fonctionnelles, réalisant des amputations cognitives. Ces perturbations sont d’autant plus intenses que le cannabis est plus fortement dosé en THC ou qu’elles sont produites par les nouveaux cannabinoïdes plus puissants.

Vous avez souvent dénoncé une banalisation du cannabis en France. Ce renforcement du THC n’aggrave-t-il pas le paradoxe entre danger réel et perception sociale ?  Faut-il revoir totalement les stratégies de prévention, notamment en direction des adolescents, face à cette nouvelle réalité de ce produit très puissant ? Quelle réponse sanitaire et politique recommanderiez-vous aujourd’hui à la France et à l’Europe face à cette « invasion » de cannabis superpuissant ?

Jean Costentin :  Il existe un écart croissant entre la banalisation du cannabis, dans laquelle certains persévèrent d’une façon diabolique, alors qu’ils n’ont pourtant plus l’excuse de n’être pas informés (des politiciens, des addictologues à contre-emploi, des idéologues infiltrés dans divers média) et les précisions disponibles des méfaits que peuvent causer le cannabis et les nouveaux cannabinoïdes, chez ses consommateurs, et très particulièrement les adolescents.

Plus que revoir les stratégies de prévention, qui sont d’une totale indigence, il faut les mettre en place de toute urgence. L’Éducation nationale a vu se développer sans réagir, au cours du dernier demi-siècle, le tsunami cannabique ; elle en est encore à expérimenter les modes de communication qui seraient opérationnels pour informer nos adolescents sur cette drogue, dont nous sommes les tous premiers consommateurs en Europe. Cette toxicomanie qui se cantonnait à l’université, a diffusé au lycée ; elle affecte maintenant le Collège or, « plus tôt l’expérimenter, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ». Cette lutte contre le cannabis qui ouvre la porte à d’autres drogues devrait être, depuis longtemps déjà, érigée en une priorité nationale. Il y va de la santé psychique, mais aussi physique de nos concitoyens, elle conditionne notre développement ou notre régression dans la compétition internationale, l’évolution de notre Société et, à certains égards, de notre Civilisation. 

La consommation de cannabis peut doubler le risque de décès par maladie cardiaque

cannabis médical

Une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Heart, a montré que la consommation de cannabis peut doubler le risque de décès par maladie cardiovasculaire et augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral de 20 pour cent, a-t-elle rapportéLe gardien.

Les données proviennent d’une analyse mondiale menée par des chercheurs de l’Université de Toulouse en France, qui ont déclaré que les résultats « soulèvent de sérieuses questions sur les risques pour la santé associés au cannabis ».

Le nombre de personnes consommant du cannabis et des produits contenant des cannabinoïdes a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. Bien que le lien entre cannabis et problèmes cardiaques ait déjà été évoqué, l’ampleur du risque n’avait pas été clarifiée jusqu’à présent.

Les chercheurs ont examiné les données recueillies dans le cadre de 24 grandes études, menées entre 2016 et 2023, portant sur environ 200 millions de personnes.

L’analyse a montré que la consommation de cannabis est associée à :

Risque accru de 29 % de syndrome coronarien aigu (problèmes cardiaques graves)

Risque d’accident vasculaire cérébral 20 % plus élevé

Doubler le risque de mourir d’une maladie cardiaque

Bien que les chercheurs aient reconnu que cette étude comporte certaines limites, comme le manque de données précises sur la quantité de consommation de cannabis et le fait que la plupart des études étaient observationnelles, ils ont souligné qu’il s’agit d’une « analyse complète des données publiées jusqu’à présent sur l’association entre le cannabis et les maladies cardiaques majeures ».

« Ces résultats devraient sensibiliser le grand public au potentiel du cannabis à causer des dommages cardiovasculaires », indique le communiqué de l’étude.

Dans un éditorial conjoint sur l’étude, le professeur Stanton Glantz et le Dr Lynn Silver de l’Université de Californie à San Francisco, ont écrit que l’étude soulève de sérieuses questions quant à savoir si le cannabis présente un risque pour le cœur.

« Cette étude soulève de sérieuses questions sur l’hypothèse selon laquelle le cannabis présente peu de risques pour le cœur », ont écrit les professeurs dans l’éditorial en question.

Ils ont ajouté que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre si les risques proviennent uniquement des produits inhalés ou également d’autres formes de cannabis, comme les produits comestibles ou synthétiques.

« Le cannabis est aujourd’hui plus puissant et s’est développé en une large gamme de produits inhalables à haute concentration, de cannabinoïdes synthétiques et de produits comestibles contenant du cannabis », ont-ils écrit.

Les médecins ont souligné qu’il est nécessaire de comprendre « si le risque provient des cannabinoïdes eux-mêmes ou de particules, de composés aromatiques ou d’autres éléments qui sont inhalés pendant l’utilisation ».

En conclusion, ils ont suggéré que le cannabis soit inclus dans la stratégie de prévention des maladies cardiaques en mentionnant dans la réglementation les risques pour la santé qu’il présente.

Ardèche : Le succès de son miel bio était dû à la plantation de cannabis de son voisin


AUBENAS (07) – 850 pots sur liste d’attente : Rémy P est un apiculteur dépassé par son
succès, où plutôt était car sa production vient d’être stoppée net par les autorités
ardéchoises.

Son miel contenait en effet une quantité importante de THC (tétra-hydrocannabinol), le composé psycho-actif du cannabis, estimée selon un expert local à « un
quart de joint bien chargé par tartine».

D’où provenait cette substance illégale ? De la plantation tout aussi illégale de son voisin, qui sous couvert de cultiver la châtaigne maintenait également un cheptel de près de 200 pieds de cannabis, cachés parmi les arbres et autres végétaux de son domaine de plusieurs hectares. «Lesabeilles
devaient butiner les plantes du voisin, au lieu de butiner les châtaigners.. » conjecturait le jeune apiculteur lors d’un point presse. Une abeille butinant un plant de cannabis ardéchois

Un café, du pain… et de la Skunk !
C’est un père de famille albenassien qui a découvert le pot-aux-roses en faisant passer un bilan sanguin à ses deux enfants de 7 et 9 ans. « Théo et Théa sont habituellement des enfants très excités, leur mère et moi avons beaucoup de difficultés à canaliser leur énergie. Mais depuis quelques temps, ils étaient très calmes…

Trop calmes même; Théo s’est mis à écouter du Sinsemilia dans sa chambre et un dimanche, Théa a regardé une motte de beurre fondre pendant 3 heures d’affilé, en rigolant. On s’est beaucoup inquiétés » déclarait-il, admettant que lui-même et sa femme avaient également développé « un certain penchant »
pour ce miel.

Fini la lune de miel
Mais beaucoup se félicitent de l’arrêt de la production du « space miel », ce n’est pas le cas de tous les consommateurs, à l’instar de Jean-Tristan, 45 ans, l’un des plus gros clients de Rémy qui lui se déclare très déçu. « Avec ce miel je me sens beaucoup mieux, je n’ai plus mes douleurs matinales, je suis de meilleure humeur et j’avais même arrêté de boire ! Là, je sais pas ce que je vais devenir.. j’étais à un demi-pot par jour, arrêter d’un coup va être dur, très dur.. » confiait-il, ajoutant que « si les abeilles trouvent ça bon, c’est que ça peut pas être mauvais pour nous ».

Examiné en laboratoire, ce miel spécial s’est révéléparticulièrement concentré en molécules psycho-actives, comme le résume Océane, une jeune lycéenne, consommatrice malgré elle :
«Les miels, il y en a des clairs, il y en a des foncés. Avec celui-là c’est clair : t’es défoncé !»

Même son de cloche pour Lucette, 78 ans, qui restera longtemps nostalgique de ce « miel
magique », qu’elle et ses amies consommaient régulièrement en début de soirée, sous forme
de « grog » ou dans la tisane : « Nos parties de Scrabble ne seront plus aussi amusantes; moi ça m’est bien égal ce qu’ils mettaient dans ce miel tant que c’est bio, comme ils disent. Ah si vous aviez vu nos parties ! Qu’est-ce qu’on a ri ! Et pis on osait en mettre des mots coquins ! Je peux vous le dire, une fois j’ai tellement ri avec le mot que la Nini a posé que je me suis fait dessus ! Mon Dieu, quelle rigolade ! ».

Même si la justice n’a pas encore tranché, Rémy P ne pense pas être inquiété, contrairement à son voisin qui a déjà été incarcéré : « Je suis un apiculteur moi, pas un dealer. Si je deviens responsable des faits et gestes de chacune de mes abeilles alors on va où là ? ». Réponse le 18 avril prochain au tribunal d’Aubenas.

Le cannabis aurait des effets néfastes sur …

Fumé ou encore ingéré sous forme de boissons, de gâteaux ou de pilules, le cannabis aurait des effets néfastes sur le fonctionnement des vaisseaux sanguins.

C’est ce que démontre une nouvelle étude qui a comparé l’état des vaisseaux des consommateurs de cette drogue récréative à celui de ceux qui n’en consommaient pas.

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Apostrophe aux pro-légalisateurs du cannabis

Par le Professeur Costentin

L’Académie de médecine s’oppose (à nouveau) à la légalisation du cannabis récréatif

Quentin Haroche | 10 Avril 2025

Ce n’était évidemment pas le but recherché mais l’examen par le Parlement de la proposition de loi sur le narcotrafic, qui vise à renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants et les violences qui y sont liés, a relancé le très ancien débat sur l’opportunité de légaliser le cannabis récréatif. Le 17 février dernier, deux députés ont ainsi déposé un rapport préconisant cette légalisation et les débats ont rapidement dérivé sur ce sujet lors de l’examen de la proposition de loi sur le narcotrafic à l’Assemblée Nationale.

Une ambiance libérale qui déplait quelque peu à l’Académie de médecine. La vénérable institution s’est en effet toujours opposée à la légalisation du cannabis récréatif (et n’est pas non plus très ouverte à l’idée de légaliser le cannabis thérapeutique). Sentant venir un vent mauvais, les académiciens ont donc décidé de remettre les points sur les i en rappelant leur opposition à toute dépénalisation du cannabis thérapeutique dans un communiqué publié ce mercredi.

Le mauvais exemple des pays qui ont légalisé le cannabis récréatif

Dans son communiqué, l’Académie rappelle qu’elle avait déjà exprimé son opposition à la légalisation dans des avis de 2021 et de 2023. Or, selon elle, les données récentes publiées depuis ces précédents avis n’ont fait que confirmer « les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation ». Citant plusieurs études réalisées dans les différents pays du monde qui ont légalisé ces dernières années le cannabis récréatif (Canada, certains Etats américains et Uruguay notamment), les académiciens listent les nombreux méfaits de la légalisation.

En premier lieu, la légalisation aurait de nombreux effets néfastes en matière de santé publique. Les hospitalisations dues au cannabis auraient ainsi augmenté de 10 pourcents dans l’Ontario et les hospitalisations d’enfants pour intoxication au cannabis ont été multipliés par trois au Canada depuis la légalisation selon l’Académie. Les auteurs du communiqué pointent également du doigt une multiplication par deux des accidents de la circulation liés au cannabis, par trois des cas de schizophrénie liées au cannabis et par onze des troubles psychotiques chez les adolescents au Canada. Les académiciens en profitent pour tacler le rapport parlementaire du 17 février qui évoquait un meilleur accès au traitement de substitution du cannabis en cas de légalisation…alors que ce traitement n’existe pas. 

L’Académie de Médecine tient également à s’inscrire en faux par rapport « aux autres allégations des promoteurs de la légalisation ». Selon les académiciens, la légalisation ne conduirait pas à une baisse de la consommation et à un épuisement du marché noir, bien au contraire. « Aux Etats-Unis, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États » souligne ainsi l’Académie de Médecine, qui ajoute que « dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu » car « le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe ».

Une prise de position qui ne fait pas l’unanimité

L’Académie de médecine n’est pas non plus convaincue par l’idée que légaliser le cannabis permettrait de contrôler le taux de THC et donc de proposer un cannabis moins dangereux aux consommateurs. « En Uruguay, le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui : comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ? » souligne l’Académie.

En tout état de cause, l’Académie estime qu’il est « paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer » comme le préconise les partisans de la légalisation. Elle recommande donc de « maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis » et de « poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France ».

L’avis très tranché de l’Académie de Médecine sur la question ne fait évidemment pas l’unanimité dans le monde médical. Ce mercredi, le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD), qui regroupe notamment diverses associations médicales (Fédération addiction, SOS Addictions, Médecins du Monde…) a ainsi publié un communiqué dénonçant « l’approche exclusivement répressive de la question des drogues » en vigueur dans notre pays. Les membres du collectif appellent donc à « investir dans une approche sanitaire et sociale qui abandonne les discours stigmatisants vis-à-vis des consommateurs » et à « explorer sans délai les modèles alternatifs de régulation des stupéfiants, déjà expérimentés dans plusieurs pays ». Une prise de position totalement à l’opposé de celle de l’Académie de Médecine donc.

Légalisation du cannabis récréatif : pourquoi l’Académie de médecine réitère-t-elle son opposition ?

Légalisation du cannabis récréatif : pourquoi l’Académie de médecine réitère-t-elle son opposition ?
nito/Shutterstock.comdestinationsante.com

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Par destinationsante.com, publié le 10 avril 2025

Des risques d’intoxications pédiatriques


Elle cite par exemple une étude publiée en 2023 dans la revue Jama, qui a étudié les intoxications pédiatriques, de 0 à 9 ans, dues aux cannabis. Les taux d’hospitalisations d’enfants (3,5 ans en moyenne) « avaient plus que doublé dans les provinces (canadiennes) exposées », notent les auteurs.

« Cette étude transversale a révélé qu’après la légalisation du cannabis, les provinces autorisant la vente de produits comestibles au cannabis ont connu une augmentation beaucoup plus importante des hospitalisations pour intoxications pédiatriques non intentionnelles que la province interdisant ces produits », poursuivent-ils.

Des risques accrus de schizophrénie

Toujours dans la revue Jama, une étude publiée le 4 février 2025 s’est penchée sur les risques de schizophrénie liés à l’usage du cannabis. Selon les résultats, sur une cohorte de plus de 1,3 million de personnes, « la fraction de troubles liés à la consommation de cannabis associés à la schizophrénie, attribuable à la population, a augmenté de manière significative, passant de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation ».

Des risques au volant

Une autre étude, publiée dans The New England Journal of Medicine en 2022, concerne cette fois la proportion d’automobilistes après un accident de la route contrôlé positif au THC. Et selon les résultats, « après la légalisation du cannabis, la prévalence des conducteurs modérément blessés présentant un taux de THC d’au moins 2 ng par millilitre dans les centres de traumatologie participants de la Colombie-Britannique (Canada) a plus que doublé (passant de 3,8 % à 8,6 %) ». Idem pour un taux supérieur à 0 tandis que le taux supérieur à 5 ng avait lui triplé (de 1,1 % à 3,5 %).

Une hausse de la consommation

L’Académie nationale de médecine avance en outre que le nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes en Ontario a augmenté, entre 12 et 22 %, après la légalisation.

Quant au niveau de consommation, elle a augmenté selon une étude réalisée aux Etats-Unis et publiée en 2024 dans la revue Addiction. « De 1992 à 2022, le taux par habitant de déclaration d’une consommation quotidienne ou quasi quotidienne a été multiplié par 15 », notent les auteurs. « En 2022, les consommateurs de cannabis au cours du mois précédent étaient près de quatre fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne ou quasi quotidienne (42,3 % contre 10,9 % en 1992) et 7,4 fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne (28,2 % contre 3,8 %) ».

Les académiciens recommandent de maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis « compte tenu de tous ses effets toxiques » et « d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue ».

A noter : cet avis survient après la publication en février 2025 d’un rapport rédigé par les députés Antoine Léaument (La France insoumise) et Ludovic Mendes (Renaissance) qui pointe l’échec des politiques publiques contre le narcotrafic. Parmi leurs 63 recommandations, ils proposent une légalisation encadrée de la consommation récréative du cannabis dans un objectif de santé publique et de lutte contre les réseaux criminels, accompagnée de mesures de prévention spécifiques pour les mineurs et les jeunes adultes, sans publicité ni vente en ligne.

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Le cannabis augmente significativement le risque de crise cardiaque

Les plaquettes patrouillent dans les vaisseaux sanguins Les plaquettes (en rouge) se déplacent dans les vaisseaux sanguins et interagissent avec les cellules.

Même chez des adultes jeunes et en bonne santé, la consommation de cannabis pourrait fortement augmenter le risque d’infarctus du myocarde. C’est ce que viennent de mettre en évidence deux études à paraître prochainement.


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Plaisant, convivial, naturel… mais visiblement très mauvais pour le cœur ! Autorisé dans de nombreux pays, mais encore interdit en France, le cannabis vient de faire l’objet de deux études d’envergure.

Un risque d’infarctus augmenté de 50 à 600 %

La première est une étude rétrospective qui a analysé les dossiers médicaux de près 4,6 millions de personnes suivies en moyenne pendant trois ans. Ses résultats, qui seront prochainement publiés dans la revue JACC Advances, révèlent que les usagers de cannabis avaient six fois plus de risques d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) que les personnes qui n’en consommaient pas. Elles avaient également quatre fois plus d’accident vasculaire cérébral (AVC) et deux fois plus d’insuffisance cardiaque. Pourtant, tous les participants à l’étude étaient âgés de moins de 50 ans et avaient une tension artérielle et un taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) normaux.

La seconde est une méta-analyse qui a compilé les résultats de 12 études publiées antérieurement impliquant un total de 75 millions de personnes âgées de 41 ans en moyenne. Ses résultats, qui seront présentés le 29 mars 2025 lors de la session scientifique annuelle de l’American College of Cardiology, montrent cette fois que les usagers de cannabis ont un risque d’infarctus augmenté de 50 % par rapport aux autres. Cette seconde étude est la plus grande menée à ce jour sur ce sujet.

Comment expliquer l’effet toxique du cannabis ?

Si les deux études ne donnent pas les mêmes résultats, c’est principalement en raison de méthodologies différentes, notamment au type d’échantillonnage, au recueil de données et à l’hétérogénéité des études intégrées dans la méta-analyse. Quoi qu’il en soit, elles confirment les résultats de précédents travaux suggérant un lien entre usage récréatif de cannabis et maladies cardio-vasculaires.

À l’heure actuelle, les mécanismes par lesquels la marijuana impacte le cœur et les vaisseaux ne sont pas connus. Il semble cependant qu’elle affecte la régulation du rythme cardiaque, augmente la demande en oxygène du cœur et contribue au dysfonctionnement des vaisseaux sanguins.

Morale de l’histoire : chez le médecin, mieux vaut être transparent sur sa consommation de cannabis. Celle-ci n’apparaîtra pas sur les bilans sanguins habituellement prescrits pour surveiller la santé cardio-vasculaire. Or, c’est une information capitale pour une prise en charge médicale adéquate.

Source

Consommation de cannabis : un risque accru d’infarctus et d’insuffisance cardiaque

Alors que la consommation de cannabis se banalise dans plusieurs pays occidentaux, notamment avec sa légalisation progressive dans certains pays, une nouvelle étude remet en question l’innocuité de cette substance sur le plan cardiovasculaire.

Selon une analyse publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC) et relayée le 17 mars par l’American College of Cardiology, les consommateurs réguliers de cannabis sont nettement plus exposés aux risques d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque que les non-consommateurs.

L’étude, qui repose à la fois sur une recherche rétrospective et une méta-analyse de 12 études précédentes, révèle que les utilisateurs de cannabis de moins de 50 ans ont six fois plus de chances de subir une crise cardiaque que les non-consommateurs. De plus, la méta-analyse, portant sur plus de 93 000 consommateurs de cannabis et 4,5 millions de non-utilisateurs, montre un risque accru de 50 % de développer une insuffisance cardiaque chez les consommateurs.

Le cannabis, aussi nocif que le tabac ?

Face à ces résultats, le chercheur Ibrahim Kamel de l’Université de Boston, co-auteur de l’étude, estime que la consommation de cannabis devrait être prise en compte dans l’évaluation des risques cardiovasculaires des patients, au même titre que le tabagisme. « Interroger les patients sur leur usage du cannabis devrait faire partie du diagnostic clinique, comme on le fait déjà avec la cigarette », souligne-t-il.

Il appelle également à une meilleure information du public, estimant que beaucoup de consommateurs ne sont pas conscients des dangers cardiovasculaires liés à cette substance.

Pour réaliser cette recherche, les scientifiques ont exploité les données de la base de santé mondiale TriNetX, analysant des participants de moins de 50 ans sans antécédents cardiovasculaires : Pas d’hypertension,Pas d’antécédents de maladie coronarienne, Aucun usage de tabac, Cholestérol normal.

Les résultats obtenus ont ensuite été croisés avec 12 autres études internationales menées aux États-Unis, au Canada et en Inde, rassemblant plus de 4,5 millions de personnes, dont 93 000 consommateurs de cannabis.

Après regroupement des données, il apparaît que les consommateurs actifs de cannabis ont un risque 1,5 fois plus élevé de subir un infarctus par rapport aux non-utilisateurs.

Un effet sous-estimé, aggravé par la combustion

Bien que les auteurs de l’étude reconnaissent que d’autres facteurs de consommation, comme l’usage concomitant de substances illicites (cocaïne, drogues de synthèse), puissent influencer ces résultats, les preuves d’un impact direct du cannabis sur la santé cardiaque s’accumulent.

Une autre étude, publiée en 2024 dans le Journal of the American Heart Associationavait déjà mis en évidence un lien entre l’usage de marijuana et les maladies cardiovasculaires, notamment une augmentation du risque de coronaropathie, un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC), et une prévalence plus élevée d’infarctus du myocarde.

Les chercheurs ont souligné que la combustion du cannabis, méthode de consommation la plus répandue, expose les fumeurs aux mêmes risques que le tabac, notamment à cause des particules inhalées. « L’usage fréquent du cannabis est associé à des complications cardiovasculaires, et plus la consommation est importante, plus ces risques augmentent », ont conclu les auteurs.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) rappelle que le cannabis augmente immédiatement la fréquence cardiaque et la pression artérielle, ce qui pourrait expliquer les effets néfastes observés.

Cependant, les experts soulignent qu’il est encore nécessaire de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes précis par lesquels le cannabis affecte le système cardiovasculaire.

Une perception erronée du cannabis « inoffensif »

Cette étude vient bousculer un discours largement répandu selon lequel le cannabis serait moins nocif que le tabac et sans danger pour la santé.

Avec la montée en puissance des législations favorables à la dépénalisation et la promotion d’un usage récréatif « responsable », de nombreux consommateurs ignorent ou sous-estiment les risques réels associés à cette drogue.

Or, les faits sont clairs : fumer du cannabis, loin d’être anodin, peut avoir des répercussions sérieuses sur le cœur et les vaisseaux sanguins.

Alors que certains pays européens continuent d’assouplir leur législation sur cette substance, ces résultats devraient encourager une meilleure information et un suivi médical plus strict des usagers réguliers.

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