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Le cannabis récréatif met la Macronie en pétard

Alors que des Marcheurs envisagent la légalisation du cannabis récréatif, l’exécutif se montre réticent et la division gagne le gouvernement.

Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole
Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole « Macron paye ton joint »

POLITIQUE – Si Gérald Darmanin estime que le cannabis “c’est de la merde”, la politique française en la matière relève clairement de l’échec. Malgré une législation répressive, la France demeure le pays où la consommation est la plus élevée d’Europe et où les dégâts causés par les trafics ne cessent de s’aggraver. Sans compter le fait que les substances consommées échappent à tout contrôle, avec tous les risques sanitaires que cet angle mort comprend.  

Partant de ce constat, une mission d’information sur “la réglementation et impact des différents usages du cannabis” a été lancée à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Présidée par le député LR Robin Reda et réunissant des élus de sensibilités différentes, celle-ci rend son rapport ce mercredi 5 mai. Parmi ses membres, plusieurs députés LREM penchent clairement pour la légalisation. À l’image des élus macronistes Jean-Baptiste Moreau, Ludovic Mendes ou encore Caroline Janvier. Rapporteure du volet “récréatif” de cette mission, cette dernière, députée du Loiret, se dit même “convaincue” que la substance sera, un jour ou l’autre, légale en France.  

N’y cherchez pas une forme de fracture Ambroise Méjean, délégué général des « Jeunes avec Macron »

Elle n’est pas la seule au sein du parti présidentiel à pencher du côté de la légalisation. Dimanche 25 avril, les Jeunes avec Macron ont publié dans le JDD une tribune en faveur d’une autorisation encadrée du cannabis… le jour où le ministre de l’Intérieur déclarait la guerre à cette substance dans ce même journal.

“Il ne faut pas croire qu’on fait un coup politique, on travaille sur le sujet depuis plus d’un an. Je partage sa vision de la sécurité, n’y cherchez pas une forme de fracture”, démine auprès du HuffPost le patron des “JAM” Ambroise Méjean, qui jure que “la seule finalité de cette prise de position, c’est de montrer qu’il y a un débat dans la majorité”. Pourtant, le discoursrésolument anti-fumette martelé par Gérald Darmanin vient jeter le trouble dans une famille politique qui vante une approche progressiste des questions sociétales. D’autant que le chef de l’État lui-même semblerevenir sur ses orientations de 2017 à ce sujet. 

“L’ADN d’En Marche!”

“Je vois des positions diverses, ça ne me choque pas que sur les questions de société on puisse avoir différentes sensibilités qui s’expriment, comme pour la fin de vie”, tempère au HuffPost le patron de LREM Stanislas Guérini. Or, plus que des positions diverses, ce sont carrément des contradictions qui s’expriment. Ainsi, quand le ministre de l’Intérieur entend “lutter contre le soft-power des pro-légalisation mené sur certaines plateformes Internet”, on trouve sur la plateforme d’idées lancée par LREM unerésolution appelant justement à “légaliser le cannabis”. 

Pour le député LREM Sacha Houlié (ex-patron des “JAM”), “il est temps de mettre fin à cette forme d’hypocrisie” qui entoure la consommation de cannabis. D’autant que pour l’élu de la Vienne, “la dimension progressiste et libérale” du parti présidentiel impose de faire évoluer la législation.

C’est également ce que pense Caroline Janvier. “Le fait d’aborder les sujets de façon pragmatique, et non idéologique, en dehors des ‘prêts-à-penser’, c’est justement dans l’ADN d’En Marche! On a beaucoup reproché ce travers à la droite et à la gauche avant que nous arrivions aux responsabilités. Et c’est justement à cause de ces postures idéologiques que l’on s’est longtemps trompé de débat. En entretenant une confusion entre légalisation et promotion. Or, ce n’est pas le sujet. L’idée, c’est de mieux contrôler et protéger les mineurs. L’enjeu est purement sanitaire”, détaille l’élue du Loiret.    

“J’ai un avis que je vais garder pour moi…”

Au sein du gouvernement, le sujet divise. Mais pas au point d’aller au clash avec l’omniprésent Gérald Darmanin. Plusieurs ministres favorables à une ”évolution de la législation” préfèrent ne pas s’épancher sur un sujet jugé “un peu trop touchy” et font promettre de ne rien en dire. Même dans la majorité, certains préfèrent l’esquive pour ne pas se retrouver dans l’embarras. “J’ai un avis que je vais garder pour moi”, sourit une cadre du groupe macroniste, pourtant connue pour porter haut ses convictions. Quoi qu’il en soit, la remise du rapport ce 5 mai marquera forcément une nouvelle étape dans l’appréhension de cette question en France. 

“La question que l’on doit se poser, c’est: veut-on faire partie des pays progressistes, comme les États-Unis ou le Canada, qui avancent sur cette question, ou veut-on rejoindre le camp de la Russie et de la Chine qui ont une position très réactionnaire sur le sujet?”, interroge Caroline Janvier. Chez Gérald Darmanin en tout cas, c’est pour l’instant la deuxième option qui domine. Sûrement pas en ces termes. 

Une campagne de sensibilisation contre la drogue lancée « avant la fin de l’été »

Une semaine après la proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un « grand débat » sur le sujet, le gouvernement lancera une nouvelle campagne de sensibilisation contre la drogue « avant la fin de l’été ».

Le gouvernement va lancer « avant la fin de l’été » une compagne de sensibilisation contre la drogue, a annoncé Gérald Darmanin dans un entretien au Journal du dimanche.

« La dernière campagne de sensibilisation contre la drogue date de 30 ans ! Le gouvernement en lancera une nouvelle avant la fin de l’été sous l’autorité du Premier ministre », a déclaré au JDD le ministre de l’Intérieur, qui a fait de la lutte contre les trafics de stupéfiants sa priorité.

70 000 amendes pénales

Sur le volet répressif, Gérald Darmanin a affirmé que les services de police avaient mené depuis janvier « plus de 1 300 opérations de démantèlement des points de deal », avec « des saisies importantes et régulières » à la clef.

Par ailleurs, « plus de 70 000 amendes pénales » ont été délivrées à des consommateurs depuis le 1er septembre, date de leur généralisation.

Dans une interview fleuve au Figaro lundi dernier, Emmanuel Macron avait souhaité le lancement d’« un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères » sans détailler comment cette consultation pourrait être menée.

« La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou », avait estimé le chef de l’État. La France est le premier pays d’Europe en nombre de consommateurs de cannabis avec 1,5 million d’usagers réguliers

« Le cannabis est devenu une drogue dure », a déclaré Gérald Darmanin au JDD, rappelant la hausse « considérable » du niveau de THC, la molécule psychotrope du cannabis.

Patients atteints de troubles du rythme cardiaque : ne touchez pas au cannabis !

Les consommateurs de cannabis souffrant de troubles du rythme cardiaque auraient un risque de décès beaucoup plus important que les usagers n’ayant pas d’arythmie. 

  • Les effets du cannabis sur les patients atteints de troubles du rythme cardiaque étaient mal connus
  • On sait aujourd’hui qu’en cas de fibrillation atriale, le risque de décès est 4,5 fois supérieur
  • En dehors de ses effets psychotropes, le cannabis est mauvais pour le coeur, la circulation sanguine et les poumons

Les personnes souffrant d’arythmie cardiaque et consommant du cannabis auraient un risque de mortalité à l’hôpital 4,5 fois plus élevé que ceux n’ayant pas arythmie, selon une étude présentée à l’EHRA 2021, un congrès scientifique en ligne de la Société européenne de cardiologie (ESC) qui a lieu jusqu’au dimanche 25 avril. Les chercheurs ont voulu évaluer les répercussions de la consommation de cannabis chez les patients atteints de troubles cardiaques. Pour cela, ils ont analysé sur les données de 2 457 544 adultes consommateurs de cette substance et ayant été hospitalisés entre 2016 et 2018. Parmi ceux-ci, 187 825 – soit 7,6% – souffraient d’une arythmie. “Les gens doivent être conscients de cet effet néfaste et rester prudents lorsqu’ils consomment du cannabis s’ils souffrent d’un problème cardiaque”, souligne Sittinun Thangjui, l’un des auteurs de l’étude. 

1,5 million de français consomment régulièrement du cannabis

L’arythmie est une perturbation du rythme cardiaque normal, dans sa fréquence et dans sa régularité. Il existe plusieurs types de troubles du rythme, très différents quant à leur retentissement sur le fonctionnement du cœur. Les personnes analysées au cours de cette étude souffraient principalement de fibrillation atriale, un trouble cardiaque qui peut être responsable de palpitations. Ensuite, certains avaient une fréquence cardiaque anormalement lente ou, à l’inverse, trop rapide. Jusqu’à présent, les connaissances sur les effets de la consommation de cannabis chez ces patients était limitée. 

Le cannabis, substance aussi appelée marijuana, renferme un principe actif hallucinogène, le tétrahydrocannabinol, ou THC. On en trouve sous trois formes : l’herbe séchée, la résine et l’huile. Les deux premières se fument tandis que la troisième est plus généralement consommée avec une pipe. Ses effets comportent une phase d’euphorie, puis d’extatique et enfin de sommeil. En France, le cannabis est considéré comme un stupéfiant, rendant sa consommation condamnable. Pourtant, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies estime qu’il y aurait cinq millions d’usagers avec au moins une prise dans l’année, dont 1,5 million ayant une consommation régulière. 

Un risque élevé de mortalité et des hospitalisations plus longues

Lors de leurs travaux, les scientifiques ont séparé les patients consommateurs de cannabis en deux groupes : ceux souffrant d’arythmie – qui étaient plus âgés – et ceux n’ayant pas de troubles cardiaques.  En moyenne, ils avaient respectivement 50,5 ans contre 38,8 ans. Ainsi, les chercheurs ont pu analyser les décès survenus à l’hôpital dans chacun de ces deux groupes et les comparer.

Selon leurs résultats, les consommateurs de cannabis souffrant d’arythmie avaient un risque de mortalité à l’hôpital 4,5 fois plus élevé que ceux sans arythmie. De plus, ces patients étaient aussi hospitalisés plus longtemps : 5,7 jours contre 5,1 jours pour ceux n’ayant pas de troubles cardiaques. “Notre étude souligne que les troubles du rythme cardiaque peuvent alerter sur un risque de décès plus important chez les personnes qui consomment du cannabis, explique Sittinun Thangjui. D’autres études seront nécessaires pour confirmer nos résultats. En attendant, il semble judicieux de dépister les arythmies de ces patients lorsqu’ils se présentent à l’hôpital afin que ceux ayant un problème de rythme cardiaque puissent être davantage surveillés. »

L’an dernier, dans la revue Circulation, l’American Heart Association pointait déjà les effets néfastes de la consommation de cannabis sur le cœur, les poumons et les vaisseaux sanguins. Un enjeu de santé publique puisque 45 % des français de 18 à 64 ans auraient déjà expérimenté, au moins une fois, cette substance.

Affaire Sarah Halimi : le temps de la légitime défonce


Professeur Jean Costentin


La décision récente de la Cour de cassation confirmant l’absence de procès pour le meurtre sauvagement perpétré sur la personne de Madame Sarah Halimi par Kobili Traoré suscite, dans le public, une vive émotion, à la mesure de sa désapprobation. Je ne parlerai ici que du rôle du cannabis, que l’assassin avait largement consommé avant de commettre son crime.


La responsabilité de cette drogue (par son THC) dans la survenue de bouffées délirantes est très bien documentée ; elle est décrite comme « psychose cannabique ». Observée de longue date par les médecins, cette psychose partage avec la schizophrénie des troubles délirants et hallucinatoires qui peuvent être apaisés par les médicaments
antipsychotiques ; ils disparaissent sans séquelles après quelques mois, mais peuvent aussi se prolonger, devenant alors la psychose chronique (ad vitam) qu’est la schizophrénie.


Ce n’est pas par accident que l’on consomme du cannabis. Le statut illicite (depuis 1970) de cette drogue est justifié par ses méfaits physiques mais plus encore psychiques. Ceux qui veulent obtenir sa légalisation s’échinent à en minimiser voire même à en dissimuler la gravité.
L’absence de procès de Kobili Traoré évitera de débattre de deux points très sensibles : l’antisémitisme violent d’un musulman « chauffé » dans une mosquée salafiste et la description des effets psychotogènes du cannabis.


La bouffée délirante mise en exergue par des experts psychiatres est consécutive à la consommation de cette drogue illicite, aux effets désinhibiteurs, libérateurs des pulsions agressives. Selon la légende, les fidawis de la secte des haschischins, depuis la forteresse d’Alamut (1.600 m d’altitude, dans l’Iran actuel), étaient envoyés par le vieux de la montagne, shootés de cannabis, pour tuer les victimes qu’il leur avait désignées (Marco Polo, 1323).


Arrivant à Alexandrie, Bonaparte (juillet 1798) fut atteint dans sa botte par une balle tirée par un fanatique musulman en état d’ivresse cannabique, ce qui l’amena à interdire la consommation de cannabis (sous peine d’un emprisonnement de trois mois).
La perte du jugement de Traoré n’amendait pas la séquence de ses comportements : son agressivité a duré, ses coups portés au visage de la victime se terminant par sa défenestration. Ces actes étaient dirigés contre une dame juive par un homme de religion musulmane capable de lancer « Allah akbar ».


L’arrêt de la Cour de cassation, par une interprétation étroite de la loi, admet en l’occurrence qu’un crime commis sous l’empire d’une drogue, consommée délibérément, permet d’échapper au procès. Ce procès aurait pourtant permis d’approfondir deux points essentiels : l’antisémitisme et la responsabilité individuelle et qui deviendrait collective si le cannabis était légalisé.


Quant à l’assassin, placé en internement psychiatrique, il pourra, si son état psychique vient à s’amender, après de nouvelles expertises psychiatriques, recouvrer sa liberté. Dans le cas où sa consommation de cannabis aurait ouvert la porte d’une pathologie psychiatrique chronique de type schizophrénique, il devrait alors être astreint à des soins
continus.
De toute façon, le cas Traoré aurait justifié une large attention sur deux réalités de notre société : l’antisémitisme renaissant que l’on dissimule et le risque lié à l’usage du cannabis. Ceci survient pendant qu’une mission parlementaire, s’appuyant sur une consultation citoyenne « bidon », emmenée par les députés Robin Reda, Jean-Baptiste Moreau
et Caroline Janvier, s’active pour légaliser le « cannabis récréatif » (on voit ici un de ses types de récréation).


En la circonstance présente, s’être défoncé avec une drogue dispense un individu d’être poursuivi pour ses agissements criminels imputables à sa libre consommation de cannabis ; d’où le titre de ce billet et notre exaspération.

Drogues douces et Drogues dures

Résumé

Par le Professeur Costentin


On qualifie de « drogue douce », une substance addictive, qui ne donne lieu qu’à une dépendance psychique, comme le tabac ; alors qu’on qualifie de « drogue dure » une substance addictive qui ajoute à une dépendance psychique une dépendance physique, comme l’héroïne.

L’association des troubles physiques aux troubles psychiques rend l’abstinence presque intolérable ; elle incite sa victime à faire n’importe quoi pour la faire cesser. Ce haut degré d’addiction, avec une détérioration psychique et physique, peuvent être à l’origine d’actes délictueux.


Par conséquent, à partir de cette distinction, imparfaite mais néanmoins pertinente, la loi a conféré un statut licite aux drogues jugées « douces » et illicite aux drogues « dures ». Depuis longtemps, certains s’ingénient à présenter le cannabis comme une « drogue douce » afin de le faire accéder au statut licite de l’alcool et du tabac. Mais le cannabis n’est pas une drogue « douce » : c’est une drogue très lente, aux multiples méfaits bien établis mais mal connus du grand public du fait d’occultations délibérées.


La facilité, la démagogie, les impatiences mercantiles constituent des tentations fortes pour légaliser cette drogue. Cependant, sachant la multitude de ses méfaits et leur gravité, cette légalisation serait criminelle. Le cannabis peut tuer et, à divers autres égards, détruire des individus et notre société

Les nouvelles formes de cannabis inquiètent les autorités sanitaires

Entre produits de synthèse et plus forte concentration de THC, le marché du cannabis évolue et inquiète, rapporte « le Monde ».

Par L’ObsPublié

Plusieurs Agences régionales de Santé (ARS) s’alarment ces derniers mois de l’apparition de nouveaux produits liés au cannabis. Entre augmentation du taux de THC (le tétrahydrocannabinol, réputé pour ses effets psychotropes) et produits de synthèse arrivant sur le marché, ce phénomène comporte un risque de dépendance accrue et parfois d’hospitalisation, rapporte « le Monde » ce lundi 12 avril.

Selon le service national de la police technique et scientifique, le taux moyen de THC dans la résine de cannabis a triplé en vingt ans : il était autour de 6 % et 8 % jusqu’aux années 2000 pour atteindre 28 % en 2019, explique au quotidien Céline C., experte juridique en produits stupéfiants, ingénieure et chef de la section stupéfiants du laboratoire de police scientifique de Lyon.« Une source de revenus comme une autre » : ce trafic de cannabis qui fleurit dans les campagnes

Dans le cas du BHO (« butane hash oil »), une huile extraite du cannabis avec du gaz butane, ce chiffre peut atteindre 80 %. La pureté est désormais très recherchée par les clients comme par les vendeurs, qui ont modifié leur mode de production pour s’en rapprocher, selon « le Monde ».

Une molécule de synthèse inquiète les ARS

Egalement dans le viseur des autorités sanitaires : l’augmentation de la diffusion des drogues de synthèse, qui imitent et amplifient les effets de certains produits. Les cannabinoïdes de synthèse ont été identifiés dans des produits de synthèse au niveau mondial au début des années 2000, mais selon la Direction générale de la Santé, ces produits connaissent « une dynamique soutenue de production et de diffusion, à partir de laboratoires chinois principalement », explique la DGS.Ces articles peuvent également vous intéresser Millionnaires, puissants et dangereux : sur la piste des plus gros narcos français Riche à millions et à la tête d’un réseau tentaculaire : « Mouf », l’insaisissable roi du shit

Des cas de consommateurs de cannabis accueillis à l’hôpital avec, entre autres, des sueurs, vertiges et tremblements, ont ainsi attiré l’attention à l’automne dernier de l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur et, en décembre, du centre d’addictovigilance de Bordeaux et de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Des analyses n’ont pas révélé la présence de THC dans ces produits mais de CBD ainsi que de la molécule « MDMB-4en-Pinaca », un cannabinoïde de synthèse censé reproduire les effets du THC. Sous forme de poudre, il peut notamment être vaporisé sur des résidus végétaux ou être intégré à des produits à vapoter. « Il s’agit de substances qui, pour des doses largement inférieures, sont beaucoup plus fortes. C’est le cannabis puissance 100 », selon la docteure Joëlle Micallef, présidente du réseau français d’addictovigilance et directrice du centre Paca, auprès du « Monde ».Cannabis, cocaïne… Enquête sur des trafics qui explosent

Le quotidien précise que selon le dosage, les effets peuvent aller, dans les cas les plus graves, jusqu’à des AVC, infarctus, et décès.

Un phénomène difficile à évaluer

Douze cas de décès liés à la consommation de MDMB-4en-Pinaca ont été déclarés en 2019 et 2020 à l’Observatoire européen des Drogues et des Toxicomanies en Hongrie au Royaume-Uni et en Suède. En France, la molécule a été identifiée pour la première fois à Mayotte et à La Réunion. Début février 2021, il avait été identifié dans 21 collectes d’échantillons en Bretagne, en Bourgogne, dans le Centre, dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France, en Nouvelle-Aquitaine, en Paca et en Auvergne-Rhône-Alpes. La hausse des signalements est toutefois « difficile à interpréter », selon la DGS.TRIBUNE. « Après la crise du Covid-19, il faut légaliser le cannabis, vite ! »

Comme l’expliquait l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies en février, il n’existe pour l’heure « pas d’éléments permettant d’évaluer la proportion de produits de ce type circulant en France », soulignant la nécessité de différencier le phénomène de celui des produits de cannabis à forte teneur, et donc d’effectuer des analyses pour déterminer leur nature.

Une analyse et une évaluation du phénomène difficile, alors que tous les consommateurs de ces produits ne sont pas hospitalisés et voient leur drogue étudiée.

Ces nouveaux produits, plus chargés en THC et plus puissants, inquiètent d’autant plus que, comme le souligne « le Monde », ils augmentent le risque de dépendance.

Retour sur l’escalade des drogues


Pr. Jean Costentin

Une émission sur TF2 le 6 avril (22h50 – 0h30) s’intitulait « Jeunesse en fumée ».
Avec une filmographie superbe, elle présentait les parcours chaotiques et pour certains fracassés de jeunes s’étant adonnés au cannabis et, ce faisant, largement abimés. Bienque libérés de ce piège on percevait leurs séquelles et l’énorme gâchis qu’avait été leur adolescence. Ce reportage se terminait par des interviews, dont l’une de J.-P. Couteron (présenté comme psychologue-clinicien et addictologue).

Il décocha, avec son psittacisme habituel, telle flèche du Parthe, qu’il fallait légaliser le cannabis, alors que ce
n’était pas le sujet de l’émission et que ce qu’on venait de voir ruinait totalement sa déclaration ; il ajoutait, péremptoire, que l’escalade des drogues n’existe pas.
Evoquons les données qu’ignore Couteron en contestant l’escalade.
Parallèlement à la consommation du cannabis qui s’envole, c’est simultanément celle de diverses autres drogues.


Un continuum dans la consommation des drogues est lié au fait que chacune d’elles intensifie la libération de dopamine, le neuromédiateur du plaisir, dans une structure cérébrale, le noyau accumbens / striatum ventral ; cette dopamine qui stimule les récepteurs dopaminergiques D 2 de cette structure.

L’expérimentateur qui a apprécié l’effet d’une drogue, accroit sa dose et/ou la fréquence de son usage, s’arrêtant au niveau où surviennent d’intenses effets adverses. Cet abus suscite une tolérance aux effets recherchés. Quand le niveau de stimulation des récepteurs D 2 n’apporte plus au sujet le plaisir désiré, il ne remplace pas cette drogue par une autre plus puissante, il y ajoute une autre, puis deux, voire trois autres drogues.

Ces poly toxicomanies sont devenues très fréquentes. Au plaisir des premiers usages a fait place un besoin tyrannique qui mobilise toute l’attention du toxicomane.

Deux publications récentes* montrent qu’à l’adolescence l’exposition au cannabis / THC, par un mécanisme épigénétique, accroît l’appétence ultérieure pour les morphiniques, ainsi que pour la cocaïne. C’est le mécanisme neurobiologique qui sous tend cette escalade.

Elle correspond au fait bien connu que tous les cocaïnomanes, comme tous les héroïnomanes, ont préalablement consommé du cannabis et, avant lui, du tabac et de l’alcool. Si certains s’arrêtent en chemin, d’autres, de plus en plus
nombreux, continuent l’ascension de l’échelle des toxicomanies. Le nombre des occupants des barreaux situés au dessus de celui du cannabis, s’accroit par débordement du barreau cannabis.


Reconnaître cette escalade rend plus compliquée la légalisation du cannabis. Si elle était obtenue, continuant de nier l’escalade, on devrait légaliser (successivement, ou en bloc) toutes les drogues correspondant aux étapes de cette ascension. C’est déjà la revendication explicite de plusieurs « addictologues » à contre-emploi.


« Toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort » est le leitmotiv du toxicomane. En France, à partir du vivier cannabique, qui compte 1.500.000 usagers réguliers, s’est constitué, avec un gradient décroissant, une population de plus de 300.000 sujets devenus dépendants des substances opioïdes. Aux U.S.A., toujours anticipateurs, une population alcoolisée par des spiritueux, largement imprégnée du cannabis légalisé en de nombreux Etats, et exposée à la prescription inconsidérée de morphiniques, ont été dénombrés l’an passé 64.000 décès par overdoses de
morphiniques.

Dans la varappe, l’escalade consiste à abandonner une prise quand on en saisit une autre, or ce que l’on constate en matière de toxicomanies est pire que ce que contestent nos contradicteurs : les « toxicos » n’abandonnent pas une drogue pour lui en substituer une autre, ils ajoutent à la drogue qui ne les satisfait plus pleinement une,
deuxième, voire une troisième drogue.

Pire que l’escalade contestée par Couteron (qui a présidé durant 12 ans la Fédération addiction ne lui laissant pas le temps d’apprendre cela), il s’agit de poly toxicomanies !

*Tomasiewicz et coll. Proenkephalin mediates the enduring effects of adolescent
cannabis exposure associated with adult opiate vulnerability. Biol. Psychiatry 2012; 72:
803-810.
Scherma et coll.  Cannabinoid exposure in rat adolescence reprograms the initial
behavioral, molecular, and epigenetic response to cocaine. Proc Natl Acad Sci U S A . 2020;
117: 9991–10002.

Beaucoup plus fort en THC, le nouveau cannabis accroît le risque de dépendance

Plus chargé en THC, la molécule à l’origine des effets psychotropes, le cannabis en circulation évolue, et les drogues de synthèse se développent. Plusieurs agences régionales de santé s’inquiètent.

C’est une évolution qui s’est faite à bas bruit et qui commence à inquiéter les autorités sanitaires. La litanie des annonces de saisie de cannabis en France masque une autre réalité : la hausse très significative du THC – le tétrahydrocannabinol, la molécule à l’origine des effets psychotropes –, ainsi que la poursuite de l’expansion des produits de synthèse. Plusieurs agences régionales de santé (ARS) ont tiré la sonnette d’alarme, ces derniers mois. Ces produits entraînent un risque de dépendance accru et leurs effets peuvent, dans certains cas, entraîner une hospitalisation.

Selon les chiffres du service national de la police technique et scientifique (PTS), le taux moyen de THC dans la résine de cannabis saisie par les services répressifs a triplé en vingt ans. « Jusqu’aux années 2000, celui-ci tournait entre 6 % et 8 % », explique Céline C., experte juridique en produits stupéfiants, ingénieure et chef de la section stupéfiants du laboratoire de police scientifique de Lyon. Il a ensuite progressé doucement jusqu’à l’année 2010, « qui est une année charnière ».

Depuis, la concentration de THC dans la résine de cannabis a bondi de 11 % en moyenne, à « 28 % en 2019 ». Il arrive parfois que les services de la police scientifique détectent des taux grimpant jusqu’à 50 %, voire plus, pour du cannabis présenté sous une autre forme dans le produit final. C’est le cas par exemple du BHO, pour « butane hash oil », qui consiste à extraire de l’herbe de cannabis avec du gaz butane, une huile très pure pouvant atteindre 80 % de THC.

Une pureté recherchée par les trafiquants


Plus récemment, la PTS a même analysé un gel de cannabis, contenu dans une petite seringue en plastique, atteignant 91 % de THC. Une pureté désormais recherchée par les trafiquants, du producteur au vendeur, qui s’adaptent comme toute autre entreprise à une demande allant dans ce sens. Ils ont modifié leur mode de production en sélectionnant les graines, à dessein.

Il n’est plus rare désormais de lire sur les réseaux sociaux, Snapchat pour l’essentiel, des annonces de dealeurs promouvant l’arrivée récente de tel ou tel produit baptisé, par exemple, triple frappe ou « frappe trois fois filtrée », et mis en avant pour sa puissance psychoactive. L’herbe de cannabis serait pour sa part moins concernée par cette hausse de THC. Avant 2000, son taux de THC était de 4 % en moyenne et tourne entre 10 % et 13 % ces dernières années, note la PTS.

L’expérimentation du cannabis médical en France commence


Parallèlement à l’augmentation du taux de THC dans le cannabis, une autre tendance préoccupe les professionnels de santé : la diffusion croissante de drogues de synthèse. Ces molécules synthétiques imitent et amplifient les effets de certains produits.

A l’automne 2020, l’alerte est d’abord venue du centre d’addictovigilance de Marseille et de l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). En décembre, le centre d’addictovigilance de Bordeaux et l’ARS Nouvelle-Aquitaine ont emboîté le pas. En cause : les réactions inhabituelles observées chez plusieurs consommateurs de cannabis. A Marseille, des clients réguliers, pensant avoir acheté de l’herbe classique – composée de THC et de cannabidiol (une autre molécule contenue dans la plante) –, se sont retrouvés en sueur, fiévreux, pris de vertiges et de tremblements, de nausées, voire de vomissements. A Bordeaux, plusieurs mineurs ont dû être hospitalisés.

Les pharmacologues du centre d’addictovigilance de Marseille effectuent alors des investigations. Aucune trace de THC n’est repérée dans les analyses. En revanche, sont détectés du CBD et, plus inquiétant, un cannabinoïde de synthèse au nom barbare, le « MDMB-4en-Pinaca ». Le même élément sera retrouvé chez les adolescents bordelais. Il s’agit d’une molécule produite par des laboratoires clandestins, censée reproduire les effets du THC. Se présentant sous forme de poudre, elle est généralement vaporisée directement sur les résidus végétaux ou intégrée à des produits destinés à être vapotés. Dans le cas marseillais, elle avait été pulvérisée sur des têtes de cannabis au CBD, à l’insu des consommateurs.

« Il s’agit de substances qui, pour des doses largement inférieures, sont beaucoup plus fortes. C’est le cannabis puissance 100 », alerte Joëlle Micallef
Si cette molécule agit dans le cerveau sur les mêmes récepteurs que le THC, « ce n’est pas juste le Canada Dry du cannabis, alerte la docteure Joëlle Micallef, présidente du Réseau français d’addictovigilance et directrice du centre PACA. Il s’agit de substances qui, pour des doses largement inférieures, sont beaucoup plus fortes. C’est le cannabis puissance 100. » En fonction du dosage, particulièrement difficile à maîtriser, les conséquences sont variables : malaise, vertige, tachycardie, bad trip, agressivité, voire, dans les cas les plus sévères, AVC, infarctus, jusqu’au décès.

En 2019 et 2020, ce sont douze cas de décès liés à la consommation de MDMB-4en-Pinaca qui ont été déclarés à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, dont huit en Hongrie, trois au Royaume-Uni et un en Suède. « Dans chaque cas, d’autres substances psychoactives avaient été identifiées », précise la direction générale de la santé (DGS). Le produit a été détecté sur le marché européen en 2017. « Sa présence est signalée en hausse entre début 2019 et fin 2020 dans vingt et un Etats de l’Union européenne, la Turquie et la Norvège », indique la DGS.


En France, c’est à Mayotte et à La Réunion que la molécule a été identifiée pour la première fois. On y consomme de la « chimique », soit des cigarettes remplies de tabac et imprégnées d’un, voire plusieurs cannabinoïdes de synthèse. Le MDMB-4en-Pinaca circule désormais plus largement sur le territoire. Entre septembre et décembre 2020, le système national d’identification des substances et des toxiques (Sintes) l’a identifié dans treize collectes d’échantillon d’herbe. S’y ajoutent huit cas de forte suspicion.

Concernant 2021, au 3 février, il avait déjà été identifié dans vingt et une autres collectes. Sont concernées les régions Bretagne, Bourgogne, Centre, Hauts-de-France, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, PACA et Auvergne-Rhône-Alpes. « La hausse des signalements, constatée début 2021, reste difficile à interpréter et peut révéler une forte réactivité du réseau Sintes autant qu’une diffusion accélérée du produit sur le territoire », indique la DGS.

« Au regard des seules informations disponibles à ce jour, l’annonce de la circulation de ces produits doit demeurer circonstanciée, rapporte l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dans un document du 5 février 2021. Il n’existe actuellement pas d’éléments permettant d’évaluer la proportion de produits de ce type circulant en France. » En outre, l’OFDT précise : « Il faut différencier ce phénomène de la survenue d’effets inattendus/indésirables découlant de la consommation de cannabis à forte teneur, dont la présence s’accroît depuis plusieurs années. Seule l’analyse de la composition des produits consommés peut en déterminer la nature. »

« Ce qui nous alerte, c’est la tendance évolutive »


Pour la docteure Micallef, il ne faut pas s’arrêter au nombre de cas identifiés. Car la plupart des consommateurs passent sous les radars. Pour analyser les produits, encore faut-il que les personnes arrivent à l’hôpital ou soient repérées par les professionnels de santé. Encore faut-il, également, que des analyses soient réalisées, que des liens de cause à effet soient déterminés ou que le produit soit collecté. « Quand on a cinq cas, c’est qu’en réalité on en a cinq cents, rapporte la professeure. Ce qui nous alerte, c’est la tendance évolutive. Quand on voit que les cas augmentent, que le produit arrive dans différentes régions, qu’il touche tout type de public, c’est plus important qu’un chiffre. Pour nous, il ne manque rien pour faire une sensibilisation nationale sur le sujet. »

Les cannabinoïdes de synthèse ne sont pas nouveaux. Ils appartiennent plus largement aux « nouveaux produits de synthèse », identifiés au niveau mondial au début des années 2000. Ces produits, néanmoins, connaissent « une dynamique soutenue de production et de diffusion, à partir de laboratoires chinois principalement », explique la DGS. De nouvelles molécules, pour la plupart issues de la recherche scientifique, sont mises sur le marché régulièrement, afin d’échapper à la loi sur les stupéfiants.

En Europe, les premiers cannabinoïdes de synthèse ont été détectés en 2008, en Allemagne et en Autriche, dans des produits vendus sous le nom de « Spice ». « C’était un mélange de plantes, commercialisé sur Internet comme de l’encens, mais qui était en fait fumé, explique Reynald Le Boisselier, directeur du centre d’addictovigilance de Caen. Aujourd’hui, les molécules sont plus puissantes, et on observe une diversification des usages. » En France, entre 2008 et 2017, soixante-huit cannabinoïdes de synthèse ont été identifiés, d’après l’OFDT.

« Toute une série d’effets qu’on ne connaît pas »


Dans la région de Caen, le phénomène est devenu visible en 2018. Plusieurs dizaines de lycéens ont développé des effets indésirables après avoir vapoté un e-liquide appelé « Pète ton crâne ». Des cannabinoïdes de synthèse y étaient incorporés. « Ces substances n’ont pas eu d’études cliniques poussées. Il y a toute une série d’effets qu’on ne connaît pas, notamment chez des personnes très jeunes, qui n’ont pas d’antériorité médicale et dont on ne connaît pas les fragilités individuelles », alerte le professeur Le Boisselier. « Il y a une volonté de faire goûter et de diffuser ces produits, souligne la docteure Micallef. Le marketing de certains sites est travaillé, ils surfent sur certains effets de mode comme le vapotage, moins stigmatisant. »

Toutefois, de façon contre-intuitive, d’après les chiffres de l’OFDT, et bien qu’il soit encore trop tôt pour mesurer l’impact des confinements successifs, l’usage de cannabis chez les adolescents a observé une tendance à la baisse jusqu’en 2017. Cette année-là, 39 % des jeunes de 17 ans déclaraient en avoir déjà fumé ; ils étaient 50 % en 2002. Toujours d’après l’OFDT, en 2017, près de 4 % des jeunes de 17 ans déclaraient « avoir déjà consommé un produit imitant les effets d’une drogue ».

Néanmoins, face à du cannabis « plus chargé » et à des drogues de synthèse plus puissantes, le potentiel de dépendance et les risques augmentent. « On a vu les cas compliqués se multiplier », observe la docteure Micallef. « La pratique est tellement répandue que ceux qui essayent de se sevrer, à moins de s’isoler complètement des copains, ont du mal », rapporte Emmanuelle Peyret, addictologue à l’hôpital pour enfants Robert-Debré, qui ajoute : « Ils se tournent aussi vers des choses beaucoup plus dures, tous les dérivés d’opiacés qui se trouvent dans la pharmacie des parents. On a de plus en plus de situations inquiétantes. »

Les cannabidioties qui ont trompé l’opinion

par le Professeur Costentin

Fin mars, l’OMS a retiré le cannabis du tableau des drogues les plus nocives, où il figurait depuis 1961.

Les 53 pays membres ont donc ouvert la voie à la reconnaissance de ses vertus thérapeutiques. Il est vrai que le cannabis est, depuis longtemps, l’objet de manipulations par ceux qui militent pour sa légalisation. Évoquons, pour les contredire, quelques-unes de leurs entourloupes.

« La loi de 1970 qui le prohibe est obsolète »

Le temps ne conduit pas inéluctablement à l’obsolescence, les données sur cette drogue ont confirmé les dangers pressentis et en ont révélé d’autres, encore plus graves.

« Cannabis = jeunesse = liberté »

Enlevant dans cette équation le terme jeunesse, apparaît l’égalité idiote entre cannabis (drogue, assujettissement) et liberté ; 1.300.000 Français, jeunes en majorité, se sont fait passer les menottes du cannabis, annonçant pour certains la camisole.

« Le cannabis, lui, ne tue pas »

Qu’à la différence de l’héroïne des doses élevées de cannabis ne soient pas létales ne permet pas de conclure à son innocuité. Sa toxicité l’emporte sur celle du tabac souvent associé, avec une toxicité physique intrinsèque (infarctus du myocarde, AVC, cancer du testicule…) et surtout psychique (ivresse, désinhibition avec prise de risques sur la route, au travail, auto– ou hétéro-agressivité, dépressions et suicides, schizophrénie comportant 10 % de morts violentes, incitation à l’adjonction d’autres drogues (dont l’héroïne et ses overdoses)…

« Aux vieux l’alcool, aux jeunes le cannabis »

Le cannabis incite à la consommation d’alcool ; leur usage simultané est source d’accidents routiers et professionnels. La consommation de cannabis explose chez les jeunes ; 20 % d’entre eux en sont dépendants, parfois dès le collège. Drogue de la crétinisation, à l’âge des activités éducatives ; inducteur d’anxiété, de dépression, de schizophrénie, de consommation d’autres drogues. Les futurs parents en puissance devraient savoir (mais qui le leur dit ?) que son THC imprime des marques épigénétiques sur leurs gamètes, faisant transmettre à leur progéniture une vulnérabilité aux toxicomanies et à différents troubles psychiatriques.

« Légaliser le cannabis fera disparaître trafics et dealers »

Les trafics de drogues et leurs violences gangrènent notre nation. Ils survivront à la légalisation du cannabis par la vente, à plus bas prix que le cannabis « de régie », de produits plus fortement dosés en THC et par la proposition d’autres drogues.

« Légaliser le cannabis permettra d’engranger des taxes »

L’apport au budget de taxes prélevées sur le cannabis fait rêver les contribuables ignorant que celles sur le tabac et l’alcool ne couvrent pas la moitié des dépenses de santé qu’ils induisent. Pour un dollar qu’encaisse l’État du Colorado ayant légalisé le cannabis, il doit en débourser quatre pour couvrir les dépenses entraînées par cette drogue (santé mentale, physique, accidents, frais de justice…), sans compter l’incurie des consommateurs qui, de contribuables qu’ils devraient être, deviennent des assistés sociaux.

« Chacun mène sa vie comme il l’entend »

Oui, au cœur de l’Amazonie ; mais en société, ça ne devrait pas être aux frais de la collectivité. Si l’on est dangereux pour soi, ce doit être à ses frais, en prenant soin de ne pas l’être pour autrui ; en n’hybridant pas à sa convenance libéralisme et socialisme, sur le mode « le plaisir c’est tout pour moi, et ce qu’il en coûte c’est pour l’État ».

« La légalisation permettrait de faire une réelle prévention »

Les non-fumeurs de cannabis justifient leur abstention par sa toxicité (60 %) ou par son interdiction (40 %). Une légalisation fera penser aux premiers que ça n’est pas très dangereux et aux autres qu’ils n’ont plus le devoir d’y renoncer.

Vingt ans de prévention auprès des collégiens et lycéens m’ont convaincu qu’une légalisation multiplierait les consommateurs et rendrait plus difficiles les actions de prévention. L’Éducation nationale, très défaillante, en étant encore au stade des « expérimentations »…

« Le cannabis récréatif »

Il est urgent de déciller les yeux de ceux que ces formules ont dupés avec cette tromperie suprême des députés Jean-Baptiste Moreau et Caroline Janvier, de LREM, ainsi que Robin Reda (LR), à la proue de sa légalisation. Leur « récré », avec ce cannabis, se terminera tragiquement. Retenons leurs noms.

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