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Les dessous du trafic de stupéfiants en France

Dans « Les narcos français brisent l’omerta », Frédéric Ploquin, journaliste spécialisé dans le banditisme et la police, raconte le trafic et le blanchiment de l’argent de la drogue après avoir rencontré des narcotrafiquants français. 

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Frédéric Ploquin, est journaliste spécialisé dans les domaines de la police, du banditisme et du renseignement. Pour son livre d’enquête Les narcos français brisent l’omerta, il a rencontré des narcotrafiquants français. Il y raconte la réalité du trafic en France« Aujourd’hui, le marché du trafic de stupéfiants en France, c’est environ quatre milliards d’euros par an. Chaque mois, ce sont 40 tonnes de cannabis ou d’herbe qui rentrent sur le territoire, c’est-à-dire que chaque jour, les Français roulent à peu près 1,2 ou 1,3 tonnes de shit ou d’herbe », a-t-il constaté. 

Une économie à part entière

Selon lui, l’argent de la drogue doit faire vivre environ 240 000 personnes sur le territoire français. « C’est devenu une économie à part entière (…) une économie qui pèse très lourd. Et l’argent sale produit par le trafic de stupéfiants est absorbé par l’économie tôt ou tard », affirme-t-il. Le journaliste estime que certains pays ne peuvent plus se passer de l’argent de la drogue injectée dans leur économie. « J’ai rencontré des gens qui se baladent physiquement avec des centaines de milliers d’euros, qui vont en Chine ou à Hong-Kong, où là, c’est les yeux fermés, on va à la banque et on met ça sur le compte. Et avec la rapidité des systèmes électronique, l’argent peut se balader rapidement d’un endroit à un autre », raconte-t-il. Dans son livre, il détaille concrètement la façon dont ces bandits blanchissent l’argent de la drogue.

Source France Info

CANNABIS : LEGALISER SERAIT IRRESPONSABLE


Le débat sur la légalisation du cannabis fait son retour dans les medias. On peut comprendre que cette campagne soit menée par des lobbyistes, attirés par un marché prometteur (la côte de la firme Leviathan
Cannabis à la bourse de Toronto a augmenté de 13.900 % en un an).

Mais c’est moins compréhensible chez certains élus, qui devraient être soucieux de la santé des citoyens. Ils invoquent l’inefficacité de la répression et l’absence de prévention. Selon eux, la légalisation du cannabis permettrait de mieux contrôler son usage. Cette démarche entrainerait également le démantèlement du trafic et fournirait des recettes pour financer la prévention et les soins. Mais constater l’échec de la répression dans notre pays doit-il conduire à « baisser les bras » ? Si l’on ne peut empêcher la fraude fiscale, ou le trafic d’armes, doit-on aussi les légaliser ?


Par la présence de THC (Tétrahydrocannabinol), le cannabis est très dangereux et d’innombrables données montrent qu’il ne s’agit pas d’une drogue douce. La France compte 1,6 millions d’usagers réguliers et se
classe ainsi en tête des 28 Etats européens. 300 000 enfants de 12 à 15 ans ont déjà expérimenté cette drogue. 300 morts de la route par an sont dues au cannabis et le risque d’accident mortel est multiplié par 14 lorsque
l’alcool est associé.

Chez les moins de 25 ans, dont le cerveau est en cours de maturation, le cannabis provoque des troubles psychiques pouvant mener à la schizophrénie. Statistiquement, la genèse des maladies mentales graves comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire se fait entre 16 et 25 ans. Or, selon un rapport de l’OFDT (Office Français des Drogues et Toxicomanies), on note une augmentation de 50% des fumeurs de 15-16 ans entre 1995 et 2019. Sans compter les troubles du comportement, source de violence, de délits ou de suicides.

La situation ne cesse d’empirer avec l’augmentation de la teneur en THC (il y a 50 ans, le joint contenait 2 à 3% de THC alors qu’aujourd’hui le taux peut atteindre 40% et devient plus puissant qu’un rail de cocaïne). L’addiction conduit vers la recherche de drogues plus dures, comme la cocaïne. On estime que 10 à 20% des consommateurs de cannabis deviennent accros au crack.

De plus, nous savons maintenant que les mères fumeuses de cannabis transmettent à leurs enfants, par un mécanisme épigénétique (contrôle de l’expression des gènes), une appétence particulière pour cette drogue.
Malgré ce constat alarmant, nos concitoyens semblent abusés par une désinformation permanente et acceptent ceci comme une fatalité, une évolution inéluctable de notre société.

Pour simplifier : « cannabis=jeunesse=liberté pour beaucoup de nos élus qui craignent de
se couper de la jeunesse en s’attaquant à ce problème.

L’Uruguay, le Canada et 11 Etats américains sur 50 ont légalisé le cannabis à des fins « récréatives » après l’avoir autorisé à des fins médicales. Leur bilan néfaste devrait dissuader les tenants de la légalisation en France.

Une étude, menée dans 39 Etats américains, sur 118.500 sujets, a évalué l’impact de la légalisation du cannabis « médical » sur sa consommation illicite (« récréative »). Sur la période de 22 ans (1991-2013), l’usage illicite du cannabis a progressé dans tous les Etats, mais il a davantage augmenté dans les 15 Etats ayant autorisé son emploi médical (de 5,55% à 9,15%, soit +3,6%), alors que dans les 24 Etats où la drogue a conservé son statut illicite, sa consommation progresse moins (de 4,5% à 6,7%, soit +2,2%).

De plus, l’autorisation du cannabis à des fins médicales est responsable d’une augmentation des usagers illicites et présentant une addiction à cette drogue, estimés respectivement à 1,1 million et 500.000 individus. La légalisation au Colorado et dans l’Etat de Washington a entrainé une augmentation de la conduite sous l’influence du cannabis.

Dans l’état de Washington, en 2014, le nombre de conducteurs sous l’emprise du cannabis tués dans un accident a plus que doublé, pour atteindre 17%. Au Colorado, en 2015, 21% des conducteurs tués étaient
positifs au cannabis. Les décès liés à cette drogue ont augmenté de 48% sur 3 ans (2013-2015), comparativement à la période précédant la légalisation du cannabis à des fins récréatives (2010-2012), période où le nombre de morts sur la route a augmenté de 11%.


Il est vain d’espérer que légaliser le cannabis permettrait de contrôler sa puissance et sa qualité. L’usager régulier fumera deux fois plus pour ressentir les mêmes effets si la teneur est deux fois plus faible. Le contrôle de la teneur en THC était l’un des objectifs de la légalisation au Canada. Or, après 18 mois, la part du cannabis d’Etat n’est que de 40%, le marché noir ayant conservé 60% du marché.

La vente de cannabis par les pouvoirs publics ne permettrait pas plus de dégager des ressources suffisantes pour financer la prévention et les soins. Au Colorado, pour un dollar collecté l’Etat doit assumer 4,5 dollars de charges liées aux conséquences néfastes de sa consommation.


Le cannabis est associé au tabac, qui fait chaque année 70 000 morts en France, et produit 7 fois plus de goudrons cancérigènes que ce dernier. Devenu licite, il tuerait davantage car il est plus toxique. Il serait donc stupide de légaliser son usage alors que l’on essaie de réduire celui de la cigarette. Le THC induit une
désinhibition sexuelle qui peut conduire à la violence (viols, « tournantes ») et faire renoncer aux précautions contraceptives ou à la prophylaxie des MST.

Légaliser serait contradictoire avec les campagnes de prévention dans ce domaine. La légalisation, en facilitant l’usage du cannabis, serait une grave erreur des pouvoirs publics et constituerait un risque sanitaire majeur, en particulier pour la jeunesse.

Comment faire croire que le cannabis est dangereux si l’Etat, par nature protecteur, décidait qu’il n’est plus interdit d’en fumer ?

Certes, la répression du trafic dans notre pays n’est pas d’une grande efficacité, alors que nous avons un arsenal judiciaire parmi les plus répressifs d’Europe. Mais celui-ci n’est pas mis en oeuvre comme il devrait l’être, notamment à cause des aménagements de peines. Il n’est pas nécessaire de modifier la loi, il faut l’appliquer.

Le pays doit aussi se doter d’une vraie politique de prévention, inexistante aujourd’hui. En 2017, l’OEDT (Office Européen des Drogues et Toxicomanie) a décerné un carton rouge à notre pays en dénonçant un grave déficit d’information sur les drogues en milieu scolaire.
Il constate l’absence d’interventions fléchées dans les programmes scolaires (notation 1 sur 5), contrairement à ce qui est réalisé chez nos voisins (notation 3 sur 5). La mise en œuvre d’une politique ambitieuse
d’information et de prévention sur les drogues licites et illicites chez l’adolescent s’impose donc, avec l’appui d’enseignements fléchés dès l’école primaire, puis au collège, au lycée et à l’université.


Jean-Pierre PUJOL
Pr Honoraire de Biochimie (Université de Caen)
Membre du CNPERT (Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies)

L’enquête citoyenne de la mission parlementaire sur le cannabis « récréatif »

par le Professeur Costentin

En cette période dominée par la pandémie coronavirale, il parait décalé, sinon indécent, qu’à l’instigation d’une mission parlementaire, soit effectuée une « consultation citoyenne » des Français sur leur perception du cannabis, en tant que drogue « récréative ».

Le terme « récréatif » est un euphémisme trompeur car les spécialistes les mieux informés expriment de longue date, sans que ce soit repris par les médias, que cette récréation cannabique engendre de nombreux drames.

Les initiateurs de cette consultation ne cachent pas leur souhait d’aller vers la légalisation de cette drogue. Comme leur main tremble, ils cherchent l’appui (qui leur est garanti) de ses 1.500.000 consommateurs et d’un certain nombre de béotiens, soudain distraits d’une attention focalisée sur la Covid.  

« Béotiens » car dans leur grande majorité, ils ne sont pas informés et même souvent désinformés quant aux méfaits de cette drogue.

Des données récentes sur ce cannabis (tels ses effets épigénétiques) s’ajoutant à une longue liste d’autres méfaits, sont méconnues des concitoyens, faisant que cette enquête est biaisée.

Une autre enquête, opportune celle-là, serait d’évaluer la connaissance qu’ont nos concitoyens et nos « décideurs » des principaux méfaits du cannabis. Ses résultats orienteraient le développement d’une pédagogie s’étendant sur toutes les époques de la vie (Ecole, Collège, Lycée, Université, vie professionnelle, troisième âge), permettant enfin de pallier les carences d’information que dénonce pour la France l’Observatoire Européen des toxicomanies (OEDT).

Ce n’est qu’après avoir apprécié les effets de cette pédagogie que l’on pourrait interroger les Français sur une éventuelle évolution du statut législatif du cannabis.

Mme Janvier députée LREM

Cette enquête devrait alors être diligentée par des juges impartiaux, et non par madame C. Janvier, (députée LREM du Loiret), rapporteur thématique du volet « cannabis récréatif » de la mission parlementaire qui « planche » sur cette drogue

En effet, elle exprime dans les médias, a priori, pourquoi elle veut faire évoluer la loi. Interroger après avoir exprimé la réponse qu’elle veut obtenir, revient à tenir la plume de celui qui répond; ceci s’apparente à une malversation.
Dans sa déclaration au quotidien « Ouest France » du 23-I-2021) madame Janvier multiplie les affirmations fausses telles :
-Le cannabis étant libéré, les taxes perçues permettront de faire de la prévention ; exemple typique d’une pétition de principe ; C’est en autorisant la consommation de cette drogue que l’on va réduire le nombre de ses consommateurs ???

Les taxes issues du tabac, n’empêchent pas que 13 millions de nos citoyens en abusent irrépressiblement, conduisant annuellement à 75.000 décès et à de multiples handicaps ; d’autant que ces taxes couvrent à peine la moitié des dépenses de santé induites par le tabagisme !

Au Colorado pour 1 $ de taxes encaissées sur le cannabis légalisé, l’Etat doit débourser 4,5 $ pour couvrir les dépenses qu’il induit (accidents, justice, affections diverses, en particulier psychiatriques, incurie des consommateurs…)

 -« Comme la légalisation se fait partout dans le monde, ne soyons pas les derniers ». La France n’aurait-elle plus de prétentions à l’exemplarité ? Elle est, certes, en Europe, la première Nation consommatrice de cannabis.
-Bien que ce soit l’objet d’une des questions posées par l’enquête citoyenne, Mme Janvier affirme que « la toxicité et les risques de dépendance de l’alcool et du tabac sont largement supérieurs à ceux du cannabis » ; cette affirmation fausse la disqualifie pour la fonction qui lui est impartie.
-« C’est le sens de l’Histoire »  que de légaliser le cannabis (argument servi à toute les sauces, pour même justifier le pire (communisme, nazisme…).
– Puis ses flèches s’abattent ensuite, comme à Gravelotte : « approches idéologiques ou morales », « confusion », « amalgames », « fantasmes». Merci pour ceux qui ne pensent pas comme elle ; mais Il en faudrait davantage pour leur faire honte de s’opposer à ses thèses, étant dotés de solides connaissances biologiques, cliniques, épidémiologiques., qui font si manifestement défaut à Mme Janvier ..

-« Pour que des territoires cessent d’être abimés par le trafic » ; argument qu’elle assène comme si la légalisation allait supprimer les trafics. Et que fait-elle des individus abimés par cette drogue, leur nombre déjà effarant, s’agissant d’une drogue illicite, ne pourra qu’être accru par sa légalisation.
En démocratie la voix de chacun est prise en considération ; pour ne pas pervertir ce grand principe, il faut que chaque citoyen soit rigoureusement informé et non sciemment trompé.

À Besançon, une herbe de cannabis dopée chimiquement fait des ravages

Depuis quelques semaines, vendue comme de l’herbe de cannabis, une substance trafiquée circule à Besançon. Elle comporte une molécule chimique très puissante qui peut mener aux urgences.

Par Fred JIMENEZ 

Vendue comme une herbe classique, il s’agit en fait d’une drogue de synthèse mélangée à un produit inoffensif. Photo d’archives ER /Alexandre MARCHI

Certains se sont fait la frousse de leur vie, d’autres préfèrent relativiser et en rire, mettant cela sur le compte des aléas d’un marché, et pour cause, il est illégal, et donc pas du tout régulé. « Trop peu de revendeurs connaissent leurs produits » voire « n’ont jamais consommé de leur vie » se plaint un consommateur pourtant averti. Hé oui, dealer n’est encore pas tout à fait un métier référencé et le gain prime sur la qualité du produit comme on va le voir.A lire aussi

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« Dès la première latte ! »

Depuis la période des fêtes de fin d’année, beaucoup de consommateurs d’herbe de cannabis se fournissant à Besançon ont eu une grosse surprise en tirant sur leur joint. « Dès la première latte, j’ai eu un coup de chaud, les mains vraiment très très moites et puis le cœur s’est emballé dans une belle crise de tachycardie, bien à 120 ou 150 battements par minute ! » analyse Achille*, un consommateur occasionnel qui participait à une soirée pétard et jeux vidéo.

« Je me suis concentré sur l’écran et c’est retombé mais je n’y ai plus retouché. Par contre, un copain qui fanfaronnait s’est trouvé vraiment mal. Il ne sentait plus ses jambes. Il a fallu l’aider à se coucher. Il était oppressé et manquait d’air », ajoute-t-il

« Je voyais mes meubles grandir et rapetisser »

Aldo, lui, est plus expérimenté : « J’avais fait une soirée où cette beuh avait mis la plupart de mes potes très défoncés alors qu’ils sont autant habitués que moi au THC. Prudent, j’ai décidé de ne pas en fumer de la soirée mais de l’essayer tout seul, chez moi. » Et de fait, « au bout de vingt minutes, j’ai commencé à avoir de grosses distorsions visuelles. Mon champ de vision a commencé à se déformer et je voyais mes meubles grandir et rapetisser au rythme de ma respiration. Étant consommateur de drogues psychédéliques, ces effets ne m’étaient pas du tout inconnus. J’ai pu avoir des effets similaires en consommant des champignons mais jamais avec de l’herbe. Pour en avoir discuté avec mes amis, nous sommes quasi sûrs que ça peut-être soit de la beuh de synthèse ou coupée avec d’autres produits stupéfiants mais c’est impossible qu’il s’agisse juste d’herbe. »

Syncope et agressivité incontrôlable

Parmi les « victimes » consentantes de cette herbe de cannabis, certaines, plus paniquées et mal en point que d’autres, ont achevé leur nuit aux urgences. D’autres ont dû foncer aux toilettes les boyaux tordus. On rapporte également des états de surexcitation et d’agressivité incontrôlables et même « de perte de connaissance momentanée avec chute de tension et palpitations », rapporte Samuel qui, depuis qu’il s’est fait avoir une fois, dose beaucoup moins ses pétards « par précaution. »

L’autre constante de cette herbe aux effets carabinés, dopée à la chimie (lire par ailleurs), est en effet qu’elle n’est pas vendue comme telle mais « comme une beuh classique ». Et même si le dosage en tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du cannabis, tend à croître en fonction de son mode de culture, la puissance des qualités les plus sélectives actuellement sur le marché demeure malgré tout très en deçà de ce produit de synthèse, bricolé par des dealers en mal d’approvisionnement mais toujours avides d’amplifier leur marge.

Car c’est peut-être là l’un des avantages principaux de la substance distribuée généreusement sur de nombreux points de deal bisontins, elle revient nettement moins cher que le produit qu’elle supplante. Doit-on dire frauduleusement ?

Source

Consultation citoyenne sur le cannabis « récréatif »

Jean Costentin

Contribution supplémentaire à sa banalisation croissante dans l’opinion, les citoyens sont à nouveau interrogés, du 13 janvier au 28 février, sur la légalisation du cannabis « récréatif », mais cette fois, c’est par une mission parlementaire.

Après l’UDI, dont le président, Jean-Christophe Lagarde, faisait savoir qu’à titre personnel, il était favorable à cette légalisation, c’est au tour du parti des Républicains (LR) de se fissurer sur ce point ; après les maires LR de Reims et de Charleville-Mézières, prêts à l’expérimenter dans leurs villes, et un député LR de l’Essonne, Robin Reda, pour présider cette mission parlementaire. LREM n’apparaît qu’en seconde position.

Le vice-président de cette commission est Jean-Baptiste Moreau, porte-parole de la REM (évitez l’anagramme), agriculteur dans la Creuse. Sans « creuser », on constate qu’un lien d’intérêt est patent, puisqu’il veut faire de son département celui de la culture du cannabis.

Même si l’urgence est ailleurs, à l’ombre du Covid-19, d’aucuns poussent leurs pions et pressent le pas, sachant que si les informations que taisent les médias venaient à être connues du public, elles mettraient un coup d’arrêt à leurs manœuvres.

Selon un schéma bien rodé ailleurs pour familiariser le chaland avec l’inconcevable, on fait miroiter des propriétés thérapeutiques au cannabis. Ce fut la tâche (mettons un accent circonflexe) précédente de cette mission d’auditer sur le cannabis qu’elle a qualifié d’emblée de « thérapeutique » pour mettre en place des essais devant tester cette hypothèse (la charrue avant les bœufs). Les médias ont joué simultanément de l’argument du « partout ailleurs » ; ainsi la France, qui donnait des leçons au monde entier, devrait emboîter le pas à de plus imprudents qu’elle.

Dans cette consultation citoyenne, plusieurs arguments majeurs devraient être adressés par de nombreux citoyens contre le cannabis dit « récréatif ».

On sait déjà qu’avec sa légalisation, « la récré » se terminera mal, à l’instar de la légalisation du tabac et de l’alcool, responsables, en France, de respectivement 75.000 et 41.000 décès annuels avec, en outre, de multiples handicaps qui obèrent nos comptes sociaux. Prenant en charge les coûts inhérents aux maladies, notre nation ne doit pas faciliter leur expansion, puisqu’elle peine, même souvent à crédit, à secourir toutes les affections (congénitales ou acquises) qui sont, elles, inévitables.

Le cannabis est plus toxique pour l’appareil respiratoire que le tabac, en engendrant 6 fois plus de goudrons cancérigènes, de substances irritantes et d’oxyde de carbone. Sa toxicité cardio-vasculaire en fait la 3e cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il est responsable d’artérites et d’accidents vasculaires cérébraux.

Il perturbe le déroulement de la grossesse ; il l’abrège ; il est tératogène ; l’enfant qui naît d’une maman consommatrice de cannabis comporte un risque accru : de mort subite, d’hyperactivité avec déficit de l’attention, de retard du développement psychomoteur, de plus grande vulnérabilité aux toxicomanies à l’adolescence.

Les individus en âge de procréer qui exposent leurs gamètes au tétrahydrocannabinol du cannabis, transmettent à leur enfant, par un mécanisme épigénétique : une vulnérabilité aux toxicomanies, des anomalies de leur développement cérébral, une sensibilité accrue aux troubles du spectre de l’autisme, à la schizophrénie, à des perturbations de leurs capacités cognitives (capacité d’apprendre) ou encore de leur système immunitaire. Ajoutons ses effets accidentogènes sur la route ou au travail, ses effets désinhibiteurs avec prise de risques, l’induction de dépressions avec leurs risques de suicide, l’induction d’autres toxicomanies. C’est la drogue de « la crétinisation », qui nous relègue au 27e rang du classement PISA.

Alors que nous n’avons pas su enrayer le développement pandémique de sa consommation, faisant des Français ses tout premiers consommateurs européens, avec 1.400.000 « usagers régulier », sa légalisation fera exploser le nombre de ses consommateurs, qui tendra au moins vers les 5 millions d’alcoolo-dépendants et même les treize millions de tabagiques.

Les études qui se multiplient sur les effets épigénétiques du cannabis révèlent de nouvelles incriminations de son THC.

Il est impératif que le législateur, en dépit des pressions mercantiles qu’il subit, ou de tentations démagogiques préélectorales, intègre ces informations et mesure leur portée avant de hasarder notre nation dans la légalisation de cette drogue dont tous les éléments connus assurent que ses conséquences seraient funestes.

Source

«Dépénaliser le cannabis est une erreur»

Interview du docteur Imane Kendili, psychiatre et addictologue:

Docteur Imane Kendili, psychiatre et spécialiste des addictions, revient sur la décision de l’ONU de retirer le cannabis de la liste des drogues. Elle affirme que le cannabis est une drogue dangereuse pour la santé et que sa dépénalisation au Maroc serait une grave erreur vu le contexte socioculturel, qui banalise tous les usages de drogues. Entretien. 

Finances News Hebdo : Comment réagissez-vous à la décision de retirer le cannabis de la liste des drogues par les Nations unies ? 

Dr Imane Kendili : Avec stupéfaction. Retirer le cannabis est, selon moi en tant que psychiatre et addictologue, irresponsable surtout si l’on n’a pas la capacité de suivre, doser, jauger et vérifier les teneurs en THC. Soit le cannabis sous ses différentes formes circulant pour une consommation en tant que drogue. L’appellation drogue douce était déjà non appropriée, et si à présent le cannabis n’est plus une drogue, nous n’avons qu’à bien nous tenir. La recrudescence des addictions et des troubles du comportement est fort attendue et n’oublions pas le lien établi entre le cannabis et les troubles psychiatriques. Donc la nouvelle selon moi est désolante.

F.N.H : Cette décision a de l’impact et les patients ou potentiels patients se voient déjà prescrire sur ordonnance le cannabis. 

I.K : Les questions fusent entre CBD et THC et ce n’est que le début. L’impact à l’international verra le cannabis circuler sans souci puisqu’il est autorisé. L’impact est économique mais aussi social. Dans certains Etats des USA, le cannabis est ingéré dans des gâteaux et des bonbons au cannabis sont disponibles. Le burger également. Ainsi, il pourrait être consommé de 16 à 77 ans. C’est railleur mais loin de faire rire les professionnels de santé mentale.

Après, on doit définir le cannabis car le chanvre est utilisé dans l’industrie automobile et autres. Le fameux CBD est prescrit à bon escient pour la douleur ou en traitement palliatif des cancers en dernier stade. Mais précisons que ces formes-là ne sont pas le cannabis fumé sous forme d’herbe (marijuana, beuh) ou de résine (haschich), ni même le space cake, dénommé chez nous maâjoune, une friandise à base de semoule, ou ghriba sous forme de gâteau traditionnel rond.

A l’échelle nationale, à moins d’une législation qui incite à contrôler les taux de THC et un système réel de surveillance, l’issue sera grave. Pour moi, elle le sera de toute manière. Il suffit de voir le nombre de bouffées délirantes post-cannabis ou l’entrée en maladie mentale grave où le cannabis jouerait un rôle, selon les publications scientifiques.
Ceci sans compter l’impact sur la mémoire, la cognition, le syndrome amotivationnel….

F.N.H : Oui. Cela permettrait de gagner en organisation et en maturité avant de se retrouver dépassés.

I.K : Mais cette réglementation devrait rester à des fins industrielles. La consommation anarchique crée déjà un problème et serait difficile à gérer à mon sens. Une sensibilisation aux effets des drogues et un travail de réduction des risques avec un réel support médiatique devrait avoir lieu. Insuffler la maturité en premier lieu. Démocratiser une drogue sur une immaturité socio-sanitaire est difficile pour ne pas dire impossible. Je précise que démocratiser tout stupéfiant est irresponsable. Mais une régulation à des fins industrielles est bien entendu logique, avec un système rodé. Plus tard, on parviendrait peut-être à des consommations à des fins médicales jaugées et strictement surveillées mais ceci est une autre histoire. Car ce serait très difficile à entreprendre entre utopie et réalité de terrain.

F.N.H : Il y a aussi la banalisation culturelle de la consommation du cannabis. 

I.K : Le cannabis est déjà bien consommé au Maroc et banalisé. Cette banalisation est en effet culturelle. Les professionnels de santé mentale ont beau crier gare, c’est la triste réalité.
La consommation de cannabis a des répercussions sur le cerveau des jeunes et moins jeunes. On doit étudier tous les champs des possibles, soit l’âge qui au Canada, par exemple, est à 25 ans et pas avant. En précisant que la genèse des maladies mentales graves comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire se fait entre 16 et 25 ans statistiquement, selon les études.
D’un autre côté, je ne pense pas que la répression augmente la dépendance. Les addictions sont également tributaires de la phénoménologie sociale mondiale. Les addictions en nette augmentation sont aussi bien avec substances que sans. Soit comportementales.

Le substrat est bio-psycho-social. Mais les conséquences comportementales, impulsivité, violence, troubles du comportement, impacts organiques et psychologiques…sont les mêmes. Un bémol toutefois pour le cannabis : un lien scientifique est établi entre cannabis et amorce de maladie mentale. C’est comme les messages sur les machines à sous : «n’oubliez pas de vous arrêter et manger» «Le jeu est addictif». Le cerveau se sent protégé et le comportement compulsif de consommation augmente puisque je suis protégé. Autoriser et gérer pour nos ados ne permettra pas de contrôler. Je suis sceptique et réellement apeurée.

F.N.H : D’autres pays ont entamé ce processus avec succès. 

I.K : En effet, si on pense à notre voisin, en octobre 2019, l’Assemblée nationale française a adopté un amendement relatif à une expérimentation du cannabis à usage médical pour 2 ans, avec 3.000 volontaires. Mais le volontaire est catégorisé. Soit des patients subissant les effets secondaires de chimiothérapie, des douleurs neuropathiques ou encore l’épilepsie résistante. Les personnes cancéreuses en soins palliatifs également. Et nous parlons de CBD, qui lui, engendre un effet myorelaxant puissant et pas du THC qui a un effet psychotrope et hallucinogène.

La plante est modifiée pour une teneur en THC plus importante et donc des effets plus importants. La teneur en THC est 15 à 30 fois plus importante que dans les années 80. Sans oublier les apprentis chimistes qui mélangent toutes sortes de produits dans la résine …Réguler la production de la plante puis ses dérivés n’est pas une mince affaire; ensuite penser à réguler sa consommation. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs. Il faut aussi augmenter les structures d’accueil en addictologie et les centres de proximité de santé mentale ainsi qu’hospitaliers.

Source

Légalisation du cannabis : une consultation citoyenne pour « sortir du statu quo » défend un élu LR de l’Essonne

Mélodie PépinFrance Bleu Paris

Invité de France Bleu Paris, le député LR de l’Essonne, Robin Reda, invite les politiques à s’emparer du débat sur la légalisation du cannabis, pour faire évoluer la législation actuelle qu’il juge inefficace pour lutter contre le trafic de drogue.

NDLR : Nous attirons l’attention de nos lecteurs sur cette consultation dont l’enjeu est évident et qui malheureusement n’est que très peu diffusée. Nous vous invitons à y répondre et à la diffuser le plus possible à vos correspondants. C’est une bonne façon de faire savoir ce que nous pensons

Depuis mercredi dernier, les Franciliens peuvent participer à une consultation citoyenne sur le cannabis pour donner leur avis sur la question de la légalisation. Lancée par la mission d’information parlementaire sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis, présidée par le député LR de l’Essonne Robin Reda, cette consultation a déjà recueilli 200.000 réponses. LIRE LA SUITE

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