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Cannabis : attention au risque de crise cardiaque !

Par

 Marie Briel

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25 mars 2025 à 12h39

Un jeune couple qui partage un joint de cannabis et met leur santé cardiovasculaire en péril.
Les dangers bien connus du cannabis sont une fois de plus confirmés par les autorités de santé. © Adobe Stock

Une récente étude scientifique de l’American College of Cardiology (ACC) vient de mettre en évidence que la consommation régulière de cannabis pourrait considérablement augmenter le risque de crise cardiaque. En particulier chez les jeunes adultes de moins de 50 ans. Alors, quels sont précisément ces risques ? Et comment s’en prémunir ? Éléments de réponse. 

On connaissait déjà les effets relaxants ou apaisants du cannabis, apprécié par certains pour ses vertus thérapeutiques. Mais aujourd’hui, une étude de l’American College of Cardiology (ACC) tire la sonnette d’alarme : le cannabis serait loin d’être inoffensif pour notre cœur.

Selon cette recherche publiée récemment, fumer du cannabis pourrait augmenter fortement le risque de crise cardiaque, notamment chez les personnes de moins de 50 ans.

Cannabis et crise cardiaque : ce que révèle l’étude

Réalisée sur une période de trois ans auprès de 75 millions de participants répartis aux États-Unis, au Canada et en Inde, l’étude américaine révèle des chiffres inquiétants. Les consommateurs réguliers de cannabis âgés de moins de 50 ans seraient :

Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils ont été présentés officiellement lors d’un récent congrès médical et relayés par plusieurs médias internationaux, dont USA Today et Medscape.

Pourquoi le cannabis augmente-t-il ce risque ?

les risques cardiovasculaires : le THC en cause

La raison principale est liée à l’action du THC (tétrahydrocannabinol), principal composant psychoactif du cannabis. Le THC augmente le rythme cardiaque, élève la tension artérielle, et pourrait favoriser l’inflammation des vaisseaux sanguins. Autrement dit, il crée un stress supplémentaire sur le système cardiovasculaire.

Ce stress pourrait devenir critique chez les jeunes adultes, surtout ceux ayant déjà une fragilité cardiaque ou d’autres facteurs de risque, comme le tabacl’obésité ou un mode de vie peu actif.

Faut-il s’inquiéter si vous consommez du cannabis occasionnellement ?

Pas forcément. L’étude n’indique pas précisément le seuil à partir duquel le risque de crise cardiaque augmente significativement. En revanche, elle appelle clairement à la prudence : si vous consommez régulièrement ou avez déjà des problèmes cardiovasculaires, mieux vaut en parler à votre médecin.

Les chercheurs recommandent ainsi aux professionnels de santé de systématiquement demander à leurs patients s’ils consomment du cannabis afin d’évaluer au mieux leur risque cardiovasculaire.

Comment réduire les risques ?

Si vous consommez du cannabis :

  • limitez votre consommation, surtout si vous avez d’autres facteurs de risque (tabac, surpoids, antécédents cardiaques familiaux).
  • Évitez la consommation en cas de symptômes inhabituels (douleurs thoraciques, essoufflement, vertiges).
  • Privilégiez les formes non fumées, car fumer accentue les risques cardiovasculaires.

Alors, le message est clair : le cannabis n’est pas une substance anodine, et ses effets sur le cœur doivent être pris au sérieux. Pour autant, inutile de céder à la panique si vous êtes consommateur occasionnel sans autres facteurs de risque. Mais, si vous avez un doute ou souhaitez réduire les risques, n’hésitez pas à consulter votre médecin, qui saura vous conseiller au mieux selon votre situation personnelle.

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Le cannabis est-il une drogue dure ?

La cocaïne est-elle plus addictive qu’avant ? Comment lutter contre le chemsex ? Deux spécialistes en addictologie, Raphaël Serreau et Amine Benyamina, alertent sur les dangers des nouvelles formes de consommation et l’évolution des addictions en France.

Cannabis : entre usage médical et consommation problématique

Le débat sur le cannabis est relancé avec l’intervention du docteur Raphaël Serreau, addictologue au CHU d’Orléans, et de Stéphanie, une auditrice du secteur médical. Si le cannabis thérapeutique est autorisé sous strict contrôle pour certaines maladies comme la sclérose en plaques, sa consommation récréative pose un véritable problème de santé publique.

Aujourd’hui, 1,4 million de Français consomment régulièrement du cannabis, et plus d’un adulte sur deux l’a déjà expérimenté. Le docteur Serrault met en garde : les produits actuels sont bien plus concentrés en THC qu’il y a 50 ans, atteignant parfois 60 % de substance active. Cette puissance accrue rend le sevrage difficile et peut favoriser des troubles psychiatriques graves, notamment chez les jeunes consommateurs.

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Le CBD, souvent présenté comme une alternative inoffensive, n’est pas non plus sans risques. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que cette molécule peut interagir avec certains traitements et provoquer des effets secondaires.

Cocaïne : une explosion de la consommation en France

Si le cannabis reste la drogue la plus consommée, la cocaïne connaît une augmentation fulgurante. Selon les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), plus d’1,2 million de Français en consomment.

Moins chère et plus accessible, la cocaïne est pourtant extrêmement dangereuse. Le docteur Serrault rappelle que même une seule prise peut multiplier par 29 le risque d’infarctus du myocarde. Son effet addictif est puissant et rapide, provoquant un « craving » (envie irrépressible de consommer) qui piège rapidement les usagers.

Le psychiatre Amine Benyamina, également invité de l’émission, insiste sur l’importance d’une approche équilibrée entre répression et prévention. La seule répression ne suffit pas à enrayer le phénomène : une politique efficace doit inclure un volet éducatif pour sensibiliser les consommateurs aux dangers des substances psychoactives.

Chemsex, ecstasy, alcool, tabac : des addictions sous-estimées

Autre sujet abordé : le chemsex, une pratique qui combine consommation de drogues stimulantes et relations sexuelles prolongées. Popularisé par l’affaire Pierre Palmade, ce phénomène reste encore tabou en France. Le docteur Serreau explique qu’il s’agit d’une consommation spécifique visant à accroître le plaisir et l’endurance, mais qui comporte des risques importants : troubles psychiatriques, dépendance sévère et infections.

Parmi les autres drogues dites « festives », l’ecstasy (MDMA) est également pointée du doigt. Son usage en soirée peut provoquer des dommages neurologiques et cardiovasculaires graves.

Enfin, l’alcool et le tabac, bien que légaux, sont responsables de 110 000 décès par an en France, soit l’écrasante majorité des morts liées aux addictions. Pourtant, ces substances restent largement accessibles.

Comment se sortir de l’addiction ?

Le docteur Serreau rappelle que l’accompagnement des patients repose sur la motivation. 90 % des personnes dépendantes ne consultent jamais, mais pour celles qui franchissent le pas, un suivi personnalisé est mis en place. La prise en charge combine entretiens médicaux, accompagnement psychologique et traitements adaptés, parfois en optant pour une réduction progressive de la consommation plutôt qu’un sevrage brutal.

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Allemagne : à peine légalisé, le cannabis pourrait de nouveau être interdit

Quentin Haroche | 24 Février 2025

La fête est-elle bientôt finie pour les consommateurs de cannabis allemands ? Depuis le 1er avril dernier, l’Allemagne est en effet l’un des rares pays européens (avec Malte et le Luxembourg) où la consommation de cannabis est légale y compris à titre récréatif.

Les Allemands majeurs peuvent ainsi détenir jusqu’à 25 grammes de cannabis. Depuis le 1er juillet dernier, s’ils sont membres d’un « club de cannabis », ils peuvent également y acheter 25 grammes par jour dans une limite de 50 grammes par mois (30 grammes seulement pour les Allemands âgés de 18 à 21 ans).

Chaque club, qui ne peut ouvrir qu’après avoir obtenu une licence, peut compter jusqu’à 500 membres. Les Allemands peuvent par ailleurs produire du cannabis chez eux pour leur consommation personnelle, dans la limite de trois plantes par adulte. 

Cette loi de légalisation du cannabis, votée par la coalition de gauche en février 2024, devait en principe être évaluée en octobre. Mais un an à peine après son adoption, cette loi pourrait être abrogée. Le parti chrétien-démocrate allemand (CDU), qui a remporté les élections législatives ce dimanche en Allemagne, a en effet promis de revenir sur la légalisation du cannabis.

Il y a un an, au cours des débats parlementaires, la droite allemande avait qualifié cette légalisation de « perche tendue aux dealers ». Le 16 février dernier, le leader de la CDU Friedrich Merz, qui devrait selon toute vraisemblance devenir le nouveau chancelier allemand, a clairement fait comprendre qu’il comptait revenir sur cette loi, qualifiant la légalisation du cannabis d’ « erreur ».

Une loi à l’application contrastée

On compte en Allemagne 119 « clubs de cannabis » et environ 300 demandes sont en cours d’examen. La victoire annoncée de la droite dans les sondages a cependant largement tari le flot des demandes ces dernières semaines, tout le monde ayant bien conscience que le cannabis légal est sur la sellette.

La répartition de ces clubs de cannabis est très inégale sur le territoire allemand, car les réglementations varient d’un Land (Etat) à un autre. Les Lander les plus conservateurs ont ainsi mis en place les réglementations les plus strictes possibles pour éviter l’ouverture de club : en Bavière, aucun club n’a ainsi réussi à ouvrir.

Moins d’un an après la légalisation et huit mois après l’ouverture des premiers cannabis club, les avis sont très partagés sur le bilan de la loi. Le principal objectif de la gauche au moment de légaliser le cannabis était de tarir le marché noir pour mieux lutter contre la criminalité. « Nous allons mettre les dealeurs au chômage » avait promis le Dr Karl Lauterbarch, ministre de la Santé.

Selon le NRV, une association de magistrats marqués à gauche, l’objectif est en passe d’être atteint et il serait inopportun de revenir en arrière. « Le soulagement apporté au système judiciaire n’est pas insignifiant, la légalisation est la seule façon de lutter efficacement contre le commerce illégal de drogues dures » plaide Simon Pschorr, procureur et porte-parole du NRV. « Si les consommateurs n’ont pas besoin d’entrer dans un milieu criminel, ils ne deviendront pas criminels » ajoute le magistrat.

59 % des Allemands favorables au maintien du cannabis légal

D’autres estiment cependant que la procédure encadrant l’achat de cannabis et les clubs de cannabis est si lourde que la plupart des Allemands toxicomanes continuent de se fournir grâce au marché noir. « Les principaux gagnants de cette réforme sont les dealers » commentait en septembre dernier le journal Politico qui, citant un rapport de la police fédérale allemande, notait que la plupart du cannabis consommé en Allemagne provenait toujours de filières illégales originaires du Maroc et d’Espagne.

Pour de nombreux observateurs, l’un des échecs de la coalition de gauche est de n’avoir pas réussi à légaliser la vente libre de cannabis dans des magasins spécialisés, comme c’est le cas dans d’autres pays où le cannabis est légal.

La vente libre figurait au départ dans le projet de loi, mais Berlin a dû revoir sa copie face aux réticences de la Commission Européenne. La vente dans des magasins et des pharmacies devait être expérimentée cette année dans certaines localités, mais l’alternance politique devrait mettre fin à ce projet. 

Il n’est cependant pas certain que le nouveau chancelier Friedrich Merz finisse par interdire le cannabis. D’abord parce que revenir sur la loi de l’an dernier pourrait avoir de lourdes conséquences juridiques, notamment car il faudrait vraisemblablement indemniser les tenants des clubs de cannabis.

Ensuite en raison du fort soutien de la population allemande au cannabis libre : selon un sondage, 59 % des Allemands sont favorables au maintien de la loi de 2024. Enfin, notons que si les conservateurs ont remporté les élections ce dimanche, ils n’ont pas la majorité des sièges au Bundestag (le Parlement allemand) et devront vraisemblablement s’allier à la gauche, favorable à la légalisation. En attendant d’en savoir plus sur leur sort, les Allemands peuvent continuer à fumer librement.

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Les nouvelles drogues

La lourde addition des addictions

Professeur Jean Costentin

Les plus lourdement taxés, dans leur psychisme, dans leur corps et tout simplement dans leur vie, sont bien sûr leurs victimes, nombreuses à s’être laissé prendre au piège des toxicomanies. I

ll s’agit : des treize millions de fumeurs ; des quatre à cinq millions d’alcoolodépendants (dont, parmi eux, quelques centaines de milliers d’alcooliques) ; du million et demi de consommateurs réguliers de cannabis ; des trois cent mille morphino-, héroïno-, opioïdo-manes ; des plus de trois cent mille cocaïnomanes ; des consommateurs d’amphétamines, de cathinones, d’ecstasy, de protoxyde d’azote, de fentanyloïdes, sans compter les « NDS » (nouvelles drogues de synthèse).

Ces dernières sont fallacieusement désignées « NPS » (nouveaux produits de synthèse) ou encore « NSP » (nouvelles substances psychoactives). Ces appellations, avec leurs acronymes, sont trompeuses, puisque de « nouveaux produits de synthèse » aux propriétés et usages multiples sont conçus chaque jour à hauteur de plusieurs milliers, tandis que les « nouvelles substances psychoactives », i.e. des psychotropes, ne sont pas toutes (heureusement pour la thérapeutique) des drogues.

Ces deux expressions fallacieuses témoignent de la pusillanimité maladive dont souffrent certains addictologues, incapables d’utiliser le mot drogue, tant parce qu’il est compris de tous que parce qu’il peut inquiéter. Il est pourtant un élément important d’une pédagogie de prévention, dans laquelle ces professionnels répugnent à s’investir. (« Quand les hommes ne peuvent changer les choses ils changent les mots » J. Jaurès).

L’argent provenant du commerce des drogues (hormis celui du tabac et de l’alcool, quand il n’échappe pas à un « marché noir » florissant), n’enrichit évidemment pas les caisses de l’État. Il ne risque pas de compenser leurs méfaits sanitaires, très couteux pour le budget de la Nation, à commencer par ceux des drogues licites ; les plus consommées du fait de leur licéité. 

C’est ainsi que le tabac tue chaque année en France 75.000 fumeurs et suscite des handicaps nombreux et graves qui obèrent les comptes de la sécurité sociale, par de nombreux arrêts de travail et des soins très coûteux. Si le décès des fumeurs les plus âgés allège le poids des retraites, ces décès peuvent concerner hélas des sujets plus jeunes, économiquement productifs.

C’est ainsi que l’alcool tue chaque année en France 42.000 personnes et suscite divers handicaps physiques et plus encore psychologiques avec : l’accidentologie routière, à l’origine du tiers des accidents mortels de la route ; les accidents professionnels ; la marginalisation, la désocialisation, l’incurie, la clochardisation, la commission d’actes médico-légaux (violences, féminicides, délits sexuels, crimes….).

Aux USA,  les morphiniques, par la crise des opioïdes née de prescriptions médicales galvaudées, a causé en 2024 plus de 100.000 décès par « overdose ». Si nous n’avons à déplorer en France que 500 « overdoses », l’arrivée des fentanyloïdes et des nitazènes pourrait aggraver cette situation.

La toxicité physique du cannabis l’emporte sur celle du tabac,  sa combustion générant davantage de goudrons cancérigènes à l’origine de cancers des voies respiratoires et d’oxyde de carbone à l’origine d’affections cardio-vasculaires (artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…).

Plus graves encore sont ses toxicités psychiques et même psychiatriques : accidents routiers et professionnels ; crétinisation qui annihile les dispendieux efforts consacrés à l’Éducation par notre Nation (dont c’est le premier budget avant celui de la dette) ;  donnant l’impression «d’arroser le sable » ; investissement sans grand retour, puisque nous sommes relégués au 27ième du classement PISA qui compare au niveau international les performances éducatives.

Professeur Jean Costentin

Un marché criminel florissant

Avec un chiffre d’affaires estimé à près de 4,8 milliards d’euros par an, le trafic de cannabis représente une source majeure de revenus pour le crime organisé.

Plus de 200 000 personnes seraient impliquées dans ce commerce illégal, révélant l’ampleur économique du phénomène. Le développement de pratiques commerciales aujourd’hui médiatisées mais déjà anciennes (livraison rapide, promotions, systèmes de fidélisation) montre que les réseaux criminels adaptent leurs stratégies pour conserver leurs clients, comme toute bonne entreprise.

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Mon ado consomme du cannabis : comment réagir ? Les conseils d’un psychiatre

Louis Tardy

Avec le Dr Jean-Luc Martinez, psychiatre à Marseille, à la Clinique des 3 Cyprès.

Publié le 07/02/2025

Mon ado consomme du cannabis : comment réagir ? Les conseils d'un psychiatre ISTOCKPHOTO / Valeriy_G

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France. Les jeunes pouvant y être particulièrement exposés, comment réagir si son adolescent en consomme ? Un psychiatre livre ses conseils.

En France, le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France, avec 900.000 usagers quotidiens, d’après les chiffres de l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives (OFDT), paru le 15 janvier dernier. Ce rapport, publié chaque année, se concentre principalement sur la population française âgée de 11 à 75 ans. Outre le risque d’addiction, la consommation de cannabis augmente également, à court terme, le risque de troubles anxieux et dépressifs. À long terme, elle augmente le risque de maladies neuro-cardiovasculaires et de cancers.

Alors, que faire face à un adolescent qui consomme du cannabis ? On fait le point avec le Dr Jean-Luc Martinez, psychiatre à Marseille, à la Clinique des 3 Cyprès.

Consommation de cannabis chez l’adolescent : quand faut-il s’inquiéter ?

“Le principal facteur qui pousse un adolescent à expérimenter le cannabis est le comportement social”, présente le Dr Jean-Luc Martinez. En d’autres termes, c’est sous l’impulsion de son entourage que le jeune peut consommer pour la première fois ce type de produit. En ce qui concerne la dépendance, elle dépend de nombreux facteurs. Le spécialiste énumère le contexte familial, le niveau d’anxiété et de mal-être ou encore la situation de vie au moment de la rencontre avec le produit.

Alors, à quel moment faut-il s’inquiéter ? Le Dr Jean-Luc Martine évoque la régularité de la consommation“Au-delà du ponctuel, si la consommation est régulière, même une fois par semaine”. Les changements au niveau du comportement de l’adolescent sont aussi des signes d’une potentielle addiction. “Des changements dans le comportement de l’enfant (violence, retrait de la vie sociale), un repli sur lui ou encore le fait qu’il s’écarte de la vie de famille sont autant de signes que le parent peut repérer”.

Comment aider un adolescent qui consomme du cannabis ?

Le Dr Jean-Luc Martinez conseille dans un premier temps aux parents de s’informer sur le sujet, afin, éventuellement, de pouvoir répondre aux questions du jeune. Des ressources sont notamment disponibles sur le site Drogues-Info-Service.

Le psychiatre insiste également sur l’importance de la relation entre le parent et l’adolescent. “Le principal atout d’un parent, c’est la qualité relationnelle”. Ainsi, il est important d’être présent, mais sans être dans le jugement. Il convient donc d’éviter de dire des phrases culpabilisantes, mais au contraire d’être un soutien pour le jeune. Lorsque la communication est possible, le psychiatre conseille également aux parents d’être disponibles et “d’écouter ce que l’adolescent a à dire”. De plus, cela peut aussi permettre de mesurer son envie d’arrêter.

Parmi les actions qu’il est possible de faire face à un adolescent qui consomme du cannabis, le psychiatre recommande de se “concentrer sur les solutions”. Il est possible de chercher avec le jeune d’autres possibilités que la consommation de cannabis pour qu’il se sente bien. Cela peut se faire également avec des activités positives, comme la pratique d’un sport ou d’une activité extérieure. Il faut également l’inclure autant que possible dans la vie de famille s’il s’en est retiré. Cela peut se manifester par le fait de prendre tous les repas ensemble.

Enfin, une aide extérieure peut être une bénéfique. Pour cela, il est possible de se tourner vers les Centres spécialisés d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), qui proposent un accueil gratuit et confidentiel. Il est possible de demande de l’aide à la Maison des adolescents (MDA) ou encore de contacter des lignes d’écoute gratuites, comme le 0.800.23.13.13.

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Quand un chat mange du cannabis…..

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Un grande diversité de profils et de parcours pour les usagers de cannabis

Publié le 5 décembre 2024

L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie les résultats de l’enquête sociologique « Nouveaux visages des usagers réguliers de cannabis » (Novurc) qui explore les trajectoires et les habitudes de consommation de cannabis chez des adultes usagers réguliers de cannabis à l’âge adulte. Ceux-ci représentent, selon l’OFDT*, environ 3% des 18-64 ans. Ce travail met en lumière la grande diversité des profils et des parcours de ces usagers.

Les adultes qui consomment régulièrement du cannabis ne forment pas un groupe homogène : appartenant à des milieux sociaux très divers, leurs situations diffèrent fortement en termes de parcours et de styles de vie, de pratiques et de modes de consommation, mais aussi d’état de santé, notamment de santé mentale. Ainsi, parmi les personnes interrogées, un grand nombre rapportent des problèmes de santé mentale, chroniques ou épisodiques. Nombre d’entre elles racontent avoir recours au cannabis pour soulager des symptômes tels que l’anxiété ou le stress ou pour éviter des traitements médicamenteux.

Le milieu social est associé à des différences significatives dans les parcours de consommation : les personnes issues de milieux populaires, dès lors qu’elles sont confrontées à des problèmes de santé mentale ou à des conditions de travail difficiles, ont tendance à rapporter des consommations de cannabis plus élevées et plus durables.

Au-delà de la diversité des profils, l’étude identifie différents parcours d’usage parmi les consommateurs réguliers de cannabis, en fonction des quantités consommées, du rôle assigné au cannabis dans la vie quotidienne et de la relation avec d’autres produits. En croisant tous ces éléments, trois parcours typiques se dégagent :
– le premier se singularise par une consommation modérée de cannabis et « maîtrisée » dans le temps, souvent intégrée à des routines de fin de journée ;
– le deuxième est caractérisé par une consommation importante et prolongée de cannabis, parfois accompagnée d’une
consommation régulière d’alcool ;
– enfin, un troisième parcours-type regroupe des trajectoires marquées par l’usage de multiples substances, où le cannabis, après une période d’usage problématique d’autres produits (comme l’alcool ou d’autres drogues illicites), devient un recours pour s’en distancier.

L’analyse des trajectoires de consommation révèle une tendance à la stabilisation de toutes les consommations, ainsi que l'adoption progressive de pratiques de réduction des risques liées à la consommation de cannabis. Cependant, malgré le fait que les femmes ont souvent les consommations les plus modérées, ce sont elles qui pourraient aussi avoir la plus grande résistance aux changements de comportement.

Les résultats de cette enquête menée par entretiens entre 2022 et 2024, ouvrent des pistes de réflexion pour affiner les approches de réduction des risques et répondre aux besoins des usagers réguliers, en tenant compte de leurs profils variés et de leurs trajectoires spécifiques.

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