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La livraison de drogues …

Le « Uber shit », nouvelle bataille de Darmanin

La Rédaction, Mis à jour le 04 Janvier 2024

Le ministre de l’Intérieur s’est engagé à mener une guerre contre cette nouvelle forme de trafic de drogue, véritable casse-tête pour la police.

Une trentième visite à Marseille pour Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur était de retour mercredi 3 janvier pour parler de lutte contre le trafic de drogue dans la cité phocéenne. Après s’être réjoui du « pilonnage » réussi de nombreux points de deal par la police, il a bien dû reconnaître que le problème, loin d’avoir disparu, n’avait fait que se déplacer. Car si les points de vente disparaissent, la drogue, elle continue de circuler. Désormais, elle est simplement livrée au domicile du consommateur. C’est le « Uber shit ».

« Dans la lutte contre les livraisons à domicile, il faut que l’on change une partie de notre stratégie », a reconnu Gérald Darmanin auprès de France 3 Régions. Le ministre s’est engagé à « lancer un très gros travail sur les livraisons de drogue, les Uber shit ». « J’ai demandé à la préfète de préparer de très nombreuses opérations », a-t-il précisé, mentionnant « du contrôle systématique » et « des techniques d’enquêtes spécifiques pour les livreurs ».

La facilité pour le consommateur

« Uber shit », c’est quoi ? Le phénomène ne date pas d’hier mais « il s’est considérablement accéléré pendant le confinement », confie une source policière spécialiste de la lutte contre le trafic de drogue à France 3 Régions. La transaction commence sur une messagerie cryptée comme  WhatsApp, Snapchat, Telegram ou Signal. Le consommateur indique le type de drogue souhaité, la quantité et l’adresse de livraison. « Un ‘secrétaire’ reçoit les commandes via les messageries cryptées, il dépêche ‘un vendeur’ à l’adresse indiquée, ce même vendeur est lui-même approvisionné par ‘un fournisseur’, car les vendeurs n’ont sur eux que la quantité à livrer », détaille le policier. Aucun de ces intermédiaires ne se connait. 

Le vendeur livre la quantité souhaitée à vélo ou à scooter. « Certains ‘Uber Shit’ ont la double casquette, ils sont aussi livreurs de pizzas, Uber Eats, etc », affirme la source policière.

Cette nouvelle forme de trafic facilite l’accès à la drogue, au point de motiver de nouveaux clients. Ainsi , les profils de consommateurs se diversifient, le « Uber shit » donnant une impression de sécurité, loin des règlements de compte des points de vente en plein air.

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Cannabis : le gouvernement fermement opposé à la légalisation

Cannabis et psychosehumeur

Les nostalgiques du « summer of love » ont banalisé le haschich jusqu’à lui donner l’image de drogue douce. On connaissait alors les ravages de l’alcool et pas encore ceux du cannabis. Pourtant dès 1845, Moreau de Tours avait alerté sur le risque de psychose, dans son ouvrage Du haschich et de l’aliénation mentale.

On avait suggéré qu’une prédisposition génétique à la schizophrénie provoquait une attirance vers le cannabis comme automédication, de la même façon qu’un grand généticien avait osé affirmer qu’un seul gène prédisposait à la fois au cancer du poumon et au tabagisme.

Si la génétique de la schizophrénie est largement méconnue, on sait que les vécus douloureux, traumatismes de l’enfance et certains profils psychiques en multiplient le risque. Le haschich, ajouté à ces risques vient encore les multiplier par 2 ou 3. L’IRM constate la diminution du volume cérébral et la perte de substance grise ; ces pertes sont 2 fois plus importantes en cas de consommation de marijuana.

Cependant, aucune de ces prédispositions environnementales ou neurophysiologiques n’est prédictive d’une prise ultérieure de cannabis, contredisant l’hypothèse de l’automédication. En revanche, cette idée a la vie dure, augmentant la consommation chez les personnalités schizotypiques et aggravant le cercle vicieux des crises psychotiques et de la dépendance.

Le lien avec les symptômes psychotiques est dose-dépendant. Certains estiment un risque multiplié par 6 après seulement 50 prises de cannabis. Ceux qui ont fumé au moins 3 fois avant l’âge de 15 ans ont un risque 4 fois supérieur dc présenter une schizophrénie à l’âge de 26 ans.

La consommation avant 15 ans diminue aussi nettement les performances cognitives, l’attention et le contrôle de l’impulsivité. Evidemment, le risque augmente avec la concentration en THC qui est de 15% dans la skunk contre 5 % dans le hasch.

Toute la sphère mentale est concernée. Le suivi de plus de mille personnes de l’âge de 5 à 38 ans a montré que la consommation de cannabis à l’adolescence est associée à une baisse de QI pouvant aller jusqu’à huit points.

Les méta-analyses montrent également l’augmentation notable des troubles anxio-dépressifs, autres psychoses, idées délirantes, hallucinations, déficits cognitifs, agitation psychomotrice, anhédonie, comportements antisociaux.

Sachant que 1,2 millions de français en font un usage régulier et que la consommation chez les 12-18 ans a été multiplié par trois entre 1993 et 2003.

Sachant enfin que l’adolescence est une période de vulnérabilité et d’apprentissages, et que le cannabis thérapeutique est annoncé à grands renforts de publicité, voilà un sujet digne du réchauffement climatique.

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Consommation de cannabis : un risque de maladies cardiaques et d’AVC

Marlene Busko 5 décembre 2023

États-Unis – La consommation de cannabis est associée à un risque accru de maladies cardiaques et d’AVC, selon deux études présentées lors des sessions scientifiques du congrès 2023 de l’American Heart Association (AHA).

La consommation quotidienne de marijuana est liée à un surrisque de 34 % d’insuffisance cardiaque dans les quatre ans, par rapport à la non-consommation, selon une nouvelle étude d’observation [1]. Alors que dans une autre étude [2], les troubles liés à la consommation de cannabis ont été associés à un risque accru de 20 % d’événements cardiaques et cérébraux indésirables majeurs (ECCM) au cours d’une hospitalisation chez des patients plus âgés présentant un risque cardiovasculaire et qui ne fumaient pas de tabac.

Les chercheurs soulignent qu’il s’agit de données d’observation et qu’elles ne peuvent donc montrer qu’une association et non un lien de cause à effet, mais qu’elles s’appuient sur d’autres résultats récents.

Malgré les limites de l’étude, « s’agit-il d’un signal ? Absolument », a déclaré le Pr Robert L. Page II, docteur en pharmacie, dans un entretien avec theheart.org | Medscape Cardiology*.

*Le Pr Page est professeur à la Skaggs School of Pharmacy and Pharmaceutical Sciences de l’Université du Colorado (États-Unis) et a présidé le groupe de rédaction de la déclaration scientifique 2020 de l’AHA : « Medical Marijuana, Recreational Cannabis, and Cardiovascular Health ». Il n’a participé à aucune des deux études en cours.

Consommation de marijuana et risque d’insuffisance cardiaque

La consommation de marijuana aux États-Unis a augmenté de façon exponentielle avec la légalisation croissante au niveau des états, mais son effet sur la santé cardiovasculaire n’est pas clair, écrivent les auteurs de la première étude, les Drs Yakubu Bene-Alhasan et coll (Baltimore, Etats-Unis).

Dans leur travail, les chercheurs ont évalué l’association entre la consommation de marijuana et le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à des non-consommateurs. Ils se sont appuyés sur les données d’enquête et les dossiers médicaux des participants au programme de recherche All of Us parrainé par les National Institutes of Health.

Ils ont identifié 156 999 adultes âgés de 18 ans ou plus qui n’avaient pas reçu de diagnostic d’insuffisance cardiaque au départ. L’âge moyen des participants était de 54 ans et 61 % d’entre eux étaient des femmes.

Environ un quart d’entre eux souffraient d’hypertension (24 %) ou d’hyperlipidémie (23 %), 9,2 % avaient un diabète de type 2 et 9 % une maladie coronarienne. L’indice de masse corporelle (IMC) médian était de 28 ; 17 % étaient des fumeurs et 22 % d’anciens fumeurs. Presque tous avaient une assurance santé (95 %).

Sur la base de la consommation de marijuana déclarée par les participants, définie comme une consommation non prescrite ou supérieure aux doses prescrites au cours des trois mois précédents, ils ont été classés comme n’ayant jamais consommé de marijuana (107 976 participants), comme anciens consommateurs (33 816) ou comme consommateurs moins que mensuels (7 292), mensuels (1 686), hebdomadaires (2 326) ou quotidiens (3 903). Au cours d’un suivi médian de 45,3 mois, 2 958 cas d’insuffisance cardiaque ont été recensés.

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Infarctus du myocarde : la consommation de cannabis augmente le risque

Infarctus du myocarde : la consommation de cannabis augmente le risque
Luma-creative/Shutterstock.com © Crédit photo : destinationsante.com

Alors que de plus en plus de personnes à travers les États-Unis et en France notamment, utilisent la marijuana à des fins médicales et surtout récréatives, deux nouvelles études suggèrent que sa consommation régulière peut nuire à la santé cardiaque et cérébrale. En France, son usage reste stable, et concerne 10,6 % des 18-64 ans (14,2 % des hommes et 7,2 % des femmes).

Un risque accru de 34 % de développer une insuffisance cardiaque

Selon une première étude, l’usage quotidien de la marijuana, aussi connue sous le nom de cannabis, augmente le risque de développer une insuffisance cardiaque d’environ un tiers (34 %), par rapport aux personnes déclarant n’en avoir jamais utilisé. Ceci même après avoir pris en compte d’autres facteurs tels que le diabète de type 2, l’hypertension artérielle et l’obésité, des facteurs démographiques et économiques, la consommation d’alcool et le tabagisme.

Ces résultats proviennent du programme de recherche gouvernemental américain « All of Us ». Près de 157 000 personnes âgées en moyenne de 54 ans ont été suivies pendant près de 4 ans. « Des recherches antérieures avaient déjà découvert des liens entre la consommation de marijuana et les maladies cardiovasculaires telles que la pathologie coronarienne, l’insuffisance cardiaque et la fibrillation auriculaire », déclarait l’auteur principal de l’étude, le Dr Yakubu Bene-Alhasan (Baltimore). « Notre étude fournit davantage de données reliant sa consommation à certaines maladies cardiovasculaires. »

Plus d’événements cardiaques et cérébrovasculaires chez les personnes âgées

Depuis 2015, la consommation de cannabis aux États-Unis a presque doublé et elle ne cesse d’augmenter chez les personnes âgées. Une deuxième étude suggère que celles atteintes à la fois de diabète de type 2, d’hypertension artérielle et d’hypercholestérolémie (un taux de LDL-cholestérol trop élevé) et qui consommeraient de la marijuana encourent un risque accru d’événement cardiaque ou cérébral aigu majeur au cours d’une hospitalisation.

A partir du National Inpatient Sample 2019, la plus grande base de données nationale américaine sur les hospitalisations, les chercheurs ont établi que 20 % des patients hospitalisés qui consommaient régulièrement du cannabis, avaient un risque accru d’événement cardiaque ou cérébral majeur. De plus, 13,9 % des consommateurs de cannabis présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ont été victimes d’événements cardiaques et cérébraux pendant leur hospitalisation.

Ces résultats sont d’autant plus crédibles qu’un biais statistique a été écarté : ceux qui consommaient du tabac ont été exclus. Les chercheurs ont donc pu examiner l’impact spécifique du cannabis.

De la carboxyhémoglobine et du goudron, délétères pour le muscle cardiaque

Concernant le mécanisme en jeu, les dernières recherches indiquent que fumer du cannabis augmente les concentrations sanguines de carboxyhémoglobine et de goudron (matière combustible partiellement brûlée), lesquelles sont alors similaires aux effets de l’inhalation d’une cigarette de tabac. La carboxyhémoglobine est un complexe de monoxyde de carbone et d’hémoglobine au sein des globules rouges, ce qui empêche la fixation et le transport de l’oxygène par l’hémoglobine.

Or, « ces deux phénomènes ont été associés à des maladies du muscle cardiaque, des troubles du rythme, des crises cardiaques et d’autres affections graves », affirme le Pr Robert Page, pharmacologue (Aurora, Colorado). Et d’ajouter : « avec ces deux études, les risques cardiovasculaires liés à la consommation de cannabis deviennent plus clairs. »

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La faillite du plus grand distributeur de cannabis de Californie fait trembler l’industrie

La récente faillite de Herbl, l’une des plus grandes sociétés de distribution de cannabis de Californie, a provoqué une onde de choc dans l’industrie californienne du cannabis.

Autrefois un acteur majeur dont les ventes de produits s’élevaient à 700 millions de dollars en 2022, la disparition d’Herbl met en lumière des problèmes profondément ancrés dans le marché californien du cannabis, suscitant des inquiétudes quant aux factures impayées, aux obligations fiscales et aux difficultés plus générales auxquelles sont confrontées les entreprises du secteur.

L’ascension et la chute rapides de Herbl

Fondée en 2016, Herbl a connu une croissance rapide, devenant un acteur clé du marché légal du cannabis en Californie. Le succès de l’entreprise s’est fait sur de nombreux contrats de distribution exclusifs avec de grandes marques et une substantielle capacité d’investissement. Mais une série de revers, dont la perte d’un contrat important avec Raw Garden en janvier 2022, a marqué le début du déclin de Herbl.

Selon MJBizDaily, l’effondrement d’Herbl a laissé des dizaines de millions de dollars de factures impayées à d’autres entreprises du cannabis dans tout l’État, ce qui soulève des inquiétudes quant à la stabilité de l’industrie californienne du cannabis. Tyler Kearns, fondateur et PDG de Seven Leaves, une entreprise de cannabis basée à Sacramento, estime que l’impact sera généralisé, déclarant que la faillite de Herbl était « écoeurante » et que son entreprise possède une créance de 880 000 dollars chez Herbl.

La chute de Herbl n’est pas un incident isolé, mais s’inscrit plutôt dans une tendance plus large du secteur du cannabis en Californie. Le modèle de distribution de l’État, qui oblige les marques à vendre par l’intermédiaire de distributeurs agréés, a créé un réseau complexe de transactions financières. Les marques éprouvent des difficultés à percevoir les paiements, ce qui a un effet en cascade sur les fournisseurs, les distributeurs et les détaillants.

Wesley Hein, président de la Cannabis Distribution Association, a souligné les implications plus larges de l’effondrement d’Herbl, déclarant qu’il devrait servir de « signal d’alarme pour les décideurs politiques ». M. Hein a insisté sur la nécessité de prendre des mesures immédiates pour résoudre les problèmes de réglementation, de fiscalité et de marché illicite, soulignant ainsi la fragilité de l’industrie.

Effet domino

Différentes entreprises californiennes du cannabis ont commencé à signaler des problèmes de paiement avec Herbl au printemps, les factures impayées ou partiellement payées devenant de plus en plus fréquentes au cours des dernières semaines. Cette pression financière a eu un effet domino, affectant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, des cultivateurs aux détaillants. Le PDG de Ciencia Labs, Ben Mitchell, a souligné les difficultés rencontrées par les marques qui tentent de se faire payer : « Malheureusement, nous ne serons pas payés par Herbl ».

La faillite de Herbl met également en lumière les difficultés rencontrées par les entreprises de cannabis en Californie, soumises à un ensemble de règles plus contraignantes que celles des autres industries. Selon les observateurs, l’absence d’intervention du gouvernement dans le cas de Herbl soulève des questions sur le soutien apporté aux entreprises du cannabis, en particulier par rapport à d’autres secteurs en difficulté.

Différentes actions en justice ont été intentées par des marques mécontentes qui demandent réparation. Ali Jamalian, propriétaire de Sunset Connect, a intenté une action en justice accusant les dirigeants de Herbl de fraude et d’avoir conclu des contrats sans intention de paiement. Herbl doit actuellement au moins 2,2 millions de dollars à diverses marques de cannabis, et attend 1,9 million de dollars des détaillants qui n’ont pas payé le distributeur.

Adam Cavanaugh, président de la Cannabiz Credit Association, a mis un coup de projecteur sur les difficultés rencontrées par les créanciers de l’industrie du cannabis, en citant le manque d’accès aux protections traditionnelles en cas de faillite. L’absence de telles protections représente un risque important pour les entreprises qui font des affaires avec des entités liées au cannabis, ce qui rend plus difficile le recouvrement des créances impayées.

Une mise en garde pour l’industrie

L’effondrement de Herbl est une mise en garde pour l’industrie californienne du cannabis. Au-delà des impacts de la faillite de Herbl, le paysage réglementaire plus large, les questions fiscales et la concurrence du marché illicite constituent des menaces importantes pour la viabilité de l’industrie. Le sort de HERBL devrait non seulement susciter une réflexion sur ses circonstances spécifiques, mais aussi servir de catalyseur pour un changement plus profond dans la régulation du cannabis de l’État.

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Cannabis en usage « récréatif » : foin de légalisation !, affirme l’Académie de médecine

L’Académie nationale de médecine veut couper l’herbe sous le pied de l’usage « récréatif » du cannabis.

 Getty Images

En avril 2021, après le lancement de l’expérimentation du cannabis à usage médical aux côtés de l’Académie nationale de pharmacie, l’Académie de médecine s’était déjà émue d’une consultation citoyenne portant sur le « cannabis récréatif » aux items qu’elles considéraient orientés.

« Cette démarche s’inscrivait dans un mouvement idéologique visant à adouber au préalable un usage médical afin de donner à cette drogue des lettres de noblesse thérapeutiques », estime l’Académie de médecine.

A rebours d’une récente initiative politique visant à généraliser le recours au cannabis médical, l’instance cite une méta-analyse de 2023 montrant que la plupart des résultats associés aux cannabinoïdes dans cet usage ne sont pas à la hauteur. Ils ne sont étayés que par des preuves faibles (études observationnelles), avec une certitude faible à très faible (essais contrôlés randomisés) ou ne sont pas significatifs (études observationnelles, essais contrôlés randomisés).

Elle présente également une toxicité psychique avec troubles cognitifs et anxiodépressifs, une désinhibition, une induction ou une aggravation de la schizophrénie. Des effets se manifestent aussi sur la grossesse avec des conséquences sur le fœtus, le nouveau-né et le nourrisson, mettant également en cause le futur père.

Sans parler des violences familiales, professionnelles et routières induites avec 605 morts attribués à la consommation de cannabis en 2021.

La toxicité du principal constituant psychotrope de la drogue, le tétrahydrocannabinol (THC) est parfaitement établie, souligne l’Académie de médecine. « La multiplication par 6 en 25 ans du taux de THC dans sa résine augmente son pouvoir addictif et, partant, le recrutement des sujets qui en deviennent dépendants après l’avoir expérimenté », pointe le communiqué.

Ceci explique le nombre croissant et la gravité de ses effets indésirables et toxiques, tout particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes. Des études ont confirmé ses effets délétères sur la maturation cérébrale, laquelle ne s’achève que vers 25 ans. L’usage du THC s’accompagne d’une baisse du quotient intellectuel, d’autant plus marquées que sa consommation est plus fréquente et précoce.

« Alors que la lutte visant à réduire les terribles méfaits sanitaires du tabac et de l’alcool n’est que de peu d’effets, ce serait une faute grave de légaliser une source d’addiction supplémentaire, souligne l’Académie de médecine.

Matthieu Vandendriessche

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Le cannabis de demain ne poussera plus en terre (mais sortira tout droit d’un laboratoire)

Plus besoin de sécateur.

La culture du cannabis, c’est un peu comme celle des tomates: de la bonne terre, des graines, de l’eau et du soleil. Que ce soit pour sa fibre ou pour ses molécules psychoactives et thérapeutiques, la plante est à l’origine de tout ce qui intéresse l’homme dans le cannabis.

Enfin, plus pour longtemps, affirme un article de NewScientist, qui revient sur les évolutions technologiques d’un secteur en pleine expansion aux États-Unis, où il a été légalisé dans plusieurs États. Nous pouvons désormais fabriquer les molécules du cannabis sans jamais inclure les plantes au procédé.

Le procédé, qui rappelle celui des brasseries, consiste à cultiver dans des cuves des levures produisant de grandes quantités de cannabinoïdes, avec des effets bien moindres sur l’environnement que l’agriculture. «Je ne vois pas comment les plantes pourraient rivaliser une fois que nous produirons à grande échelle», affirme d’ailleurs Ben Chiarelli, fondateur de Cellibre, l’une des nombreuses start-up visant à capitaliser sur les cannabinoïdes microbiens.

Cela fait plus de cinq ans que les chercheurs produisent des cannabinoïdes en utilisant des levures issues de la bio-ingénierie, ce qui est également vrai pour le tétrahydrocannabinol (le fameux THC), responsable des effets psychoactifs du cannabis. Malgré une demande croissante, tant pour des usages thérapeutiques que récréatifs, l’industrie a du mal à décoller.

Après l’enthousiasme, le doute

Plusieurs entreprises ont récemment fait faillite et d’autres ont abandonné leurs cuves de levure. Le Covid-19 est passé par là et ses conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Cellibre a mis sur pause la production de cannabinoïdes pour se concentrer sur d’autres produits.

Ben Chiarelli reste cependant optimiste. La culture de «cannayeasts» (mot-valise mêlant cannabis et «yeasts», «les levures») n’est pas morte. Et il prévoit que d’ici quelques décennies, 80% des cannabinoïdes seront fournis par des microbes. Pas pour les utilisateurs récréatifs, non, mais pour tout le reste, des boissons à l’alimentation animale.

La production de ces molécules grâce aux levures présente aussi des avantages dans le domaine thérapeutique. Cancers, neurodégénérescence, mais aussi troubles du sommeil, anxiété, vieillissement: tous ces maux pourraient être traités, ou tout du moins soulagés, par des cannabinoïdes dont la production en masse est bien plus facile en laboratoire qu’avec la méthode traditionnelle.

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