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Drogue : trois fois plus de passages aux urgences liés à la cocaïne entre 2012 et 2023

La Croix (avec AFP) 24 juillet 2025

Santé publique France a affirmé, jeudi 24 juillet 2025, que la consommation de cocaïne faisait peser un « poids significatif » sur l’hôpital en France. Photo d’illustration.
Santé publique France a affirmé, jeudi 24 juillet 2025, que la consommation de cocaïne faisait peser un « poids significatif » sur l’hôpital en France. Photo d’illustration.  Stéphanie Para / LA MONTAGNE/MAXPPP

Santé publique France a indiqué, jeudi 24 juillet, que la consommation de cocaïne faisait peser un « poids significatif » sur l’hôpital et les services d’urgence. Le nombre de passages liés à la consommation de cette drogue a triplé entre 2012 et 2023, avant de se stabiliser l’an dernier.

En France, la consommation de cocaïne fait peser un « poids significatif » sur l’hôpital et les services d’urgence, où le nombre de passages qui y sont liés a triplé entre 2012 et 2023, avant de se stabiliser l’an dernier, affirme jeudi 24 juillet Santé publique France (SpF).

En 2024, 5 067 passages aux urgences en lien avec l’usage de cocaïne et 1 619 hospitalisations (consécutives à un passage) ont été recensés, ce qui marque une stabilisation à « des niveaux élevés » après « une hausse continue depuis 2012 », annonce l’agence sanitaire.

Ces taux de passages aux urgences sont « très élevés en Guyane, Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie », détaille SpF – dont les chiffres incluent l’Outre-mer hors Martinique et Mayotte —, qui note de « fortes disparités régionales ».

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Les centres spécialisés en addictologie (CSAPA) indiquent que la cocaïne est « plus fréquemment signalée comme substance principale pour les nouveaux patients entrant en traitement ».

Ces dix dernières années, le nombre d’hospitalisations liées à l’usage de cette drogue, deuxième substance illicite la plus consommée dans le monde après le cannabis, a quadruplé en France. Ces chiffres attestent des risques associés à la consommation de cocaïne et du « poids significatif »« pour la santé des Français et pour les services d’urgence et l’hôpital », des usages de cocaïne en France, dit SpF.

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Ainsi, depuis 2012, le taux de passages aux urgences en lien avec la consommation de cocaïne a « plus que triplé », jusqu’en 2023, indique l’agence sanitaire, à l’instar du nombre de consommateurs et de décès directement liés à cette consommation, rapportés par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

En 2023, 10 % des adultes en avaient déjà consommé dans leur vie et 3 % au cours des douze derniers mois, selon cette source.

Lourd impact sur la santé

Outre la dépendance, la consommation de cocaïne peut entraîner des conséquences médicales aiguës, principalement cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, thrombose) et psychiatriques (dépression, anxiété, tentatives de suicide), rappelle SpF.

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Entre 2012 et 2024, sur 32 749 passages aux urgences liés à l’usage de la cocaïne, environ les trois quarts (74 %) concernaient des hommes et l’âge médian était de 32 ans, correspondant au profil des personnes les plus consommatrices au sein de la population générale.

Sur cette période, les passages aux urgences liés à la consommation de cocaïne étaient « fréquemment associés à des diagnostics de consommation d’autres substances », en « premier lieu l’alcool » (29 %), relève SpF, dont les données concordent avec celles du dispositif Drogues info service. Les autres substances étaient les narcotiques (dont les opiacés, 14 %), le cannabis (11 %) et les benzodiazépines (7 %).

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« Plus dangereux que l’ecstasy et la cocaïne » : la poussière de singe, drogue ravageuse, débarque en France

« Monkey dust », c’est son nom. Cette substance psychoactive, dont les effets chimiques peuvent être désastreux, apparaît en France. Explications.

La police est venue interpeller la femme de 29 ans chez elle.
Une nouvelle drogue de synthèse, appelée « Monkey dust », qui circule déjà au Royaume-Uni, a débarqué en région parisienne en ce mois de mai 2025. (©Illustration Fabien Hisbacq – Actu Occitanie)

Par Briac TrébertPublié le 6 juin 2025 à 21h35

Elle vient officiellement de débarquer sur le marché des stupéfiants en Île-de-France. Et provoque l’inquiétude.

« On reçoit de plus en plus de coups de fil d’enquêteurs nous demandant des informations sur la Monkey dust », constate un laboratoire spécialisé auprès du Parisien, ce mercredi 4 juin 2025. L’une des premières saisies a eu lieu courant mai 2025 en Seine-Saint-Denis, d’après le parquet de Bobigny.  

Cette drogue, que l’on peut traduire, comme « poussière de singe », peut entraîner de graves problèmes, « des overdoses mortelles et une augmentation des crimes et comportements violents au sein de la population », alertent les autorités britanniques qui préviennent depuis des mois sur ce fléau.

« Effets plus puissants et plus dangereux que l’ecstasy et la cocaïne »

La « Monkey dust » est une drogue qui peut « rapidement vous faire sombrer », disent les Anglais.

En Belgique, les douaniers ont aussi lancé des avertissements après des saisies, ces derniers mois. Cette drogue de synthèse est « très dangereuse et très addictive », et ses effets sont plus puissants et plus dangereux que ceux de l’ecstasy ou de la cocaïne, par exemple, écrivent-ils dans un communiqué

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L’utilisation peut entraîner de graves hallucinations, des mouvements incontrôlés et même un comportement violent, donc. Les utilisateurs tombent souvent dans une diminution de la conscience qui les pousse à des actes dangereux, pointent les autorités belges.

La poussière de singe est une substance psychoactive synthétique, également connue sous le nom de MDPV (3,4 méthylènedioxypyrovalérone). Une drogue psychostimulante hautement addictive de la famille des cathinones, sous les appellations « 3-CMC, 3-MMC, 4-MEC, 3-MEC, 2-MEC, etchathinone, MDPV, alpha-PVP, méphédrone, 4-FMC, NRG1,sels de bain, bath salts… », liste le site Drogues-infos-service

La Monkey dust est un stimulant, souvent présent sous forme de cristaux ou de poudre, qui produit une puissante poussée d’énergie et une euphorie comparable à celle de la cocaïne, de l’ecstasy et des amphétamines.L’UkatSociétés privée de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni

La « poudre de singe » est parfois appelée « poussière de zombie », écrit l’Ukat, l’une des plus grandes sociétés privées de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni.

Elle est généralement sniffée, enveloppée dans du papier à rouler et avalée ou fumée dans une pipe.

Très bon marché, notamment comparée à d’autres drogues illicites, la « Monkey dust » est une drogue de prédilection pour les personnes en situation de pauvreté dont les difficultés financières peuvent aggraver leur consommation, pointent les spécialistes anglais.

L’effet puissant produit peut durer jusqu’à 12 heures, et, outre les effets euphorisants, peut également provoquer des hallucinations, de la paranoïa, des comportements irrationnels et une forte augmentation de l’agressivité. 

Ces réactions violentes peuvent être dues à la fois aux effets chimiques de la « poussière de singe » sur le cerveau – elle peut provoquer une chute des niveaux de sérotonine, conduisant à une augmentation de l’agressivité comme la cocaïne et la méthamphétamine – et au manque de contrôle de l’utilisateur sur son propre comportement en raison de la puissance de la drogue.

L’addiction à la « poudre de singe » peut être extrêmement néfaste, tant physiquement que mentalement, même un usage limité et à court terme. Elle comporte un risque élevé de surdose mortelle (des effets peuvent survenir dès 3 à 5 mg), et peut aussi entraîner des problèmes cardiaques et rénaux, des hallucinations et des psychoses… », liste l’Ukat.

Cocaïne: un médicament prometteur pour réduire l’addiction?

Tom Kerkour

Dans une étude menée chez 68 patients souffrant de troubles chronique d’addiction à la cocaïne, l’effet du Mavoglurant a permis de réduire la consommation durant la phase d’observation de trois mois. Un espoir dans l’aide aux addicts?

Les cocaïnomanes pourraient, dans un avenir relativement lointain, profiter de l’aide d’une molécule pour décrocher de leur addiction. Une étude publiée le 2 avril dans la revue Science Translational Medicine, repérée par Le Figaro, se penche sur les effets prometteurs du Mavoglurant.

Les chercheurs du laboratoire ont partagé les résultats de cette étude « prometteuse », où la molécule a été testée pour la première fois chez l’Homme dans ce but, dans un essai clinique de phase 2.

28% des patients sevrés

Au total, 68 hommes originaires de Suisse, d’Espagne ou d’Argentine ayant pour point commun leur consommation de ce stupéfiant ont été suivis.

La molécule utilisée agit sur le récepteur glutamate dans notre cerveau (mGluR5), il est impliqué dans le circuit de la dépendance à la cocaïne. Deux fois par jour pendant quatorze jours, une partie des cobayes ont reçu un cachet de mavoglurant, avec un placebo pour l’autre groupe. Et les résultats sont probants.

« Il y a le système qu’on appelle le système du glutamate ou le système glutamatergique. Et cette molécule va en fait bloquer ce système, puisqu’on sait que lorsqu’on consomme des drogues il est activé », décrypte pour BFMTV.com Florence Noble, directrice de recherche au CNRS.

« Il semblerait qu’il y ait vraiment une diminution de la consommation de cocaïne sur un suivi de trois mois », précise-t-elle. Selon les données publiées durant les trois dernières semaines, 28% des patients ayant reçu le médicament étaient sevrés, contre 8% pour le groupe test ayant reçu un placebo.

Un espoir et plusieurs limites

Les résultats de cette étude sont prometteurs. Mais un certain nombre de limites demeurent. L’ensemble des participants, environ 70, sont tous caucasiens, alors que la génétique joue un rôle dans la population.

Il s’agit essentiellement d’hommes, alors que des différences marquantes pourraient avoir lieu entre les sexes. Enfin, cette étude n’a été menée que sur une durée de trois mois, une période assez courte.

« Il faudrait faire des études beaucoup plus longues puisque le gros problème de l’addiction, ce sont vraiment les problèmes de rechute », souligne Florence Noble. Elle insiste sur l’impératif du temps long pour réaliser des études scientifiques sérieuses et complètes.

« Malheureusement, aucun médicament n’a montré son efficacité en clinique, donc il n’y a aucun traitement actuellement utilisable en clinique pour traiter l’addiction à la cocaïne. Si ces études préliminaires qui semblent intéressantes peuvent être confirmées, amplifiée par d’autres études, peut-être qu’on a devant nous une stratégie thérapeutique intéressante ».

Un million de consommateurs de cocaïne : la France est-elle un pays de drogués ? –

Une prudence partagée auprès du Figaro par Christian Lüscher, neurobiologiste à l’université de Genève. Il souligne qu’il « reste encore beaucoup de travail pour comprendre les mécanismes d’action » de cette nouvelle molécule dans nos cerveaux.

Un fléau de santé publique, un million de consommateurs en France

S’il n’existe aucun traitement pour décrocher de l’addiction à la cocaïne, le besoin est bel et bien réel. La France occupe désormais le 7e rang européen en termes de consommation de cette drogue, selon la dernière étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

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Au cours de l’année écoulée, 1,1 million de Français âgés de 11 à 75 ans ont consommé de la cocaïne. Selon ce même baromètre, 14.000 personnes sont prises en charge dans des Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie. Toutes drogues confondues, on estime que 467.000 Français sont des « usagers problématiques de drogues, souvent polyconsommateurs ».

Tom Kerkour

Drogue : Plus de cocaïne, moins de cannabis… Quand les égouts servent de « baromètre » de la consommation en Europe

Une étude réalisée à partir d’analyses des eaux usées de villes européennes révèle que la consommation de cocaïne est en hausse par rapport à 2023

La consommation de cocaïne augmente dans les villes européennes, selon une analyse des eaux usées.
La consommation de cocaïne augmente dans les villes européennes, selon une analyse des eaux usées. - ANP via AFP

La consommation de cannabis semble diminuer en Europe, tandis que celle de cocaïne et d’amphétamine augmente par rapport à 2023. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce constat ne vient pas des services de police, mais sort… tout droit des égouts.

Une étude publiée mercredi qui porte en 2024 « sur un nombre record de 128 villes européennes, brosse un tableau clair d’un problème de drogue à la fois répandu et complexe, les six substances » de drogue recherchées « ayant été détectées dans presque » toutes les villes participantes, résume dans un communiqué Alexis Goosdeel, directeur de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA).

Une augmentation de la cocaïne pour la majorité des villes

Des échantillons quotidiens d’eaux usées municipales ont été prélevés dans les zones de captage de stations d’épuration au printemps dernier dans 128 villes de 26 pays (24 de l’Union européenne, Turquie et Norvège). Ces échantillons d’eaux usées de quelque 68,8 millions de personnes ont été analysés pour détecter des traces d’amphétamine, de cocaïne, de méthamphétamine, d’ecstasy et son principe actif la MDMA, ainsi que de kétamine et du cannabis.

Pour la cocaïne, la majorité des villes disposant de données pour les deux dernières années ont fait état d’une augmentation. Les analyses indiquent notamment que sa consommation reste la plus élevée dans les villes d’Europe de l’ouest et méridionale, en particulier en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne.

Plus de consommation le week-end qu’en semaine

Pour la MDMA, la plupart des villes ont également signalé une hausse des détections entre 2023 et 2024, et les traces de ces substances ont été trouvées le plus massivement dans les eaux usées de localités en Belgique, République tchèque, Pays-Bas et Portugal. Quant à la kétamine, elle apparaît le plus dans des villes de Belgique, des Pays-Bas, de Hongrie et de Norvège.

L’analyse des eaux usées permet par ailleurs de détecter des fluctuations dans les schémas hebdomadaires de consommation. Dans plus de trois quarts des villes, les traces de benzoylecgonine (principal métabolite de la cocaïne), de kétamine et de MDMA dans les eaux usées sont plus élevées pendant le week-end (du vendredi au lundi) qu’en semaine. En revanche, la consommation d’amphétamine, de cannabis et de méthamphétamine est répartie plus uniformément sur l’ensemble de la semaine.

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« La coke c’est vicieux parce que j’en veux toujours plus » : l’addiction à la cocaïne, un fléau qui n’épargne aucune génération

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. • ©Getty

Plus d’un million de personnes déclarent avoir consommé de la cocaïne au moins une fois en 2023 en France.

Presque 40 % des 14-19 ans ont déjà testé le cannabis en 2021 à Saint-Pierre et Miquelon. Cocaïne ou cannabis, nous avons recueilli des témoignages de consommateurs et de proches pour l’émission À la une consacrée aux drogues.

Marie Paturel • Publié le 31 janvier 2025

« Je prends de la cocaïne parce que je suis accro. Quand je la consomme j’ai l’impression d’être complet(e)… mais ça dure 10 minutes et j’en veux d’autre, j’en veux plus.«  C’est toute la difficulté exprimée par une personne consommatrice de cocaïne. 

Obtenir ces témoignages à Saint-Pierre et Miquelon n’est pas toujours simple. Encore moins en tant que journaliste, encore moins quand on ne sait pas forcément à qui s’adresser, encore moins sur un sujet comme les drogues. Après avoir garanti l’anonymat et gagné leur confiance, quelques personnes ont accepté de se livrer. 

On boit un verre et là quelqu’un va en sortir [de la cocaïne]. Tout le monde attend ce petit moment et ça finit toujours par « bon okay juste 2 traces ». En réalité, on en prend 4, voire plus.Personne consommatrice de cocaïne

Contrairement à certains consommateurs avec qui nous avons parlé, cette personne n’est pas dans le déni face à son addiction. Un déni évoqué dans cet autre échange, avec quelqu’un qui n’a jamais consommé de drogues : « Moi on m’a déjà dit : ça va j’ai juste pris de la coke hier soir c’était tranquille… et là si tu dis quelque chose t’es une personne chiante, surtout si t’en as jamais pris. »

Bon courage pour trouver des amis qui ne consomment pas de drogue, en tout cas dans les gens qui font souvent la fête.Personne non-consommatrice de drogues illicites

La cocaïne, une drogue à 150 euros le gramme devenue banale

Si cette banalisation de la cocaïne existe à Saint-Pierre et Miquelon, sa consommation a explosé partout. En France, plus d’un million de personnes déclarent en avoir consommée au moins une fois en 2023. Un chiffre qui a presque doublé en seulement deux ans. Dans l’archipel, 42 % des 14-19 ans en ont déjà testée, selon une enquête de 2021 menée par le CSAPA (Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie). 

« J’ai vu des gens de 20 à 50 ans environ prendre de la coke ». Alors, est-ce que c’est facile de se procurer de la cocaïne sur le territoire ? « Visiblement tout le monde en a, donc c’est que ça doit être facile. Quand il n’y en a pas c’est qu’il y a eu des descentes de flics ou que tout a été consommé », nous a-t-on confié. 

La drogue ça devient une dépense normale. Personne consommatrice de cocaïne

Pourtant, cette consommation coûte cher, très cher. 150 euros le gramme à Saint-Pierre et Miquelon. « Pour sortir je prévois des clopes, de l’alcool et souvent 1 gramme de coke. »

La santé mentale, une préoccupation pour consommateurs et proches

En France, le nombre de 18-24 ans ayant eu des pensées suicidaires a été multiplié par plus de 2 depuis 2014. Un public également touché au niveau local, comme le démontrent ces chiffres de l’étude Santé Publique France de 2020 :

  • 25,6 % ont vécu au moins un épisode dépressif caractérisé 
  • 19,2 % ont eu des pensées suicidaires
  • 11,8 % ont fait au moins une tentative de suicide 

À noter que les personnes interrogées dans cette enquête ne sont pas forcément consommatrices de drogues.

Pour moi le problème arrive quand l’addiction prend le contrôle de sa vie et ça m’inquiète !Proche d’une personne consommatrice de cannabis

Mais la santé mentale et l’usage de stupéfiants vont souvent de pair, comme le démontre ce témoignage d’un proche d’une personne consommatrice de cannabis : « J’ai conscience que sa consommation n’est pas forcément le vrai problème, ça cache sûrement un mal-être plus profond. Si les effets du cannabis peuvent procurer un certain confort psychologique, peut-être moins nocifs que des antidépresseurs, alors pourquoi pas, la question se pose. Je ne sais jamais dans quel état je vais retrouver cette personne. Normale ? Agressive ? Elle ne contrôle pas ses émotions. »

À noter que dans l’archipel 39,9% des adolescents de 14 à 19 ans ont déjà expérimenté au moins une fois le cannabis, selon une enquête du CSAPA de 2021. Cet usage du cannabis s’inscrit majoritairement dans un cadre festif. 

Pour une personne consommatrice de cocaïne, la santé mentale fait aussi partie de ses inquiétudes. « Mon premier frein pour arrêter c’est ma santé physique et mentale. Des fois j’ai des angoisses… et puis tu ajoutes la clope et l’alcool, je suis parfois dans un état pitoyable. »

L’ambiguïté entre arrêter et continuer

Mais ces personnes consommatrices ne souhaitent pas arrêter la drogue. Les addictions l’emportent. Le cannabis est souvent perçu comme le seul remède pour apaiser, pour rassurer. Pour d’autres : « Arrêter la coke c’est aussi difficile que d’arrêter la clope ou l’alcool, mais pour des raisons complètement différentes. » 

Je me sens complètement démuni(e) et affecté(e).Proche d’une personne consommatrice de cannabis

Face à cette addiction, les proches se sentent impuissants : « Je me renseigne pour l’aider mais tant qu’elle n’est pas prête à faire les démarches, rien n’est possible ». S’ajoute à cela le manque d’anonymat à Saint-Pierre et Miquelon. « Ça joue sur ses angoisses et cette personne a peur d’être dénoncée aux gendarmes en tant que consommateur ». 

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Une hausse record de consommation de cocaïne en France

La consommation de cocaïne en France atteint des sommets sans précédent. Selon le rapport annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) pour 2025, près de 9,4 % des adultes entre 18 et 64 ans ont déjà expérimenté la cocaïne, marquant une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Parmi eux, 2,7 % en ont consommé au cours de l’année écoulée, un chiffre alarmant qui place la France parmi les pays européens les plus touchés par ce phénomène.

En 2023, près de 1,1 million de Français ont déclaré avoir consommé de la cocaïne, soit près du double par rapport à 2017. Cette hausse souligne la gravité de l’évolution des comportements addictifs dans l’Hexagone.

La hausse de l’usage régulier de cette drogue stimule un débat crucial sur ses causes et ses conséquences. Quels sont les moteurs de cette tendance, et comment la société française peut-elle y répondre efficacement ?

Le profil des consommateurs de cocaïne en France

Autrefois associée à un usage élitiste, la cocaïne est aujourd’hui devenue une drogue à portée de publics variés. Le rapport de l’OFDT révèle que l’âge moyen des consommateurs tend à baisser, touchant notamment les jeunes adultes. 1,4 % des adolescents de 17 ans rapportent avoir déjà essayé la cocaïne, un taux qui pourrait paraître faible mais qui indique une préoccupante progression parmi cette tranche d’âge vulnérable.

De plus, les différences de genre s’amenuisent : bien que les hommes soient encore majoritaires parmi les consommateurs (13,4 % contre 5,5 % pour les femmes), la progression de la consommation féminine suggère une évolution socioculturelle dans l’usage des drogues.

La « cocaïne rose »

Couleur rose, goût fraise… Il ne s’agit pas du dernier bonbon à la mode dans les cours de récréation, mais bien d’un mélange de drogues en vogue depuis quelque temps chez certains « clubbers » en Europe : la « cocaïne rose ». Derrière ce nom trompeur se cache un cocktail dont la dangerosité est notamment due à sa composition très variable.


Au début du mois de septembre 2024, les autorités espagnoles ont mené une opération ciblant des réseaux de narcotrafiquants à Ibiza et à Malaga. Celle-ci a mené à la plus importante saisie de drogues de synthèse jamais effectuée dans ce pays : plus d’un million de pilules d’ecstasy ont été confisquées, ainsi qu’une grande quantité de « pink cocaine » (cocaïne rose, en français).

Responsable d’un nombre croissant de décès, ce cocktail de drogues de synthèse, dont la composition varie, est depuis quelque temps devenu une préoccupation majeure en Espagne et dans d’autres pays, notamment au Royaume-Uni (en France, la cocaïne rose a été signalée à partir de 2022,ndlr). Au point que les organismes européens de lutte contre les drogues ont alerté sur la nécessité de s’attaquer aux risques liés à cette substance.

Que contient la cocaïne rose ?

Malgré son nom, la cocaïne rose ne contient pas nécessairement de cocaïne. Généralement, il s’agit plutôt d’un mélange de diverses autres substances, notamment de la MDMA, de la kétamine et du 2C-B. La MDMA, communément appelée ecstasy, est un stimulant aux propriétés psychédéliques, tandis que la kétamine est un puissant anesthésique aux effets sédatifs et hallucinogènes. Les drogues 2C sont quant à elles classées comme psychédéliques, mais peuvent également produire des effets stimulants. C’est le biochimiste américain Alexander Shulginqui synthétisa pour la première fois le 2C-B en 1974. La variante moderne, apparue vers 2010 en Colombie, en est une version contrefaite.

La cocaïne rose se présente habituellement sous forme de poudre ou de pilule. Elle est notoirement connue pour sa couleur vive, obtenue grâce à des colorants alimentaires et destinée à améliorer son attrait visuel (en outre, la poudre est parfois aromatisée à la fraise ou à d’autres saveurs). Après avoir progressivement gagné en popularité sur les scènes festives d’Amérique latine, la cocaïne rose – aussi connue sous les noms de « cocaina rosada » et « tusi » ou « tusibi » (transcriptions phonétiques respectives de 2C et de 2C-B, prononcé à l’anglaise) – s’est propagée en Europe.

Roulette russe

La composition de la cocaïne rose est imprévisible, c’est en grande partie la raison de sa dangerosité. Lorsqu’ils la consomment, les utilisateurs s’attendent souvent à prendre un stimulant similaire à la cocaïne, mais la présence de kétamine peut plutôt entraîner la survenue d’effets dissociatifs. En outre, la kétamine est largement diffusée dans les clubs, or en absorber de trop grandes quantités peut faire perdre conscience et entraîner des difficultés respiratoires.

On retrouve le même genre d’attrait pour la cocaïne rose que pour des drogues comme la cocaïne et la MDMA, des substances considérées comme « glamour » malgré les risques liés à leur consommation. L’apparence et le statut de « drogue de synthèse » contribuent en particulier à l’attrait qu’elle exerce sur les jeunes et les consommateurs novices. Elle est par ailleurs commercialisée comme un produit « haut de gamme », le gramme se monnayant aux alentours de 100 dollars en Espagne (près de 90 €).

Mais ce positionnement ne doit pas faire oublier le danger bien réel associé à la prise de cocaïne rose, que les experts comparent au célèbre et mortifère jeu de la roulette russe, en raison de la composition hasardeuse du mélange.

En Europe, cette drogue est partie des clubs d’Ibiza pour atteindre les côtes du Royaume-Uni, où elle gagne désormais du terrain en Écosse, ainsi que dans certaines parties du Pays de Galles et en Angleterre. Sur le continent, les autorités de santé tirent également la sonnette d’alarme (la cocaïne rose a également été détectée en France, en Allemagne ou au Benelux, notamment), tandis que, de l’autre côté de l’Atlantique, une augmentation de sa disponibilité a également été constatée à New York.

L’un des problèmes rencontrés au cours de la lutte contre la cocaïne rose est que cette drogue est difficilement détectable par les tests de dépistage standards. Par ailleurs, en Espagne, les tests actuellement utilisés ne sont pas encore capables d’en identifier tous les composants potentiels.

La réponse juridique apportée varie selon les pays. Les autorités espagnoles tentent de freiner sa distribution. Au Royaume-Uni, la cocaïne rose n’est pas explicitement mentionnée dans le Misuse of Drugs Act 1971, qui répertorie les drogues en trois classes, A, B et C, en fonction de leur nocivité. En revanche, les substances qui la composent y figurent : la MDMA et le 2C-B sont des drogues de classe A, tandis que la kétamine appartient à la classe B.

Réduire les méfaits de la cocaïne rose

L’augmentation de consommation de la cocaïne rose met en évidence la nécessité d’améliorer l’accès à des kits permettant de vérifier la composition des drogues. Ce type d’outil est essentiel pour réduire les méfaits des mélanges : ils permettent en effet aux utilisateurs de tester les substances qu’ils ont l’intention de consommer, leur permettant d’identifier les composants inconnus, et offrant de ce fait une forme de protection.

Fournir ce type de service, en vue de diminuer les conséquences délétères liées aux usages de drogue, est un enjeu vital, comme le montrent notamment mes propres travaux. Une approche complémentaire consiste à mettre en place des campagnes de sensibilisation du public. Enfin, mettre en place des services d’assistance joue également un rôle important dans la lutte contre les méfaits des drogues.

La popularité croissante de la cocaïne rose nous rappelle que le paysage des drogues est en constante évolution, sous l’effet notamment des modes et tendances qui se diffusent via les médias sociaux, qui peuvent contribuer à l’émergence de nouvelles menaces.

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