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L’addiction alimentaire serait comparable à celle causée par l’alcool ou le tabac

De plus en plus de travaux suggèrent que certains aliments sucrés ultra-transformés agissent sur notre cerveau comme de véritables substances addictives, comme la nicotine ou l’alcool.

  • Par Stanislas Deve Commenting AaronAmat / istock 15 Octobre 2025

« Le chocolat aux noisette est ma drogue », « je suis accro à ces chips »… On plaisante à moitié, mais on ne pourrait pas mieux dire : selon un nombre croissant de chercheurs, l’addiction alimentaire serait bel et bien une réalité. « Un consensus émerge pour la considérer comme un véritable phénomène », affirme Claire Wilcox, psychiatre américaine spécialiste des addictions et des troubles alimentaires, dans un article publié par The Conversation« Des centaines d’études montrent que certains aliments agissent sur le cerveau de façon comparable à la nicotine ou l’alcool. »

Des effets similaires à ceux des drogues

Les aliments sucrés, ultra-transformés en particulier, active notamment les réseaux liés au plaisir, au stress et au contrôle des impulsions. Dans le détail, la consommation répétée d’un aliment addictif, comme le sucre, libère de la dopamine, renforçant les habitudes et les envies. « Les indices sensoriels associés à ces aliments prennent le pouvoir sur nos décisions », explique la chercheuse.

Au fil du temps, le corps développe une tolérance, nécessitant des doses plus importantes pour ressentir les mêmes effets. Et en cas d’arrêt brutal ? Irritabilité, tristesse, voire dépendance psychologique peuvent apparaître. Ce phénomène pousse à consommer non plus pour le plaisir, mais pour éviter le malaise.« Arrêter brutalement une alimentation riche en sucre peut entraîner un véritable sevrage, semblable à celui du tabac ou des opioïdes », précise la psychiatre. Et comme pour les drogues, l’exposition chronique à ces aliments nuit au cortex préfrontal, rendant plus difficile le contrôle de soi.

Qui sont les plus vulnérables ?

Certaines personnes semblent plus sensibles aux effets addictifs de la nourriture. Des études ont montré que les individus obèses activent davantage leur cortex préfrontal lorsqu’ils tentent de résister à la tentation alimentaire, signe d’un effort cognitif plus intense.

Comment soigner une addiction à un besoin vital ? « Contrairement à l’alcool ou au tabac, on ne peut pas arrêter de manger », rappelle la spécialiste. C’est pourquoi les traitements doivent être adaptés. Certains professionnels redoutent que l’interdiction de certains aliments provoque des troubles comme l’hyperphagie.

D’autres, comme la psychiatre Kim Dennis, proposent une approche nuancée : ne pas restreindre les calories, mais aider les patients à identifier les aliments qui déclenchent une compulsion et à les éviter. « Ce n’est pas ce que l’on mange qui pose toujours problème, mais la relation que l’on entretient avec certains aliments »

SOURCE

L’OMS appelle l’Europe à durcir sa politique face à l’alcool

  • 14 octobre 2025 par Belga

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pressé mardi les pays européens à renforcer leurs politiques de lutte contre la consommation excessive d’alcool. Cet appel coïncide avec la présentation d’un nouveau manuel de prévention du cancer, dans lequel l’OMS démontre que des mesures plus strictes, telles qu’une hausse des taxes ou des restrictions à la vente, peuvent aider à réduire la consommation d’alcool et, par conséquent, le risque de développer la maladie.

Ce guide se veut une feuille de route pour les gouvernements du monde entier, afin de les aider à formuler des recommandations et à définir leurs politiques de santé publique. Si l’étude a une portée mondiale, ses conclusions s’adressent en priorité à l’Europe, où la consommation d’alcool reste la plus élevée du globe et où le cancer constitue la première cause de mortalité. En 2020, l’alcool a été responsable d’environ 111.300 nouveaux cas de cancer et de 93.000 décès dans l’Union européenne.

« Certains considèrent l’alcool comme un héritage culturel », rappelle le Dr Gundo Weiler de l’OMS, « mais les maladies, les décès et les handicaps ne doivent pas être intégrés comme faisant, naturellement, partie de la culture européenne. »

L’OMS est claire: un encadrement plus strict conduit à une baisse de la consommation d’alcool et donc à un risque moindre de développer un cancer. Parmi les mesures jugées efficaces figurent l’augmentation des taxes et l’instauration de prix planchers, la limitation des heures de vente, les restrictions d’âge, l’interdiction de la publicité pour l’alcool et, dans certains cas, la mise en place d’un monopole d’Etat pour encadrer sa distribution.

Enfin, l’OMS souligne la nécessité pour les différents pays de renforcer la prise en charge des personnes souffrant d’abus ou de dépendance à l’alcool.

Que se passerait-il si la consommation d’alcool s’arrêtait totalement, partout ?

ou si, scénario dystopique pour les uns, utopique pour les autres, les boissons alcoolisées disparaissaient totalement de la planète ?


Dans le Meilleur des mondes, publié en 1932, l’écrivain britannique Aldous Huxley imagine une société sans alcool, mais sous l’empire d’une autre drogue : le « soma ». Ce terme, emprunté aux textes védiques indiens où il désignait une boisson sacrée, devient sous sa plume une substance de synthèse parfaite, sans effets secondaires, qui maintient la population dans une soumission heureuse. L’absence d’alcool compensée par un contrôle chimique des émotions…

Sans aller jusqu’à un tel scénario, que se passerait-il dans nos sociétés si l’alcool, subitement, cessait d’être consommé ? Quelles seraient les conséquences pour la santé et, plus largement, pour la société ?

Prêtons-nous à ce petit exercice intellectuel, pour tenter de prendre la mesure de la place qu’occupe l’alcool dans nos vies…

Augmentation de l’espérance de vie en bonne santé

Si l’alcool disparaissait demain, on constaterait tout d’abord une diminution de la mortalité et une augmentation de l’espérance de vie en bonne santé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2019, l’alcool était responsable de 2,6 millions de décès par an dans le monde, soit 5 % de la mortalité globale. La classe d’âge 20-39 ans est par ailleurs celle qui enregistre la proportion la plus élevée de décès attribuables à l’alcool, soit 13 %.

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En France, l’alcool provoque 41 000 décès par an dont 16 000 par cancers, 9 000 par maladies cardiovasculaires et 6 800 par maladies digestives). Une étude publiée dans la revue scientifique médicale The Lancet en 2018 suggère qu’il n’existe pas de seuil de consommation sans risque pour la santé : dès un seul verre consommé par jour, les années de vie en bonne santé diminuent.Boire ou vivre longtemps : faut-il choisir ?

Moins de jeunes mourraient à cause de l’alcool

L’alcool est la première cause évitable de mortalité chez les moins de trente ans. Près d’un décès sur cinq chez les hommes de 25 à 29 ans est attribuable à l’alcool.

Avant 40 ans, les causes principales sont les accidents et les suicides, tandis qu’à partir de la quarantaine dominent les maladies chroniques comme la cirrhose.

Mortalite liée à l’alcool.

La suppression totale de l’alcool réduirait donc directement la mortalité prématurée.

Diminution des accidents de la route et des suicides

Un monde sans alcool s’accompagnerait aussi d’une réduction rapide des accidents de la route. En 2024, sur les routes de France, l’alcool était en effet responsable de près d’un accident mortel sur quatre.Diffusé pendant l’Euro pour lutter contre l’alcool au volant, ce spot belge est féroce.

En France, les infractions liées à l’alcool, surtout la conduite sous l’empire de l’alcool, représentent près d’un tiers des condamnations pour infractions routières avec, en 2019, 87 900 condamnations.

Leur poids considérable a conduit les tribunaux à recourir massivement à des procédures simplifiées pour désengorger le système judiciaire, preuve que ces affaires constituent une part majeure et récurrente du contentieux pénal.

Moins de violences, moins de féminicides et désengorgement du système judiciaire

L’alcool est directement lié à la violence, et les affaires judiciaires impliquent souvent l’alcool. En France, l’analyse des données recueillies par questionnaire auprès de plus de 66 000 étudiants et étudiantes des universités indique que l’alcool est un facteur déterminant des violences sexistes et sexuelles dans ce milieu. Plus de la moitié des violences sexistes et/ou sexuelles ainsi recensées implique une consommation d’alcool dans le cadre de la vie universitaire.

Une étude réalisée en Afrique du Sud a par ailleurs montré que les périodes d’interdiction totale de vente d’alcool pendant la pandémie de Covid-19 ont coïncidé avec une baisse de 63 % des féminicides, comparées aux périodes sans restriction.

Diminution du nombre de suicides

De façon peut-être plus surprenante, si l’alcool venait à disparaître, on pourrait aussi s’attendre à une diminution substantielle des suicides. Comme l’ont montré des études récentes, l’alcool augmente significativement le risque de mort par suicide, et ce, quel que soit le genre considéré.

La consommation d’alcool est désormais un facteur de risque reconnu pour le suicide, à la fois à court terme (par intoxication, impulsivité, perte de contrôle) et à long terme (par le développement d’un isolement social dû à la consommation excessive ou à la dépendance, par le développement d’une dépression ou encore de troubles mentaux associés).

Photo d’une jeune femme à l’air pensif et triste assise au bord d’un trottoir avec une bouteille et un verre posés à côté d’elle
La consommation d’alcool est un facteur de risque reconnu du suicide. Unsplash/Velik HoFAL

Une méta-analyse (revue systématique de littérature suivie d’une analyse statistique portant sur les données des études sélectionnées, ndlr) a ainsi établi que chaque hausse d’un litre par habitant par année de la consommation d’alcool pur est associée à une augmentation de 3,59 % du taux de mortalité par suicide.

Rappelons qu’en 2023, les volumes d’alcool pur mis en vente en France – en diminution par rapport aux années précédentes – s’établissaient encore à 10,35 litres par habitant âgés de 15 ans et plus.

Moins de maladies et des services d’urgences et des hôpitaux moins engorgés

Si la consommation d’alcool venait à s’arrêter, les services des urgences seraient beaucoup moins encombrés. Des études réalisées en France estiment, en effet, qu’environ 30 % des passages aux urgences seraient liés à l’alcool. On imagine bien ce que cela pourrait changer quand on connaît les difficultés de fonctionnement auxquelles font actuellement face les services d’urgence.

Par ailleurs, la consommation d’alcool étant responsable de plus de 200 maladies, l’arrêt de sa consommation diminuerait leur prévalence, et donc les hospitalisations associées.

Les chiffres de 2022 indiquent que 3,0 % des séjours hospitaliers en médecine, en chirurgie, en obstétrique et en odontologie, que 6,6 % des journées en soins de suite et de réadaptation et que 10,0 % des journées en psychiatrie étaient considérés comme étant en lien avec des troubles de l’usage d’alcool. Par rapport aux chiffres de 2012, on constate une diminution du nombre de séjours pour alcoolisation aiguë ainsi qu’une hausse du recours pour alcoolodépendance. En psychiatrie, le nombre de journées d’hospitalisations a baissé en 2022 par rapport à 2012, tandis qu’en soins de suite et de réadaptation, la durée de prise en charge s’est allongée.

Le coût de ces hospitalisations était estimé en 2022 à 3,17 milliards d’euros, soit 4,2 % des dépenses totales d’hospitalisations (contre 3,6 % de l’ensemble des dépenses hospitalières en 2012).

Enfin, la disparition de l’alcool mettrait aussi fin aux troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF). Chaque année en France, environ 8 000 enfants naissent avec des séquelles dues à l’exposition prénatale à l’alcool.

Ces troubles entraînent des handicaps cognitifs et comportementaux durables, des difficultés scolaires et une surmortalité précoce. La disparition de ce syndrome représenterait un gain immense en vies sauvées, en qualité de vie et en coûts évités pour le système de santé, l’éducation et le médico-social.

Ce que l’on gagnerait chaque année sans alcool :

  • 41 000 vies sauvées en France (2,6 millions dans le monde) ;
  • 8 000 enfants épargnés des troubles de l’alcoolisation foetale ;
  • Plusieurs milliers de suicides évités (15 %–20 % liés à l’alcool) ;
  • 2 400 accidents routiers mortels en moins en France ;
  • 246 000 hospitalisations évitées, soit un soulagement majeur pour les services d’urgence ;
  • 102 milliardsd’euros économisés en coûts sociaux, soit 4,5 % du PIB français ;
  • Une justice désengorgée, débarrassée d’une grande partie des infractions routières et violences liées à l’alcool.

Et que se rassurent ceux qui s’inquièteraient du fait que la disparition de l’alcool pourrait nous priver d’hypothétiques bénéfices, tels qu’un quelconque effet protecteur d’une consommation modérée, notamment sur le cœur. Les conclusions des travaux à l’origine de cette rumeur sont désormais largement remises en cause… En revanche, arrêter l’alcool présente de nombreux avantages.

Arrêter de boire : de nombreux bénéfices

Révélés par les campagnes Un mois sans alcool comme le Défi de janvier (le « Dry January » à la française), les bénéfices observés à l’arrêt de la consommation sont très nombreux. Sans alcool, on se sent beaucoup mieux et notre corps nous dit merci !

Parmi les effets les plus notables et rapportés dans des enquêtes déclaratives figurent des améliorations du bien-être et de la qualité de vie. Les personnes interrogées indiquent notamment mieux dormir, se sentir plus en forme, avoir plus d’énergie. Elles constatent qu’elles ont perdu du poids, et ont vu leur teint et leur chevelure s’améliorer.

Elles déclarent également avoir fait des économies. Pour s’en faire une idée : il a été estimé qu’en moyenne, lors de la campagne de 2024 du Défi de Janvier, les participants économisent 85,2 €.

Les paramètres physiologiques s’améliorent aussi. Parmi les bénéfices à l’arrêt de l’alcool, on peut citer un moindre risque de résistance à l’insuline, une meilleure élasticité du foie, une meilleure homéostasie du glucose (glycémie), une amélioration du cholestérol sanguin, une diminution de la pression artérielle et même une diminution des marqueurs sanguins du cancer. Du point de vue cognitif sont rapportées des améliorations en termes de concentration et de performance au travail.

Mais l’alcool, objecteront certains, n’est pas qu’une molécule psychoactive : il est aussi un rituel social universel. Partager un verre est un marqueur d’appartenance, de convivialité, voire de célébration. Sa disparition obligerait à réinventer nos codes sociaux.

Réinventer nos liens sociaux

On l’a vu, aucune consommation d’alcool, quelle qu’en soit la quantité, n’améliore la santé. Sa disparition n’aurait, du point de vue médical, que des bénéfices. En revanche, c’est tout un ensemble d’usages culturels et économiques qu’il nous faudrait réinventer.

En société, il nous faudrait consommer autrement et autre chose. Pourquoi pas des mocktails (cocktails sans alcool imitant les cocktails alcoolisés traditionnels) ou d’autres boissons sans alcool, telles par exemple que des boissons fermentées sans éthanol comme le kombucha ou le kéfir ?

Parmi les alternatives à l’alcool, certains explorent même la mise au point de molécules de synthèse qui mimeraient les effets désinhibiteurs de l’alcool, sans ses méfaits métaboliques…

Une fiction qui éclaire une réalité quelquefois désastreuse

L’exercice de pensée auquel s’essaye cet article ne doit pas être confondu avec la prohibition, dont l’échec historique aux États-Unis a montré les limites. Il s’agit plutôt de recourir à la fiction pour interroger notre rapport collectif à l’alcool.

Derrière son image conviviale, cette substance reste l’un des premiers facteurs de mortalité évitable, de maladies et de souffrances sociales. Imaginer sa disparition permet d’ouvrir un débat sur la réduction des risques, le développement d’alternatives, et une transformation culturelle de nos rituels sociaux.

Et pour ceux qui ont peur de devenir « chiants » en soirée s’ils arrêtent l’alcool ? J’ai exploré cette question dans mon dernier livre (voir ci-dessous), et la réponse est… non !

D’ailleurs, la non-consommation semble devenir de plus en plus acceptable socialement. Un nombre croissant de personnes ne consomment plus d’alcool en France. On note ces dernières années une baisse de la plupart des indicateurs liés à la vente et à l’usage de l’alcool en France. Chez les lycéens par exemple, les non-consommateurs (qui n’ont jamais expérimenté l’alcool), sont passés de 15 % en 2018 à 31,7 % en 2022.

Enfin, le Défi de janvier rencontre aussi un réel succès. Selon un sondage Panel Selvitys publié en février 2024, 5,1 millions de personnes y ont participé en 2024, et un nombre croissant de participants se sont inscrits en ligne : on a enregistré 75 % d’augmentation par rapport à 2023.

Tout porte à croire que l’idée de faire la fête sans alcool (et de rester drôle quand même !) est en train de faire son chemin…


Pour en savoir plus

Mickael NaassilaJ’arrête de boire sans devenir chiant. Le guide pour changer sa relation à l’alcool et préserver sa santééditions Solar, 2025.

Cannabis légalisé, urgences débordées

Dr Bernard-Alex Gauzere | 14 Octobre 2025

Depuis la légalisation du cannabis dans 21 États américains, les urgences font face à une explosion des intoxications. Une étude dans le Michigan pointe une hausse de 70 % des admissions.

En 2023, 21 États américains avaient légalisé l’usage récréatif du cannabis. Le Michigan, qui a franchi ce cap en décembre 2018, a vu s’ouvrir ses premiers établissements de vente au détail dès décembre 2019, entraînant une explosion de la disponibilité et de la diversité des produits cannabiques sur le marché.

Le cannabis agit principalement sur les récepteurs CB1 et CB2 distribués dans différentes régions cérébrales. Si la plupart des consommateurs recherchent ses effets récréatifs – euphorie légère, relaxation, stimulation de l’appétit et acuité sensorielle accrue –, la substance peut également provoquer des effets indésirables dose-dépendants. Ces derniers incluent des troubles de l’attention et de l’équilibre, une tachycardie, ainsi que des altérations cognitives affectant le jugement, la mémoire et la perception temporelle. L’intensité de ces effets varie considérablement selon la dose consommée, la variété de cannabis utilisée et l’expérience préalable du consommateur.

Les produits actuels, beaucoup plus puissants que par le passé, sont consommés selon diverses modalités : inhalation par combustion ou vaporisation, ingestion d’aliments enrichis, ou utilisation de concentrés à haute teneur en THC. Cette diversification, conjuguée à des concentrations en principe actif élevées, accroît significativement les risques d’intoxication aiguë chez les adultes comme chez les enfants. Les symptômes peuvent alors s’aggraver et inclure anxiété intense, désorientation, épisodes paranoïaques, voire manifestations psychotiques.

Des conséquences sanitaires prévisibles et confirmées

Les études menées avant la légalisation du cannabis avaient anticipé plusieurs de ses conséquences sanitaires, désormais confirmées par les données épidémiologiques. On observe effectivement une augmentation significative des admissions aux urgences liées à la consommation de cannabis, une hausse des intoxications pédiatriques accidentelles, ainsi qu’une multiplication des cas d’ingestion d’aliments enrichis au THC.

Parallèlement, le nombre d’Américains consommant du cannabis ne cesse de croître, sous l’effet conjugué de la légalisation et d’une évolution culturelle qui déstigmatise progressivement son usage. Cette démocratisation expose davantage d’utilisateurs novices aux risques d’intoxication aiguë, cette population étant particulièrement vulnérable aux effets indésirables sévères et plus susceptible de recourir aux services d’urgence.

L’augmentation de la consommation s’accompagne également d’une émergence de pathologies spécifiques. Le syndrome d’hyperémèse cannabique – caractérisé par des épisodes récurrents de nausées, de vomissements et douleurs abdominales chez les consommateurs réguliers – connaît une incidence croissante dans les services d’urgence. Cette pathologie, encore méconnue du grand public, illustre les effets paradoxaux d’une consommation chronique de cannabis sur le système digestif.

Une cohorte observationnelle rétrospective au Michigan

Cette étude menée dans huit hôpitaux du sud-est du Michigan visait à évaluer l’impact de la légalisation du cannabis récréatif sur les services d’urgences en comparant le nombre d’admissions pour intoxication aiguë au cannabis avant et après la légalisation (2016-2018 versus 2019-2022). Le nombre d’admissions mensuelles liées au cannabis a été mesuré en fonction des codes de sortie de la CIM-10. Un modèle de régression binomiale négative a été utilisé pour estimer les changements immédiats et cumulatifs du nombre d’admissions aux Urgences liées au cannabis après la légalisation.

Entre 2016 et 2022, parmi les 2 177 admissions aux urgences pour intoxication au cannabis (2 066 patients), 671 ont eu lieu avant et 1 506 après la légalisation. Dans l’analyse univariée, la légalisation du cannabis à des fins récréatives a été associée à une augmentation du taux moyen d’admissions aux urgences liées au cannabis (rapport des taux [RR] : 1,70 [IC à 95 % : 1,49 à 1,94] ; p <0,001). Dans l’analyse multivariée ajustée en fonction de l’âge, les résultats restent significatifs (RR 1,47 [1,29 à 1,70], < 0,001). 

La légalisation du cannabis récréatif a été associée à une augmentation immédiate des taux de visites aux urgences pour intoxication aiguë au cannabis, dès le premier mois qui a suivi.Cependant, la pente de l’augmentation du taux d’admissions était similaire avant et après la légalisation du cannabis (RR, 1,28, IC à 95 % (1,07, 1,54), p < 0,001). Cette hausse était constatée à tous les âges, en particulier chez les adultes d’âge moyen (31 – 65 ans).

Toutefois, cette étude présente plusieurs limites en raison de son approche rétrospective. Le Michigan avait déjà adopté une position plus souple sur la consommation de marijuana par rapport à d’autres États en ayant précédemment légalisé la marijuana médicale pendant plusieurs années avant la légalisation récréative. Les codes CIM-10 dans les dossiers risquent d’omettre de nombreuses autres admissions qui étaient principalement dues à une intoxication aiguë au cannabis. De plus, les patients ont pu être moins susceptibles de se présenter aux urgences pour une intoxication au cannabis au plus fort de la pandémie de Covid-19.

Cependant, ces résultats indiquent une augmentation des consultations aux urgences après légalisation du cannabis, plaidant pour une formation des personnels des services d’urgences.

Les jeunes européens et le cannabis

Alcool : particulièrement néfaste chez les personnes jeunes

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Aux Etats-Unis, le cannabis tue sur la route : jusqu’à 40% d’accidents mortels dans certains comtés

Temps de lecture : 2 minutes

Des chercheurs de l’Université Wright State ont analysé les résultats d’autopsies de conducteurs victimes d’accidents de voiture dans le comté de Montgomery (Ohio) entre janvier 2019 et septembre 2024. Plus de quatre sur dix ont été testés positifs au THC, un ingrédient psychoactif du cannabis, avec un taux moyen de 30,7 nanogrammes.

C’est plus de six fois le niveau qui affaiblit les facultés psychologiques et physiques.
Il faut savoir que le cannabis d’aujourd’hui est cinq fois plus puissant que celui que les boomers fumaient quand ils étaient jeunes ; il en faut donc beaucoup moins pour se retrouver dans un état second.
Interpeller les conducteurs au volant est difficile car les éthylotests ne détectent pas la consommation récente de cannabis.

Pourtant, elle contribue sans aucun doute à l’augmentation du nombre d’accidents que l’on a observé au cours de la dernière décennie, malgré la sécurité accrue des voitures et la baisse de la consommation d’alcool. Selon une enquête fédérale, près d’un quart des 18-25 ans et 15% au-delà, en ont consommé au cours du dernier mois.

Une étude publiée au printemps dernier dans le Journal of the American College of Cardiology en a révélé les risques : risque six fois plus élevé de crise cardiaque chez les moins de 50 ans même indemnes de maladies cardiovasculaires, risque quatre fois plus élevé d’accident vasculaire cérébral.

Certains défendent la légalisation des drogues en arguant du fait, entre autres, qu’une consommation mieux encadrée, avec des produits mieux contrôlés, sera moins dangereuse pour la santé. Ce qui se passe aux Etats-Unis montre le contraire.

Tout a augmenté, la consommation, les décès, les problèmes de santé. Et aussi la production ! Le mois dernier, les autorités californiennes ont détruit plus de 20 000 plants de cannabis illégaux en interrompant le cours d’opérations menées par des organisations criminelles transnationales. Elles ont également découvert des armes à feu et des pesticides dangereux qui contaminent l’environnement.

SOURCE

Alcool, tabac, cannabis et autres drogues : c’est dans cette région que les addictions commencent le plus tôt

55,2 % des Occitans âgés entre 18 et 64 ans ont déjà expérimenté le cannabis (contre 50,4 % au niveau national)
55,2 % des Occitans âgés entre 18 et 64 ans ont déjà expérimenté le cannabis (contre 50,4 % au niveau national) • © MICHAEL BRANDT / DPA

Écrit par Esmeralda Terpereau Publié le10/10/2025

En Occitanie, les jeunes consomment plus d’alcool, de tabac et de cannabis que la moyenne nationale. Selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la région se distingue par des niveaux d’expérimentation particulièrement élevés, notamment chez les mineurs.

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Alcool : plus d’un verre par jour réduit l’espérance de vie selon l’OCDE

La consommation excessive d’alcool, soit plus d’un verre d’alcool par jour chez les femmes et un et demi chez les hommes, ferait perdre en moyenne près d’un an d’espérance de vie selon un rapport de l’OCDE. 

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