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Alcool, excès de vitesse et garde Ă  vue : le lourd bilan routier du dernier week-end d’étĂ©

Les gendarmes n’ont pas chĂ´mĂ©. Sur l’A20, un conducteur a Ă©tĂ© interceptĂ© Ă  184 km/h au lieu des 130 autorisĂ©s. Plus inquiĂ©tant encore, un autre automobiliste a Ă©tĂ© flashĂ© Ă  146 km/h sur une dĂ©partementale de Saint-Aoustrille, oĂą la limite est fixĂ©e Ă  80 km/h. 

Des excès  de vitesse qui frisent l’irresponsabilité et rappellent combien la route reste un espace de danger permanent.

Ces contrôles, menés avec intensité pour le dernier week-end des vacances, traduisent la volonté des forces de l’ordre de sanctionner sévèrement des comportements qui mettent en péril la sécurité collective.

L’alcool, fléau toujours présent

Quatre conducteurs ont été interpellés pour conduite sous l’emprise de l’alcool. Les taux enregistrés, jusqu’à 0,81 mg/l d’air expiré, dépassent largement les seuils légaux. L’un d’eux, en état d’ivresse, a même refusé de se soumettre au test, aggravant son cas. Ces dérives rappellent que l’alcool reste l’un des premiers facteurs d’accidents graves. À chaque campagne de prévention, les chiffres confirment la même réalité : le cocktail alcool et volant continue de faire des ravages.

Une garde Ă  vue symbolique

Le week-end s’est également soldé par un placement en garde à vue : un conducteur circulait malgré une annulation judiciaire de permis, sans assurance  et sans contrôle technique. Son véhicule a été saisi sur-le-champ. Ce type de comportement, qui défie toute règle élémentaire de sécurité, illustre la détermination des forces de l’ordre à sévir. Car au-delà des chiffres, il s’agit de vies humaines en jeu.

Pour résumer

Dernier week-end d’été sous tension dans l’Indre : 184 km/h sur l’A20, 146 km/h sur une départementale, 4 conducteurs alcoolisés, dont un en état d’ivresse, et une garde à vue pour conduite sans permis ni assurance. Les gendarmes sonnent l’alerte sécurité.

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Les consommateurs d’alcool seraient touchĂ©s par ce trouble

Publié le 5 septembre 2025 Par Agathe Mourey

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Samedi soir. Vous prenez un nouveau verre et pensez aux calories ingurgitées : deux bières pour le moment. Donc plus de 200 kcal. Vous commencez à réfléchir à ce que cela représente sur un repas. Voilà, vous avez la solution : demain vous ne prendrez pas de dessert à midi, ou vous irez courir 5 km de plus que votre footing habituel.

Attention, ce genre de rĂ©flexion peut vous amener sur le chemin de l’alcoolorexie, ou drunkorexie, qui vient du terme drunk, qui signifie « soĂ»l Â» en anglais. Cette habitude consiste Ă  limiter ses apports en nourriture pour compenser les calories apportĂ©es par l’alcool. Mais cette pratique nĂ©faste pour la santĂ© est une porte ouverte Ă  d’autres troubles du comportement alimentaire (TCA) comme l’anorexie ou la boulimie, et Ă  une hausse de la consommation d’alcool.

Manger moins pour boire plus

Une personne touchée par l’alcoolorexie peut par exemple sauter des repas en prévision d’une soirée arrosée, se faire vomir volontairement le lendemain pour réduire la quantité d’énergie apportée à son organisme, ou avoir une pratique sportive excessive pour boire plus.

Le médecin Enea Patruno Re, qui a réalisé sa thèse sur le sujet, évoque aussi « la prise de médicaments laxatifs et diurétiques qui permet une perte de poids immédiate » dans une interview en 2024 pour France 3 Bourgogne Franche-Comté.

L’objectif est généralement de consommer plus d’alcool sans prendre de poids, mais parfois aussi d’atteindre plus rapidement l’ivresse, explique la docteure en neuropsychologie Ludivine Ritz dans une publication parue sur The Conversation le 26 août 2025. Elle est spécialiste des addictions et chercheuse à l’Université de Caen.

Elle a mené une étude sur le sujet auprès de 3600 étudiants de l’Université dans laquelle elle travaille. Les participants ont répondu à un questionnaire qui a révélé l’ampleur de la pratique : plus de 40 % des étudiants qui consomment de l’alcool étaient concernés.

Ces jeunes étaient également plus à risque de TCA durables et de troubles de l’usage d’alcool (TUAL), avec une plus grande consommation d’alcool bue, plus souvent, et des ivresses plus intenses. Ces résultats étaient proches d’autres études réalisées en Italie et aux Etats-Unis.

Femmes et hommes sont concernés

La chercheuse se base sur ces autres recherches pour affirmer que les femmes sont plus touchées que les hommes, même si ces derniers peuvent aussi être concernés. En général, les femmes souhaitent avant tout contrôler leur poids et leur image, alors que leurs comparses masculins cherchent une sensation d’ivresse plus rapide.

Dans les deux cas, les effets sur la santé sont négatifs. Entrer dans les troubles du comportement alimentaire expose à des risques de dénutrition et de dégradation de la santé mentale, deux types de pathologies aux conséquences potentiellement dévastatrices.

De l’autre côté, consommer de grandes quantités d’alcool sans manger a de plus grands impacts sur le cerveau, et sur les comportements à risques induits par l’ivresse.

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Protoxyde d’azote et alcool : des mesures renforcĂ©es pour protĂ©ger la tranquillitĂ© publique

Mis à jour le 03/09/2025

Face aux risques liés au protoxyde d’azote et aux nuisances provoquées par la consommation d’alcool sur la voie publique, la préfecture et la mairie de Châteauroux agissent conjointement. Interdictions claires, campagnes de sensibilisation et mobilisation des forces de sécurité visent à prévenir les comportements dangereux et à garantir un cadre de vie serein pour tous.

Depuis plusieurs semaines, la police municipale de Châteauroux et la police nationale ont été amenées à intervenir de manière répétée à la suite de troubles à la tranquillité publique occasionnés par la consommation d’alcool sur la voie publique.

Afin de préserver l’ordre et la sécurité publique, et en concertation avec la mairie de Châteauroux, le préfet de l’Indre a pris un arrêté préfectoral interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique entre 22h et 7h.

Dans le prolongement de cette action et conformément aux dispositions du Code de la santé publique, la vente de protoxyde d’azote est interdite aux mineurs.

En outre, la détention et la consommation de tout contenant de protoxyde d’azote par des mineurs dans les espaces publics du département sont également prohibées.

Une campagne de sensibilisation sera conduite conjointement par la police nationale et la police municipale de Châteauroux. Elle sera déployée auprès des commerçants de la ville afin de les informer sur la réglementation en vigueur et de les associer pleinement à la démarche de prévention.

Dans le cadre de cette démarche de prévention et de sécurité, les services de l’État, la police nationale et les représentants de la mairie de Châteauroux recevront les commerçants de la ville le 10 septembre. Cette rencontre permettra d’échanger sur la mise en œuvre des actions de sensibilisation et sur les problématiques de sécurité partagées.

« La sĂ©curitĂ© et la tranquillitĂ© publique sont des prioritĂ©s absolues de l’action de l’État. L’arrĂŞtĂ© pris, en concertation avec la mairie de Châteauroux, vise Ă  rĂ©pondre Ă  des comportements qui troublent la vie quotidienne des habitants. La mobilisation de l’ensemble des services de l’État et de nos partenaires locaux traduit notre volontĂ© commune de garantir un cadre de vie serein et sĂ»r pour tous. La tranquillitĂ© publique fait partie d’une des trois prioritĂ©s du Plan d’action dĂ©partemental sur la restauration de la sĂ©curitĂ© du quotidien (PADRSQ). »

Thibault LANXADE, préfet de l’Indre

« La protection des habitants et la prĂ©servation de la qualitĂ© de vie Ă  Châteauroux constituent des engagements constants de la municipalitĂ©. En travaillant aux cĂ´tĂ©s de l’État et des forces de sĂ©curitĂ©, nous mettons en place des mesures fermes et nĂ©cessaires pour lutter contre les comportements qui menacent la tranquillitĂ© publique. Notre volontĂ© est claire : assurer la sĂ©curitĂ© de chacun et renforcer le vivre-ensemble dans notre ville. »

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Lettre du CNPERT de Septembre 2025

Chers Collègues,

Voici la lettre de rentrée du CNPERT. La période des vacances a été particulièrement fructueuse, elle nous apporte des informations importantes, nouvelles ou inédites. C’est d’abord une expérience de justice thérapeutique, rapportée par un addictologue de terrain, qui propose avec succès, une méthode médico-psycho-sociale d’accompagnement de jeunes délinquants visant à éviter les récidives.

C’est ensuite le point sur l’usage du cannabidiol (CBD), non toxicomanogène mais dont les prĂ©parations proposĂ©es sont parfois « complĂ©tĂ©es Â»par des substances qui le sont. Le rĂ©sultat est le dĂ©veloppement d’une dĂ©pendance, ou son maintien, alors qu’on pensait la rĂ©duire.

Le développement de nouvelles benzodiazépines plus puissantes que les précédentes expose au risque d’utilisations malveillantes, en particulier de soumission chimique. Ces nouvelles molécules sont classées dans le groupe des substances stupéfiantes.

La lĂ©gislation europĂ©enne tarde Ă  intervenir dans l’interdiction des nouvelles drogues de synthèse (NDS) arguant du fait qu’il faut les avoir identifiĂ©es pour pouvoir les interdire. Un de nos brillants collègues propose une modification de la loi. En attendant, ces nouvelles molĂ©cules sont libres d’accès : un rapport rĂ©cent du SĂ©nat dĂ©nonce un nouvel Eldorado des NDS.

La dernière information relève que le sevrage tabagique apporte enfin des rĂ©sultats positifs tangibles. Ils passent par une prise de conscience gĂ©nĂ©ralisĂ©e de la gravitĂ© de sa toxicitĂ© qui conduit Ă  restreindre fortement les lieux oĂą l’on peut fumer, Ă  assumer le danger que l’on fait courir au voisinage et Ă  renoncer aux rendez-vous de fumeurs. Les auteurs parlent de « dĂ©normalisation Â» de l’usage du tabac : non fumer n’est pas, n’est plus, normal.

A bientôt, bonne rentrée, bien confraternellement

                                                                                             Jean-Paul Tillement

Pour telécharger la lettre du Professeur Tillement CLIQUEZ ICI

Ce trouble cognitif grave et mĂ©connu liĂ© Ă  l’alcool

Le syndrome de Korsakoff est une maladie cognitive grave, chronique et irréversible liée à la consommation d’alcool. Elle reste pourtant relativement méconnue des professionnels de la santé, relate TF1.

 Source: TF1

L’association caritative britannique Alzheimer’s Society constate que les individus concernés sont de plus en plus en jeunes, entre 40 et 50 ans, et qu’une personne sur huit atteintes de démence souffre de troubles cognitifs liés à l’alcool. En France, une étude menée entre 2008 et 2013 sur plus de 57.000 cas de démence précoce avait révélé que chez “environ 60%” des moins de 65 ans touchés, elle était “liée à l’alcool”, souligne TF1.

Lire aussi

En outre, selon une étude finlandaise publiée en 2022, les femmes sont légèrement plus vulnérables que les hommes: en effet, la consommation d’alcool “multiplie par 6,1” le risque de démence précoce chez elles, contre 5,7 chez les hommes.

Vitamine B1

Le syndrome de Korsakoff est la conséquence de lésions cérébrales, elles-mêmes dues à un déficit en vitamines B1 (thiamine). Considérée comme “essentielle”, on la retrouve notamment dans le pain, le riz brun, les céréales complètes, le porc, la volaille, le soja, les noix, les haricots, les petits pois, etc. “La prise de 1 à 2 mg par jour suffit à couvrir les besoins journaliers”, commente TF1. Sa carence est très souvent liée à une alimentation pauvre conjuguée à une consommation excessive d’alcool.

Quels effets ?

Le syndrome de Korsakoff détériore profondément la mémoire et la plupart des patients atteints oublient non seulement les souvenirs antérieurs à la maladie (amnésie rétrograde) mais sont également incapables d’en créer de nouveaux (amnésie antérograde). Un manque généralement comblé par de “faux souvenirs”. Elle provoque par ailleurs des troubles de l’équilibre, de la coordination des mouvements et du contrôle oculaire.

Encore méconnu et dès lors mal diagnostiqué et traité, le syndrome de Korsakoff pourrait pourtant être efficacement pris en charge par un simple traitement vitaminique, préconisent les chercheurs qui insistent sur la nécessité de l’intégrer dans les programmes publics de prévention.

Aucune langue n’est plus « étrangère » grâce Ă  ce traducteur intelligent japonais propulsĂ© par IA

Parler une langue étrangère est une compétence très recherchée, à cause de la diversité culturelle intérieure et du nombre d’entreprises à l’international. Les compétences linguistiques augmentent vos chances d’obtenir un emploi et valorisent votre profil.

Peu importe si vous êtes travailleur social, dans le domaine médical, en commerce international, dans l’enseignement/ l’apprentissage des langues ou simplement en voyage – la capacité d’échanger avec des interlocuteurs dans leur langue maternelle constitue un atout majeur.

Vous n’êtes pas multilingue ?

Heureusement, deux inventeurs japonais renommĂ©s ont repoussĂ© les limites de la traduction en temps rĂ©el avec un traducteur instantanĂ© appelĂ© Enence 2.0. Il peut traduire la parole en temps rĂ©el dans plus de 68 langues, en quelques tapotements seulement.

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Les vagues de chaleur Ă  rĂ©pĂ©tition accĂ©lèrent le vieillissement autant que le tabac ou l’alcool

Une Ă©tude publiĂ©e dans la revue Nature Climate Change vient de mettre en lumière un effet mĂ©connu des vagues de chaleur extrĂŞme : elles accĂ©lèrent notre vieillissement biologique. Plus inquiĂ©tant encore, cette accĂ©lĂ©ration serait comparable Ă  celle provoquĂ©e par une consommation rĂ©gulière de tabac ou d’alcool.

En partenariat avec Destination Santé   |  

  • 01 / 03Selon un travail conduit durant 15 ans, l’exposition Ă  long terme Ă  des Ă©pisodes de chaleur extrĂŞme accĂ©lère le processus de vieillissement de notre corps.
  • 02 / 03Cette Ă©tude, publiĂ©e le 26 aoĂ»t dans Nature Climate Change, suggère qu’une exposition mĂŞme modĂ©rĂ©e aux vagues de chaleur augmente notre âge biologique, comparable Ă  la consommation rĂ©gulière de tabac ou d’alcool. En clair, plus les individus sont exposĂ©s, plus leurs organes vieillissent.Photo Adobe Stock
  • 03 / 03Pour parvenir Ă  cette conclusion, les scientifiques de l’UniversitĂ© de Hong Kong ont analysĂ© les rĂ©sultats de nombreux examens mĂ©dicaux (tests de fonction hĂ©patique, pulmonaire et rĂ©nale, de tension artĂ©rielle et d’inflammation…) de près de 25 000 personnes entre 2008 et 2022.Photo Adobe Stock

Selon un travail conduit durant 15 ans, l’exposition à long terme à des épisodes de chaleur extrême accélère le processus de vieillissement de notre corps.

Cette Ă©tude, publiĂ©e le 26 aoĂ»t dans Nature Climate Change, suggère qu’une exposition mĂŞme modĂ©rĂ©e aux vagues de chaleur augmente notre âge biologique, comparable Ă  la consommation rĂ©gulière de tabac ou d’alcool. En clair, plus les individus sont exposĂ©s, plus leurs organes vieillissent.

Pour parvenir Ă  cette conclusion, les scientifiques de l’UniversitĂ© de Hong Kong ont analysĂ© les rĂ©sultats de nombreux examens mĂ©dicaux (tests de fonction hĂ©patique, pulmonaire et rĂ©nale, de tension artĂ©rielle et d’inflammation…) de près de 25 000 personnes entre 2008 et 2022.

Ces données leur ont permis de calculer l’âge biologique des participants, qu’ils ont ensuite comparé aux températures cumulées totales auxquelles ces personnes avaient été exposées en fonction de leur adresse au cours des deux années précédant leur visite médicale.

Le constat est frappant : pour chaque exposition supplĂ©mentaire de 1,3°C, environ 0,023 Ă  0,031 annĂ©e Ă©tait ajoutĂ©e Ă  l’horloge biologique des participants. « Bien que le chiffre puisse sembler faible, au fil du temps et Ă  l’échelle des populations, cet effet peut avoir des implications significatives pour la santĂ© publique Â», explique Cui Guo, Ă©pidĂ©miologiste environnementale Ă  l’UniversitĂ© de Hong Kong et auteure principale de l’étude.

Des populations plus vulnérables que d’autres

L’étude rĂ©vèle Ă©galement que certains groupes sont plus touchĂ©s que d’autres. Les travailleurs manuels et les personnes vivant dans les zones rurales ont subi les impacts sanitaires les plus importants, « probablement parce qu’ils ont moins accès Ă  la climatisation Â», notent les auteurs.

Lesquels ajoutent que « l’âge n’est pas seulement une question de temps. Des études antérieures ont établi un lien entre plusieurs facteurs, notamment le stress environnemental et social, la génétique et les interventions médicales, ainsi que les signes de changements physiologiques liés au vieillissement. Ces changements augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète et de démence. 

Cette étude est un signal d’alarme : nous sommes tous vulnérables aux effets néfastes du changement climatique sur notre santé. Elle renforce les appels à une réduction urgente et drastique des émissions de gaz à effet de serre. »

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On n’arrĂŞte pas le progrès : Des innovations pour lutter contre l’alcool au volant – 28/08

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Bretagne : l’explosion silencieuse des addictions et la faillite d’un système de soins saturĂ©

Alcool, cannabis, cocaĂŻne, mĂ©dicaments dĂ©tournĂ©s (ou consommĂ©s quotidiennement) : la Bretagne se noie dans une vague d’addictions qui frappe toutes les gĂ©nĂ©rations. Tandis que la demande de soins explose, les structures sont saturĂ©es, laissant des milliers de malades, de toxicomanes, de personnes en dĂ©tresse psychiatrique ou psychologiques, sans solution. Derrière les statistiques notamment de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives), des vies brisĂ©es, des familles abandonnĂ©es, et un système de santĂ© au bord de la rupture.

Une région en première ligne

En Bretagne, une réalité glaçante s’impose : l’addiction est devenue une urgence sanitaire et sociale.

Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la rĂ©gion dĂ©passe rĂ©gulièrement les moyennes nationales, notamment chez les jeunes. Ă€ 17 ans, seulement 8,7 % n’ont jamais bu d’alcool, contre 19,4 % en France. Plus inquiĂ©tant encore, près d’un garçon breton sur deux (47 %) admet au moins trois alcoolisations massives par mois, contre 28 % au niveau national.

Chez les adultes, 7,9 % consomment de l’alcool quotidiennement â€” un chiffre qui reste l’un des plus Ă©levĂ©s de France. En 2023, les hĂ´pitaux bretons ont recensĂ© 14 425 passages aux urgences liĂ©s Ă  l’alcool, soit près de 40 par jour. La mortalitĂ© n’est pas en reste : 11,3 % des dĂ©cès liĂ©s Ă  une maladie alcoolique du foie, contre 7,9 % au plan national. Â« On parle souvent de la Bretagne festive. Mais derrière, on enterre trop de jeunes chaque annĂ©e Ă  cause d’une biture de trop ou d’un accident de la route sous alcool. C’est devenu notre quotidien », nous confie un urgentiste Ă  Brest.

Cannabis, cocaïne, médicaments : la polyconsommation gagne du terrain

L’alcool n’est que la face visible de l’iceberg. Le cannabis est dĂ©sormais massivement expĂ©rimentĂ© en Bretagne : 55,4 % des adultes dĂ©clarent en avoir dĂ©jĂ  consommĂ© (50,4 % nationalement), et 36,4 % des jeunes de 17 ans, soit 7 points au-dessus de la moyenne française.

Les drogues dites « festives » ne sont plus marginales. CocaĂŻne, MDMA, kĂ©tamine : la jeunesse bretonne est plus exposĂ©e que dans d’autres rĂ©gions. Au niveau national, 1,1 million d’usagers de cocaĂŻne et 750 000 d’ecstasy ont Ă©tĂ© recensĂ©s en 2023. La Bretagne suit cette tendance, dopĂ©e par l’essor de filières d’approvisionnement via les ports et festivals.

Ă€ cela s’ajoute le dĂ©tournement massif de mĂ©dicaments. OpioĂŻdes, benzodiazĂ©pines, codĂ©ine : autant de substances accessibles qui installent une dĂ©pendance insidieuse. En France, 467 000 usagers problĂ©matiques de drogues ont Ă©tĂ© recensĂ©s en 2022.

La dĂ©tresse est partout. La Bretagne compte 982 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s par an liĂ©s au tabac avant 65 ans. Les addictions traversent toutes les catĂ©gories sociales : ouvriers, Ă©tudiants, chĂ´meurs, cadres. Mais elles frappent plus fort dans un contexte de chĂ´mage, de prĂ©caritĂ© et de solitude. Â« J’ai commencĂ© Ă  boire pour tenir pendant mes Ă©tudes. Puis j’ai ajoutĂ© le cannabis, et enfin la cocaĂŻne en soirĂ©e. Aujourd’hui, Ă  26 ans, je ne sais plus comment m’en sortir. On m’a dit d’attendre deux mois pour un rendez-vous. Je n’ai pas deux mois », tĂ©moigne Clara, Ă©tudiante Ă  Rennes.

La pandĂ©mie, les crises Ă©conomiques et l’inflation ont aggravĂ© les vulnĂ©rabilitĂ©s. Dans les services de soins, certains parlent d’un Â« cocktail explosif » oĂą dĂ©sespoir et produits addictifs s’entretiennent mutuellement.

L’offre de soins : un mur infranchissable

Face Ă  cette vague, les structures spĂ©cialisĂ©es sont dĂ©bordĂ©es. La Bretagne dispose de 16 Consultations Jeunes Consommateurs (CJC), qui suivent un peu plus de 2 000 jeunes. Chaque CJC prend en charge en moyenne 131 adolescents ou jeunes adultes par an — un chiffre dĂ©risoire au regard de la demande.

Les CSAPA (Centres de soins, d’accompagnement et de prĂ©vention en addictologie) sont en tension permanente. Dans les CĂ´tes-d’Armor comme en Ille-et-Vilaine, les dĂ©lais d’attente pour un premier rendez-vous dĂ©passent souvent un mois et demi Ă  deux mois« Quand on dit Ă  un patient en crise qu’il doit attendre huit semaines, on le condamne Ă  replonger. Et parfois Ă  mourir », tĂ©moigne, amer, un mĂ©decin addictologue de Saint-Brieuc.

Les hĂ´pitaux de jour en addictologie sont saturĂ©s. Les SSR (soins de suite et rĂ©adaptation) incluent les addictions, mais les places sont limitĂ©es. Les files d’attente s’allongent, et beaucoup de patients abandonnent avant d’obtenir un suivi.

Les proches ne savent plus comment gĂ©rer. Â« Mon fils de 19 ans alterne entre alcool et cannabis. On a frappĂ© Ă  toutes les portes. On nous renvoie de service en service. On nous dit qu’il faut attendre. Mais lui, il ne peut pas attendre. Nous non plus », raconte Marie, mère Ă  Quimper, les larmes aux yeux. Les Ă©quipes mĂ©dicales, elles, s’épuisent. Entre manque de lits, de psychologues, et salaires insuffisants, beaucoup sont rĂ©signĂ©s, mais vivent cela particulièrement mal.  Â« Nous sommes en sous-effectif chronique. Certains jours, on a plus d’appels que de places disponibles pendant des semaines. Nous devons choisir qui traiter en prioritĂ©. C’est une souffrance Ă©thique terrible », explique Nathalie, infirmière dans le Morbihan.

Addictions et suicides : une alarme qui retentit même en été

Contrairement aux idĂ©es reçues, la douceur estivale n’apaise pas les dĂ©tresses. Les tentatives de suicide liĂ©es aux addictions sont en hausse en Bretagne, y compris durant l’étĂ©. De plus en plus de patients arrivent aux urgences après avoir mĂŞlĂ© alcool et mĂ©dicaments. Â« L’alcool est un puissant dĂ©pressif. Quand il s’associe aux anxiolytiques ou aux antidĂ©presseurs, le risque suicidaire est multipliĂ©. Et nous voyons de plus en plus de cas », alerte un psychiatre de Brest.

L’explosion des addictions n’est pas seulement un drame individuel. Elle menace la cohésion sociale : hausse des violences domestiques, conjugales, des comportements dangereux, accidents de la route, absentéisme au travail, déscolarisation des jeunes. La spirale addictive alimente aussi la petite délinquance et la violence de rue. Sans réaction, c’est toute une société qui risque l’implosion : familles brisées, services publics paralysés, système judiciaire engorgé.

Que faire ?

Les soignants réclament des mesures d’urgence :

  • Plus de places dans les CSAPA et SSR addictologiques ;
  • Un recrutement massif de psychologues, mĂ©decins et infirmiers spĂ©cialisĂ©s ;
  • Une politique de prĂ©vention ambitieuse, notamment dans les lycĂ©es et universitĂ©s ;
  • Une lutte impitoyable contre les trafics, mais aussi une rĂ©flexion sur les causes sociales de la dĂ©pendance. « On ne vaincra pas l’addiction uniquement par la rĂ©pression. Tant que la sociĂ©tĂ© offrira le vide et le dĂ©sespoir, les jeunes iront chercher l’oubli dans les substances », conclut un addictologue du CH de Nantes.

La Bretagne, comme le reste de la France, est confrontĂ©e Ă  une crise sanitaire majeure, mais les signaux y sont plus criants encore : plus d’alcool, plus de cannabis, plus de polyconsommations chez les jeunes. Or, les moyens restent dramatiquement insuffisants. Si rien n’est fait, le coĂ»t humain et social sera colossal. Addictions, suicides, violences : autant de symptĂ´mes d’une sociĂ©tĂ© en perte de repères. Derrière chaque chiffre, il y a une vie en suspens.

Il est temps de regarder l’addiction en face, de s’interroger sur ses causes profondes (l’effondrement sociétal en est une), et de prendre les mesures…pour éviter demain, un chaos psychologique et psychiatrique qui pourrait devenir incontrôlable.

Crédit photo : DR

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