L’alcool est profondément ancré dans les rituels sociaux, des fêtes universitaires aux célébrations familiales. Mais son coût est dévastateur. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 2,6 millions de décès par an sont liés à l’alcool, ce qui représente 4,7 % de la mortalité mondiale en 2019. Parmi ces décès, 1,6 million étaient dus à des maladies chroniques, 700 000 à des blessures et ……
À l’heure des Dry January, des Sober October ou des pauses estivales sans vin rosé, de plus en plus de Français s’interrogent : un mois sans alcool a-t-il un réel effet sur notre santé ? Ou s’agit-il d’un simple placebo social, aussitôt oublié une fois le calendrier complété ? Les études scientifiques et les témoignages convergent : même une courte abstinence peut entraîner des bienfaits concrets, physiques et psychologiques. À condition de ne pas replonger aussitôt dans les mauvaises habitudes.
L’alcool, un poison légal aux effets insidieux
Selon les dernières données britanniques, plus d’un quart des adultes dépassent régulièrement les seuils recommandés de consommation d’alcool. En 2023, le Royaume-Uni a enregistré plus de 10 000 décès liés exclusivement à l’alcool, un record. En France, l’alcool reste la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac.
Cancers, diabète, insuffisance cardiaque, hypertension, anxiété, troubles du sommeil… la liste des effets délétères d’une consommation excessive est longue. Pourtant, l’alcool reste socialement valorisé, banalisé, voire présenté comme un vecteur de détente. Mais c’est une illusion chimique . L’alcool soulage temporairement l’anxiété mais aggrave à long terme la santé mentale.
Que se passe-t-il dans le corps après 30 jours sans alcool ?
Dès les premiers jours, les effets se font sentir : meilleur sommeil, énergie accrue, moins de maux de tête, humeur plus stable. Le foie se remet immédiatement au travail, le corps commence à éliminer les toxines via les reins. Après deux semaines, les bienfaits s’intensifient : perte de poids, disparition des poches sous les yeux, peau plus nette, ventre moins gonflé.
Au bout de trois semaines, la pression artérielle peut baisser significativement. Au bout d’un mois, le foie a réduit jusqu’à 15 % de sa graisse, et ses capacités de régénération sont relancées. Chez certains, les premiers signes de stéatose hépatique (foie gras) peuvent être totalement inversés.
Mais attention à ne pas transformer le mois sans alcool en joker annuel. Les gros buveurs utilisent parfois ces périodes comme caution morale pour continuer à abuser le reste de l’année. Or, 30 jours ne suffisent pas à réparer des années de dommages.
Le message est clair : une pause est bénéfique, mais le véritable enjeu est la modération durable. Réduire sa consommation sur le long terme, écouter son corps, ne plus associer systématiquement convivialité et alcool sont des démarches plus pertinentes qu’un simple calendrier à cocher.
THAÏLANDE : Le ministre de la santé publique, Somsak Thepsutin, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à vouloir reclasser le cannabis comme une drogue, indiquant une changement de la politique du pays concernant le cannabis.
S’exprimant lors d’une conférence de presse lundi, M. Somsak a précisé que cette volonté était suscitée par des inquiétudes de santé publique, et particulièrement par la nécessité de protéger les jeunes, tout en démentant les allégations de motivations politiques.
La décision de refaire du cannabis une drogue intervient trois ans après que la Thaïlande a fait les unes mondiales en décriminalisant la substance en Juin 2022, entraînant une boom économique avec plus de 20,000 dispensaires de cannabis à travers le pays. Cependant, l’absence de règles a conduit à la propagation d’une consommation récréative, suscitant les critiques des experts de la santé et des politiques. M. Somsak a cité l’augmentation des risques sanitaires chez les jeunes et la facilité d’accès du cannabis comme les raisons principales de ce changement de politique.
Une nouvelle étude troublante montre que le cannabis, souvent utilisé de manière thérapeutique, et ce de multiples manières, est lié à une augmentation d’infarctus et d’AVC.
Météo France a placé 14 départements en vigilance orange canicule, ce samedi 28 juin, et ce sera pire dimanche, puisque la chaleur devrait s’étendre plus au nord et vers le centre du pays.
Comment se protéger face aux fortes températures ? Le docteur Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des médecins de France, est l’invité de RTL.
La consommation d’alcool fait l’objet de nombreux débats: certains affirment qu’un verre de temps en temps est bénéfique, d’autres alertent sur ses dangers, même à petite dose. Alors, qu’en est-il vraiment de la consommation modérée ?
On le répétera jamais assez : boire de l’alcool, même « seulement un peu », même « uniquement en soirée », c’est dangereux pour la santé. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) l’a écrit noir sur blanc dans un rapport paru en 2023 : aucune boisson alcoolisée n’est sûre pour la santé, et aucun niveau de consommation n’est sans risque.
Toutes les boissons alcoolisées sont dangereuses pour la santé (même la bière, même le cidre !)
En 2015, d’après l’Assurance Maladie, l’alcool a été responsable de 7 % des décès en France. Parmi ces 41 080 décès, 39 % étaient liés à des cancers, 24 % à des maladies cardiovasculaires, 16,5 % à des maladies digestives et 13 % à des accidents. Mais le saviez-vous ? L’alcool a également le pouvoir de réduire notre espérance de vie. Interrogé par nos confrères du Daily Mail, le Dr. Tim Stockwell (qui est professeur au Canadian Institute for Substance Use Research, au Canada) nous donne des chiffres concrets : À partir de 2 verres d’alcool par semaine, notre espérance de vie serait déjà amputée de 5 à 6 jours. À partir de 7 verres d’alcool par semaine, notre longévité serait écourtée de 2 mois et demi. Et à partir de 35 verres par semaine (!), nous perdrions 2 ans d’espérance de vie environ.
L’espérance de vie diminue à partir de 2 verres par semaine
Quand on augmente la fréquence à laquelle on consomme des boissons alcoolisées, c’est surtout notre risque de cancer qui grimpe en flèche. Ainsi, à (…)
DÉCODAGE. À l’occasion de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, Julien Azuar, addictologue spécialiste dans les troubles liés à l’usage d’alcool et de substances, met en lumière l’impact néfaste de la consommation de drogues chez les jeunes.
Face à l’intensification du trafic de stupéfiants et à la montée de la violence qui l’accompagne, le Gouvernement a dévoilé en novembre 2024 un plan renforcé contre la criminalité organisée, consolidé début 2025.
À l’occasion de la journée internationale contre…..
La consommation régulière d’alcool et de tabac diminue sur longue période, celle de cannabis et de cocaïne progresse, mais concerne une population bien plus faible. La consommation de substances psychoactives (drogues illicites, tabac et alcool) connaît des évolutions contrastées, selon les données de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies. Elle évolue notamment en fonction des transformations des modes de vie, de l’attention portée au corps et à la santé.
Un quart des 18-75 ans fument tous les jours, 31 % régulièrement ou occasionnellement. Cette proportion a baissé dans les années 1970 et 1980, du fait de la diminution de consommation chez les hommes. Il faut dire qu’en 1974, 60 % d’entre eux étaient fumeurs. La part a augmenté chez les femmes dans les années 1980, puis est demeurée assez stable. Depuis les années 1990, les données évoluent peu. La hausse du prix du tabac a peu d’effet sur le fait de fumer ou pas. En revanche, la part de fumeurs quotidiens a diminué de 29,4 % en 2016 à 23,1 % en 2023. Cette baisse est surtout importante parmi les plus diplômés.
La consommation de drogues illicites progresse. L’usage régulier (au moins dix fois par mois) du cannabis est passé de 1,9 % des 18-64 ans en 2000 à 3,6 % en 2017, pour se stabiliser à ce niveau. Un doublement, certes, mais cette pratique ne concerne qu’une fraction très réduite de la population. Elle est plus importante chez les 18-24 ans, dont 6,6 % sont des usagers réguliers. La consommation de cocaïne connaît une progression encore plus forte, même si une infime partie de la population en consomme. Elle est plus répandue chez les hommes et les 25-34 ans. Dans les années 1990, moins de 0,5 % de la population disait en avoir consommé au moins une fois dans l’année, contre 2,7 % en 2023.
Les Français boivent de moins en moins (lire notre article). Dans les années 1990, la baisse a surtout concerné les hommes, puis les femmes dans les années 2000. La part de consommateurs quotidiens est tombée de 24 % à 7 % entre 1992 et 2023. Côté âge, c’est l’inverse du cannabis : seuls 2,3 % des 18-24 ans consomment tous les jours de l’alcool, contre 16,6 % des 65-75 ans.
Les pratiques de masse comme l’alcoolisme ou le tabagisme régulier ont tendance à diminuer, alors que l’usage des drogues illicites se développent, mais dans une très petite fraction de la population. Du côté des drogues licites, le danger du tabagisme fait l’objet de messages explicites et d’une politique de hausse des prix, mais les pouvoirs publics demeurent silencieux en matière d’alcool, pourtant responsable de plus de 49 000 décès par an, selon le ministère de la Santé, soit quatorze fois plus que les accidents de la route. Concernant le cannabis, le débat porte sur sa dangerosité notamment comparé à l’alcool. De plus en plus de voix s’élèvent pour sa légalisation, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays. D’une manière générale, les politiques publiques naviguent entre l’exigence de santé publique et le libre arbitre individuel, en fonction du degré de dangerosité estimé du produit. Les lobbys des producteurs d’alcool jouent un rôle important dans les décisions prises.