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La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

De manière récurrente, l’idée d’une légalisation de l’usage récréatif du cannabis réapparait dans le débat politique, avec comme argument que cet usage ne poserait, en pratique, pas de problème en matière de santé publique.

Or, depuis 2021[1] et 2023[2], dates auxquelles l’Académie nationale de médecine s’était déjà exprimée, les données médicales récemment publiées confirment au contraire les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation :

– Augmentation entre 12 et 22 % du nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes comme en Ontario[3], et multiplication par 3 de celui chez les enfants de 0 à 9 ans après empoisonnement par absorption de produits à base de cannabis au Canada[4] ;

– Multiplication par 2 de la proportion d’automobilistes hospitalisés après un accident de la route avec un résultat positif au dépistage du THC (Canada avant et après la légalisation[5]) ;

– Augmentation par un facteur 3 du nombre de patients psychotiques au Canada. La proportion de nouveaux cas de schizophrénie associés à un usage de cannabis est passée de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation, les jeunes hommes de 19 à 24 ans étant les plus vulnérables. Le risque de développer des troubles psychotiques a été, par ailleurs, multiplié par 11 chez les 12 à 19 ans[6];

– Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport parlementaire n°974 du 17 février 2025, la modification de la législation ne permettrait pas un accès aux traitements de substitution des usagers à risques, un tel traitement n’existant toujours pas ni pour le cannabis, ni d’ailleurs pour la cocaïne.

De même, les données de la littérature permettent de s’inscrire en faux par rapport aux autres allégations des promoteurs de la légalisation :

– Une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite

La prévalence de la consommation du cannabis a augmenté après la légalisation, aussi bien au Canada qu’aux USA. Aux USA, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États. Le nombre de consommateurs quotidiens de cannabis dépasse désormais celui de l’alcool[7].

Dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu. Le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe. Il s’est même réorganisé vers des drogues à effets sanitaires plus importants (Uruguay, USA, Canada[8]).

– Le contrôle d’un taux minimal de THC dans le cannabis n’a pas été obtenu

Comme cela a été démontré en Uruguay où le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui[9]. Comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ?

– Il est paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer

Légaliser le cannabis pour faire de l’éducation et de la prévention aux plus jeunes notamment en insistant sur ses méfaits, est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra inévitablement plus incitative sa consommation par les plus jeunes.

L’Académie nationale de Médecine,

Considérant :

– La situation actuelle de la France en matière de consommation de cannabis ;

– La démonstration du risque sanitaire de sa légalisation au vu de la littérature scientifique publiée dans les pays où elle a déjà eu lieu ;

– L’échec de cette politique en matière de consommation ;

Recommande :

– de maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis, compte tenu de tous ses effets toxiques ;

– de poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France, la première en Europe, ce qu’une légalisation ne pourrait qu’accentuer.

CONTACT PRESSE : Virginie Gustin +33 (0)6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE, 16 rue Bonaparte – 75272 Paris cedex 06

Site : http://www.academie-medecine.fr / Twitter : @Acadmed

– Communiqué bi-académique de médecine et pharmacie du 7 avril 2021 : Consultation citoyenne sur le cannabis « récréatif » : un choix politique en conflit évident avec la santé publique.

– Communiqué de l’Académie de médecine du 23 octobre 2023 : La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis serait une grave erreur sanitaire.

– Myran DT, Pugliese M, Tanuseputro P, et al. The association between recreational cannabis legalization, commercialization and cannabis-attributable emergency department visits in Ontario, Canada: an interrupted time-series analysis. Addiction 2022; 117:1952-60

– Myran DT, Tanuseputro P, Auger N, et al. Pediatric hospitalizations for unintentional cannabis poisonings and all-cause poisonings associated with edible cannabis product legalization and sales in Canada. JAMA Health Forum 2023; 4:e225041

– Brubacher JR, Chan H, Erdelyi S, et al. Cannabis legalization and detection of tetrahydrocannabinol in injured drivers. N Engl J Med 2022; 386:148-56

– Myran DT et al., Changes in incident schizophrenia diagnoses associated with cannabis use disorder after cannabis legalization. JAMA Netw Open, 2025; 8(2) : e2457868

– Caulkins JP, Changes in self-reported cannabis use in the United States from 1979 to 2022. Addiction, 2024; 119(9) : 1648-1652.

– Gonzalez-Nieto P et al., Not just fentanyl: Understanding the complexities of the unregulated opioid supply through results from a drug checking service in British Columbia, Canada. Int J Drug Policy. 2025; 138:104751.

  https://latinamericareports.com/uruguayan-pharmacies-to-offer-cannabis-with-higher-thc-levels/9971/

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Drogues : Darmanin veut généraliser la confiscation des téléphones des consommateurs

La Croix (avec AFP)

Publié le 24 avril 2025

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé jeudi 24 avril la généralisation de l’expérimentation de la confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues.

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé jeudi 24 avril la généralisation de l’expérimentation de la confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues.  Ludovic MARIN / AFP/Archives

La confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues va être généralisée, a annoncé jeudi 24 avril 2025 le ministre de la justice, Gérald Darmanin. Cette mesure avait été expérimentée par le procureur de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques.Partager

Le ministre de la justice Gérald Darmanin a annoncé jeudi 24 avril la généralisation de l’expérimentation de la confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues.

Le ministre entend ainsi généraliser une expérimentation menée par le procureur de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) visant à saisir et confisquer les téléphones portables utilisés par les usagers pour effectuer leurs transactions via des messageries cryptées.

« Aujourd’hui, la loi nous permet de saisir un téléphone portable, une voiture, une moto, un quad », de les « confisquer »« c’est-à-dire (les) vendre avant même que la personne soit condamnée », a déclaré Gérald Darmanin« L’expérimentation que met en place le procureur de Bayonne, nous allons la généraliser. »

« La saisie de manière générale, la saisie d’argent, la saisie de voitures, la saisie de téléphones, la saisie de vos objets est parfois plus dissuasive qu’une poursuite judiciaire », a-t-il ajouté.

« Ubershit », « Ubercoke »

Sur les ondes de la radio locale Ici Pays basque, le procureur de Bayonne Jérôme Bourrier a défendu « une répression plus assumée de l’usage des stupéfiants et des consommateurs ».

Il s’agit de mettre en place la « saisie et confiscation systématique des smartphones des usagers de stupéfiants dès lors qu’il est établi en procédure que ce téléphone portable a été utilisé dans la relation entre l’usager et son vendeur », a expliqué le magistrat.

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Grossesse : pourquoi les pères ne doivent pas boire d’alcool trois mois avant la conception d’un bébé

Une étude révèle que la consommation d’alcool par le père avant la conception peut affecter la santé du fœtus. Cela augmente les risques de malformations et de complications.

Une échographie de foetus (photo d’illustration)

On le martèle depuis des années : grossesse et alcool ne font pas bon ménage. Et pour cause, cela peut engendrer une malformation chez le fœtus.  Jusque-là, la prévention visait plutôt la mère. Pourtant, le père a aussi sa part de responsabilité. C’est ce que souligne Bérénice Roy-Doray, professeure en génétique à l’Université de la Réunion et directrice du Centre Ressources TSAF de la Réunion, explique 20 Minutes.  

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Certains enfants, qu’elle recevait en consultation, présentaient des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) alors que leur mère n’avait pas consommé une goutte d’alcool pendant sa grossesse. Des documents scientifiques sont venus corroborer ses analyses : si le père boit avant la conception de son enfant, cela risque bien d’impacter la santé de ce dernier. 

Les conséquences peuvent être graves, même s’il s’agit d’une consommation faible car cela altère la qualité et la quantité des spermatozoïdes. 

Risque de mort « in utero » et d’accouchement prématuré

« Si le père consomme de l’alcool avant la conception, cela va donner lieu à des anomalies d’expression de gènes, notamment ceux impliqués dans la croissance et le développement du bébé et de son cerveau », confie la spécialiste à nos confrères. Les risques de fausse couche, de mort in utero, d’accouchement prématuré et, par la suite, de développer des malformations sont donc largement augmentés. À lire aussi

Pierre Palmade assiste à son procès au palais de justice de Melun, le 20 novembre 2024.

Pierre Palmade

Les infos de 6h – Pierre Palmade : le choc des proches des victimes après sa libération sous bracelet électronique

En France, « la fréquence des TSAF est estimée à 1% des naissances, soit environ 8.000 enfants par an », indique le site Vivre avec le SAF.

Pas irréversible

Pour éviter de porter atteinte à la santé de sa progéniture, il est donc recommandé, pour le père et la mère, de ne plus boire d’alcool trois mois avant le lancement du « projet bébé »,  le renouvellement complet du stock de spermatozoïdes étant de cette durée. 

« Si les femmes devront poursuivre cette abstinence jusqu’à la naissance de l’enfant, voire l’allaitement, les hommes pourront, eux, reprendre dès la découverte de la grossesse », précise Denis Lamblin, pédiatre à la retraite et président de l’association SAF France, auprès de 20 Minutes.

Drogues, sexe, écrans ou sport : un traitement de choc contre la dépendance

Par Stéphane Demorand

lundi 21 avril 2025

Les principales addictions avec substances concernent le tabac, l’alcool, le cannabis, les psychostimulants, les opiacés (héroïne, morphine) et les amphétamines.  - Credit:Sandra Baker / Alamy Stock Photo / https://www.alamy.com / Alamy Stock Photo
Les principales addictions avec substances concernent le tabac, l’alcool, le cannabis, les psychostimulants, les opiacés (héroïne, morphine) et les amphétamines. – Credit:Sandra Baker / Alamy Stock Photo / https://www.alamy.com / Alamy Stock Photo

En lisant le livre Addictions (éditions Marabout) du Pr Amine Benyamina, une évidence s’impose à nous : nous souffrons peut-être tous d’une addiction. Son livre, riche et documenté, nous concerne tous et chacun d’entre nous serait bien avisé de se le procurer. Amine Benyamina est chef de service d’addictologie à l’hôpital Paul Brousse (94), il est aussi le président de la Fédération française d’addictologie. Le natif d’Oran (Algérie) livre ses combats contre les addictions mais aussi contre les puissants lobbys et la rigidité de l’administration.

Amine Benyamina décrit avec délicatesse le lien singulier tissé avec ses patients, mélange de distance dans l’acte psychiatrique et de cette proximité qui ouvre la discussion, voire la confession, nécessaire à la thérapie. Il évoque ses craintes sur l’évolution des drogues toujours plus nombreuses et la multiplication des drogues de synthèse dont la composition évolue très vite, ce qui conduit à une profonde modification du type d’addiction.

Il invoque le fléau de la polyconsommation chez les jeunes adultes qui combinent parfois différents produits et pratiquent la sexualité sous substances. Il s’inquiète enfin de la nouvelle tendance qui est la consommation de psychostimulants tels que la cocaïne, le crack ou encore certaines substances de synthèse, consommation qui s’associe à des troubles psychiatriques tels que la dépression, les idées suicidaires.

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Le saviez-vous ? Certains animaux sauvages consomment de l’alcool volontairement !

De nombreuses espèces animales sauvages ingèrent de l’alcool, de manière volontaire, dans leur environnement naturel. Fruits fermentés, nectar alcoolisé, sève… cette consommation n’est pas toujours accidentelle, et les effets peuvent être étonnamment proches de ceux ressentis par l’homme.


Comportement animal : ces animaux ont une organisation sociale fascinante !

Voir les 24 photos

Vous avez peut-être déja vu une vidéo d’un singe titubant après avoir vidé une noix de coco fermentée ou d’un éléphant visiblement euphorique dans un champ de fruits trop mûrs ? Si ces scènes peuvent prêter à sourire, elles révèlent un comportement animal bien réel : certains animaux consomment de l’alcool de façon délibérée. Pourquoi le font-ils ? Quels effets cela a-t-il sur leur comportement et leur santé ? Est-ce un phénomène isolé ou plus répandu qu’on ne l’imagine ? Voici ce que dit la science sur ce sujet fascinant et méconnu.

Quels animaux consomment volontairement de l’alcool dans la nature ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la consommation d’alcool chez les animaux sauvages est loin d’être exceptionnelle. Plusieurs espèces ont été observées en train de consommer des substances fermentées riches en éthanol, parfois avec insistance. Les primates, notamment les chimpanzés, les singes vervets ou encore les orangs-outans, sont les plus célèbres pour ce comportement. En Afrique de l’Ouest, des chimpanzés ont été filmés en train de boire du vin de palme recueilli dans des feuilles ou des récipients laissés par les humains. Une étude publiée dans Royal Society Open Science en 2015 confirme que ces chimpanzés semblent rechercher activement ce breuvage naturellement alcoolisé.

Les éléphants, eux aussi, ont la réputation d’aimer les fruits fermentés. Même si cette idée a longtemps été considérée comme une légende urbaine, plusieurs observations montrent qu’ils peuvent ingérer de grandes quantités de marula trop mûrs, un fruit dont la fermentation naturelle peut produire un taux d’alcool assez élevé. D’autres espèces, comme les lémuriens de Madagascar, les chauves-souris frugivores, ou encore certains oiseaux, consomment également des nectars fermentés ou des baies avariées. Le cas des chauves-souris égyptiennes, étudié dans PNAS en 2018, est particulièrement intéressant : ces dernières peuvent tolérer des taux d’éthanol très élevés, ce qui suggère une adaptation biologique à ce type d’alimentation.

Pourquoi ces animaux consomment-ils de l’alcool ?

La première hypothèse avancée par les scientifiques est d’ordre énergétique. Les fruits fermentés sont souvent plus caloriques, car la fermentation transforme les sucres simples en alcool, qui reste une source d’énergie. Pour des animaux qui doivent parcourir de longues distances pour se nourrir, cette énergie facilement disponible peut être un atout non négligeable.

Une autre explication repose sur la théorie de la coévolution entre les animaux frugivores et les plantes. Les fruits mûrs et fermentés émettent une forte odeur d’éthanol, qui peut servir de signal olfactif pour attirer les animaux et assurer la dispersion des graines. Les chercheurs Robert Dudley et Kim Hockings soutiennent dans plusieurs publications que l’attirance pour l’éthanol est un trait évolutif chez les primates, y compris l’humain, hérité d’ancêtres arboricoles se nourrissant de fruits fermentés.

Enfin, certaines observations laissent penser que les animaux peuvent consommer de l’alcool pour ses effets psychoactifs. Chez les singes vervets de l’île de Saint-Kitts, on a observé des préférences individuelles : certains boivent jusqu’à l’ivresse, d’autres avec modération, et certains pas du tout. Cela laisse penser à une recherche active de sensations, comparable à certains comportements humains.

L’alcool a-t-il les mêmes effets sur les animaux que sur les humains ?

Les effets de l’alcool sur les animaux sont très proches de ceux qu’il produit chez l’humain. Altération de la coordination, baisse de la vigilance, euphorie passagère, voire comportements désinhibés, ont été documentés dans de nombreuses études. Par exemple, les singes vervets ivres peuvent devenir bagarreurs, tomber ou avoir des difficultés à se déplacer. Des oiseaux ivres, comme certaines merles en Australie, finissent parfois par tomber des arbres.

Cependant, la tolérance varie beaucoup selon les espèces. Certaines, comme les chauves-souris, semblent peu affectées même par des taux élevés d’alcool dans le sang. D’autres, en revanche, présentent des symptômes d’ivresse plus marqués. Ainsi certains lémuriens peuvent être « bourrés » après avoir consommé des nectars fermentés riches en éthanol.

Les risques sont donc bien réels : troubles de l’orientation, augmentation de la prédation, ou même empoisonnement. Il est important de noter que l’alcool n’a aucun rôle nutritif essentiel pour ces animaux, et que ses effets secondaires peuvent, dans certains cas, compromettre leur survie.

La consommation d’alcool par les animaux est-elle un phénomène naturel ou influencé par l’humain ?

Il est parfois difficile de démêler ce qui est naturel de ce qui est anthropisé dans le comportement des animaux face à l’alcool. Dans de nombreux cas, la présence de boissons alcoolisées résulte directement de l’activité humaine : déchets, fruits abandonnés, cultures fermentées à l’air libre. Les singes vervets de Saint-Kitts, par exemple, ont développé leur penchant pour l’alcool en pillant les cocktails laissés sur les plages par les touristes. C’est donc un comportement acquis, amplifié par leur proximité avec l’homme.

Mais dans la nature, les comportements similaires sont bien attestés sans intervention humaine. Cela soutient l’idée que la recherche d’éthanol est un comportement ancestral, sans lien direct avec les sociétés humaines. La difficulté pour les chercheurs est d’observer ces comportements dans des contextes entièrement naturels, loin des activités humaines. Les pièges photographiques, les analyses de fèces ou encore les prélèvements sanguins permettent peu à peu de mieux comprendre ces dynamiques.

Il faut également mentionner que le changement climatique pourrait accentuer ce phénomène, en augmentant la fermentation naturelle des fruits dans certaines régions plus chaudes. Cela pourrait rendre la consommation d’alcool plus fréquente, avec des effets encore mal connus sur la faune sauvage.

L’Académie de médecine s’oppose (à nouveau) à la légalisation du cannabis récréatif

Quentin Haroche | 10 Avril 2025

Ce n’était évidemment pas le but recherché mais l’examen par le Parlement de la proposition de loi sur le narcotrafic, qui vise à renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants et les violences qui y sont liés, a relancé le très ancien débat sur l’opportunité de légaliser le cannabis récréatif. Le 17 février dernier, deux députés ont ainsi déposé un rapport préconisant cette légalisation et les débats ont rapidement dérivé sur ce sujet lors de l’examen de la proposition de loi sur le narcotrafic à l’Assemblée Nationale.

Une ambiance libérale qui déplait quelque peu à l’Académie de médecine. La vénérable institution s’est en effet toujours opposée à la légalisation du cannabis récréatif (et n’est pas non plus très ouverte à l’idée de légaliser le cannabis thérapeutique). Sentant venir un vent mauvais, les académiciens ont donc décidé de remettre les points sur les i en rappelant leur opposition à toute dépénalisation du cannabis thérapeutique dans un communiqué publié ce mercredi.

Le mauvais exemple des pays qui ont légalisé le cannabis récréatif

Dans son communiqué, l’Académie rappelle qu’elle avait déjà exprimé son opposition à la légalisation dans des avis de 2021 et de 2023. Or, selon elle, les données récentes publiées depuis ces précédents avis n’ont fait que confirmer « les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation ». Citant plusieurs études réalisées dans les différents pays du monde qui ont légalisé ces dernières années le cannabis récréatif (Canada, certains Etats américains et Uruguay notamment), les académiciens listent les nombreux méfaits de la légalisation.

En premier lieu, la légalisation aurait de nombreux effets néfastes en matière de santé publique. Les hospitalisations dues au cannabis auraient ainsi augmenté de 10 pourcents dans l’Ontario et les hospitalisations d’enfants pour intoxication au cannabis ont été multipliés par trois au Canada depuis la légalisation selon l’Académie. Les auteurs du communiqué pointent également du doigt une multiplication par deux des accidents de la circulation liés au cannabis, par trois des cas de schizophrénie liées au cannabis et par onze des troubles psychotiques chez les adolescents au Canada. Les académiciens en profitent pour tacler le rapport parlementaire du 17 février qui évoquait un meilleur accès au traitement de substitution du cannabis en cas de légalisation…alors que ce traitement n’existe pas. 

L’Académie de Médecine tient également à s’inscrire en faux par rapport « aux autres allégations des promoteurs de la légalisation ». Selon les académiciens, la légalisation ne conduirait pas à une baisse de la consommation et à un épuisement du marché noir, bien au contraire. « Aux Etats-Unis, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États » souligne ainsi l’Académie de Médecine, qui ajoute que « dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu » car « le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe ».

Une prise de position qui ne fait pas l’unanimité

L’Académie de médecine n’est pas non plus convaincue par l’idée que légaliser le cannabis permettrait de contrôler le taux de THC et donc de proposer un cannabis moins dangereux aux consommateurs. « En Uruguay, le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui : comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ? » souligne l’Académie.

En tout état de cause, l’Académie estime qu’il est « paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer » comme le préconise les partisans de la légalisation. Elle recommande donc de « maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis » et de « poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France ».

L’avis très tranché de l’Académie de Médecine sur la question ne fait évidemment pas l’unanimité dans le monde médical. Ce mercredi, le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD), qui regroupe notamment diverses associations médicales (Fédération addiction, SOS Addictions, Médecins du Monde…) a ainsi publié un communiqué dénonçant « l’approche exclusivement répressive de la question des drogues » en vigueur dans notre pays. Les membres du collectif appellent donc à « investir dans une approche sanitaire et sociale qui abandonne les discours stigmatisants vis-à-vis des consommateurs » et à « explorer sans délai les modèles alternatifs de régulation des stupéfiants, déjà expérimentés dans plusieurs pays ». Une prise de position totalement à l’opposé de celle de l’Académie de Médecine donc.

Cocaïne: un médicament prometteur pour réduire l’addiction?

Tom Kerkour

Dans une étude menée chez 68 patients souffrant de troubles chronique d’addiction à la cocaïne, l’effet du Mavoglurant a permis de réduire la consommation durant la phase d’observation de trois mois. Un espoir dans l’aide aux addicts?

Les cocaïnomanes pourraient, dans un avenir relativement lointain, profiter de l’aide d’une molécule pour décrocher de leur addiction. Une étude publiée le 2 avril dans la revue Science Translational Medicine, repérée par Le Figaro, se penche sur les effets prometteurs du Mavoglurant.

Les chercheurs du laboratoire ont partagé les résultats de cette étude « prometteuse », où la molécule a été testée pour la première fois chez l’Homme dans ce but, dans un essai clinique de phase 2.

28% des patients sevrés

Au total, 68 hommes originaires de Suisse, d’Espagne ou d’Argentine ayant pour point commun leur consommation de ce stupéfiant ont été suivis.

La molécule utilisée agit sur le récepteur glutamate dans notre cerveau (mGluR5), il est impliqué dans le circuit de la dépendance à la cocaïne. Deux fois par jour pendant quatorze jours, une partie des cobayes ont reçu un cachet de mavoglurant, avec un placebo pour l’autre groupe. Et les résultats sont probants.

« Il y a le système qu’on appelle le système du glutamate ou le système glutamatergique. Et cette molécule va en fait bloquer ce système, puisqu’on sait que lorsqu’on consomme des drogues il est activé », décrypte pour BFMTV.com Florence Noble, directrice de recherche au CNRS.

« Il semblerait qu’il y ait vraiment une diminution de la consommation de cocaïne sur un suivi de trois mois », précise-t-elle. Selon les données publiées durant les trois dernières semaines, 28% des patients ayant reçu le médicament étaient sevrés, contre 8% pour le groupe test ayant reçu un placebo.

Un espoir et plusieurs limites

Les résultats de cette étude sont prometteurs. Mais un certain nombre de limites demeurent. L’ensemble des participants, environ 70, sont tous caucasiens, alors que la génétique joue un rôle dans la population.

Il s’agit essentiellement d’hommes, alors que des différences marquantes pourraient avoir lieu entre les sexes. Enfin, cette étude n’a été menée que sur une durée de trois mois, une période assez courte.

« Il faudrait faire des études beaucoup plus longues puisque le gros problème de l’addiction, ce sont vraiment les problèmes de rechute », souligne Florence Noble. Elle insiste sur l’impératif du temps long pour réaliser des études scientifiques sérieuses et complètes.

« Malheureusement, aucun médicament n’a montré son efficacité en clinique, donc il n’y a aucun traitement actuellement utilisable en clinique pour traiter l’addiction à la cocaïne. Si ces études préliminaires qui semblent intéressantes peuvent être confirmées, amplifiée par d’autres études, peut-être qu’on a devant nous une stratégie thérapeutique intéressante ».

Un million de consommateurs de cocaïne : la France est-elle un pays de drogués ? –

Une prudence partagée auprès du Figaro par Christian Lüscher, neurobiologiste à l’université de Genève. Il souligne qu’il « reste encore beaucoup de travail pour comprendre les mécanismes d’action » de cette nouvelle molécule dans nos cerveaux.

Un fléau de santé publique, un million de consommateurs en France

S’il n’existe aucun traitement pour décrocher de l’addiction à la cocaïne, le besoin est bel et bien réel. La France occupe désormais le 7e rang européen en termes de consommation de cette drogue, selon la dernière étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

Sur le même sujet

Au cours de l’année écoulée, 1,1 million de Français âgés de 11 à 75 ans ont consommé de la cocaïne. Selon ce même baromètre, 14.000 personnes sont prises en charge dans des Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie. Toutes drogues confondues, on estime que 467.000 Français sont des « usagers problématiques de drogues, souvent polyconsommateurs ».

Tom Kerkour

Alcool au volant : attention à cette fausse croyance avec le café

Par Marie Lizak

Vous avez consommé de l’alcool avant de prendre le volant ? Méfiez-vous du café, qui ne fera pas baisser votre alcoolémie.

EN BREF

  •  En 2021, l’alcool était impliqué dans près de 30% des accidents mortels sur la route, multipliant par dix-huit le risque d’accident mortel.
  •  Le café et d’autres méthodes comme la douche froide n’accélèrent pas l’élimination de l’alcool et peuvent induire en erreur sur l’aptitude à conduire.
  •  Pour éviter les accidents, désigner un conducteur sobre ou utiliser des transports alternatifs est crucial après avoir consommé de l’alcool.

Les chiffres de la Sécurité routière parlent d’eux-mêmes : un conducteur en état d’ébriété a un risque de provoquer un accident mortel multiplié par dix-huit. En 2021, près de 30% des accidents mortels sur la route étaient liés à l’alcool. Ce constat accablant montre à quel point l’alcool au volant représente un danger majeur pour la sécurité de tous les usagers  de la route. Et il est alors évidemment essentiel de faire tomber les mythes liés à la consommation d’alcool et à ses prétendus remèdes.

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Même modérée, la consommation d’alcool n’est jamais sans risque

14 avril 2025 La rédaction Santé publiqueUne 0

Marine Le Pen affirme qu’une consommation raisonnable d’alcool ne pose pas de problème pour la santé. Pourtant, les données scientifiques vont à l’encontre de cette déclaration.

Alors que les débats parlementaires autour du projet de loi contre le narcotrafic approchent de leur conclusion, une vive controverse a émergé à l’Assemblée nationale. En cause : une déclaration de Marine Le Pen, députée du Rassemblement national, qui affirme que « boire raisonnablement de l’alcool n’a aucun impact sur la santé ». Une affirmation contredite par la recherche médicale et les autorités sanitaires.

Une substance à risque dès le premier verre

Contrairement aux idées reçues, la science est formelle : il n’existe pas de seuil de consommation d’alcool totalement sûr pour la santé. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié en 2021 un rapport sans équivoque. « Toute consommation d’alcool est nuisible », peut-on y lire. Les chercheurs y soulignent qu’aucun effet protecteur ne peut être revendiqué, contrairement aux discours qui ont longtemps vanté les bienfaits supposés d’un verre de vin par jour.

L’alcool est également classé comme une drogue, au sens scientifique du terme. Le docteur Bernard Basset, président de l’association Addiction France, rappelle que l’éthanol est une substance psychoactive : il modifie le fonctionnement du cerveau, peut induire une dépendance, et provoque des effets néfastes sur la santé dès les plus faibles doses.

Un facteur majeur de mortalité

Les conséquences sanitaires de l’alcool sont lourdes. Selon les données les plus récentes citées dans le rapport de l’Inserm, l’alcool est responsable de 41 000 décès chaque année en France. Cela représente environ 11 % des décès chez les hommes de plus de 15 ans, et 4 % chez les femmes du même âge. Parmi ces décès, 16 000 sont liés à des cancers (notamment ceux de l’œsophage, du foie ou du sein), et près de 10 000 à des maladies cardiovasculaires.

Les femmes, en particulier, sont exposées à des risques accrus dès une consommation très modérée. Dès un à un verre et demi par jour, le risque de développer un cancer du sein augmente de manière significative. Ces seuils sont même inférieurs aux recommandations actuelles de Santé publique France, qui conseillent de ne pas dépasser deux verres par jour, et pas tous les jours.

Un coût économique et social élevé

Au-delà des enjeux de santé publique, la consommation d’alcool représente également un lourd fardeau économique. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a évalué à 102 milliards d’euros le coût total de l’alcool pour la société française en 2019. Cette estimation inclut les dépenses médicales, les coûts de la répression, les pertes de productivité et la valeur économique des vies perdues.

Ces chiffres illustrent le paradoxe de l’alcool : bien qu’il soit légal et largement toléré, son impact global sur la santé publique et l’économie est supérieur à celui de nombreuses drogues illicites. C’est d’ailleurs cet argument qu’a avancé le député Antoine Léaument (La France insoumise) en suggérant, au cours du débat parlementaire, une légalisation encadrée du cannabis sur le modèle de l’alcool. Une comparaison rejetée catégoriquement par Marine Le Pen, qui nie que l’alcool puisse être considéré comme une drogue.

Un enjeu de santé publique

La position de Marine Le Pen s’oppose ainsi à un large consensus médical. Minimiser les risques liés à la consommation d’alcool, même modérée, va à l’encontre des messages de prévention portés par les professionnels de santé. Loin d’être anodine, cette prise de position politique contribue à entretenir des idées reçues qui nuisent à la lutte contre les addictions.

À l’heure où les politiques de santé publique tentent de réduire la consommation d’alcool à travers des campagnes de sensibilisation et des recommandations strictes, les propos tenus dans l’hémicycle soulignent l’écart persistant entre discours politiques et réalité scientifique.

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