Recherche

Le cannabis, très mauvais pour le cœur ? Deux nouvelles études le suggèrent

Deux nouvelles études américaines pointent un possible lien entre la consommation de cannabis et un risque cardiovasculaire accru, même pour des adultes en bonne santé. Des résultats à prendre avec prudence, mais qui pourraient avoir des implications cliniques importantes.Par Julie De Coucy 

Le 12 avril 2025 à 17h06

Près de 5 millions de personnes consomment du cannabis, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. LP/Jean-Nicholas Guillo
Près de 5 millions de personnes consomment du cannabis, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. LP/Jean-Nicholas Guillo

Alors que le cannabis reste la substance illicite la plus consommée en France, avec près de 5 millions d’usagers en 2023, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), deux nouvelles études américaines alertent sur ses effets possibles sur la santé cardiovasculaire.

La première étude, publiée dans JACC : Advances, s’appuie sur une vaste cohorte de plus de 4,6 millions de patients. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de personnes âgées de moins de 50 ans, sans antécédents cardiovasculaires, sur une période de plus de trois ans. Résultat : les consommateurs de cannabis présentaient un risque multiplié par six de crise cardiaque, par quatre d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, et par trois de décès d’origine cardiovasculaire.

La seconde, une méta-analyse regroupant les données de 12 travaux antérieurs et portant sur plus de 75 millions de personnes, a révélé une augmentation de 50 % du risque d’infarctus chez les usagers de cannabis.

« Des résultats à interpréter avec prudence »

Mais face à ces résultats, les auteurs restent prudents : ces recherches sont rétrospectives, ce qui signifie qu’elles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet. « Nous devons interpréter les résultats avec prudence », souligne dans un communiqué le Dr Ibrahim Kamel, auteur principal de l’étude rétrospective. Par ailleurs, plusieurs biais persistent, notamment l’absence de données précises sur la durée ou la quantité de consommation, mais aussi sur la prise simultanée d’autres substances car le cannabis est souvent consommé avec d’autres substances, comme la cocaïne, « qui ne sont pas comptabilisées. »

Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces effets : le cannabis pourrait perturber le rythme cardiaque, augmenter les besoins en oxygène du muscle cardiaque ou provoquer un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins. Une étude présente dans la méta-analyse indique que le risque d’infarctus serait maximal dans l’heure suivant la consommation.


À lire aussi Quand la cocaïne ou le cannabis peuvent rendre un infarctus fatal


Ces travaux renforcent l’idée que le cannabis ne serait pas sans danger pour le cœur, même chez les jeunes adultes en bonne santé. Pour le Dr Kamel, l’interrogatoire sur la consommation de cannabis devrait devenir aussi systématique que celui sur le tabac lors des consultations médicales.

« Les patients doivent être transparents avec leur médecin » et se rappeler qu’il est important pour eux de « connaître toute l’histoire » afin d’avoir une meilleure prise en charge.

Source

« L’escalade des drogues »

Pr. Jean Costentin

 D’aucuns, y a plus d’une quarantaine d’années, ont décidé qu’il n’y avait pas « d’escalade des drogues ». Ils ne manquaient pas de taxer ceux qui en étaient convaincus d’être des demeurés, ne connaissant ni la littérature ni « la vraie vie ».

Leurs raisons profondes (qui déjà n’échappaient pas à quelques-uns, dont je suis) ont été bientôt éclairées par leurs revendications récurrentes et bientôt intenses, de légaliser le cannabis ; revendication qu’ils étendent maintenant à toutes les drogues.

 Admettre l’escalade des drogues devrait évidement empêcher cette légalisation ; c’est pourquoi,  contre les évidences et les démonstrations qui s’accumulent, des addictologues  regroupés dans une intersyndicale gardienne de cette doxa donnent de la voix. Reconnaissons leur un certain pragmatisme, car une légalisation de toutes les drogues ferait de leur profession la toute première des spécialités médicales.

Pourtant les faits sont têtus et les arguments qui valident l’escalade des drogues sont désormais irréfragables.

Autrefois, l’escalade des drogues, se cantonnait au brelan : café, tabac, alcool. Progressivement, la variété et la valeur des cartes se sont accrues, s’y ajoutant le cannabis (et ses 1.500.000 usagers réguliers) majoré maintenant par les nouveaux cannabinoïdes ; puis les drogues stimulantes : le chlorhydrate de cocaïne et son dérivé sous forme base, le « crack » ; l’ecstasy (MDMA), les cathinones, les amphétamines ; puis les morphiniques (codéine,  tramadol, morphine, méthadone, buprénorphine) dont les puissances sont maintenant décuplés avec les fentanyloïdes, les nitazènes, l’héroïne etc… S’est amplifié le stéréotype d’une administration plus fréquente, de doses plus élevées et de produits toujours plus forts.

Les ELSA (équipes de liaison et de soins en addictologie, au nombre de 356 sur toute la France) prennent en charge les conduites addictives liées en majorité à l’alcool, au tabac et au cannabis. Sur une file active de près de 200.000 toxicomanes, « elles voient une augmentation des consommations de protoxyde d’azote ainsi que de cocaïne et constatent une augmentation remarquable du nombre de poly consommateurs. C’est ainsi que 54% de cette file active serait poly consommatrice (dixit C. Defives, adjointe à la cheffe du bureau prise en charge en santé mentale et populations vulnérables). Ces poly consommations sont évidemment l’illustration d’une escalade !

Le commun dénominateur mécanistique de toutes les drogues, réside dans l’intensification de la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens/striatum ventral ; avec pour corollaire une stimulation redoublée  des récepteurs D2 de la dopamine dans cette structure. Toutes les drogues augmentent la concentration de dopamine en face de ces récepteurs ; elles accroissent, ce faisant, la probabilité de leur stimulation.

Cette augmentation peut procéder : d’une intensification de l’activité électrique des neurones méso-accumbiques, qui libèrent cette dopamine  (à la façon du THC du cannabis, ou des agents morphiniques et opioïdes) ; ou bien d’une mobilisation de ses stocks granulaires (comme le font les agents amphétaminiques) ; ou encore d’une inhibition de la reprise/recapture de la dopamine présente dans la fente synaptique, par  inhibition de son transporteur (comme les agents cocaïniques). La stimulation intense des récepteurs D2 suscite une sensation de plaisir. Quand elle décline,  il lui fait place un déplaisir, un syndrome de manque, d’abstinence, avec le besoin tyrannique de la ressusciter.

Nombre de drogues induisent un phénomène de tolérance, qui correspond, au fil de l’usage, à un amoindrissement du plaisir recherché. Pour pallier cette atténuation le consommateur passe de l’usage / l’us à l’abus. Il accroit les doses et/ou la fréquence de ses consommations. Il s’engage dans une course-poursuite, dans laquelle le besoin caracole en tête et la consommation , même accrue, se laisse distancer. Les producteurs de drogues augmentent la teneur de leurs principes actifs ou jouent d’autres expédients. C’est l’accroissement du degré alcoolique des vins, bières et spiritueux ;  l’accroissement aussi du taux de THC dans les cannabis en circulation (multiplié d’un facteur 8 au cours du dernier demi-siècle) ; c’est l’avènement de nouveaux produits et de nouveaux modes d’administration. Pour le cannabis ce sont : les cannabinoïdes de synthèse ; «l’huile de cannabis » ; la  pipe à eau ; la cigarette électronique utilisant des recharges d’huile de cannabis ; le « dabbing » volatilisant par la chaleur des extraits très concentrés en THC. Pour le tabac c’est l’ajout de substances engendrant des molécules inhibitrice des Mono Amines Oxydases/MAO pour s’opposer à l’inactivation de la dopamine, ou encore de dérivés de la nicotine plus puissants qu’elle. Pour les opioïdes et opiacés, c’est le développement de molécules exceptionnellement puissantes (fentanyloïdes, nitazènes). Pour la cathinone, c’est la synthèse de dérivés multiples (telle la 3MMC ). Il en va de même pour les amphétamines. Toutes ces nouvelles substances, avec la pusillanimité du langage euphémisé des addictologues, sont désignées « nouvelles substances psychoactives » = N.S.P. ; que nous recommandons d’appeler « nouvelles drogues de synthèse » = N.D.S.

Quand, du fait de la tolérance, malgré l’accroissement des doses et de la fréquence d’administration, la drogue ne tient plus ses promesses, et que la transmission dopaminergique accumbique n’atteint plus le niveau lui permettant d’induire le plaisir escompté, le consommateur, sans abandonner la drogue dont les effets s’épuisent, en ajoute une autre. Elle connaitra bientôt, à son tour, ce même phénomène de tolérance, qui incitera à l’ajout d’une troisième drogue…. C’est là l’explication de ces poly toxicomanies devenues, on l’a vu, si communes.

Un autre phénomène vient s’ajouter au précédent. Il est lié chez le consommateur de cannabis aux effets épigénétiques produits par son THC ;  ces effets modifient l’expression de certains de ses gènes. Parmi d’autres conséquences s’instaure une appétence accrue de ses consommateurs pour d’autres drogues.

Des expériences effectuées chez le rat montrent que leur traitement par le THC, précédent de beaucoup (afin que le THC soit complétement éliminé) l’administration d’héroïne (dans une étude) ou de cocaïne (dans une autre) modifiait divers effets de ces deux drogues, se traduisant par un accroissement de leur appétence pour ces drogues, sous tendu par différentes modifications de l’expression de différents gènes.

Sherm et coll.  Cannabinoid exposure in rat adolescent reprograms the initial behavioral, molecular and epigenic responses to cocaine. Proc Natl Acad Sci USA 2020; 117: 9991-1002.  

 Lecca et coll. Adolescent cannabis  exposure increases heroin reinforcement in rats genetically vulnerable to addiction. Neuropharmacology, 2020 ;166:107974.

Une des recommandations que je faisais de façon insistante aux jeunes cannabinophiles qui me consultaient à la demande de leurs parents : « Tu es déjà incapable de te détacher du tabac ainsi que tu cannabis, alors que tu ne les consomme que depuis peu d’années. Surtout ne t’approche pas d’autres drogues, elles te happeraient. Le cannabis a ouvert très grand la porte par laquelle elles s’engouffreraient ».Je complétais par une métaphore, empruntée à la teinturerie.

Sur une fibre de coton un colorant se fixe mal. Son traitement préalable par l’alun de chrome, « le mordançage » permet au colorant de pénétrer en profondeur et de s’y fixer intensément et durablement.  « Au départ, tu n’étais pas ou n’étais que peu appétent pour les drogues, mais tu as forcé cette résistance avec le tabac et sa nicotine ; ce qui a facilité ton attrait pour le cannabis et son THC. Il t’a rendu beaucoup plus apte à devenir dépendant  d’autres drogues.  Si tu t’en approches et y succombera, en s’ajoutant aux méfaits du cannabis, elles te détruiront ».

Prrofesseur J Costentin

Huit verres d’alcool par semaine : quel impact sur le cerveau ?

À partir de huit verres d’alcool par semaine, les risques de lésions cérébrales augmentent. Elles peuvent engendrer des problèmes de mémoire ou des troubles cognitifs. 

Huit verres d’alcool par semaine : quel impact sur le cerveau ?


L’ESSENTIEL

  • À partir de huit verres d’alcool par semaine, le risque de lésions dans le cerveau est plus élevé.
  • Ces lésions peuvent entraîner des troubles de la mémoire et un risque d’artériosclérose hyaline, un rétrécissement des vaisseaux sanguins.
  • Le risque d’enchevêtrement de protéines Tau, associé à la maladie d’Alzheimer, est également plus important.

L’alcool nuit à la santé, et au cerveau en particulier. Dans une étude, parue dans la revue spécialisée Neurology, des scientifiques révèlent que la consommation de huit verres d’alcool, ou plus, par semaine accroît le risque de lésions cérébrales. Appelé artériolosclérose hyaline, ce type de lésions cérébrales est associé à des troubles de la mémoire et de la pensée.

Comment analyser les effets de l’alcool sur le cerveau ?

« La consommation excessive d’alcool est un problème de santé mondial majeur, associé à une augmentation des problèmes de santé et de la mortalité« , rappelle l’auteur de l’étude, Alberto Fernando Oliveira Justo, docteur en médecine à l’Université de São Paulo, au Brésil. Avec ses collègues, il a voulu observer les effets de l’alcool sur le cerveau.

Pour ce faire, ils ont analysé les cerveaux de 1.781 participants décédés. Les chercheurs ont examiné le tissu cérébral pour détecter d’éventuels signes de lésions cérébrales, notamment des enchevêtrements de protéines tau, associés à la maladie d’Alzheimer, et la présence d’artériolosclérose hyaline. Cette pathologie engendre un rétrécissement des petits vaisseaux sanguins, qui deviennent épais et rigides : cela rend la circulation sanguine plus difficile et peut créer des dommages cérébraux à long terme. En parallèle, les scientifiques brésiliens ont mesuré le poids et la taille du cerveau de chaque participant. Puis, ils ont interrogé les familles pour avoir des informations sur la consommation d’alcool. 

Des risques de lésions cérébrales plus importants pour les gros consommateurs d’alcool

Pour l’analyser, ils ont établi qu’un verre correspondait à 14 grammes d’alcool, soit environ 35 cl de bière, 15 cl de vin ou 45 ml d’alcool distillé. Les participants ont été répartis en quatre groupes : ceux ne buvant jamais d’alcool, les buveurs modérés consommant sept verres ou moins par semaine ; les gros buveurs consommant huit verres ou plus par semaine ; et les anciens gros buveurs.

Les scientifiques ont adapté leurs résultats afin de prendre en compte les facteurs ayant un impact sur la santé cérébrale, comme l’âge au moment du décès, le tabagisme ou l’activité physique.

« Les gros buveurs présentaient un risque 133 % plus élevé de lésions cérébrales vasculaires que ceux n’ayant jamais bu, 89 % plus élevé pour les anciens gros buveurs et 60 % pour les buveurs modérés », concluent-ils. Les gros buveurs et les anciens gros buveurs avaient également un risque plus élevé de développer des enchevêtrements de protéines tau. Ils ont aussi observé que les gros buveurs décédaient en moyenne 13 ans plus tôt que ceux n’ayant jamais bu.

Une corrélation entre consommation élevée d’alcool et lésions cérébrales 

« Nous avons constaté que la consommation excessive d’alcool est directement liée à des lésions cérébrales, ce qui peut avoir des effets à long terme sur la santé cérébrale, pouvant affecter la mémoire et les capacités de réflexion », résume Alberto Fernando Oliveira Justo.

Selon lui, ces recherches sont essentielles pour mieux sensibiliser le grand public à la consommation d’alcool. Le scientifique et ses co-auteurs rappellent toutefois que leurs travaux démontrent qu’une association entre la consommation excessive d’alcool et le risque de lésions cérébrales. D’autres études seront nécessaires pour comprendre si l’alcool est la cause de ces lésions.  

Légalisation du cannabis récréatif : pourquoi l’Académie de médecine réitère-t-elle son opposition ?

Légalisation du cannabis récréatif : pourquoi l’Académie de médecine réitère-t-elle son opposition ?
nito/Shutterstock.comdestinationsante.com

 0

Par destinationsante.com, publié le 10 avril 2025

Des risques d’intoxications pédiatriques


Elle cite par exemple une étude publiée en 2023 dans la revue Jama, qui a étudié les intoxications pédiatriques, de 0 à 9 ans, dues aux cannabis. Les taux d’hospitalisations d’enfants (3,5 ans en moyenne) « avaient plus que doublé dans les provinces (canadiennes) exposées », notent les auteurs.

« Cette étude transversale a révélé qu’après la légalisation du cannabis, les provinces autorisant la vente de produits comestibles au cannabis ont connu une augmentation beaucoup plus importante des hospitalisations pour intoxications pédiatriques non intentionnelles que la province interdisant ces produits », poursuivent-ils.

Des risques accrus de schizophrénie

Toujours dans la revue Jama, une étude publiée le 4 février 2025 s’est penchée sur les risques de schizophrénie liés à l’usage du cannabis. Selon les résultats, sur une cohorte de plus de 1,3 million de personnes, « la fraction de troubles liés à la consommation de cannabis associés à la schizophrénie, attribuable à la population, a augmenté de manière significative, passant de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation ».

Des risques au volant

Une autre étude, publiée dans The New England Journal of Medicine en 2022, concerne cette fois la proportion d’automobilistes après un accident de la route contrôlé positif au THC. Et selon les résultats, « après la légalisation du cannabis, la prévalence des conducteurs modérément blessés présentant un taux de THC d’au moins 2 ng par millilitre dans les centres de traumatologie participants de la Colombie-Britannique (Canada) a plus que doublé (passant de 3,8 % à 8,6 %) ». Idem pour un taux supérieur à 0 tandis que le taux supérieur à 5 ng avait lui triplé (de 1,1 % à 3,5 %).

Une hausse de la consommation

L’Académie nationale de médecine avance en outre que le nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes en Ontario a augmenté, entre 12 et 22 %, après la légalisation.

Quant au niveau de consommation, elle a augmenté selon une étude réalisée aux Etats-Unis et publiée en 2024 dans la revue Addiction. « De 1992 à 2022, le taux par habitant de déclaration d’une consommation quotidienne ou quasi quotidienne a été multiplié par 15 », notent les auteurs. « En 2022, les consommateurs de cannabis au cours du mois précédent étaient près de quatre fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne ou quasi quotidienne (42,3 % contre 10,9 % en 1992) et 7,4 fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne (28,2 % contre 3,8 %) ».

Les académiciens recommandent de maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis « compte tenu de tous ses effets toxiques » et « d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue ».

A noter : cet avis survient après la publication en février 2025 d’un rapport rédigé par les députés Antoine Léaument (La France insoumise) et Ludovic Mendes (Renaissance) qui pointe l’échec des politiques publiques contre le narcotrafic. Parmi leurs 63 recommandations, ils proposent une légalisation encadrée de la consommation récréative du cannabis dans un objectif de santé publique et de lutte contre les réseaux criminels, accompagnée de mesures de prévention spécifiques pour les mineurs et les jeunes adultes, sans publicité ni vente en ligne.

Source

La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

Télécharger le communiqué (PDF)

Académie nationale de médecine

9 Avril 2025

La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

De manière récurrente, l’idée d’une légalisation de l’usage récréatif du cannabis réapparait dans le débat politique, avec comme argument que cet usage ne poserait, en pratique, pas de problème en matière de santé publique.

Or, depuis 2021[1] et 2023[2], dates auxquelles l’Académie nationale de médecine s’était déjà exprimée, les données médicales récemment publiées confirment au contraire les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation :

– Augmentation entre 12 et 22 % du nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes comme en Ontario[3], et multiplication par 3 de celui chez les enfants de 0 à 9 ans après empoisonnement par absorption de produits à base de cannabis au Canada[4] ;

– Multiplication par 2 de la proportion d’automobilistes hospitalisés après un accident de la route avec un résultat positif au dépistage du THC (Canada avant et après la légalisation[5]) ;

– Augmentation par un facteur 3 du nombre de patients psychotiques au Canada. La proportion de nouveaux cas de schizophrénie associés à un usage de cannabis est passée de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation, les jeunes hommes de 19 à 24 ans étant les plus vulnérables. Le risque de développer des troubles psychotiques a été, par ailleurs, multiplié par 11 chez les 12 à 19 ans[6];

– Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport parlementaire n°974 du 17 février 2025, la modification de la législation ne permettrait pas un accès aux traitements de substitution des usagers à risques, un tel traitement n’existant toujours pas ni pour le cannabis, ni d’ailleurs pour la cocaïne.

De même, les données de la littérature permettent de s’inscrire en faux par rapport aux autres allégations des promoteurs de la légalisation :

– Une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite

La prévalence de la consommation du cannabis a augmenté après la légalisation, aussi bien au Canada qu’aux USA. Aux USA, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États. Le nombre de consommateurs quotidiens de cannabis dépasse désormais celui de l’alcool[7].

Dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu. Le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe. Il s’est même réorganisé vers des drogues à effets sanitaires plus importants (Uruguay, USA, Canada[8]).

– Le contrôle d’un taux minimal de THC dans le cannabis n’a pas été obtenu

Comme cela a été démontré en Uruguay où le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui[9]. Comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ?

– Il est paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer

Légaliser le cannabis pour faire de l’éducation et de la prévention aux plus jeunes notamment en insistant sur ses méfaits, est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra inévitablement plus incitative sa consommation par les plus jeunes.

L’Académie nationale de Médecine,

Considérant :

– La situation actuelle de la France en matière de consommation de cannabis ;

– La démonstration du risque sanitaire de sa légalisation au vu de la littérature scientifique publiée dans les pays où elle a déjà eu lieu ;

– L’échec de cette politique en matière de consommation ;

Recommande :

– de poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France, la première en Europe, ce qu’une légalisation ne pourrait qu’accentuer.

CONTACT PRESSE : Virginie Gustin +33 (0)6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr

Source

Cannabis et cannabinoïdes : ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut faire

Publié le 8 avril 2025

Le réseau de prévention des addictions (RESPAAD) annonce la publication du « Vadémécum Cannabis et cannabinoïdes – Ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut faire » à destination des professionnels de la relation d’aide et du secteur médico-social.

Rédigé dans le cadre du projet Cannabinoscope, financé par l’Institut national du Cancer (INCa) et l’Institut pour la Recherche en Santé Publique (IReSP) et coordonné conjointement avec la Faculté de pharmacie de Paris-Saclay et le laboratoire de recherche SESSTIM de l’université Aix-Marseille, cet ouvrage « Vadémécum cannabis et cannabinoïdes » a bénéficié du soutien d’un groupe de travail constitué d’experts.

Structuré autour de plusieurs chapitres regroupant des informations épidémiologiques, historiques, biologiques, médicales ou encore pharmacologiques, cet ouvrage, aussi riche qu’unique, s’adresse aux professionnels de santé et de la relation d’aide, aux professionnels du secteur médico-social et à toute personne intéressée par le sujet. Le guide est dès à présent disponible à la commande depuis votre espace adhérent ou, sur demande, à l’adresse commande@respadd.org

La direction des douanes de Marseille a dressé le bilan de l’année 2024, …..

……notamment en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants, tabacs, contrefaçons et protection d’espèces animales protégées, qui constituent les priorités de ses actions dans la deuxième ville de France

Les douaniers de Marseille ont dévoilé ce vendredi 4 avril les résultats des opérations menées en 2024 en termes de lutte contre les trafics illicites et la criminalité organisée. Produits stupéfiants, tabacs de contrebande, produits de contrefaçon, trafic d’espèces animales protégées, France 3 Provence-Alpes vous détaille les chiffres clés à retenir de ce bilan. 

Plus de 9 tonnes de stupéfiants saisis

En 2024, 3 132 infractions liées aux trafics stupéfiants, tabac, et armes ont été relevées par la douane de Marseille.
En 2024, 3 132 infractions liées aux trafics stupéfiants, tabac, et armes ont été relevées par la douane de Marseille. • © Douane Française

En 2024, la douane de Marseille a saisi 137 kg de cocaïne, soit une progression de 39 % par rapport à 2023, 274 kg de cannabis et 8,9 tonnes de produits précurseurs, entrant dans la composition de drogues de synthèse produites sur le territoire européen.

La valeur marchande de ces 9,3 tonnes de produits stupéfiants divers saisis représente plus de 6 millions d’euros. La douane rapporte notamment la saisie effectuée fin août, début septembre, grâce à un travail du centre de ciblage conteneurs, qui ont permis de découvrir près de 100 kg de cocaïne, dans le compartiment moteur de conteneurs réfrigérés transportant des bananes.

Quelques mois plus tôt, en avril, le contrôle d’un navire de croisière a permis de découvrir 23 kg de cocaïne dans le faux plafond d’une cabine. La drogue était destinée au Danemark.

Près de 11 tonnes de tabacs de contrebande saisis

La douane de Marseille est particulièrement engagée contre le trafic de tabac, très florissant dans le sud de la France.  Ce sont 10,8 tonnes de tabacs qui ont ainsi été saisis en 2024, soit une hausse de 58 % par rapport à l’année précédente.

Près de 1 500 infractions ont été relevées, pointe la douane dans son communiqué. « Les saisies sont essentiellement liées à des importations frauduleuses par des passagers sur le port et l’aéroport et au contrôle d’établissements de revente illicite dans l’agglomération (alimentations, bars à chicha, etc.) », précise-t-elle.  Au total, 146 établissements de ce type ont été contrôlés et 49 fermetures administratives ont été sollicitées auprès de la préfecture suite à des contrôles positifs.

Le 15 novembre dernier, 6252 cartouches de cigarettes de contrebande ont été saisies sur le port, dissimulées sous des paquets de pâtes alimentaires, des chips et des galettes, en provenance de Turquie. 

248 740 articles de contrefaçons rétirés du marché

La direction de Marseille a saisi plus de 248 700 articles de contrefaçon en 2024.
La direction de Marseille a saisi plus de 248 700 articles de contrefaçon en 2024. • © Douane Française

En lien avec le plan national 2024-2026, la direction de Marseille a saisi 248 740 articles de contrefaçon, qui ont été retirés du marché, au travers de 412 affaires. Cela représente une hausse de 25 % par rapport à 2023.

Ces saisies concernent principalement des produits textiles, chaussures, parfums de luxe contrefaits, mais également des articles pouvant constituer un danger pour les consommateurs comme des pièces automobiles dont 38 000 exemplaires ont été saisis sur l’année.

Source

Le cannabis, une drogue douce mais pas pour le cœur !

Dr Yohann Bohbot | 01 Avril 2025

La consommation de cannabis augmente partout dans le monde, portée par une légalisation de plus en plus répandue et une acceptation sociale grandissante. Souvent perçu comme une substance récréative ou ayant des bienfaits thérapeutiques, ses effets sur le cœur restent encore mal connus. Une étude récente, présentée au congrès de l’American College of Cardiology 2025 et publiée dans JACC: Advances, apporte un nouvel éclairage en montrant un lien clair entre l’usage du cannabis et un risque accru d’infarctus du myocarde, en particulier chez les jeunes adultes en bonne santé (1).

Une étude rétrospective à partir des données du TriNeTx

Cette étude a analysé les données de plus de 4,6 millions de sujets de moins de 50 ans disponibles sur un réseau mondial de données de recherche en santé, afin de comparer les consommateurs de cannabis à des non-utilisateurs, tous exempts de comorbidités significatives à l’inclusion. Grâce à une méthodologie d’appariement par score de propension, les auteurs ont limité les biais potentiels liés aux facteurs de risque cardiovasculaires classiques tels que l’hypertension, le diabète ou le tabagisme. 

Les résultats sont sans appel : les consommateurs de cannabis présentent un risque d’infarctus du myocarde multiplié par six par rapport aux non-utilisateurs. De plus, la consommation de cannabis est associée à des taux plus élevés d’événements cardiovasculaires majeurs, d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques et d’insuffisance cardiaque, avec une mortalité globale également accrue (risque relatif multiplié par 7 !).

Un lien fort entre cannabis et maladies cardiovasculaires

L’étude suggère ainsi un lien fort entre consommation de cannabis et atteintes cardiovasculaires. Elle rejoint d’autres travaux (2, 3) qui ont montré que le cannabis peut entrainer un stress oxydatif, favoriser l’inflammation vasculaire et la dysfonction endothéliale, autant de mécanismes pouvant précipiter un événement coronarien aigu. 

La principale limite de l’étude réside dans le manque de précisions sur la quantité consommée, la fréquence et le mode de consommation du cannabis. De plus, les données étant issues de dossiers médicaux électroniques, il existe un risque d’erreurs de classification entre consommateurs et non-consommateurs, ce qui pourrait influencer les résultats.

Avec la légalisation qui progresse dans de nombreux pays, il devient essentiel d’informer les consommateurs sur les dangers notamment au niveau cardiovasculaire. Des études supplémentaires seront indispensables pour mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués et évaluer l’impact des différentes formes de cannabis, qu’il soit naturel ou synthétique.

En attendant, cette étude rappelle une réalité : même une substance d’origine naturelle peut avoir des effets graves sur la santé, et sa consommation ne devrait pas être banalisée !

Source

Des gendarmes déguisés en « tenues en bois » interpellent un homme qui cultivait du cannabis dans une forêt

Matthieu Heyman

Un officier de police, en janvier 2025 (image d'illustration).
Un officier de police, en janvier 2025 (image d’illustration). – BFM DICI

Un homme a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir cultivé du cannabis au milieu de la forêt domaniale de Vierzon. Pour l’interpeller, les gendarmes se sont déguisés et se sont « cachés dans les buissons ».

C’est une mission d’infiltration rarement menée par les forces de l’ordre. Des gendarmes se sont déguisés pour interpeller un homme qui cultivait du cannabis au milieu de la forêt domaniale de Vierzon sur la commune de Saint-Laurent dans le Cher.

Pour cela, le quadragénaire a été condamné ce mercredi 26 mars à un an de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende. Le fruit d’une enquête de plusieurs mois, débutée à l’été 2023.

Des agents de l’Office national des forêts mènent alors des contrôles dans la forêt lorsqu’il découvre « une plantation clandestine », comme l’explique Alexis Hachette, responsable de l’unité territoriale de Vierzon, à France 3. « Il avait coupé une vingtaine de chênes pour que ses pieds de cannabis profitent mieux du soleil », se souvient-il, déplorant que l’individu « a détruit 30 ans d’investissement ».

« Et un jour, il est arrivé »

L’ONF alerte alors la gendarmerie. Ces derniers installent alors des pièges photographiques. Mais les premiers éléments ne permettent pas d’identifier immédiatement le suspect. Ce n’est qu’au printemps dernier que l’enquête reprend.

« C’est à cette période que les plants commencent à pousser, donc on a rouvert le dossier et remis des pièges photo », raconte un enquêteur.

Les gendarmes réussissent alors à l’identifier et pour l’interpeller, ils décident de le surprendre sur le vif.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑