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Comment se sortir de l’alcool ?

Une hausse record de consommation de cocaïne en France

La consommation de cocaïne en France atteint des sommets sans précédent. Selon le rapport annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) pour 2025, près de 9,4 % des adultes entre 18 et 64 ans ont déjà expérimenté la cocaïne, marquant une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Parmi eux, 2,7 % en ont consommé au cours de l’année écoulée, un chiffre alarmant qui place la France parmi les pays européens les plus touchés par ce phénomène.

En 2023, près de 1,1 million de Français ont déclaré avoir consommé de la cocaïne, soit près du double par rapport à 2017. Cette hausse souligne la gravité de l’évolution des comportements addictifs dans l’Hexagone.

La hausse de l’usage régulier de cette drogue stimule un débat crucial sur ses causes et ses conséquences. Quels sont les moteurs de cette tendance, et comment la société française peut-elle y répondre efficacement ?

Le profil des consommateurs de cocaïne en France

Autrefois associée à un usage élitiste, la cocaïne est aujourd’hui devenue une drogue à portée de publics variés. Le rapport de l’OFDT révèle que l’âge moyen des consommateurs tend à baisser, touchant notamment les jeunes adultes. 1,4 % des adolescents de 17 ans rapportent avoir déjà essayé la cocaïne, un taux qui pourrait paraître faible mais qui indique une préoccupante progression parmi cette tranche d’âge vulnérable.

De plus, les différences de genre s’amenuisent : bien que les hommes soient encore majoritaires parmi les consommateurs (13,4 % contre 5,5 % pour les femmes), la progression de la consommation féminine suggère une évolution socioculturelle dans l’usage des drogues.

Les tortures infligées au mot « drogue »

Pr. Jean Costentin

        Sous le prétexte que tabac et alcool sont licites certains oublient qu’il s’agit de drogues. Ne voit-on pas fleurir des expressions comme « le tabac et l’alcool ainsi que les drogues », comme si le tabac et l’alcool n’en étaient pas. Comme s’ils n’étaient pas convoqués pour intensifier la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens et stimuler ce faisant les récepteurs dopaminergiques D2 de ce noyau pour susciter une sensation de plaisir ; ce qui est le mécanisme d’action neurobiologique commun à toutes les drogues.

Le tabac et l’alcool sont des drogues, de vraies drogues, et souvent des drogues très délétères (75.000 décès annuels pour ce premier et 42.000 pour ce second) même s’il existe pour l’alcool des usages raisonnables peu nocifs.

Alors que sont sortis si facilement du champ des drogues ces deux toxiques, on y fait entrer sans nuance des substances qui y sont étrangères/ allogènes. Ainsi entend-on souvent parler de « drogues de soumission chimique » ou de « drogues du violeur » pour des substances aussi différentes que le GHB / gamma-OH ; le ZyrtecÒ / cétirizine ; le DonormylÒ / doxylamine ; des benzodiazépines anxiolytiques et / ou hypnotiques et / ou antiépileptiques, comme le RivotrilÒ / clonazépam ; des hypnotiques tels l’Imovane Ò / zopiclone, le StilnoxÒ / zolpidem ; des antidépresseurs inhibiteurs de la recapture spécifiques de la sérotonine (IRSS) :  le ProzacÒ, le FloxyfralÒ  / fluoxétine,  le DeroxatÒ, DivariusÒ, Paxil / paroxétine ; le ZoloftÒ / sertraline ; les SeropramÒ, CelexaÒ / citalopram ; les SeroplexÒ, CipralexÒ / escitalopram ; le PriligyÒ  / dapoxétine…

A côté de ces psychotropes, certaines drogues sont utilisées pour ces soumissions : l’ecstasy / MDMA et des dérivés ; d’autres amphétamines dont la méthamphétamine ; la cocaïne. Elles sont le plus souvent introduites subrepticement dans une boisson ou font l’objet d’une consommation consciente,  mais dont les conséquences en matière de soumission peuvent être ignorées du consommateur : ainsi l’alcool, le cannabis, la cocaïne, l’ecstasy, les cathinones dont la 3MMC, les opiacés (morphine, codéine) et des opioïdes (tramadol, méthadone…) ou encore le protoxyde d’azote par inhalation… Des agents psychodysleptiques comme le LSD (diéthylamide de l’acide lysergique) ou la kétamine sont également incriminés.

Si certaines des substances qu’on vient d’énumérer sont effectivement des drogues pour ceux qui s’y adonnent avec régularité, ce n’est pas le cas dans la soumission chimique où elles sont administrées à l’insu du plein gré du consommateur qui en est la victime. En effet, selon le code pénal (article 222-15 modifié par la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007), la soumission chimique fait partie des infractions définies comme « l’administration volontaire de substance nuisible portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’autrui ».

L’expression « drogue du violeur » devrait être bannie et remplacée par celle d’agent de soumission chimique, quand bien même cette substance serait par ailleurs une drogue. D’abord elle n’est pas celle du violeur mais celle utilisée par le violeur, ou par celui qui assiste au viol de la victime sans le pratiquer lui-même (cf. l’épouvantable drame de Mazan, infligé à madame Pélicot). De plus toute soumission chimique ne se traduit pas inéluctablement par un viol. La soumission chimique n’implique pas que les agressions sexuelles, elle concerne également des vols avec ruse, l’extorsion de signature, la compétition quelle que soit sa nature (sport, entreprise) ou encore les situations où la sédation facilite le travail (garde d’enfants, en maison de retraite).

Enfin, sous le prétexte que le mot drogue peut faire peur, d’aucuns s’appliquent à l’émasculer. Ils parlent de « substance d’abus », mauvaise traduction du terme anglais « drug of abuse », qu’il faudrait traduire par « substance donnant lieu à une consommation abusive », et sûrement pas par « drogue d’abus », ce qui serait un pléonasme, puisque le terme drogue inclut consubstantiellement la notion de consommation abusive.

Dans cette tectonique du mot drogue apparaît l’expression « substance » (tout court), ce qui ne veut rien dire, puisqu’il y a des millions de substances dont, parmi elles, quelques centaines au plus sont des drogues.

Autre terme anglais pour désigner les drogues au sens français de ce terme celui de « addictive drug ». Il devrait être traduit « substance addictive », ou « substance aux effets addictifs », ou « substance engendrant une addiction ». Si le terme drogue fait peur, en cette période où tant d’humains s’y adonnent, il n’y a aucun intérêt à en amoindrir le caractère dissuasif, à moins que l’on veuille, comme certains addictologues à contre-emploi, accroître le nombre de leurs victimes

Pr. Jean Costentin

Un grande diversité de profils et de parcours pour les usagers de cannabis

Publié le 5 décembre 2024

L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie les résultats de l’enquête sociologique « Nouveaux visages des usagers réguliers de cannabis » (Novurc) qui explore les trajectoires et les habitudes de consommation de cannabis chez des adultes usagers réguliers de cannabis à l’âge adulte. Ceux-ci représentent, selon l’OFDT*, environ 3% des 18-64 ans. Ce travail met en lumière la grande diversité des profils et des parcours de ces usagers.

Les adultes qui consomment régulièrement du cannabis ne forment pas un groupe homogène : appartenant à des milieux sociaux très divers, leurs situations diffèrent fortement en termes de parcours et de styles de vie, de pratiques et de modes de consommation, mais aussi d’état de santé, notamment de santé mentale. Ainsi, parmi les personnes interrogées, un grand nombre rapportent des problèmes de santé mentale, chroniques ou épisodiques. Nombre d’entre elles racontent avoir recours au cannabis pour soulager des symptômes tels que l’anxiété ou le stress ou pour éviter des traitements médicamenteux.

Le milieu social est associé à des différences significatives dans les parcours de consommation : les personnes issues de milieux populaires, dès lors qu’elles sont confrontées à des problèmes de santé mentale ou à des conditions de travail difficiles, ont tendance à rapporter des consommations de cannabis plus élevées et plus durables.

Au-delà de la diversité des profils, l’étude identifie différents parcours d’usage parmi les consommateurs réguliers de cannabis, en fonction des quantités consommées, du rôle assigné au cannabis dans la vie quotidienne et de la relation avec d’autres produits. En croisant tous ces éléments, trois parcours typiques se dégagent :
– le premier se singularise par une consommation modérée de cannabis et « maîtrisée » dans le temps, souvent intégrée à des routines de fin de journée ;
– le deuxième est caractérisé par une consommation importante et prolongée de cannabis, parfois accompagnée d’une
consommation régulière d’alcool ;
– enfin, un troisième parcours-type regroupe des trajectoires marquées par l’usage de multiples substances, où le cannabis, après une période d’usage problématique d’autres produits (comme l’alcool ou d’autres drogues illicites), devient un recours pour s’en distancier.

L’analyse des trajectoires de consommation révèle une tendance à la stabilisation de toutes les consommations, ainsi que l'adoption progressive de pratiques de réduction des risques liées à la consommation de cannabis. Cependant, malgré le fait que les femmes ont souvent les consommations les plus modérées, ce sont elles qui pourraient aussi avoir la plus grande résistance aux changements de comportement.

Les résultats de cette enquête menée par entretiens entre 2022 et 2024, ouvrent des pistes de réflexion pour affiner les approches de réduction des risques et répondre aux besoins des usagers réguliers, en tenant compte de leurs profils variés et de leurs trajectoires spécifiques.

Drogues en France : une nouvelle étude révèle une augmentation de la consommation de cannabis et de cocaïne

En France, la consommation de drogues s’étend et se diversifie, touchant toutes les générations et classes sociales. L’enquête de L’Express révèle des tendances surprenantes.

La consommation de drogues en France ne cesse de croître, révélant des disparités marquées selon les substances, les zones géographiques et les populations concernées. L’enquête approfondie de L’Express dévoile trois aspects clés : les tendances d’usage, la cartographie des départements les plus touchés et les répercussions économiques d’un marché clandestin florissant.

La France confrontée à une consommation galopante

En France, la consommation de drogues atteint des sommets. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la cocaïne, longtemps perçue comme une drogue d’élite, s’est démocratisée. En 2023, près de 10 % des adultes français déclarent y avoir goûté, selon l’OFDT. Une progression fulgurante qui s’explique par une pureté renforcée et des prix accessibles, stables autour de 65 euros le gramme. Les grandes villes, notamment Paris et Marseille, deviennent les épicentres d’un usage festif qui ne connaît plus de barrières sociales.

Le cannabis, leader incontesté des drogues illicites, reste omniprésent. Avec plus de la moitié des Français adultes ayant expérimenté cette substance, sa banalisation semble actée. Mais un basculement s’opère : les jeunes consomment moins, tandis que les plus de 40 ans, souvent usagers occasionnels dans leur jeunesse, y reviennent. Quant aux nouvelles drogues comme la MDMA, elles séduisent une jeunesse avide de sensations fortes à moindre coût, marquant une diversification alarmante des usages.

Ce panorama montre que la drogue n’est plus l’apanage d’une seule classe ou génération. Hommes et femmes, riches et précaires, jeunes et seniors : aucun segment de la population n’est épargné. Alors que les hommes restent majoritaires parmi les usagers, la consommation féminine, notamment de cocaïne, affiche une hausse préoccupante. Ce phénomène illustre un relâchement des tabous culturels et une banalisation qui s’enracine profondément.

Marseille et la Seine-Saint-Denis : territoires sous emprise

La carte de la drogue en France révèle des disparités frappantes. Certaines zones, comme les Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis, sont devenues de véritables poudrières. À Marseille, le narcotrafic gangrène des quartiers entiers. Les règlements de comptes y sont monnaie courante, plongeant des familles dans une violence qui dépasse l’imaginable. En Seine-Saint-Denis, la densité urbaine et la précarité offrent un terreau fertile pour les réseaux, transformant le département en un point névralgique du trafic.

Pourquoi ces territoires ? La réponse tient à des facteurs structurels. À Marseille, la proximité des ports méditerranéens en fait une plaque tournante idéale pour les cargaisons venues d’Amérique latine et d’Afrique du Nord. En Seine-Saint-Denis, la jeunesse, frappée par un chômage endémique, alimente un vivier de petites mains pour les trafiquants. Ces zones ne sont pas seulement des centres de consommation : elles sont le cœur battant d’un marché illégal qui nourrit violence et corruption.

3,5 milliards d’euros : le poids économique de la drogue

Derrière chaque gramme vendu se cache une machine économique tentaculaire. Le marché de la drogue en France génère environ 3,5 milliards d’euros par an, selon une enquête de Public Sénat. Le cannabis, à lui seul, représente l’essentiel de ce chiffre, avec des prix attractifs : 10 euros pour un gramme d’herbe, 8 euros pour de la résine. La cocaïne, malgré son coût plus élevé, continue de conquérir les villes et les campagnes.

Mais ces milliards ne s’arrêtent pas aux poches des trafiquants. Une grande partie de cet argent est blanchiesouvent via l’immobilier, un secteur où les sommes colossales échappent aux radars fiscaux. Parallèlement, le narcotrafic alimente un cercle vicieux : guerres de territoire, règlements de comptes et criminalité violente. À Marseille, 47 fusillades ont été recensées en 2023, laissant derrière elles des familles brisées et un climat de terreur.

Le coût pour la société est tout aussi vertigineux. Les hôpitaux débordent de patients victimes de surdoses ou de pathologies liées à des usages prolongés. Les forces de l’ordre, débordées par l’ampleur des réseaux, peinent à enrayer la spirale infernale. À cela s’ajoutent des fractures sociales profondes, exacerbées par un sentiment d’impunité dans certains quartiers.

Une bombe à retardement sociétale

Les chiffres sont alarmants, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’enquête de L’Express met en lumière une réalité crue : la France est confrontée à une crise multidimensionnelle, où se mêlent consommation galopante, territoires abandonnés et violences endémiques

Source

La drogue en France : la réponse de ChatGPT

ChatGPT

ChatGPT est une intelligence artificielle capable de générer du contenu écrit. Développé par OpenAI, ce « chatbot » est ce que l’on appelle une IA générative. Il peut répondre à des questions, écrire des livres, organiser des notes, planifier des vacances, développer des lignes de codes… Il suffit de lui envoyer un « prompt » (une question) et ChatGPT s’exécute, avec la possibilité d’adapter sa personnalité.

La question de l’importance de la drogue en France est complexe et multidimensionnelle, touchant des aspects sociaux, économiques, de santé publique et de sécurité. Voici une analyse des principaux enjeux autour de la drogue en France :

1. Impact sur la santé publique

La consommation de drogues (légales et illégales) a des conséquences directes et indirectes sur la santé des individus. Les drogues illégales, comme la cocaïne, le cannabis, l’héroïne ou les drogues de synthèse, sont responsables de nombreux problèmes de santé, notamment des troubles psychiatriques, des dépendances, des overdoses et des maladies infectieuses (hépatite C, VIH).

La consommation de drogues légales, comme l’alcool et le tabac, est également très préoccupante en France, où ces substances sont responsables de milliers de morts chaque année.

L’État met en place des politiques de prévention, de réduction des risques (mises à disposition de seringues stériles, centres d’écoute et de soins pour les toxicomanes) et de traitement des addictions (médicaments de substitution, suivi psychologique).

2. Problèmes sociaux et criminels

Le marché des drogues illégales engendre un marché parallèle souvent contrôlé par des réseaux criminels. Les trafics de drogue sont source de violences, de conflits entre bandes rivales, et alimentent l’insécurité dans certains quartiers. Les forces de l’ordre et la justice sont confrontées à ce phénomène, ce qui nécessite des moyens considérables en matière de lutte contre le trafic de drogue.

Les usagers de drogues, souvent marginalisés, peuvent se retrouver dans des situations de précarité sociale, ce qui aggrave les inégalités. Les discriminations, notamment dans les quartiers populaires, et la stigmatisation des consommateurs rendent difficile leur accès à des soins et à un soutien adéquat.

3. Consommation et législation

La consommation de drogues en France est relativement répandue. Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée, bien que sa légalité soit débattue (des discussions sur une possible légalisation ont lieu régulièrement). Les jeunes sont particulièrement exposés à la consommation de drogues, ce qui pousse les autorités à mettre en place des campagnes de prévention dans les écoles et à essayer d’endiguer les réseaux de distribution.

Le Code pénal français prévoit des sanctions pour l’usage, le trafic et la détention de drogues. Toutefois, certaines voix militent pour une dépénalisation de la consommation personnelle de drogues, notamment pour le cannabis, estimant que la politique actuelle ne permet pas de réduire efficacement les risques associés à la drogue tout en alourdissant le fardeau du système judiciaire.

4. L’aspect économique

La drogue, notamment par le biais du marché noir, représente un secteur économique important, bien que souvent invisible et non mesurable de manière précise. L’argent circulant dans ce secteur alimentant les trafics peut avoir un impact sur l’économie de certains quartiers, mais la situation est paradoxale : d’un côté, il y a des profits pour les trafiquants et de l’autre, un coût pour la société sous forme de dépenses publiques pour la prévention, le traitement et la répression du trafic.

5. Législation et débat public

Le débat sur la politique de la drogue en France est actif, en particulier concernant la légalisation ou la dépénalisation de certaines drogues, comme le cannabis. Si certains plaident pour un assouplissement des lois pour des raisons économiques ou de régulation des marchés, d’autres estiment que cela aggraverait les problèmes de santé publique et les risques associés à la consommation.

Conclusion

La question de la drogue en France touche à des dimensions variées, allant de la santé publique à la sécurité, en passant par les enjeux sociaux et économiques. Bien que des politiques publiques de prévention et de traitement existent, elles se confrontent à des défis importants, notamment en matière de lutte contre le trafic, de stigmatisation des usagers et de gestion des addictions. La question de la légalisation du cannabis, par exemple, fait toujours l’objet de vifs débats dans l’opinion publique et chez les décideurs politiques.

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La Lettre du CNPERT n°93 (Novembre 2024)

 Lettre N°93   
Président : Pr. Jean-Pierre Goullé   
Éditeur en chef : Pr. Jean-Paul Tillement   Novembre 2024­­

La Lettre du CNPERT
­­Comité National de Prévention, d‘Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies

S’il faut être attentif à l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il est majeur de nous préoccuper de l’état des enfants que nous lui léguerons.


ÉDITORIAL
L’éditorial du Président du CNPERT, Jean-Pierre Goullé

Un narco-état en Europe ?La situation des drogues en Europe est extrêmement préoccupante, aussi, l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) tire la sonnette d’alarme.
Pour répondre à cette menace majeure, depuis le 2 juillet dernier, l’OEDT devient l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA). Ses compétences sont élargies et ses moyens sont renforcés pour mieux analyser et faire face à un phénomène de plus en plus complexe et en très rapide évolution.

La naissance de l’EUDA constitue une étape capitale pour traiter les défis actuels et futurs. Son objectif est d’accroître son aide aux décideurs politiques et aux professionnels en charge des drogues. Ses attributions sont élargies dans trois domaines:- l’observation et la surveillance de toutes les drogues,- la préparation de l’UE face aux nouvelles menaces,- le développement de ses compétences pour assurer des réponses adaptées.
Dans son rapport 2024, publié le 11 juin dernier, l’EUDA résume la situation de la drogue en Europe fin 2023, par trois mots-clés : partout, tout, tout le monde.Partout : à l’échelle internationale les problèmes de drogue se multiplient partout en Europe, avec la montée de la violence et de la corruption qui sont liées à ce marché. On constate une demande croissante des usagers pour des produits qui sont de plus en plus puissants et de plus en plus purs, comme le montrent les saisies. Cette situation est corrélée avec la forte progression des problèmes sanitaires.

LES DROGUES ILLICITES EN EUROPE EN 2024
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Dans son rapport 2024 publié le 11 juin dernier, l’Agence de l’Union Européenne sur les drogues confirme qu’avec 956 nouvelles drogues surveillées au 31 décembre 2023, le marché européen est en plein développement et est extrêmement actif. En plus de ces nouvelles drogues, les sites de production de cocaïne en Europe montrent la forte capacité d’adaptation et d’innovation des réseaux criminels. Ainsi, le démantèlement de laboratoires de transformation de cette drogue à grande échelle en Belgique, en Espagne ou aux Pays-Bas, éclaire sur la nouvelle organisation de ces réseaux criminels des deux côtés de l’Atlantique. Lire l’article­

LES CONSÉQUENCES MATERNELLES DU CANNABIS PRÉ-GESTATIONNEL­
L’étude rétrospective d’une vaste cohorte (entre les années 2011 et 2019) en Californie (où, du fait de sa légalisation en 2016, le cannabis est largement consommé, y compris par les femmes enceintes) a étudié́ l’association entre la consommation de cannabis par la mère en période prénatale et les suites obstétricales maternelles. Les consommations déclarées étaient quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles ou nulles. Des tests urinaires ont été réalisés pour mettre en évidence une consommation non avouée.­

LES ROUTES ALLEMANDES PLUS DANGEREUSES
« GRÂCE » À LA LÉGALISATION DU CANNABIS RÉCRÉATIF
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Depuis le jeudi 22 août 2024, l’Allemagne a modifié les règles concernant le cannabis au volant sur les routes allemandes, afin de s’adapter à la nouvelle légalisation du cannabis dit « récréatif », en vigueur dans le pays depuis le 1er avril 2024. Dorénavant, pour pouvoir conduire leur véhicule, les consommateurs allemands ne doivent pas dépasser 3,5 ng de tétrahydrocannabinol (THC, principal principe actif du cannabis) par millilitre de sang (3,5 ng/mL). Ce seuil était, auparavant, de 1 ng/mL. Cette décision est une erreur scientifique. En effet, dans l’étude Vigicann que nous avons menée, il y a déjà quelques années, chez des consommateurs occasionnels (1 à 2 joints par semaine) et des consommateurs chroniques (1 à 2 joints par jour), nous avions montré qu’il n’existe pas de relation entre la concentration sanguine de THC et les effets observés sur la route .Lire l’article­

UN BILAN PONCTUEL DE L’ALCOOLISME EN FRANCE­L’alcool tue, l’alcoolisme, l’abus d’alcool, est une toxicomanie mondiale majeure, caractérisée par le nombre élevé de personnes atteintes et la gravité de sa toxicité. Après le tabagisme, c’est la deuxième grande maladie addictive qui résiste aux efforts déployés pour la combattre.

Pourtant, elle fait partie des maladies évitables. L’alcoolisme tue directement (coma éthylique) et indirectement par les maladies qu’il provoque ou aggrave irréversiblement. Les chiffres sont éloquents : les derniers rapports de l’OMS lui imputent 2,6 millions de décès dans le monde dont 2 millions d’hommes et 600.000 femmes. Lire l’article­

DÉPENDANCE À LA NICOTINE : LES PRODUCTEURS DE TABAC À L’ŒUVRE


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L’industrie du tabac nous a habitué aux manipulations physiques : faux filtres qui ne filtrent pas, mais diluent la fumée et trompent les mesures de la machine à fumer, et chimiques; adjonction d’ammoniaque pour favoriser la nicotine libre plus addictive que la nicotine liée.

Aujourd’hui, cette industrie jongle avec les règles relatives aux produits de vapotage. Ainsi, deux études nord-américaines récentes (1,2) mettent en évidence les problèmes posés par les analogues de la nicotine, les sels de nicotine, et l’arôme menthol.  Lire l’article
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Vous serez informé des tous nouveaux messages que nous y introduisons, pour votre information sur les drogues et les toxicomanies :  drogaddiction.com 

Pourquoi la situation des drogues s’est détériorée si rapidement dans notre Nation

Pr. Jean Costentin

Ceux qui pérorent sur les drogues dans les médias qui leur sont largement ouverts, doivent, pour y accéder, restituer une doxa « politiquement correcte » élaborée par des loges, comités, cellules, associations, partis, fédérations, tous opaques, mais apparemment reliés… Cette doxa vise à légaliser toutes les drogues, à commencer par le cannabis.  

Leurs porte-paroles font état d’informations avérées, qu’ils présentent d’une façon affadie, biaisée, omettant quelques-unes pourtant essentielles. Après une longue continence ces « sachants », contraints de s’épancher sous peine d’être doublés, finissent par chuchoter quelques données qu’ils ne pouvaient plus taire, mais ils usent alors de maintes précautions oratoires. L’épaisse couche de chantilly de leur banana split fait rechercher, sans la trouver, la banane miniature qui git au fond du ravier. Ce sont des monuments de pusillanimité, de non-dits et de manipulations de l’opinion du type : « Ce n’est qu’une étude, il en faudra beaucoup d’autres pour tirer des conclusions » ; « il y a sans doute des facteurs confondants » ; « une autre approche aurait peut-être donné des résultats différents » ; « des études contradictoires ne devraient pas tarder à être publiées » ; « leur cohorte est un peu restreinte »… En bref, tout ce qui conforte la doxa est acquis et diffusé sans réserve, mais ce qui la contredit est torturé, raboté, démembré, avant d’être livré, presque méconnaissable à la connaissance du public.

Après avoir contredit puis combattu des données majeures sur les drogues, après avoir altéré les messages de prévention qu’ils auraient dû concevoir et diffuser, le bec de ces détracteurs aurait dû être clos par les confirmations multiples des faits majeurs qu’ils contestaient ou occultaient. Ce nouveau paysage ne leur a pas donné le courage « d’adorer ce qu’ils avaient brulé, ni de bruler ce qu’ils avaient adoré ». Leur reddition aurait pu leur valoir absolution. Ne la méritant pas, la société, dont ils ont aggravé l’état, serait justifiée à leur demander des comptes, surtout s’ils ont été appointés pour exercer les fonctions dans lesquelles ils ont sévi.

Trente ans après la description princeps de méfaits du cannabis devenus irréfragables, alors qu’on parle enfin des relations qu’entretient cette drogue avec les dépressions, l’anxiété, la schizophrénie, la crétinisation, le suicide, le syndrome amotivationnel, certains cancers, l’accidentalité routière ou professionnelle…, ces détracteurs des premiers jours et des jours suivants ont l’outrecuidance, le culot, d’évoquer ces faits sur l’air de « c’est nouveau, ça vient de sortir ». Avec le faciès des « ravis de la crèche », redécouvrant l’eau tiède, ils déclarent « ah, si l’on avait su ». A l’instar d’un ministre des finances qui, devant s’expliquer d’avoir « cramé la caisse » pendant sept ans, fait peser sur ses successeurs, aux manettes depuis deux mois, la responsabilité qui consiste à ne pas mettre pas en œuvre les mesures qu’il avait prévu pour éviter le naufrage.

  Il y a une vingtaine d’années, j’ai effectué en France un périple pour détailler au cours d’une cinquantaine de conférences les dangers du cannabis. Elles étaient organisées par les délégations départementales ou régionales de L’Union Nationale des Familles et Amis de Malades mentaux (UNAFAM). Après chacune de ces conférences, j’étais convié à diner par les organisateurs, ce qui me permettait d’échanger avec eux. Ces parents étaient d’une grande dignité, leur caractère s’était forgé au feu du drame qu’ils vivaient, frappés dans leur affection par la schizophrénie d’un de leurs enfants, très souvent consommateur de cannabis. Ils voulaient, avec une belle abnégation, mettre en garde d’autres parents contre les risques liés à la consommation de cannabis et souligner l’importance d’une surveillance qui leur avait échappée. Beaucoup regrettaient de ne pas avoir été informés, car le message qui prévalait alors était celui de l’innocuité de cette drogue ; message véhiculé par des « addictologues », des psychiatres et même des pédopsychiatres. Certains de ces parents, dans leur détresse et leur légitime colère, envisageaient d’ester en justice pour demander des comptes à la MILDT et aux praticiens qui les avaient trompés. 

Le choix des mots évolue ; ceux « de submersion migratoire », «de mexicanisation », «de narco-État », « d’ensauvagement » dont l’usage était interdit il y a quelques années, sous peine d’être scotché à l’extrême droite, évincé de « l’arc républicain », taxé de fasciste, pétainiste, raciste, antisémite, complotiste, décliniste… et autres amabilités, s’imposent devant la réalité des périls ; même des ministres y recourent ; les parias d’hier se sentent moins esseulés. 

L’abondante poussière glissée au long cours sous les tapis de « l’information », déborde. Elle saute à la figure des décideurs et les fait éternuer. Feignant la surprise, et pour se justifier de n’avoir rien empêché, ils prétendent n’avoir rien vu venir. Ils ont laissé filer une immigration incontrôlée que notre Nation est incapable d’accueillir : migrants économiques, climatiques, mineurs isolés dont beaucoup ne sont pas mineurs, réfugiés de pays sans guerre, femmes et homosexuels malmenés dans leurs pays d’origine, avec près de 50 états musulmans qui constituent à cet égard un énorme réservoir. Ils ont contesté les expressions « grand remplacement » ou « invasion » estimant que ces termes résultaient d’une fausse impression, tout comme était une fausse impression la relation entre délinquance et immigration, ou la forte proportion d’immigrés incarcérés. Ces migrants concentrés dans des banlieues, en ont fait rapidement des « territoires perdus de la république ». Faute d’emplois ainsi que de formations adaptées aux quelques emplois disponibles, ne parlant souvent pas le Français, ils ignorent nos lois, us et coutumes.  Ils sont moins attirés par notre civilisation qui se désagrège que par des subsides et des allocations. Celles-ci, malgré leur niveau considérable pour le budget de notre Nation, sont en deçà de l’accueil dont ils avaient rêvé et que des passeurs leur ont fait fantasmer.  Leurs besoins n’étant pas assurés, ils entrent dans une lutte pour leur survie / « struggle for life », poussant certains à pratiquer différents types de délits, dont en particulier des trafics de drogues, dont le montant est estimé à plusieurs milliards d’euros.

Devant la montée du péril toxicomaniaque, l’Éducation Nationale n’a rien fait pour mettre en place une prévention qui soit quantitativement et qualitativement à la hauteur de l’importance du problème. L’Observatoire européen des drogues et toxicomanies a d’ailleurs décerné à la France le bonnet d’âne de la classe en Europe, du fait de l’absence d’enseignements dans ce domaine dans les programmes éducatifs. Pour faire semblant d’agir elle rechercherait encore les techniques pour communiquer sur ce sujet. Durant leur cursus, depuis trois décennies, nos potaches, dans le meilleur des cas, ont rencontré pendant une à deux heures, deux gendarmes en uniforme, qui leur enseignent (il parait qu’il faudrait dire leur rappellent) les lois en vigueur sur les drogues et qui leur présentent les roueries mise en œuvre par les dealers pour vendre leur « came ». Leurs interventions sont bien faites (comme je l’ai constaté à différentes reprises) mais elles sont notoirement insuffisantes, tant par leur brièveté que par leur contenu, qui élude évidemment les aspects sanitaires.

Des partis de gauche se sont mis à « surfer » sur la vague migratoire. Un « think tank » – Terra Nova-, leur a expliqué qu’ayant perdu la classe ouvrière, pour revenir au pouvoir ils devraient se constituer un nouvel électorat constitué des immigrés et de l’addition des diverses minorités. Pour ce faire ils devront les accueillir en grand nombre, les choyer, ne rien exiger d’eux, si ce n’est de la reconnaissance. Dans plusieurs communes, au prix de divers accommodements, des maires s’acoquinent avec des malfrats, des trafiquants de drogues, des délégués communautaires…. Ils ont recruté de nombreux « médiateurs » issus de ces communautés, qui justifient leurs appointements en calmant les plus agités, sans s’interdire de déclencher des épisodes d’agitation d’un niveau modéré, pour maintenir la pression.

Le sport joue un rôle important dans cette assistance, ce qui est positif pour autant qu’il ne détourne pas des formations à des fonctions économiques utiles à leur avenir et à la Nation.

Depuis que se développent ces multiples errements la progression du cannabis a évolué sur un mode pandémique. Alors que ces informations remontaient immanquablement à la connaissance de la police, de la gendarmerie, de la justice, des édiles municipaux, départementaux, nationaux, le mot d’ordre du quasi sacro-saint et très institutionnel « surtout pas de vague » a constitué la réponse dominante. Pourtant, n’en déplaise à Corneille (dans Horace) « ce n’est pas en fuyant qu’on pare de tels coups ».

On est ainsi passé de l’occultation des méfaits, à leur négation ; puis à la contradiction et avec elle au déni, on en est maintenant au constat, qui est terrifiant. Pour se dispenser d’agir d’aucuns, souvent les mêmes, déclarent que le point de non-retour étant dépassé, le plus simple serait la reddition, la légalisation des drogues. Ce qui condamnerait notre Nation, déjà bien mal en point, à l’effondrement.

Ayant été des combattants contre ces errements, dès les premières heures de Mai 1968, ayant résisté au très long cours, alors que nous étions raillés et taxés de faire dans l’exagération, notre mobilisation, spécialement dans cette période très critique ne saurait faiblir.

Que ceux qui partagent le pessimisme qu’inspire la situation, par une forte mobilisation contre les drogues, le transforment en un optimisme qui épaule les déclarations fortes du ministre de l’Intérieur. Qu’ils fassent pression pour que les intentions exprimées se traduisent par des actions produisant enfin des résultats.   

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