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Dépendance à l’alcool : 5 signes qui doivent alerter

Dépendance à l’alcool : 5 signes qui doivent alerter
Pormezz/Shutterstock.com © Crédit photo : destinationsante.com

Existe-t-il des manifestations de l’alcoolisme ? Dans son autobiographie « Tout te dire », la chanteuse et comédienne Camille Lellouche évoque le lent processus qui l’a conduite à la dépendance à l’alcool. Elle parle même d’un « alcoolisme sans symptômes ».

En effet, si de nombreux signes sont reconnaissables (comme le fait d’être souvent ivre…), d’autres peuvent être plus difficiles à identifier.

De l’envie au besoin…

En réalité, les raisons de la dépendance à l’alcool sont multiples. Elles peuvent être génétiques, liées à un traumatisme ou bien encore comportementales : on boit pour faire la fête, on prend l’habitude des apéritifs entre collègues après le travail…

Et c’est précisément à ce moment qu’intervient toute la fourberie de l’alcool. Dans un premier temps, les effets euphorisants et relaxants de l’alcool sont agréables. La personne qui boit finit par les rechercher sans nécessairement en avoir conscience. Puis l’alcool prend le dessus. Il aide à relâcher la pression après la journée de travail, à oublier le stress… et devient ainsi « LA » solution.

Dès lors, la personne s’habitue et développe une tolérance. Autrement dit, les quantités ingurgitées doivent être plus importantes afin de continuer à ressentir les mêmes effets. Puis arrive le moment où l’on boit par nécessité, pour éviter le manque…

Des signes évocateurs ?

La dépendance est sournoise et peut mettre des années à s’installer, en passant quasi inaperçue. Pour autant, certains comportements peuvent désigner une consommation d’alcool problématique :

1.Vous consommez de plus en plus souvent…

Si boire après chaque journée de travail est devenu une habitude ou bien si vous ne pouvez pas envisager de voir des amis ou de participer à une soirée sans consommer de l’alcool, peut-être êtes-vous exposé à un risque de dépendance. Boire de plus en plus tôt dans la journée peut aussi être un signe.

2.et de plus grandes quantités

On le sait, aucun niveau d’alcool n’est sans danger. Pour autant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fixé un seuil de 3 verres par jour pour les hommes et 2 pour les femmes (avec un jour de la semaine sans en consommer). Si vous avez pris l’habitude de dépasser cet indicateur, là encore, le risque d’addiction est réel.

3.Votre comportement a changé

La conséquence directe d’une consommation d’alcool plus fréquente et importante sont des modifications du comportement, telles que les sautes d’humeur et l’irritabilité. De l’anxiété et des difficultés à assurer vos journées peuvent également apparaître. Votre entourage vous en a d’ailleurs peut-être fait part.

4.Vos rapports sociaux se sont détériorés

Autres conséquences possibles, vos relations sociales se sont dégradées. Si vous vous disputez en famille, entre amis, si vous n’avez plus aucune patience avec vos enfants… Cela peut être le signe qu’il faut s’inquiéter au sujet de votre consommation d’alcool. Par ailleurs, l’absentéisme au travail ou une tendance à l’isolement sont autant de critères à prendre en compte.

5.Vous présentez des symptômes physiques et psychologiques du manque

Lorsque vous ne buvez pas, les symptômes de manque peuvent se manifester par des tremblements, des suées, des nausées, des insomnies, des cauchemars…

Comment savoir si je suis à risque ?

Il n’est pas toujours facile d’admettre que l’on affronte des difficultés avec l’alcool. Plusieurs questionnaires peuvent être utilisés pour dépister une consommation excessive Le questionnaire DETA (pour Diminuer, Entourage, Trop, Alcool) est le plus simple. Il comprend quatre questions :

Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées ?Votre entourage vous a-t-il fait des remarques au sujet de votre consommation ?Avez-vous déjà eu l’impression que vous buviez trop ?Avez-vous déjà eu besoin d’alcool le matin pour vous sentir en forme ?

A noter :

Une consommation excessive d’alcool est un facteur de risque majeur pour certains cancers : bouche, gorge, œsophage, côlon-rectum, sein…

Par ailleurs, elle favorise certaines maladies chroniques : maladies du foie (cirrhose) et du pancréas, troubles cardiovasculaires, hypertension artérielle, maladies du système nerveux, troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement), démence précoce…

Source

Les mécanismes dans les toxicomanies

Son titre comme son format ne sont pas habituels et pourraient échapper au lecteur pressé. Ce serait dommage, malgré le laconisme de son titre, de rater uneréflexion aussi originale et pertinente. Deux phrases tirées de l’article, situent l’objectif de l’auteur :
« La prévention des toxicomanies ne se situe pas seulement aux moments de la vie où elles éclosent »
« Ceux qui fument une cigarette tirée d’un paquet où il est écrit en gros et en gras -fumer tue – ne sont pas tous des illettrés »
Nous vous proposons un résumé (de la rédaction) et suggérons vivement la lecture de l’article original, espérant qu’il suscitera commentaires et réactions

Les 3 D (Délire, Déni, Dénégation)
Dr Régis Brunod, pédiatre et pédopsychiatre

Nos lecteurs sont les mieux placés pour savoir que les études scientifiques et les arguments pour montrer les méfaits et la dangerosité du cannabis ne manquent pas.
Merci, entre autres, aux membres du CNPERT pour cela. Il en est de même pour les arguments en défaveur de sa légalisation, les constatations dans les pays l’ayant adoptée ne confirmant pas, et de loin, les bénéfices escomptés.

Pourtant ces alertes et ces mises en garde ne rencontrent jusqu’à présent que peu d’audience dans les médias, les réseaux sociaux et autres « influenceurs ». Elles semblent n’être que des cris d’alerte inaudibles au milieu du brouhaha vantant les soi-disant bienfaitsde « l’herbe »,alors que les pathologies
liées aux toxicomanies continuent leur expansion et leurs dégâts.

Attribuer la responsabilité de cet état de fait aux trafiquants et à leur système commercial extrêmement efficace est une réponse simpliste et qui n’aborde qu’une des facettes d’un système complexe mais
humain, trop humain, pour paraphraser uncélèbre philosophe touchant au nihilisme.

Nous saluons le redoublement actuel des efforts de nos valeureux douaniers, gendarmes, policierset marins ainsi que leur courage. Mais leurs efforts ne seront pas beaucoup plus efficacesque s’ils remplissaient le tonneau des Danaïdes tant qu’il y aura autant de consommateurs, nous voulons dire de personnes « hameçonnées » et « ferrées »par des toxiques,victimes « de leur plein gré »d’un choix initial devenu par la suite une addiction.

Pourquoi l’information et l’éducation sur le sujet ne passent-elles pas la rampe et pourquoi ceux qui les entendent restent-ils sourds à ces appels pour leur propre protection ? Nous touchons là aux limites de la pensée rationnelle ainsi qu’aux effets d’un individualisme exacerbé. Le domaine des toxicomanies n’est d’ailleurs pas le seul où l’éducation et l’information achoppent sur leurs buts et nous vous proposons d’explorer de manière succincte dans cet article ce que l’on peut trouver au-delàdes limites de la pensée
rationnelle.

Nous risquons de vous décevoir pour ce qui est de la mise en pratique des notions que nous allons aborder, mais essayer de trouver quelques pistes de compréhensionde l’illogique est un pas en avantdans l’aide que l’on peut apporter à tous ceux qui mésestiment les risqueset les leurres de la prise de produitsprésentés comme bénéfiques, quand ce n’est pas comme unethérapeutique par des études biaisées.

C’est à dire les personnes les plus naïves, pour ne pas dire les plus jeunes. Nous ne discuterons pas des cas où l’information n’est pas comprise par la personne par manque de capacités cognitives ou linguistiques, ce qui n’est pas l’objet de notre travail.

Les toxicomanies s’observent dans toute société,même si les produits utilisés peuvent varier suivant les populations. A l’ère des réseaux sociaux la tendanceest d’ailleurs plutôt à l’uniformisation avecune succession de modes pour de nouveaux produits toujours plus « tendance »,concomitamment à des produits « éprouvés » qui tiennent la route dans tous les milieux, même s’ils s’y présentent sous des formes différentes (nicotine, alcool, cannabis, cocaïne,etc…).

De bonnes capacités intellectuelles n’immunisent pas contre les conduites à risque et notre expérience clinique auprès d’adolescents souffrant de déficience mentale légère ou moyenne nous laisserait même penser qu’ils sont plus enclins que les personnes « intelligentes » à éviter les conduites dangereuses, lorsqu’ils les ont bienidentifiéesen tant que telles.

Nous parlerons donc des mécanismes en jeu chez tous ceux qui déchiffrent correctement un avertissement, mais dont le messagereste sans effet ou d’un effet très partiel sur leur comportement. Ceux qui fument une cigarette tiréed’un paquet où il est écrit en gros et en gras « Fumer tue » ne sont pas tous des illettrés.

Dans un souci de clarté nous regrouperons ces mécanismes nous détachant du réel dans trois rubriques : les délires, le déni et la dénégation. Ces trois rubriques s’intriquent de manière plus ou moins importante chez chaque individu, mais pour la compréhension du texte nous les exposerons l’une après l’autre.

Nous dirons aussi quelques mots du rôle de l’imagination, de la curiosité, de la suggestibilité ainsi que de l’imitation.

  • Les délires
    Schématiquement on distingue en psychiatrie les délires hallucinatoires des délires interprétatifs.
    o Les premiers sont nommés ainsi parce que leur principal symptôme est l’existence d’hallucinations visuelles ou auditives totalement ou partiellement détachées de l’environnement réel de celui ou celle qui les éprouve.
  • Certains produits hallucinogènes produisent des hallucinations plaisantesde durée limitée, plutôt visuelles qu’auditives, plutôt sensorielles que construites. Ce sont elles qui sont recherchées par ceux
    qui croient aux paradis artificiels et qui sont mises en avant par ceux qui en tirent profit.
  • Par contre, contrairement à ce que sous-entendjovialement le terme« délire »dans de nombreuses formules du langage courant, l’état délirant n’est pas une partie de plaisir.Il s’agit d’une grande souffrance anxieuse très bien décritepar Emile Zola dans son célèbre rendu d’un épisode de delirium tremens alcoolique (L’assommoir).
  • Une des versions modernesde cet accès délirant aigü est le « bad trip », épisode où le paradis promis par le toxique est devenu un enfer hallucinatoire persécutif. Sa survenue peut être un signe d’alerte fort pour qui l’a vécu, mais malheureusement cet accès est trop souvent attribué à la qualité
    du produit consommé, sans remettre en cause la conduite toxicomaniaque en elle-même.

  • Il est rare que dans les hallucinations auditives le patient entende une injonction à consommer une drogue.
    o Les délires interprétatifs sont d’une autre facture. Ils peuvent entrer en jeu dans la décision d’une prise de toxiques, mais ils sont surtout un frein à l’acceptation d’une aide les incitant à décrocher, du fait de leur tonalité persécutive envahissante. Toutes les tentatives bienveillantes de l’entourage pour faire sortir du cercle infernal dans lequel est pris un de leurs membres sont interprétées par celui-ci comme malveillantes.
  • Il ne peut y voir que des brimades et des restrictions de sa liberté, pour ne pas dire des méchancetés, au lieu d’un cadre protecteur. Et ceci de manière absolument certaine et non discutable, contrairement à ce qui peut se passer lors des simples conflits de l’adolescence.
  • Les personnes aidantes, le plus souvent leur famille, deviennent ainsi les principaux persécuteurs et on observe chez la personne atteinte un déni total de l’amourfilial ou du désir de protéger une personne chère.
  • Cette conviction délirante de relations humaines persécutrices est très fréquente lors la prise chronique de cannabis et s’étend facilement à tous ceux qui tentent de s’y opposer ; ainsi rares sont les professionnels qui y échappent.
  • Elle est majorée lorsque le toxique, cannabis ou autre, est pris comme automédication à court terme d’une angoisse submergeant la personne. La perspective d’un sevrage, même en milieu médical, devient alors insoutenable par la crainte d’un retour de cette angoisse, crainte majeure qui aboutit à des conduites d’évitement total de toute perspective de soins et le recours au toxique pour un soulagement immédiat.
  • Un cercle vicieux de renforcement réciproque se met alors en place à moyen terme, cercle dont le patient peut difficilement sortir de sa propre initiative. La symptomatologie prend alors souvent la forme d’un « trouble schizophréniforme »où il est difficile de distinguerdans chaque cas particulier la part de la prédisposition génétique de celle du toxique.
  • Après ce petit rappel ciblé de sémiologie psychiatrique nous allons essayer de décrire les mécanismes psychiques en jeu chez le commun des mortels lors de l’ignorance d’un signal d’alerte devant un danger évident. Certains de ces mécanismes n’atteignent pas le niveau conscient et on parle de déni. D’autres se situent au niveau de la pensée et le signal d’alerte arrive bien au niveau de la conscience, mais il n’en est pas tenu compte et on parle de dénégation. Il s’agit là de l’interprétation de termes utiles à la compréhension des problèmes auxquels nous sommes confrontés, mais les dictionnaires ne font pas aussi clairement la distinction et n’abordent pas la question du niveau de conscience, se référant plutôt à la signification technique du terme (déni de justice par ex.). Dans le célèbre manuel de psychiatrie de Henri Ey c’est seulement le terme de dénégation qui est utilisé dans le chapitre des névroses, en le distinguant des processus de refoulement dans l’inconscient, sans qu’apparaisse pour autant le terme de déni.Notre réflexion se limitera aux mécanismes en jeu dans les toxicomanies.
  • Le déni

Notre essai de compréhension des mécanismes du déni va faire appel à des notions des débuts du développement psychique de l’être humain, c’est-à-dire de l’enfance. Ces notions n’ont rien d’anormales en elles-mêmes et font partie intégrante de la croissance chez l’enfant mais c’est la persistance de leur importance, voire de leur prépondérance, dans le psychisme au cours de l’adolescence puis à l’âge adulte que nous questionnons.
La position égocentrique est probablement une des principales notions qu’il faut prendre en compte dans les mécanismes du déni. Elle n’est en rien une notion morale mais la perception qu’a le très jeune
enfant de se sentir au centre du monde qui l’entoure. Cette position psychique, presque géographique, est indispensable à sa survie mais elle ne lui permet pas d’accéder aux éléments du réel qui ne sont pas à sa proximité immédiate. Ce sont les adultes qui s’en chargent. Elle ne lui permet pas non plus d’accéder au futur et il ne peut envisager les conséquences de ses actions.

C’est peu à peu qu’il va les découvrir, au début en faisant tomber des objets par exemple. Une des principales missions éducatives des parents est d’aider leur enfant à quitter progressivement cette position confortable pour qu’il puisse profiter sans dangerde son autonomie grandissante et s’instruire.

Pour se promener dans la rue sans qu’on vous tienne la main il faut avoir intégré le danger que sont les véhicules et pouvoir apprendre le B-A-BA du code de la route. La protection permanente passive et prolongée par les adultes de tout danger potentiel est une impasse dont l’enfant qui en est l’objet s’échappera un jour ou l’autre, sans moyens d’évaluer un risque. Cette prolongation du vécu dans une position centrale est observée chez nombre de jeunes adultes sans qu’ils aient pour autant conscience d’y
être, tant elle va d’elle-même. C’est pourquoi nous parlons d’une composante du déni.
La toute-puissance est le corollaire de cette position égocentrique. Elle fait appel en plus à la pensée magique, autre caractéristique de la petite enfance.

Dans le domaine qui nous intéresse elle laisse croire à l’individu concerné que la force de sa pensée est supérieure à toute contrainte externe à celle-ci. Au début de l’intoxication il croit sincèrement être libre de ses prises et il ne lui vient même pas à l’idée qu’une vulgaire petite molécule est en train de prendre le contrôle de la situation. « J’arrête quand je veux ! »…. demain….ou après-demain.

Sa liberté transformée en esclavage par un tyran invisible ? Il n’y pense même pas, déni. Lorsque la suite des évènements lui fait toucher du doigt que quelque chose ne va pas,la pulsion de maîtrise, troisième élément de la pensée enfantine, prend le relais pour juguler l’angoisse et maintenir le déni. En laissant croire à l’individu qu’il maîtrise encore la situation et en s’alliant aux deux éléments que nous avons vus précédemment elle s’oppose à toute prise de conscience de la gravité de celle-ci.

Elle devient alors une des composantes du déni qui va entraver une demande d’aide par le sujet en perdition et s’opposer à celle qu’on cherche à lui apporter. Pourtant la probabilité de s’affranchir soi-même d’une addiction installée est probablement du même ordre de grandeur que celle qu’un poisson se débarrasse tout seul de l’hameçon qu’il a en travers de la gorge.

Voilà quelques éléments à la source du déni dans les addictions aux produits toxiques. Ces éléments se situent bien avant et à un autre niveau de conscience que celui de la volonté qui se trouve ainsi dépassée par la puissance acquise du toxique au moment où la prise de conscience, malheureusement tardive, lui permettrait d’intervenir. Il existe aussi une autre composante du déni, plus générale dans la population et les instances dirigeantes.
Il s’agit de la sous-estimation consternante de la force intrinsèque des molécules addictives.
Mais il y a dans cette sous-estimation une part importante de dénégation, ce que nous allons voir dans le paragraphe suivant.

  • La dénégation :

La dénégation fait appel à des éléments conscients pour contester en tout ou en partie la toxicité des produits utilisés ainsi que le caractère pathologique des addictions. La particularité de la dénégation est qu’elle est publique, largement favorisée et utilisée par le système commercial des trafiquants pour accroitre leurs ventes ainsi que par d’autres gens ayant pignon sur rue et dont les motivations sont moins claires.
Un des principaux éléments de la dénégation est la banalisation des termes et des conduites. De quelle manière de « l’herbe » pourrait-elle être nocive alors que dans les jardins on fait pousser du gazon où jouent les enfants ? D’ailleurs, puisque c’est « naturel » ça ne peut pas faire de mal ! Quoi de plus neutre que le terme « un joint » ? Rien qui porte à conséquence.

Des termes particuliers peu signifiants sont employés aussi pour mettre en avant un effet recherché par l’utilisateur : « être zen, être speed, … ». Un autre levier des ventes est celui de la soi-disant révélation ou de l’augmentation de capacités de celui qui utilise le produit. C’est ainsi qu’un des principaux arguments des vendeurs de crack auprès des hommes est celui de l’augmentation supposée de leurs performances viriles.

Dans le domaine artistique aucune prise de toxique n’est à l’origine de la créativité, tout juste peut-elle favoriser une levée d’inhibition. C’est pourtant un préjugé tenace qui magnifie de manière romantique les « artistes maudits », à l’encontre des réflexions de Baudelaire sur « les paradis artificiels ». Le fait
que nombre d’artistes contemporains soient morts des conséquences de leur toxicomanieest aussi relativisé en présentant ces fins tragiques en quelque sorte comme des accidents tragiques renforçant la présentation « mythique » du disparu. Dans une langue plus signifiante on pourrait appeler la dénégation un mensonge à soi-même associé à un mensonge collectif.

Des éléments de la psychologie personnelle que nous avons vus à propos du déni, en particulier la toute-puissance, interviennent aussi dans la dénégation. Mais cette fois en toute connaissance de cause : le danger est connu, mais les capacités de l’individu à y faire face sont surestimées de manière magique ettragique. On se rapproche alors des conduites ordaliques où le fait d’avoir échappé à la mort conforte le sujet dans sa toute-puissance (comme dans « la roulette russe » et toutes ses déclinaisons
mégalomaniaques qui sont tant à la mode).

Nous ne développerons pas les modes de pensée moins spécifiques et bien connus à la période de l’adolescence, modes de pensée qui le plus souvent très présents au moment des premiers essais de toxiques. Le service militaire et sa première cigarette ont été remplacés par le collège et les premières tentations : curiosité, impulsivité, imitation, besoin de s’intégrer dans un groupe de pairs ainsi que les pressions de ceux-ci, recherches identificatoires dans les médias et tentatives de valorisation de son image, tentative de soulagement d’affects anxieux, voire dépressifs, essai des recettes de « l’ami qui vous veut du bien », le bagout et les encouragements des vendeurs ainsi que leurs promotions : premières doses gratuites ! Les occasions de goûter à l’interdit sont innombrables à cette période de grande autonomisation et de la puberté qui est celle des années-collèges.

Conclusion :
A la lecture de cet essai nos lecteurs auront vite compris que la prévention des toxicomanies ne se situe pas seulement aux moments de la vie où elles éclosent.
Parmi la complexité des facteurs étiologiques des toxicomanies, c’est également plus tôt, durant l’enfanceet même la petite enfance,que peut débuter l’immunité contre les fragilités ultérieures aux addictions.

  • Ces prémices d’immunité par la prise de conscience de soi au sein d’un monde environnant ne peuvent se faire qu’au milieu d’adultes acceptant la partie d’apparence ingrate de leur rôle d’éducateurs. Cette partie ingrate est celle où l’adulte doit sortir lui-même d’un narcissisme confortable et d’une satisfaction personnelle immédiate pour envisager sans crainte les réels
    bénéfices à venir pour l’enfant.
  • La « pseudo-psychologie » en vogue qui voudrait qu’il ne faut pas frustrer les enfants pour ne pas les traumatiser et la confusion ambiante des rôles des générations ne sont qu’une démission déguisée par beaucoupd’adultes de leur rôle protecteur des plus jeunes.
  • Cela reste la doxa actuelle culpabilisant nombre de parents qui sont en train d’essayer sans cesse de
    faire bonne figure et perdent toute spontanéité du fait de leur crainte du regard social.
  • Apprendre à un enfant à surmonter une frustration en fonction de son âge et de la situation plutôt que de lui éviter systématiquement toute frustration est la probabilité d’une plus grande résistance à celles qu’il ne pourraéviter dans son futur.
    Plus que d’une éducation stricto sensu c’est d’ «aides-guides » au développement dont ont besoin les enfants, c’est-à-dire un cadre affectueux et bienveillant capable de juguler leurs pulsions aux bons moments de leur développement afin de mettre de leur côté le plus de chances possibles de ne pas croire avoir besoin de paradis artificiels au moment où l’immensité de la vie sera devant eux.

Message à la sous-direction du ministère de la santé.

Jean-Paul BRUNEAU Président Fondateur de l’Association Nationale EDVO

Madame JACOB-SCHUMACHER, Monsieur NICOLI,

Sur les recommandations de Madame Pauline MARTINOT et de Madame Angèle MALÂTRE, et, pour faire suite à mes messages précédents, je me permets de vous solliciter afin de savoir à qui m’adresser pour renouveler ma demande de rencontre et de visite de l’établissement que je dirige depuis 1987.

Comme indiqué ci-dessous, nous espérions faire connaître notre méthode d’accompagnement des sortants de cure à Monsieur le Ministre François BRAUN ; nous sommes toujours demandeur d’une rencontre pour exposer notre savoir faire qui contribue à l’intérêt général. 

Notre expérience de 37 années dans l’accompagnement social et thérapeuthique des sortants de cure, avec maintien de l’abstinence et une réinsertion sociale réussie au terme d’une année pour 75% de nos pensionnaires, donne beaucoup d’attrait pour notre méthode auprès des malades d’addictions.

Les reportages qui se succèdent au sein de notre structure sont consultables sur les réseaux sociaux et sur notre site ; le dernier tournage sur 6 mois au contact de nos résidents, a permis à Valérie JOURDAN de produire un film de 52mn qu’elle présentera aux médias et personnalités le 4 Avril à 19h, sur invitation, à la cinémathèque Robert LYNEN, 11 Rue Jacques BINGEN à PARIS 17ème. 

Vous trouverez en pièce jointe notre invitation et je vous invite à réserver dès que possible vu le nombre de places limitées à 90.Nous serions très honorés de votre présence et je me tiens à votre disposition pour la suite que vous réserverez à mes demandes. 

Dans cette attente, soyez assuré, Madame, Monsieur, de ma considération distinguée.

Jean-Paul BRUNEAU Président Fondateur de l’Association Nationale EDVO06 09 21 26 92

Source

Tout l’intérêt d’arrêter de fumer avant 40 ans !

Dr Philippe Tellier 

Le tabagisme chronique demeure une cause majeure de mortalité précoce à un échelon mondial. La lutte contre ce fléau a beau s’intensifier, rien n’y fait, un quart des décès chez les adultes d’âge moyen lui seraient imputables en Europe comme en Amérique du Nord. Toutefois, au cours des dernières décennies, les campagnes anti-tabac ont tout de même porté leurs fruits et nombreux sont les fumeurs qui ont cessé leur intoxication avant l’âge de 40 ans, ce qui a permis de réaliser quelques études du type cas-témoins.

La surmortalité imputable à ce facteur de risque et à l’échelle d’une vie, chez ces abstinents qui ont fait le bon choix, serait diminuée de 90 %, comparativement aux témoins qui ont continué à fumer. Le bénéfice ainsi estimé est patent, mais l’analyse manque de finesse.

L’arrêt du tabagisme est-il bénéfique même aux âges plus avancés et, si oui, l’effet est-il mesurable en termes d’amplitude et de rapidité de l’effet ? Un article publié en ligne le 8 février 2024 dans le New England Journal of Medicine Evidenceapporte des éléments de réponse à cette question qui est sur toutes les lèvres, notamment celles des fumeurs. 

Une méta-analyse de quatre études de cohortes : près d’1,5 million de participants

Il s’agit en fait d’une méta-analyse de données individuelles recueillies au sein de quatre études de cohorte nationales couplées aux registres des décès de chaque pays. Deux de ces études sont représentatives à un niveau national. La NHIS (National Health Interview Survey) a porté sur un échantillon de citoyens états-uniens vivant dans la communauté, âgés de 20 à 79 ans, inclus chaque année dans la cohorte entre 1997 et 2018. La seconde, la CCHS (Canadian Community Health Survey), a inclus des sujets dans la même tranche d’âge, les échantillons analysés étant constitués entre 2000 et 2014.

En Norvège, trois études de cohorte réalisées entre 1974 et 2003, dans lesquelles ont été inclus des participants eux aussi âgés de 25 à 79 ans, ont été combinées pour former la NHSS (Norwegian Health Screening Survey).

Il s’agit respectivement de la Counties Study (1974 à1988), de la 40 Years Study (1985 à 1999) et de la Cohort of Norway (1994 à 2003). La quatrième cohorte, britannique celle-là, a été constituée au travers d’un recrutement effectué par l’intermédiaire de l’U.K. Biobank, les adultes âgés de 40 à 73 ans étant invités à participer à l’enquête. 

L’analyse des données a finalement porté sur une population totale relativement hétérogène de 1,48 million d’adultes, tous issus de pays à haut revenu et suivis pendant 15 années. Elle a reposé sur le modèle des risques proportionnels de Cox appliqué à chaque étude, en tenant compte du statut fumeur versus non-fumeur, mais aussi du délai écoulé par rapport à un sevrage éventuel du tabagisme, respectivement moins de 3 ans, entre 3 et 9 ans ou au moins 10 ans.

Les ajustements statistiques effectués dans le cadre de l’analyse multivariée de Cox ont pris en compte l’âge, l’éducation, la consommation d’alcool et l’obésité. 

Une surmortalité liée au tabagisme largement confirmée

Au terme du suivi, ont été dénombrés 122 697 décès. La comparaison fumeurs/non fumeurs a confirmé la surmortalité liée au tabagisme, le hazard ratio (HR) ajusté correspondant étant estimé à 2,80 chez la femme et à 2,70 chez l’homme, rien de nouveau. L’espérance de vie dans la tranche d’âge 40-79 ans, en cas de tabagisme, est raccourcie de 12 ans chez la femme et de 13 ans chez l’homme, si l’on raisonne en termes de mortalité globale.

En termes de mortalité spécifique imputable au tabagisme, les chiffres correspondants atteignent alors respectivement 24 et 26 années. Les affections respiratoires viennent largement en tête dans les deux sexes (HR 7,6 et 6,3), devant les affections cardiovasculaires (HR 3,1 et 2,9) et les cancers (HR 2,8 et 3,1).

Sevrage : plus c’est tôt mieux c’est, mais mieux vaut tard que jamais …

L’arrêt du tabagisme divise par deux la surmortalité globale. Surtout, le sevrage avant l’âge de 40 ans permet de ramener la mortalité globale au niveau de celle des fumeurs dès la troisième année qui suit.

La surmortalité diminue d’autant plus que la période de sevrage est prolongée, même après l’âge de 40 ans. Ainsi, un sevrage ≥ 10 ans chez des fumeurs âgés de 40 à 49 ans annule quasiment la surmortalité globale (-99 % chez la femme, -96 % chez l’homme). La tendance est presque aussi favorable dans la tranche d’âge supérieurs (50-59 ans), les chiffres correspondants étant de respectivement -95 % et -92 %.

La survie à long terme augmente dès les premières années après le sevrage, d’autant plus que ce dernier survient à un plus jeune âge, mais le bénéfice reste tangible même chez les fumeurs âgés. Ainsi, un sevrage de moins de 3 ans, effectif dans la tranche d’âge 50-59 ans réduit la surmortalité globale de respectivement 63 % (femmes) et 54 % (hommes), et dans la tranche d’âge 60-79 ans, les chiffres sont de respectivement -40 % et -33 %.

Bien évidemment, plus le sevrage est précoce, plus le nombre d’années de vie gagnées est grand. Il est de 12 années pour un sevrage avant l’âge de 40 ans, il n’est plus que de 6 années pour un sevrage entre 40 et 49 ans, et 2,5 quand ce dernier est encore plus tardif (50-59 ans).

Ces résultats quantitatifs sont approximatifs, compte tenu de la méthodologie (une méta-analyse) et d’une certaine hétérogénéité des études, mais aussi de la multiplicité des facteurs de confusion potentiels qui sont loin d’avoir été tous pris en compte.

Quoiqu’il en soit, ils contiennent probablement une part de vérité et leur caractère optimiste doit être mis en exergue pour inciter les fumeurs à l’abstinence, même les plus âgés. Mieux vaut tard que jamais, même si le bénéfice du sevrage est à l’évidence maximal quand il survient le plus tôt possible, sachant que trois ans de sevrage au minimum suffiraient pour gagner des années de vie. 

Source

L’avis d’un ex-consommateur de HHC

Le HHC est une vraie saleté

J’étais consommateur régulier (2/3 par jours) pendant plus d’1 an. Je me suis vraiment rendu compte de sa nocivité quand jai voulu arrêter. Les symptômes étaient atroces, étourdissements, maux de ventre, nausées, diarrhée aiguë, anxiété, paranoïa, transpiration excessive, trouble du sommeil, perte d’appétit, j’ai même perdu 10kgs.

C’est bien pire que le THC. C’était tellement atroce que pour me sevrer du HHC paradoxalement je me suis remis au THC pour éliminer en douceur toutes traces de HHC puis je repris le sevrage pour le THC.
Les 2 sevrages sont incomparables 4 semaines d’atroces souffrances pour le HHC contre 2 semaines qui m’ont parues etre une cure thermale à coté de l’enfer que j’ai du traverser pour le HHC.

Depuis je me sens hyper bien et une chose est certaine plus jamais je ne retoucherai a cette mer**.
Je n’incite personne à utiliser ma méthode car ce n’est pas recommandé de guerrir le mal par le mal mais c’est la solution que jai trouvé, le mieux serait de se faire aider et le must serait de ne jamais y toucher idem pour les autres cannabis de synthèse (THCP, THCP+,THCO etc).

L’hexahydrocannabinol, son dérivé acétylé et l’hexahydroxycannabiphorol sont des cannabinoïdes de synthèse, de structures chimiques proches de celle du delta-9THC. Ils sont classés comme substances vénéneuses, stupéfiantes et psychotropes, interdites en France depuis le 13 juin 2023.

Décisions récentes mais qui s’en étonnera puisque ces molécules sont récentes, évidemment non déclarées( pas de brevet) et que l’on ne peut interdire une substance tant qu’elle n’est pas connue et n’a pas été identifiée.

On retrouve ici une des nombreuses tentatives de fabrications de copies masquées du THC pour contourner son interdiction en utilisant la brèche commerciale ouverte par le CBD qui n’est pourtant pas exempt des effets psychotropes si l’on en croit sa présentation ! Et évidemment pour s’octroyer une part du marché de la drogue.

L’explication de l’intoxication grave et majeure par le HHC de ce malheureux toxicomane parait simple. Ce toxique est proposé sous différents aspects appétissants, sucreries, ou agréables à fumer, huile, e- liquide, résine, herbe…

Les quantités de HHC qui les contiennent sont très différentes selon les produits et les marques, les plus « dosés » contenant pratiquement le produit pur (99%). Nous savons bien que tous les dérivés du cannabis ont des effets dose- dépendants, donc que les effets sont d’autant plus intenses que les quantités reçues sont plus grandes, l’intoxication rapportée est probablement due à la prise du produit
pur.
Quant à la toxicité du HHC, cette expérience est édifiante puisque le THC a été utilisé comme relais d’activité moindre pour arrêter l’escalade !

CQFD, à bon entendeur, salut.

Kafka, Courteline, Cannabis : aux États-Unis, l’enfer d’une légalisation chaotique

Le marché illégal du cannabis aux Etats-Uns, que la légalisation rêvait d’anéantir, a décuplé et offre désormais au milieu criminel de nouvelles opportunités pour le trafic de stupéfiants.

Xavier Raufer

Un enfer bienséant, pavé de si bonnes intentions… Et un inextricable bazar, près duquel la fa­meuse boîte de Pandore fait figure de paquet-cadeau. D’usage incapables de résister à l’assaut d’un lobby, les États-Unis libéralisent l’usage du cannabis. De gré ? De force ? Cocteau disait : « Puisque ces événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ». De fait, à di­vers stade (« Médical »… récréatif…), 41 des 50 États américains ont en cours un tel pro­cessus. Comment cela évolue-t-il ? fort mal.

D’abord, Washington refuse à ce jour de légaliser tout stupéfiant : ce qui relève du fédéral – prêts bancaires, cartes de crédit – est interdit aux boutiques vendant une drogue … légale dans huit États sur dix.

Ainsi, les États-Unis, phare libéral mondial, initient-ils l’aventure loufoque de gérer au millimètre un marché… interdit à l’échelle nationale ; contrôler au gramme près ce qu’on peut faire pousser et comment ; engrais ou pesticides licites ; fermes agréées, sous quelles conditions. Et Washington taxe lourdement un produit… dont il rejette l’existence.

Or comme les lois fédérales excluent toute substance illicite, les boutiques de can­nabis légal ven­dent tout en espèces (bonjour les braquages…) et ne peuvent déduire leurs frais ou dépenses de leur imposition, qui ainsi grimpe … jusqu’à 80% du chiffre d’affaires !

Pire : le total interdit (fédéral) d’exporter le cannabis récolté, d’un État à l’autre. L’Oklahoma et la Californie produisent dix fois plus de cannabis qu’elles n’en usent ; la ville de New York fume ± 70 tonnes de hasch par an, mais en cultive peu : entre eux, tout export est interdit ! Seule so­lution, la contrebande.

Résultat, disent les commissions officielles, le marché illégal du cannabis, que la légalisation rêvait d’anéantir, décuple de taille, offrant désormais au milieu criminel cent facilités nouvelles de trafic.

Bureaucraties tatillonnes sans moyens de contrôle… sociétés fantômes… hommes de paille… contrôle indirect du crime organisé… En peu d’années, tout cela génère une forte con­trebande intérieure. Parmi les pires nœuds au cerveau que se fait aujourd’hui Washington : comment régler le problème massif du cannabis « légal », mais vendu « illégalement » ?

Eh oui, on en est là.

Complique encore l’affaire, l’usage bien ancré outre-Atlantique d’effacer les problèmes par l' »ingénierie sociale ». Décodeur : remplacer les mots qui fâchent par d’autres, innocents. La mafia, mais non, dites « mob » ; Un cercueil (« coffin ») : affreux, mettez « casket » (coffret) à la place ; « gambling » (jeux d’argent) à Las Vegas ?

Horreur, parlez de « gaming » (comme les jeux des enfants) : tout va bien. Ainsi, les boutiques de cannabis, pures et simples fumeries, devien­nent-elles d’aimables « dispensaires ». Multiplier ces ripolinages sémantiques étant bien sûr l’idéal moyen pour que nul, en fin du compte, n’y comprenne plus rien.

S’ajoute à cela la bienséance politique, faisant de bonnes intentions initiales un ingérable ba­zar : visite démonstrative à New York. D’origine, guerre de Sécession ou pas, les États-Unis ont toujours maltraité leur population noire ; la police de New York (NYPD) a ainsi arrêté (1980-2020) environ un million d’individus pour usage/trafic de drogue (du cannabis, surtout).

Or – à toxicomanie analogue dans les diverses races – 94% de ces arrestations visaient des quartiers noirs ! D’où – acte de justice économique et sociale – l’attribution de la majorité des « dispen­saires » de drogue légale aux minorités réprimées et aux femmes. Entre en jeu en 2021, dans l’État de New York, un « Office of cannabis management » (OCM) et son programme phare « Con­ditional Adult Use Retail Dispensary », CAURD. Satisfaction générale ?

Non : d’autres minorités, anciens combattants… fermiers en faillite… s’estiment lésés et attaquent OCM-CAURD en jus­tice. Résultat : la machine se bloque et sa bureaucratie, tout autant. D’ailleurs, comment de pauvres gens pourraient-ils ouvrir des « dispensaires », sans le sou ? 200 millions de dollars de prêts sont prévus par l’État en théorie : concrètement, rien n’arrive. Et la seule de­mande d’at­tribution coûte déjà 2 000 dollars, non remboursables.

D’où, de riches bourgeois peuvent seuls lancer ces boutiques, dont les frais d’ouverture peu­vent dépasser le million de dollars. Résultat : à New York (janvier 2023) un « dispensaire » lé­gal… et 1 400 illicites : le milieu criminel a tout l’argent nécessaire et sait intimider la concur­rence. Sur 160 pâtés de maison (« Blocs ») de Manhattan, 65 boutiques illégales vendent un can­nabis qui l’est tout autant. Et la justice raciale ? À Chicago, seuls 1% des « dispensaires » appar­tiennent à des Noirs ; à New York, sans doute pas mieux.

À New York, chercher « weed stores » sur internet renvoie à 100% de boutiques illégales. L’une d’elles, pleine d’humour, s’est baptisée « Prohibition » ; certaines « épiceries » vendant la drogue illégale acceptent en paiement… des tickets-restaurant. Devant une concurrence sans règles ni limites, les « dispensaires » légaux titubent déjà au bord de la faillite. L’anarchie règne, la ville et l’État de New York se renvoient la patate chaude.

« L’enfer est pavé de bonnes intentions » : même pour les « progressistes » américains.

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Quels sont les effets de l’alcool sur notre intestin?

C’est un fait scientifiquement prouvé: la consommation excessive d’alcool est mauvaise pour notre santé. Mais quels sont les effets de cette substance sur notre flore intestinale? Dans les colonnes de HLN, le professeur Jeroen Raes, du Flemish Intestinal Flora Project, nous explique comment l’alcool peut affecter notre intestin. “Selon une récente étude, un intestin en mauvaise santé pourrait contribuer à l’état de manque ou à l’envie d’alcool.”

Inge Stiers, Elise Lucca 05-03-24

Les études scientifiques s’accordent depuis bien longtemps sur les méfaits de l’excès d’alcool. Les personnes qui boivent plus que le maximum recommandé de dix verres par semaine courent un risque accru de contracter plus de 200 maladies et problèmes de santé. Selon des études récentes, cette substance nocive affecte également notre intestin. Et cela n’est pas sans conséquences, car un microbiome sain est essentiel pour une bonne digestion, une bonne immunité et une bonne santé intestinale.

Une flore intestinale en bonne santé

Pour bien comprendre l’impact de la consommation d’alcool sur notre intestin, il faut d’abord savoir à quoi ressemble une flore intestinale saine. “Dans le cadre d’un projet scientifique, nous avons analysé la flore intestinale de quelque 5.000 Flamands afin d’en savoir plus sur la nature, la fonction et le fonctionnement des milliards de bactéries qui vivent dans nos intestins”, explique le professeur Jeroen Raes à HLN.

“Nos recherches montrent qu’il est très difficile de définir une flore intestinale saine, car il existe des variations importantes entre les individus. De nombreux facteurs influencent également la composition de cette flore intestinale, tels que l’alimentation, la prise de médicaments ou le temps de passage des aliments dans le système digestif.”

“En revanche, nous pouvons plus facilement voir à quoi ressemble une flore intestinale en mauvaise santé et quand elle est perturbée. Une flore intestinale malsaine présente une faible biodiversité, et donc peu de types de bactéries différents. En outre, on y trouve davantage de bactéries liées à l’inflammation et moins de bactéries bénignes. Les personnes dont la flore intestinale est perturbée ont également moins de bactéries par gramme de selles. En résumé, elles ont moins de bactéries, moins de types différents de bactéries et plus de mauvaises que de bonnes.”

L’effet de l’alcool sur l’intestin

“Dans le cadre de cette étude, nous avons également examiné très spécifiquement l’effet de l’alcool sur la flore intestinale, ce qui a montré que la différence entre un buveur et un non-buveur dans le cas d’une consommation modérée d’alcool était presque négligeable”, détaille le professeur. “On observe des effets majeurs sur l’intestin seulement en cas de consommation excessive d’alcool.”

Les réactions inflamma­toi­res peuvent conduire au cancer du côlon, par exemple

“Certaines études ont révélé que les personnes aux prises avec un problème d’alcool présentent souvent un déséquilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries intestinales. C’est ce qu’on appelle la ‘dysbiose’. Les buveurs excessifs souffrant de dysbiose présentent également un risque accru de fuite intestinale.

Dans ce cas, les cellules de la paroi intestinale ne s’emboîtent plus correctement, ce qui crée des ouvertures microscopiques. Cela permet aux toxines et aux bactéries de pénétrer dans la paroi intestinale et de s’infiltrer dans les tissus sous-jacents et dans le reste du corps. Cela peut provoquer une inflammation.”

Selon Jeroen Raes, il ne faut pas prendre cette situation à la légère. “Les réactions inflammatoires peuvent conduire au cancer du côlon, par exemple. On peut donc voir clairement qu’il existe des liens entre la flore intestinale et l’inflammation, entre l’inflammation et le cancer du côlon et entre l’inflammation et l’alcool. Mais nous n’avons pas encore suffisamment de connaissances sur l’ordre exact de tout ceci.”

Effet sur le comportement addictif?

Autre découverte étonnante: un intestin en mauvaise santé pourrait contribuer à l’état de manque ou à l’envie d’alcool. Dans une étude récente datant de 2023, des scientifiques ont examiné la flore intestinale de 71 personnes âgées de 18 à 25 ans. Les résultats, publiés dans la revue scientifique “The Lancet”, ont montré que les personnes qui s’adonnent plus fréquemment à la consommation excessive d’alcool présentaient des modifications du microbiome liées à une plus grande appétence pour l’alcool.

“Il ne s’agit que d’une seule étude, donc je ne peux pas me prononcer davantage. Mais les résultats sont intéressants”, commente Jeroen Raes. “Nous avons également découvert qu’il existe un lien entre la composition de la flore intestinale et la dépression.

Les bactéries intestinales produisent de nombreuses substances, les neurotransmetteurs. Ceux-ci ont un effet sur le fonctionnement de notre cerveau et de nos nerfs. Cela pourrait expliquer le lien avec le comportement addictif. Mais il faudra encore de nombreuses années de recherche pour découvrir exactement comment cela fonctionne.”

Il faut bien comprendre qu’il s’agit ici d’une consommati­on modérée d’alcool. Dès que l’on commence à en abuser, ces effets positifs sont annulés – Le professeur Jeroen Raes

Les dessous du trafic de drogue dans l’ouest de la France

Dans l’ouest, ce marché est dominé par quelques individus ayant la capacité de faire venir de grandes quantités de produits stupéfiants… par des moyens toujours plus sophistiqués.

Et quand il s’agit d’écouler le produit, les narcotrafiquants sont aussi à la pointe de l’innovation, comme en témoigne l’effarant succès des réseaux « ubershit » avec leurs livreurs de cocaïne à domicile et autres promos sur le cannabis.

Dans le troisième volet de « Marée blanche », notre enquête au long cours sur le trafic de drogue, zoom sur les réseaux parfois tentaculaires à l’oeuvre et leurs méthodes.

Les dessous du trafic de drogue dans l'ouest de la France

Marée blanche, notre série-enquête en 5 épisodes sur le trafic de drogue

Episode 1 : Drogue sur les docks

Episode 2 : La France submergée

Episode 3 : Des réseaux tentaculaires (vous êtes ici)

Episode 4 : diffusion à partir du 12 mars

Episode 5 : diffusion à partir du 26 mars

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