Un an et demi après avoir dépénalisé la consommation de cannabis, la Thaïlande s’apprête à restreindre son usage. Les acteurs de cette industrie naissante, mais déjà en plein essor, s’inquiètent.
Dix-huit mois après avoir voté une des lois les plus libérales de la région, la Thaïlande est sur le point d’interdire l’utilisation récréative du cannabis. Une nouvelle version de la loi sera soumise en Conseil des ministres la semaine prochaine, a annoncé mardi 6 février le ministre de la Santé, Cholnan Srikaew.
“Le texte révisé conserve la disposition essentielle selon laquelle le cannabis ne doit être utilisé qu’à des fins médicales,explique le Bangkok Post. Mais il stipule clairement que toute utilisation à des fins récréatives ne sera pas autorisée.”
Nous sommes le pays avec le plus de nouveaux consommateurs de ce genre de boisson : +25%
Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’il y ait la mousse ! De plus en plus de Français troquent leur habituelle pinte de blonde pour une bière sans alcool, séduits par une offre croissante et les avantages pour leur santé, sans renoncer pour autant au caractère festif et convivial souvent associé aux boissons alcoolisées.
Lancée dans les années 70, la bière sans alcool a initialement été pensée pour un marché de niche : les automobilistes, les femmes enceintes ou les anciens alcooliques. Mais ces dernières années, l’offre a été diversifiée et élargie. Le nombre de marques a doublé depuis 2010, atteignant plus de 700, selon la Fédération des Brasseurs. Une conséquence de l’amélioration des techniques de brassages et des arômes, permettant d’améliorer le goût du produit, longtemps un frein pour la massification du marché.
Pour conserver le goût d’une boisson alcoolisée, les fabricants utilisent pourtant les mêmes ingrédients. Baléa, une brasserie du pays basque sollicité dans le sujet ci-dessus, a lancé sa bière sans alcool il y a deux ans. Ce qui change ? Ce sont les quantités. En d’autres termes, il faut limiter le sucre, soit ce que consomment les levures pour fabriquer de l’alcool pendant la fermentation. Résultat : une bière quasiment sans alcool, vendue au même prix qu’une bière traditionnelle.
Le sans alcool a même séduit certains domaines prestigieux autour de Saint-Émilion (Sud-Ouest). Le vin est envoyé en Allemagne pour retirer l’alcool à l’aide d’une machine perfectionnée. Il y est distillé ; les arômes sont retirés avant d’être réinjectés une fois l’opération terminée. 50.000 bouteilles sont vendues chaque année depuis sa création en 2019.
Environ six consommateurs de cannabis sur mille au Canada présentent un syndrome de vomissements en série. Le risque est plus élevé chez les utilisateurs fréquents, surtout s’il consomme du cannabis avec un fort taux de THC.
On associe la marijuana à l’appétit. Mais pour certains utilisateurs fréquents, la drogue est liée à des vomissements en série. Le « syndrome d’hyperémèse cannabinoïde » est de plus en plus présent dans les urgences.
« La prévalence du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde a augmenté du tiers avec la légalisation du cannabis au Canada en 2018 », explique Christopher Andrews, un gastroentérologue de l’Université de Calgary qui a fait le point sur la question il y a un an dans la revue Alimentary Pharmacology & Therapeutics. « Au début de la pandémie, il y a eu une forte augmentation, avec une prévalence deux fois plus importante qu’avant la légalisation. »
Ce syndrome se caractérise par des vomissements incontrôlables qui amènent les patients aux urgences. « On voit de plus en plus ça depuis une dizaine d’années », confirme Martin Laliberté, urgentologue et toxicologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). « Ce sont des patients difficiles à suivre. Après leur départ des urgences, souvent on n’entend plus parler d’eux. »
Comment une substance associée aux fringales peut-elle susciter de telles nausées ? « C’est un dérèglement du système endocannabinoïde dû à une forte consommation de cannabis avec une haute concentration de THC », explique la sommité mondiale de ce syndrome, la gastroentérologue Thangam Venkatesan, de l’Université d’État de l’Ohio.
La Dre Venkatesan, qui suit 1600 patients présentant ou ayant présenté ce syndrome aux États-Unis, au Canada et en Inde, a découvert que cette forte consommation rend le système endocannabinoïde plus vulnérable au stress.
« C’est un système qui aide à la réponse aux stresseurs, dit-elle. Le cannabis l’active, ce qui diminue la réponse au stress. Mais si on consomme trop de cannabis avec un fort taux de THC, les récepteurs du système endocannabinoïde deviennent moins nombreux, parce qu’ils sont surstimulés par le cannabis. Alors on devient paradoxalement plus vulnérable au stress. Parfois, simplement se lever le matin devient trop stressant et on se met à avoir des vomissements incontrôlables. »
Selon le Dr Andrews, environ six consommateurs de cannabis sur mille au Canada ont ce problème. Mais comme seulement 18 % des consommateurs de cannabis en consomment chaque jour, selon les données de Statistique Canada, le risque est plus élevé chez les utilisateurs fréquents.
« Et si on consomme des concentrés de THC, avec des taux dépassant 75 % plutôt que 20 % dans du cannabis normal, le risque est encore plus élevé, dit la Dre Venkatesan. On a vu apparaître ce problème parce que même dans le cannabis normal, les taux de THC sont beaucoup plus élevés qu’avant. Il y a 30 ans, le cannabis ne contenait que 4 ou 5 % de THC. »
Douches chaudes
La chaleur peut amenuiser les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. « Les gens peuvent prendre jusqu’à 10 ou 15 douches chaudes par jour », dit la Dre Venkatesan.
Bien que certains antipsychotiques pourraient potentiellement aussi amenuiser les symptômes, la seule solution est d’arrêter le cannabis pour permettre aux récepteurs du système endocannabinoïde de se remettre de la surstimulation, selon le Dr Andrews.
« Après six mois d’abstinence, normalement le nombre de récepteurs du système revient à la normale, dit le Dr Andrews. Il y a des études sur des molécules qui pourraient stimuler les récepteurs pour aider à contrôler le vomissement, sans entraver la réactivation des récepteurs pendant l’abstinence. »
Il commence à y avoir des ressources pour aider les fumeurs réguliers de cannabis à arrêter, comme pour l’alcool et les autres drogues, rapporte Didier Jutras-Aswad, psychiatre au CHUM.
A l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’OMS publie les estimations de ce fardeau à l’échelle mondiale. En 2022, 20 millions de nouveaux cas de cancer ont été dépistés. Et l’organisation s’attend à une augmentation de 77 % en 2050.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – l’agence spécialisée dans le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé – vient de publier les chiffres de la maladie pour l’année 2022. Des estimations qui mettent en évidence deux tendances :
le fardeau croissant de la maladie (sociétal, financier, hospitalier…) ;
l’impact disproportionnée sur les populations peu ou mal desservies par les dépistages et l’accès aux soins. Car sur les 115 pays étudiés, 61 % ne financent pas les services de lutte contre le cancer, ce qui, pour les populations concernées s’expriment sur le terrain par un manque de moyens et d’infrastructures.
Une personne sur cinq
En 2022, 20 millions de nouveaux cas de cancer et 9,7 millions de décès ont été recensés. « Environ une personne sur cinq développe un cancer au cours de sa vie« , estiment le CIRC. « Un homme sur neuf et une femme sur douze en meurent. »
Quels cancers ?
En fait, dix types de cancer représentaient les deux tiers des nouveaux cas et décès dans le monde en 2022. Le cancer du poumon demeure le plus fréquent – et le plus meurtrier – avec 2,5 millions de nouveaux cas (12,4 %). Suivi par le cancer du sein (2,3 millions de cas, 11,6 %), puis le cancer colorectal (1,9 million de cas, 9,6 %), le cancer de la prostate (1,5 million de cas, 7,3 %) et le cancer de l’estomac (970 000 cas, 4,9 %).
Plus de 35 millions de cas en 2050
Mais les estimations du CIRC n’annoncent pas une amélioration des chiffres. Plus de 35 millions de nouveaux cas de cancer sont en effet prédits pour 2050, soit une augmentation de 77 % par rapport à 2022. Une augmentation qui reflète à la fois le vieillissement et la croissance de la population. Mais aussi, et c’est là qu’il est possible d’agir, l’exposition toujours importante de la population aux facteurs de risque évitables que sont le tabac, l’alcool, les pesticides et l’obésité. La pollution atmosphérique restant un facteur clé des risques environnementaux.
L’impact de cette augmentation ne se fera pas sentir de la même manière dans le monde. « Ceux qui disposent du moins de ressources supporteront le poids du fardeau mondial du cancer« , déplore le Dr Freddie Bray, chef de la Branche Surveillance du cancer au CIRC. « Malgré les progrès réalisés dans la détection précoce des cancers et dans le traitement et les soins des patients, des disparités significatives existent non seulement entre les régions du monde à revenus élevés et faibles, mais également au sein des pays. Le lieu de résidence d’une personne ne devrait pas déterminer si elle peut vivre. »
Selon un nouveau test, un simple prélèvement d’ADN permettrait d’identifier la propension génétique d’une personne à développer un trouble de consommation d’opioïdes.
Un scientifique procède au séquençage de l’ADN par électrophorèse sur gel, une technique dans laquelle les fragments d’ADN marqués par radioactivité se séparent en fonction de leur taille. Le motif des bandes (en rose fluorescent) est révélé avec une lumière ultraviolette.
Favorisé par une consommation de plus en plus importante de fentanyl et d’autres substances, le nombre décès par surdose de drogue continue d’augmenter aux États-Unis, en particulier depuis la pandémie de Covid-19. En 2022, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies ont recensé 109 540 décès par surdose de drogue, dont la plupart étaient liés à une consommation d’opioïdes.
En décembre 2023, la Food and Drug Administration (Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux) des États-Unis a approuvé le test AvertD (prononcé « averted », qui signifie « évité ») pour les patients de dix-huit ans et plus qui n’ont jamais consommé d’opioïdes et qui doivent recevoir un traitement pour une douleur aiguë, et non chronique. Il s’agit du premier test génétique approuvé visant à identifier les personnes présentant un risque d’addiction aux opioïdes, et du seul test de risque polygénique autorisé par la FDA pour une affection psychiatrique à ce jour.
« La crise des opioïdes est l’une des questions de santé publiques majeures à laquelle sont confrontés les États-Unis. Elle nécessite des mesures innovantes pour empêcher, diagnostiquer et soigner les troubles qui y sont associés, notamment en évaluant le risque de les développer », a déclaré la FDA dans un communiqué qui annonçait sa décision. « Cette approbation est un pas de plus de la FDA pour empêcher de nouveaux cas de troubles de consommation d’opioïdes. »
Néanmoins, certains experts du milieu psychiatrique restent sceptiques sur la véritable efficacité d’un quelconque test polygénique, test qui mesure de petits apports venant de nombreux gènes.
Selon Arpana Agrawal, généticienne psychiatrique de l’université Washington de Saint-Louis, bien que la génétique soit importante pour comprendre l’addiction, les chercheurs ont besoin de davantage d’informations pour identifier une personne à risque. Patrick Sullivan, psychiatre de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill et chercheur principal du Psychiatric Genomics Consortium, la rejoint sur ce point. L’ADN ne représente qu’une partie infime des raisons pour lesquels une personne développe une addiction aux opioïdes ou une maladie comme la schizophrénie. « Ce n’est pas aussi simple que nous aimerions le croire », déclare Agrawal.
Toutefois, ces experts et d’autres interlocuteurs du National Geographic s’accordent à dire que les tests de risque polygénique sont prometteurs pour toute une série d’autres maladies allant des maladies cardiovasculaires au diabète de type 2.
LA PROMESSE D’UN TEST GÉNÉTIQUE
Avant le séquençage du génome humain, l’essentiel du travail des généticiens était centré sur les maladies causées par des mutations dans un seul gène, telles que la mucoviscidose et l’hémophilie. Ces travaux étaient révolutionnaires, mais ne portaient pas sur les affections plus courantes telles que l’hypertension, l’hypercholestérolémie et le diabète.
De nombreuses maladies chroniques résultent d’une interaction complexe de facteurs environnementaux comme la pollution, les traumatismes subis pendant l’enfance et l’accessibilité alimentaire, ainsi que de petites contributions provenant de centaines, voire de milliers, de variants génétiques, et non des conséquences dévastatrices d’un seul gène. Individuellement, l’effet de chaque variant génétique est insignifiant. Cependant, des scientifiques comme Sekar Kathiresan, cardiologue, généticien et fondateur de l’entreprise de biotechnologie Verve Therapeutics, pensaient que toutes ces petites influences pouvaient avoir un effet majeur.
En mars 2008, son équipe a publié sa première découverte dans la revue américaine New England Journal of Medicine, une étude qui rassemblait les effets de neuf variants génétiques en un risque génétique unifié de maladie cardiovasculaire. Kathiresan et ses collègues ont pu combiner les effets infimes de nombreux gènes sur l’ensemble de l’ADN d’une personne en une seule évaluation du risque génétique.
« Il s’agissait d’une preuve de l’hypothèse selon laquelle la génétique était peut-être un élément clé de l’apparition du risque de maladie », explique Kathiresan.
Les scientifiques ont rapidement découvert un nombre croissant de variantes génétiques qui influençaient le risque de maladie cardiovasculaire, rendant les résultats de risque polygénique encore plus efficaces pour identifier les personnes dont les gènes les prédisposent aux maladies cardiaques.
Ces personnes ont été traitées de manière plus agressive avec des statines, explique Robert Green, généticien médical à la Harvard Medical School, directeur du programme de recherche Genomes2People au Mass General Brigham et consultant rémunéré par Allelica, une société qui vend des tests de score de risque polygénique. Des études ultérieures ont montré que cela contribuait probablement à réduire leur risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.
LES LIMITES DE CE TEST
Les scientifiques se sont mis à chercher d’autres utilisations des scores de risque polygénique. Ils ont pu calculer des scores de risque polygénique particulièrement utiles au dépistage et à la prévention de maladies telles que le diabète, la maladie d’Alzheimer et les cancers du sein et de la prostate, explique Kathiresan.
Dans d’autres domaines, cependant, ils ont commencé à rencontrer des problèmes, en particulier lorsqu’ils ont tenté d’identifier les variations de l’ADN susceptibles de contribuer à des pathologies comme le trouble bipolaire, la schizophrénie et le trouble de l’usage d’opioïdes.
Denombreusesétudes ont démontré que le risque de troubles mentaux était en grande partie héréditaire et que les personnes diagnostiquées possédaient un ensemble de variantes génétiques différentes de ceux qui n’en avaient pas.
Toutefois, déterminer l’utilité du score de risque spécifique est souvent plus difficile que de procéder à son calcul. Sullivan prend l’exemple de la taille : l’homme moyen est nettement plus grand que la femme moyenne, mais il y a beaucoup d’hommes petits et de femmes grandes. Par conséquent, il n’est pas possible de deviner avec précision le sexe d’une personne en se basant sur sa taille, explique-t-il. De même, les scientifiques pourraient être en mesure de détecter des différences génétiques entre les personnes souffrant de troubles psychiatriques et celles qui n’en souffrent pas, mais ces deux groupes se chevauchent trop pour qu’on puisse les différencier.
Les scientifiques ne savent toujours pas pourquoi. L’une des possibilités est qu’ils n’en savent pas encore assez sur la génétique sous-jacente des troubles psychiatriques pour pouvoir se servir d’un test permettant d’identifier un risque génétique élevé ou faible. L’autre possibilité est que les différences génétiques entre les personnes à haut risque et à faible risque ne sont tout simplement pas assez importantes pour être utiles d’un point de vue médical.
En outre les personnes d’ascendance européenne sont particulièrement sur-représentées dans la plupart des études génétiques, ce qui signifie que les chercheurs en savent généralement moins sur les gènes des personnes d’autres ethnicités, selon une étude parue en 2019. Il est donc plus compliqué de calculer leur score de risque polygénique.
Les scores de risque polygénique ne mesurent pas non plus toute l’étendue du risque d’une personne de développer une maladie. Un score de risque polygénique ne peut pas prendre en compte la myriade de facteurs environnementaux qui ont souvent des répercussions plus importantes que la génétique sur les personnes qui tombent malades. De plus, l’environnement d’une personne est particulièrement malléable, ce qui multiplie les occasions de faire pencher la balance du côté d’une meilleure santé.
« L’ADN n’est pas une fatalité », affirme Kathiresan. « Il s’agit d’une seule composante et elle n’est pas déterministe. »
GÉNÉTIQUE ET TROUBLES DE L’USAGE D’OPIOÏDES
Pourtant, la promesse d’un test qui pourrait empêcher la dépendance aux opioïdes chez certaines personnes a séduit de nombreux scientifiques.
Keri Donaldson, fondateur et PDG de Solvd Health, le fabricant de l’AvertD, pensait que les algorithmes d’intelligence artificielle étaient à même d’identifier les personnes présentant un risque génétique élevé de développer un trouble de l’usage d’opioïdes.
Au lieu d’isoler des variantes génétiques spécifiques pour calculer le risque d’une personne, Donaldson s’est servi d’un ordinateur pour déterminer les différences génétiques entre les personnes qui ont abusé des opiacés et celles qui n’en ont pas abusé. L’étude a analysé des millions de points le long du génome et a identifié quinze variantes génétiques qui pourraient aider à distinguer ces deux groupes.
L’effet collectif de ces variantes est calculé à l’aide d’un modèle mathématique qui attribue à chaque personne testée un score compris entre 0 et 1. Un score supérieur à 0,33 indique un risque génétique élevé d’abus d’opioïdes. Plus le score est élevé, plus le risque est important. Ces informations constituent la base d’AvertD.
Cependant, lorsque l’équipe d’Agrawal a essayé d’utiliser l’intelligence artificielle pour prédire le risque de troubles liés à l’utilisation d’opioïdes, celle-ci n’a pas été en mesure de reproduire les résultats. Selon elle, les chercheurs ont besoin d’études plus diversifiées et plus vastes pour être en mesure d’identifier ce risque par un test.
« Chaque fois que nous observons ces facteurs polygéniques, nous devons prendre en compte qu’ils ne seront qu’une partie de la solution. Les facteurs environnementaux sont leur complément », explique-t-elle.
Donaldson admet qu’AvertD n’est pas une boule de cristal et que « le nier n’est pas la solution. » Il défend la science qui sous-tend le test et cite une étude qui montre que, dans plus de 80 % des cas, les algorithmes d’AvertD sont capables de faire la distinction entre les personnes atteintes ou non d’un trouble de l’usage d’opioïdes. « Le trouble de la consommation d’opioïdes est un trait complexe, à la fois inné et acquis. Nous fournissons des informations sur les raisons génétiques de ce trouble », précise-t-il.
COMPRENDRE SON PROPRE RISQUE
Alors que ces tests gagnent en popularité, les cliniciens doivent apprendre à interpréter leurs résultats avec les patients. Selon Donaldson, la clé est d’informer les prescripteurs.
« Nous avons commencé par nous demander comment aider les patients individuels, ainsi que les prescripteurs, à comprendre les risques d’une nouvelle manière », explique-t-il.
On ne lit pas ces scores comme on lit la météo, met-il en garde. Par exemple, un score AvertD de 0.5 ne signifie pas que vous avez 50 % de chances de développer une addiction aux opioïdes. Cela veut plutôt dire que votre risque est plus élevé que la moyenne et que vous devriez peut-être éviter les traitements qui contiennent des opiacés.
« Une fois les scores de risque AvertD en main, les médecins et les patients peuvent avoir une conversation informée sur les façons d’éviter les opioïdes ou d’utiliser des options alternatives de gestion de la douleur », ajoute-t-il.
Toutefois, Agrawal s’inquiète de ce que cela pourrait signifier pour les personnes dont les tests indiquent qu’elles présentent un risque génétique élevé de dépendance aux opioïdes. Elle affirme que de nombreux médecins ne comprennent toujours pas comment traiter la douleur sans opioïdes, ce qui pourrait entraîner des souffrances inutiles.
Au lieu d’identifier la dépendance aux opioïdes, elle préfère se concentrer sur « la façon dont nous pouvons faciliter le chemin vers la guérison et la sécurité », dit-elle.
L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives alerte sur une recrudescence des nouvelles substances en circulation, comme la cocaïne rose ou des cannabinoïdes de synthèse.
La « cocaïne rose », qui se présente sous forme de poudre rose, a été repérée pour la première fois en France en 2022 — Shutterstock
Des drogues de plus en plus pures et dangereuses. De nouveaux produits stupéfiants circulent en France, relève ce mercredi 31 janvier une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), qui cite les exemples de la cocaïne rose ou des cannabinoïdes de synthèse.
Plus inquiétant encore : la pureté de la cocaïne en circulation sur le territoire. L’OFDT pointe du doigt un « risque d’intoxication » de plus en plus important. Cette étude s’appuie sur plus de 600 échantillons de produits psychoactifs récoltés en 2022 par le Système d’identification national des toxiques et des substances (SINTES), dispositif d’observation de la composition des produits psychoactifs illicites coordonné par l’OFDT.
De « nombreuses tromperies » à l’insu des usagers
Parmi ses enseignements, la forte teneur en cocaïne des échantillons récoltés : plus de 70 % des 123 échantillons analysés « ont pu bénéficier d’un dosage en cocaïne » et neuf se sont avérés purs, indique l’OFDT.
Or, « une augmentation de la teneur en cocaïne a pour conséquence une élévation du risque d’intoxication aiguë et de développement de complications liées à sa toxicité« , avertit l’Observatoire. Plus de 56 % des échantillons de cocaïne analysés ne contenaient pas de produits de coupe.
L’OFDT note également les « nombreuses tromperies » à l’insu des usagers de la 3-MMC, drogue de synthèse classée comme stupéfiant aux Pays-Bas. « En 2022, sur les 56 échantillons collectés supposés être de la 3-MMC, seuls 12 (21,4 %) sont réellement exclusivement composés de 3-MMC« , précise l’OFDT.
Des produits vendus comme contenant du CBD
Autre produit en circulation, la « cocaïne rose », qui se présente sous forme de poudre rose, a été repérée pour la première fois en France en 2022 par le dispositif SINTES. Documenté dès 2021 via le dispositif TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues), les analyses ont mis en évidence une association récurrente de MDMA et de kétamine, sans la présence de cocaïne. Méconnu, ce produit peut occasionner « des complications inattendues pour l’usager à cause de son nom trompeur« , poursuit l’OFDT.
Ce rapport du SINTES souligne par ailleurs l’émergence d’un nouveau produit de synthèse cannabinoïde, apparu en France à l’automne 2022, l’hexahydrocannabinol (HHC). « Certaines collectes ont permis d’objectiver une tromperie car certains produits étaient vendus comme contenant du CBD« , molécule non psychotrope du cannabis, affirme l’OFDT.
Par Jean-Marie Cardebat, Professeur d’économie à l’Université de Bordeaux et Prof. affilié à l’INSEEC Grande Ecole, Université de Bordeaux
Publié le 31/01/2024
Face au succès de la bière sans alcool, la filière vin commence à s’intéresser à cette filière sérieusement. Et à y voir une des options stratégiques de sortie de crise. Décryptage
Une étude de Santé publique France parue le 23 janvier dernier souligne la baisse marquée de la consommation d’alcool par les Français et la montée en puissance de la pratique du Dry January (le « Défi de janvier » qui consiste à ne pas boire d’alcool le premier mois de l’année, né en Angleterre en 2012).
Matthias Giroud, mixologue à Paris, s’est spécialisé dans l’élaboration de cocktails sans alcool haut de gamme. Il décrit un marché en pleine montée en puissance
En parallèle, au cours de ce mois de janvier débute l’arrachage de près de 10 000 hectares de vignes à Bordeaux, symbole du désarroi d’une filière vitivinicole à l’agonie. L’antagonisme entre les acteurs de cette filière et les hygiénistes s’en trouve encore renforcé. Il existe pourtant une porte de sortie à la crise viticole compatible avec les critères sanitaires les plus stricts. C’est la désalcoolisation du vin.
La bière a déjà en partie fait sa mue, tandis que les spiritueux s’y mettent. Dans ces deux secteurs, le segment « sans alcool » connait une forte croissance ces dernières années, notamment auprès des plus de 40 ans qui souhaitent réduire leur consommation d’alcool, mais aussi des jeunes, dans les marchés les plus matures sur les questions de santé (Europe, Amérique du Nord).
Selon l’organisme Statista, la part du « sans alcool » dans le marché mondial de la bière atteindrait ainsi 5,5 % en 2024. Face à ce succès, la filière vin commence à s’y intéresser sérieusement et à y voir une des options stratégiques de sortie de crise. La croissance attendue serait en effet à deux chiffres dans les années à venir pour le vin « sans alcool ». Cette croissance aurait l’immense avantage d’adapter la filière à un scénario hygiéniste tel que décrit dans une publication récente de prospective.
Un vin plus cher à produire
Cependant, les écueils restent nombreux, à la fois du côté de l’offre, de la demande et du législateur. Sur le plan de la réglementation, les juristes de la Commission européenne ont dû débattre de la possibilité d’utiliser le terme « sans alcool » pour un vin tant la formule paraît antithétique. Lors de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) du 1 janvier 2023, les règles ont été clarifiées : un vin « sans alcool » doit avoir une teneur en alcool inférieure à 0,5°. Entre 0,5° et 8,5° d’alcool, on parle de vin « partiellement désalcoolisé ».
L’organisation internationale du vin (OIV) travaille actuellement à un cadre normatif sur cette question. En France, l’Institut national des appellations d’origine (Inao) continue de son côté d’étudier la question de la dénaturation du terroir par les techniques de désalcoolisation.
La complexité du débat réglementaire reflète les mentalités dans la filière. Car l’un des premiers freins au développement du « sans alcool » est le scepticisme de certains professionnels eux-mêmes. Le vin est un bien culturel. Il est l’expression d’un terroir et, dans une approche de puriste, doit subir le moins de transformation possible.
Or les vins désalcoolisés doivent passer par un processus technique visant à enlever l’alcool et sont susceptibles d’altérer sa typicité. L’alcool est vu comme faisant partie intégrante du vin et un « vin sans alcool » ne serait dès lors pas un vin.
Deux techniques de désalcoolisation existent : l’osmose inverse et la distillation. Il ne s’agit pas ici de décrire ces techniques de manière exhaustive. Disons simplement que la première technique consiste à utiliser une membrane très fine pour capturer l’alcool, tandis que la seconde consiste à chauffer le vin pour récupérer l’alcool qui s’évapore avant l’eau. Selon les méthodes, des arômes sont capturés également et le goût ne pourra en effet pas être équivalent à un celui d’un vin alcoolisé.
Toutefois, les techniques se perfectionnent et, à l’instar de la bière, les résultats s’améliorent. Ces techniques induisent toutefois des équipements spécifiques, du temps et de l’énergie, qui expliquent que le vin « sans alcool » est plus cher à produire que le vin avec alcool.
Marketing du « sans »
La question du consentement du consommateur à payer plus cher du « sans alcool » se pose alors. On enlève une caractéristique du produit, donc celui-ci devrait être moins cher. C’est en partie les conclusions d’études menées dans les années 2000 et 2010 par différents chercheurs en marketing.
D’autres travaux, portant plus directement sur la dégustation, ont montré une moindre appréciation des vins désalcoolisés, notamment chez les professionnels et les amateurs confirmés. Le vin « sans alcool » ou « partiellement désalcoolisé » n’apparait dès lors que comme un substitut imparfait car de moindre qualité du fait d’une aromatique modifiée par les techniques de désalcoolisation.
Il n’y a guère d’études récentes, post-Covid, permettant de tester une autre hypothèse : celle d’un changement d’attitude d’une partie non négligeable des consommateurs qui seraient, depuis le tournant des années 2020, prêts à payer plus cher pour la caractéristique « sans alcool ». Finalement, le succès des vins dits « nature » réside en partie sur le concept du « sans » : sans sulfite, sans traitement de la vigne, sans levure exogène, etc.
Or le goût des vins nature a souvent été pointé du doigt par les amateurs de vins. Boire un vin nature était vu comme une forme de militantisme pas toujours compris par nombre de professionnels et d’amateurs. Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de cavistes spécialisés dans les vins nature.
Ce marketing du « sans » existe d’ailleurs depuis longtemps dans l’agroalimentaire : le sans gluten, sans sucre, etc. L’information, le message qui sera délivré au consommateur jouera un rôle clef pour favoriser l’acceptation d’un vin au goût modifié et d’un prix en moyenne plus élevé.
Car les études précédentes montrent que l’information délivrée en amont (ou en aval) altère la perception du vin, « avec » ou « sans alcool ». Le message adressé par les vins nature a permis de faire accepter un goût parfois différent. Il pourrait en être de même pour les vins « sans alcool ».
En d’autres termes, le succès du « sans alcool » auprès des consommateurs tiendra autant au discours et au positionnement marketing qu’à l’amélioration des méthodes de désalcoolisation. Notons enfin que la grande majorité des travaux antérieurs portent sur des vins partiellement désalcoolisés et non « sans alcool » (selon la définition précédente). Un message « militant » est sans doute plus simple à exprimer pour un vin « sans alcool » que pour un vin partiellement désalcoolisé qui pourrait être vu comme cumulant le pire des deux univers : trop alcoolisé pour les uns et dénaturés pour les autres.
Le vin « sans alcool » constitue néanmoins clairement un débouché prometteur. Il représente une des pistes à creuser, parmi d’autres, pour sortir la filière vin de la crise actuelle.
Les substances addictives, telles que l’alcool ou les drogues, sont capables d’entraîner des modifications dans le cerveau en modifiant la régulation et l’expression de certains gènes. Ces mécanismes pourraient être utilisés pour tenter de lutter contre les effets de dépendance.
Les substances addictives, comme l’alcool ou les drogues, entraînent souvent des phénomènes de dépendance. Les personnes vont alors ressentir des envies intolérables qui les poussent à consommer. Ces problèmes de dépendance ne sont pas des problèmes de volonté, mais ont en fait des aspects neurobiologiques et génétiques. Certains gènes du cerveau seraient notamment reprogrammés, ce qui pourrait aider à lutter contre la dépendance. Les scientifiques ont expliqué ces mécanismes dans la revue The Conversation.
Dépendance à des substances addictives, de quoi parle-t-on ?
La dépendance se définit comme « une tolérance accrue, une consommation compulsive, une perte de contrôle et un usage continu malgré des problèmes physiques et psychologiques causés ou exacerbés par la substance ». C’est donc une envie irrépressible et incontrôlable d’une substance, qui mène à une addiction.
Contrairement à ce que l’on peut parfois penser, ce n’est absolument pas un manque de volonté. En réalité, les addictions sont de véritables pathologies cérébrales qui ont des conséquences délétères. Les addictions concernent plusieurs millions de personnes en France. C’est le tabac qui est la substance la plus addictive.
Une addiction n’est pas nécessairement liée à la consommation de substances. On peut aussi devenir « addict » de certaines pratiques, comme le jeux, le temps passé sur les réseaux, le sexe… Dans tous les cas, les symptômes sont les mêmes. L’addiction se traduit par une perte de contrôle du niveau de consommation ou de pratique. On observe également une modification de l’équilibre émotionnel, des troubles d’ordre médical ou encore des perturbations de la vie personnelle, professionnelle et sociale.
Plusieurs facteurs influent sur la survenue d’une addiction. Il y a notamment des aspects neurobiologiques. Ainsi, par exemple, le niveau d’activité des neurotransmetteurs, des substances qui assurent la transmission d’influx nerveux, et donc de messages, entre deux neurones, varie en fonction des individus. Or, les neurotransmetteurs régissent les fonctionnements et les comportements. Cela peut donc constituer une vulnérabilité à l’addiction chez certaines personnes. Cette variabilité neurobiologique est principalement due à des facteurs génétiques.
Des variations génétiques expliquent également en partie la variabilité des effets ressentis par chacun face à une même drogue. Certaines vont donc favoriser l’apparition d’une addiction. L’influence de l’environnement est également crucial. Le stress, le contexte social et amical ou encore l’existence de troubles psychiques sont autant de facteurs déterminants.
Le rôle du cerveau dans l’addiction
Aujourd’hui, on connaît de mieux en mieux les mécanismes neurobiologiques de l’addiction. Ils sont principalement liés à ce qu’on appelle le « système de récompense ». C’est un circuit du cerveau qui est responsable des sensations de plaisir que l’on ressent après certaines actions. Le simple fait de manger un aliment appètent déclenche ce circuit de la récompense.
Dans le cas des addictions, c’est ce mécanisme qui est perturbé. Cela résulte soit de la prise de substances addictives qui démultiplient la sensation de plaisir, soit d’un dysfonctionnement du cerveau qui ne régule plus correctement le système de récompense. Si un individu présente ces deux facteurs, il peut déclencher une addiction.
Les facteurs génétiques sont de mieux en mieux identifiés. Ainsi, de précédentes études ont déjà pu mettre en évidence certains gènes en lien avec les addictions. Les scientifiques ont notamment découvert certains gènes qui expliqueraient 14% du risque attribuable à la dépendance au tabac. De même des variants codant pour des enzymes alcool-déshydrogénases sont associés à la dépendance à l’alcool. Les chercheurs ont également découvert des gènes impliqués dans la dépendance à des substances addictives psychotropes, telles que l’héroïne.
Mieux comprendre les mécanismes moléculaires de la dépendance, en particulier au niveau des facteurs génétiques, permettent aux chercheurs d’envisager de nouveaux traitements à ces addictions. Ce sont ces recherches que les scientifiques présentent aujourd’hui.
Comment les substances addictives peuvent influencer sur l’expression des gènes ?
De précédentes études menées chez les animaux indiquent que les substances addictives influencent directement des changements dans l’expression des gènes de certaines zones du cerveau. Il s’agit principalement de celles impliquées dans le système de récompense, dont nous avons parlé précédemment.
Ces modifications sont diverses. Les drogues (alcool et tabac compris) peuvent ainsi modifier des protéines qui se lient à l’ADN et qui ont pour rôle d’activer ou désactiver certains gènes, voire même certains segments de la molécule d’ADN. En effet, pour tenir dans le noyau des cellules, l’ADN se replie autour de protéines de structure, les histones. Plus il est replié, moins les gènes sont accessibles et donc lisibles. Des substances peuvent donc modifier ces repliements. Cela engendre des modifications dans les processus de lecture et de traduction de l’ADN en protéines. En outre, cela modifie également certaines protéines déterminant la manière dont les cellules utilisent l’énergie pour fonctionner.
L’ADN se replie autour de protéines de structure, les histones.
Les chercheurs ont clairement remarqué que, chez les mouches et les humains, l’alcool provoque l’expression d’une forme alternative d’un gène dans les circuits de mémoire. Cela entraîne alors des modifications des récepteurs de la dopamine et des facteurs de transcription impliqués dans la signalisation de la récompense et la fonction neuronale. D’un autre côté, la cocaïne peut provoquer l’expression d’un certain variant d’un gène jouant un rôle dans le système de récompense des souris. Ces dernières recherchent alors davantage de cocaïne.
Des substances addictives qui interagissent directement dans le cerveau
On ne comprend pas encore complètement les mécanismes déclenchés par les drogues. Il commence pourtant à y avoir quelques indices, notamment avec une étude de la consommation d’alcool chez la souris. Les chercheurs ont alors observé qu’un sous-produit de la dégradation de l’alcool dans le foie, l’acétate, peut traverser la barrière hémato-encéphalique. Elle parvient alors dans le cerveau et déroule l’ADN dans les cellules des circuits de la mémoire.
Enfin, l’alcool, la nicotine, la cocaïne et les opioïdes activent également d’importantes voies de signalisation. Or, ces dernières sont des régulateurs centraux du métabolisme. Cela suggère donc qu’ils peuvent influencer sur la fonction neuronale et, plus précisément, sur les gènes spécifiques.
Inverser la modification des gènes en adaptant son mode de vie ?
Cependant, les changements engendrés dans l’expression des gènes du cerveau ne sont pas permanents. Il existe des façons de les contrer, notamment avec certains traitements, voire même en adaptant son mode de vie.
Les médicaments, comme les substances addictives, peuvent aussi modifier l’expression des gènes. C’est par exemple le cas des antidépresseurs et des stabilisateurs de l’humeur. Ainsi, l’escitalopram, couramment prescrit contre la dépression, influe sur la façon dont l’ADN s’enroule étroitement. Ceci engendre alors une modification de l’expression de gènes importants pour la plasticité cérébrale. Le but des scientifiques est de rechercher des thérapies qui pourraient modifier les gènes pour traiter les dépendances aux substances addictives.
Les médicaments ne seraient pas les seuls façons de traiter ces dépendances. Les choix de mode de vie peuvent aussi être déterminants. En effet, eux aussi peuvent modifier les gènes du cerveau. Par exemple, une méditation intensive, même après une seule journée, réduit l’expression des gènes impliqués dans l’inflammation.
Chez les animaux, l’exercice modifie aussi l’expression des gènes. Il agit ainsi sur les histones et sur certaines molécules directement liées à l’ADN. Ces actions augmentent l’activité de gènes importants pour l’activité et la plasticité des neurones. Cela conforte les précédents études indiquant que l’exercice améliore l’apprentissage et la mémoire et ainsi diminue les risques de démence.
Les chercheurs ne savent pas encore si ces changements de mode de vie peuvent contrer les modifications engendrées par les substances addictives. Cependant, réduire la consommation de drogues (tabac et alcool compris) et adopter des modes de vie sains apportent des bénéfices durables à la santé physique et mentale.