Augmentation du nombre et de la sévérité des intoxications liées à la consommation de cocaïne

Point d’Information ANSM.

Une augmentation préoccupante du nombre et de la sévérité des intoxications liées à la consommation de cocaïne a été constatée par le réseau des centres d’addictovigilance français (CEIP-A*) et rapportée à LAgence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

L’ANSM souhaite donc rappeler aux médecins des services d’urgences, des services d’urgences psychiatriques, cardiologiques, neurologiques et du SAMU, les symptômes d’une intoxication par la cocaïne afin de permettre une prise en charge médicale plus rapide de ces patients.

Les données du réseau des CEIP semblent montrer un nombre de signalements d’intoxication à la cocaïne multiplié par deux entre 2015 et 2016 et cette augmentation continue d’être constatée pour l’année 2017. Elle pourrait être liée à l’augmentation de la concentration du produit vendu (augmentation de la « pureté » de la cocaïne) et à sa plus grande disponibilité.

Une enquête nationale d’addictovigilance est en cours afin de mieux circonstancier les cas et l’évolution de la consommation de cocaïne en France. Les résultats seront présentés prochainement.

L’ANSM rappelle aux professionnels de santé :

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*Centre d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance – Addictovigilance

La cocaïne, cinquième pourvoyeur d’infarctus du myocarde du sujet jeune

Un article récent de Carillo et coll. Dans l’European Heart Journal (2011) rapporte ce chiffre préoccupant.

On savait depuis longtemps que la cocaïne, lors d’usages répétés, provoque des accidents cardiaques. Expérimentalement , on observe que, d’une part elle est vasoconstrictrice, diminuant le débit coronaire, et que d’autre part elle est thrombogène, cause de coagulation intravasculaire. Si on y ajoute ses effets toxicomanogènes, on comprend aisément qu’elle ait été supprimée de la pharmacopée.

Elle revient par le biais de son utilisation illicite plus grave que jamais : la raison en est simple et résulte de son utilisation par voie intraveineuse.

Le toxicomane, à la recherche d’un effet immédiat et intense, l’injecte sous forme d’un bolus, injection rapide flash.
Ce bolus atteint le cœur avant le cerveau et avant d’être dilué dans la masse du sang circulant ; la dose totale injectée est en contact direct avec le tissu cardiaque qui reçoit la dose maximale.

Utilisée par voie veineuse, en flash, elle est beaucoup plus toxique, ce qui explique l’observation de ces cardiologues et l’apparition de ces nouveaux accidents.

Jean-Paul Tillement