Une journaliste « un peu embrumée » pendant un reportage sur le cannabis

Une reporter américaine de la chaîne CNN a confié avoir ressenti les effets de la marijuana, au cours de son enquête dans le Colorado, où la consommation de cette drogue est désormais légale.

Par Francetv infopublié le 15/01/2014 | 20:09

Ce sont les risques du métiers. Randi Kaye, une correspondante de la chaîne américaine CNN, a, bien malgré elle, testé les effets du cannabis sur son organisme. La journaliste a vécu cette expérience au cours de son reportage dans le Colorado, un Etat de l’ouest des Etats-Unis où, depuis le 1er janvier, les adeptes de marijuana peuvent en consommer légalement à des fins récréatives. Elle a raconté en détail au célèbre présentateur Anderson Cooper, qui l’interrogeait après la diffusion de son sujet, les sensations qu’elle a éprouvées.

Pour les besoins de son enquête, elle a fait, a-t-elle dit, « des recherches très approfondies ». Notamment au cours d’une séquence tournée dans une limousine avec des consommateurs de cannabis, habitués à en fumer depuis des dizaines d’années. « Ils ont passé un très bon moment », a-t-elle expliqué. « Personne n’avait jamais vu d’aussi gros joints. » Dans la voiture, »il y avait beaucoup de fumée », a-t-elle précisé.

« Je crois que j’ai besoin de rentrer à la maison »

Le résultat ne s’est pas fait attendre. « Mon cerveau étais un peu embrumé. Je n’arrivais pas à penser correctement. Je n’arrivais plus à me rappeler certaines des questions que je voulais poser. Cela ne m’était jamais arrivé sur le terrain. Je commençais à trouver les choses très drôles, bien plus que d’habitude », a décrit la journaliste.

« Je crois que j’ai besoin de rentrer à la maison », a-t-elle conclu, avant de partir dans un grand éclat de rire. Et le présentateur de lui donner un conseil : « Lavez vos vêtements, avant de passer les portiques de sécurité à l’aéroport. On ne sait jamais avec toute cette fumée. »

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Le médicament à base de cannabis dangereux selon l’Académie de Médecine

L’Académie de médecine a mis en garde les patients et les médecins ce mardi contre les risques associés à ce spray buccal destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques

Lire le Communiqué officiel de l’Académie de Médecine

Seulement cinq jours après avoir été autorisé sur le marché français, le Sativex, premier médicament à base de cannabis commercialisable en France, suscite des critiques. L’Académie de médecine a mis en garde les patients et les médecins ce mardi contre les risques associés à ce spray buccal destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques.

Ipsen distribuera le Sativex, un dérivé du cannabis, en Amérique latineIpsen distribuera le Sativex, un dérivé du cannabis, en Amérique latine Ne pouvant «rester insensible aux espoirs suscités chez les patients», elle pointe les méfaits des deux principes actifs du Sativex que sont sont le delta-9-tétrahydrocannabinnol (le THC, principal constituant psychoactif du cannabis) et le cannabidiol (le CBD, composé non psychoactif mais sédatif du cannabis).

«Les risques que fait courir le THC sont très nombreux, souvent graves et incompatibles avec un usage thérapeutique», relève l’Académie dans un communiqué, s’étonnant de «voir associer le THC, dans une proportion mal justifiée, et le CBD, au mécanisme d’action incertain, afin d’amoindrir les méfaits du THC». L’an dernier, l’Académie s’était d’ailleurs prononcée contre le décret du gouvernement autorisant l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à examiner les demandes de mises sur le marché de médicaments contenant du cannabis, publié en juin.

Dépendance psychique, problèmes cardio-vasculaires, cancer testiculaire…

Parmi les effets indésirables liés au THC, l’Académie cite des risques de «dépendance psychique et physique», rappelant qu’après l’arrêt total d’une consommation de cannabis/THC, il faut environ huit semaines pour éliminer toute trace de ces substances dans les urines du consommateur, «ce qui est une situation exceptionnelle pour un médicament». Parmi les autres risques potentiels des médicaments à base de THC, l’Académie cite notamment «des interactions médicamenteuses nombreuses et gênantes». Elle les juge incompatibles avec les benzodiazépines, des médicaments utilisés contre l’anxiété et l’insomnie, ainsi qu’avec l’alcool.

Autres effets indésirables potentiels : la diminution des capacités intellectuelles du patient, une augmentation des troubles cognitifs, et des problèmes cardio-vasculaires. Les hommes doivent aussi tenir compte d’un risque de cancer testiculaire «agressif». Et les femmes enceintes de risques d’anomalies chez l’enfant à naître.

Le Sativex, créé par laboratoires britanniques GW Pharmaceuticals et dont la commercialisation dans l’Hexagone a été confiée à l’Espagnol Almirall, n’a pour l’instant reçu qu’une autorisation de mise sur le marché (AMM) de la part de la Commission européenne, après avoir été évalué par l’Agence européenne d’évaluation des médicaments (EMA). Il ne devrait pas arrivé dans les pharmacies françaises avant 2015. Il a déjà été approuvé dans 22 pays, dont 17 pays européens. Certains, comme au Canada, l’ont autorisé non seulement pour les malades de sclérose en plaques, mais aussi pour soulager les personnes souffrant de «cancers avancés».

L’Académie de médecine s’inquiète par avance d’une telle évolution en France. «On peut craindre la multiplication des prescriptions hors autorisation de mise sur le marché (AMM) à divers usages comme sevrer les toxicomanes, atténuer les nausées des malades traités par chimiothérapie», ou «rendre l’appétit aux malades atteints de sida». Des «indications largement plébiscitées dans l’opinion mais dont il convient de rappeler qu’elles ne sont pas étayées par des études cliniques indiscutables», souligne l’Académie, qui réclame «un suivi rigoureux en matière de pharmacovigilance et d’addicto-vigilance».

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