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janvier 2016

Colloque MILDECA AVIESAN – « Jeunes et cannabis : recherche, prévention et accompagnement »

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives et l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) organisent le 11 février prochain un colloque destiné à faire le point des connaissances sur les risques associés à l’usage de cannabis et les stratégies de prévention efficaces en direction des jeunes.

L’événement permettra de réunir scientifiques et experts reconnus en France et à l’étranger sur le sujet devant un public de scientifiques mais également de professionnels du champ (prévention, soin, justice).

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des activités soutenues par la MILDECA pour favoriser le transfert des connaissances sur les addictions en réponse notamment aux recommandations de l’expertise collective Inserm 2014 sur les Conduites addictives à l’adolescence commandée par la MILDECA.

le 11 février 2016
Petit Auditorium de la BNF
Quai François Mauriac
75013 Paris

Inscription gratuite mais obligatoire dans la limite des places disponibles

Forte hausse de la consommation de drogue dans les lycées et les collèges : les raisons de l’échec

 

Le ministère de l’Education nationale vient de publier les résultats d’une étude menée sur l’année scolaire 2014-2015, pour comparer les incidents enregistrés dans les 3.300 collèges et lycées publics par rapport aux années passées. La part de la consommation de stupéfiants continue d’augmenter, à 3,8 % contre 1,5 % seulement en 2010-2011. Elle atteint même 10 % du total des incidents dans les lycées (contre 4 % quatre ans auparavant).

Atlantico : Comment expliquez-vous cette forte hausse de la consommation de stupéfiants chez les jeunes ? 

Serge Lebigot : Lorsque la ministre de l’Éducation nationale appelle à la légalisation du cannabis et la ministre de la Santé, qui défend l’instauration des salles de shoot, le discours ambiant depuis 2012 va dans le sens de la dépénalisation et encourage la consommation de stupéfiants. Il ne faut pas s’étonner du résultat. Quant à la MIDLECA, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives a englobé toutes les sortes d’addiction comme pour mieux évincer le problème spécifique posé par la toxicomanie.

Toutes les semaines, je sors le barème sur le tabac et je ne vois aucun barème concernant les drogues comme s’il n’y avait plus de drogue en France alors que c’est la mission première de cet organisme. On ferait mieux de le fermer vu son inutilité.

Dan Véléa: C’est un échec patent du répressif qui ne donne aucun résultat. Plus on interdit, plus la chose interdite représente un attrait. Il faut repenser le problème de la toxicomanie de fond en comble du coté de prévention. 

Quelles sont les raisons sociétales de la consommation ?

Serge Lebigot : Il faut arrêter avec cette culture de l’excuse et les raisons sociétales en font parties. Ce n’est pas par détresse mais par plaisir que les adolescents consomment de la drogue. Rejeter la faute sur l’école qui exercerait une pression trop forte sur l’élève n’explique pas la hausse de la consommation de drogue. Le système scolaire anglais a un niveau d’exigence plus élevé que le nôtre, pourtant l’Angleterre enregistre une baisse signifiante de la consommation de stupéfiants comme dans d’autres pays européens. Cette baisse ne se vérifie pas en France. Invoquer les raisons sociales et psychologiques évite de reconnaître que le gouvernement est fautif et qui mène une politique trop laxiste.

Dan Véléa : Il y a un déterminisme social et psychologique qui explique ce recours à la drogue. Devant le culte de la performance, les adolescents éprouvent une grande anxiété de ne pas se sentir à la hauteur et perçoivent la drogue comme un refuge. Par ailleurs, avec la crise économique, le chômage, la précarité qui concernent de nombreux emplois, ils ont une vision pessimiste de leur avenir. Prisonnier d’un présent qu’ils ne les satisfait pas et ne pouvant se projeter dans l’avenir, ils préfèrent s’échapper de cette réalité déconcertante. Le soutien de substances psychoactives (alcool, cannabis, cocaïne) ou d’addictions comportementales (jeu pathologique, addictions sexuelles, cyberdépendance) devient donc un moyen d’adaptation au stress. Chez les adolescents qui rencontrent des difficultés avec leur propre image ou leur identité, l’addiction permet de s’adapter à des conditions de vie difficiles, au stress environnemental généré par le culte de la performance, par les insatisfactions répétées. Cette auto thérapie à travers les comportements addictifs serait une façon pour eux de surmonter les difficultés de la vie, de faire face, qui éviterait à l’usager de passer à l’acte, c’est-à-dire de se suicider. Quant aux professeurs et aux parents, ils sont complètement démunis pour répondre à cette détresse. 
Cette hausse est-elle dû à l’absence de mesures politiques ? 

Serge Lebigot : Bien sûr ! Les réponses pour enrayer la consommation de stupéfiants doivent être politiques et pénales. Les gouvernements successifs refusent systématiquement depuis 20 ans d’appliquer des mesures préventives nécessaires, notamment la prévention dès le plus jeune âge, dès le CM1, CM2, avant la rentrée au collège. Il faut bien comprendre qu’en quatrième, il y a déjà 30% des élèves qui se sont déjà fait proposer de la drogue à la sortie et que la cocaïne est largement consommée en lycée. L’âge moyen de la première consommation est de 13 ans, ce qui est très inquiétant.

La prévention que l’on fait en classe de seconde aujourd’hui en France arrive donc bien trop tard. C’est en amont qu’il faut agir.

Les pays du Nord de l’Europe comme la Suède parviennent à anticiper et les adolescents évitent de découvrir la drogue au collège et au lycée. Il est également urgent de mettre en place des tests de détection de drogue dans les écoles comme c’est le cas dans plusieurs pays. Ces tests permettraient de prévenir les parents et d’aider les enfants qui sont déjà en danger et qui sont des consommateurs quotidiens. Enfin, il faut une justice plus répressive pour les dealers. Comment voulez-vous qu’un dealer qui a été condamné à un an de prison dont 11 mois avec sursis ne soit pas encouragé à dealer d’avantage ? Ceux qui sont condamnés à cinq ans, ne prennent jamais cinq de prison ferme. Il faut également arrêter de classer par catégorie les dealers : le petit-dealer, le dealer consommateur, le gros dealer. Cette catégorisation évite d’appliquer les peines car on va chercher des excuses, le dealer consommateur deale, parce qu’il consomme. Et puis s’il consomme c’est parce que c’est la faute de la société. Mais un dealer est un dealer et la sanction doit être la même. Les lois laxistes de Mme Taubira n’ont fait que développer le sentiment d’impunité et favoriser le trafic de stupéfiant. L’ouverture des salles de shoot prévue au premier trimestre 2016 va être catastrophique. Autour des salles il y aura un périmètre de sécurité, mais des dealers graviteront et ce sera une zone d’attraction pour les adolescents qui cherchent à se fournir. On paye les conséquences de l’idéologie soixante-huitardes angélique et anti-représsive.

Dan Véléa: Non c’est un problème sociétal. La réponse doit être pédagogique et préventive. Le système scolaire est trop élitiste et crée une séparation entre les élèves qui réussissent très bien et ceux qui sont en échec scolaire et qui éprouvent un sentiment d’exclusion. Pour faire baisser le taux de toxicomanie chez les adolescents, il faut adapter le système scolaire à ce problème d’addiction, sensibiliser les professeurs et les parents.

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Dan Véléa :Le Docteur Dan Véléa est psychiatre addictologue à Paris.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les addictions, dont Toxicomanie et conduites addictives (Heures-de-France). Avec Michel Hautefeuille, il a co-écrit Les addictions à Internet (Payot) et Les drogues de synthèse (PUF, Que sais-je ?, Paris, 2002).

Serge Lebigot Président de l’association Parents contre la drogue,

Serge Lebigot est également l’auteur de l’ouvrage Le dossier noir du cannabis (Eds Salvator) et de Cannabis : ce que les gens doivent savoir (Eds Lethielleux.

Source

Tous nos voeux pour 2016

Le CNPERT, son Président, son bureau,

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pour la nouvelle année.

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Source de la vidéo : JacquieLawson.com

La preuve des dangers du cannabis est désormais établie

On sait depuis longtemps que le cannabis entraîne des troubles des facultés cognitives ; c’est-à-dire notamment des possibilités d’apprendre et de se souvenir. Pourtant à ce jour, huit pays ont légalisé ou toléré la consommation de cette drogue ; la Hollande est le paradis du « joint ». Jusqu’à présent les effets étaient connus ; mais on ne savait pas comment ce toxique agissait ni même si il détruisait le cerveau. Or actuellement l’IRM est capable de visualiser de manière précise les atteintes anatomiques et de diagnostiquer les lésions cérébrales quasiment au niveau cellulaire.

Les chercheurs de l’Université de Dallas (Francesca Filbey), ont eu une idée simple tombant sous le sens ; celle de comparer le cerveau d’un gros fumeur de cannabis avec celui de non-fumeurs. Deux études ont été menées concurremment. Elles ont mis en évidence une diminution de la matière grise, partie du cerveau qui contient le corps des neurones ; ceci essentiellement dans la région frontale derrière les orbites de l’œil ; de la matière grise dépend l’esprit de décision ainsi que la motivation. Naturellement, cette involution est proportionnelle à la quantité de cannabis consommé.

En revanche les modifications de la matière blanche qui contient le « câblage » des cellules nerveuses était hypertrophiée au niveau de ce qui est appelé la myéline, une substance qui entoure les nerfs. Apparemment il s’agissait d’un phénomène de protection face à la détérioration des cellules nerveuses. Mais celui-ci finit par disparaître quand la consommation devient chronique.

Une étude au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en France a été effectuée par le Dr Zsolt Lenkei ; elle a mis en évidence dans le cannabis une substance appelée THC (tétrahydrocannabinol) ayant une action directe sur les neurones du cerveau. Cette substance déclenche un processus affectant la morphologie et la croissance des cellules nerveuses. Notamment elle rétracte les axones qui en sont les prolongements permettant le passage de l’influx nerveux (connectivité).

En conclusion, c’est donc bien tout le système nerveux, neurones et connexions qui sont atteints par la consommation de cannabis. Reste à savoir si ces modifications sont définitives ; ce qui est probable car par exemple, dans les AVC la « récupération » est bien souvent minime voire nulle.

Dr Jean-Pierre Dickès
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