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Mois

janvier 2016

Témoignage

Très cher Professeur

Je suis aidante  de mon compagnon lésé cérébral après une double rupture d’anévrisme due au tabac et au cannabis, (consommation très élevée depuis plus de trente années) son addiction persiste et il présente des troubles du comportement et de l’humeur qui nous rendent la vie très difficile,

Depuis, j’ai subi moi-même une décompensation, faite d’épuisement et de fatigue chronique, due au stress de cette situation quotidienne et à l’angoisse de la récidive de l’accident vasculaire.

Oui, le cannabis est puissamment addictif, malgré les discours qui occupent le devant des médias. Oui il est délétère. Nous avons autour de nous des gens, dans la cinquantaine, consommateurs depuis leur jeunesse,  qui développent des troubles de l’humeur, une paranoïa, qui ont perdu une partie de leur lucidité, quoiqu’ils jurent le contraire, mais eux, sans accident vasculaire cérébral.

Alors, entendre aujourd’hui le discours du Pr Dautzenberg (qui prône également des joints purs, donc encore plus d’action sur une journée!!!) me fait vivement réagir. Cela me parait d’une inconscience totale de la part de cette personne, pourtant respectable par ailleurs. C’est ce qui me fait peur, car sa respectabilité risque de donner du poids aux partisans de cette folie que serait la légalisation.

Voyons ce qui se passe dans les Etats des Etats Unis concernés par cette légalisation. J’y ai vécu, il y a longtemps, et enseigné quelques temps. La consommation des jeunes est exponentielle et le trafic souterrain florissant, car les vendeurs proposent des produits moins chers et avec un taux de THC encore plus élevé ; les plus jeunes sont leurs premiers clients.

Ceci est bien expliqué dans le reportage de la série « Enquête Exclusive » diffusé le 26/ 09/2015 sur TV9 et disponible en cliquant ici : « Légalisation du cannabis, l’incroyable révolution américaine« .

A La Pitié Salpêtrière où officie le Pr Dautzenberg, un bulletin qu’on  pouvait y lire en septembre, en salle d’attente, contenait un article d’un de leur médecin qui demandait la légalisation du cannabis.  Quoi de plus crédible pour un malade de cette drogue, qui voit sa conviction de l’innocuité de cette drogue confortée par de tels écrits. Merci à eux!

Le président de «  Handicap Invisible », le Dr Olivier Serfati, médecin généraliste à Paris, prône, lui aussi la légalisation sur le site internet de son association.

Ceux qui sont sensés aider mon compagnon à aller mieux l’enfoncent encore plus, c’est un cauchemar bien réel, au secours!

De grâce, c’est un appel au secours, faites entendre votre voix et celle de vos collègues thérapeutes éclairés dans les médias, c’est une guerre qu’il nous faut gagner pour nos jeunes, c’est un devoir qui nous échoit.

Je vous souhaite une très bonne année, une très bonne santé et beaucoup de joie et de paix.

Bien à vous,

A.B

Alcool, tabac et cannabis en 2014, durant les « années collège »

logo OFDTEn 2012, l’OFDT publiait pour la première fois, grâce à l’enquête européenne HBSC 2010, un état des lieux des niveaux de consommation d’alcool, de tabac et de cannabis parmi les collégiens français. En 2014, un nouvel exercice de l’enquête a permis d’actualiser ces données et d’examiner leur évolution, tout en abordant pour la première fois les usages de la cigarette électronique (e-cigarette) et de la chicha.

Présentés dans le n° 106 de Tendances, les résultats du volet drogues de l’enquête en France permettent d’établir quelques grands constats :

– Première substance psychoactive expérimentée par les collégiens, l’alcool fait cependant l’objet  d’un moindre engouement (expérimentations et usages récents d’alcool en nette baisse en 2014, premières ivresses plus tardives et moins fréquentes qu’en 2010)

– Le tabac, dont l’expérimentation au collège reste largement moins répandue que celle de l’alcool, est la substance la moins sexuellement différenciée même si, dorénavant, les filles présentent une expérimentation inférieure à celle des garçons et un tabagisme quotidien moins précoce qu’en 2010.

L’expérimentation de cannabis est restée stable par rapport à 2010. Si elle demeure très rare parmi les plus jeunes (11-13 ans), elle progresse, néanmoins, toujours aussi fortement au fil du collège pour concerner près d’un élève de 3e sur quatre en 2014.

Les niveaux d’expérimentation de la chicha révèlent quant à eux une popularité importante de ce mode d’usage. Enfin, l’usage de la e-cigarette se concentre, tout comme en population adulte, principalement chez les fumeurs de cigarettes.

Auteurs : Stanislas Spilka, Virginie Ehlinger, Olivier Le Nézet, Dibia Pacoricona, Marcus Ngantcha Emmanuelle Godeau

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Le cannabis de synthèse au top des saisies

LUXEMBOURG – L’année dernière, l’administration des Douanes et Accises a saisi plus de 27 kilos de drogue, dont une moitié de cannabis synthétique.

storybildLes quantités saisies de tel ou tel produit varient énormément d’une année à l’autre, en fonction des enquêtes des douanes. (photo: Police grand-ducale)

14 kilos de cannabis de synthèse ont été interceptés par l’administration des Douanes et Accises l’année dernière, selon le rapport obtenu par L’essentiel. Ceci représente plus de la moitié de la quantité totale de drogues saisie dans le pays (27,2 kilos). S’il demeure compliqué de dégager des tendances de ces résultats, cette donnée interpelle car «elle n’est pas le fruit d’une seule et unique saisie. Ce phénomène a déjà été observé en 2014», commente Paul Felten, qui est inspecteur principal aux douanes et accises.

Outre ce produit, les agents des douanes ont mis la main sur 4,2 kilos de marijuana, 3,3 kilos d’héroïne, 204 pilules d’ecstasy ou encore 4,8 kilos de produits pour couper la marchandise. Les quantités de cocaïne (417 grammes) et de haschich saisies (185 grammes) sont moins importantes. 206 personnes ont été interceptées et 51 000 euros confisqués. La majorité des saisies se font sur les routes, «mais pas forcément les plus grandes», nuance Paul Felten.

«La route nord-sud, des Pays-Bas vers la France, est empruntée par les consommateurs. Les grandes quantités transitent depuis le Maroc ou encore l’Afghanistan». Pour l’anecdote, les Douanes et Accises ont aussi réalisé leur saisie record de cigarettes contrefaites en 2015: 12,5 tonnes dans un semi-remorque!

(Thomas Holzer/L’essentiel) Source

Montereau : du théâtre interactif pour prévenir des dangers de la drogue

Sophie Bordier | 19 Janv. 2016, 17h08 | MAJ : 19 Janv. 2016, 17h08

Montereau, ce lundi. France-Lise, jeune femme suivie par la Mission locale, improvise avec l’acteur pour le convaincre de ne plus toucher à l’héroïne.
Montereau, ce lundi.
France-Lise, jeune femme suivie par la Mission locale, improvise avec l’acteur pour le convaincre de ne plus toucher à l’héroïne.(LP/Sophie Bordier)

C’est l’histoire d’une descente aux enfers, celle de Julien, un jeune qui consomme des joints de cannabis, puis passe à l’ecstasy… jusqu’à l’héroïne. Une addiction qui l’envoie six mois en prison pour vol (pour se payer sa came) et se termine par l’overdose et la mort.

Lundi, à la Mission locale de Montereau, trente-cinq jeunes, âgés de 16 à 25 ans, ont pu suivre cette pièce de théâtre interprétée par la Compagnie du Chaos. Tout est évoqué : l’influence des copains dans le passage à l’acte, l’ambiguïté entre l’envie d’aventure et les limites du corps et du psychisme, la liberté que l’on croit avoir alors qu’on ignore la dépendance à venir et même souvent les composants des produits consommés…

Les jeunes de la Mission locale sur scèneSelon Elise Roth, de la Compagnie du Chaos, « l’ecstasy est parfois coupée à la lessive ou l’aspirine et présente le risque de déshydratation, d’arrêt cardiaque, de rester perché à vie… » Dans ce théâtre interactif, les jeunes présents ont pu improviser sur scène pour donner leur vision des choses. Ainsi, France-Lise admet mal que le personnage de Julien replonge dès que son dealeur lui laisse une dose « pour un dernier trip d’enfer » alors qu’il a dit vouloir aller au centre de désintoxication. Avec ses mots, elle donne la réplique à l’acteur : « Tu arrêtes une fois, deux fois, trois fois… Si tu as vraiment la volonté, tu arrêteras. Mais là, tu te fous de ma gueule ! » Rires et applaudissements. A la fin, le public repart satisfait. « Cela raconte ce qui se peut se passer si on y touche », commente Cidji, 18 ans. Pour Willem, 21 ans, « C’est du concret pour montrer la dangerosité dans le temps… »

Match Cannabis contre Tabac : 2 à 1   une erreur d’arbitrage du professeur Dautzenberg.

Professeur Jean Costentin, président du CNPERT.*

Nous étions, au Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT), jusqu’à ces jours derniers, en total accord avec l’action développée contre le tabagisme par le professeur Dautzenberg. Comme lui, nous savons les drames que collectionne le tabac, avec ses 78.000 morts annuelles en France et les très fréquentes atteintes à la qualité de vie de ceux qui n’en meurent pas,  victimes  d’artérites, d’angor, de séquelles d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux, les perturbations de la grossesse et leurs conséquences pour l’enfant qui en naitra… L’étendue de ce désastre tabagique est évidemment en relation avec la licéité de cette drogue, qui recrute 13 millions de fumeurs !

Les jeunes débutent de plus en plus tôt leur consommation de tabac et, quand l’addiction est installée, une proportion notable d’entre eux y adjoignent la résine de cannabis. A la toxicité du tabac s’ajoute alors celle du cannabis. Nombre de leurs méfaits physiques, qui sont de même nature, s’additionnent voire même se potentialisent. La résine du cannabis, présente sur la plante (« herbe », « beuh », « marijuana ») ou ajoutée au tabac (« haschich », « shit ») accroit de 200°C la température de combustion de l’élément végétal (tabac ou chanvre indien),  poussant plus loin la décomposition thermique du végétal (sa pyrolyse), engendrant 7 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, et davantage d’oxyde de carbone (CO).  Mr. Dautzenberg  sait cela, mais il n’en tient pas compte quand, pour réduire la consommation du tabac, il envisage de la transférer sur celle du cannabis. Ces jeunes gens, mais aussi des sujets plus âgés, ne sont pas dans le  choix entre tabac ou cannabis, mais dans l’association tabac et cannabis ; soit qu’ils les consomment simultanément (« joints ») ou bien alternativement (la succession de cigarettes du seul tabac étant ponctuée de quelques « pétards »).

La culture pneumologique du Pr. Dautzenberg parait cloisonnée. Il semble en effet ignorer les méfaits cérébraux / psychiques / psychiatriques, multiples et graves, du cannabis. Certains effets du THC (tétrahydrocannabinol) sont à l’opposé de ceux de la nicotine.  Si ce n’était l’épouvantable toxicité somatique du tabac (que partage le cannabis), les effets centraux de sa nicotine sont globalement positifs : accroissement de l’éveil, de l’attention, stimulant / psychoanaleptique,  à un certain degré anxiolytique, tirant l’humeur vers des étiages plus élevés (pour ne pas dire antidépresseur). Rien de tel, tant s’en faut, avec le THC ; en particulier pour les jeunes cerveaux : la perturbation de la maturation neuronale  peut induire, décompenser ou aggraver la schizophrénie. L’ivresse, la désinhibition, la perturbation de l’équilibre et de la coordination des mouvements, font mauvais ménage avec la conduite des véhicules à moteur et certaines activités professionnelles ; au moins 300 mort par an sont imputés sur la route à ce seul cannabis, tandis que l’association cannabis-alcool multiplie par 15 le risque d’accident mortel ; en deçà de ces morts, que de blessés, que d’handicapés à vie ! Les effets déplorables du THC sur l’attention, l’éveil, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, i.e. une culture, une éducation) expliquent largement les désastreuses performances éducatives des élèves français (27ième rang du classement PISA). Ils sont les premiers consommateurs de cannabis parmi les 28 Etats membres de la communauté européenne. Cette drogue, pourtant illicite,  est parvenue à rendre dépendants 1.600.000 des nôtres. Alors « Stop ou encore » ?

Dans la compétition internationale que représente la mondialisation, sorte de jeux olympiques de l’intelligence individuelle et collective, le cannabis constitue un handicap idéal, pour nos compétiteurs, qui doivent espérer une encore plus grande diffusion chez nos concitoyens. Ce THC, au long cours, est aussi responsable d’anxiété, de dépression (comportant en embuscade le risque suicidaire, qui s’est accru chez nos jeunes d’une façon corrélée avec  l’accroissement de leur consommation de cannabis).

La légalisation d’une drogue ne calme pas les sujets transgressifs ; elle les contraint surtout à effectuer la transgression au niveau d’une drogue encore plus dure : La cocaïne ? Les amphétaminiques ? Les morphiniques ? Monsieur Dautzenberg devra bientôt faire part de ses préférences ; on peut imaginer que sa logique cloisonnée lui fera choisir celle(s) qui ne se fume(nt) pas.

Substituer à la nicotine le THC, dans l’espoir de faire baisser la consommation du tabac, rappelle l’énorme erreur que commit S. Freud, pour délivrer son ami Fleish, de sa dépendance aux opiacés. Il lui prescrivit de la cocaïne,  ajoutant à la dépendance morphinique, la dépendance cocaïnique avec, en prime, l’éclosion d’un état psychotique et la mort prématurée de son pauvre ami.

Libérer le cannabis, fera exploser sa consommation vers le chiffre des quatre millions d’alcoolo-dépendants (l’alcool étant aussi drogue licite) et pourquoi pas vers les treize millions de sujets dépendants du tabac…

Sur l’échelle des drogues, il faut briser les échelons du bas, celui de l’alcool, celui du tabac, pour rendre plus difficilement accessibles, les échelons du dessus, à commencer par celui du cannabis.

Vous croyez, monsieur Dautzenberg, à une corrélation entre la réduction du tabac et la légalisation du cannabis. Vous ne ferez pas baisser la consommation du tabac mais vous ferez exploser celle du cannabis. Vous y gagnez aujourd’hui les applaudissements nourris de tous ceux qui attendent impatiemment cette légalisation mais, si votre proposition était retenue, vous devrez assumer les conséquences très néfastes de l’aggravation de la pandémie cannabique. .

*Auteur de :« Halte au cannabis » Ed. Odile Jacob (2007 )

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » Ed. Odile Jacob (2012)

La lettre du CNPERT

La lettre du CNPERT N° 40 de Janvier 2016 est disponible en cliquant ici

Vœux du Professeur Costentin

Détecter la consommation de drogues chez les collégiens et lycéens

Parlons de la codéine

Relation entre l’exposition à la cocaïne subie pendant la grossesse et la toxicomanie à l’adolescence

Accident thérapeutique à Rennes. Un produit à base de cannabis en cause

Un homme a été déclaré en état de mort clinique ce vendredi matin après avoir testé une molécule dans le cadre d’un essai thérapeutique conduit par un laboratoire privé.
L’essai porterait sur un produit analgésique à base de cannabis dans un centre de recherche agréé par le ministère de la Santé.

Le parquet aurait ouvert une enquête en flagrance et a indiqué qu’il donnerait rapidement de plus amples informations, toujours selon plusieurs médias.

DIRECT- Essai thérapeutique à Rennes : mort cérébrale d’un patient

Cinq autres personnes ont été également hospitalisées, en début de semaine. Leur état de santé est jugé inquiétant.

Alertée, la Ministre de la santé, Marisol Touraine, a pris la décision de se rendre en urgence à Rennes où elle tiendra une conférence de presse au centre hospitalier universitaire de Pontchaillou ce vendredi à 14h30.

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Les nouvelles drogues les plus puissantes (et leurs effets)

A l’approche d’un sommet de l’ONU spécial drogue, Linternaute.com a recensé pour vous les nouveaux stupéfiants les plus puissants à l’échelle mondiale. Et leurs effets inquiétants.

« Drogue lèpre » ou « souffle du diable », il suffit parfois d’entendre leurs surnoms pour trembler. Au 21e siècle, des drogues innovantes, bien qu’imitant souvent ou même nées de drogues plus anciennes, tracent leur route aux côtés des « classiques » (héroïne, cocaïne…). Si leur fonction reste la même – créer l’euphorie ou booster la performance -, leur composition se révèle souvent de synthèse. Plus dosées, elles vont jusqu’à ronger votre chair ou vous transformer en zombie. Aujourd’hui, ces substances psychoactives, moins chères et souvent accessibles facilement sur le Web, se multiplient en Europe ou à ses portes : l’OEDT (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) a chiffré l’apparition de plus d’une centaine de nouvelles drogues en 2014.

Pour en savoir plus sur ces nouvelles drogues et leur impact, cliquez ici

En 2016, un sommet spécial de l’ONU (UNGASS) doit avoir lieu pour mettre sur la table les politiques des Etats membres en matière de drogue, à la demande de pays très touchés comme la Colombie. A l’heure où la légalisation de drogues plus classiques pose question dans de nombreux pays et où le numérique banalise les achats de stupéfiants sur lesquels on a peu de recul, le temps presse.

Les drogues de synthèse possèdent plusieurs vies. L’ecstasy, brevetée en 1913 et popularisée dans les années 90 au moment du mouvement techno, fait par exemple actuellement son retour sous forme de « MDMA »… la même drogue présentée comme un nouveau produit. « Comme c’est une nouvelle génération d’usagers, plus jeunes, ils ne font pas le lien entre MDMA et ecstasy. (…) Et comme c’est un produit qui paraît nouveau, ça attire énormément », précise le docteur Agnès Cadet-Taïrou, spécialiste des nouvelles drogues récemment sollicitée par Les Inrocks. La MDMA fait partie des NPS (les nouveaux produits de synthèse). La fausse nouvelle drogue, plus colorée et surtout plus dosée que sa grande soeur, est depuis 2010 (re)devenue la star des soirées festives et techno. Selon l’enquête Escapad de l’OFDT publiée en mai 2015 et concernant 2014, au moins 3 % des jeunes français de 17 ans interrogés disaient alors l’avoir déjà expérimentée.

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Dépistage du cannabis : les lycéens répondent à Valérie Pécresse

La proposition de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France est loin de faire l’unanimité dans les lycées : Valérie Pécresse a confirmé dimanche son intention de mettre en place dès 2016 des tests salivaires de dépistage de consommation de drogue dans les 470 établissements franciliens.

Le Lycée Rodin

Le lycée Rodin, dans le 13e arrondissement de Paris. (Laurine Benjebria/JDD)

Ils ont entre 15 et 18 ans, révisent leurs devoirs, le baccalauréat ou les prochains concours pour les écoles supérieures. Pour se relaxer ou faire la fête, certains lycéens choisissent de fumer du cannabis de manière plus ou moins régulière. A la sortie de leurs cours ou pendant leur pause déjeuner, lorsqu’ils discutent destests salivaires voulus par Valérie Pécresse, les jeunes franciliens laissent échapper de larges sourires et des rires amusés. Si certains accueillent d’un bon œil cette mesure, la plupart des élèves y voient une mauvaise manière de se pencher sur le problème de la drogue.

Sous la pluie battante, Valentina sort du lycée Louis-le-Grand, le sac Longchamp sur l’épaule. L’élève de 17 ans aux cheveux noirs bien lisses admet avoir déjà fumé du cannabis, mais pour elle, la mesure de Valérie Pécresse ne devrait pas s’appliquer à tous les établissements : « Ici, les élèves sont hyper craintifs, ils ont peur des répercussions donc cette mesure pourrait marcher, mais seulement ici car on n’est pas dans une cité! » La drogue est cependant loin d’être l’apanage des lycées de banlieues et de cité, bien au contraire. A quelques mètres de Louis-le-Grand se dresse le Lycée Henri IV et le discours n’est déjà pas le même. « Beaucoup de gens fument du cannabis ici, ça vient avec le stress des cours! », confie Médéric. Cet élève en littérature est un habitué de la fumette. Pour le jeune blond de 17 ans, la consommation de drogue est indissociable des cours. « Le cannabis, ça me permet de me relaxer, de mieux dormir et de ne pas penser à tout ce qui m’attend dans la semaine. »

Le lycée Henri IV, dans le 5e arrondissement de Paris. Laurine Benjebria/JDD

A quelques pas de lui, Mihaela, 17 ans, salue avec enthousiasme cette mesure : « Ca réduira la consommation de ceux qui fument et ça en empêchera plusieurs de commencer. A 14 ans, j’ai voulu essayer par curiosité, mais si j’avais eu un test salivaire à l’école, je ne l’aurais pas fait. » Avant d’arriver en France, l’adolescente vivait en Moldavie, où les campagnes de sensibilisation sont moins nombreuses qu’en France, et « pourtant on fume beaucoup moins là-bas qu’ici, même des cigarettes. La société moldave critique beaucoup plus la drogue, alors qu’ici c’est banalisé. » Lutter contre la banalisation du cannabis au lycée, tel est bien l’objectif de Valérie Pécresse. La nouvelle présidente de région s’inquiète des conséquences que peut avoir la consommation de drogue à savoir « la démotivation, le décrochage et l’échec », comme elle l’expliquait au Parisien en novembre dernier.

Pour d’autres lycéens, l’accueil de la mesure est plus catégorique : « C’est de la merde! », laisse échapper Juliette. La lycéenne de 15 ans fume déjà du cannabis plusieurs fois par semaine. En seconde générale dans le 13e arrondissement de Paris, l’adolescente doute des effets positifs de cette mesure. « Peut-être que si mes parents étaient informés de ma consommation de drogue, je fumerai moins, mais ça ne m’empêchera pas de fumer. Je trouverais d’autres moyens. » Trouver d’autres endroits, se cacher ou fumer seulement en début de week-end, les étudiants ont déjà réfléchi à différentes techniques pour éviter les tests de dépistage positifs. Les tests salivaires ne semblent pas inquiéter ces lycéens qui ont plutôt peur des effets pervers que cela pourrait entraîner. « On met des bâtons dans les roues des fumeurs, mais ça ne réglera pas le problème. Au contraire, ça risque de créer des effets pervers. Si on commence à faire de l’école un lieu de répression, le taux d’absentéisme et de déscolarisation risque d’augmenter », s’inquiète Médéric.

Le lycée Louis Le Grand. Laurine Benjebria/JDD

Ils sont nombreux à évoquer les répercussions que pourrait avoir cette mesure. Le problème du tabagisme passif est sur les lèvres d’une grande majorité des lycéens. Tous décrivent une situation d’injustice pour ces adolescents qui risqueraient autant que les fumeurs réguliers. Matthieu, étudiant en Terminale scientifique, s’inquiète pour sa part des relations familiales qui pourraient pâtir des avertissements des tests salivaires positifs. « Avertir les parents, ça peut détruire des relations parents/enfants, à un âge où on en a terriblement besoin. Et si en plus on commence à créer des statistiques selon les lycées, on va commencer à juger un lycée simplement sur ça. »

S’ils doutent de l’efficacité des tests salivaires, les lycéens ne sont pas non plus entièrement satisfaits des campagnes de prévention et de sensibilisation qui leur sont données depuis le collège. « Les campagnes de sensibilisation ne sont jamais prises au sérieux au lycée. On en rigole et c’est limite si cela ne nous donne pas envie d’essayer la drogue », avertit Matthieu, ses 17 ans. Au lycée Rodin, Eva dépeint un décalage entre ce qu’elle entend dans les campagnes de sensibilisation et ce qu’elle voit au sein de son entourage. Elle ne s’inquiète pas pour autant de la consommation de drogue de ses amis : « Fumer du cannabis, c’est hyper personnel et c’est un effet de mode. Oui certains vont vraiment tomber dans la drogue, mais ils seront plus nombreux à arrêter avec le temps. Ça dépend de chacun, on ne peut pas juger sur l’ensemble des élèves de la région. »

Le lycée Claude Monnet, dans le 13e. Laurine Benjebria/JDD.

Ces campagnes de sensibilisation données par la médecine scolaire ou par des officiers policiers permettent de mettre en avant les risques judiciaires, médicaux et scolaires liés à la drogue. S’ils apprécient ces initiatives, les lycéens regrettent qu’elles ne leur soient pas offertes plus tôt. C’est le cas de Jeanne. A 16 ans, l’élève de Première n’est pas contre une campagne de sensibilisation, « mais plus tôt car au lycée c’est trop tard, on a tous essayé. Il faudrait aussi nous présenter des jeunes ou des adultes qui en sont devenus accrocs pour qu’ils nous parlent de leur expérience. »

Dans ces grands établissements scolaires où se côtoient collégiens, lycéens et classes préparatoires, la drogue est un sujet devenu commun. Tous s’accordent pour dire que la mesure de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France n’attaque pas le problème du bon côté. Sensibiliser individuellement les élèves et favoriser les dialogues entre les parents et leurs enfants, telles sont les mesures proposées par ces adolescents de quatre lycées parisiens.

Une mesure qui a du mal à passer auprès des lycéens Des campagnes de sensibilisation tardives qui ne sont pas prises au sérieux »Cette mesure aura des effets pervers »

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