Comme partout dans le monde la consommation d’alcool et de drogue représentent un fléau en Martinique. Le traitement de ces addictions, plus complexe que l’on ne l’imagine, fait appel à de nombreuses structures.

En 2014 en Martinique 36% des 15 à 65 ans avouent avoir déjà fumé. Ce chiffre du baromètre santé DOM de la même année n’indique pas la fréquence de consommation. Même s’il n’existe pas de chiffre officiel sur les quantités de drogue consommées en Martinique, l’augmentation de 135% des prises sur les petites quantités de substance illicites laisse penser que le nombre de consommateur croît lui aussi. L’inspecteur Varlin de la BAC, nous livre le profil de ceux qu’il contrôle, ou interpelle dans les rues de Fort de France. « Dans la rue il y a principalement des jeunes, ceux qui consomment du crack. Mais vous pouvez aussi rencontrer des gens comme vous et moi qui fument du cannabis. Ceux là sont plus difficiles à repérer car les effets ne se voient pas tout de suite ». 
Pour comprendre ce qui a fait basculer ces gens nous sommes partis à la rencontre de Murielle. Cette femme est aujourd’hui incapable de nous donner son âge exact, elle nous dit avoir environ 45 ans mais elle se souvient de ce qui l’a entrainée dans cette descente aux enfers. « Tout ça a commencé en 1998, j’étais enceinte et mon copain ne voulait pas que je garde l’enfant, j’ai avorté et il est parti quand même. J’ai été détruite, je venais de trouver du travail je ne suis pas allée travailler pendant deux semaines et j’ai perdu mon job, c’est là que tout à commencé. On m’a proposé un joint lors d’une soirée, du joint je suis passée à l’alcool, ensuite à la cocaïne et puis maintenant le crack. J’ai voulu m’en sortir, je veux mais c’est trop difficile. J’ai tellement besoin de ça pour me sentir bien et en même temps ça me donne des sueurs froides c’est chaud ce truc ».Les campagnes de prévention, en particulier dans les écoles sont catégoriques: « Ne jamais essayer, car l’accoutumance peut être rapide » et nous l’avons vu avec le témoignage de Murielle.
Les causes du basculement peuvent être de nature multiple, tout comme la prise en charge de ce fléau, qui s’organise à plusieurs échelles.