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Date

21 septembre 2018

« Le temps ne fait rien à l’affaire » (à la façon de G. Brassens)

Les p’tits cons-ommateurs de cannabis rejoignent les vieux cons-ommateurs

Pr. Jean Costentin  – Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

La toxicomanie est faite de continuums ; continuum des produits qui s’ajoutent par ordre d’intensités d’effet et de toxicités croissantes ; continuum générationnel, les jeunes cons-ommateurs d’hier devenus inéluctablement les vieux cons-ommateurs d’aujourd’hui.

 La revue Drug and Alcohol dependence, 2018, 191, 337-381, dans un article intitulé : « Marijuana use by middle-aged and older adults in the United States, 2015-2016 », montre un accroissement du nombre d’adultes d’âge moyen et de séniors qui s’adonnent à cette toxicomanie. Cette publication a l’intérêt de s’intéresser à des adultes d’âge moyen (9% de consommateurs) et des plus de 65 ans ( 3% ) ; population qui était passée jusqu’à maintenant « sous les radars ».

Essayons d’imaginer la sociologie de ces vieux fumeurs de shit.

Il y a ceux qui ont débuté tôt cette addiction et qui n’en ont pas été gravement affectés, même si leurs parcours familiaux et/ou professionnels  ont été plus chaotiques, avec une altitude de croisière plus basse qu’elle n’eut été s’ils s’en étaient abstenus. Parmi eux certains n’ont jamais arrêté de consommer; la tolérance à certains effets gênants du cannabis les y a aidés.

D’autres, dont les activités imposaient qu’ils s’en abstiennent, ont arrêté. Mais à l’heure de la retraite, désoeuvrés, sans famille ou s’en étant détachés, ils s’étourdissent et trompent leur ennui, leurs regrets, leur inutilité ou leurs échecs, en renouant  avec la fumée du cannabis. Pour ne pas encourir les condamnations prévues par la loi, ils militent évidemment pour l’abolition de la loi qui le prohibe.

N’oublions pas les « Bobos » qui s’encanaillent en fumant du shit, pour retrouver des jouissances de leurs jeunes années sur les barricades de Mai 1968 ; cette « vérolution » qui leur a donné l’illusion d’avoir eu, les pauvrets, le courage de leurs aïeux qui dressèrent des barricades au XIIIème siècle. Ils requièrent aussi la légalisation de toutes les drogues. C’est dans leur nature pétitionnaire ; acutisée par le plaisir « d’emmerbéter » le « catho » et le « bourgeois tradi » ; la sensation d’être vraiment urbains, branchés, au dessus du vulgum pecus et conchiant le populisme.

Référons nous aussi au « jeunisme » dans deux de ses assertions : épauler les revendications des jeunes, sans se donner le mal de trier entre celles qui sont justifiées et celles qui leur sont délétères ; ou encore repousser les limites du vieillissement, en mimant les pratiques d’une frange de la jeunesse.

Concédons à ces individus mûrs, et pour certains déjà blets, qu’à leur âge les méfaits du cannabis seront moindres ou différents de ceux qui affectent nos ados. Déplorons que pour satisfaire leurs caprices ils se moquent éperdument d’exposer  nos jeunes à cette drogue si délétère.

Indifférents au fait de mourir plus idiots, ils n’est pas dans leurs plaisirs de se coucher moins sots qu’ils se sont levés.

L’usage nouveau du cannabis chez les adultes d’âge moyen et chez les séniors justifie, en tous cas, d’effectuer des études spécifiques sur les conséquences sanitaires de cette drogue à leurs âges.

On peut leur savoir gré de se prêter bénévolement à cette expérimentation ; mais avec leur manie de tout vouloir se faire rembourser, attendons nous à les voir revendiquer, avec la légalisation du cannabis, la participation de la « sécu » à leurs dépenses.

Cannabis de synthèse : 71 overdoses en deux jours sur le campus américain de Yale

100 fois plus puissante que le cannabis

par Charlotte Arce

Connu sous les noms de « K2 » ou « Spice », le cannabis de synthèse continue à faire des victimes sur les campus américains. La semaine dernière, ce sont 71 cas d’overdose qui ont été recensés sur le campus de l’Université de Yale, aux États-Unis.

Les étudiants la surnomment « K2 », « Spice », « Black Mamma » ou encore « Mr. Nice Guy ». Encore relativement peu connu en France, ce cannabis de synthèse poursuit son inquiétante progression sur les campus américains, où il jouit d’une impressionnante notoriété malgré les risques pour la santé.

Le site de CBS rapporte ainsi qu’à la mi-août, cette drogue synthétique a occasionné plus de 70 overdoses en l’espace de 2 jours à New Haven, Connecticut, où se trouve le campus de la prestigieuse Université de Yale. Selon les autorités, la plupart des cas d’overdose ont eu lieu au New Haven Green, un parc du centre-ville tout proche de l’Université. 6 victimes ont été retrouvées dans un état grave mais aucun décès n’a été signalé.

Une drogue 100 fois plus puissante que le cannabis… et bien plus dangereuse

Ce n’est pas la première fois que ce fameux cannabis de synthèse fait des ravages chez les jeunes Américains. Facile à acheter sur Internet, cette drogue synthétique est réputée pour produire les mêmes effets que le véritable cannabis, mais aussi de décupler ses effets. 85 à 100 fois plus puissante que la marijuana, elle est par ailleurs indétectable via les tests de dépistage car privée de THC, le principe actif du cannabis.

Ce qui ne l’empêche pas d’être extrêmement dangereuse pour la santé. Interrogée par Ouest France, le Dr Agnès Cadet-Taïrou, responsable du pôle Tendances récentes et nouvelles drogues à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) met en garde les éventuels consommateurs : « Ces molécules, les cannabinoïdes synthétiques, sont nombreuses et diffèrent selon les produits. Elles sont surtout beaucoup plus puissantes que le THC. »

Un enjeu de santé publique aux États-Unis

D’où les multiplications d’overdoses outre-Atlantique. CBS rapporte ainsi que plus tôt cette année, le K2 a été associé à au moins 22 cas de saignements graves – du nez, des gencives et de l’urine – dans la région de Chicago. En 2017, des dizaines de personnes au regard vide ont été aperçues en train de trébucher comme des zombies dans un quartier de Brooklyn après avoir consommé cette drogue de synthèse.

Et la recrudescence n’est pas près de s’arrêter. En 2012, le National Institute on Drug Abuse révélait que 11% des adolescents américains avaient déjà testé le cannabis de synthèse.

« Ces produits peuvent être vendus sur Internet sous forme de poudre ou de liquide, mais ils sont surtout mélangés à des feuilles broyées ressemblant au cannabis standard, poursuit le Dr Cadet-Taïrou. Il s’en vend également sous forme dite ‘e-liquide’, utilisée avec des cigarettes électroniques. Et comme il existe une multitude de molécules, il est à la fois difficile de savoir précisément ce qu’il y a dedans et il n’existe pas d’effets standards : pour certains, le produit aurait un effet relaxant, sédatif ; pour d’autres, c’est un euphorisant. Mais les effets secondaires sont nombreux. »

Les conséquences sur la santé sont souvent désastreuses : accidents cardiaques, problèmes de rein et de foie, confusions, malaises, tensions artérielles, états psychiatriques délirants et paranoïaques qui conduisent parfois à la mort.

L’objectif désormais, aux États-Unis : mieux informer le public sur les ravages causés par le K2 et lutter contre son expansion auprès des étudiants et adolescents. Pour en finir avec ces multiplications d’overdoses, le gouvernement fédéral a déjà interdit de nombreux cannabinoïdes synthétiques spécifiques, tandis que des États et des villes comme New York ont adopté leurs propres lois visant d’autres cannabinoïdes synthétiques.

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