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Date

21 octobre 2018

Canada : ma cabane au cannabis

Promesse électorale tenue : « élection, piège à chichon »

Ça y est, au Canada, l’irréparable vient d’être commis. Ce 15 octobre 2018, le Premier sinistre, Justin Trudeau, légalise à des fins récréatives le cannabis, qui était interdit depuis 1923. Vingt ans auparavant (préalable obligé), d’autres avaient entrouvert la porte en déguisant le cannabis en médicament. Le Canada est ainsi le premier État du G20 à avoir succombé. Promesse électorale tenue : « élection, piège à chichon ».

Le Canada n’était pourtant pas, dans le monde, le plus gros consommateur de cannabis. Il était très en deçà de la France qui, à cet égard, est l’échappée du critérium européen. La consommation devrait bien vite y exploser, à l’image des files qui se forment devant les magasins aux premiers jours de cette légalisation. Des initiatives isolées se font jour pour tenter de calmer le jeu dans les universités, la police, l’armée, les transports… Quand la loi s’effondre, des règlements intérieurs essaient d’y suppléer, avec une légitimité qui sera bien vite contestée.….

Cette légalisation a fait feu de tous les poncifs dont nous sommes abreuvés depuis vingt ans : meilleur contrôle du produit, de sa qualité, de sa teneur en tétrahydrocannabinol (THC), disparition du trafic ; mise au jour d’une économie souterraine que le fisc va pouvoir ponctionner ; figures sémantiques imposées auxquelles ne croient même plus ceux qui les déversent, tels des psittacidés.

C’est d’une main tremblante que le politique devrait légiférer quand ses décisions confinent à l’irréversible. On ne met pas de nom sur la personnalité qui aurait légalisé le tabac et devrait assumer ses 79.000 morts annuels en France. On ne met pas de nom sur tel autre qui a légalisé l’alcool, et qui devrait rendre compte de ses 49.000 morts. Cela ne s’est pas passé comme ça ; on ne sait plus qui a fait quoi et à combien ils s’y sont mis.

Pour le cannabis le paysage est tout autre. Le législateur modèle 2018, au Canada ou ailleurs, ne peut ignorer le pouvoir d’accrochage de cette drogue (20 % de ceux qui l’on essayé en deviennent dépendants) ; il ne peut méconnaître les principales manifestations de sa toxicité physique (supérieure à celle du tabac) ; il connaît forcément un certain nombre de ses méfaits psychiques : perturbations des capacités éducatives, effets désinhibiteurs avec prise de risque ou agressivité, perturbation de la conduite des véhicules à moteur et de diverses activités professionnelles, troubles de la maturation cérébrale pouvant déboucher sur la schizophrénie (communément « la folie ») selon une relation désormais irréfragable, induction d’anxiété, de dépression, de démotivation, incitation au passage à d’autres drogues quand l’intensité des effets du cannabis s’atténue, par le jeu d’une tolérance.

Tout comme la truffe qui rend fous les cochons, le cannabis fait entrer en rut : les alcooliers (Pernod-Ricard pense l’associer à ses whiskies), des chocolatiers, des confiseurs, des producteurs de tisanes, tous sont prêts à en mettre partout, même dans le sirop d’érable…

Que les concurrents commerciaux du Canada se réjouissent : s’ils savent résister eux-mêmes aux sirènes du cannabis, ils l’emporteront sur ceux que Trudeau chausse des semelles de plomb du cannabis.

Cette législation fera davantage de victimes que le tabac ; elle exacerbera les effets de l’alcool ; elle conduira à la légalisation d’autres drogues. Mais, au fait, Monsieur Trudeau, à partir de combien de victimes s’expose-t-on à l’accusation de crime contre l’humanité ?

Source

 

Zéro pour le Un-1

Par le Professeur Jean Costentin , Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Le 4 juillet 2018, un hebdomadaire qui m’était inconnu « Le un-1 », en son numéro N°209, me fut prêté par une collègue (membre de notre CNPERT).

Elle souhaitait le confronter à la connaissance sur le cannabis que j’ai constituée sur plus de vingt années.

Faussement ingénue elle ajouta « j’aimerais savoir ce que vous en pensez ».

Ce journal, par souci d’économie, est édité sur une feuille unique dont le dépliement fait apparaître 16 feuilles/32 pages, d’un format 21/29,7.
Le fumeur de cannabis doit renoncer au découpage et à la recherche de la continuité du texte, qui demeure souvent au delà de ses capacités cognitives. Il lui faudrait, pour n’en rien perdre, acheter deux numéros, les déplier et les afficher sur un mur, l’un sur une face et le second sur l’autre…

Dispensez vous de ces contorsions, vous vous prémunirez de l’ennui et surtout de l’exaspération.

La brève interview d’une neurobiologiste explique bien le mécanisme d’action de cette drogue, mais elle ne porte aucune attention spécifique à ses méfaits physiques et elle effleure à peine ses méfaits psychiques.

Exit l’anxiété, la dépression, les altérations cognitives, la désinhibition et ses prises de risques ; la schizophrénie est à peine citée.

Tous les autres articles sont lourdement eux favorables à la légalisation. Ils recourent à tous les poncifs qui nous sont infligés depuis deux décennies : amélioration de la qualité des produits en circulation (« ne craignez plus, le chichon sera bon ») ; la prévention pourra enfin se développer (si c’est comme celle qui a été appliquée au tabac et à l’alcool, gare à la suite) ; cela libérera la police de tâches inutiles (elle devra cependant se porter sur les trafics des dealers convertis à d’autres drogues ; il faudra donc les légaliser toutes, mais c’est trop tôt pour nous le dire) ; cela rapportera des taxes à l’Etat (après Vespasien et ses impôts sur les édicules, ce seront des taxes sur le shit (vous connaissez la traduction de ce terme anglais qui désigne le « cacannabis ») ; cela créera de nouveaux emplois, pour les dealers d’aujourd’hui, qui deviendront cannabiculteurs ou vendeurs dans ces nouvelles échoppes dédiées à la vente du cannabis et de des nombreux produits nouveaux qui en contiendront.

On ne devrait pas oublier de citer les emplois créés dans les hôpitaux psychiatriques qui déjà regorgent des victimes de la consommation illicite de cannabis, ainsi que ceux nécessaires à Pôle emploi pour prendre en charge ces jeunes gens que le cannabis a rendu très difficiles à insérer dans une activité professionnelle.

Ajoutons la création d’industries pour mettre le cannabis à toutes les sauces : boissons, gâteaux, chocolats, cosmétologie….

La découverte tardive de cet hebdomadaire (qui sévit depuis déjà 219 semaines) ne m’a créé aucun regret. Sur le sujet qui m’intéresse ses messages biaisés, tronqués, orientés, me font craindre qu’il en soit allé de même pour les autres thèmes qu’il a antérieurement abordés.
Avec ma manie docimologique (d’universitaire corrigeant des copies depuis 50 ans) qui me fait synthétiser mes évaluations par une note, j’attribuerais 1/20 à cette édition. Ne le trouvant pas dans votre kiosque à journaux, vous économiserez 2€80.

Voilà, chère Françoise, l’avis que vous m’avez demandé d’exprimer.

 

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