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novembre 2018

Chez les consommateurs de cannabis – 11/11/18

Pneumothorax spontané et emphysème pulmonaire 

Introduction

Si les complications pulmonaires du tabagisme sont bien connues, celles liées à l’usage du cannabis le sont moins.

Objectifs

Revue systématique sur les données concernant le pneumothorax spontané (PS) et l’emphysème pulmonaire chez les consommateurs de cannabis.

Sources documentaires

Medline sur la période 1980–2018 avec pour mots-clés : cannabis ou marijuana et pneumothorax ou emphysema (limites « Title/Abstract »). Parmi 97 articles, 42 résumés sélectionnés ont donné lieu à une double lecture aboutissant à retenir 20 études.

Résultats

Seize rapports de cas (8 avec PS) retrouvaient des bulles des lobes supérieurs chez les fumeurs mixtes (FM) de cannabis et tabac et chez les 2 fumeurs exclusifs de cannabis (FEC). Le risque de PS était accru chez les FM, mais pas chez les FEC. Chez des patients âgés de moins de 35 ans ayant un PS, l’incidence des bulles à la tomodensitométrie (TDM) thoracique était plus élevée chez les FM que chez les fumeurs exclusifs de tabac (FET). La TDM thoracique des patients ayant un PS ne montrait pas de différence significative concernant la prévalence, la localisation et le type d’emphysème entre les FM et les FET. La proportion de zones avec diminution de la densité pulmonaire était plus importante chez les FM que chez les non-fumeurs (NF), mais similaire chez les FET et les NF.

Conclusion

Les résultats suggèrent un effet toxique cumulatif du tabac et du cannabis sur le risque de PS et d’emphysème pulmonaire.

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La lettre N°57 du CNPERT est parue

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« Le désastre des toxicomanies en France » par le Pr Jean Costentin

Présentation du dernier livre du Pr Jean Costentin : «  » – Editions Docis – par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le dernier ouvrage du Pr Jean Costentin, intitulé « Le désastre des toxicomanies en France » est le cinquième d’une longue série consacrée aux toxicomanies, dont le premier « Halte au cannabis », a été publié il y a 12 ans. Comme les précédents, ce livre est le témoin d’un engagement de tous les instants, depuis plus de 20 ans, motivé par son farouche combat contre toutes les toxicomanies.

Rappelons à cet égard que Jean Costentin préside le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies. Cet ouvrage qui comporte 365 pages, est un long cri de colère contre leurs méfaits, qu’elles soient licites, alcool et tabac ; ou illicites, cannabis en premier lieu. Il lutte également avec force, comme il le dit si bien, contre des idées qui prospèrent, entretenues par les médias, avec duplicité, à laisser se développer les toxicomanies et ses conséquences catastrophiques pour la santé publique.

Il s’agit d’un livre, fort bien écrit, au style alerte, riche de très nombreuses informations, destiné aussi bien aux professionnels de santé, qu’au grand public, parents, enseignants, éducateurs, mais aussi aux adolescents, tant il se lit avec une facilité déconcertante.

Dans son préambule, l’auteur cite ce qu’écrivait à propos des drogues illicites, il y a tout juste 30 ans le Pr Pierre Deniker :
« Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau, sous prétexte qu’il ressemble à celui que nous connaissons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher une troisième épidémie, sorte de lèpre… ».

Dans une première partie, il traite successivement des généralités sur les drogues, les toxicomanies et les addictions, avec des chapitres spécifiques sur le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les opioïdes, sans oublier toutes les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre ne cesse de croître, ni les médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques. Il démonte également les circuits d’une activité particulièrement lucrative et les profits considérables engrangés par ce commerce.

Au-delà des 130 000 vies perdues chaque année, il rappelle les chiffres abyssaux de leur coût annuel pour la Nation, estimé à 250 milliards d’euros. Il s’oppose avec véhémence aux salles de shoot et fut l’un des premiers à dénoncer le détournement d’usage du Subutex®.

Quant à ce que l’on appelle improprement le « cannabis thérapeutique » souhaité par certains, alors que nous disposons de molécules plus actives dans chacune de ses indications ; il fustige cette démarche dont l’objet hypocrite est en réalité la légalisation de l’usage récréatif, sur le mode de ce qui a été fait dans d’autres pays.

Il accuse les graves insuffisances des plans gouvernementaux dans ce domaine, ainsi que les organismes officiels, pour les carences coupables dont ils ont fait preuve au cours des deux dernières décennies et qui portent comme il le dit, la mémoire, l’empreinte digitale du désastre de ces toxicomanies.

Face à ce terrible constat, mais sans concession, Jean Costentin évoque les différentes pistes qui s’offrent à nous pour sortir du gouffre, comme il le dit très bien. Il prend pour modèle la Suède, qui confrontée à ce problème par le passé, a réussi à résoudre sa crise par l’éducation, la pédagogie et l’enseignement.

Ces piliers, constituent donc pour lui les bases essentielles de la lutte contre ces toxicomanies. Le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui du fait de l’absence d’information et de prévention dans les programmes éducatifs, décerne dans ces domaines un carton rouge à la France, semble donner raison au Pr Costentin.

Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage, divers documents annexés, pour l’essentiel des échanges de correspondances et des commentaires très intéressants, qui l’enrichissent considérablement.
Ce livre doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques familiales, tant il est à la portée de tous.

Disponible chez :

Les femmes auraient plus de risques que les hommes d’être accro au cannabis

Une étude italienne affirme que les femmes ont plus de risques de développer une dépendance au cannabis que les hommes, bien que ces derniers en consomment plus et plus régulièrement. L’hormone sexuelle féminine serait responsable.

Les débats sur le cannabis vont bon train depuis maintenant plusieurs années. Ses vertus thérapeutiques contre certaines maladies ont poussé des gouvernements à sa légalisation (contrôlée, dans la plupart des cas), mais il ne faut pas minimiser la dépendance qu’il peut générer chez les consommateurs, et les femmes sont les premières concernées. C’est en effet ce qu’avance le Conseil national de la recherche d’Italie : bien que les hommes aient 4 fois de chances d’essayer le cannabis et consomment des quantités plus importantes plus fréquemment, ce sont les femmes qui ont le plus de risques de devenir dépendantes à cause de l’œstrogène, l’hormone sexuelle féminine. Elles sont biologiquement plus sensibles aux effets de la drogue et à la diffusion de la dopamine dans le cerveau, qui crée instantanément du plaisir. « Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée au monde, explique le Dr Liana Fattore, auteure de l’étude. Bien qu’il soit associé à des effets négatifs sur la santé, y compris le risque de développer une addiction, le cannabis médical et récréatif est de plus en plus légalisé. De plus, le cannabis synthétique [plus puissant que le cannabis mais qui en imite les effets, et jugé impropre à la consommation, NDLR] gagne en popularité et est associé à des vagues d’intoxications et à des décès occasionnels. Identifier les facteurs qu’impliquent la consommation de cannabis et l’addiction devient alors essentiel ».

10% des consommateurs deviennent accro

Si la raison exacte qui explique la plus grande « sensibilité » des femmes n’est pas connue, les scientifiques sont certains que le sexe joue un rôle majeur dans la régulation des cannabinoïdes, les substances chimiques qui activent les récepteurs cannabis présents dans le corps humain et chez les mammifères. « Des études sur les animaux suggèrent que les mécanismes endogènes [c’est-à-dire produits par le corps lui-même, comme l’œstrogène, NDLR] sont à l’origine de la sensibilité face aux cannabinoïdes.

Chez les rats, l’hormone féminine baptisée œstradiol impacte sur le contrôle des mouvements, le comportement social et la filtration de l’information sensorielle dans le cerveau – des aspects concernés par la consommation de drogue – en modulant le système endocannabinoïde. En retour, ce système influence la production d’œstradiol », poursuit le Dr Fattore.

Selon les chiffres du NHS, le système de santé publique britannique, 10% des consommateurs de cannabis deviennent dépendants, le risque étant accru si l’on commence durant sa jeunesse ou si l’on en prend tous les jours. Sans compter une potentielle dépendance au tabac, souvent associé à la drogue. Le mieux, c’est encore de ne jamais essayer…

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Dopage en entreprise : quand les salariés se droguent pour «tenir»

Dans un ouvrage paru aux éditions Erès, trois chercheurs se penchent sur le phénomène du dopage en entreprise. Récompensé par le prix RH 2018, Se doper pour travailler soulève les raisons profondes qui poussent certains salariés à l’addiction.

C’est un fléau dont le sport n’a pas fini d’entendre parler. Malgré les techniques de plus en plus poussées des systèmes de dépistage, le dopage continue de sévir auprès de certains athlètes désireux de décupler leur performance pour décrocher les trophées. Mais ils ne sont pas les seuls. Loin des terrains de tennis ou des pistes d’athlétisme, dans les buildings de verre parsemés d’open space, le dopage aussi a trouvé sa place. Sous des formes différentes. Psychotropes, cigarettes, cafés ou longues lignes blanches rythment la vie de certains salariés et leur permettent de «tenir». Et bien souvent dans l’indifférence générale. Voire dans l’auto-acceptation.

C’est à ce sujet délicat que trois intellectuels et professionnels du sujet ont choisi de s’attaquer l’année dernière. Avec succès, puisque leur essai baptisé Se doper pour travailler, paru aux éditions Erès, vient de recevoir le prix du livre RH 2018. Décerné par Science Po, le cabinet Syntec Recrutement et Le Monde, le prix RH récompense les ouvrages s’attaquant à des sujets pointus liés aux mutations que traverse le monde du travail. Se doper pour travailler est le résultat d’un travail de longue haleine mené par trois chercheurs, Renaud Crespin (CNRS), Dominique Lhuilier (Cnam) et Glady Lutz, docteur en psychologie du travail.

Remise en cause de «consommer moins c’est mieux»

«On s’est dit qu’il était temps d’aller voir sur le terrain ce qu’il en est aujourd’hui de ses consommations», explique l’un d’eux. Loin du cliché traditionnel de l’ouvrier alcoolique ou du publicitaire coké, le dopage quotidien, «très fréquent» selon les auteurs, ne serait pas réservé à une catégorie socio-professionnelle ni à un secteur d’activité particulier. Mais c’est surtout contre le discours de prévention officiel, qui vise à prévenir, détecter et sanctionner, sans se soucier des réalités, que les trois chercheurs ont dressé leur minutieuse étude. «Il y a un décalage entre l’adage préventif «consommer moins c’est mieux» et les pratiques réelles. Au cours de nos recherches nous avons pu constater que ces substances étaient au contraire utilisées comme un outil de régulation, pour tenir, se calmer, récupérer ou se stimuler».

Se transformer plutôt que de transformer sa situation professionnelle

Bref, loin de provoquer des comportements déviants, l’utilisation de drogues permettrait de conserver une santé apparente et une certaine sécurité. Par l’addiction, les salariés se préserveraient même d’autres risques liés au travail: surmenage, burn-out, déclassement… En cause, une réalité de plus en plus pénible ou difficile, que ces drogues permettraient d’affronter. C’est donc l’ensemble d’un système, basé sur la pression, où les salariés ne sont parfois que des variables tenues de rentrer dans des moules informes, qui est pointé du doigt par cet ouvrage. «Parfois les salariés n’arrivent plus à transformer les situations de travail. Ils pensent alors que c’est en se transformant eux-mêmes qu’ils arriveront, en étant plus rapides, plus détendus, plus ouverts dans la relation client, plus productifs, plus plus plus, toujours plus. Logique puisque c’est grosso-modo ce qu’on attend des salariés aujourd’hui», explique Dominique Lhuillier sur le site Mode(s) d’emploi.

D’où les limites du discours de lutte contre les addictions et prises de drogues en entreprises. S’attaquer aux salariés sans parler du problème dans son ensemble revient à ignorer les causes tout en voulant lutter contre les effets. Autrement dit, retirer l’addiction sans modifier le contexte qui a poussé le salarié à cette addiction c’est le priver de son principal carburant face à une course tout aussi difficile. On comprend mieux dès lors pourquoi les trois chercheurs ont titré leur ouvrage «se doper pour travailler» et non «se droguer pour travailler», d’apparence synonymes. Dans le monde compétition qu’est l’entreprise, comme dans le sport, les drogues ne correspondent pas à un objectif récréatif pur, mais bel et bien de performance ou de compensation d’une pénibilité profonde liée à leur effort.

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