LES FEMMES SONT PLUS SENSIBLES AUX EFFETS NOCIFS DE L’ALCOOL, SELON UNE ÉTUDE

Par CNEWS –

 La sensibilité accrue des femmes aux effets nocifs de lalcool serait due à une hormone, l’oestradiol.[FRED TANNEAU / AFP]

Hommes et femmes sont-ils égaux face à l’alcool ? Les résultats d’une étude parue dans The Journal of Neuroscience semblent indiquer que non. Des tests sur des souris de laboratoire, dont le système nerveux est proche de celui de l’humain, ont montré une sensibilité accrue aux effets nocifs de l’alcool chez les femelles.

Cela tient au fait que, chez les femelles, la consommation d’alcool stimule la sécrétion d’une hormone appelée oestradiol (E2). Cette dernière modifie la réponse neuronale, notamment en altérant le sytème de la dopamine.

Ce neurotransmetteur, parfois surnommé «hormone du bonheur», permet la communication au sein du système nerveux et agit sur le comportement. Comme son surnom l’indique, la dopamine est directement liée au circuit de récompense du cerveau.

Lorsque le niveau d’oestradiol est élevé, les neurones du tronc cérébral qui produisent la dopamine sont anormalement stimulés par la consommation d’alcool. Et libèrent alors «l’hormone du bonheur» en quantité.

Ainsi, l’étude a montré que l’ingestion d’alcool était davantage «récompensée» par le système nerveux des souris femelles que par celui des mâles. Cela pourrait expliquer une tendance moindre des femmes à céder au binge drinking, cette hyperalcoolisation rapide qui consiste à boire le plus possible en un minimum de temps. Ce comportement bloquerait certains récepteurs de l’oestradiol dans les neurones.

Près d'un quart des Français (24 %) affirment que leur consommation d'alcool a, au contraire, diminué depuis le début du confinement.

D’un autre côté, Amy Lasek, une co autrice de l’étude, souligne le fait qu’une consommation importante lorsque «les niveaux d’œstrogène sont élevés» peut non seulement avoir les effets nocifs habituels de l’alcool, mais aussi «augmenter les risques de développer des problèmes d’alcoolisme sévère», en raison de cette sensation de récompense accrue.

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Alcool : 7 vérités à savoir sur la (sur)consommation

Un petit verre pour trinquer, s’amuser, décompresser ou noyer son chagrin ? Les raisons de boire sont nombreuses, mais cela peut vite devenir notre ennemi. Le point sur la consommation d’alcool, modérée ou excessive.

C’est une réalité : le confinement a entraîné une hausse des addictions. Si 65 % des buveurs réguliers affirment que leur consommation d’alcool est « restée stable » pendant le confinement et que 24 % sont même parvenus à la faire baisser, en revanche, 11 % des buveurs d’alcool réguliers estiment que leur consommation a « progressé » pendant la période du confinement, selon Santé Publique France. Parmi ces derniers, plus de la moitié ont consommé plus souvent de l’alcool pendant la semaine, 10 % ont augmenté le nombre de verres… et 23 % ont cumulé (fréquence et quantité). Santé Publique France, explique que cela a touché plus particulièrement les moins de 50 ans, les citadins et les parents. Sans surprise, « l’ennui, le manque d’activité, le stress et le plaisir sont les principales raisons mentionnées par les usagers d’alcool ayant augmenté leur consommation », note Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions à la direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France.

1-À TROP BOIRE, ON NE RISQUE PAS QUE LA CIRRHOSE

« On a beaucoup communiqué sur les méfaits du tabac, mais finalement très peu sur ceux de l’alcool, constate le Pr Naassila, président de la Société française d’alcoologie et directeur de l’Unité Inserm UMR 1 247, groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances (université de Picardie).Or, toute consommation d’alcool comporte un risque pour la santé. » Tout comme le tabac est mauvais à chaque cigarette fumée, chaque verre bu a un impact sur notre santé. Rappelons que l’alcool est la première cause d’hospitalisation en France (Bulletin épidémiologique hebdomadaire de 2015, Sante publique france) et l’on ne parle pas ici de personnes alcoolodépendantes. L’alcool est en effet impliqué dans de très nombreuses pathologies comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou certains cancers. 17% des cancers du sein sont dus à une consommation excessive d’alcool, par exemple. L’alcool a en outre un effet sur notre aspect et notre hygiène de vie : prise de poids (un verre d’alcool équivaut en moyenneà 3 morceaux de sucre !), sommeil moins réparateur, mine fripée…

2- LES REPÈRES DE CONSOMMATION ONT CHANGÉ DEPUIS 2017

Santé publique France a défini en 2017 de nouveaux repères pour que chacun puisse savoir où il en est de sa consommation : pas plus de 10 verres d’alcool par semaine, avec 2 jours sans alcool (soit deux fois moins que les repères précédents). « Ces repères ont été définis relativement au risque acceptable de mortalité imputable à l’alcool, précise le Pr Naassila. Si l’on est en dessous de ces repères, cela signifie que l’on est à moindre risque de décéder d’une pathologie attribuable à l’alcool. » On considère par ailleurs que 6 verres bus en une seule occasion (4 pour les femmes) sont un critère de nocivité, c’est ce que l’on appelle l’alcoolisation ponctuelle importante.

3-DEUX JOURS SANS ALCOOL PAR SEMAINE, PEU IMPORTE SA CONSOMMATION

Il est aussi délétère de boire tous les jours, sans faire de pause, que de concentrer la même quantité sur une soirée. Ces deux jours sont par ailleurs essentiels pour deux raisons : d’abord pour se rendre compte que l’on peut se passer d’alcool. Si l’on ne peut pas s’enpasser, c’est une alerte à prendre en compte. Ensuite, pour mettre l’organisme au repos. « Il faut rappeler que l’alcool est un toxique, explique le Pr Naassila. Et même si l’on l’élimine, il perturbe le métabolisme hépatique et fatigue le foie. La consommation d’alcool régulière favorise la stéatose, c’est une accumulation de graisses dans le foie (on parle aussi de foie gras) qui peut dégénérer en fibrose, voire cirrhose et cancer du foie. »

4-LES FEMMES DE PLUS EN PLUS TOUCHÉES PAR LA SURCONSOMMATION

« La consommation des femmes aujourd’hui, notamment jusqu’à 40 ou 45 ans, est complètement décomplexée, note le Dr Karila, psychiatre et addictologue, auteur de « L’alcoolisme au féminin » (éd. Leduc.s,). Elle est inscrite dans les habitudes de vie courante, sans parler de consommation excessive ni de consommation addictive. » Entre afterworks, soirées bien arrosées et petit verre quotidien pour décompresser après une journée chargée, les femmes aujourd’hui s’alcoolisent plus que leurs grands-mères. Le hic ? Entre consommation (trop) régulière et surconsommation, il n’y a souvent qu’un pas. « On estime qu’il y a 1 million à 1 million et demi de Françaises pour qui la consommation d’alcool peut poser problème », constate encore le spécialiste. Ce qui est d’autant plus ennuyeux, c’est que les femmes tardent généralement à demander une prise en charge.

5-LA CONSOMMATION EXCESSIVE PEUT RAPIDEMENT (ET FACILEMENT) S’INSTALLER

Il y a consommation excessive dès lors que l’on boit plus que prévu. Si l’on respecte les recommandations de Santé publique France, on minimise le risque de problèmes liés à l’alcool, mais cela ne préserve pas d’un glissement vers une surconsommation. Quels signes doivent alerter ? « Ils sont nombreux, souligne le Dr Karila, mais on doit vraiment s’interroger si l’on estime que l’on boit trop, que l’on boit en cachette ou seul, que l’on boit plus que les autres dans un événement, que l’on a besoin d’un verre pour se rassurer, etc. » Les impacts sur la qualité de vie (sommeil perturbé, fatigue, difficultés au travail…) sont aussi des éléments à prendre en compte, tout comme le rôle de l’entourage. Si l’on nous a déjà fait des reproches ou des remarques sur notre consommation, c’est qu’elle est excessive.

6-L’ABSTINENCE PENDANT UN MOIS EST TOUT BÉNÉFICE !

« Les effets de l’abstinence pendant un mois (comme lors du Dry January) sont étonnants, constate le Pr Naassila. Plusieurs études anglaises ont montré que 6 mois après un mois d’abstinence, on notait une nette diminution de la consommation d’alcool et du nombre d’épisodes d’ivresse. Mieux encore, ceux qui n’ont pas réussi à rester totalement abstinents voient aussi leur consommation diminuer à 6 mois. » Conclusion ? Simplement réduire sa consommation a déjà des effets positifs notables. En outre, « avec le Dry January, on s’inscrit dans la communication, le renforcement positif puisque les inscrits échangent sur les bénéfices de l’abstinence au quotidien qu’ils ont eux-mêmes expérimentés. » Se mettre au vert un mois permet ainsi d’éprouver- sans tabou – le rapport que l’on a avec l’alcool. « Ceux qui suivent le Dry January indiquent avoirplus de facilités ensuite à refuser de l’alcool. C’est un sentiment qui augmente la confiance en soi. »

7-LA MÉTHODE DES 5 C, EFFICACE POUR REPÉRER UNE DÉPENDANCE À L’ALCOOL

Pas évident d’identifier une addiction à l’alcool. Ausssi, le Dr Karila conseille de s’en remettre à la méthode des « 5 C » pour juger si l’on est passé d’une surconsommation à une alcoolo-dépendance. Si l’on retrouve ces 5 C régulièrement sur 12 mois, on est dans un processus addictif, il faut impérativement se faire aider :

  • Perte de Contrôle
  • Consommation Compulsive
  • Consommation Continue
  • Conséquences sur la santé
  • Craving, ou envie irrésistible de boire

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Cannabis : les messages de prévention visant à réduire les risques sont perfectibles

Plus d'un adulte sur dix déclarent avoir fumé du cannabis dans l'année
Plus d’un adulte sur dix déclarent avoir fumé du cannabis dans l’année CHABYBUCKO / ISTOCK.COM

Dans quelle mesure les consommateurs de cannabis ont-ils conscience des risques pour leur santé associés à cette substance ? Des chercheurs de l’université du Michigan et de l’université d’Etat de New-York à Buffalo (Etats-Unis) ont sondé 472 américains fumeurs de cannabis afin d’évaluer le degré d’efficacité des campagnes de prévention menées aux États-Unis. Les participants ont été recrutés lors du Hash Bash 2019, festival qui célèbre la marijuana et qui a lieu chaque année sur le campus de l’université du Michigan.

Publiée dans Health Promotion Practice, la recherche montre que les consommateurs fréquents de cannabis ne sont pas aussi bien informés qu’ils devraient l’être sur les stratégies de réduction des risques. Moins de la moitié d’entre eux (42%) est par exemple consciente qu’il est préférable d’éviter de fumer de la marijuana pendant la grossesse, tandis que seuls 36% connaissent la recommandation de ne pas conduire dans les six heures suivant la consommation de cannabis.

Environ un quart des participants estime par ailleurs que consommer des produits contenant du cannabidiol (CBD) et du tétrahydrocannabinol (THC), de l’huile de cannabis ou encore de mettre de la glace dans un bang s’avèrent des stratégies efficaces pour réduire la puissance du cannabis. Or, les auteurs de la publication rappellent que seuls les produits équitablement dosés en CBD et THC sont connus pour produire cet effet.

Bien que les connaissances ne garantissent pas automatiquement un comportement plus responsable, les chercheurs notent que le fait de fournir aux consommateurs de cannabis des informations précises sur les risques et les avantages de cette drogue aiderait au moins à prendre des décisions en toute connaissance de cause.

« Alors que de plus en plus d’États légalisent l’usage médical et récréatif du cannabis, il est important que la santé publique fournisse aux gens des connaissances adéquates sur l’utilisation du cannabis. Nous savons que l’abstinence n’est ni réaliste ni souhaitable pour certains consommateurs. Nous pouvons minimiser les coûts et les risques liés à la consommation de cannabis en sensibilisant les gens aux stratégies de réduction des risques », estime Lorraine Collins, co-autrice de l’étude.

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