Pour les poumons, le chanvre indien n’est pas meilleur que le tabac, assure une étude.

Claude Vincent
Pour les poumons, le chanvre indien n’est pas meilleur que le tabac, assure une étude.

Claude Vincent
C’est l’histoire d’un gaz hilarant qui n’est pas drôle. Le protoxyde d’azote, ou « proto », se révèle plus dangereux qu’il n’y paraît, selon une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Du côté du bois de Vincennes, à l’est de Paris, des jeunes ont pris l’habitude de se retrouver pour faire la fête et y consomme régulièrement du protoxyde d’azote. « On en trouve souvent près des poubelles, de plus en plus », remarque Victor, un étudiant de 25 ans. Il avoue en avoir « beaucoup pris lorsque j’étais à la fac, dans les soirées, les week-ends d’intégration, c’était un peu la mode. »
Assis dans l’herbe avec lui, ses trois autres amis ont déjà testé. « On a très chaud d’un coup, décrit Laura. Moi j’ai rougi très vite, vraiment, et après j’ai ri, mais pas tant que ça. Ça m’a laissée un peu dans le brouillard, mais trois secondes après c’était fini. »
Sur le moment, ce n’est pas quelque chose qui m’a forcément inquiété, parce que ça ne durait pas longtemps, comme effet.à franceinfo
Mais le « proto » est consommé par de très jeunes adolescents, et peuvent avoir des risques. « Au début, je ne comprenais, j’étais un peu sonné », raconte ce jeune skateur de 14 ans. J’entendais des petits ultra-sons. Je n’ai pas rigolé, parce que ça ne m’a pas mis bien, j’étais fatigué. »
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a donc déclenché une étude à partir des chiffres des centres antipoison. « Les premiers symptômes qui apparaissent ce sont des maux de têtes, des étourdissements, des vertiges, des pertes d’équilibre, énumère la toxicologue Cécilia Solal. On peut les observer même chez des personnes qui expérimentent le protoxyde d’azote pour la première fois. »
« Sur les profils d’utilisateurs plus réguliers de consommateurs de protoxyde d’azote, 70% ont développé des symptômes neurologiques, poursuit la toxicologue. On peut voir que les patients, même après l’arrêt de la consommation de ‘proto’, continuent à avoir ces atteintes. » Et l’enquête l’Anses démontre que le protoxyde d’azote n’est pas seulement amusant, il est aussi addictif. « Il y a des personnes qui présentent de vrais syndromes de manque », prévient Cécilia Solal.
Il y a, par moment, des personnes qui consomment plusieurs centaines de cartouches par jour. Donc on n’est plus du tout dans un contexte festif et il est très compliqué d’arrêter pour certains patients.à franceinfo
Cannes, Mulhouse, Arras ou encore Evreux, plusieurs villes ont interdit la vente aux mineurs. Une proposition de loi va dans le même sens et a été adoptée au Sénat. Elle attend toujours son passage devant l’Assemblée nationale.
La mesure est déjà expérimentée depuis le mois de juin sur les circonscriptions de sécurité publique de Rennes, de Reims, de Créteil et de Boissy-Saint-Léger, deux villes du Val-de-Marne. À partir du 16 juillet, le dispositif sera élargi aux ressorts des tribunaux judiciaires de Rennes, Reims, Créteil, Lille et Marseille.
La direction de la sécurité publique a détaillé les modalités d’application de l’AFD. Pour être « éligible » à un procès-verbal électronique et échapper aux poursuites judiciaires, il ne faut pas être en possession de plus de 10 grammes de cocaïne et 100 grammes de cannabis. Si le consommateur veut éviter de se retrouver devant un tribunal et/ou subir une injonction thérapeutique, il doit être majeur et présenter une pièce d’identité valide, « déclarer une adresse postale valable (pas d’association, de CCAS, de boîte postale…), précise l’administration. Mais avant tout, le consommateur devra « reconnaître les faits, confirmer la nature du produit appréhendé et accepter la confiscation et la destruction des stupéfiants et accessoires saisis ».
Le législateur a tout prévu. « L’établissement de l’AFD doit se faire sur place. À titre exceptionnel, la procédure peut se faire au service pour des considérations d’ordre public, par exemple liées à la protection des agents (toutefois, ce retour au service d’enquête exclut tout recours à la contrainte). » Pour éviter les attroupements agressifs en cas de verbalisation sur la voie publique, il est donc conseillé au policier de notifier son procès-verbal électronique au commissariat… à condition que le mis en cause daigne le suivre. Cela risque de ne pas être possible sur tout le territoire.