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Date

12 juillet 2020

Cannabis : les poumons en danger

Pour les poumons, le chanvre indien n’est pas meilleur que le tabac, assure une étude.

Cannabis : les poumons en danger
Cannabis : les poumons en danger (©Carole Barraud pour les Echos Week-end)
Les chiffres sont impressionnants : parmi les milliards de micro et nanoparticules émises dans une seule bouffée de fumée de cannabis, des chercheurs de l’université d’Alberta ont dénombré pas moins de 2.575 composés chimiques différents ( Scientific Reports, avril 2020 ).
Parmi les 536 qu’ils ont pu formellement identifier, 110 sont connus pour être toxiques et susceptibles d’engendrer des carcinomes et d’être mutagènes et tératogènes (malformations foetales).
Si les scientifiques mentionnent avoir identifié un nombre plus important de molécules toxiques dans le tabac (173, dont 69 communs aux deux), ils expliquent aussi qu’elles sont plus grosses de presque un tiers et plus concentrées dans le cannabis, avec au final une densité 3,4 fois supérieure.
Ce qui a son importance quant à la façon dont elles se déposent dans les bronches et peuvent entraîner des dégâts sur les poumons.

Claude Vincent

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L’Anses dévoile une étude inquiétante sur le « proto », le gaz hilarant

« Il est très compliqué d’arrêter pour certains patients » : l’Anses dévoile une étude inquiétante sur le « proto », le gaz hilarant très prisé des jeunes

C’est l’histoire d’un gaz hilarant qui n’est pas drôle. Le protoxyde d’azote, ou « proto », se révèle plus dangereux qu’il n’y paraît, selon une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Le protoxyde d\'azote est destiné à faire de la chantilly mais son usage est détourné pour être inhalé comme gaz hilarant. (photo d\'illustration)
Le protoxyde d’azote est destiné à faire de la chantilly mais son usage est détourné pour être inhalé comme gaz hilarant. (photo d’illustration) (LEYLA VIDAL / MAXPPP)

« Ça m’a laissée un peu dans le brouillard »

Du côté du bois de Vincennes, à l’est de Paris, des jeunes ont pris l’habitude de se retrouver pour faire la fête et y consomme régulièrement du protoxyde d’azote. « On en trouve souvent près des poubelles, de plus en plus », remarque Victor, un étudiant de 25 ans. Il avoue en avoir « beaucoup pris lorsque j’étais à la fac, dans les soirées, les week-ends d’intégration, c’était un peu la mode. »

Assis dans l’herbe avec lui, ses trois autres amis ont déjà testé. « On a très chaud d’un coup, décrit Laura. Moi j’ai rougi très vite, vraiment, et après j’ai ri, mais pas tant que ça. Ça m’a laissée un peu dans le brouillard, mais trois secondes après c’était fini. »

Sur le moment, ce n’est pas quelque chose qui m’a forcément inquiété, parce que ça ne durait pas longtemps, comme effet.Nathanà franceinfo

Mais le « proto » est consommé par de très jeunes adolescents, et peuvent avoir des risques. « Au début, je ne comprenais, j’étais un peu sonné », raconte ce jeune skateur de 14 ans. J’entendais des petits ultra-sons. Je n’ai pas rigolé, parce que ça ne m’a pas mis bien, j’étais fatigué. »

Un gaz addictif

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a donc déclenché une étude à partir des chiffres des centres antipoison. « Les premiers symptômes qui apparaissent ce sont des maux de têtes, des étourdissements, des vertiges, des pertes d’équilibre, énumère la toxicologue Cécilia Solal. On peut les observer même chez des personnes qui expérimentent le protoxyde d’azote pour la première fois. »

« Sur les profils d’utilisateurs plus réguliers de consommateurs de protoxyde d’azote, 70% ont développé des symptômes neurologiques, poursuit la toxicologue. On peut voir que les patients, même après l’arrêt de la consommation de ‘proto’, continuent à avoir ces atteintes. » Et l’enquête l’Anses démontre que le protoxyde d’azote n’est pas seulement amusant, il est aussi addictif. « Il y a des personnes qui présentent de vrais syndromes de manque », prévient Cécilia Solal.

Il y a, par moment, des personnes qui consomment plusieurs centaines de cartouches par jour. Donc on n’est plus du tout dans un contexte festif et il est très compliqué d’arrêter pour certains patients.Cécilia Solal, toxicologue à franceinfo

Cannes, Mulhouse, Arras ou encore Evreux, plusieurs villes ont interdit la vente aux mineurs. Une proposition de loi va dans le même sens et a été adoptée au Sénat. Elle attend toujours son passage devant l’Assemblée nationale.

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Bientôt une amende forfaitaire pour les consommateurs de cannabis et de cocaïne

INFO LE POINT. À partir de la rentrée, les usagers de drogues ne seront plus systématiquement poursuivis. L’amende forfaitaire délictuelle va être généralisée.

Le montant de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) est fixé à 200 euros, minoré à 150 euros et majoré à 450 euros, comme celle pour stationnement gênant. Pour alléger la charge de travail des forces de l’ordre et désencombrer les tribunaux, les fumeurs de cannabis et consommateurs de cocaïne sur la voie publique ne seront plus systématiquement passibles de poursuites judiciaires. Du moins, sur le papier. En réalité, une marge d’appréciation est laissée aux policiers sur le terrain. Sur quel(s) critère(s) ? La note diffusée par le ministère de l’Intérieur le 8 juillet ne le mentionne pas.

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