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C.N.P.E.R.T.

Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Date

29 janvier 2021

La tendance « nolo » : le peu ou pas d’alcool fait des émules

Pour l'apéro, nombreuses sont les marques à miser sur la tendance sans alcool. Comme Gimber, une boisson à base de gingembre.Pour l’apéro, nombreuses sont les marques à miser sur la tendance sans alcool. Comme Gimber, une boisson à base de gingembre. Courtesy of Gimber

Alors que le « dry january » touche à sa fin, la tendance nolo (pas ou peu d’alcool), séduit de plus en plus de consommateurs. Nombreux sont les « sober curious » avides de découvrir des breuvages alternatifs tout aussi festifs, mais sans alcool. Qu’est-ce que ça donne ?

Vous reprendrez bien un petit verre… sans alcool ? Face aux spiritueux, les boissons « nolo » (« no alcohol » ou « low alcohol ») connaissent un franc succès. Le cabinet IWSR, spécialisé dans l’analyse du marché des boissons alcoolisées, s’est intéressé à cette tendance sans alcool. Selon les chiffres, les ventes boissons peu ou pas alcoolisées ont connu une progression de 20% en France entre 2017 et 2018 et de 30,5% entre 2018 et 2019. Et tout laisse à penser que ce marché ne va cesser de croître.

Le nolo, une tendance subversive ?

Le mouvement de sobriété joyeuse débute aux Etats-Unis où l’ouvrage de Ruby Warrington, « Sober Curious », fait des émules chez les millenials, soucieux de leur bien-être et de leur santé. En France, la récente sortie de l’ouvrage de Claire Touzard, « Sans Alcool », s’inscrit dans la même veine. L’auteure n’hésite pas à qualifier le choix du zéro alcool de « subversif ». Dans un pays où partager et célébrer est souvent synonyme de – beaucoup – boire, choisir la sobriété est un acte de « rébellion ». Car la consommation des Français, bien qu’en baisse, reste l’une des plus élevées au monde, selon l’Insee. Et l’Hexagone se situe au 8ème rang de l’Europe.

Plantes, cocktails et #soberlife

Alors que les jeunes délaissent l’alcool, de nombreuses marques choisissent de s’adapter aux nouveaux besoins de consommation. Parmi les nouveaux entrants on trouve des marques aux packagings léchés qui reprennent des alcools classiques. Mais côté saveur, elles jouent sur l’alliance d’herbes et fruits savamment équilibrée. C’est le cas des gins sans alcool Ceder’s de Pernod Ricard, ou Atopia, extraits de plantes et d’arômes naturels. Dans la même veine, on trouve JNPR au bouquet floral ou encore Gimber, un concentré de gingembre pour l’apéro.

Côté bière, nombreux sont les brasseurs à proposer des alternatives. Interrogé par Europe 1, Maxime Costilhes, délégué général des Brasseurs de France, explique que « depuis 4-5 ans, les industriels ont développé des techniques de refroidissement, de désalcoolisation et d’interruption de la fermentation qui permettent de ne pas altérer le goût de la bière ». Une tendance suivie de près, donc, par les quelque 2.000 brasseries artisanales françaises, mais aussi par les grands industriels, comme Heineken avec sa bière 0.0.

Pour les fans de vins de table, de nombreuses alternatives existent. Parmi elles, le Français Petit Bérêt, dont le cofondateur Dominique Laporte est meilleur sommelier de France, commercialise des vins rouges, blancs ou rosés façonnés à partir de sélection de cépages et d’assemblages, comme un grand cru classique.

Bar sans alcool

Et la tendance ne s’arrête pas là. Outre les nouvelles marques de breuvage nolo, des « dry bars » se sont adaptés et proposent des cartes sans alcool. C’est le cas du Listen Bar à New York, du Virgin Mary à Dublin. En France, Gueule de Joie avait ouvert à Nantes. Si le bar est fermé pour cause de Covid, il n’en propose pas moins une sélection de boissons à se faire livrer pour buller sans éthanol. 

Alcool, gare aux excès

Sous ses airs pop, la tendance « nolo » représente aussi un fort enjeu de santé publique.
Selon Santé Publique France, la consommation d’alcool « fait partie des trois premières causes de mortalité évitable avec 41.000 décès en 2015 ». Pour rappel, elle ne doit pas dépasser 10 verres d’alcool maximum par semaine ou 2 verres d’alcool maximum par jour, et pas tous les jours.

Une bonne raison de se rabattre sur un bon mocktail.

Source

Sans alcool

En France, on s’avoue rarement alcoolique. Quand on boit on est festif, irrévérent, drôle. Français.

Un jour pourtant, Claire arrête de boire. Elle prend conscience que cet alcool, prétendument bon-vivant, est en vérité en train de ronger sa vie. Il noyaute ses journées, altère sa pensée, abîme ses relations.

En retraçant son passé, elle découvre à quel point l’alcool a été le pilier de sa construction et de son personnage de femme.

Sans alcool est le journal de son sevrage. Un chemin tortueux, parfois rocambolesque, à travers son intimité. Une quête de libération complexe, dans un pays qui sanctifie le pinard. L’autrice affronte son passé, l’héritage familial, le jugement des autres.

Son récit interroge, au-delà de son expérience. Pourquoi boire est une telle norme sociale ?

Alors qu’on lui a toujours vendu la sobriété comme le choix des cons et des culs bénis, elle réalise qu’on l’a sans doute flouée.

Être sobre est bien plus subversif qu’elle ne l’imaginait.

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