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Date

31 janvier 2021

Consultation citoyenne sur le cannabis « récréatif »

Jean Costentin

Contribution supplémentaire à sa banalisation croissante dans l’opinion, les citoyens sont à nouveau interrogés, du 13 janvier au 28 février, sur la légalisation du cannabis « récréatif », mais cette fois, c’est par une mission parlementaire.

Après l’UDI, dont le président, Jean-Christophe Lagarde, faisait savoir qu’à titre personnel, il était favorable à cette légalisation, c’est au tour du parti des Républicains (LR) de se fissurer sur ce point ; après les maires LR de Reims et de Charleville-Mézières, prêts à l’expérimenter dans leurs villes, et un député LR de l’Essonne, Robin Reda, pour présider cette mission parlementaire. LREM n’apparaît qu’en seconde position.

Le vice-président de cette commission est Jean-Baptiste Moreau, porte-parole de la REM (évitez l’anagramme), agriculteur dans la Creuse. Sans « creuser », on constate qu’un lien d’intérêt est patent, puisqu’il veut faire de son département celui de la culture du cannabis.

Même si l’urgence est ailleurs, à l’ombre du Covid-19, d’aucuns poussent leurs pions et pressent le pas, sachant que si les informations que taisent les médias venaient à être connues du public, elles mettraient un coup d’arrêt à leurs manœuvres.

Selon un schéma bien rodé ailleurs pour familiariser le chaland avec l’inconcevable, on fait miroiter des propriétés thérapeutiques au cannabis. Ce fut la tâche (mettons un accent circonflexe) précédente de cette mission d’auditer sur le cannabis qu’elle a qualifié d’emblée de « thérapeutique » pour mettre en place des essais devant tester cette hypothèse (la charrue avant les bœufs). Les médias ont joué simultanément de l’argument du « partout ailleurs » ; ainsi la France, qui donnait des leçons au monde entier, devrait emboîter le pas à de plus imprudents qu’elle.

Dans cette consultation citoyenne, plusieurs arguments majeurs devraient être adressés par de nombreux citoyens contre le cannabis dit « récréatif ».

On sait déjà qu’avec sa légalisation, « la récré » se terminera mal, à l’instar de la légalisation du tabac et de l’alcool, responsables, en France, de respectivement 75.000 et 41.000 décès annuels avec, en outre, de multiples handicaps qui obèrent nos comptes sociaux. Prenant en charge les coûts inhérents aux maladies, notre nation ne doit pas faciliter leur expansion, puisqu’elle peine, même souvent à crédit, à secourir toutes les affections (congénitales ou acquises) qui sont, elles, inévitables.

Le cannabis est plus toxique pour l’appareil respiratoire que le tabac, en engendrant 6 fois plus de goudrons cancérigènes, de substances irritantes et d’oxyde de carbone. Sa toxicité cardio-vasculaire en fait la 3e cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il est responsable d’artérites et d’accidents vasculaires cérébraux.

Il perturbe le déroulement de la grossesse ; il l’abrège ; il est tératogène ; l’enfant qui naît d’une maman consommatrice de cannabis comporte un risque accru : de mort subite, d’hyperactivité avec déficit de l’attention, de retard du développement psychomoteur, de plus grande vulnérabilité aux toxicomanies à l’adolescence.

Les individus en âge de procréer qui exposent leurs gamètes au tétrahydrocannabinol du cannabis, transmettent à leur enfant, par un mécanisme épigénétique : une vulnérabilité aux toxicomanies, des anomalies de leur développement cérébral, une sensibilité accrue aux troubles du spectre de l’autisme, à la schizophrénie, à des perturbations de leurs capacités cognitives (capacité d’apprendre) ou encore de leur système immunitaire. Ajoutons ses effets accidentogènes sur la route ou au travail, ses effets désinhibiteurs avec prise de risques, l’induction de dépressions avec leurs risques de suicide, l’induction d’autres toxicomanies. C’est la drogue de « la crétinisation », qui nous relègue au 27e rang du classement PISA.

Alors que nous n’avons pas su enrayer le développement pandémique de sa consommation, faisant des Français ses tout premiers consommateurs européens, avec 1.400.000 « usagers régulier », sa légalisation fera exploser le nombre de ses consommateurs, qui tendra au moins vers les 5 millions d’alcoolo-dépendants et même les treize millions de tabagiques.

Les études qui se multiplient sur les effets épigénétiques du cannabis révèlent de nouvelles incriminations de son THC.

Il est impératif que le législateur, en dépit des pressions mercantiles qu’il subit, ou de tentations démagogiques préélectorales, intègre ces informations et mesure leur portée avant de hasarder notre nation dans la légalisation de cette drogue dont tous les éléments connus assurent que ses conséquences seraient funestes.

Source

Le sport et les drogues « récréatives »


L’agence mondiale antidopage (l’AMA) renonce

Pr. Jean Costentin

Le sport a longtemps contribué à détourner l’Homme de ses tentations toxicophiles, toujours en embuscade. Il s’est particulièrement développé dans notre pays à une époque où l’alcool y faisait des ravages.

Le village de mon enfance, pour 1800 habitants, comptait 20 « bistrots » qui intoxiquaient une fraction significative de la population masculine.

Chaque village avait son terrain de football, « son club de foot », ses entraînements pluri hebdomadaires, ses matchs, ses moniteurs dévoués, ses supporters qui ne loupaient aucun match.

D’autres activités apparurent et l’alcool a reculé, passant en 40 ans d’une consommation annuelle par français de 22 à 11 litres d’alcool pur.

Les bistrots ont fermé, il n’en reste qu’un qui vend : journaux, café, tabac, bières, peu de vins, davantage de spiritueux, et des tickets de jeux de hasard…
Cette heureuse évolution s’essouffle ; le lobby alcoolier, avec la compromission de politiques de tous bords, détricotent la salutaire loi Evin.

Des députés de la REM «en remettent une chope », souhaitant voir autorisée à nouveau la vente des boissons
alcooliques dans les buvettes des stades. Arrêtons là pour l’alcool.


Le sport professionnel s’est développé, drainant des crédits extravagants comme le sont les revenus de joueurs déïfiés et choyés. Ce sport spectacle, avec d’énormes enjeux matériels, incite ses athlètes, pour gagner, à s’adresser aux tricheries du dopage.
L’envolée de Mitterrand au congrès d’Epinay :« l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! », n’a pris aucune ride et même bénéficié du botox.

L’agence mondiale antidopage (AMA) qui veille sur le « sport propre » siège à Montréal, au Canada qui vient de légaliser le cannabis.
L’AMA, constatant la multiplication des contrôles positifs à des drogues dites « récréatives » telles  le cannabis/THC, l’ecstasy, l’héroïne, décide de réduire considérablement les sanctions pouvant être infligées aux sportifs qui présenteraient ces drogues dans leurs urines ; les faisant passer de 4 ans de suspension à 4 semaines seulement. Loin de résister à l’affaiblissement des mœurs, l’AMA accompagne ce mouvement !

Le sport comme moyen de refreiner les appétits toxicomaniaques devient un fabliau. Le sportif donné en exemple à une jeunesse de plus en plus vulnérable aux toxicomanies, c’était « le monde d’avant ». Cette tendance vient de loin ; pour le cannabis, il y a trois ans, l’AMA avait déjà relevé de 50 à 150 ng de THC/mL d’urine son seuil répréhensible. Aujourd’hui elle diminue la sanction. Les errements de la vie privée
peuvent désormais, sans grand dommage, empiéter sur la vie sportive et même sur ses compétitions.


Ces nouvelles dispositions feignent d’ignorer les interférences de ces drogues sur les performances sportives et, partant, l’équité entre compétiteurs. L’ecstasy est stimulante comme l’est l’amphétamine. Le THC du cannabis, par ses effets désinhibiteurs, peut rendre plus agressif dans des sports de combat ; par son effet anti
trémulant plus précis dans le tir à l’arc ou à la carabine ; par ses effets analgésiques, à l’instar de l’héroïne, aider dans les sports où la douleur limite les performances…

Par ces nouvelles dispositions l’AMA renonce aux effets de prévention qu’exerçait le sport sur les toxicomanies ; elle renonce à l’exemplarité dont il était porteur pour la jeunesse ; elle en prend même à son aise avec certains aspects du dopage en ouvrant de nouveaux espaces pour la tricherie.

l’AMA transgresse ce faisant les grands principes à l’origine de sa création en 1999, qu’elle avait jusqu’à maintenant défendus. Sa liste des substances interdites, régulièrement actualisée, s’appuie sur des règles visant non seulement à maintenir l’équité entre sportifs, mais aussi à garantir l’intégrité de leur santé.

Un médecin responsable des équipes de l’ex RDA avait déclaré que pour chaque médaille olympique
obtenue, les sportifs avaient payé un tribut qu’il estimait à 700 « invalides ».
Une substance est interdite quand elle coche au moins 2 des 3 critères suivants :
-Susceptible d’améliorer les performances ;
-présenter un risque potentiel pour la santé du sportif ;
-contrevenir à l’esprit sportif, notamment : à l’éthique, à l’honnêteté ; à la santé ; à
l’épanouissement de la personnalité ; au respect des règles et des lois ; au courage, à
l’esprit de groupe et à la solidarité.


« Paroles, paroles, paroles » ; l’âme a ses défaillances comme l’A.M.A. les siennes
vis à vis des drogues.

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