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28 août 2021

« Derrière la fumée » : le gouvernement veut alerter sur les dangers du cannabis

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Paris, le vendredi 27 août 2021 –

Le gouvernement a lancé dimanche dernier une campagne de sensibilisation sur les conséquences indirectes de la consommation de cannabis, mais qui vise également à mettre en avant sa politique de lutte contre la drogue.
Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée de France.

Près de 900 000 Français en consommeraient tous les jours et 45 % des adultes disent en avoir consommés au moins une fois. Parmi les jeunes de 17 ans, ils sont 39 % à l’avoir expérimenté et 7 % à en consommer régulièrement. Le cannabis étant souvent présenté comme une « drogue douce », aux conséquences sanitaires et sociales peu importantes par rapport à d’autres substances, le gouvernement a décidé de tenter de casser cette image à travers une nouvelle campagne de communication.


Intitulée « Derrière la fumée », cette nouvelle opération de sensibilisation, lancée ce dimanche, vise à informer les Français sur les conséquences indirectes de la consommation de cannabis. Diffusée à la télévision et sur les réseaux sociaux, mais également via des affiches et une campagne dans la presse locale et nationale, l’opération se concentre sur trois effets négatifs de la consommation de cannabis : le décrochage scolaire, les accidents domestiques (et plus particulièrement l’ingestion accidentelle de cannabis par des enfants) et enfin l’insécurité. Un sujet malheureusement d’actualité alors que les règlements de compte sanglants liés aux trafics de stupéfiants se multiplient ces derniers jours, notamment à Marseille.

Santé publique et politique

Si l’objectif de la campagne est louable, les associations de lutte contre l’addiction dénoncent un mélange des genres. En effet, les spots et les affiches de campagne ne se contentent pas d’informer sur les risques de la consommation de cannabis mais également de mettre en avant l’action des autorités dans cette guerre contre la drogue, en nous donnant par exemple le nombre de condamnations prononcés ou la quantité de drogue saisie. La campagne de sensibilisation sanitaire se doublerait donc d’une opération de communication politique.
À huit mois d’une élection présidentielle où le thème de la sécurité devrait être omniprésent, cette nouvelle campagne serait donc loin d’être neutre politiquement. Depuis quelques mois, le gouvernement affiche en effet un discours musclé et une tolérance zéro vis-à-vis du cannabis, par la voix de son ministre de l’Intérieur Gerald Darmanin.

Interrogé ce mardi sur les antennes de France info, l’ancien maire de Tourcoing a qualifié le cannabis de « poison » et a déclaré que sa légalisation serait « une défaite morale ».

Il n’a pas non plus hésité à affirmer que plusieurs pays ayant légalisé le cannabis souhaitent désormais l’interdire de nouveau, une affirmation inexacte selon les spécialistes de la question.
La campagne actuelle devrait être suivie à l’automne prochain d’autres opérations de communication sur les dangers du cannabis au volant et sur le « décrochage du cannabis ».

Des campagnes qui seront sans doute l’occasion pour le gouvernement de mettre de nouveau en avant sa politique de lutte contre la drogue, alors que la course à la présidentielle s’intensifiera.

Nicolas Barbet

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Trop de cannabis et pas assez de consommateurs : l’euphorie de la légalisation retombe au Canada

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Au Canada, trois ans après la légalisation du cannabis à des fins récréatives, l’euphorie de la légalisation du cannabis est retombée. Le secteur n’a pas atteint ses objectifs et n’a pas fait disparaître le marché noir.

Après un démarrage en fanfare, l’industrie canadienne du cannabis doit composer avec de nouveaux défis : les ventes du marché noir sont encore importantes, des usines de production ferment, d’autres sont englouties par de plus grosses et des employés sont mis à pied.

C’était une promesse électorale de Justin Trudeau en 2015. En 2018, c’était chose faite : il est devenu légal de consommer du cannabis à des fins récréatives dans le pays. L’engouement était alors visible, avec de longues files d’attente devant les magasins.

Le but était justement d’endiguer les ventes du marché noir. Mais aujourd’hui, à peine plus de la moitié des ventes de marijuana sont réalisées sur le marché légal. La demande ne s’est pas transférée du marché illégal vers le marché légal et ce, surtout dans l’ouest du pays​, explique Jean-François Ouellet, professeur à HEC Montréal.

L’exception québécoise

Au Canada, seul le Québec semble faire office d’exception. Pourquoi ? D’abord parce qu’il a choisi un système public de vente via ses points SQDC (Société québécoise du cannabis), tandis que beaucoup de provinces tournent au 100 % privé, ou avec les deux régimes.

Le Québec a aussi choisi de vendre du cannabis au même prix que le marché noir. Et si les gens ne veulent pas se déplacer, il leur est possible de commander en ligne et de se faire livrer à leur porte le jour même, exactement comme cela serait le cas s’ils appelaient leur dealer​, poursuit le professeur.

Autre souci. En 2018, les données concernant la consommation supposée ont en outre été surestimées, observe Jean-François Ouellet. Il n’y a pas eu de hausse sensible de la consommation avec la légalisation chez les plus de 15 ans : 15,6 % contre 16,1 % entre le deuxième trimestre de 2018 et celui de 2019, selon Santé Canada.

Forte concurrence et surproduction

À l’annonce de la légalisation, producteurs et businessmen aguerris ou novices ont été trop nombreux à se ruer vers l’or vert… alors que la ruée n’a pas eu lieu. Forte concurrence, surproduction et baisse des prix ont mis un coup de frein à cet emballement.

Le géant Canopy Growth gérait sept usines de culture dans le pays. Elles ont toutes fermé ou ont été vendues en 2020. Et sur le site d’origine, les licenciements sont monnaie courante. Cotée en Bourse, l’entreprise a d’ailleurs vu la valeur de son action chuter de plus de 26 % depuis janvier.

Une baisse qui s’explique par des points de ventes fermés pendant les périodes de confinements ​et des problèmes d’approvisionnement avec les sites américains », ​selon le PDG David Klein. Ses concurrents dénoncent aussi le manque de points de vente dans certaines provinces.

Rachats et rationalisation

Bref, tout le monde a du stock sur les bras. Certains producteurs ont dû se mettre à l’abri de leurs créanciers, comme AgMedica et Wayland. Quand un marché est en déclin, les joueurs de l’industrie commencent à se racheter les uns les autres car les liquidités deviennent plus rares. Ils doivent devenir de plus en plus gros , ajoute Jean-François Ouellet.

Emerald Health Therapeutics, qui emploie 120 personnes, a une usine de culture à Saint-Eustache, au nord de Montréal, résiste, mais ne songe pas, pour l’instant, s’agrandir à l’international. On a eu nos défis à relever, on a rationalisé notre production l’an passé », ​explique Mohammed Jiwan, directeur général des opérations.

Nous, on veut se concentrer sur le marché québécois et avoir une approche de bien-être plus que récréative », ​poursuit-il.

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