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janvier 2022

Consommer du cannabis avant 16 ans double le risque de connaître le chômage à l’âge adulte

Par Paul-Emile François

L’expérimentation précoce du cannabis a un impact très fort sur l’avenir professionnel. Le risque de connaître une ou plusieurs périodes de chômage à l’âge adulte est fortement augmenté en cas de consommation avant 16 ans.

Consommer du cannabis avant 16 ans double le risque de connaître le chômage à l'âge adulteLANASTOCK/ISTOCK



L’ESSENTIEL

  • 40% des jeunes de moins de 17 ans en France déclarent avoir consommé du cannabis
  • Les conséquences de cette consommation sont une perte de concentration et de motivation qui pèsent sur la réussite scolaire
  • Elle augmente fortement le risque de rencontrer des difficultés d’insertion professionnelle à l’âge adulte

Fumer du cannabis à l’adolescence n’est pas seulement augmenter le risque d’une moins bonne réussite scolaire en raison des difficultés de concentration et de motivation liées à cet usage. Cela impliquerait aussi de devoir affronter plus tard des situations de chômage.

C’est ce qu’indique une étude réalisée par l’INSERM et publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependance.

Alors que 40% des jeunes de moins de 17 ans en France déclarent avoir consommé du cannabis durant l’année écoulée et que notre pays connait l’un des plus hauts niveaux de consommation de cette drogue, l’étude établit un lien entre l’expérimentation du cannabis dite précoce (avant 16 ans) et les difficultés d’insertion professionnelle à l’âge adulte. C’est en analysant la situation de près de 1 500 jeunes adultes sur une période de 9 ans entre 2009 et 2018 que les chercheurs sont parvenus à cette conclusion.

Un risque de chômage deux fois plus élevé pour ceux qui ont consommé avant 16 ans

En entrant davantage dans le détail, leur étude précise que d’avoir débuté la consommation de cannabis avant 16 ans multiplie par deux le risque de connaître une période de chômage à l’âge adulte par rapport à ceux qui n’ont jamais consommé ce stupéfiant, un risque qui n’augmente que de 39% si la première consommation de cannabis n’a eu lieu qu’après 16 ans.

Toujours sur le registre de l’impact négatif de l’usage du cannabis à l’adolescence sur l’emploi à l’âge adulte, celui-ci multiplie par trois le risque de connaître plusieurs périodes de chômage pour ceux qui ont consommé avant 16 ans et l’augmente de 51% pour ceux qui ont consommé après 16 ans.

L’impact du cannabis sur la vie sociale et économique

« Ces résultats montrent que l’âge de la première expérience du cannabis est associé à des conséquences néfastes non seulement sur la santé mais aussi sur la vie sociale et économique des personnes et que reporter le plus tard possible cette expérimentation devrait être un objectif des politiques publiques », souligne Maria Melchior, directrice de recherche à l’INSERM et auteure de l’étude.

Source

CBD : le Gouvernement interdit la vente de fleurs et de feuilles

Les fleurs et les feuilles brutes de CBD, ou cannabidiol, la molécule non psychotrope du cannabis à laquelle sont attribuées des vertus relaxantes, sont désormais interdites à la vente en France.

CBD : le Gouvernement interdit la vente de fleurs et de feuilles
© Adobe Stock

DROITACTUALITÉ DU DROIT Publié le 03 janvier 2022 à 09h29, AP REDACTION

« La vente aux consommateurs de fleurs ou de feuilles brutes sous toutes leurs formes, seules ou en mélange avec d’autres ingrédients, leur détention par les consommateurs et leur consommation » sont interdites, a décidé le Gouvernement dans un arrêté paru vendredi au Journal Officiel, qui serre ainsi la vis contre ce « cannabis light » en plein essor.

En revanche, « sont autorisées la culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale des seules variétés de Cannabis sativa L. ». Avec comme condition que la plante de chanvre ait une teneur en THC (Tétrahydrocannabinol, la molécule psychotrope) non supérieure à 0,3 %, contre 0,2 % dans le projet de décret publié en juillet 2021.

Les fleurs et feuilles de ces variétés « ne peuvent être récoltées, importées ou utilisées que pour la production industrielle d’extraits de chanvre », détaille l’arrêté.

En outre, la vente de plants et la pratique du bouturage sont interdites.

L’achat de fleurs et de feuilles de chanvre produites sur le territoire français doit faire l’objet d’un contrat écrit entre producteur et acheteur, établi avant le début de la campagne de production.

Par ailleurs, les produits issus du chanvre « ne peuvent être importés en provenance de pays hors de l’Union européenne ou exportés en dehors de l’Union européenne que s’ils sont accompagnés des documents attestant de leur conformité ».

Cet arrêté a été notifié à la Commission européenne. Il révise un texte de 1990 et fait suite à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de novembre 2020.

Feuilleton judiciaire en cours

La justice européenne avait alors rejeté l’interdiction de ce « chanvre bien-être » en France, en soulignant l’innocuité de cette molécule, qui ne peut donc être considérée comme un stupéfiant ni un médicament. Elle avait également mis en avant que la libre circulation des marchandises au sein de l’Union européenne s’appliquait au CBD.

Le 23 juin, la Cour de Cassation a estimé que le CBD pouvait être vendu en France s’il était produit dans un autre pays européen, mais n’a pas tranché la question de fond d’une interdiction de commercialisation au nom de l’objectif de protection de la santé publique.

Le feuilleton judiciaire n’est pas pour autant clos.

Des référés visant la suspension de l’arrêté sont prêts, de même qu’un recours devant le Conseil d’Etat « qu’on déposera après une décision du 7 janvier du Conseil constitutionnel », a déclaré à l’AFP le président du syndicat professionnel du chanvre, Aurélien Delecroix. Il regrette « une interdiction totale et non proportionnée », qui ne se base sur « aucune preuve scientifique démontrant une problématique sanitaire ».

De son côté, Ludovic Rachou, président de l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC) a salué dans un communiqué une « excellente nouvelle pour les acteurs économiques et industriels qui attendaient depuis de nombreuses années ». Avec cet arrêté, « une nouvelle filière française d’excellence, celle des extraits de chanvre, va désormais pouvoir se structurer », se réjouit l’UIVEC selon qui le marché français du ou CBD, est estimé à près de 700 millions d’euros dès 2022.

Le rire chasse la drogue et….

apaise le covid !

Bonne année 2022

Chers Amis,

Permettez moi de relayer les vœux de notre Président (cliquez ici) pour vous offrir, au nom du CNPERT, nos souhaits chaleureux de Bonne et Heureuse année. La tradition est d’actualité, c’est d’abord une santé sauvegardée, la possibilité de nous rencontrer sans écran et enfin celle d’être écouté.

L’année 2022 devrait être celle de décisions.

La législation du cannabis serait un très mauvais signal donné aux postulants et à leurs éducateurs et inversement un encouragement au développement d’un marché jusqu’ici illégal : pourquoi se priver puisque c’est possible. On voit aussi l’extension aux autres drogues, en particulier à la cocaïne qui arrive massivement en France.

Il est plus que jamais du devoir d’un médecin de s’opposer à la prolifération des drogues et d’informer clairement et complètement nos concitoyens.

C’est le but et le rôle du CNPERT et de son blog.

Nous manquons d’abonnés et donc d’un poids suffisant pour interpeller les media et les décideurs. N’hésitez donc pas, si vous partagez notre analyse, à vous inscrire à notre blog ( cliquez sur le titre d’un article et tapez votre e mail en haut de la colonne de droite)

Vous serez informé des travaux de recherche les plus récents sur les méfaits des drogues, sur l’action des institutions nationales et internationales de lutte contre les drogues et des solutions éducatives que nous proposons. Il n’est pas trop tard pour réagir.

Bonne Année.

Jean Paul Tillement

Dry January

C’est parti pour le mois sans alcool, mais sans soutien de l’État

Un mois sans boire une goutte d’alcool. Pour tous les volontaires, le « Dry January » commence ce samedi 1er janvier 2022. L’opération n’a toujours pas droit au soutien de l’État contrairement à des campagnes de même nature contre le tabagisme.

Le Dry January ​ou mois sans alcool débute ce 1er janvier 2022, mais cette opération se déroule en France sans soutien de l’État.

On n’a pas d’aide gouvernementale (et) on est toujours sans moyens, souligne auprès de l’AFP la juriste Claude Rambaud, vice-présidente de la fédération d’associations France Assos Santé, qui chapeaute cette campagne.

Lancée pour la troisième année consécutive en France, sur le modèle d’opérations semblables dans le monde anglo-saxon et scandinave, le Dry January fonctionne sur un principe simple : ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de janvier.

La période est propice à faire une pause, après des fêtes souvent marquées par une importante consommation d’alcool. Mais le but n’est pas seulement de reposer son organisme, c’est de se rendre compte par soi-même de ce qui change dans un quotidien sans alcool.

L’idée, c’est d’essayer de faire cette pause, mais la campagne ne se veut pas du tout moralisatrice : chacun peut essayer de mesurer son rapport à l’alcool pendant ce mois-là​, explique Claude Rambaud, craignant toutefois un contexte difficile avec la pandémie de Covid-19 qui perdure dans une ambiance anxiogène.

Une pause qui peut durer

Ce type de campagne fait de plus en plus ses preuves en matière de santé publique. Au lieu de mettre l’accent sur les risques représentés par une substance – ici l’alcool –, on insiste sur les avantages à ralentir sa consommation. Les participants sont aussi stimulés par un défi qui rassemble de nombreuses personnes au même moment.

Beaucoup de gens qui font cette pause continuent ensuite ​à moins consommer d’alcool, rapporte Claude Rambaud, sur la foi d’études faites dans des pays anglo-saxons.

Ça lance un élan​, insiste-t-elle.

Pas d’aide de l’État

C’est le même principe que le Mois sans tabaclancé chaque année à l’automne, avec une petite nuance : le Dry January ne vise pas à définitivement inciter à une abstinence totale.

Mais, en France, la réalité est bien différente entre les deux opérations. Le Mois sans tabac est soutenu depuis des années par l’État, via l’agence Santé publique France, alors que le Dry January n’est le fait que d’associations, certes rejointes par plusieurs municipalités comme celle de Lyon.

Ça n’a rien à voir avec ce qui se passe au Royaume-Uni où ils sont extrêmement soutenus par le gouvernement, regrette Mme Rambaud.

Les associations reprochent à l’État de céder aux lobbies de l’alcool, en premier lieu les viticulteurs, qui agitent le spectre d’une campagne hygiéniste et inadaptée à l’art de vivre ​à la française.

Santé publique France intéressée mais à distance…

Du côté de Santé publique France qui, selon plusieurs sources, avait failli se lancer dans la campagne pour sa première année en 2020 mais y avait renoncé in extremis, le jeu d’équilibriste perdure.

L’agence, qui dépend du ministère de la Santé, ne cache pas son intérêt pour le Dry January ; elle a mené plusieurs enquêtes sur son déroulement et son vécu par les participants. Mais elle se tient éloignée d’une implication directe.

Santé publique France se place en soutien ​des organisateurs du Dry January, expliquait à l’automne, sa directrice générale Geneviève Chêne, mettant l’accent sur d’autres campagnes de l’agence contre les risques liés à l’alcoolisme.

Les risques d’une consommation modérée mais régulière

Ces opérations publiques sont, toutefois, plus axées sur les risques liés aux comportements – agressivité, danger sur la route – que ceux qui touchent directement la santé des buveurs.

Or, ces risques pour la santé sont souvent mal appréhendés, comme en témoigne une incompréhension fréquente sur le Dry January. La campagne ne concerne pas que les gros buveurs car une consommation modérée mais régulière représente aussi un risque pour la santé.

Pour les non-participants, la cible de l’opération est en priorité constituée des personnes dépendantes ou des jeunes consommateurs qui ne maîtriseraient pas leur consommation, explique une étude réalisée par Santé publique France à partir d’entretiens individuels, et publiée en décembre dans la revue Alcoologie et Addictologie.

Ils ne se sentent donc pas concernés, concluent les auteurs, estimant qu’il y aurait tout à gagner à encore mieux médiatiser le Dry January

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