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Date

3 février 2022

Les psychiatres français et le cannabis

Pr. Jean Costentin

L’information à l’état brut


Le vingtième congrès annuel de la psychiatrie française, « L’Encéphale », a rassemblé à Paris 4.000 praticiens français et francophones, autour du 21 janvier 2022.
Le prix de la meilleure communication a été décerné à une addictologue lyonnaise, Madame Leclerc, pour l’enquête qu’elle a effectué auprès de 400 psychiatres, recueillant leur avis sur la légalisation du cannabis, soit à des fins « médicales », soit à des fins « récréatives ».
-77% d’entre eux se sont déclarés en faveur du cannabis « médical » ;
-53% d’entre eux en faveur de la légalisation du cannabis « récréatif ».


A y regarder de plus près la France compte 15.560 psychiatres ; les 400 qui ont été interrogés constituent un échantillon de 2,5 %.

Les biais peuvent être d’autant plus importants que les échantillons sont plus petits. Comme excuse, il est annoncé que l’étude se poursuit.

Ainsi, les poules chantent avant que les œufs soient pondus ; quelle impatience !
Aux personnes familières des statistiques – Si le t de Student était trop peu infusé (P>0,05) on n’en entendrait plus parler, ne retenant que « l’information » initiale, partielle et fausse.


S’agissant de la position de « nos » psychiatres français sur le cannabis « médical ».
Connaissant leur méconnaissance de la pharmacologie des médicaments (autres que psychotropes), je conteste leur compétence pour prendre position sur ce point. A l’instar d’un psychiatre déclarant dans « Le Figaro » « qu’il fallait laisser ses chances au cannabis médical » ; il ignore qu’en thérapeutique l’objectif n’est pas de donner ses chances à un médicament potentiel, mais d’offrir au patient le bénéfice d’effets positifs l’emportant sur les dangers de son utilisation.

Les deux médicaments comportant des cannabinoïdes (THC et/ou CBD), Sativex ® et Epidyolex ® , ont un service médical rendu jugé insignifiant pour le premier (Niveau V), « mineur » (niveau IV) pour le second. Cela suffirait il pour justifier leur enthousiasme ?

Ce n’est pas non plus l’expérimentation biaisée, initiée par une mission parlementaire (tout est exceptionnel en matière de cannabis), sous la conduite d’un psychiatre clermontois, avant que soient émises ses conclusions (d’emblée réfutées) qui puisse susciter leur enthousiasme.

Les grandes ignorances font décidément les grandes majorités.

S’agissant de leur avis sur le cannabis « récréatif » Cette expression « récréatif » devrait les scandaliser, eux qui sont aux premières loges de l’accueil des victimes de ces récréations ! Curieusement certains déclarent ne voir un consommateur de cannabis qu’une fois par semaine et d’autres une fois par jour.

Cela paraît bien peu au pays des 1.500.000 usagers réguliers de cette drogue ;

aussi peut-on se demander s’ils pensent bien à interroger leurs patient sur cette consommation (comme nombre de médecins généralistes s’abstiennent d’interroger leurs patients sur la consommation d’alcool).
Les arguments avancés en faveur d’une légalisation sont affligeants.
« La répression ne marche pas  et l’interdiction empêche de faire de la prévention ».

Est-ce vraiment réprimer qu’infliger, en solde de tout compte, une amende de 200 €, sans une mémoire qui permettrait d’en accroître le montant en fonction du nombre de récidives ?

Amende qui, d’ailleurs, n’est souvent pas perçue.


« L’interdiction empêche de faire de la prévention ».

Faudrait-il autoriser tout ce que l’on veut empêcher pour en faire la prévention ? Quand « nos  psy » qui auraient dû faire cette pédagogie ne l’ont pas faite, et qu’ils en voient les graves conséquences, ils se disculpent en s’abritant derrière l’interdiction ; mais alors qu’ils s’expliquent aussi sur leur banalisation d’une drogue prohibée.


Quant aux relations du cannabis avec les affections psychiatriques ils en sont encore à estimer qu’il y a débat, ce qui est une contre vérité. Depuis le temps qu’ils freinent, leurs chaussures n’ont plus de semelles.


Apostille
Dans l’enquête  de Madame Leclerc, une question eut été opportune :
Que savez-vous des effets épigénétiques du THC ?

Citez cinq méfaits qui pourraient de ce fait affecter son consommateur ou les enfants qu’il pourrait concevoir.
Nul doute que s’ils avaient su répondre à cette question, les pourcentages de leurs réponses, qui nous révulsent, auraient été tous autres.

Nouvelle rubrique : Si j’avais su !!

« J’en ai ch*é » : Thierry Ardisson sans tabou sur sa consommation de drogues dures

Sur France Bleu, Thierry Ardisson s’est confié à cœur ouvert sur son lourd passé de toxicomane.

© Abaca

Thierry Ardisson s’apprête à opérer un retour télévisuel fracassant avec « Hôtel du temps », un nouveau rendez-vous sur France Télévisions dans lequel l’animateur va interviewer des personnalités décédées grâce à l’intelligence artificielle « deepfake ». Rappelons qu’en 2019, l’homme en noir avait refusé la proposition du groupe Canal de fournir ses émissions de « Salut les terriens » pour deux fois moins cher, ce qui l’aurait amené selon ses propres termes à faire de la « télé low cost ».

Interviewé dans l’émission « Accès Direct » sur les ondes de France Bleu, le compagnon d’Audrey Crespo-Mara s’est exprimé sur ce programme inédit qui sera diffusé sur l’antenne en mai prochain. Mais celui qui a débuté comme publicitaire est également revenu sans détour sur un pan plus intime et sombre de son existence, à savoir son passé de toxicomane. « Honnêtement, on a été la première génération à avoir la drogue en vente libre. Avant nous, la drogue, l’héroïne, c’était réservé aux jazzmen afro-américains. Personne n’en prenait. Certains prenaient de l’opium, mais ce n’était pas courant. Aujourd’hui, les gens on leur dit : ‘Fais gaffe, l’héro c’est très dur d’en sortir, la cocaïne ça va te bouffer la partie blanche du cerveau’. On sait ce que ça fait. Nous, on s’est jeté dedans la tête la première », s’est souvenu l’homme de média de 73 ans.

Thierry Ardisson a ensuite évoqué son cas personnel et son addiction aux drogues dures. Il n’a pas caché l’immense difficulté qu’il a eue pour s’extirper de cette plongée dans les abysses. « Je m’en suis sorti, mais c’est ce que j’ai fait de plus dur dans ma vie. 

L’héro, au début, on en prend pour être bien, puis au bout d’un moment on en prend pour ne pas être mal. J’ai quitté la France, je n’ai pas voulu médicaliser le truc. Je n’ai pas voulu aller à l’hôpital prendre de la métadone et tout ça. Je ne voulais pas me considérer malade, ce qui était le cas malheureusement. Je suis parti aux États-Unis dans un endroit où j’étais sûr de ne pas en trouver. Mais j’en ai chié pendant trois mois », a-t-il reconnu avec franchise.

L.T

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