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Date

9 juin 2022

Le cannabis au Maroc

«Cannabis, ce qu’en dit la science» de Docteur Imane Kendili aux Éditions Orion

«Cannabis, ce qu’en dit la science» de Docteur Imane Kendili aux Éditions Orion

Par Abdelhak Najib 
Écrivain-journaliste

La psychiatre, addictologue, écrivaine et chroniqueuse, Imane Kendili, vient de publier un nouveau livre, aux Éditions Orion, sous le titre : «Cannabis, ce qu’en dit la science». Un essai médical très actuel qui rend compte de la question de la légalisation du cannabis et de ses effets sur la santé des consommateurs. Fruit de dix années de travail et de recherches, cet essai médical, signé par Docteur Imane Kendili, psychiatre et addictologue, auteur, entre autres du Best-seller : «Les drogues expliquées à mes enfants», est une étude profonde et rigoureuse sur la question du cannabis, au vu des dernières actualités liées à sa légalisation au Maroc, à des fins thérapeutiques.

En effet, les députés marocains ont adopté, le 26 mai 2021, la loi autorisant l’usage thérapeutique du cannabis, une réforme majeure pour un pays considéré comme un des premiers producteurs de haschich au monde. Le texte sur «les usages licites du cannabis, médical, cosmétique et industriel» a été adopté par la Chambre des représentants avec 119 voix pour et 48 contre. L’usage récréatif reste par contre interdit et passible de poursuites. L’objectif du projet de loi est de «reconvertir les cultures illicites destructrices de l’environnement en activités légales durables et génératrices de valeur et d’emploi», comme on peut le lire dans le texte de loi.

Ce qu’il faut aussi retenir en parlant de cannabis, c’est que le Maroc est toujours classé premier producteur mondial de résine de cannabis, selon le rapport annuel 2020 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Les chiffres révélés récemment à Rabat font état de «55.000 hectares cultivés en 2019», essentiellement dans le Nord, avec des revenus annuels qui sont passés d’environ 500 millions d’euros au début des années 2000 à près de 325 millions d’euros en 2020, et un «chiffre d’affaires consolidé en Europe» de près de 10,8 milliards d’euros.

Une étude publiée en 2020 par le réseau indépendant «Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée» estimait pour sa part la production du Maroc à plus de 700 tonnes par an, pour une valeur totale d’environ 19 milliards d’euros. Dans ce sens, le Maroc mise sur le  «développement soutenu» du marché mondial du cannabis médical et industriel, avec des prévisions de croissance moyenne annuelle de l’ordre de 60% en Europe, qui reste son «marché cible». Les recettes agricoles annuelles sont estimées entre 420 millions et jusqu’à 630 millions de dollars à l’horizon de 2028.

Ce qu’il faut aussi retenir, c’est que le cannabis, interdit en 1954 mais toléré depuis, le «kif» fait actuellement vivre 400.000 personnes, soit 60.000 familles, selon les chiffres officiels. Jusqu’à présent, les petits cultivateurs du Nord du Maroc touchaient «4% du chiffre d’affaires final dans le circuit illégal» contre potentiellement «12% dans le marché légal», d’après l’agence MAP. La légalisation de l’usage thérapeutique vise à améliorer leurs conditions de vie et à les protéger des réseaux de trafic de drogue.

Voici pour l’actualité qui sous-tend cet ouvrage qui va à l’essentiel pour mettre la lumière sur les différentes ramifications liées à la légalisation du cannabis, à la fois d’un point de vue médical, psychiatrique, social et culturel. L’idée étant d’apporter de nombreuses réponses à diverses questions que se posent les Marocains, mais pas seulement, sur les impacts sur la santé des consommateurs, sur les risques encourus pour les usagers de cannabis, sur les addictions et les troubles psychiatriques occasionnés par cette substance, qui reste une drogue avec de nombreux effets nocifs pour la santé. Ce qui est l’objet de cette réflexion, qui vise à mettre la lumière sur tous ces aspects négatifs qu’il faut diagnostiquer et analyser, partant de nombreuses études réalisées aux quatre coins de la planète sur les réalités du cannabis, ses dérivés et de ses effets.

Dans ce sens, à titre d’exemple, Docteur Imane Kendili se penche sur les effets du cannabis sur les jeunes pour nous révéler une série de complications qu’il faut prendre en ligne de compte quand on aborde la question du cannabis et de sa consommation.  En effet, interrogés sur l’idée qu’ils ont des drogues, les adolescents donnent au cannabis une image positive très opposée aux effets négatifs qu’ils associent uniquement à la consommation du tabac. Le cannabis est à la fois décrit comme «plaisant», «convivial», voire «naturel», il est aussi perçu comme moins dangereux et moins addictif que la nicotine, il est cité comme «un produit qui ne fait pas de mal». Pourtant, les preuves scientifiques sont nombreuses et les études qui les attestent sont diverses et variées et font toutes état des risques pour la santé, tous liés à l’usage de cannabis. Les jeunes, dont le cerveau est en maturation jusqu’à 25 ans environ, sont particulièrement concernés, nous disent tous les spécialistes qui se sont penchés sur l’étude du cannabis et de ses impacts sur la santé chez les jeunes. L’impact se mesure en termes de santé physique et psychique mais aussi de réussite scolaire et d’insertion sociale et professionnelle.

Sur un autre plan, quelles que puissent être les convictions personnelles des uns et des autres, qu’ils soient pour ou contre la légalisation du cannabis, tous les spécialistes, médecins et chercheurs, affirment sans l’ombre d’une hésitation que l’usage du cannabis a d’importantes conséquences sur la santé publique. Sans oublier de souligner ici qu’il y a un point sur lequel les contradicteurs semblent s’accorder qui semblent vouloir faire l’impasse sur les résultats des études scientifiques menées sur la question du cannabis en affirmant le contraire de ce que proposent tous les chercheurs, à travers des études cliniques de pointe qui ne souffrent d’aucune ombre. Ce qui fait dire au psychiatre et addictologue Michel Lejoyeux, dans une tribune de L’Obs : «L’addiction est le seul domaine de la médecine où les opinions suffisent».

Ce qui fait écho aux propos d’un autre spécialiste, le Pr Alain Joffe, pédiatre à l’université John Hopkins (Baltimore, États-Unis), qui précise : «Imaginez que vous êtes invité à témoigner devant les législateurs de votre État, sur la façon dont la dépénalisation ou la légalisation de l’usage du cannabis chez les adultes affecterait les moins de 21 ans.

Ou que l’on vous demande, en tant qu’expert de la santé des enfants et des adolescents, d’expliquer en quoi les lois sur l’usage médical du cannabis affectent la perception du risque chez les jeunes. Que diriez-vous ?», comme on peut le lire dans un éditorial de JAMA Pediatrics. Alain Joffe y présentait une étude s’intéressant à l’évolution, chez les adolescents américains, de la consommation de cannabis et de la perception du risque associé dans les deux premiers États ayant en 2012 légalisé l’usage récréatif chez les adultes (Washington et Colorado), comparé aux États continuant à l’interdire. Et le moins que l’on puisse dire est que les résultats sont clairs.

D’un côté, les États interdisant l’usage du cannabis, et de l’autre les États l’ayant légalisé, avec toute une batterie d’effets nocifs notés chez les jeunes qui consomment en toute liberté différents produits dérivés du cannabis, allant de l’herbe aux friandises en passant par des boissons dites énergétiques et autres pâtisseries avec ajout de cannabis pour varier les goûts et faire recette.
 
A tout ceci, il faut ajouter, comme le précise Docteur Imane Kendili, toutes les autres affections causées par l’usage du cannabis : les troubles de comportement, les troubles cognitifs, l’impact sur le cerveau, sur le cœur, sur le système vasculaire, sur la sexualité, sur l’humeur, sur le sommeil, sur la qualité du sperme, sur les poumons, sur le rendement scolaire, sur la concentration et sur la mémoire. Toutes ces pathologies ciblées par de nombreuses études qui font toutes état du danger lié à la consommation du cannabis, non seulement chez l’homme, mais également chez la femme, avec des complications majeures, surtout en période de grossesse et d’allaitement.

C’est dire qu’il nous faut peser le pour et le contre quand on aborde cette épineuse question du cannabis, qui a aujourd’hui le vent en poupe, devenant une sorte de manne financière qui promet de gros revenus, faisant oublier, du coup, qu’il s’agit avant tout d’une drogue dont l’usage à des fins thérapeutiques doit faire l’objet d’une grande rigueur en évitant les confusions et les amalgames trop élastiques pouvant oblitérer le pire dans une logique mercantile tous azimuts.

Alcool : consommer avec modération ne suffirait pas à limiter son impact sur le cœur

Même avec modération, l'alcool a tout de même des effets néfastes pour le coeur.

Même avec modération, l’alcool a tout de même des effets néfastes pour le coeur.

Une nouvelle étude vient de découvrir que de faibles niveaux de consommation d’alcool seraient liés au développement de l’insuffisance cardiaque.

Consommer de l’alcool avec modération est défini par Santé publique France comme le fait de « ne pas consommer plus de 100 g d’alcool pur par semaine (14 g par jour) et pas plus de 20 g d’alcool pur par jour, avec des jours sans consommation ». Malheureusement, une étude menée par la Société européenne de cardiologie vient de souligner que des niveaux de consommation d’alcool considérés comme moins dangereux dans certains pays seraient liés au développement de l’insuffisance cardiaque. Les résultats précisent qu’une consommation modérée ou élevée d’alcool est associée à un risque 4,5 fois plus élevé d’aggravation de la santé du cœur, chez les personnes ayant souffert d’insuffisance cardiaque.

L’alcool impacte la santé du cœur, même à petite dose

Dr Bethany Wong, de l’hôpital universitaire St. Vincent (Dublin – Irlande) et auteur principal, souligne ainsi que « cette étude vient s’ajouter à l’ensemble des preuves indiquant qu’une approche plus prudente de la consommation d’alcool est nécessaire ». Le professionnel de santé suggère ainsi que « pour minimiser le risque que l’alcool cause des dommages au cœur, si vous ne buvez pas, ne commencez pas. Si vous buvez, limitez votre consommation hebdomadaire à moins d’une bouteille de vin ou à moins de trois canettes et demie de 500 ml de bière à 4,5 % ».

Pour arriver à cette conclusion, l’étude a été menée auprès de 744 adultes de plus de 40 ans ayant un risque de développer une insuffisance cardiaque en raison de facteurs de risque. Dans les détails, l’âge moyen des participants était de 66,5 ans et le panel se composait de 53 % de femmes. 27 % des patients avouaient ne pas consommer d’alcool, 48 % se définissaient comme faibles consommateurs et 25 % avaient une consommation modérée ou élevée.

Les résultats montrent ainsi que les personnes ayant une consommation modérée ou élevée étaient plus jeunes, généralement des hommes et avaient un indice corporel plus élevé que le groupe ayant une faible consommation. Chez les personnes ayant souffert d’insuffisance cardiaque, nous apprenons qu’une consommation modérée ou élevée était associée à un risque 4,5 fois plus élevé d’aggravation de la santé cardiaque que les chez le groupe des non-consommateurs d’alcool.

Dr Bethany Wong conclut : « Nos résultats indiquent que les pays devraient préconiser des limites inférieures de consommation d’alcool sans danger chez les patients en pré-insuffisance cardiaque. En Irlande, par exemple, il est conseillé aux personnes présentant un risque d’insuffisance cardiaque ou une pré-insuffisance cardiaque de limiter leur consommation hebdomadaire d’alcool à 11 unités pour les femmes et 17 unités pour les hommes. Cette limite pour les hommes est plus de deux fois supérieure à la quantité que nous avons jugée sûre ».

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