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octobre 2022

L’BOUFA, CETTE NOUVELLE DROGUE DURE ET BON MARCHÉ QUI FAIT DES RAVAGES PARMI LES ADOLESCENTS AU MAROC

Par Hafida Ouajmane et Saïd Bouchrit le 23/10/2022

Drogues dures - L boufa - Addictologie - Dépendance aux drogues dures - Jeunes drogués

L’boufa (des déchets de cocaïne), est une drogue dure qui, si elle n’est pas consommée par ceux qui en sont dépendants, entraîne des frissons et de graves crises de manque. De nombreux jeunes, dont des lycéens, se retrouvent aujourd’hui sous son addiction.© Copyright : Saïd Bouchrit / Le360 (capture image vidéo)

Vendue à 50 dirhams le fix, «L’boufa» est une drogue dure qui fait de plus en plus de ravages dans les écoles du Maroc. A Casablanca, le directeur du centre psycho-social «Non aux psychotropes», dans le quartier de Ain Sebâa, témoigne des effets destructeurs de cette drogue.

L’Boufa est un vrai danger pour les élèves du Maroc, explique, interrogé par Le360, Abdelmajid El Qadiri, président de l’ONG «Non aux psychotropes», dont les locaux se trouvent à Ain Sebâa.

Ce militant associatif de la banlieue de Casablanca indique que ce psychotrope, que consomment bien des jeunes s’assimile au crack, une drogue dure, qui se fume, et qui est très présente aux Etats-Unis.

En fait, décrit-il, «ce sont des déchets de cocaïne. Lorsqu’un jeune devient accro, il se met à avoir des frissons [en cas de crise de manque, Ndlr]. Nous avons reçu plusieurs cas dans cet état, ici, au centre. Une fois qu’il a ces frissons, s’il ne consomme pas [de nouveau] cette drogue, il peut commettre l’irréparable», détaille Abdelmajid Qadiri. 

«Cette drogue plaît aux jeunes. Mélangée à de l’eau dans une petite bouteille et aspirée via un tube de stylo bille vidé de l’encre qu’il peut contenir, elle leur procure une sensation de plaisir», explique le directeur de l’ONG «Non aux psychotropes», qui précise aussi que «cette drogue influe sur la dopamine». Sa consommation quotidienne, explique-t-il, développe une addiction qui fait que le drogué est capable de n’importe quoi pour s’en procurer.

«L’boufa», une drogue dangereuse qui envahit les écoles

Le pire, selon Abdelmajid Qadiri, c’est que le prix de cette drogue, qui se vendait auparavant à 300 ou 400 dirhams, a chuté de moitié. Elle ne coûte à présent qu’entre 50 et 150 dirhams.

«Au début, tu sens que tu es maître de l’univers, mais une fois qu’on devient accro, c’est terrible. C’est la pire des drogues que j’ai consommées de ma vie», témoigne, interrogé par Le360, un ancien drogué.

Ce jeune a décidé d’arrêter de se droguer à L’boufa, au lendemain d’un épisode qui lui est arrivé alors qu’il se trouvait sous l’emprise de cette drogue. «Nous étions en groupe, il y a eu une grosse bagarre, ça a fini au commissariat pour plusieurs d’entre nous. J’ai décidé de ne plus y toucher. C’est destructeur».

Un autre jeune, qui a bénéficié une cure de désintoxication à l’hôpital d’addictologie de Casablanca, se souvient de cette période noire de sa vie, où, lycéen, il consommait plusieurs drogues, dont L’boufa. «J’ai eu recours à plusieurs autres drogues, des psychotropes, du cannabis, de l’alcool, mais finalement et fort heureusement, j’ai été en désintoxication à l’hôpital, et j’ai cessé d’utiliser toutes ces drogues…»

Source

Nouvelles drogues : les cathinones de synthèse circulent de plus en plus en France

auteurs

  1. Laurent KarilaProfesseur d’Addictologie et de Psychiatrie, Membre de l’Unité de Recherche PSYCOMADD, Université Paris-Saclay
  2. Amine Benyamina Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et addictologie, président de la Fédération Française d’Addictologie, AP-HP

Déclaration d’intérêts

Laurent Karila est membre de SOS ADDICTIONS, de la Fédération Française d’Addictologie a reçu des honoraires des laboratoires ethypharm, zentiva pour de la formation médicale continue

Amine Benyamina ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

Partenaires

Université Paris-Saclay apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR.

Voir les partenaires de The Conversation France

Méphédrone, 4-MEC, 3-MMC, 3-CMC, MDPV, α-PVP… Depuis la fin des années 1990 et le milieu des années 2000, le marché des drogues « récréatives » a vu déferler des dizaines de nouvelles substances aux noms barbares, les cathinones de synthèse.

Faisant partie des « nouveaux produits de synthèse », commercialisés notamment sur Internet sous les appellations « sels de bain », « engrais », « produits chimiques destinés à la recherche non consommable par l’être humain » et autres « designer drugs », tous ces composés ont en commun d’avoir été produits à partir d’une même molécule, la cathinone, par modification chimique.

Cette dernière n’est pas une nouvelle venue, puisqu’il s’agit d’un des principes psychoactifs du khat (Catha edulis), une plante consommée dans les régions de la mer Rouge pour ses propriétés psychoactives depuis le Xe siècle au moins, et probablement depuis l’Antiquité.

Substances stimulantes et empathogènes, disponibles sur Internet, les cathinones de synthèse sont source de nombreuses complications et d’addiction. Elles étaient consommées initialement dans les milieux de connaisseurs des substances psychotropes, notamment dans le cadre du chemsex pratiqué principalement par des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Cependant, depuis quelque temps ces nouveaux produits de synthèse semblent avoir dépassé ce cadre.

Une consommation ancienne

Consommer du khat (Catha Eduilis Forsk) est une coutume ancestrale dans les régions qui bordent la mer Rouge. Cet arbuste au feuillage persistant, qui se couvre après la saison des pluies de grappes de minuscules fleurs blanches, est probablement originaire des hauts plateaux du sud-ouest de l’Éthiopie. Présent de l’Érythrée jusqu’à l’Afrique du Sud, le khat est cultivé dans la région de la corne de l’Afrique, autour du golfe d’Aden (est de l’Éthiopie, région du Somaliland, Yémen).

Ses propriétés stimulantes auraient été mises à profit dès l’Antiquité par les Égyptiens, qui l’auraient utilisé lors de cérémonies mystiques visant à faire atteindre à l’homme un rang divin. Les premières traces scientifiques de consommation du khat sont mentionnées au début du Xe siècle par l’érudit persan Al Biruni. À partir du XIIIe siècle, le khat était consommé au sud de la péninsule arabique par les guerriers pour combattre la fatigue et avoir du courage, ainsi que par les marchands pour supporter l’ennui.

En France, le khat est interdit depuis l’arrêté du 20 février 1957 et figure sur la liste des stupéfiants fixée par l’arrêté du 19 juillet 1995.

Du khat aux cathinones de synthèse

Le khat a été décrit scientifiquement pour la première fois par le botaniste suédois, Peter Forskäl, durant son expédition en Égypte et au Yémen entre 1761 et 1763. Il recevra son nom officiel en 1775.

Dès 1887, le pharmacien, chimiste et botaniste suisse Friedrich August Flückiger et le pharmacien français Jules-Ernest Gérock isolent la substance psychoactive contenue dans les feuilles de khat et la nomment « katin ». En 1930, Wolfes identifie la nor-pseudoéphédrine, encore appelée « cathine », une substance que l’on trouve également dans une autre plante « l’éphédra ». En 1975, des recherches ont mené à la découverte d’une autre substance psychoactive, l’α-aminopropiophénone, aussi appelée cathinone.

La cathine et la cathinone sont responsables des principaux effets recherchés par les consommateurs de khat. Toutes deux figurent respectivement dans les tableaux I et III de la convention des Nations unies sur les substances psychotropes de 1971. La cathinone est la molécule la plus psychoactive, mais elle est labile et instable. Elle se transforme rapidement en cathine, dix fois moins active, et en nor-éphédrine.

Les cathinones de synthèse commercialisées sont apparentées à la cathinone, mais elles n’existent pas à l’état naturel : elles sont élaborées à partir de nombreuses réactions chimiques. Elles se présentent sous forme de poudre amorphe ou cristalline blanche ou brune, plus rarement sous forme de gélules, d’e-liquide, de comprimés.

Vendues principalement sur Internet sous l’appellation de sels de bain, de substances fertilisantes, de produits chimiques destinés à la recherche, elles portent également différents noms de rue et de soirée, comme miaou miaou, top cat, etc.

Que recherche l’usager ?

Les cathinones de synthèses sont consommées de différentes façons : par voie orale, parfois enroulées dans du papier à cigarettes (« bombing » ou « parachutes » comme avec la MDMA), intranasale (« sniff »), intraveineuse (« slam », une pratique répandue lors de fêtes chemsex), intrarectale (« plug »). Les voies inhalée (fumée ou vapotage) ou intraoculaire (eyeballing) sont également rapportées.

Parmi les effets recherchés, citons une sensation d’euphorie, de bien être, une vigilance accrue, une accélération des pensées, une excitation motrice, de l’empathie, une augmentation du contact social, un accroissement de l’appréciation de la musique, de la stimulation et de la performance sexuelle, une conduite dopante (travail très augmenté).

Les cathinones de synthèse ont un réel potentiel addictif, avec un phénomène de tolérance pharmacologique qui pousse l’usager à augmenter les doses et un syndrome de manque. Celui-ci est caractérisé par une asthénie (fatigue), une anergie (dysfonctionnement du système immunitaire), une humeur triste, une perte de motivation et de plaisir ressenti (anhédonie), une anxiété, des troubles du sommeil, des troubles de la concentration, des palpitations et des maux de tête. Le craving (besoin irrépressible de consommer ces produits), l’anhédonie et l’anergie peuvent persister plusieurs semaines.

En plus de ces problèmes d’addiction, la consommation des cathinones de synthèse s’accompagne de nombreuses complications.

Un cortège de complications

Les complications qui peuvent survenir à la suite de la consommation de cathinones de synthèses sont nombreuses, et varient selon les usagers. Elles peuvent être à la fois physiques, psychiatriques, addictologiques et sociales.

Sur le plan physique, on constate chez certains consommateurs une asthénie, de la fièvre, des bouffées de chaleur, des sueurs, une sécheresse de la bouche, et parfois des cauchemars. Sur le plan neurologique, des maux de tête, des vertiges, des tremblements ou des crises convulsives sont possibles.

Les cathinones de synthèse sont par ailleurs toxiques sur le plan cardiovasculaire, pouvant provoquer tachycardie, hypertension artérielle, douleur thoracique, palpitations, dyspnée, ou myocardite. Il en est de même sur le plan ORL, avec des saignements de nez, des douleurs nasales ou oropharyngées, des lésions de la cloison nasale, des acouphènes, du bruxisme, ainsi que sur le plan digestif (douleurs abdominales, perte d’appétit, nausées, vomissements, atteinte du foie).

En outre, le partage du matériel de consommation (seringues, pailles) et les comportements sexuels à risque qui peuvent survenir lors de la prise de ces substances accroissent les risques d’infections (VIH, infections sexuellement transmissibles, virus de l’hépatite B ou C) ou de survenue d’abcès aux points d’injection, de dommages veineux, d’anomalies de la coagulation, etc.

Sur le plan psychiatrique, en pratique clinique il a été fréquemment rapporté de l’anxiété, des crises d’angoisse prolongées, des hallucinations, de la paranoïa, une insomnie, des idées suicidaires, et des troubles cognitifs : problèmes de mémoire, d’attention, de concentration, de prise de décision. Un trouble délirant aigu, un épisode dépressif sont possibles. La consommation de ces substances peut aussi être à l’origine d’une décompensation de troubles psychiatriques préexistants.

Comme souligné dans le guide sur les nouvelles substances psychoactives, de nombreux cas de décès ont été rapportés entre 2009 et 2019. 35 décès impliquant une ou plusieurs cathinones de synthèse sont rapportés par le réseau d’addictovigilance.

Une consommation en augmentation chez les jeunes

Chez les jeunes adultes âgés de 15 à 34 ans, l’usage de nouvelles substances psychoactives varie de 0,1 % en Lettonie à 5,1 % en Roumanie. Parmi les élèves, l’enquête ESPAD 2019 a estimé que la consommation de nouvelles substances psychoactives au cours de la vie variait de 0,9 % à 6,6 %, avec une consommation de cathinones de synthèse au cours de la vie comprise entre 0,2 % et 2,5 %.

Les nouvelles drogues de synthèse sont passées d’un milieu confidentiel à un milieu plus largecomme en atteste la diffusion de la 3-MMC

En 2020, 38 passages aux urgences pour toxicité médicamenteuse aiguë dans 5 hôpitaux du réseau Euro-DEN Plus étaient liées à la 3-MMC. Des cathinones de synthèse étaient retrouvées dans plus de 50 % des 1166 seringues usagées analysées par le réseau ESCAPE de 7 villes européennes en 2020, notamment à Budapest et à Paris.

Un trafic en forte hausse

Fin 2021, l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanie surveillait 162 cathinones de synthèse, ce qui en faisait la seconde catégorie la plus importante de nouvelles substances psychoactives suivies par le système d’alerte précoce de l’Union européenne, après les cannabinoïdes de synthèse.

Estimées à 0,75 tonnes en 2019, les saisies de ces substances ont augmenté pour atteindre 3,3 tonnes en 2020. D’importantes saisies ont continué à être signalées en 2021 et 2022. Ces augmentations sont essentiellement dues aux saisies à grande échelle de N-éthylhexdrone, de 3-MMC et de 3-CMC (la disponibilité de ces dernières a d’ailleurs augmenté depuis 2020).

La plupart des quantités importantes de cathinones de synthèse saisie en 2020 provenaient d’Inde et, avant cela, de Chine. D’autres pays semblent avoir des capacités de production de nouvelles substances psychoactives et de précurseurs à destination de l’Europe. En 2020, 15 sites de production de cathinone de synthèse ont été démantelés aux Pays-Bas et en Pologne. Les saisies de précurseurs qui permettent de les fabriquer ont aussi augmenté, passant de 438 kg en 2019 à 860 kg en 2020, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Le chef de file des dérivés synthétiques est la méphédrone (4-MMC), détectée en 2008. En juin 2010, la France était le neuvième pays européen à interdire la méphédrone, après l’Angleterre où 25 décès ont été imputés à cette substance. Les autres substances les plus populaires sont la 3-MMC, la 3 ou 4-MEC, la méthylone, la MDPV. Comme autres cathinones, sont retrouvés, entre autres, la 3-FMC, la 4-FMC, la buphedrone, la butylone, la méthédrone, l’α-PVP, la naphyrone, la PPP. Il existe également des mélanges de cathinones de synthèse sous la dénomination commerciale NRG avec des chiffres 1, 2 ou 3…

Rappelons pour terminer qu’en France, toute molécule dérivée de la cathinone et répondant à l’arrêté « stupéfiants » publié au Journal Officiel le 2 août 2012 est interdite. L’alpha-PVP est considérée comme un stupéfiant, ainsi que les substances comme la 4-MEC, la pentédrone ou l’éthylone.

Source

Combien de verres d’alcool ont un effet sur le cerveau ?

La consommation d’alcool, même minime, a un impact sur l’organisme. Dotées de propriétés anesthésiantes, les boissons alcoolisées se propagent dans le corps via la circulation sanguine jusqu’à atteindre la zone cérébrale et, plus précisément, les neurones.

En altérant la communication entre ces cellules spécialisées, l’alcool va progressivement engendrer une perte de tissu cérébral. Un phénomène clairement documenté et observé chez les personnes ayant une consommation excessive qui dépasse les 6 verres d’alcool par jour. Chez les personnes alcooliques, le volume cérébral peut ainsi diminuer de 10 à 15 % en 10 à 15 ans de consommation excessive.

Comme le rappelle Sante Publique France, les risques d’une consommation d’alcool sur la santé commencent à partir d’un verre par jour. Pour aider les Français à évaluer et à maîtriser leur propre consommation, l’organisme, en collaboration avec l’Institut National du Cancer, a fixé trois repères de consommation clairs pour une consommation la moins risquée possible : pas plus de 2 verres par jour, des jours dans la semaine sans consommation et pas plus de 10 verres par semaine.

« Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours » … Voilà le message martelé par les autorités sanitaires qui cherchent à sensibiliser le grand public aux méfaits de l’alcool sur l’organisme.

Selon les résultats du Baromètre de Santé publique France (2017), publiés dans le BEH thématique alcool, près de 24 % des Français dépassent (…)

Il ne faut qu’une petite dizaine de minutes à l’alcool pour atteindre le cerveau et y distiller ses premiers effets. En soi, il ne faut donc qu’un seul verre pour que cette substance vienne altérer le fonctionnement des cellules cérébrales même si, bien entendu, l’intensité de ces effets va fluctuer en fonction en fonction de nombreux autres paramètres.

La consommation d’alcool, même minime, a un impact sur l’organisme. Dotées de propriétés anesthésiantes, les boissons alcoolisées se propagent dans le corps via la circulation sanguine jusqu’à atteindre la zone cérébrale et, plus précisément, les neurones. En altérant la communication entre ces cellules spécialisées, l’alcool va progressivement engendrer une perte de tissu cérébral. Un phénomène clairement documenté et observé chez les personnes ayant une consommation excessive qui dépasse les 6 verres d’alcool par jour. Chez les personnes alcooliques, le volume cérébral peut ainsi diminuer de 10 à 15 % en 10 à 15 ans de consommation excessive.

Vers une consommation raisonnée

Comme le rappelle Sante Publique France, les risques d’une consommation d’alcool sur la santé commencent à partir d’un verre par jour.

Pour aider les Français à évaluer et à maîtriser leur propre consommation, l’organisme, en collaboration avec l’Institut National du Cancer, a fixé trois repères de consommation clairs pour une consommation la moins risquée possible : pas plus de 2 verres par jour, des jours dans la semaine sans consommation et pas plus de 10 verres par semaine. « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours » … Voilà le message martelé par les autorités sanitaires qui cherchent à sensibiliser le grand public aux méfaits de l’alcool sur l’organisme.

Des excès aux lourds effets

Selon les résultats du Baromètre de Santé publique France (2017), publiés dans le BEH thématique alcool, près de 24 % des Français dépassent ces repères de consommation. Or, il est important de préciser que près de 41 000 décès par an sont attribuables à l’alcool. De ce fait, la consommation excessive d’alcool fait partie des principales causes de mortalité dites « évitables ». Plus la consommation de boissons alcoolisées débute précocement et plus les conséquences sur le cerveau peuvent être lourdes. L’organe cérébral se développant jusqu’à l’âge de 23 ans environ, une consommation excessive avant la pleine maturité cérébrale peut amoindrir les facultés mentales, mais également la mémoire, le comportement ou la capacité de raisonnement.

Source

Un billet d’humeur

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Professeur Jean Costentin Président du CNPERT (Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies)

à Madame Caroline Janvier

 Députée du Loiret

Madame la députée

    Je viens de prendre connaissance de vos déclarations dépitées sur le délai que s’accorde le nouveau ministre de la Santé pour tirer des conclusions de la pseudo étude (« expérimentation ») du cannabis dit « thérapeutique » dont vous avez contribué à la mise en place. 

    Avec quelques-uns de vos collègues cannabinophiles de l’Assemblée Nnationale vous avez décrété, a priori, que ce cannabis serait « thérapeutique ». Pour faire la démonstration que requérait le déroulement de votre projet, vous avez missionné un supplétif compliant, médecin psychiatre, professeur assez récemment dévoué à la pharmacologie (le docteur N. Authier).

    L’étude qu’il a mis en place n’est pas recevable au regard des règles en vigueur pour adouber une molécule comme médicament ; d’autant qu’en l’occurrence il s’agit d’un mélange de nombreuses molécules différentes, en proportions variables. Ces règles de bonnes pratiques ont été élaborées au long cours et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) les a faites siennes.

    Aussi, le cannabis ne saurait justifier de leur aggiornamento, associant en la circonstance: l’absence de groupe placebo ; l’absence d’une pratique en double insu ; un nombre de patients limité malgré les cinq indications différentes explorées, l’utilisation de formes galéniques différentes et de doses différentes; la révélation presque en temps réel des résultats intermédiaires, de nature à influencer les patients inclus dans l’étude ou qui accepteraient d’y participer; la médiatisation de toute l’opération ; à laquelle s’ajoute vos déclarations récentes…

    Il nous faut aussi évoquer votre souhait, publiquement exprimé, d’autoriser le cannabis dit « récréatif », dont on sait la fréquence avec laquelle la « récré » se termine mal. Il apparaît ainsi clairement que votre « cannabis thérapeutique » est le faux nez ou, au choix, le cheval de Troie du « cannabis récréatif » que vous appelez de vos vœux.

Rappelons votre proposition, insensée dans cette période où cent évènements majeurs agressent notre Nation, de lancer un référendum sur la légalisation de cette drogue ce qui, dans l’exercice de votre mandat national, interroge sur votre capacité de hiérarchiser les problèmes qui nous assaillent.

Cette légalisation du cannabis est manifestement poussée par des idéologues, des consommateurs de cannabis et des lobbies capitalistes impatients de faire de juteux profits sur l’intoxication déjà importante de nos concitoyens.

Votre impatience s’est déjà exprimée dans la mise en place d’une filière de production nationale du chanvre indien, alors que n’est pas validé son usage potentiellement thérapeutique ; cela visait à installer une situation d’irréversibilité.

    Alors que le nombre de patients qui devaient participer à cette « expérimentation » est loin d’être atteint, vous voudriez néanmoins que les conclusions en soient tirées dès maintenant.

    En apostille, permettez-moi Madame de vous demander si vous êtes bien informée des réserves majeures qu’ont exprimées sur cette expérimentation les Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie ?

Permettez-moi de m’enquérir encore de vos connaissances sur les effets épigénétiques du cannabis, qui non seulement affectent ses consommateurs mais, en outre, font qu’ils les transmettent à leur progéniture s’ils viennent à se reproduire ? Enfin, vous souvenez-vous du souhait exprimé par le Président de la République : que la France connaisse en 2032 la première génération d’adultes sans tabac ? Si vos efforts de promotion du cannabis aboutissaient ils annihileraient ce grand projet, car le cannabis chevauche sur les épaules du tabac.

 Je vous prie d’agréer, Madame la Députée, l’expression de mes salutations distinguées.

Pr. Jean Costentin

Dr. en Médecine, Pharmacien, Dr. ès Sciences

Professeur émérite de la faculté de Santé de Rouen

Membre titulaire de l’Académie Nationale de Médecine

Membre titulaire de l’Académie Nationale de Pharmacie

Membre du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)

Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Directeur honoraire de l’unité de neuropsychopharmacologie du CNRS (1984-2008)

Directeur honoraire de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011)

La « puff », vous connaissez ?

« C’est très attirant, les couleurs et tout… » : la « puff », cette cigarette électronique qui vise les plus jeunes

La « puff » attire de nombreux mineurs, au risque de les faire tomber dans l’addiction à la nicotine alors même qu’ils sont censés ne pas avoir accés à cette cigarette électronique, aux couleurs arc-en-ciel et aux goûts très divers. Article rédigé par Benjamin Illy

Radio France Publié le 21/10/2022  Temps de lecture : 2 min.

Des "puffs" en vente dans un bureau de tabac. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)
Des « puffs » en vente dans un bureau de tabac. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Goût barbe à papa, pastèque glacée, myrtille givrée ou encore fraise… On ne parle pas de chewing-gums, mais bien de cigarettes électroniques multicolores, appelées « puff », qui attirent de plus en plus de jeunes, au risque de développer des addictions dès leur plus jeune âge.

« C’est très attirant, les couleurs et tout, c’est un produit qui est jetable, c’est accessible« , confie un adolescent de 17 ans, rencontré à une terrasse parisienne. Le marché est en plein boum, et sera abordé au congrès annuel de la confédération des buralistes, qui se tient ce vendredi 21 octobre.

Le sujet est sensible car le produit est très attractif chez les jeunes alors qu’il reste interdit pour les moins de 18 ans. « Il y a beaucoup de bureaux de tabac qui vendent aux mineurs, constate un adolescent. J’ai 17 ans, moi, j’en prenais principalement pour arrêter de fumer.

Mais beaucoup de gens en prennent non pas pour arrêter mais pour commencer. Il faut faire attention à la nicotine, il y a une addiction qui peut se développer très très tôt » Un peu plus loin, une fille, non fumeuse, tout juste 14 ans, a connu la puff sur les réseaux sociaux : « En fait, c’était sur Tik Tok, et on a vu une vidéo, cela m’a beaucoup influencé. »

Un marché en pleine essor

En quelques recherches sur l’application, des publications s’affichent. « Ça sent super bon, c’est super bon« , répète un jeune homme dans une vidéo, qui cumule plus de 200 000 vues. Le phénomène inquiète les tabacologues qui y voient un marketing axé essentiellement vers un public mineur, en proie à devenir rapidement dépendant.

« Clairement, les fabricants de puff ciblent les jeunes« , dénonce le professeur Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme (CNCT). Elle est vendue en grande surface, vous avez des grands magasins, des chaînes qui vendent des puffs. » 

Le produit se banalise et devient même roi dans certains bureaux de tabac, avec des stands dédiés. « C’est clairement un phénomène commercial, cela a relancé l’activité vapotage qui commençait à se tasser, explique Cyril derrière son comptoir, dans le 15e arrondissement. 

On est à 8,95 euros la puff, l’équivalent de deuxc paquets de cigarettes. Je ne peux que reprocher toute démarche commerciale, s’il y en a, qui vise une clientèle mineure. On est clairement interdit aux moins de 18 ans, au même titre que les jeux, que le vapotage et que le tabac. Nous avons une politique assez stricte de demander une pièce d’identité aux consommateurs, dès qu’on a un doute.« 

Ce buraliste ajoute que la puff représente 50% de ses ventes de vapotage. La CNCT ne donne pas de chiffres précis sur les ventes globales de puff. Seule certitude, le marché de la cigarette électronique pèse globalement 140 millions d’euros sur 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires brut annuel.

La « puff », cette cigarette électronique qui vise les plus jeunes – le reportage de Benjamin Illy

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Cannabis : combien de temps durent vraiment les effets ?

Une méta-analyse révèle la durée de l’impact du tétrahydrocannabinol (THC), le composant psychoactif du cannabis, sur nos fonctions cognitives.



L’ESSENTIEL

  • En France, la consommation de cannabis représente 80 % de l’usage de l’ensemble des drogues. 1,2 million de Français en consomment régulièrement.
  • Si nous ne sommes pas tous égaux face à la consommation de cannabis, le THC reste dans le sang pendant 1 à 3 semaines, dans les urines pendant 7 à 30 jours, et même dans les cheveux jusqu’à plusieurs mois.

Alors que sa dépénalisation voire sa légalisation sont aujourd’hui enclenchées dans de nombreux pays, et envisagées par d’autres, les chercheurs s’interrogent : pendant combien de temps se font ressentir les effets du cannabis sur les facultés cognitives ?

Selon une méta-analyse publiée dans la revue Neuroscience & Biobehavioral Reviews, un consommateur de marijuana peut rester sous l’emprise de la substance pendant trois à dix heures, en fonction de plusieurs critères comme la manière de consommer ou l’accoutumance.

L’altération cognitive liée au cannabis peut durer jusqu’à 10 heures

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l’université de Sydney (USyd), en Australie, ont compilé 80 études distinctes portant sur les effets nocifs du tétrahydrocannabinol, ou « THC », le principal composant psychoactif du cannabis. Afin de déterminer le niveau et la durée d’altération cognitive chez les consommateurs de cannabis, ils ont ainsi analysé les résultats de 1.534 personnes soumises à des tests de conduite (ou des tâches équivalentes) après avoir consommé du cannabis.

« Notre analyse indique que l’altération des fonctions cognitives peut durer jusqu’à 10 heures si de fortes doses de THC sont consommées par voie orale. Mais la durée habituelle est de 4 heures lorsque des doses plus faibles de THC sont consommées via le tabagisme ou la vaporisation », explique la nutritionniste Danielle McCartney, auteure principale de la méta-analyse.

Les effets du cannabis varient selon trois facteurs

Si la plupart des compétences liées à la conduite reviennent généralement dans les heures suivant la prise de cannabis, la durée de l’altération cognitive dépend en réalité de trois facteurs principaux : la teneur en THC du cannabis, la façon dont la drogue a été consommée (inhalée ou prise par voie orale), et la régularité de la prise.

Ce dernier critère est particulièrement important : « L’affaiblissement des facultés est beaucoup plus visible chez les consommateurs occasionnels que chez les réguliers. Même s’ils n’échappent pas à une certaine altération, les personnes habituées montrent une tolérance accrue aux effets », souligne le pharmacologue comportemental Thomas Arkell.

Sachant que l’intensité des effets du cannabis n’est pas la même en fonction des personnes, les chercheurs espèrent une évolution de la loi en la matière, pour parvenir à davantage d’équité. « Le THC peut être détecté dans le corps des semaines après la consommation de cannabis, alors qu’il est clair que l’altération des facultés dure beaucoup moins longtemps. Des poursuites uniquement sur la base de la présence de THC dans le sang ou la salive sont manifestement injustes », assure le psychopharmacologue Iain McGregor. Avant de conclure : « Nos cadres juridiques doivent probablement rattraper cela et, comme pour l’alcool, se concentrer sur l’intervalle au cours duquel les consommateurs présentent le plus de risque pour eux-mêmes et pour les autres. »

Source

Première alerte au Maroc sur le « spice »

Une potentielle drogue de synthèse

Comment la drogue détruit un pays ?

Savez-vous que le Mexique est l’endroit le plus dangereux du monde ? Les trafiquants de drogue s’y livrent une guerre sans merci qui fait sombrer le pays tout entier dans la violence. Décryptage.

Par EMMANUEL DESLOUIS

Que se passe-t-il aujourd’hui au Mexique?

C’est la guerre ! Du moins c’est l’impression qui se dégage des images d’actualité : soldats patrouillant en véhicules blindés équipés de mitrailleuses lourdes, carcasses d’autos calcinées, policiers exposant aux journalistes des gangsters menottés et leurs armes de guerre, sans oublier des scènes de crimes abominables. Car les assassinats sont quotidiens dans ce pays en « paix », où il y a plus d’homicides par an que dans n’importe quelle zone de guerre de la planète !

Depuis fin 2006, on dénombre en effet entre 60 000 et 100 000 meurtres liés aux cartels de la drogue… Au départ, le climat d’insécurité était limité au nord du Mexique, zone de passage vers les États-Unis, où les trafiquants écoulent la quasi-totalité de leur drogue. Mais aujourd’hui, plus aucune région n’est épargnée. Car les cartels actuels – ils sont une dizaine à se partager le trafic – se livrent une lutte sans merci pour conquérir des territoires.

Chaque gang dispose de milliers d’hommes équipés des plus récentes armes de guerre, qui mènent des actions aussi bien contre l’armée officielle mexicaine que contre les cartels ennemis. Même les stations balnéaires, comme Acapulco et Cancun, sont désormais le théâtre de fusillades et d’exécutions. La violence est telle que notre ministère des Affaires étrangères déconseille fortement aux touristes français de s’y rendre.

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Comment l’alcool peut ruiner… votre vie sexuelle

Comme beaucoup le disent, il provoque le désir mais enlève la performance. Tout serait une question de modération.

C’est bien connu, l’alcool a de multiples bienfaits sur la vie intime. Il agit comme un aphrodisiaque, augmente le désir sexuel et le rend meilleur. Il supprime ou diminue les inhibitions, augmente la socialisation et rend les orgasmes plus intenses. À en croire de nombreux sondages, les personnes alcoolisées sont nombreuses à se sentir en confiance et plus sexy après quelques verres. Il rend également les autres plus attirants. Concrètement, vous seriez plus susceptible d’avoir envie de quelqu’un que vous n’aimeriez pas si vous étiez sobre.

Mais attention à ne pas boire outre mesure. Tout est dans la modération. Pour ressentir tous les effets positifs, il faudrait dans l’idéal s’en tenir à un ou deux verres seulement. Au-delà de ce chiffre, les conséquences pourraient être dramatiques. L’alcool peut, dans un premier temps, empêcher d’avoir une érection. Il diminue le flux sanguin vers le pénis, ce qui signifie que les chambres à l’intérieur ne peuvent pas se remplir de sang pour créer une érection.

Une impuissance permanente ?

Aussi, la consommation d’alcool augmente l’angiotensine, une hormone liée à la dysfonction érectile et une consommation excessive et prolongée peut transformer une impuissance temporaire en un état permanent. La consommation d’alcool peut également affecter la fertilité.

Quant au plaisir, boire trop d’alcool a pour conséquence de retarder l’éjaculation. Chez les femmes, cela empêche ou retarde l’orgasme car l’alcool affecte le flux sanguin, la lubrification et la sensibilité. Boire plus que de raison provoque aussi une déshydratation, les relations sexuelles peuvent donc être inconfortables ou douloureuses.

En parallèle, le risque de contracter une maladie est beaucoup plus importante. Les personnes alcoolisées sont plus enclins à avoir une aventure d’un soir. Donc plus susceptibles de se retrouver avec une IST, le VIH ou enceintes. Enfin, le risque d’agression sexuelle est également plus élevé.

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