De retour sur le devant de la scène, Patrick Bruel s’est confié dans les colonnes de Télé Star. Le chanteur de 63 ans a évoqué de nombreux sujets, tels que son rapport à la famille, ses relations avec son père, ou encore l’impact de la drogue dans sa vie.
Un vrai fléau
La drogue est d’ailleurs un des sujets évoqués dans ce nouvel album intitulé « Encore une fois » et dans lequel on retrouve des collaborations avec les artistes Quentin Mosimann et Hoshi.
« J’ai toujours eu de la drogue devant moi. Il n’y a pas un moment de ma vie où on ne m’en a pas proposé, » explique le chanteur à Télé Star avant de préciser qu’il avait toujours choisi de ne pas toucher à la drogue malgré les tentations et les sollicitations. Comment a-t-il eu la force de résister ? Patrick Bruel évoque son éducation en guise de réponse, ainsi que le fait d’avoir vu une personne mourir d’une overdose alors qu’il n’était âgé que de 17 ans. Un souvenir qui marque à vie et aide à prendre les bonnes décisions.
Mais s’il n’a jamais cédé à la drogue, l’artiste ne cache pas qu’il espère que ses deux fils, âgés de 17 et 19 ans, en feront de même et ne se laisseront pas tenter par ce véritable fléau. Car, comme il l’explique, tout le monde est susceptible de tomber dans l’addiction.
Le gouvernement fédéral souhaite instaurer une interdiction partielle de la publicité sur l’alcool. Elle s’appliquerait aux moments de réclame diffusée durant les programmes destinés aux enfants et aux jeunes ainsi que dans les journaux visant principalement un public mineur d’âge, dans les salles de cinéma quand est projeté un film visant la jeunesse et sur les supports digitaux visant ce public, a indiqué jeudi le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke.
A côté de cette mesure, la vente de bières et de vin « renforcés » serait également interdite aux moins de 18 ans. Seraient visées par exemple les bières de type Desperado aromatisées avec de l’alcool fort mais aussi des boissons comme le porto et le Martini.
L’exécutif pose de la sorte un jalon en vue d’un plan alcool plus large qui vise à éviter la surconsommation. Il cible plus directement la jeunesse qu’il veut davantage protéger. Des études montrent que plus l’âge auquel on commence à boire de l’alcool est bas, plus la probabilité d’une consommation d’alcool nocive plus tard augmente. Il est question de proposer aux jeunes qui arrivent aux urgences, en raison d’une intoxication alcoolique et/ou à la suite d’un accident sous influence, un trajet de soins auquel les parents seraient également associés. Ce trajet de soins serait poursuivi après la sortie de l’hôpital.
Pour réduire le nombre de victimes sur les routes, le gouvernement fédéral veut imposer une interdiction concernant l’alcool dans les magasins situés le long des autoroutes entre 22 heures et 7 heures du matin. Une interdiction totale existe déjà dans différents autres pays, comme les Pays-Bas.
Le gouvernement fédéral entend également interdire l’alcool dans les distributeurs automatiques ainsi que dans les magasins des hôpitaux.
Le gouvernement a arrêté sa position dans ce dossier. Le plan sera discuté avec les entités fédérées au cours d’une conférence interministérielle. Celle-ci se tiendra en principe le mois prochain.
« Avec cette prise de position, le gouvernement fédéral donne un message clair: nous voulons tout faire pour limiter davantage la consommation excessive et donc nocive d’alcool, aussi bien du point de vue de la santé publique que de la sécurité routière », a expliqué le ministre.
La consommation nocive d’alcool peut avoir de graves conséquences sur la santé, a-t-il rappelé. Plus de 30 maladies sont directement causées par une consommation excessive. Le nombre de décès liés à l’alcool en Belgique est estimé à 5,4 % de l’ensemble des décès. L’alcool demeure en outre est l’une des principales causes des accidents de la circulation mais aussi des violences intrafamiliales ou sexuelles.
Le lien entre consommation d’alcool et risque cardio-vasculaire est bien connu. L’âge moyen de la survenue d’un AVC est de 74 ans. Mais cette pathologie peut aussi toucher les jeunes. À partir de quelle consommation quotidienne d’alcool, les jeunes adultes ont-ils plus de risques de faire un AVC ?
À quelle vitesse élimine-t-on l’alcool ? Depuis le tube digestif, l’alcool passe très vite dans le sang, d’où il atteint rapidement le cerveau, avec les effets que l’on sait. Le corps, ensuite, va métaboliser l’éthanol pour s’en nourrir. Mais ce phénomène-là est bien plus lent…
Les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, dont font partie les AVC (Accident Vasculaire Cérébral) sont aujourd’hui bien connus. Certains ne sont pas modifiables comme l’âge ou les antécédents personnels ou familiaux. Certains sont réversibles : le bon équilibre du diabète, la prise en charge d’un taux élevé de cholestérol dans le sang, le tabagisme, le surpoids et… la consommation d’alcool. Les auteurs de cette étude parue dans le journal Neurology ont souhaité investiguer la question suivante : à partir de quelle quantité d’alcool consommée chaque jour le risque d’AVC est-il accru chez les jeunes adultes ?
Comment l’étude a-t-elle été menée ?
Les auteurs ont utilisé la base de données de l’Assurance maladie coréenne. Les sujets inclus avaient entre 20 et 39 ans et ont participé durant quatre années consécutives à des bilans de santé annuels entre 2009 et 2012. Au total, 1 536 668 personnes ont été incluses. La consommation d’alcool des participants a été évaluée. Un score de 1 a été attribué pour une consommation hebdomadaire d’alcool égale ou supérieure à 105 grammes au moment de chaque bilan annuel.
Un verre standard de boisson alcoolisée (250 ml de bière ou 100 ml de vin ou 30 ml de whisky) contient 10 grammes d’alcool pur. Une consommation de 105 grammes par semaine correspond donc à un verre et demi par jour. La somme des scores obtenus à chaque bilan annuel a été réalisée (de 0 à 4). Le critère de jugement principal était la survenue d’un AVC, ischémique ou hémorragique. Au cours du suivi, 3 153 participants ont eu un AVC.
Les personnes ayant consommé au moins 105 grammes d’alcool par semaine pendant 2, 3 ou 4 années consécutives avaient un risque accru de faire un AVC : 20 % de risque en plus. Le risque était dépendant du temps d’exposition : il était plus important pour la consommation pendant 3 ou 4 années que pour la consommation pendant 2 années seulement. Le risque était particulièrement marqué pour les AVC hémorragiques. Pour rappel, un AVC ischémique est lié à l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot sanguin tandis qu’un AVC hémorragique est dû à un saignement intracérébral causé par l’hypertension artérielle.
Ces données apportent donc un nouvel éclairage sur les risques liés à la consommation d’alcool. Même une consommation d’alcool considérée comme modérée (dix verres par semaine) augmente le risque de faire un AVC chez l’adulte de moins de 40 ans. Pour rappel, le ministère des Solidarités et de la Santé a récemment fait une campagne d’informations. Le message était le suivant : « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour et pas tous les jours ».
Communiqué de l’Académie nationale de médecine (*)
7 novembre 2022
Le crack est la forme bon marché de la cocaïne, qui est inhalée après vaporisation par la chaleur. Elle arrive de façon subite et intense au cerveau ; ce faisant, elle induit rapidement un effet psychostimulant, mais aussi divers troubles, puis une addiction. Elle est surtout consommée par des usagers spécifiques très désinsérés.
La dangerosité du crack pour les crackeurs eux-mêmes (troubles somatiques, neurophysiologiques et cognitifs ; risque de contamination par les virus des hépatites lors du partage de la pipe à crack ; risque d’overdose), et pour leur entourage (nuisances et délits dans l’espace public) impose une prise en charge rapide et spécifique.
Le simple déplacement des crackeurs d’un quartier de ville à un autre par les autorités, au gré des protestations compréhensibles des riverains excédés par les nuisances subies, ne constitue pas une réponse adaptée, à la mesure de la gravité de cette addiction qui exige une intervention médicale personnalisée pour une approche thérapeutique globale (1,2).
Une politique de soins, dite des « quatre piliers », telle que celle mise en œuvre en Suisse depuis plus de 20 ans, réduit les conséquences négatives de la consommation de drogues, tant pour les consommateurs que pour la société.
La prise en charge globale, qu’elle implique, a été déclenchée lors de l’épidémie liée à la consommation d’héroïne, mais elle est applicable pour les autres toxicomanies.
Ces quatre piliers sont :
1- la prévention, qui doit comporter un volet éducatif consacré à la promotion de la santé, et un volet dédié au repérage précoce ;
2- la thérapie, qui est accompagnée de conseils adaptés à chaque type d’addiction et au profil psychique et social de chaque individu, afin d’améliorer sa qualité de vie, et sa santé physique et psychique ;
3- la réduction des risques pour les personnes concernées, qui leur permet de maintenir un état de santé stable, et de préserver leur intégration socio-familiale et leur insertion sociale au moyen d’aides personnalisées ;
4- la répression, en cas de non-respect de la réglementation, car fabriquer, vendre et consommer des drogues illicites sont des actes sanctionnés par la loi et réclamant application des peines.
Une telle prise en charge globale, dont l’efficacité est avérée, devrait être mise en application à l’intention des consommateurs de crack.
Face à l’addiction au crack, l’Académie nationale de médecine recommande :
– de mettre en place un dispositif sanitaire de prévention pour les personnes aujourd’hui les plus exposées au risque (mineurs en situation de précarité sociale ; migrants) ;
– d’instaurer des dispositifs mobiles permettant d’aller vers les consommateurs de crack en espace ouvert afin de les amener vers une structure de soins, dotée de compétences en psychiatrie et addictologie ;
– de ne pas compter sur les salles de consommation à moindre risque qui constituent, pour les crackeurs, un dispositif inadapté, mais de recourir, pour eux, à la mise en œuvre de soins hospitaliers, initialement sous contrainte dans certains cas;
– de proposer, en post-hospitalisation, une prise en charge socio-sanitaire et éducative avec un lieu d’hébergement spécialisé pour un accompagnement adapté à l’évolution de la personne ;
– de maintenir l’interdiction de sa consommation sur notre territoire, en se donnant les moyens de police et de justice nécessaires à l’application effective de cette interdiction.
Références
1- L. Vaivre-Douret, Dumont E., Etat des lieux sur la toxicomanie au crack et plan d’action. Rapport remis à la présidence de la Région Ile-de-France, 18 janvier 2022, 94 pp.
2- Goulian A, Jauffret-Roustide M, Dambélé S, Singh R, Fullilove RE 3rd. A cultural and political difference: comparing the racial and social framing of population crack cocaine use between the United States and France. Harm Reduct J. 2022, 19: 44.
(*) Communiqué de la Plateforme de Communication Rapide de l’Académie validé par les membres du Conseil d’administration le 6 novembre 2022.
Troubles cardiovasculaires, cancers, cirrhose… Ce sont autant de conséquences d’une consommation importante d’alcool, comme l’explique Santé Publique France sur son site. Mais boire de manière modérée pourrait également suffire à causer des dommages parfois irréversibles : c’est ce qu’ont avancé des chercheurs coréens dans une nouvelle étude, publiée début novembre dans la revue Neurology.
Boire plus d’un verre d’alcool par jour augmenterait les risques d’AVC
Pour la réaliser, les données de plus d’un million de patients, âgés de 20 à 39 ans, ont été utilisées.
Après une évaluation régulière de leur consommation d’alcool, les scientifiques ont dressé un constat inquiétant : les personnes ayant bu « plus de 105g/semaine d’alcool » (soit plus d’un verre par jour) pendant deux, trois ou encore quatre ans « présentaient des risques significativement plus élevés d’accident vasculaire cérébral« .
En effet, 3.153 sujets ont subi une attaque cérébrale au cours des travaux. Une consommation d’alcool régulière était également associée à« des risques plus élevés d’AVC hémorragique« , notamment chez les jeunes adultes. Ceux qui prenaient plus d’un verre d’alcool par jour étaient donc 20% plus susceptibles d’être victimes d’un AVC que ceux qui ne buvaient pas, ou très peu.
AVC : quels sont les signes à reconnaître ?
Pour cette étude, de nombreux autres facteurs de risque d’AVC, tels que le tabagisme ou encore l’hypertension artérielle, ont été pris en compte par les chercheurs. Comme le détaille le ministère de la Santé et de la Prévention, un AVC est causé soit par « un vaisseau/une artère qui se bouche« , soit par « une artère qui se rompt« . Certains signes en sont caractéristiques. On note par exemple :
Une déformation de la bouche
Des troubles de la parole
Une faiblesse d’un côté du corps
« Plus de 90% du fardeau de l’AVC dans son ensemble peut être attribué à des facteurs de risque potentiellement modifiables« , assure Eue-Keun Choi, professeur de médecine interne et co-auteur de l’étude, dans un communiqué. Selon lui, les stratégies de prévention de ces attaques cérébrales devraient donc s’orienter sur la consommation d’alcool et les autres facteurs de risque. L’AVC étant une urgence vitale, contactez le SAMU (15) ou les pompiers (18) si vous pensez en être victime, ou si vous voyez quelqu’un en faire un.
Les effets délétères des drogues sur la santé sont bien connus. Néanmoins, les scientifiques continuent de les étudier. Une équipe de chercheurs de l’Université de Californie aux Etats-Unis vient de découvrir un risque de fibrillation auriculaire (FA) augmenté chez les consommateurs de cannabis, de cocaïne, d’héroïne mais aussi d’opiacés.
Les drogues, qu’elles soient considérées comme « douces » ou « dures » ou qu’elles soient légales (comme les médicaments opiacés) ont toutes des effets néfastes sur la santé. Elles sont néanmoins considérées comme telles car certaines semblent effectivement plus destructrices que d’autres, pour l’organisme.
Une étude sur plus de 23 millions de personnes
Pour étudier les effets du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne et des opiacés sur le système cardio-vasculaire, les chercheurs ont examiné le risque d’arythmie cardiaque chez les utilisateurs de ces drogues.
Ils ont pour cela analysé les données de chaque admission à l’hôpital et de chaque visite dans les établissements chirurgicaux ambulatoires et les services d’urgence en Californie de 2005 à 2015, recueillant des informations auprès d’un total de 23 millions de personnes.
Seule une fraction des patients inclus dans l’étude consommaient des drogues : 132 834 consommaient du cannabis, 98 271 consommaient de la méthamphétamine, 48 700 consommaient de la cocaïne et 10 032 consommaient des opiacés.
Plus la drogue est dure, plus le risque de fibrillation augmente
Résultats : les consommateurs de cannabis étaient 35 % plus susceptibles de recevoir un diagnostic de fibrillation auriculaire dans la décennie que les non-consommateurs. Les risques sont encore plus importants pour les personnes consommant de la cocaïne ou de l’héroïne/opioïdes avec respectivement 61 % et 74 % de risque de FA.
Qu’est ce que la fibrillation auriculaire ?
On parle de fibrillation auriculaire lorsque les cavités supérieures du cœur, ou les oreillettes, battent de manière chaotique et désynchronisée avec les cavités inférieures, ou ventricules, du cœur. La fibrillation auriculaire peut entraîner des AVC, une insuffisance cardiaque et d’autres complications sur le système cardio-vasculaire.
Pour l’auteur principal de ce travail, le Dr Gregory Marcus, professeur de médecine à l’UCSF au sein de la division de cardiologie, dont les conclusions ont été publiées dans la revue European Heart Journal, « il est fascinant de considérer que les substances inhalées se déplacent directement des poumons vers les veines pulmonaires, qui se vident dans l’oreillette gauche, et que les veines pulmonaires et l’oreillette gauche sont particulièrement importantes pour générer la FA ».
Des études complémentaires sont nécessaires
Interrogé sur cette étude, le Dr William Lowenstein, médecin interniste et Président de SOS Addictions salue ce travail : « C’est une volumineuse étude, très intéressante car elle concerne aussi bien les risques cardiovasculaires des médicaments légaux (opiodes) que ceux des substances illégales. C’est un premier pas nécessaire à l’information générale : ce n’est pas parce qu’une substance est interdite qu’il ne faut pas en étudier les risques physiques, en informer les usagers et envisager des stratégies de réduction des risques ».
Il apporte un bémol toutefois. Pour lui, « l’absence de précisions dans cette étude sur les doses responsables de FA ou la fréquence des consommations (occasionnelles ou chroniques, notamment pour la cocaïne) impose des études complémentaires pour élaborer des stratégies de réduction des risques ».
En arrêtant de boire, les Français pourraient faire une énorme économie d’argent qui pourrait permettre de couvrir certaines dépenses du quotidien.
Arrêter de boire, comme certains arrêtent de fumer, pour faire des économies, est peut être une solution. Selon une étude du site MoneyTransfers.com, les Français pourraient économiser jusqu’à 4.000 euros par an, en arrêtant de boire. Les bons buveurs (deux verres de vin par jour à trois euros), pourraient mettre 2.016 euros par an de côté en arrêtant de boire. Pour les très gros buveurs de bière, un alcool plus cher, les Français qui consomment en moyenne deux pintes à six euros par jour, pourraient économiser près de 4.032 euros par an en arrêtant de boire.
L’OCCITANIE, RÉGION LA PLUS DÉPENSIÈRE EN ALCOOL
Il y a de fortes disparités régionales selon cette étude. Ceux qui dépensent le plus par semaine en alcool domestique (chez soi), ce sont les habitants de la région Occitanie qui dépensent 15,9 euros en moyenne par semaine. Si on file la logique de cette étude, ce sont eux qui pourraient le plus économiser en arrêtant de boire. A l’inverse, ce sont les Franciliens qui achètent le moins d’alcool pour boire chez eux, avec un peu plus de dix euros en moyenne par semaine (10,8 €). Mais moins d’alcool chez eux, c’est potentiellement plus dans les bars et les pubs, ce qui ne doit pas les aider à économiser.
Si on regarde le chiffre annuel de l’INSEE, en moyenne au niveau national, les Français dépensent 707 euros par an en alcool domestique. Si on regarde sa facture énergétique, 900 euros en moyenne par an au mois de septembre, certains ménages pourraient couvrir partiellement leur facture énergétique simplement en renonçant à boire.
Jesús Bermejo-Berros Catedrático de Comunicación Audiovisual y Publicidad en la Universidad de Valladolid y Director del Laboratorio LipsiMedia Ad-Lab, Universidad de Valladolid
L’alcool est très représenté sur les réseaux sociaux, associé à des scènes de divertissement, que les jeunes observent et partagent à leur tour. Cette présence contribue à banaliser l’alcool dans la vie des jeunes et à cacher les effets pernicieux de son abus.
Les campagnes anti-alcool qui s’adressent aux jeunes, qu’elles mobilisent des moyens de communication traditionnels ou misent sur les réseaux sociaux, sont peu efficaces lorsqu’il s’agit d’inciter à des comportements sains en matière de consommation. Comme l’ont démontré diverses études scientifiques, les jeunes, tout en connaissant les effets dangereux de l’alcool, ont plutôt tendance à adopter des attitudes de résistance et des réponses défensives face aux messages institutionnels.
Campagne « À ta santé », dans la Ville de Rennes, en 2011.
Il semble donc nécessaire de trouver de nouvelles stratégies de communication pour transmettre les ressources de prévention nécessaires aux jeunes et les aider à prendre conscience des comportements favorisant la consommation d’alcool.
Préoccupée par cette situation, Addict Aide (une organisation française mobilisée contre les problèmes d’alcoolisme) a lancé sur les réseaux sociaux avec l’agence BETC une campagne originale, « Like my addiction », dans le dessein de montrer combien il est facile d’ignorer les signes de l’alcoolodépendance. Dans cette campagne, Louise Delage, une jeune Parisienne de 25 ans, s’est créé un profil sur Instagram. Ses photos avaient des légendes simples, comme « moment de détente avec les amis », « en train de danser ». Les usagers d’Instagram qui voyaient ce profil ne savaient pas qu’il s’agissait d’une campagne. En un mois seulement, Louise avait déjà 65 000 followers et ses photos avaient reçu 50 000 likes.
Cependant, dans son dernier post, les usagers ont découvert qu’il s’agissait d’un compte fictif dont le but était de montrer « une personne que les gens connaissaient au quotidien, mais dont ils n’avaient soupçonné à aucun moment qu’elle était alcoolodépendante ». En effet, dans chacun de ses 150 posts, Louise Delage apparaissait avec un verre d’alcool. Le but de cette campagne était de servir de « révélateur » aux problèmes d’addiction.
Groupes de discussion
La campagne de BETC a indéniablement eu des répercussions au vu du nombre massif de « likes » qu’elle a généré sur Instagram. Cependant, récemment encore, nous ne mesurions pas exactement dans quelle mesure elle avait pu contribuer à combattre l’addiction à l’alcool, ni si cette forme de communication alternative aux campagnes traditionnelles pouvait aider à freiner l’influence pernicieuse des images liées à l’alcool circulant en ligne.Louise Delage, fausse alcoolique, mais vraie campagne contre l’addiction (FranceInfo, 2016).
Un total de 124 jeunes (71 femmes et 53 hommes) âgés de 19 à 25 ans, inscrits sur Instagram, et ne connaissant pas cette campagne de « Like my addiction », ont participé pendant trois semaines à l’expérience que nous leur avons proposée. Celle-ci s’est déroulée dans le Laboratoire LipsiMedia de l’Université de Valladolid.
Dans une première phase, de nombreuses variables ont été testées, montrant que la présence de l’alcool sur les photos de Louise Delage postées sur Instagram échappe à la plupart des participants. Par ailleurs, ceux-ci croient, en général, qu’inclure, sur les réseaux sociaux, l’alcool dans des scènes de divertissement et de bonheur n’a pas d’effet sur les conduites quotidiennes de ceux qui ont vu ces images.
Dans une deuxième phase de la recherche, les jeunes ont été divisés en deux groupes. Un groupe (contrôle) a participé à une mise en commun lors de laquelle on l’a d’emblée informé des dessous et des spécificités de la campagne « Like my addiction » ; on a aussi montré à ceux qui y ont participé des images de campagnes institutionnelles, puis se sont tenues des conversations permettant à tous et toutes de partager leurs opinions au sujet de l’alcoolisme sur les réseaux sociaux.
Avec le second groupe, sur une durée équivalente, le formateur a également instauré une dynamique interactive mais en utilisant une autre procédure, dite méthode dialogico-critique. En quatre étapes, au fil de questions suscitant la curiosité et la réflexion des candidats sur le dispositif d’images, il s’agissait d’amener les membres du groupe à déceler par eux-mêmes la présence d’alcool sur les photos de Louise Delage, à démonter les ressorts de cette influence et comprendre comment l’alcool, à leur insu, pouvait s’imposer dans leur esprit comme quelque chose de positif.
Construire des récits
Dans une troisième et dernière phase, on a évalué les comportements sur Instagram de tous les participants pendant une semaine suite à la session formative. Les résultats montrent que, alors que les jeunes du groupe contrôle (conversationnel) n’ont pas changé leur attitude sur Instagram, les participants du groupe dialogico-critique ont, eux, modifié de manière significative leur conduite sur ce réseau social. Ils justifient ce changement en affirmant que l’expérience autour de la campagne « Like my addiction » a déclenché chez eux une prise de conscience et que, désormais, ils prêtent plus d’attention à ce qu’ils font sur Instagram, aux « likes » qu’ils attribuent et à ce qu’ils partagent.
Tout cela est confirmé par l’analyse de leur conduite réelle sur Instagram pendant les semaines qui ont suivi la période formative.
En conclusion, cette étude scientifique montre que, pour prévenir les jeunes des effets pernicieux de l’alcool, on ne peut s’arrêter à des campagnes institutionnelles montrant soit les conséquences négatives, soit des messages moralisateurs ou en appelant à la responsabilité (selon une stratégie de « push » marketing).
La voie suggérée par cette recherche du Laboratoire LipsiMedia est d’utiliser des campagnes qui construisent des récits pouvant attirer les jeunes, au moyen d’une méthode éducative interactive simple et efficace qui capte leur intérêt, incite à la réflexion et à un changement de conduite (selon une stratégie de « pull » marketing).
Cette méthode peut être mobilisée dans la lutte contre la dépendance à l’alcool et est utile pour les institutions publiques chargées de la prévention des conduites addictives et de l’éducation à la santé.
La teneur en THC de la résine comme de l’herbe de cannabis a bien augmenté.
Si le ministre de la Santé a reconnu avoir déjà fumé « deux, trois joints » dans sa jeunesse, il s’est dit fermement opposé à tout projet de légalisation du cannabis. Dans la lignée d’Emmanuel Macron, qui a progressivement durci sa position au fil des ans, François Braun est donc contre et a expliqué pourquoi sur RTL, le 29 octobre : « Ce n’est plus le même cannabis. Il faut être très attentif à ça. Les plants sont trafiqués, y compris génétiquement, par des trafiquants pour les rendre beaucoup plus addictifs. C’est dangereux pour la santé ».
Une concentration en THC plus grande dans la résine
Le cannabis est composé de deux principes actifs : le delta-9-tétrahydrocannabinol, aussi appelé THC, et le cannabidiol, alias le CBD. Leur concentration varie selon les produits consommés. Quelle différence entre les deux ? N’étant pas sans conséquence sur la santé, la consommation de THC « entraîne des effets euphorisants, une désinhibition et un sentiment de bien-être », rappelle Santé publique France (SPF). Mais c’est surtout cette substance qui a un « pouvoir addictogène », contrairement au CBD, qui possède simplement des « propriétés anxiolytiques, relaxantes ou sédatives ».
Et la présence du THC a bel et bien augmenté dans le cannabis retrouvé dans les saisies. « La teneur moyenne en THC de la résine de cannabis a plus que doublé en dix ans, passant de 12,3% en 2011 à 26,7% en 2020, tandis que, dans la même période, celle de l’herbe a progressé de 25% (de 10,4% en 2011 à 13,0% en 2020) », constate l’OFDT, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, à partir des remontées de la police judiciaire. Au début des années 2000, le taux de THC de la résine de cannabis était plutôt estimé entre 9% et 13%, selon l’OFDT. Celui des échantillons d’herbe variait quant à lui de 6% à 13%.
En Europe, la teneur moyenne en THC de la résine de cannabis est de 21% – Observatoire européen des drogues et des toxicomanies
À l’échelle européenne, le taux de THC retrouvé dans la résine de cannabis est légèrement plus bas. Depuis Lisbonne, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies a publié son rapport de 2022 sur l’usage de plusieurs substances dans les pays de l’UE.
Il relève qu’« au cours de la dernière décennie, les prix indexés de l’herbe et de la résine de cannabis sont restés relativement stables, tandis que la teneur moyenne en THC de ces deux formes a augmenté ». Et que « la teneur moyenne en THC de la résine (21 %) est presque deux fois supérieure à celle de l’herbe de cannabis, qui est généralement d’environ 11 % ». Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’attelle à mettre à jour son rapport sur les « conséquences sanitaires et sociales de la consommation de cannabis à des fins non médicales ». Une publication est attendue avant la fin de l’année 2022.
Maintenant, que sait-on de la dépendance liée à cette substance ? Dans son étude citée plus haut, Santé publique France souligne que « contrairement à ce qui a longtemps été affirmé, les données actuelles montrent qu’environ 10 % des personnes qui expérimentent le cannabis deviennent dépendantes ». Celle-ci monte à 50% pour les consommateurs quotidiens.
En France, si le ministre de la Santé ferme la porte à une légalisation du cannabis, les parlementaires se penchent régulièrement sur le sujet. En juillet dernier, une note sénatoriale, réalisée à la demande de la sénatrice Catherine Conconne, s’est penchée sur la législation des pays voisins. Elle constate que l’ensemble des pays étudiés, de l’Allemagne au Portugal jusqu’aux Pays-Bas, « a dépénalisé la consommation du cannabis, à l’exception de la Suisse », où la consommation reste une infraction pénale.