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février 2023

Le toxicomane, dangereux pour lui même, peut l’être pour autrui.

Professeur Costentin


Notre compassion pour ses victimes commande de l’empêcher de nuire.


Le drame provoqué par P. Palmade qui conduisait sous l’emprise de la cocaïne et d’un produit dit « de substitution de l’héroïne », défraie la chronique. La notoriété de l’humoriste contribue à cette révélation.

Ce n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg des drogues sur lequel se brisent chaque jour, comme autant de Titanics, les véhicules de conducteurs anonymes (700 morts par an, sans oublier de très nombreux handicapés, victimes de ces accidents dans lesquels se sont invités des stupéfiants).


Depuis plus de trente ans je m’applique à déceler les roueries, arguties, entourloupes, occultations de journalistes torturant la réalité pour disculper le cannabis et d’autres drogues de divers drames de la route. Soit qu’ils ne les évoquent pas, soit qu’ils soulignent les « très faibles » taux sanguins de tétrahydrocannabinol/THC (comme s’ils ignoraient que ses effets stupéfiants se manifestent pour des concentrations de l’ordre du μg / millionième de gramme de THC par litre de sang) ; soit qu’ils diluent sa
responsabilité dans une possible défaillance mécanique ou une route mouillée…

Avec un peu moins de pusillanimité ils invoquent le rôle de l’alcool. On sait désormais que le cannabis et l’alcool, qui sont souvent associés, multiplient par 27 le risque d’accidents mortels de la route.


Que de manœuvres dilatoires avant que soit votée la « loi Marilou ». Il a fallu le décès de la petite Marilou Poinsot, victime d’un chauffard sous l’emprise du cannabis, pour que ses parents, Philippe et Nadine, créent l’association « Marilou », et obtiennent des députés le vote de « la loi Marilou » (Janv. 2003), qui punit de deux ans d’emprisonnement (enfin sur le papier) la conduite sous l’emprise de stupéfiants.

Il faudra ensuite attendre 2008 pour qu’apparaissent les tests salivaires de détection. J’ai le souvenir, lors d’un audit à l’Assemblée Nationale, d’avoir bataillé contre le conseiller ministériel à la sécurité routière, trainant des pieds à recommander des dispositions anti-cannabiques car, selon lui, les chiffres connus ne les justifiaient pas…


S’agissant des produits de substitution de l’héroïne (buprénorphine à haut dosage ou méthadone) ils ne sont pas consommés
que par des héroïnomanes.

En effet, un nombre significatif d’entre eux se les font prescrire par plusieurs praticiens, délivrer par plusieurs pharmaciens et les revendent afin d’obtenir les moyens d’acquérir leur « chère » héroïne.

Ils ouvrent ainsi à leurs acheteurs l’accès aux morphiniques et bientôt à l’héroïne. Cette situation perdure depuis 20 ans, en raison de la passivité des « pouvoirs » publiques.

Notre éthique nous interdit d’appuyer sur la tête des toxicomanes qui se noient, même quand ils sont responsables de drames.

Notre compassion pour leurs victimes est intense et c’est pourquoi nous voulons empêcher ces toxicomanes de nuire.
Quand il est constaté que leur addiction est irrépressible, afin de prévenir ses effets potentiellement catastrophiques, il faudrait leur
interdire d’exercer certaines professions ainsi que la conduite des véhicules à moteur.


Les drames provoqués par les toxicomanes leur sont évidemment imputables. Cependant on ne doit pas disculper ceux qui, par leurs décisions, déclarations, actions, omissions, compromissions, collusions, ont contribué au développement des comportements toxicophiles et ont ainsi aggravé la détérioration de ces individus fragiles que sont les toxicomanes.


La liste de ces co-responsables doit enfin être établie afin de les incriminer et de les neutraliser

L’affaire Palmade, un fait divers utile ?

16 février 2023


La très forte médiatisation de l’affaire Palmade attise les passions et parfois les excès. Depuis près d’une semaine, la presse est accusée d’en faire « trop », d’être voyeuriste, de ne parler que de l’auteur présumé sans un mot pour les victimes…

Mais ce dramatique accident permet au moins d’évoquer des sujets qui dépassent le simple faits divers. En parler, c’est éveiller les consciences, rappeler les risques et leurs conséquences.

Ça n’est pas inutile.
En premier lieu, les risques liés à la consommation de drogues. Pas inutile à rappeler dans un pays leader de la consommation de stupéfiants et de médicaments. Un pays où on parle encore souvent de « drogues douces » ou « récréatives » en jetant un voile pudique sur les ravages de ces addictions.

La déchéance publique et médiatique de Pierre Palmade dure en réalité depuis longtemps, mais des milliers d’autres français anonymes vivent les mêmes déséquilibres et, finalement, les mêmes maladies.

En parler n’est pas inutile. Il est temps de poser la question de la place des victimes dans les procédures judiciaires
L’affaire Palmade pose aussi la question de l’insécurité routière qui décime la France chaque semaine.

Alcool, vitesse, stupéfiants, téléphone : les causes des accidents graves sont multiples et parfois cumulatives.

Cette insécurité détruit des familles, souvent dans l’anonymat le plus complet. En parler n’est pas inutile.
L’affaire Palmade pose aussi le sujet de la place des victimes dans les procédures judiciaires. Leur état de santé a parfois semblé moins commenté que celui de Pierre Palmade.

Cette impression est le reflet d’une vraie problématique française où les victimes sont souvent abandonnées, oubliées, délaissées, quand tout semble prévu dans le code pour encadrer les auteurs.

Parler de ce déséquilibre n’est pas inutile.

L’affaire Palmade permet enfin pour beaucoup de découvrir le « chemsex » et ses risques. Cette pratique, réservée un temps à la communauté homosexuelle, se développe dangereusement. Elle consiste en des fêtes sexuelles durant plusieurs heures, soutenues par la consommation de drogues qui désinhibent et permettent d’endurer ce « marathon sexuel extrême ».

Cette pratique a déjà provoqué des décès par overdose et s’accompagne de toutes les dérives possibles. En parler n’est pas inutile.

Par Damien Delseny Rédacteur en chef du service police-justice du Parisien

Source :Le Parisien 16/02/2023

Information fournie par Xavier de Beaurepaire

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Ce n’est vraiment pas une chance que d’avoir des parents consommateurs de cannabis

Pr. Jean Costentin

Des malchances aussi peuvent voler en escadrille.

(Formule de J.C. (Jacques Chirac) détournée par J.C. (Jean Costentin))

On sait que les enfants vivant au foyer de parents consommant du cannabis (et souvent d’autres drogues) sont à l’adolescence plus fréquemment victimes d’addictions que leurs copains dont les parents ne sont pas consommateurs de drogue. Des explications ne manquaient pas et d’autres viennent  s’y ajouter.

Mettons en exergue le mauvais exemple que donnent les parents toxicomanes à leur enfant. L’éducation se nourrit d’exemplarité, à défaut, comment interdire à autrui ce que l’on s’autorise ?

Les mises en garde effectuées par les parents sont des éléments majeurs de la prévention des toxicomanies, surtout quand l’Education nationale est totalement défaillante à cet égard et que, d’une façon désastreuse, des médias, des hommes et femmes politiques et même des addictologues prônent la légalisation des drogues.

Déplorons aussi les drogues qui traînent dans l’appartement et sont accessibles aux enfants. Dans une tribune du journal « Le Monde » (27/01/2023) madame Claudet, professeure, cheffe de service des urgences pédiatrique au CHU de Toulouse, s’émeut de l’augmentation des intoxications infantiles dues au cannabis.

En France elles ont été à l’origine, entre 2016 et 2019, de 1.500 admissions d’enfants de moins de 6 ans  aux urgences; 30% d’entre eux étaient dans le coma ; 40-60% ont été admis en réanimation, les ¾ ayant moins de 2 ans. Cette négligence parentale s’inscrit hélas dans la psychologie commune des cannabinophiles.

Ces chiffres reflètent l’intoxication croissante de notre société par cette drogue, dont la consommation dépasse désormais la période de l’adolescence. Ils résultent aussi de la teneur élevée en THC des produits en circulation. Sous la pression des consommateurs, cette teneur a été multipliée par 3 en 15 ans (passant de 9% en 2004 à 28% en 2019).

La professeure de pédiatrie fait sienne une notion souvent évoquée selon laquelle le cannabis constituerait « un cofacteur, de la mort subite inattendue des nourrissons ».

A ces données s’ajoutent la connaissance, de plus en plus solide (mais curieusement très peu médiatisée) des effets épigénétiques du THC. Leurs conséquences (qui résultent de modifications de l’intensité d’expression de certains gènes) peuvent être transmises par les consommateurs de cannabis aux enfants qu’ils pourraient concevoir.

Parmi celles-ci, est rapportée une raréfaction des récepteurs D2 de la dopamine dans leur noyau accumbens ; ce qui constitue un facteur de vulnérabilité aux toxicomanies. Ce déficit en récepteurs D2 incite l’adolescent qui en est victime à abuser de toutes les drogues qu’il expérimente, lesquelles provoquent une libération accrue de dopamine, venant compenser la diminution du nombre des récepteurs D2 qu’elle stimule. Cette compensation redouble le caractère « appétitif » de ces drogues, incitant à en user et bientôt à en abuser.

Fumer du cannabis ou se reproduire il faut choisir, car non seulement les cannabinophiles sont de mauvais parents mais, en outre, par ses effets épigénétiques ils reproduisent chez leur progéniture les errements qui les affectent

Positif aux stupéfiants et à l’alcool, il roule à contresens sur l’autoroute sur près de 100 kilomètres depuis Narbonne

Un homme a été arrêté dans la nuit de samedi 11 février au dimanche 12 par les gendarmes des Pyréenées-Orientales alors qu’il roulait sur l’A9. Et pour cause, cet automobiliste circulait à contresens et était positif aux stupéfiants et à l’alcool. 

Près de 100 kilomètres d’autoroute à contresens. Un automobiliste audois a été arrêté dans la nuit de samedi à dimanche parce qu’il roulait à sens inverse sur l’autoroute A9, depuis Narbonne, révèle France bleu. 

Interpellé à le Boulou

Cet Audois a été arrêté par les gendarmes au niveau du péage du Boulou dans les Pyrénées-Orientales aux alentours de 1 h 30, cette nuit.

Parti de Narbonne dans la soirée, il a roulé pendant près de 100 kilomètres à contresens. Les appels successifs de plusieurs automobilistes croisants son passage ont alerté les gendarmes qui ont prévenu les agents de la PAF, la police des frontières.

Ces derniers se sont rendus sur place et ont interpellé le conducteur alors qu’il arrivait au péage.  

Positif à l’alcool et aux stupéfiants

L’automobiliste a été arrêté et soumis à plusieurs tests afin de déterminer son aptitude à conduire à ce moment-là, et une éventuelle circonstance aggravante. Ils se sont révélés positifs.

En effet, cet Audois était non seulement positif à l’alcool, mais aussi aux stupéfiants d’après ce premier examen salivaire.

Source

Sécurité routière : le fléau de la drogue au volant

Sur la route, un accident mortel sur trois en France est aujourd’hui causé par la consommation de stupéfiants. En 2022, plus de 700 personnes auraient perdu la vie à la suite d’accident impliquant la prise de cocaïne ou de cannabis.

Il y a quatre ans, un homme, qui témoigne aujourd’hui pour France Télévisions, se fait prendre au volant de sa voiture sous l’emprise du cannabis. « J’avais l’impression que ça ne me faisait rien. Que ça ne m’empêchait pas d’être vigilant« , dit-il.

En 2022, il récidive. À 35 ans, le père de famille risque aujourd’hui deux ans de prison, une annulation automatique du permis et la confiscation de son véhicule. « Aujourd’hui, je me rends compte que ça a un impact réel« , confie-t-il. 

Une personne contrôlée sur cinq positive aux stupéfiants en 2020

En 2020, sur 450 000 contrôles ciblés, un sur cinq était positif aux stupéfiants, en majorité des hommes jeunes. Cette conduite à risque est de plus en plus répandue, malgré les messages choc des campagnes de prévention.

En 2021, après la vitesse excessive et l’alcool, les stupéfiants ont été la troisième cause d’accidents mortels.

Chaque année, 700 personnes perdent la vie sur la route, tués par des conducteurs sous l’emprise de la drogue. Les substances le plus détectées sont le cannabis, qui altère les réflexes, et la cocaïne, un excitant. 

Source

Aux Etats-Unis, les autorités sont dépassées par la crise des opioïdes : « On déplore des victimes dans tout le pays »

La crise sanitaire qui frappe les Etats-Unis s’est accélérée depuis deux ans. Elle a coûté la vie à près de 82 000 personnes entre février 2021 et février 2022 et les leviers des pouvoirs publics pour agir restent limités.

« Courtney a découvert les pilules au lycée. Cela s’est transformé en addiction et l’a menée à la mort d’une overdose de fentanyl. Elle avait 20 ans. » Lors de son discours sur l’état de l’Union face au Congrès, mardi 7 février, Joe Biden a pris le temps de « partager une histoire bien connue de millions d’Américains ». Celle de la crise des opioïdes, qui frappe les Etats-Unis depuis plus de 30 ans.

Ces dérivés de l’opium regroupent à la fois des antalgiques légaux, comme la morphine ou l’oxycodone, prescrits contre la douleur, et des substances illicites comme l’héroïne. Selon les Centres de prévention et de contrôle des maladies américains (CDC)*, plus de 564 000 Américains sont morts d’une overdose de l’un de ces produits entre 1999 et 2020. Et la crise s’est accélérée : les opioïdes ont coûté la vie à près de 82 000 personnes entre février 2021 et février 2022, recense l’agence fédérale dans un de ses derniers bilans*.

L’ampleur de l’addiction aux opioïdes outre-Atlantique reste difficile à évaluer. Il faut distinguer les antidouleurs pris dans le cadre d’un traitement médical, et ceux qui sont « détournés de leur usage initial » ou achetés sur le marché noir. Mais « les médicaments comme l’oxycodone, fortement dosés, peuvent aussi faire entrer les individus dans la dépendance », avertit Elisa Chelle, professeure en science politique à l’université Paris Nanterre et autrice de Comprendre la politique de santé aux Etats-Unis (Presses de l’EHESP, 2019).

Pour lire la suite cliquez sur « Aucun endroit des Etats-Unis n’est épargné« 

L’alcool : une boisson appréciée à divers degrés selon les époques

 Le cardinal Paul-Émile Léger

Extrait d’un discours qui critique l’excès de consommation d’alcool dans la société.

L’alcool, bienfait ou fléau social? Les perceptions sur ce liquide distillé ont grandement varié dans notre société, ou selon les décennies, comme le prouvent des reportages tirés de nos archives.

D’une condamnation sans équivoque…

« Quand un citoyen vient me dire que presque la moitié de sa fortune et que presque tout son salaire passe dans l’alcool […], je me dis : Et vos enfants? Et votre femme? Et votre avenir? Et l’éducation de vos enfants? Qu’est-ce que vous en faites? »— Une citation de  Cardinal Paul-Émile Léger, 4 mai 1964

En 1964, l’Église catholique possède encore une influence considérable dans la société canadienne-française et québécoise.

Chaque opinion et commentaire de l’archevêque de Montréal, le cardinal Paul-Émile Léger, a un effet sur la population.

Alors quand le prélat fustige, comme il le fait dans cet extrait d’un discours enregistré le 4 mai 1964, les ravages sociaux que provoque l’alcool, on l’écoute d’un air attentif et, chez certaines personnes, peut-être contrit.

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