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Mai 2023

Alcool au volant: dès juin, le permis de conduire pourra vous être retiré si vous avez bu quatre verres

Publié par RTL

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Quatre verres d’alcool pourront désormais vous priver de votre permis de conduire: c’est la nouvelle mesure initiée par le ministre de la mobilité. Le taux baisse, de 1,5 à 1,2g d’alcool dans le sang pour un retrait de permis immédiat si vous êtes controlé ivre.

Dès le premier juin, soit dans 12 jours, le retrait de permis en cas de contrôle d’alcoolémie se fera au-delà d’1,2 gramme et plus 1,5. L’objectif de cette nouvelle règle est de changer les mentalités et de garantir plus de sécurité sur la route. En 2021, un conducteur de voiture sur 10 impliqué dans un accident de la route avec des blessés était positif à l’alcool. 

Et si les amendes existent dès 0,5 gramme d’alcool, elles ne freinent pas tout le monde. Pour le gouvernement, un retrait de permis de 15 jours aura de quoi faire réfléchir les plus inconscients, surtout s’ils ont un travail qui nécessite leur voiture. 

Plus de compétences aux douanes

Pour qu’une règle soit efficace, il faut la faire respecter et le ministre de la Mobilité, Geroges Gilkinet, compte, selon nos confrères de SudInfo, sur l’appui des douaniers, des agents assermentés qui aujourd’hui peuvent contrôler votre carburant mais pas votre taux d’alcool, même si vous titubez manifestement. Cela pourrait changer à l’avenir et ce projet du Ministre aurait déjà obtenu un accord de principe. 

Pour rappel, le pic d’alcoolémie dans votre sang est 30 minutes après UN verre consommé si vous êtes à jeun et une heure si vous avez mangé.

«Je déconseillerais vivement aux jeunes qui ont des fragilités et/ou des antécédents familiaux de troubles psys de fumer du cannabis.»

Dr Jean-Del Burdairon, psychiatre et addictologue

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Jean-Del Burdairon poursuit: «La plupart des troubles –schizophrénie, troubles anxieux, bipolarité, etc.– se développent entre 15 et 25 ans du fait d’un défaut de neurogenèse. Imaginez que lorsque l’on est enfant et que l’on grandit, on “pousse” comme pousserait un arbre. Puis, entre 15 et 25 ans, il y a une forme d’élagage pour uniformiser les branches. Chez les personnes qui souffrent de troubles psychiques, il n’y a pas cet élagage. Et le cannabis en lui-même empêche ou retarde d’autant cet élagage.»

Le psychiatre poursuit: «Je déconseillerais vivement aux jeunes qui ont des fragilités et/ou des antécédents familiaux de troubles psys de fumer du cannabis.» Il précise en outre que le risque de pharmacopsychose n’est pas écarté passé 30 ans du fait de taux de THC très importants –dans son rapport de mars 2023, l’Office anti-stupéfiants (Ofast) note d’ailleurs que le taux moyen de THC dans le shit (résine de cannabis) a doublé en dix ans ans et augmenté de presque un quart dans la weed (cannabis sous forme d’herbe).

Un abus de cannabis augmente le risque d’évolution vers la chronicité

Ensuite, concernant la consommation de cannabis chez les personnes qui présentent d’ores et déjà un trouble psychique, l’avis de Jean-Del Burdairon est sans appel: «Fumer du cannabis lorsque l’on souffre de troubles psychiques tend à les aggraver et à les rendre plus résistants. En effet, si sur le moment le cannabis peut avoir des effets anxiolytiques –et c’est l’effet immédiat qui est généralement recherché–, sur le long terme, sa consommation régulière induit des perturbations du fonctionnement général qui tendent à majorer les symptômes.»

Concernant spécifiquement les psychoses, Logos Curtis, Philippe Rey-Bellet et Marco C. G. Merlo écrivent: «Nombre d’études confirment qu’en cas de psychose existante, une consommation même minime de cannabis a des effets néfastes. Dans la phase aiguë, elle aggrave les symptômes psychotiques, à savoir les idées délirantes, les hallucinations et la désorganisation de la pensée. Elle augmente le risque d’actes hétéro-agressifs et auto-agressifs et réduit, voire fait disparaître l’effet thérapeutique des médicaments antipsychotiques.» Ils soulignent que le cannabis a aussi un effet sur l’évolution à long terme de la psychose, avec des rechutes plus fréquentes et précoces. Pour le pronostic à long terme, un abus de cannabis augmente le risque d’évolution vers la chronicité.

«Le cannabis participe à détruire les facultés cognitives déjà mises à mal par les crises.»

Dr Jean-Del Burdairon, psychiatre et addictologue

Jean-Del Burdairon résume alors: «Si tout va bien, que la personne n’a pas d’antécédents familiaux, ni de fragilités ou de trouble psychique, fumer un joint n’est pas plus dangereux que boire de l’alcool en grande quantité. En revanche, s’il y a une pathologie, il existe un vrai risque et ce même en période de rémission, avec un vrai risque de rechute. Et c’est un vrai problème car les patients comprennent bien qu’ils ne doivent pas fumer en période de crise mais pensent que quand ils vont mieux, ils peuvent réguler leur consommation et que celle-ci ne posera pas de problème.»

Il précise l’impact négatif sur les facultés cognitives à long terme: «Le cannabis participe à détruire les facultés cognitives déjà mises à mal par les crises. Imaginez que les neurones soient une forêt. Le cannabis, c’est véritablement de l’essence versée dessus et à la moindre étincelle, tout flambe. Il y a donc un vrai retentissement cognitif et c’est ce retentissement cognitif qui provoque un désinvestissement social.»

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Que tirer de tout cela? Simplement de la vigilance et des messages de prévention adaptés. Concernant le sommeil, on aurait tout intérêt à ne pas laisser s’installer une dépendance qui conduirait à un usage quotidien.

À LIRE AUSSI Pourquoi ne réagissons-nous pas tous de la même manière au cannabis?

Pour ce qui est des troubles psychiques, il serait préventivement pertinent de s’abstenir de fumer un premier joint dès lors que l’on présente des signes précurseurs d’un trouble ou quand –puisqu’il existe une certaine héritabilité– un parent vit avec un trouble. Il est également recommandé de s’abstenir dès lors que le trouble est présent afin de ne pas l’aggraver ni augmenter ses conséquences.

À noter pour finir: une vigilance s’impose autour de l’hexahydrocannabinol (HCC), un produit de synthèse aux effets psychoactifs semblables au THC et désormais vendu dans les boutiques qui vendent du CBD«C’est un psychotrope très puissant mimant les effets du cannabis et ayant les même propriétés sur le long terme», signale Jean-Del Burdairon. Mêmes recommandations que pour le cannabis, donc.

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Poussière de singe: une drogue transforme ses usagers en zombies

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Manger de la vitre, se déshabiller en public, attaquer avec une force surhumaine: une nouvelle drogue qui provoquerait des hallucinations et des psychoses en transformant ses usagers en zombies inquièterait grandement au Royaume-Uni.

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«C’était terrifiant. L’homme était fou, cassant des choses et courant nu partout. J’avais peur, car j’avais de jeunes enfants avec moi», a raconté en entrevue au «Sun» Becky Taylor, 35 ans, qui aurait assisté à une crise causée par la drogue.

Vendue dans certains cas pour la modique somme de 2 £ la dose – 3,40 $ –, la drogue Monkey Dust ou «poussière de singe» en français aurait commencé à faire des ravages à Stoke-on-Trent, une ville au nord de Birmingham en Angleterre.

«C’est tellement peu coûteux, c’est moins cher que le prix de l’alcool et les gens peuvent s’en procurer facilement. Nous devons voir une reclassification et hausser les conséquences pour ceux qui vendent cette drogue», a réagi jeudi Jack Brereton, député de Stoke-on-Trent Sud, selon la BBC.

https://omny.fm/shows/yasmine-abdelfadel/drogue-zombie-ce-qui-nous-pr-occupe-c-est-que-a-s/embed

Des cas d’individus se déshabillant et courant en pleine rue sous l’effet de bouffée de chaleur, mangeant de la vitre, sautant du haut de bâtiments ou encore tentant de s’introduire violemment dans une maison à la manière de «Jack Nicholson dans The Shinning» ont défrayé la manchette britannique dans les derniers jours, mettant la lumière sur les effets dévastateurs de la drogue.

Des policiers qui auraient tenté de menotter certains usagers ont même décrit des cas de force surhumaine, comparant les individus à l’Incroyable Hulk.

«C’est hallucinogène et la vie de nombreuses personnes a été complètement détruite à la suite de la prise de cette drogue, a poursuivi le député. Il n’y a pas de traitement pour ceux qui deviennent accros – et c’est vraiment addictif.»

La poussière de singe, qui est une drogue synthétique imitant les effets de la cocaïne, de la MDMA et de l’ecstasy, serait déjà bannie aux États-Unis selon le média anglais.

La vente et la production de ce produit pourraient devenir passibles d’une sentence de prison à vie au Royaume-Uni, si la substance est reclassée de la classe B à A comme le souhaiterait le député.

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Cannabis de synthèse : une interdiction d’ici à quelques semaines, dit le ministre de la Santé

Interrogé sur une éventuelle interdiction des produits à base d’hexahydrocannabinol (HHC), une molécule dérivée du cannabis actuellement en vente libre, le ministre de la Santé a déclaré que c’était une « affaire de semaines ».

Ouest-France avec AFP. Publié le 15/05/2023

Les produits à base d’hexahydrocannabinol (HHC), une molécule dérivée du cannabis mais actuellement en vente libre, seront probablement interdits d’ici à quelques semaines, a annoncé lundi 15 mai le ministre de la Santé, François Braun.

« Je pense que c’est une affaire de semaines », a déclaré sur Franceinfo le ministre, interrogé sur une interdiction éventuelle du HHC.

Une molécule de plus en plus commercialisée

Ce dernier est une molécule synthétisée artificiellement à partir d’extraits naturels de cannabis : on parle de semi-synthèse.

La molécule est connue de longue date par les scientifiques mais, depuis quelques mois, les autorités sanitaires de différents pays – Europe et États-Unis – constatent qu’elle est de plus en plus commercialisée sur internet ou dans des boutiques physiques.

Ses effets sont mal connus mais les addictologues tendent à les juger comparables à ceux du tétrahydrocannabinol (THC), la substance au cœur des effets psychoactifs du cannabis.

Or, contrairement à ce dernier, les produits à base de HHC ne font pas l’objet d’une interdiction à la vente ou à la consommation.

« Il y a un trou dans la raquette »

« Ils profitent d’une faille […] de classification », a expliqué François Braun « Ils ne sont pas classés comme produits stupéfiants. Je pense très honnêtement qu’ils le seront rapidement maintenant. »

Trafic de drogue en Colombie

La marine saisit le plus grand narco sous-marin de son histoire

Le semi-submersible de 30 mètres de long et trois mètres de large transportait à son bord trois tonnes de cocaïne.

Publié: 12.05.2023,

Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993.
Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993.AFP

La marine colombienne a annoncé vendredi avoir saisi le plus grand narco sous-marin de l’histoire de la Colombie, mesurant 30 mètres de long et trois mètres de large, avec à son bord trois tonnes de cocaïne.

Le semi-submersible a été stoppé mardi alors qu’il se dirigeait vers l’Amérique centrale, l’une des routes les plus empruntées pour le trafic illégal vers les États-Unis, principal consommateur mondial de cocaïne colombienne.

Les images diffusées par les autorités ont montré la longue embarcation sur les eaux, ainsi que sa marchandise débarquée à terre, des centaines de paquets de stupéfiants étiquetés «Toyota» (les trafiquants aiment à donner une signature, souvent choisie parmi les grandes marques mondiales, à leurs livraisons) et, au milieu, trois hommes capturés.

Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993, dans le pays le plus grand producteur de cocaïne au monde.

En trois décennies, la marine a saisi 228 navires de ce type, qui partent chargés de tonnes de drogue de l’océan Pacifique vers les États-Unis ou traversent même l’Atlantique vers l’Europe.

Les trois suspects colombiens arrêtés lors de cette dernière saisie ont affirmé avoir été «contraints par une organisation de trafiquants de drogue d’embarquer et de conduire le semi-submersible avec l’alcaloïde vers l’Amérique centrale».

Les trois hommes, âgés de 63, 54 et 45 ans, ont été conduits à Tumaco (sud) pour être remis à la justice.

Selon les estimations de la marine, la saisie représente un préjudice de 103 millions de dollars pour les trafiquants.

Fabriquées clandestinement, ces embarcations, à la fois rustiques et légères, se déplacent près de la surface de l’eau, parcourent de plus longues distances que les vedettes rapides des autorités et sont difficilement repérables.

La législation colombienne punit l’utilisation, la construction, la commercialisation, la possession et le transport de semi-submersibles à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans.

Après un demi-siècle de guerre contre la drogue financée et soutenue par les États-Unis, la Colombie continue d’atteindre des niveaux records de production de cocaïne.

En 2021, la culture de la coca, dont est extraite la drogue, couvrait plus de 204.000 hectares, et la production de chlorhydrate de cocaïne s’élevait à 1.400 tonnes, selon l’ONU.

Drogue : cannabis, cocaïne…

5 chiffres sur le trafic de stupéfiants en 2023

La France compte 5 millions d’utilisateurs réguliers du cannabis et 600 000 pour la cocaïne, la drogue « dure » la plus consommée, loin devant l’héroïne. En 2022, plus de 150 tonnes de produits stupéfiants ont été saisies. Tour d’horizon du trafic de drogue qui pèse près de trois milliards d’euros par an.

  • Mathieu Castagnet, 
Drogue : cannabis, cocaïne… 5 chiffres sur le trafic de stupéfiants en 2023
Le trafic de la drogue représente un marché de près de 3 milliards d’euros en France. Près de 5 millions de personnes consommeraient du cannabis régulièrement, dont 850 000 de façon quotidienne.

Photo d’illustration.GURUXOX / STOCK.ADOBE.COM

Même si le trafic de drogue figure officiellement dans les chiffres du Produit intérieur brut, l’activité demeure évidemment illégale, opaque, discrète. Pourtant, de nombreuses études ou évaluations permettent de mieux cerner le poids des drogues en France.

► Un marché à 2,7 milliards d’euros

Pour répondre au besoin d’harmonisation entre les statistiques des différents pays, l’Insee s’est résolu en 2018 à prendre en compte le trafic de drogue dans le calcul du Produit intérieur brut (PIB). Dans les comptes nationaux, cette activité pèse 2,7 milliards d’euros, ce qui « correspond au total de la consommation de drogue (3,1 milliards d’euros) minoré des importations (0,4 milliard)

Pour aboutir à ce chiffre, qui n’a plus été révisé depuis 4 ans, l’Insee a appliqué la même rigueur que pour les autres secteurs. Elle a donc estimé le montant de transactions sur les différentes drogues, mais aussi pris en compte « les heures travaillées par les trafiquants » soit « un peu plus de 30 millions d’heures » par an.

► 5 millions d’usagers du cannabis

La France compte 5 millions d’usagers du cannabis, c’est-à-dire de personnes ayant consommé le produit au moins une fois dans l’année, selon le rapport 2022 de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT). Parmi eux, environ 1,3 million sont des consommateurs réguliers (plus de dix fois par mois) et 850 000 sont même des utilisateurs quotidiens.

Parmi les drogues illégales, la cocaïne arrive en seconde position. Environ 600 000 personnes consommeraient de la « coke » au moins une fois dans l’année. Les drogues de synthèses, comme la MDMA ou l’ecstasy compteraient environ 400 000 usagers dans l’année.

► 150 000 amendes pour les consommateurs

La simple consommation de drogue reste un délit en France. Mais, depuis 2019, celui-ci peut faire l’objet d’une amende délictuelle forfaitaire (ADF) de 200 € plutôt que d’une poursuite devant le tribunal. Une procédure en plein essor.

Selon le dernier bilan de l’Office antistupéfiant de la police, présenté le 1er mars 2023, 143 447 amendes forfaitaires pour usage de stupéfiant ont été dressées en 2022 par les forces de l’ordre. Une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année précédente. Les départements où les AFD ont été les plus nombreuses en 2022 sont les Bouches-du-Rhône, Paris, la Seine-Saint-Denis, le Rhône et le Nord.

► Plus de 150 tonnes saisies

En 2022, les gendarmes, policiers et douaniers ont saisi plus de tonnes de produits stupéfiants. L’essentiel des prises concerne évidemment le cannabis. En 2022, pour la première fois, les saisies ont dépassé le seuil des 125 tonnes pour atteindre 128,6 tonnes. Les forces de l’ordre ont trouvé deux fois plus de résine de cannabis (plus de 87 tonnes au total) que d’herbe (41 tonnes).

En ce qui concerne les autres drogues, les saisies ont également augmenté l’année dernière. C’est le cas pour la cocaïne (27,7 tonnes en 2022) comme pour l’héroïne (1,4 tonne). Les prises en matière de drogues de synthèses sont également en forte hausse avec 273 kg d’amphétamines et méthamphétamines et plus de 1,5 million de comprimés d’ecstasy et de MDMA.

► 8 € pour un gramme de cannabis, 65 € pour la cocaïne

La résine de cannabis se négocie à la vente à environ 8 € le gramme et l’herbe à 10 € le gramme, selon les chiffres de l’OFDT et ceux du ministère de l’intérieur. Des prix qui n’auraient pas connu d’inflation entre 2021 et 2022.

La cocaïne est beaucoup plus chère, avec un prix de 65 € le gramme. Un gramme d’héroïne se négocie autour de 30 € et un comprimé d’ecstasy 10 €. Un gramme de méthamphétamine se négocie en moyenne à 28 € contre 10 € pour l’amphétamine.

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Comment l’alcool affecte-t-il le cerveau

Quelles sont les boissons les plus susceptibles de provoquer une gueule de bois ?

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 12 mai 2023  Thomas Martinetti

Bien que les experts mettent souvent en garde contre les effets néfastes de la consommation d’alcool, l’expérience nous montre que, surtout pendant l’Avent, peu d’entre nous l’évitent. « L’alcool est une drogue sale qui n’affecte pas seulement notre cerveau », explique Emily Palmer, chercheuse à l’Imperial College de Londres.

« La gueule de bois est un phénomène causé par une série de changements biochimiques et neurochimiques. Elle n’affecte pas seulement le foie et le cerveau, mais presque tous les organes. Après le premier verre, un neurotransmetteur appelé acide gamma-aminobutyrique – ou gaba – est libéré dans le cerveau », explique au Guardian Rayyan Zafar, neuropsychopharmacologue à l’Imperial College de Londres et chercheur à l’organisation caritative Drug Science.

« Le Gaba ralentit ensuite le cerveau, en agissant sur les récepteurs du cortex, en particulier les parties impliquées dans les processus de pensée et de contrôle. Le Gaba réduit en fait la capacité des cellules nerveuses à envoyer et à recevoir des messages chimiques dans le système nerveux central. C’est pourquoi vous vous sentez détendu entre le premier et le troisième verre », explique Zafar.

En même temps, il y a une poussée de dopamine. « En continuant à boire, l’alcool se lie aux récepteurs du glutamate dans le cerveau, qui sont importants pour la formation de la mémoire. Leur activité électrique est supprimée, ce qui a pour effet de bloquer les souvenirs », explique M. Zafar.

L’alcool passe ensuite du cortex cérébral, qui contrôle le comportement, au cervelet, responsable des mouvements, de la coordination motrice et de l’équilibre.

Ensuite, l’intoxication par l’alcool touche la moelle en plein milieu du cerveau. Celle-ci contrôle les systèmes autonomes, notamment le rythme cardiaque, la respiration et la pression artérielle. « Le cerveau s’arrête tout simplement », explique Zafar.

Table des matières

Les conséquences

Le foie excrète environ une unité d’alcool par heure, puis la gueule de bois s’installe. Elle peut s’accompagner de vomissements, une tactique de survie qui a évolué pour expulser les substances nocives de l’organisme.

« L’alcool est métabolisé par l’enzyme alcool déshydrogénase (ADH) qui, en décomposant l’éthanol, produit de l’acétaldéhyde, un poison et un agent cancérigène. Lorsque le taux d’alcoolémie atteint zéro, les symptômes de la gueule de bois sont généralement les plus graves car, à ce moment-là, tout l’alcool a été converti en acétaldéhyde, ce qui modifie le fonctionnement de l’ADN », explique M. Zafar.

L’alcool endommage également l’ADN des mitochondries. Les mitochondries sont les machines productrices d’énergie dans nos cellules, et même un léger dommage peut entraîner une toxicité dans le cerveau.

« Si vous buvez régulièrement, cela peut entraîner un déclin cognitif et une perte de mémoire précoce », ajoute l’expert.

L’alcool supprime également la libération de vasopressine, une hormone qui ordonne aux reins de retenir les liquides, ce qui entraîne une miction excessive. La déshydratation qui en résulte peut entraîner une sensation de soif, de fatigue et de maux de tête.

La gueule de bois s’aggrave-t-elle avec l’âge ?

Le métabolisme est un terme que l’on associe à la digestion des aliments, mais il décrit en fait tous les processus chimiques qui se déroulent dans l’organisme. « Avec l’âge, le métabolisme ralentit, si bien que même se remettre d’une gueule de bois prend plus de temps », explique M. Zafar.

Palmer suggère que la gueule de bois peut également être influencée par le type d’alcool consommé. « Les congénères que l’on trouve dans les boissons plus foncées sont un sous-produit du processus de fermentation. Il s’agit de molécules organiques complexes aux effets toxiques, dont l’acétone, l’acétaldéhyde, l’huile de fusil, les tanins et le furfural. Le whisky, par exemple, contient 37 fois plus de congénères que la vodka, et des études montrent que les boissons contenant davantage de congénères provoquent une pire gueule de bois », explique M. Palmer.

Comment prévenir la gueule de bois ?

Le conseil le plus simple est de boire moins. Mais si ce conseil ne vous satisfait pas, les conseils suivants peuvent vous aider.

Si vous voulez boire un alcool fort, optez pour un long drink avec beaucoup de glace pour diluer l’alcool. Cela permet également à la boisson de durer plus longtemps que les boissons courtes ou les shots.

Évitez les boissons foncées comme le vin rouge ou le whisky, car elles contiennent plus de congénères que les boissons claires comme la vodka ou le gin.

Les œufs contiennent un acide aminé, la cystéine, qui ralentit le métabolisme de l’alcool.

Puis-je guérir d’une gueule de bois ?

Malheureusement, non. Selon des scientifiques du King’s College de Londres, il n’existe aucune preuve concluante de l’efficacité des prétendus remèdes contre la gueule de bois.

Leur récente étude a évalué l’extrait de clou de girofle, le ginseng rouge, le jus de poire coréenne et d’autres remèdes supposés contre la gueule de bois et a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves de haute qualité pour chacun d’entre eux.

L’ibuprofène peut toutefois aider à réduire l’inflammation et la réhydratation avec des boissons isotoniques telles que les boissons pour sportifs permet de remplacer les liquides et les ions perdus et peut apporter un certain soulagement.

Thomas Martinetti*

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Un tiers des cas de schizophrénie sont provoqués par le cannabis selon une importante étude danoise

D’après une vaste étude danoise, près de 30 % des cas de schizophrénie chez les jeunes hommes auraient pu être évités en l’absence de consommation intensive de cannabis. Mais ces travaux ne devraient pas clore le débat scientifique sur le lien réel entre cette pathologie psychiatrique chronique et l’usage de ce stupéfiant.

Valentin BECHU.Publié le 08/05/2023 

À la suite d’un voyage de 1836 à 1840 en Europe et en Orient, le médecin Jacques Joseph Moreau de Tours découvre les effets du cannabis et décide de créer un club à Paris pour en consommer avec des amis. Balzac, Baudelaire, Nerval, Delacroix ou encore Dumas fréquenteront le Club des Haschischins. Mais le but n’est pas seulement récréatif, il étudie aussi les effets et rapport de manière critique l’aliénation mentale générée par l’absorbation de haschisch.

Près de deux siècles plus tard, le lien possible entre la consommation de cannabis et la schizophrénie continue de faire l’objet de recherches poussées. Une étude publiée le 4 mai 2023 dans la revue Psychological Medicine fournit de nouvelles preuves que la consommation intensive de cannabis peut conduire à la schizophrénie, en particulier chez les jeunes hommes.

Une association très forte chez les jeunes hommes

Pour ces travaux, des scientifiques des services de santé mentale du Danemark et du National Institute on Drug Abuse (NIDA) ont analysé les dossiers médicaux de près de 7 millions de Danois âgés de 16 à 49 ans entre 1972 et 2021. L’objectif a été d’estimer la proportion des cas de schizophrénie pouvant être liée à un trouble dû à la consommation de cannabis au niveau de la population globale.

Les chercheurs ont observé une association entre les troubles liés à la consommation de cannabis et la schizophrénie chez les hommes et les femmes, bien que l’association soit beaucoup plus forte chez les jeunes hommes. À l’aide de modèles statistiques, les auteurs de l’étude ont estimé que jusqu’à 30 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 21 à 30 ans auraient pu être évités.

Une proportion qui tombe à 15 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 16 à 49 ans, et à 4 % chez les femmes âgées de 16 à 49 ans. « Nous avons constaté que la proportion de cas de schizophrénie attribuables à un trouble lié à la consommation de cannabis, et ceux qui auraient pu être évités, était beaucoup plus élevée chez les hommes que chez les femmes et, en particulier, chez les hommes plus jeunes chez qui le cerveau est encore en cours de maturation », conclut Carsten Hjorthøj, auteur principal de l’étude

Un débat persistant dans la communauté scientifique

Ce lien entre schizophrénie et cannabis avait déjà été conclu par une équipe de chercheurs finlandais, dont les travaux viennent d’être publiés au mois d’avril 2018 dans la revue British Journal of Psychiatry. Mais l’étude danoise est certainement la plus grande enquête épidémiologique réalisée à ce jour sur le sujet.

L’étude épidémiologique danoise n’offre pas de preuve irréfutable du lien cannabis-schizophrénie, qui ne pourrait être accomplie que par des essais contrôlés randomisés. D’autres chercheurs, comme le médiatique Carl L. Hart de l’Université de Columbia et Charles Ksir de l’Université du Wyoming, ont avancé dans une revue systématique publiée en 2016 que la forte consommation de cannabis fait partie d’un ensemble de comportements problématiques qui se manifestent chez les jeunes susceptibles d’être vulnérables à la schizophrénie, mais n’était pas la cause de cette dernière.

Des études ultérieures devront encore déterminer si le cannabis est un facteur de risque à lui seul, ou si ce facteur de risque vient s’ajouter à une vulnérabilité pré-existante. « Dans tous les cas, ces résultats militent pour une approche de prévention et d’éducation de tous les adolescents vis-à-vis des risques associés à l’usage de cannabis dans cette période charnière de constitution du cerveau », soulignait dans Ouest-France Paul Brunault, psychiatre et addictologue, chercheur à l’unité Brain & Imaging, Université de Tours, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La schizophrénie toucherait environ 0,7 à 1 % de la population mondiale, et environ 600 000 personnes en France, selon l’Inserm.

Source Ouest France

Le vapotage en Australie

Le ministre australien de la Santé a annoncé mardi des mesures strictes pour limiter le vapotage, accusant l’industrie du tabac de vouloir rendre les adolescents de la prochaine « génération accros à la nicotine ».

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