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Mois

juin 2023

« Un président ne devrait pas boire comme cela »


Buvant « cul sec », il met en bière le conseil de modération.

Pr. Jean Costentin

Broutilles et billevesées détournent l’attention de l’essentiel. Pourtant, comme elles enflamment la médiasphère et que le sujet s’inscrit dans nos préoccupations soyons excusés de nous y arrêter.
Dans les vestiaires, à l’issue du match de rugby Toulouse-La Rochelle, le Président de la
République, tout à l’ambiance du moment, s’est enfilé, d’un seul trait, « et glou, et glou, et glou »
une bouteille entière de bière.
Arrêt sur cette vidéo, en nous gardant d’être pisse froid ou néphalien.

  • N’était-ce pas une bière sans alcool, type Tourtel ou Bruckner, i.e. avec un degré alcoolique inférieur à 1°5 ?
  • Son degré alcoolique était-il voisin de 5°5, devenu l’étiage pour les bières du commerce, que des crues régulières envolent vers des titres extravagants (la Rochefort 10, est à 11°3)
  • S’agissait-il d’un demi (250 mL) ou d’une bouteille de 33 cL ?
  • Après tant de gaz ingérés a t’il roté d’abondance comme Dupont accoudé au zinc ?
    Trêve de prosaïsme, ce comportement ostentatoire, d’un être doué et premier représentant de l’Etat, rodé depuis 6 ans aux vicissitudes de sa fonction et sachant aligner ses comportements au cordeau de la bienséance, vaut d’être analysé.

  • Cette démonstration met à mal le concept qu’on s’applique à promouvoir, que la fête et l’ivresse alcoolique n’ont pas inéluctablement partie liée.
    Ce « cul sec » peut être assimilé à une apologie du « binge drinking », de cette « biture expresse », qui se répand dans la jeune génération, avec ses divers risques associés.
  • Dans le dictionnaire des synonymes on trouve les expressions « boire à plein gosier, à tire-larigot, au goulot, comme un grenadier, comme un plant de courge, comme un polonais, comme un pompier, comme un sonneur, comme un suisse, comme un templier, comme un tonneau, comme un trou, comme un troupier, comme une éponge ».
  • Ce « dico » devra t il s’enrichir de l’expression « comme un Président ».
    Cette ingurgitation ne permet ni de goûter, ni d’apprécier ce que l’on boit ; elle a pour unique objet une ascension brutale de l’alcoolémie, sorte de « shoot », pour un abaissement subit de l’écluse dopaminergique du noyau accumbens (pour l’exprimer en des termes neurobiologiques).
  • Ainsi, dans ses fonctions de représentation, d’exemplarité, nous ne pouvons que déplorer cette séquence peu présidentielle.
    La psychanalyse (habituée à dire tant de choses sur des riens) dépasse l’auteur de ce billet, autant que les roueries politiciennes, aussi se contentera-t-il de conclure, en détournant le titre du livre de G. Davet et F. Lhomme qui concernait F. Hollande : « un Président ne devrait pas boire ostensiblement comme cela ».
    « Le bonheur, c’est le plaisir sans remord » disait Socrate
    A votre bonne santé monsieur le président, à celle des rugbymen; et passons vite à autre
    chose.

Alcool : pourquoi la nouvelle loi irlandaise inquiète les fabricants…

Par Claire Lemaitre

En devenant le premier pays au monde à introduire un étiquetage sanitaire complet pour les produits alcoolisés, le pays suscite la controverse.

Alcool : pourquoi la nouvelle loi irlandaise inquiète les fabricants...
Crédit photo © Sipa

L ‘Irlande met le paquet contre la consommation abusive d’alcool ! Le pays a voté le mois dernier une loi qui inquiète particulièrement les fabricants, puisqu’elle leur impose d’indiquer les risques de cancer et de maladie du foie notamment sur les étiquettes de bouteilles de vin, de bière et d’autres spiritueux, à l’image de ce qui se fait déjà sur les paquets de cigarettes, images choc à l’appui !

A partir de 2026, cette mise en garde, qui fera état aussi des dangers pour les femmes pendant une grossesse, devra être inscrite en grandes lettres rouges sur toutes les bouteilles commercialisées dans le pays.

La Commission européenne a évalué au mois de février cette nouvelle législation et n’a pas soulevé d’objection, les objectifs de santé publique justifiant cette décision à ses yeux. Elle n’a par ailleurs pas jugé que l’impact serait significatif pour le marché européen. Mais ce n’est pas l’avis de neuf pays, dont la France, l’Italie et l’Espagne qui ont envoyé une lettre à Bruxelles au mois de février, lui demandant de vérifier la légalité de la loi irlandaise…

Pays pionnier

De leur côté, les États-Unis et le Mexique ont fait part de leurs préoccupations en amont des réunions du comité de l’Organisation mondiale du commerce programmées cette semaine. L’Argentine, l’Australie, le Chili, Cuba et la Nouvelle-Zélande ont également émis des réserves sur la loi.

L’Irlande a la réputation d’être un pionnier en matière de santé. En 2004, le pays était devenu le premier à interdire de fumer dans lieux de travail, les bars et les restaurants. La décision, qui avait été très controversée à l’époque, a pourtant été suivie ensuite dans toute l’Europe et dans de nombreux autres pays…

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« Le problème du cannabis c’est qu’il occasionne des troubles mentaux »

Othman NASROU, Vice-président de la Région Île-de-France, premier secrétaire général délégué Les Républicains est l’un des invités de #CCeSoir du lundi 19 juin 2023.

Réduction des dommages associés à la consommation d’alcool 

Voir passer un bateau … et passer de la cocaïne ?

La ville de La Tremblade (Charente Maritime) participe régulièrement à la manifestation du « Printemps des poètes ». En 2019 elle a mis en place dans quinze lieux de la ville, des textes dont le thème se rapportait au lieu de leur implantation et elle a obtenu, cette année-là, le label « Ville en Poésie’ décerné par le Centre National de la Poésie.

La Tremblade étant dotée d’un port sur la Seudre qui rejoint l’Atlantique, elle avait érigée à l’embarcadère de la Grève un large panneau présentant une chanson de 1972 intitulée « Quand je vois passer un bateau ». Celle-ci a été crée par Guy Botempelli, auteur-compositeur interprète français.

Ce panneau est toujours présent.

Rêver de détente et d’évasion en voyant naviguer des bateaux, c’est arrivé à beaucoup. Les lecteurs apprécieront, ou non, les idées évoquées par l’auteur pour se distraire.

La littérature et les arts ne sont pas exempts de descriptions et d’images concernant des pratiques condamnées par la loi ; ce n’est pas nouveau. Mais ici, le rêve de trafic de drogue fait l’objet d’un affichage public par une municipallité, dans un lieu très fréquenté par les habitants locaux et par des touristes, dont des enfants. Cela interpelle ! Et cela n’a pas dérangé ceux qui ont décerné un prix à la ville ; c’est choquant !

Dr Joëlle Guilhot. Biostatisticienne, Docteur ès Sciences de l’Université de Poitiers.Membre de « France Intergroupe de la Leucémie Myéloïde Chronique » (FI-LMC), – de l’ « European Leukemia Net » (ELN),de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Agen,du « Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches en Toxicomanie » (CNPERT).


L’Observatoire européen des drogues s’inquiète de l’explosion des produits de synthèse


Par Coline Garré – Publié le 19/06/2023


Crédit photo : Phanie Voisin
«Everywhere, everything, everyone » (partout, tout, tous) : ainsi Alexis Goosdeel, directeur de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA), qualifie-t-il la disponibilité des drogues en Europe. Le rapport annuel 2023 sonne l’alerte sur les risques sanitaires engendrés. 

« Les drogues illicites classiques sont désormais largement accessibles tandis que de nouvelles substances à forte teneur en principe actif continuent d’apparaître », sans que les consommateurs sachent toujours ce qu’ils prennent, analyse-t-il.

En 2022, 41 nouvelles drogues ont été signalées pour la première fois via le système d’alerte précoce de l’UE, portant le nombre total de nouvelles substances psychoactives surveillées par l’EMCDDA à 930.Des essais médico-légaux et toxicologiques doivent être intensifiés pour détecter les menaces émergentes de ces nouvelles substances, parfois mélangées ou coupées, plaide l’agence européenne.

Pour ce faire, elle met au programme de son nouveau mandat en 2024 la mise en place d’un réseau européen de laboratoires de police scientifique et de toxicologie. Les services d’addictologie et centres de santé doivent aussi être considérés comme des sentinelles pour obtenir des données, en particulier sur les nouveaux modes de consommation, est-il précisé.Alerte sur le HHCAvec 22,6 millions d’usagers (soit 8 % des 15-64 ans), le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée en Europe.

Selon les estimations, 97 000 consommateurs sont entrés en soins pour des problèmes liés à son usage en 2021.Les nouveaux produits qui en sont dérivés acutisent les problèmes de santé en multipliant les risques d’intoxication. Le premier d’entre eux, semi-synthétique, est l’hexahydrocannabinol (HHC), détecté en 2022 dans les deux tiers des États membres, parfois même vendu – dans des boutiques de CBD – comme une alternative « légale » au cannabis à l’étranger, malgré la surveillance accrue dans le cadre du système d’alerte précoce de l’UE.Après l’Autriche, la Belgique, le Danemark, ou le Royaume-Uni, la France, via l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), a décidé son interdiction le 12 juin dernier, estimant qu’il présente « un risque d’abus et de dépendance équivalent » à celui d’un stupéfiant.

Des études précliniques (modèles cellulaires ou animaux) ont montré qu’avec une concentration moindre, le HHC provoquait davantage d’effets que le tétrahydrocannabinol (THC), mais aucune étude clinique n’a été effectuée chez l’homme. Et les addictologues ne savent pas non plus si, une fois dans l’organisme, le HHC se transforme en une molécule plus dangereuse. Au moins une trentaine de cas auraient fini aux urgences après absorption de HHC, selon le réseau d’addictovigilance français.

Des stimulants de plus en plus injectés
En matière de stimulants, la cocaïne est consommée par 3,7 millions de personnes (soit 1,3 % des adultes) et sa disponibilité semble toujours plus grande, comme en témoignent des saisies records en 2021 (303 tonnes) et 2022 dans les ports européens, ainsi que la multiplication des laboratoires (34 démantelés en 2021 contre 23 en 2020).

Il s’agissait de la substance la plus fréquemment associée à des passages aux urgences pour intoxication aiguë en 2021, mentionnée dans 27 % des cas. « L’injection de cocaïne et l’usage de crack sont de plus en plus courants au sein de groupes marginalisés de certains pays, raison pour laquelle il est nécessaire d’intensifier les mesures de réduction des risques », est-il précisé.Par ailleurs, les stimulants synthétiques sont en plein essor : après l’amphétamine, la méthamphétamine et les cathinones de synthèse posent de plus en plus problème.

En outre, les stimulants sont désormais plus souvent injectés, parfois en combinaison avec de l’héroïne ou d’autres opioïdes, ce qui suppose d’adapter les interventions de réduction des risques.

Inquiétude sur les opioïdes de synthèseEnviron un million d’Européens ont par ailleurs consommé des opioïdes en 2021, selon l’EMCDDA. L’héroïne reste le produit illicite le plus couramment consommé et sa disponibilité est élevée ; la quantité saisie par les États membres a plus que doublé en 2021 pour atteindre 9,5 tonnes, et même 22,2 tonnes en Turquie.

Avec l’interdiction de la culture du pavot à opium en 2022 en Afghanistan, principal producteur d’héroïne, les observateurs s’inquiètent d’une augmentation de l’offre d’opioïdes de synthèse, à forte teneur en principe actif, en particulière du benzimidazole (nitazène).

Même s’ils ne sont pas aussi répandus qu’en Amérique du Nord, les nouveaux opioïdes de synthèse (auxquels il faut ajouter les produits dérivés du fentanyl) sont associés à une augmentation du nombre de décès par surdose dans les pays baltes ou en Estonie, notamment en raison de mélanges contenant une benzodiazépine et de la xylazine, un sédatif pour animaux (dits « benzodope » et « tranq-dope »).

Vigilance sur les substances détournées
Le rapport alerte enfin sur les risques sanitaires liés à des substances détournées à des fins récréatives, comme la kétamine, cet anesthésique et analgésique qui est sniffé ou ajouté à d’autres mélanges de drogues, en particulier les poudres et comprimés de MDMA et le protoxyde d’azote (« gaz hilarant »).

Sans nier les pistes prometteuses que représentent les psychédéliques dans le domaine de la santé mentale, l’Observatoire des drogues craint que leur médiatisation n’encourage un recours expérimental, hors cadre médical, mettant en danger les plus vulnérables. 

Aussi insiste-t-il sur l’importance de mieux comprendre les mécanismes d’action des substances les moins communes et contrôlées et leurs conséquences sur la santé publique.

L’alcool, principale arme des dirigeants russes pour combattre… le stress

Alors que la contre-offensive se poursuit sur le terrain et que le ministre russe de la Défense réclame des chars et des armes, les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de mettre un terme à cette guerre qui impacte la planète entière.

Et si Moscou n’hésite pas à clamer haut et fort que certaines propositions pourraient être recevables, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pour sa part rejeté l’offre de médiation qui lui était présentée par une délégation de présidents africains, dénonçant une «tromperie» de Moscou en pleine contre-offensive des forces ukrainiennes.

Le président sud-africain, Cyril Ramphosa, ami de Poutine qui n’a jamais coupé les ponts avec le maître du Kremlin, est en effet l’un des leaders de cette troïka africaine. Une délégation qui rencontre ce samedi à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie) Vladimir Poutine.

L’ancienne capitale impériale qui, hier vendredi, a été le théâtre d’une sortie virulente de Poutine contre Zelenky, le président russe n’a pas hésité à traiter son homologue ukrainien de “honte pour le peuple juif”. Une attaque qui a suscité de nombreuses réactions dont celle de nos confrères du Kyiv Post qui ont rappelé que le prestigieux journal israélien Le poste de Jérusalem avait placé, en septembre 2022, Zelensky parmi les 50 juifs les plus influents. L’illustration de la première page est dédiée au président ukrainien.—

En Russie, un enquête du média indépendant russe Verstka parler d’elle. Il met en lumière les habitudes de consommation d’alcool des responsables gouvernementaux russes. Selon les témoignages recueillis, le stress lié à la situation de plus en plus compliquée en Russie aurait poussé de nombreuses personnes à se réfugier dans l’alcool et ses effets enivrants. 

Aujourd’hui plus que jamais, les employés de l’administration présidentielle commencent leur journée avec un verre de vodka. Certains en boivent même une bouteille au petit-déjeuner.», a précisé l’une des sources de l’enquête.

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Cannabis : la France à contre-courant de l’Observatoire européen des drogues

Par : Clara Bauer-Babef | EURACTIV France×

 16 juin 2023 

Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée au sein de l’UE, selon le dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie (EMCDDA), publié vendredi 16 juin.  [Media Lens King/Shutterstock]    

Alors qu’un nouveau rapport européen pointe la nécessité de davantage communiquer sur les risques liés à la consommation de cannabis, la France préfère continuer à mener une politique de répression sévère.  

Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée au sein de l’UE, selon le dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie (EMCDDA), publié vendredi 16 juin. 

L’EMCDDA estime qu’en Europe, 8 % des 25-64 ans, soit 22,5 millions de personnes, ont consommé du cannabis en 2022. De plus, la disponibilité du cannabis semble s’accroître puisque les quantités de résine et d’herbe saisies dans l’UE en 2021 ont atteint leur niveau le plus élevé depuis une décennie. 

Le rapport souligne la nécessité de mettre en place des stratégies de communication efficaces sur les risques afin d’informer les consommateurs « sur les effets indésirables sur la santé liés aux nouvelles substances, aux interactions entre drogues et aux produits à forte teneur en principe actif ». 

Des recommandations dont la France semble faire fi, préférant mener une politique répressive sévère : la majorité des moyens de l’État sont utilisés pour la répression plutôt que pour la prévention, selon le maire écologiste de Bègles, en Gironde, Clément Rossignol-Puech. 

Pourtant, la France est le deuxième pays européen en matière de consommation de cannabis. 

44,8 % des Français entre 15 et 64 ans ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie, selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publié en septembre 2021. 

À titre d’exemple, ce chiffre est de 37,5% pour l’Espagne et 38,4% pour le Danemark. Aux Pays-Bas, où le cannabis est en vente libre, le chiffre est de 27,7%. 

Selon Caroline Janvier, députée Renaissance du Loiret, « la politique publique sur le cannabis en France est inefficace ». 

La députée est également rapporteure de la mission d’information sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis et son constat est clair : « Il faut aller vers une légalisation encadrée où l’État contrôle la fabrication, la transformation du produit et le taux de THC », explique-t-elle à EURACTIV France. 

Même son de cloche pour Clément Rossignol-Puech, qui souhaite expérimenter la légalisation du cannabis à l’échelle de sa ville. 

« Les gens doivent savoir ce qu’ils consomment. Lorsqu’on encadre, la consommation est mieux gérée et elle diminue », déclare le maire dans un entretien accordé à EURACTIV France. 

M. Rossignol-Puech dit avoir affaire à des familles désemparées à des jeunes qui consomment du cannabis très tôt, souvent dès le collège. Alors que le cannabis présente un risque accru pour les moins de 25 ans, car le cerveau n’est pas encore totalement développé, « il faut des messages dirigés vers les jeunes comme pour le tabac », martèle-t-il. 

Légalisation du cannabis : la France va suivre « de près » le projet de loi allemand

Alors que l’Allemagne s’engage sur la voie de la légalisation du cannabis récréatif dès 2024, le gouvernement français entend surveiller étroitement l’évolution du cadre législatif de son voisin européen.

Des pays européens sur la voie de la légalisation

Au sein de l’UE, un vent de progressisme semble souffler depuis plusieurs années sur les politiques publiques du cannabis. Le Portugal a dépénalisé toutes les drogues depuis 2001 et « la consommation de cannabis au Portugal est trois fois inférieure à celle de la France », constate Mme Janvier.

Malte fait aussi souvent office d’exemple puisque depuis 2021, l’île ayant totalement légalisé la consommation de cannabis pour toute personne âgée de 18 ans ou plus. 

Plus récemment, l’Allemagne a annoncé vouloir ouvrir la voie à une légalisation totale du cannabis dès 2024. Selon le ministre allemand de la Santé Karl Lauterbach, la future loi permettrait d’ »assurer une meilleure protection des enfants et des jeunes, mais aussi une meilleure protection de la santé »

Mais chaque pays européen mène sa propre politique sur le cannabis, l’UE n’ayant pas de compétences sur le sujet, rappelle à EURACTIV l’eurodéputé David Cormand (Les Verts/ALE). 

Seule une résolution du Parlement européen adoptée en 2019 appelle à des règles européennes sur le cannabis thérapeutique et récréatif, mais la résolution n’est pas contraignante et exprime seulement un point de vue. 

« Des règles juridiques aideraient à contrôler les points de vente et limiteraient le recours au marché noir. Elles aideraient également à prévenir l’abus de substances et l’addiction parmi les mineurs et les groupes vulnérables », peut-on lire dans la résolution. 

« C’est une question de santé publique, il est difficile de traiter la dépendance et les conduites addictives liées au cannabis si sa consommation est illégale », note M. Cormand, alors qu’en Europe, 97 000 usagers sont entrés en soins pour des problèmes liés à un usage de cannabis en 2021.

« Les toxicomanes sont considérés comme des criminels avant d’être des malades », appuie Mme Janvier. 

Mais en France, la législation ne semble pas prête d’avancer. Valérie Saintoyant, déléguée de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), avait estimé en janvier dernier que la légalisation du cannabis en Europe était loin d’être une « réussite ». 

Cannabis : sa légalisation en Europe est loin d’être une « réussite », estime le gouvernement français

La dépénalisation du cannabis dans certains pays européens ne convainc pas la France. La déléguée ministérielle Valérie Saintoyant a réitéré la position, fermement contre, du gouvernement, lors d’une audition au Sénat mercredi.

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Cannabis, cocaïne, héroïne … les drogues seraient toujours plus faciles d’accès en Europe

Un rapport s’inquiète cette année de l’impact des dérivés du cannabis sur la santé publique.

Publié le 16-06-2023

FILE - European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction Director Alexis Goosdeel addresses the media on the EU Drug Markets Report at EU Commission headquarters in Brussels on Tuesday, April 5, 2016. New harmful illicit drugs are inundating a flourishing market for traffickers amid violence and corruption hurting local communities across Europe, the EU's agency monitoring drugs and addiction said Friday, June 16, 2023 in a grim annual report. In 2022, 41 news drugs were reported for the first time by the agency. “I summarize this with the phrase: ”Everywhere, Everything, Everyone,” said the EMCDDA director, Alexis Goosdeel.(AP Photo/Geert Vanden Wijngaert, File)
Cannabis, cocaïne, héroïne … les drogues seraient toujours plus faciles d’accès en Europe ©Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved.

Cannabis, cocaïne, héroïne, mais aussi 41 nouvelles substances enregistrées… L’éventail et la disponibilité des drogues continue de s’élargir en Europe, tout comme leur production, prévient vendredi l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) dans son rapport annuel.

« Je résumerai cette situation ainsi: Everywhere, Everything, Everyone (Partout, tout, tous, NDLR). Les drogues illicites classiques sont désormais largement accessibles tandis que de nouvelles substances à forte teneur en principe actif continuent d’apparaître », analyse Alexis Goosdeel, le directeur de l’observatoire, cité dans un communiqué.

Le Belge insiste notamment sur la nécessité de renforcer les capacités d’analyse médico-légale et toxicologique et les campagnes de sensibilisation.

Le rapport s’inquiète de la large gamme de substances psychoactives disponibles, qui présentent souvent une teneur en principe actif et une pureté élevées.

Comme depuis plusieurs années, la cocaïne produite en Amérique du Sud déferle toujours plus sur le Vieux continent, arrivant en grandes quantités par ses ports dissimulée dans des conteneurs maritimes, avec un total de 303 tonnes saisies en 2021.

Les données préliminaires montrent qu’en 2021, une quantité record de 303 tonnes de cocaïne a été saisie par les États membres de l’UE. La Belgique (96 tonnes), les Pays-Bas (72 tonnes), qui possèdent avec Anvers et Rotterdam les deux plus grands ports maritimes d’Europe, contribuaient pour près de 75 % de la quantité totale saisie.

Les données suggèrent que les groupes criminels organisés ciblent également davantage de plus petits ports situés dans d’autres pays de l’UE, ainsi que dans les pays limitrophes, souligne l’observatoire.

De l’avis-même des autorités, seule une infime partie du volume de la cocaïne importée en Europe est saisie par les forces de l’ordre.

Le rapport de l’EMCDDA s’alarme aussi de l’apparition d’ateliers de fabrication de cocaïne sur le territoire européen: 34 laboratoires y ont été démantelés en 2021 (contre 23 en 2020).

La cocaïne est le stimulant illicite le plus plébiscité en Europe, consommée par 3,7 millions d’adultes (15-64 ans) l’an dernier.

Elle reste loin derrière le cannabis, la première drogue consommée par plus de 22 millions d’adultes européens en 2022.

Le rapport s’inquiète cette année de l’impact des dérivés du cannabis sur la santé publique.

C’est le cas de l’hexahydrocannabinol (HHC), que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a classé cette semaine sur la liste des produits stupéfiants et interdit à la vente en France.

Le HHC est devenu le premier cannabinoïde semi-synthétique signalé dans l’UE: il a été détecté dans les deux tiers de ses Etats membres et il est vendu dans certains pays de l’UE comme une alternative « légale » au cannabis.

Environ un million d’Européens ont par ailleurs consommé des opioïdes en 2021, selon l’EMCDDA. L’héroïne reste l’opioïde illicite le plus couramment consommé et sa disponibilité est élevée.

Les quantités d’héroïne saisies ont plus que doublé en 2021 pour atteindre 9,5 tonnes dans l’UE, ainsi qu’un record de 22,2 tonnes dans la seule Turquie. La quasi-totalité de l’héroïne consommée en Europe provient d’Afghanistan, où les talibans ont annoncé l’interdiction de la culture du pavot à opium en avril 2022.

La guerre en Ukraine a perturbé la logistique de l’héroïne, qui rejoint l’Europe via l’Asie centrale, le Caucase et la mer Noire. Sa disponibilité en Ukraine a ainsi diminué, et favorisé l’utilisation de nouvelles routes.

Contrairement à l’Amérique du Nord, les nouveaux opioïdes de synthèse (par exemple les produits dérivés du fentanyl et les nitazènes) jouent encore un rôle relativement faible sur l’ensemble du marché européen des drogues, bien qu’ils constituent déjà un problème important dans certains pays.

Aux Pays-Bas, les autorités signalent une hausse de la consommation de la kétamine, un anesthésique et analgésique détourné à des fins récréatives, notamment chez les jeunes lors des soirées techno. Les saisies en Europe sont stables depuis plusieurs années (plus d’une tonne).

Le rapport fait également le point sur les nouvelles substances psychoactives (NSP). En 2022, 41 nouvelles drogues ont été signalées pour la première fois sur le Vieux continent, portant le nombre total des nouvelles substances psychoactives surveillées par l’EMCDDA à 930.

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