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Date

11 novembre 2023

Puis-je boire de l’alcool si je prends des médicaments ? Voici la réponse des scientifiques

 par Sharleen McAleavy

L’alcool et certains médicaments ne doivent jamais être mélangés. Mais pourquoi ?

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L’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION.

On entend souvent dire « Ne mélangez pas ce médicament avec de l’alcool », car le mélange peut créer des effets potentiellement dangereux. Selon le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, deux scénarios sont possibles : le mélange peut modifier l’efficacité de votre médicament ou la façon dont vous ressentez les effets de l’alcool.

L’alcool peut modifier la façon dont les médicaments sont absorbés dans le tube digestif. En outre, il peut également augmenter la concentration du médicament dans le sang, ce qui peut accroître ses effets ou atteindre des niveaux toxiques, ce qui est particulièrement vrai pour les buveurs quotidiens à qui l’on prescrit des médicaments pour un usage quotidien. Voici quelques médicaments que vous devriez éviter de mélanger avec de l’alcool.

Le traitement des TDAH

Les stimulants s’opposent directement aux sédatifs. Il peut donc être extrêmement difficile d’évaluer l’ampleur de l’effet de l’un ou de l’autre lorsqu’ils sont consommés ensemble. Cela signifie qu’il peut être facile de sous-estimer la quantité consommée, ce qui la rend extrêmement dangereuse car elle peut provoquer des crises et, dans le pire des cas, des overdoses.

Cette combinaison est également dangereuse car elle peut faciliter l’apparition de troubles liés à la consommation de médicaments, étant donné que la consommation simultanée de ces substances « s’équilibre », ce qui augmente les risques de devenir accro.

Médicaments contre l’anxiété (benzodiazépines)

Les benzodiazépines sont parmi les sédatifs les plus utilisés dans le domaine psychiatrique et sont parmi ceux dont l’abus est le plus fréquent. Les anxiolytiques peuvent avoir des effets secondaires graves lorsqu’ils sont utilisés à fortes doses ; ils peuvent induire un effet euphorique qui s’accompagne d’un ralentissement de la respiration, d’une altération du contrôle des capacités motrices et, plus dangereusement, d’une altération du jugement.

Lorsque ces substances sont mélangées à de l’alcool, l’altération du jugement de l’usager peut l’amener à surconsommer les deux substances, ce qui peut entraîner des pertes de mémoire et un comportement impulsif et erratique qui, on le sait, conduit de nombreuses personnes à prendre des décisions qu’elles n’auraient jamais prises autrement.

Médicaments contre le rhume et la grippe

Les médicaments contre le rhume et la grippe ont souvent pour effets secondaires possibles la somnolence et les vertiges. Ces effets sont également ceux de l’alcool, ce qui signifie qu’ils sont intensifiés lorsque les deux substances sont consommées simultanément, entraînant des troubles de la concentration, du jugement et de la coordination encore plus importants.

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La drogue s’invite dans les écoles : comment en venir à bout ?

Que la drogue s’invite à l’école est aujourd’hui inévitable. Pourtant, c’est une problématique à laquelle les établissements ont encore du mal à répondre correctement.

un jeune fumant un joint de cannabis

© Adobe Stock

L’école, c’est comme la version “bêta” de notre société. Un lieu d’apprentissage, de relations sociales et de ­premières transgressions. On se ­conforme à certaines normes et valeurs, on déroge à d’autres avec en toile de fond la volonté de se construire et de trouver sa place.

C’est le prototype du “vivre ensemble” pour le dire autrement. Et, de la même façon que toutes les couches sociales consomment de la drogue, de tout temps et qu’elle soit légale ou non, nos enfants y seront un jour ou l’autre confrontés. Pour d’autres raisons, d’ailleurs, qu’un simple enjeu transgressif. À l’adolescence, à l’âge du mal-être et des questionnements, il y a mille et une “raisons” de consommer de la drogue.

En 2022, des deux côtés de la frontière linguis­tique, 545 élèves se sont fait attraper en possession de drogue dans une “institution d’enseignement”, ressort-il des statistiques de la police fédérale. Une donnée policière qui ne recouvre certainement pas l’ensemble du phénomène, puisque d’ordinaire, si P.-V. il y a, c’est qu’un ­établissement a appelé la police.

Ce nombre est globalement constant depuis quelques années, même si entre 2020 et 2021, la pandémie l’a exceptionnellement fait chuter de moitié ­puisque tout le monde restait chez soi.

La réalité de la consommation de stupéfiants dans les établissements scolaires est donc difficile à saisir et les réponses qui y sont apportées par les directions diffèrent d’une école à une autre. La réalité d’un élève n’est pas celle d’un autre, il en va de même pour les “institutions d’enseignement”.

L’image de l’école

Toutes les écoles reconnaissent la présence d’élèves consommateurs de cannabis, paradoxalement cela ne semble pas trop les inquiéter car c’est un phénomène de société face auquel l’école décline toute responsabilité”, note Étienne Hanssens, socio­logue ayant collaboré avec Infor-Drogues, ASBL dont le domaine de spécialisation est dans le nom, dans son rapport rendu en juin 2022.

Mais si les écoles sont si timorées quant à leur intervention, c’est avant tout une question d’image, note-t-il. Des policiers en salle de classe, ça fait mauvais genre spécialement dans les écoles au public plus paupérisé. Qui plus est, ça n’a jamais résolu les problématiques de ­consommation de stupéfiants dans les établissements scolaires, crie et écrit depuis des années Infor-Drogues.

Ça rompt la confiance entre les élèves, les professeurs et la direction. C’est un aveu d’impuissance de l’institution”, explique Fanny Bétermier, responsable communication d’Infor-Drogues. Mais pas seulement. Embarquer un élève devant les copains et les copines, ça le stigmatise.

D’autant plus si l’élève en question est déjà fragilisé socialement ou précarisé, ce qui peut d’ailleurs être un des facteurs de sa consommation. “À Infor-Drogues, on préfère miser sur le soutien de la direction et de l’équipe éducative. Les former à agir au mieux quand ils sont confrontés à un cas et directement aborder ces questions avec les élèves, prendre les décisions nécessaires, qui peuvent passer par la sanction. En somme, aller au-delà du seul “la ­drogue, c’est mal””, poursuit Fanny Bétermier.

On notera qu’à l’inverse, les établissements au profil socio-économique plus élevé font davantage appel à la police, là aussi pour une question d’image. Il s’agit alors de maintenir la posture forte et sécurisante de l’institution et de réaffirmer sa “tolérance zéro” vis-à-vis des stupéfiants. “Cette influence sur l’image de l’école semble l’explication majoritaire pour comprendre la ­persistance des interventions policières malgré les effets négatifs de ces dernières relevés par les articles scientifiques mais aussi par de nombreux acteurs scolaires”, conclut Étienne Hanssens.

Les professeurs connaissent mieux leurs élèves que nous, d’où l’importance de les former correctement à cette problématique. S’il n’y a que la sanction, c’est inefficace”, renchérit Fanny Bétermier. Comprendre avant tout les raisons qui poussent un jeune à consommer des stupéfiants, l’aider et l’accompagner dans ses assuétudes plutôt que sévir, c’est le leitmotiv. Il n’y a pas que le petit joint à la récréation, la consommation ne se limite pas aux horaires de l’école.

Elle se poursuit en dehors, à la maison, dans le quartier. La problématique déborde du milieu scolaire et couvre une réalité sociologique bien plus large. En 2022, 6.138 mineurs étaient ainsi concernés par des faits estampillés “stupéfiants et dopage” au tribunal de la jeunesse.

N’appelez pas la police

Le changement n’est peut-être pas encore pal­pable, du moins dans les chiffres, mais la volonté semble être là, tant du côté de la police que des établissements scolaires, qui font directement appel à Infor-Drogues pour leur intervention sur les addictions en général, nous font savoir des acteurs de terrain. La chargée de communication de l’ASBL n’en doute pas: “Améliorer le contexte de vie de l’élève aura une influence certaine sur sa consommation”.

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