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janvier 2024

Tabac, alcool, cancers… comment la prévention peut faire gagner des mois de vie en plus

Par Marie-Cécile Renault Publié le 19/01/2024

DÉCRYPTAGE – Mieux dépister les cancers et lutter contre les addictions dégagerait un gain de 5 milliards à 16,7 milliards d’euros.

À peine nommée à la tête d’un vaste ministère – allant du Travail à la Santé en passant par les Solidarités -, Catherine Vautrin s’est fait critiquer pour la bannière de son compte X (ex-Twitter). La Rémoise de 63 ans y avait posté une photo de vignes de Champagne… qu’elle s’est empressée de remplacer par un cliché de sa visite à l’hôpital de Dijon, samedi dernier avec Gabriel Attal. Anecdotique certes, mais en plein « dry january », cet épisode est révélateur des enjeux de santé publique liés à l’alcool, deuxième cause évitable de mortalité par cancer, responsable chaque année de 28.000 nouveaux cas. Le sujet a d’autant plus échauffé les esprits que la prévention a disparu de l’intitulé du poste de Catherine Vautrin, là où ses prédécesseurs Aurélien Rousseau et François Braun étaient ministres de la Santé et de la Prévention. Autant dire que les acteurs du secteur attendent la nomination d’un ministre délégué – le nom d’Agnès Pannier-Runacher revient pour ce poste avec insistance – qui retrouve cette prérogative dans son périmètre.

Car dans un système de santé français essentiellement axé sur le curatif, la prévention est un enjeu majeur. D’une part, c’est un moyen d’améliorer la santé des Français, alors que l’espérance de vie à la naissance a encore augmenté : les hommes dépassant désormais la barre des 80 ans en moyenne et les femmes 85,7 ans, selon le dernier bilan démographique de l’Insee.

D’autre part, c’est un moyen de désengorger le système de soins, alors que les urgences restent asphyxiées, que des lits hospitaliers sont fermés faute de personnel, et que les médecins de ville manquent. Enfin, la prévention est un levier puissant pour réaliser des économies qui pourront être réinvesties dans le système de santé, là où il y en a le plus besoin. Une nécessité alors que les comptes de la Sécu s’enfoncent dans le rouge : de 8,8 milliards en 2023, le « trou de la Sécu » va encore se creuser à 11,2 milliards cette année et 17,5 milliards en 2027.

Or la France part de très loin en matière de prévention. Les résultats obtenus sont « globalement médiocres », malgré un effort financier comparable à celui des pays voisins, déplorait la Cour des comptes dans un récent rapport, soulignant que les programmes de prévention médicalisée (vaccination et dépistage), comme les actions de promotion de la santé, « souffrent d’une adhésion trop faible ».

Pourtant, si la France était aussi efficace sur le sujet que la moyenne des pays de l’OCDE, il serait possible de réaliser 5 milliards d’euros d’économie par an sur les dépenses de santé, tout en augmentant l’espérance de vie des Français de 8 mois sans maladie chronique ou grave terme, révèle une étude du cabinet Asterès réalisée pour l’association des acteurs de la French Care. Dans un scénario plus optimiste, où la France s’alignerait cette fois sur les pays ayant les meilleurs scores, l’économie potentielle grimperait jusqu’à 16,7 milliards d’euros tandis que l’espérance de vie en bonne santé augmenterait de 2 ans.

Haro sur le tabac et l’alcool

Pour réaliser ces modélisations, Asterès a identifié 15 indicateurs couvrant des aspects tels que les comportements à risque (alimentation, activité physique, tabagisme, consommation d’alcool, surpoids et obésité), le dépistage de certains cancers et la vaccination. Pour chaque pathologie, le cabinet a calculé les coûts associés, allant des traitements à la prise en charge hospitalière, en passant par les dépenses de l’Assurance-maladie pour chaque jour non travaillé.

Résultat, si la France apparaît mieux placée que la moyenne dans certains domaines – par exemple l’alimentation ou la vaccination contre la grippe -, elle est très en retard par exemple dans la lutte contre deux habitudes à risque : le tabac et l’alcool. Les Français sont 26 % à fumer quotidiennement (contre 16 % en moyenne dans l’OCDE) et ils consomment en moyenne 10,4 litres d’alcool par an (contre 8,4 litres). « Il y a un enjeu à mieux lutter contre la consommation de tabac et d’alcool, où nous avons de vraies marges de progression », insiste Antoine Tesnière, professeur d’anesthésie-réanimation, président des acteurs de la French Care et directeur de PariSanté Campus.

Environ 9200 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque année au manque de dépistage en France ainsi que 11.000 à des stades avancés, avec un coût du non-dépistage qui varie de 2400 à 6500 euros par patientAntoine Tesnière, professeur d’anesthésie-réanimation, président des acteurs de la French Care et directeur de PariSanté Campus

Des progrès seraient aussi possibles en améliorant le dépistage précoce des cancers, première cause de mortalité prématurée en France. Alors que l’Assurance-maladie propose le dépistage systématique de trois cancers (sein, col de l’utérus et colorectal) les performances sont décevantes avec une participation inférieure en France à la moyenne de l’OCDE pour deux cancers sur trois. « Environ 9200 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque année au manque de dépistage en France ainsi que 11.000 à des stades avancés, avec un coût du non-dépistage qui varie de 2400 à 6500 euros par patient », souligne Antoine Tesnière.

En revanche, la France, pays de Pasteur, affiche des taux de vaccination satisfaisants, exception faite de la vaccination contre le HPV. Plus de 6100 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque année à la faible vaccination contre le papillomavirus et la prise en charge d’un cancer attribuable au HPV coûte en moyenne 6400 euros par patient et par an, soit 6100 euros pour l’Assurance-maladie et 300 euros pour les complémentaires santé, indique l’étude. La décision de l’exécutif de généraliser le vaccin pour tous les élèves de cinquième dès la rentrée 2023, devrait ainsi permettre d’améliorer la prévention.

De même, les consultations de prévention aux âges clés de la vie, voulues par le gouvernement, commencent à se déployer depuis le début de l’année, après avoir été expérimentées entre octobre et décembre dans les Hauts-de-France. Un premier pas d’une révolution indispensable.

Source

Fringale et cannabis : le lien enfin expliqué par la science

PUBLIÉ LE 19 JAN 2024 GUYONNETHTTPS://WWW.SCIENCE-ET-VIE.COM/AUTEUR/LOUISE-GUYONNET

Des neuroscientifiques de l’université de Washington ont analysé le phénomène de “fringale” chez les consommateurs de cannabis.

Comment expliquer cette sensation de faim difficilement contrôlable chez les consommateurs de cannabis ? Selon les chercheurs, tout se joue dans l’hypothalamus… 

La sensation de faim qui fait planer 

Sensation de faim violente et pressante, la fringale est difficilement contrôlable. Cette impulsion est bien connue des adeptes du cannabis, qui décrivent cette impression souvent post-consommation. Effet secondaire connu, certes, et désormais expliqué grâce à l’initiative de neuroscientifiques de l’université de Washington, qui se sont penchés sur cet effet dévorant de la drogue douce. 

Lire aussi >> Cannabis et schizophrénie : un lien complexe

Une étude se serait donc focalisée sur l’hypothalamus, une région du cerveau connue comme fonctionnant comme une sorte de “centre de coordination de contrôle” pour le corps. L’hypothalamus est en connexion avec la glande responsable de la production d’hormones et celles associées à l’impression de faim. Juste avant, on retrouve un amas de neurones appelé ‘arc’.

C’est cette partie de l’hypothalamus qui retient toute l’attention des scientifiques, puisqu’elle serait responsable du comportement alimentaire.  

Herbe et hypothalamus

A partir d’expériences menées sur des rongeurs, où des rats ont été exposés à des vapeurs de cannabis, les chercheurs ont découvert que le cannabis impact l’arc. Des petits groupes de neurones inclus dans l’arc contiennent en effet des récepteurs cannabinoïdes qui sont désinhibés sous l’effet de la drogue. «Lorsque les souris reçoivent du cannabis, des neurones qui ne sont généralement pas actifs s’activent », précise le neuroscientifique Jon Davis.

Ces récepteurs activés par les effluves de cannabis empêchent également les neurones de recevoir des messages d’arrêt de la part des autres neurones. Ainsi, les rongeurs cobayes de l’expérience ont eu un comportement alimentaire déréglé et se sont mis à manger davantage. A partir de ces résultats et des conclusions établies par cette expérience, il serait possible de développer des médicaments pour lutter contre des TCA spécifiques, comme l’anorexie. 

Ces récepteurs se trouvant dans l’arc n’ont pas l’apanage du sentiment de fringale : d’autres études montrent que des neurones également situés dans l’hypothalamus, les neurones POMC , à l’origine de la satiété, y jouent également un rôle prépondérant. 

Sources : Scientific Reportsnature

Manifestations psychiques et physiques en lien avec la consommation de cannabis

La consommation de cannabis entraîne des effets à très court, moyen et long terme, qui doivent être reconnus. En l’absence d’antidote et de traitement spécifique, la prise en charge, lorsqu’elle se justifie, peut faire appel à des traitements symptomatiques.

Isabelle Hoppenot 16 janvier 2024

Le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) largement en cause. 

Le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) largement en cause. 

Résumé

Le New England Journal of Medicine a récemment publié une revue sur les effets psychiques et physiques du cannabis.

La consommation de cannabis entraîne des manifestations psychiques et physiques largement imputables à l’un des 125 phytocannabinoïdes qui entrent dans sa composition, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC).

L’intoxication aiguë se traduit, dans les 24 heures après la prise, par des signes psychiques, cognitifs et physiques, dont l’intensité et la durée dépendent de la dose, du mode de consommation et de la tolérance de l’individu.

L’hyperémèse cannabinoïde est une entité de reconnaissance plus récente, qui doit être évoquée face à des vomissements cycliques chez un consommateur régulier.

De manière subaiguë, jusqu’à un mois suivant la prise, certaines personnes peuvent présenter des troubles d’ordre psychiatriques (troubles anxieux, du sommeil et/ou psychotiques, confusion), qui peuvent nécessiter une prise en charge symptomatique.

En cas d’éléments psychotiques, une évolution vers un trouble psychotique à long terme, non différenciable de la schizophrénie, est rapportée dans un nombre non négligeable de cas.  

Lors du sevrage, les signes sont le plus souvent spontanément résolutifs.

N.B. : les troubles de l’usage ne sont pas abordés dans cette actualité.

La majorité des effets du cannabis découlent de l’interaction entre le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), considéré comme son principal composé psychoactif, et le système cannabinoïde endogène. Le cannabidiol (CBD), autre phytocannabinoïde largement étudié, a aussi des propriétés psychoactives (anxiolytique, analgésique et possiblement antipsychotique), mais il est dénué d’effet euphorisant.

Une publication récente du New England Journal of Medicine [1] fait le point sur le diagnostic et le traitement des différentes manifestations cliniques en lien avec la consommation de cannabis (plante de chanvre, analogues et dérivés), dont des troubles psychiatriques listés dans le DSM-V-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, fifth edition, text revision). Certaines peuvent apparaître rapidement après la prise, d’autres de façon subaiguë ou chronique.

L’intoxication aiguë, des symptômes psychiques, cognitifs et physiques

Les manifestations de l’intoxication aiguë au cannabis débutent rapidement et durent typiquement moins de 24 heures. La prise de cannabis induit toute une variété d’effets psychologiques et physiologiques aigus, dont l’intensité et la durée varient en fonction de la dose (de THC essentiellement), de la voie d’administration et du degré de tolérance du sujet.

Parmi les effets aigus psychiques et cognitifs, sont décrits l’euphorie, la relaxation et la sédation, les fringales, l’altération de la mémoire à court terme, de la concentration et de la coordination psychomotrice. Certaines personnes peuvent ressentir une anxiété accrue, des attaques de paniques ou de paranoïa. La survenue de symptômes psychotiques, tels que des altérations de la perception, des hallucinations ou un syndrome confusionnel est possible, mais moins fréquente.

Les symptômes physiques sont également nombreux : troubles de la coordination motrice, troubles de l’élocution, sécheresse de la bouche, injection conjonctivale, tachycardie, hypotension orthostatique et nystagmus horizontal. L’inhalation de cannabis peut induire de la toux, un wheezing, une dypsnée, une augmentation des expectorations et une exacerbation d’asthme. Et quel que soit le mode de consommation, le cannabis peut provoquer des troubles du rythme transitoires, tels que fibrillation atriale, tachycardie supraventriculaire, extrasystoles ventriculaires, parfois tachycardie ventriculaire non soutenue.

Enfin, le cannabis altère les capacités de conduite de véhicules, et est associé à une augmentation de 30 à 40 % du risque d’accident (chiffre à mettre en parallèle à une augmentation de 250 à 300 % de ce risque observée en cas d’alcoolémie de 0,8 g/L).

La durée d’évolution de ces symptômes varie en fonction du mode de consommation. Après inhalation, ils surviennent en quelques minutes et persistent pendant 3 à 4 heuresEn cas d’ingestion, les signes d’intoxication apparaissent après un délai de 30 minutes à 3 heures et durent environ de 8 à 12 heures.

Chez les personnes qui en prennent pour la première fois ou de façon très occasionnelle, l’intoxication au cannabis survient classiquement après une dose de 2 à 3 mg de THC inhalé ou de 5 à 10 mg ingéré.

L’intoxication aiguë, le plus souvent légère à modérée

Dans la majorité des cas, cette intoxication est légère à modérée et, la plupart du temps, ne conduit pas à demander un avis médical. Les personnes qui consultent sont généralement celles présentant une anxiété importante ou une attaque de panique, des symptômes psychotiques au premier plan ou encore une altération marquée de la coordination motrice.

Une prise en charge en milieu hospitalier s’impose en cas de troubles de l’humeur sévères (idées suicidaires, par exemple) et de symptômes psychotiques.

Il n’y a pas d’antidote ni de traitement spécifique. Le patient doit rester dans un environnement calme et être rassuré. En cas d’agitation ou d’anxiété majeure, il peut être fait appel à une benzodiazépine. Les signes psychotiques répondent généralement à un antipsychotique de deuxième génération, à une posologie adaptée à la sévérité des symptômes.

L’ingestion accidentelle de cannabis chez l’enfant peut provoquer un coma, des convulsions ainsi qu’une détresse cardiorespiratoire.

Quatre syndromes psychiatriques subaigus

La prise de cannabis peut aboutir à quatre syndromes psychiatriques subaigus, marqués par une persistance des symptômes plus de 24 heures après la prise ou dont la sévérité nécessite une prise en charge adaptée, et durant moins d’un mois.

Les symptômes sont proches de ceux observés au cours de ces mêmes syndromes non liés à la prise d’une substance, mais le diagnostic est suggéré par leur survenue pendant ou peu après la consommation de cannabis, ou à l’arrêt de cette consommation, et leur résolution dans le mois qui suit l’abstinence.

Le traitement est très orienté par les symptômes et, en l’absence d’études cliniques de qualité, surtout guidé par l’expérience du praticien.

Trouble anxieux

Le trouble anxieux induit par le cannabis peut se manifester par une anxiété généralisée ou par des attaques de panique, semblables à celles survenant en dehors de toute consommation de cannabis. Sa prévalence est mal connue, mais il serait responsable de 20 à 25 % des passages aux urgences en lien avec le cannabis. Il n’y a pas de données sur son évolution.

Trouble psychotique

Des symptômes psychotiques transitoires sont rapportés par de 5 à 50 % des adultes, le risque étant plus élevé en cas d’antécédents personnels ou familiaux de symptômes psychotiques. Certaines variations alléliques du gène de la catéchol O-méthyltransférase (enzyme responsable de la dégradation de la dopamine) sont associées à un risque accru de psychose induite par le cannabis.

Les registres scandinaves estiment à de 3 à 6 /100 000 l’incidence annuelle de symptômes psychotiques liés à la prise de cannabis nécessitant une prise en charge médicale.

Les données en population montrent qu’un trouble psychotique à long terme, non différentiable de la schizophrénie, surviendrait chez de 20 à 50 % des patients ayant eu un trouble psychotique subaigu induit par le cannabis. Cette évolution serait plus fréquente chez ceux ayant débuté leur consommation à l’adolescence ou en cas d’utilisation de cannabis à forte concentration de THC.

Troubles du sommeil

Le cannabis, et plus particulièrement le THC, réduit la latence à l’endormissement et augmente la durée du sommeil, mais a peu d’effets sur l’architecture du sommeil. Ces effets tendent à diminuer avec la répétition des prises, sans doute en lien avec un phénomène de tolérance.

Le sevrage a, en revanche, un impact marqué sur le sommeil, rapporté par les deux tiers des patients. Les insomnies et cauchemars peuvent persister plusieurs semaines après la disparition des autres symptômes de sevrage.

Aucun traitement n’a fait la preuve de son efficacité sur les troubles du sommeil induits par le cannabis. Une meilleure hygiène de sommeil et une thérapie cognitive et comportementale peuvent être proposées, mais ces approches n’ont pas été évaluées cliniquement.

Syndrome confusionnel

Le syndrome confusionnel induit par le cannabis est mal compris. Les quelques cas publiés indiquent qu’il s’agit plus souvent d’une forme hyperactive, caractérisée par une hyperactivité, une agitation, une dysautonomie et une désorientation, souvent associées à des hallucinations. Un traitement par antidépresseur tricyclique pourrait être un facteur de risque de ce syndrome, qui doit être distingué d’une psychose induite par le cannabis.

Hyperémèse cannabinoïde 

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde associe nausées, vomissements cycliques et douleurs abdominales survenant généralement dans les 24 heures suivant une prise importante et répétée de cannabis. Il représente une cause importante de consultation dans les services d’urgence et serait à l’origine de 10 % des vomissements cycliques. Il doit donc être reconnu afin d’éviter la multiplication d’examens complémentaires inutiles. 

Le contexte de consommation de cannabis, à toujours rechercher à l’interrogatoire face à des vomissements cycliques, la résolution des troubles par la prise de douches chaudes et leur disparition avec le sevrage prolongé font évoquer le diagnostic. Les antiémétiques sont habituellement inefficaces.

Grossesse et allaitement

Si la consommation de cannabis au cours de la grossesse n’a pas d’impact sur le pronostic maternel, elle est en revanche associée à un risque accru de petit poids gestationnel pour l’âge et d’admission en néonatalogie. Les éventuelles conséquences à long terme de l’exposition in utero au cannabis sur le développement neuropsychologique de l’enfant sont encore mal connues, faute de données cliniques de qualité.

Le THC est présent dans le lait maternel à des concentrations bien plus importantes que dans le plasma et peut persister jusqu’à 48 heures après la dernière prise. Le cannabis modifie la composition du lait maternel, qui devient plus riche en lactose et moins riche en immunoglobulines A. Mais là encore, les effets à long terme de la consommation de cannabis au cours de l’allaitement, qui s’ajoutent dans la plupart des cas à ceux d’une exposition in utero, sont mal connus.

Syndrome de sevrage

Un syndrome de sevrage, généralement modéré et spontanément résolutif, peut survenir lors d’une réduction importante ou de l’arrêt du cannabis. Les symptômes psychiques sont au premier plan : humeur dépressive, anxiété, agitation, irritabilité, baisse de l’appétit et troubles du sommeil (cf. supra). Les signes physiques, tels que crampes abdominales, douleurs musculaires, tremblements, frissons, maux de tête, hypersudation et perte de poids sont moins fréquents.

Ces signes apparaissent typiquement un à deux jours après la réduction ou l’arrêt de la consommation, avant d’atteindre un pic entre le 2e et le 6e jour puis diminuer ensuite sur plusieurs semaines.

Ils ne sont pas toujours faciles à distinguer d’un sevrage tabagique concomitant.

La moitié des personnes en sevrage présentent au moins un de ces signes. Leur incidence et leur sévérité sont corrélées à la durée et à la fréquence de consommation, mais pas avec l’âge, le genre ou la prise d’autres substances.

Généralement, un traitement n’est indiqué qu’en cas de troubles du sommeil ou de l’humeur interférant avec la vie quotidienne. La prise en charge se fonde sur des conseils et éventuellement sur la prescription d’un traitement symptomatique. 

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Drogue, alcool, tabac. Cinq conseils pour aider un proche à sortir de son addiction

Sandra Pinel, auteure de « Journal d’une polyaddict libérée », donne des conseils pour sortir de ses addictions • ©Atlantic Télévision by Mstream

Écrit par Johann Pailloux et Murielle Dreux – Publié le 17/01/2024

Comment agir face à l’addiction d’un proche ? Le compagnon, l’enfant ou l’ami se retrouve souvent spectateur impuissant face à une descente aux enfers. Sandra Pinel, infirmière ex-addict devenue patiente-experte en addictologie, vient de publier « Journal d’une polyaddict libérée » où elle livre ses conseils et des outils pour se libérer des addictions.

« Si je fume une cigarette, je fume le paquet, si je bois un verre, je bois le tonneau, et si je prends un rail de coke, j’en prends trois grammes. Je n’ai pas le bouton stop, donc je ne consomme plus« .

Sandra Pinel est infirmière à Saint-Nazaire. Ancienne dépendante à l’alcool, au tabac, au cannabis et aux médicaments, elle s’est rétablie. Devenue patiente-experte addictions, c’est désormais elle qui aide les autres à s’en sortir.

Être addict, c’est avoir perdu sa liberté face à un produit ou à un comportement avec une incapacité à diminuer ou arrêter malgré les conséquences sur sa vie.Sandra Pinel

Pour Sandra, « les proches aidants sont les premiers à trinquer et, pris d’un sentiment de honte, ont parfois des difficultés à demander de l’aide« .

Conseil n°1 – Imposez vos limites

« Refusez d’être en présence de la personne quand elle a consommé. Changez de pièce, partez vous promener sans elle. Évitez de lui parler quand elle a consommé, vos mots ne seront pas entendus et cela risquerait d’augmenter les frustrations. Vous ne pouvez pas soigner, mais vous pouvez accompagner : il y a trop d’émotions, il n’y a pas le recul nécessaire« .

Conseil n°2 – Ne faites pas « pour »

« Refusez d’acheter de l’alcool ou d’appeler son employeur pour prévenir de son absence afin que la personne mesure les conséquences de ses consommations. Acceptez que vous ne puissiez pas tout contrôler« .

Conseil n°3 – Dites ce que vous ressentez

« Employez-le « je », sinon ça sonne comme une injonction, du chantage et la personne peut se braquer, voire cela peut entraîner des confrontations. Expliquez-lui le mal que cela vous fait, les conséquences sur votre vie, le fait que vous ne cautionnez pas son comportement, mais que vous êtes là si elle souhaite être soutenue. Lui écrire est parfois plus simple, car cela permet de poser les choses. Et même si vous ne lui donnez pas la lettre, ça vous permet de mettre de l’ordre dans vos idées et de mieux les exprimer ensuite« .

Conseil n°4 – Faites-vous aider

« Le médecin traitant est souvent l’acteur de premier recours. Les professionnels de l’addictologie peuvent aussi vous recevoir. Les groupes d’entraide en ligne sont très appréciés également, comme le groupe Facebook, forum Addict’AIDE, alcool/drogue info service. Vous y trouverez des informations et une écoute« .

Conseil n°5 – Prenez soin de vous

« S’accorder le droit d’aller voir une amie, d’aller faire un soin du visage ou de pratiquer une activité sportive ou manuelle, permet de prendre de la distance vis-à-vis de la situation et d’avoir des instants à soi. Ces instants sont très importants, car ils vous permettent de souffler, de reprendre de l’énergie et ainsi, de ne pas sombrer vous-même« .

Un livre témoignage pour lutter contre les addictions

Sandra Pinel vient de publier « Journal d’une polyaddict libérée » aux éditions Eyrolles. Un ouvrage dans lequel elle donne des conseils et des outils pour se libérer des addictions. Elle évoque aussi son enfance auprès d’un père alcoolique avec lequel elle a commencé à fumer le cigarillo tous les dimanches à l’âge de 11 ans. Elle est devenue infirmière pour sauver son père, en vain.

Puis ce fût l’alcool, le cannabis et autres drogues et médicaments, jusqu’à ce qu’un médecin la mette face à la réalité : elle allait finir comme son père. Un électrochoc pour Sandra qui va petit à petit tout arrêter.

Débarrassée de ses addictions, elle se forme et obtient un diplôme universitaire d’addictologie, ainsi qu’une certification Patient-expert addictions. Aujourd’hui, elle exerce dans un établissement médico-social d’accompagnement et de prévention en addictologie à Saint-Nazaire.

Source

La Lettre du C N P E R T Janvier 2024 N°88

In memoriam : Éloge du professeur Claude Giudicelli

C’est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du décès de notre très cher Ami, membre du conseil d’administration du CNPERT, le médecin général Claude-Pierre Giudicelli.

Né le 10 juin 1934 à Paris, le professeur Claude-Pierre GIUDICELLI a fait une carrière exemplaire de médecin militaire associant ses compétences scientifiques à l’exercice d’importantes responsabilités. Docteur en médecine en 1960, il est nommé successivement assistant (1967) puis médecin des hôpitaux des armées(1971).

Sa carrière est intimement liée au Val-de-Grâce. Comme chef de service de néphrologie pendant plus de 10 ans ; comme enseignant : professeur agrégé en 1976, il est élu titulaire de la chaire d’hygiène, écologie et ergonomie en 1985 et nommé directeur adjoint de l’École d’application du Val-de-Grâce en 1989.

Vingt-cinq ans plus tard, scandalisé par l’annonce de la fermeture programmée de cet hôpital de prestige, il tentera de l’orienter vers la prise en charge des grands blessés civils et militaires. L’échec de ce projet restera pour lui une déception profonde.

Mais le parcours de Claude Giudicelli ne s’arrête pas au Val-de-Grâce :pour le Service de santé des armées, Il a accompli plusieurs missions humanitaires : lors du séisme de 1970 au Pérou, en 1975 aux Comores. Il représente le ministre de la Défense à la Croix Rouge Française entre 1990 et 1992.En 1990, il est nommé directeur adjoint du Service de santé des armées, puis inspecteur général en 1992.

Elu membre correspondant de l’Académie nationale de médecine en 1990, il accède au titulariat en 2009 et estnommé membre émérite en 2014.  Responsable du dictionnaire de l’Académie de médecine, il s’engage résolument dans ce travail de bénédictin, jamais terminé ; constituant une équipe à laquelle il avait su insuffler un puissant esprit d’amitié et de travail.Sensibilisé aux effets bénéfiques de l’activité sportive et du sport sur la santé, il a été l’un des acteurs majeurs du développement de ces réflexions au sein de l’académie.

Membre actif de plusieurs sociétés savantes tant militaires que civiles, il était commandeur dans l’ordre national de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et commandeur de l’ordre des Palmes académiques. Il était membre du conseil d’administration de notre CNPERT.

A son Épouse, à ses enfants et petits-enfants, avec les membres du CNPERT, nous présentons, avec une grande émotion, nos vives condoléances.

Prs J. Costentin, J.-P. Goullé, J.-P. Tillement

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Les vœux du nouveau président du CNPERT pour la nouvelle année

Pr. Jean-Pierre Goullé

Chers membres du CNPERT, Chers Amis,

Adhérent de longue date au CNPERT, je mesure l’honneur qui m’est fait du succéder à deux de mes maîtres à la faculté de Rouen, le professeur Roger Boulu et le professeur Jean Costentin. La tâche est immense dans le champ des toxicomanies, car dans le domaine de la prévention, la France a pris un retard considérable qu’il convient de combler au plus vite et je m’associe à l’alerte lancée par notre ministre de la Santé et de la prévention, au mois de septembre dernier à Chamonix « Notre système de santé ne tiendra pas si on ne prend pas ce virage » avait-il déclaré. Il est patent que le déficit d’information en matière de santé, dès l’école, constitue une carence.

Dans le champ des drogues par exemple, je rappelle que l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies a décerné à la France, il y a peu, le bonnet d’âne de la classe en Europe, en raison de l’absence d’enseignements fléchés dans nos programmes pédagogiques.

Aussi, je souhaite rappeler que pour tenter de combler cette lacune, depuis 2019, à l’initiative du regretté Doyen Claude Dreux, l’Académie nationale de médecine organise chaque année une séance intitulée « La jeune académie ». Elle a pour but de sélectionner des classes d’élèves volontaires et d’aborder avec eux les problèmes de santé qui les intéressent directement.

L’objectif est de mieux appréhender la connaissance qu’ils ont de leur état de santé et la perception des risques qui les entourent, mais surtout de les impliquer, afin d’élaborer les pistes de prévention les mieux ciblées.A l’instar d’une « véritable commission » de l’Académie, ces classes mènent leurs travaux portant sur un thème de leur choix, sous la direction d’un professeur, en relation avec des académiciens : nutrition, activité physique, sommeil, conduites à risque, dépendance aux écrans ou aux drogues, par exemple.Le travail de chaque classe comporte un sondage à l’aide d’un questionnaire diffusé à l’ensemble des élèves de leur établissement.

Après la rédaction d’un rapport, ils présentent leurs résultats dans la salle des séances de l’Académie, sous forme d’une communication orale, assortie de recommandations, suivie d’échanges avec tous les élèves, leurs enseignants et les académiciens.Leurs propositions sont ensuite soumises à un véritable scrutin académique à leurs camarades présents. Il s’agit donc d’éduquer pour mieux prévenir.

Le CNPERT doit continuer à développer ses actions d’information sur toutes les drogues, en particulier à destination des plus jeunes, en rappelant que 60% des élèves de terminale ont expérimenté le tabac et qu’ils sont déjà près de 50% à avoir consommé de l’alcool dès la classe de sixième.

Voilà le vœu que je formule pour cette année 2024, dont je souhaite qu’elle vous apporte, paix, joie, bonheur et santé.

Les pères fument du cannabis, les enfants trinquent ?

Boris Chaumette, MD PhD, Maitre de conférences des Universités – Praticien Hospitalier (MCU-PH), Université Paris Cité, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences.

Le cannabis est la drogue illicite la plus largement consommée dans les pays développés et ses effets délétères sur la santé, notamment psychique, sont désormais bien connus. Cependant, de nouveaux résultats scientifiques laissent penser que les perturbations biologiques qui découlent de sa consommation pourraient affecter les générations suivantes par des mécanismes épigénétiques mis récemment en évidence. Des résultats qui incitent à tirer la sonnette d’alarme !

Le cannabis exerce son action biologique par la modulation du système endocannabinoïde. Ce système est présent dans le cerveau humain, expliquant les effets psychiques de la consommation de cannabis. Mais il joue également un rôle dans la reproduction, influençant la fabrication des spermatozoïdes chez l’homme et la maturation des ovules chez la femme. Il intervient dans la fécondation, le développement embryonnaire et l’accouchement.

Son usage au cours de la grossesse a été associé à un risque accru de trouble du spectre de l’autisme chez les enfants à naitre. Dans une étude réalisée au Canada (Corsi et al. 2020), 2,2% des enfants exposés in utero au cannabis développeraient un autisme contre 1,4% dans la population générale. Les taux de déficience intellectuelle et d’hyperactivité avec déficit de l’attention étaient également plus élevés chez les enfants exposés au cannabis durant la grossesse.

La consommation de cannabis chez les pères pourrait également avoir une influence sur le neurodéveloppement des enfants en raison de modifications épigénétiques dans les spermatozoïdes. La possibilité d’une transmission épigénétique transgénérationnelle reste débattue car l’épigénome est théoriquement reprogrammé après la fécondation.

Cependant, des marques épigénétiques pourraient être conservées et transmises par le père (Tang et al. 2015) soulevant la possibilité d’un impact de l’environnement paternel sur le devenir des futurs enfants (Day et al. 2016). Il serait donc théoriquement possible que la consommation de cannabis chez le futur père modifie la méthylation de l’ADN des spermatozoïdes et entraine des conséquences chez les enfants à venir.

Une étude réalisée sur des modèles animaux a montré que l’exposition de rats mâles au Δ9-THC avant la conception entraîne une modification des synapses cholinergiques dans diverses régions cérébrales chez la descendance (Slotkin et al. 2020).

La descendance de ces rats exposés, bien que non exposée elle-même, montre à l’adolescence des altérations comportementales avec une hyperactivité motrice, des perturbations de l’apprentissage et de la mémoire (test de reconnaissance du nouvel objet et labyrinthe à bras radial) (Holloway et al. 2020) et des capacités attentionnelles (test de détection du signal) (Levin et al. 2019).

Ces résultats sont différents en fonction du délai entre consommation de cannabis et accouplement ; une consommation de cannabis récente serait plus à risque d’induire des modifications comportementales dans la progéniture. Ces résultats suggèrent la présence d’une mémoire épigénétique de la consommation de cannabis au niveau des spermatozoïdes pouvant durer plusieurs jours et être partiellement transmise à la descendance.

Ces études sont évidemment compliquées à réaliser chez l’humain. Toutefois, des analyses de la méthylation de l’ADN ont été conduites dans des petits groupes d’hommes : plus de 6 000 sites CpG ont été identifiés comme différentiellement méthylés entre 12 consommateurs et 12 non consommateurs de cannabis (Murphy et al. 2018). Ces sites étaient notamment présents au niveau de gènes intervenant dans la voie de signalisation Hippo impliquée dans la prolifération cellulaire et l’apoptose.

Des comparaisons entre des spermatozoïdes de rats exposés ou non exposés au cannabis ont aussi montré des modifications de la méthylation de l’ADN au niveau de la même voie biologique Hippo. Dix gènes ont été retrouvés en commun chez l’Homme et le rat (APC2, GDF6, LLGL1, TCF7L1, BMP7, BMP6, FGF12, PRKACA, GNG7, GNB2). APC2 a également été rapporté comme dysméthylé dans le sperme d’hommes ayant fumé du tabac (Jenkins et al. 2017), ce qui suggère que les modifications observées pour ce gène sous l’effet du cannabis ne sont pas spécifiques.

Parmi les multiples gènes identifiés par leur étude, les auteurs ont ensuite sélectionné DLGAP2 pour une analyse plus fine (Schrott et al. 2019). Ce gène code une protéine membranaire située sur les neurones postsynaptiques, impliquée dans la signalisation neuronale et l’organisation des synapses.

Il s’agissait donc d’un bon gène candidat pour poursuivre les investigations. Les auteurs ont réalisé une deuxième technique en utilisant les mêmes prélèvements de spermatozoïdes et ont confirmé une hypo méthylation de 10 CpGs présents dans un intron du gène. L’étude de 28 échantillons de cerveaux issus d’interruption volontaire de grossesse a montré une bonne corrélation entre le niveau de méthylation de cette région et l’expression du gène, suggérant un effet biologique de cette dysméthylation. Poursuivant leurs analyses à l’aide d’un modèle animal, les auteurs ont trouvé qu’une autre région du gène DLGAP2 était hypométhylée dans les spermatozoïdes de rats exposés au cannabis.

Une CpG de cette région a été également retrouvée comme hypométhylée dans le nucleus accumbens de la progéniture de ces rats. En revanche, dans l’hippocampe, une seule CpG de cette région était retrouvée comme déméthylée dans la progéniture bien que n’apparaissant pas dans la liste de celles hypométhylées dans les spermatozoïdes du géniteur.

Une autre étude s’est intéressée aux différences de méthylation de l’ADN dans les spermatozoïdes de pères ayant eu ou non des enfants autistes (Garrido et al. 2021). La comparaison de ces deux groupes de 13 pères chacun ont montré des différences deméthylationdans des gènes connus pour être associés à l’autisme dont ce même gène DLGAP2.

La méthylation de l’ADN est stable en raison de la présence de méthyltransférases qui maintiennent ces marques épigénétiques au cours des divisions cellulaires. Cependant, arrêter le cannabis diminuerait progressivement certaines différences épigénétiques constatées au niveau du sperme suggérant une réversibilité au moins partielle.

Ainsi, certaines modifications de méthylation étaient atténuées après 11 semaines d’arrêt du cannabis soit un cycle de spermatogénèse (Schrott et al. 2021). Toutefois, certaines anomalies persistaient voire apparaissaient après la période sans cannabis.

En outre, l’étude d’un modèle animal a également montré que des anomalies épigénétiques pouvaient potentiellement se transmettre sur plusieurs générations : les modifications de méthylation dans le gène PXYLP1 ont ainsi été retrouvées à la fois dans le sperme des rats mâles exposés au cannabis et dans celui de leurs descendants n’ayant jamais été exposés à cette drogue (Schrott et al. 2022).

Ces études préliminaires portent sur de faibles échantillons et proviennent du travail d’une seule équipe basée à l’Université Duke (Durham – USA). Il est donc nécessaire de répliquer de manière indépendante ces résultats pour les confirmer et obtenir des conclusions scientifiques fiables.

Cependant, ces résultats suggèrent que la consommation de cannabis chez les futurs pères peut entrainer des conséquences néfastes pour sa future descendance, en particulier pour le neurodéveloppement. Consommer du cannabis ne serait donc plus une prise de risque individuelle mais familiale, ce qui invite à la prudence et devrait conduire à informer la population de ces effets potentiels.

Le principe de précaution voudrait que les consommateurs masculins soient incités, au même titre que les femmes, à arrêter le cannabis plusieurs mois avant un projet de grossesse pour préserver l’épigénome de leurs spermatozoïdes. Précaution d’autant plus nécessaire que le cannabis a un effet négatif sur la fertilité masculine (Hamed, Ekundina, and Akhigbe 2023).

Références

Corsi, Daniel J., Jessy Donelle, Ewa Sucha, Steven Hawken, Helen Hsu, Darine El-Chaâr, Lise Bisnaire, Deshayne Fell, Shi Wu Wen, and Mark Walker. 2020. ‘Maternal Cannabis Use in Pregnancy and Child Neurodevelopmental Outcomes’. Nature Medicine 26 (10): 1536–40. https://doi.org/10.1038/s41591-020-1002-5.

Day, Jonathan, Soham Savani, Benjamin D Krempley, Matthew Nguyen, and Joanna B Kitlinska. 2016. ‘Influence of Paternal Preconception Exposures on Their Offspring: Through Epigenetics to Phenotype’. American Journal of Stem Cells 5 (1): 11–18.

Garrido, Nicolás, Fabio Cruz, Rocio Rivera Egea, Carlos Simon, Ingrid Sadler-Riggleman, Daniel Beck, Eric Nilsson, Millissia Ben Maamar, and Michael K. Skinner. 2021. ‘Sperm DNA Methylation Epimutation Biomarker for Paternal Offspring Autism Susceptibility’. Clinical Epigenetics 13 (1): 6. https://doi.org/10.1186/s13148-020-00995-2.

Hamed, Moses Agbomhere, Victor Olukayode Ekundina, and Roland Eghoghosoa Akhigbe. 2023. ‘Psychoactive Drugs and Male Fertility: Impacts and Mechanisms’. Reproductive Biology and Endocrinology: RB&E 21 (1): 69. https://doi.org/10.1186/s12958-023-01098-2.

Holloway, Zade R., Andrew B. Hawkey, Erica Pippin, Hannah White, Corinne Wells, Bruny Kenou, Amir H. Rezvani, Susan K. Murphy, and Edward D. Levin. 2020. ‘Paternal Factors in Neurodevelopmental Toxicology: THC Exposure of Male Rats Causes Long-Lasting Neurobehavioral Effects in Their Offspring’. Neurotoxicology 78 (May): 57–63. https://doi.org/10.1016/j.neuro.2020.01.009.

Jenkins, TG, ER James, DF Alonso, JR Hoidal, PJ Murphy, JM Hotaling, BR Cairns, DT Carrell, and KI Aston. 2017. ‘Cigarette Smoking Significantly Alters Sperm DNA Methylation Patterns’. Andrology 5 (6): 1089–99. https://doi.org/10.1111/andr.12416.

Levin, Edward D., Andrew B. Hawkey, Brandon J. Hall, Marty Cauley, Susan Slade, Elisa Yazdani, Bruny Kenou, et al. 2019. ‘Paternal THC Exposure in Rats Causes Long-Lasting Neurobehavioral Effects in the Offspring’. Neurotoxicology and Teratology 74 (July): 106806. https://doi.org/10.1016/j.ntt.2019.04.003.

Murphy, Susan K., Nilda Itchon-Ramos, Zachary Visco, Zhiqing Huang, Carole Grenier, Rose Schrott, Kelly Acharya, et al. 2018. ‘Cannabinoid Exposure and Altered DNA Methylation in Rat and Human Sperm’. Epigenetics 13 (12): 1208–21. https://doi.org/10.1080/15592294.2018.1554521.

Schrott, Rose, Kelly Acharya, Nilda Itchon-Ramos, Andrew B. Hawkey, Erica Pippen, John T. Mitchell, Scott H. Kollins, Edward D. Levin, and Susan K. Murphy. 2019. ‘Cannabis Use Is Associated with Potentially Heritable Widespread Changes in Autism Candidate Gene DLGAP2 DNA Methylation in Sperm’. Epigenetics 15 (1–2): 161–73. https://doi.org/10.1080/15592294.2019.1656158.

Schrott, Rose, Jennifer L. Modliszewski, Andrew B. Hawkey, Carole Grenier, Zade Holloway, Janequia Evans, Erica Pippen, David L. Corcoran, Edward D. Levin, and Susan K. Murphy. 2022. ‘Sperm DNA Methylation Alterations from Cannabis Extract Exposure Are Evident in Offspring’. Epigenetics & Chromatin 15 (September): 33. https://doi.org/10.1186/s13072-022-00466-3.

Schrott, Rose, Susan K Murphy, Jennifer L Modliszewski, Dillon E King, Bendu Hill, Nilda Itchon-Ramos, Douglas Raburn, et al. 2021. ‘Refraining from Use Diminishes Cannabis-Associated Epigenetic Changes in Human Sperm’. Environmental Epigenetics 7 (1): dvab009. https://doi.org/10.1093/eep/dvab009.

Slotkin, Theodore A., Samantha Skavicus, Edward D. Levin, and Frederic J. Seidler. 2020. ‘Paternal Δ9-Tetrahydrocannabinol Exposure Prior to Mating Elicits Deficits in Cholinergic Synaptic Function in the Offspring’. Toxicological Sciences: An Official Journal of the Society of Toxicology 174 (2): 210–17. https://doi.org/10.1093/toxsci/kfaa004.

Tang, Walfred W.C., Sabine Dietmann, Naoko Irie, Harry G. Leitch, Vasileios I. Floros, Charles R. Bradshaw, Jamie A. Hackett, Patrick F. Chinnery, and M. Azim Surani. 2015. ‘A Unique Gene Regulatory Network Resets the Human Germline Epigenome for Development’. Cell 161 (6): 1453–67. https://doi.org/10.1016/j.cell.2015.04.053.

Retour au bon sens, en appliquant la loi

Emmanuel Le Taillandier

Il est grand temps de revenir à des vérités simples et à des constats de bon sens. Prenons par exemple le cas de la corruption dans un pays : pour que cela se réalise il est évident qu’il faut être au moins deux : le corrupteur et le corrompu. C’est élémentaire ! Ensuite on peut débattre sur le degré de responsabilité de l’un et de l’autre. Le droit du commerce international sanctionne surtout le corrupteur quand des marchés sont passés de façon déloyale. Mais le corrompu s’est-il laissé corrompre ? Ou a-t-il exercé un chantage sur le corrupteur présumé en lui faisant comprendre qu’il fallait passer par le « bakchich » s’il voulait avoir quelque chance de travailler dans le pays ? Dans ce cas la responsabilité est partagée.

Dans le même ordre d’idées un débat vient enfin de s’ouvrir en ce qui concerne le trafic de drogue. Pour que cela marche, là aussi il faut être deux : le trafiquant, nommé aussi « dealer » et son client, le consommateur qui accepte de le payer, contribuant ainsi sciemment au blanchiment d’argent. Dans ce cas également, un débat peut s’ouvrir sur le degré de responsabilité de l’un et de l’autre. En effet le consommateur peut être, selon le jargon utilisé, « récréatif » (sic !) ou « problématique ».  On appelle consommateur problématique -le terme est élégant- une personne affectée par l’addiction à une drogue et qui ne peut plus s’en passer ; à moins d’en être sevrée. Le degré de responsabilité du consommateur « problématique » n’est pas le même que celui du consommateur dit « récréatif », même si au départ sa consommation était « récréative ». Il est évident néanmoins que la responsabilité est partagée, voire même renforcée par des tiers qui prétendent vouloir le bien de tous ou par des lobbys dont l’efficacité n’est plus à démontrer.

Ceci dit, quand un Ministre de l’intérieur, quelle que soit sa couleur politique, rappelle publiquement à Nîmes après deux assassinats de jeunes que « « s’il n’y avait pas consommation, il n’y aurait pas d’offres et donc pas de trafiquants », il ne fait qu’énoncer une vérité simple et un constat de bon sens qui devraient faire l’unanimité. Or ses propos font scandale auprès de certains. Pourtant il ne fait que formuler autrement ce qu’écrivait le 24 août dernier le Directeur adjoint des rédactions d’un grand journal populaire « Le Parisien » dans son éditorial sur « Un monde parallèle » :

« Un monde parallèle dont les consommateurs de cannabis, de cocaïne ou de
 drogues de synthèse font mine d’ignorer l’existence — car, si on peut souligner l’échec de décennies de politiques de sécurité et débattre des avantages et inconvénients d’une légalisation des drogues « douces », on ne peut passer sous silence la responsabilité des acheteurs qui entretiennent le trafic. Un monde pourtant si proche : Nîmes, Marseille, Besançon, Bobigny, Grenoble, Avignon…
 »

Nous insistons sur ce point car il est contesté par nombre de ceux-là mêmes qui ont en charge le respect de la législation relative au trafic de drogues. Nous nommons le Syndicat de la magistrature et nous sursautons quand nous entendons sur France INFO (26/06/2023) que ce syndicat fait partie d’un collectif qui a lancé une pétition demandant la suppression des sanctions pénales pour l’usage de drogues. « On veut faire croire que pour lutter contre les trafics, il faut s’attaquer aux consommateurs« , déplore ce groupe de professionnels chargés d’appliquer les lois.

Ce procès d’intention est délibérément maintenu dans le flou pour éviter toute sanction professionnelle : « On » veut faire croire, disent-ils. Qui est donc ce « On » qu’ils ne savent pas désigner ? Qui donc cherche à « faire croire » qu’on « s’attaque aux consommateurs » ? Qui donc est de mauvaise foi ? Quel serait l’intérêt de ceux qui chercheraient à « faire croire » ? Pourquoi en voudrait-on aux consommateurs dans une société réputée libérale ?

La Loi et l’État de droit ne s’attaquent à personne : au contraire « on »cherche à protéger la jeunesse, à protéger les habitants des cités et des quartiers, on cherche à éviter des assassinats, des guerres entre bandes rivales. C’est ce qu’a rappelé la Secrétaire d’État à la Ville le 25 août dernier sur BFM TV : « Je suis absolument contre la légalisation du cannabis ». Elle est sans nuances ;est-ce cela « s’attaquer aux consommateurs » ?

Ne prenons pas parti pour ou contre un ministre ou une Secrétaire d’État en fonction de son étiquette politique, mais attaquons-nous à ceux qui attentent à la Santé Publique, estimant que c’est notre devoir, sur la base de données scientifiquement et médicalement démontrées.

En vulgarisant ces données et ces arguments nous espérons que les magistrats syndicalistes prendront le temps de nous lire…et, surtout, qu’ils n’auront plus à condamner de jeunes assassins.

Extraits de l’article : « Cinq ans de légalisation du cannabis au Canada ; quel bilan ? » De la revue Newsweed (revue qui milite depuis 2015, pour la légalisation du cannabis)

« La légalisation du cannabis au Canada fête ses 5 ans. Elle n’est pas remise en question par l’État fédéral mais amène son lot d’inquiétudes pour les entreprises qui y prennent part et de nouveaux enjeux de santé et de société. Quel est le bilan de ces 5 années de cannabis légal »

« Assez mécaniquement, le nombre d’affaires judiciaires liées au cannabis a diminué de 73% pour les femmes et de 83% pour les hommes. Les infractions liées au cannabis signalées par la police sont passées de 99 pour 100 000 habitants en 2018, année de la légalisation, à 28 pour 100 000 habitants cinq ans plus tard ».                                                                                                         

«  Si la légalisation du cannabis a ouvert de nouvelles portes aux consommateurs récréatifs, elle a également soulevé des préoccupations en matière de santé.  Une étude menée en Ontario et en Alberta a fait état d’une augmentation inquiétante de 20% des cas d’intoxication et de troubles d’usage liés au cannabis. Une autre étude menée en Ontario a révélé que le nombre d’admissions aux urgences avait été multiplié par treize en raison du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, souvent dû à des consommations importantes et répétées.                         

Le nombre de femmes enceintes exposant leur fœtus au cannabis pendant la grossesse a doublé, et les visites à l’hôpital pour des enfants ayant ingéré du cannabis ont triplé. En outre, l’incidence des victimes d’accidents de voiture ayant du THC dans le sang a doublé, passant de 3,8% à 8,5%                                            

Le gouvernement fédéral du Canada est le principal bénéficiaire de la légalisation du cannabis. L’industrie légale du cannabis a contribué à hauteur de 30 milliards d’euros au produit intérieur brut du Canada depuis la légalisation, le marché récréatif évoluant autour des 3 milliards d’euros annuels. Néanmoins, les entreprises du cannabis peinent à être rentables. Seuls 20% environ des cultivateurs de cannabis auraient actuellement des flux de trésorerie positifs, ce qui témoigne des difficultés économiques du secteur ».

Remarques exprimées par le Pr. Jean Costentin :

Ce bilan, pour le moins négatif, fait l’impasse sur beaucoup de points importants.  exit : les troubles psychiatriques, la toxicité physique (supérieure à celle du tabac), la crétinisation, la baisse du Quotient Intellectuel, la démotivation, l’aboulie, le « j’menfoutisme », les effets épigénétiques que le consommateur peut transmettre à sa progéniture (malformations, autisme, schizophrénie, vulnérabilité aux toxicomanies, retard du développement psychomoteur, vulnérabilité à l’anxiété, aux troubles dépressifs, aux déficits cognitifs, à certains cancers. S’agissant des 30 milliards d’augmentation du PIB, dont 3 pour le marché « récréatif », d’où viennent les 27 autres ?  Confusion du chanvre textile et de ses graines, avec le chanvre indien ?

Dans un précédent communiqué, les Académies de médecine et de pharmacie s’étaient émues d’une consultation citoyenne portant sur le « cannabis récréatif » aux items orientés (1). Cette démarche s’inscrivait dans un mouvement idéologique visant à adouber au préalable un usage médical afin de donner à cette drogue des lettres de noblesse « thérapeutiques ».

Or, comme il vient d’être rappelé dans une méta-analyse récente : « La plupart des résultats associés aux cannabinoïdes ne sont étayés que par des preuves faibles (études observationnelles), avec une certitude faible à très faible (essais contrôlés randomisés) ou qui ne sont pas significatifs (études observationnelles, essai contrôlés randomisés) » (2).

En revanche, la toxicité du principal constituant psychotrope de la drogue, le tétrahydrocannabinol (THC) est parfaitement établie : toxicité physique supérieure à celle du tabac (cancers, infarctus, troubles du rythme cardiaque, AVC, artérites…), toxicité psychique (troubles cognitifs et anxiodépressifs, syndrome amotivationnel, désinhibition, induction ou aggravation de la schizophrénie…), effets sur la grossesse et sur la descendance, modifications épigénétiques (3, 4).

Il est aussi un inducteur de violences familiales, professionnelles, routières (avec 605 morts en 2021). La multiplication par 6 en 25 ans du taux de THC dans sa résine, augmente son pouvoir addictif et, partant, le recrutement des sujets qui en deviennent dépendants après l’avoir expérimenté ; ce qui exacerbe aussi sa toxicité physique et psychique ; on est très loin de la « drogue douce » longtemps présentée (5).

Ceci explique le nombre croissant et la gravité de ses effets indésirables et toxiques, tout particulièrement chez les plus vulnérables, les adolescents et les jeunes adultes. Son « usage problématique », dès l’âge de 17 ans a progressé, étant de 18 % en 2011 et de 25 % en 2017 (5). Plusieurs études ont confirmé ses effets délétères sur la maturation cérébrale, laquelle ne s’achève que vers 25 ans.

Elles montrent que l’usage du THC s’accompagne d’une dépendance et d’une baisse du quotient intellectuel, d’autant plus marquées que sa consommation est plus fréquente et précoce. Chez la femme enceinte, alors que la consommation d’alcool et de tabac a régressé, celle du cannabis a progressé d’une façon préoccupante.

Ses effets délétères ne se limitent pas à l’usager, ils affectent aussi sa descendance. Consommé pendant la grossesse, il agit au niveau du placenta (modifiant l’expression de certains gènes), avec des conséquences sur le fœtus (altérant son développement), mais également sur le nouveau-né (prématurité, petit poids de naissance, risques d’admission en soins intensifs…) et sur le nourrisson (risque accru de mort subite).

Sa consommation par un futur père, peut avoir des conséquences sur le fœtus qu’il engendrerait, qui pourraient aboutir à des troubles du spectre de l’autisme, des troubles psychotiques et intellectuels (6).Alors que la lutte visant à réduire les terribles méfaits sanitaires du tabac et de l’alcool n’est que de peu d’effets, ce serait une faute grave de légaliser une source d’addiction supplémentaire, alors que le Président de la République a fixé commeobjectif l’avènement d’une génération « zéro tabac » en 2032, le cannabis étant portésur les épaules du tabac.

Dans les pays qui ont légalisé son « usage récréatif », il a été montré que cettemesure ne réduit ni son usage, ni ses trafics (7). Quant aux hypothétiques recettesissues des taxes d’État, pour le tabac et pour l’alcool, elles couvrent moins de lamoitié des dépenses sanitaires liées à leur consommation.Aux États-Unis, où plus de 30 états ont légalisé son usage, les dernières données duNational Institute on Drug Abuse montrent que les consommations de cannabis ontatteint en 2022 des sommets historiques, chez les adultes en âge de procréer (tantpour la tranche des 31 à 50 ans, que chez les jeunes adultes âgés de 19 à 30 ans),chez lesquels les consommations ont considérablement augmenté et ce d’une façoncontinue, au cours de ces 5 dernières années (7).

Dans des études antérieures, ilavait été mis en évidence que la consommation de la drogue était plus élevée dansles Etats qui avaient légalisé l’usage récréatif, comparativement aux autres.Ainsi, par méconnaissance de tous ses effets délétères, la légalisation de « l’usagerécréatif » du cannabis constituerait une grave erreur sanitaire.

1-Communiqué bi-académique du 07 avril 2021.2- Solmi M, De Toffol M, Kim JY, Choi MJ, Stubbs B, Thompson T et al. Balancingrisks and benefits of cannabis use: umbrella review of meta-analyses of randomized controlled trials and observational studies. BMJ. 2023 Aug30;382:e072348. doi:10.1136/bmj-2022-072348.3- Cotier P, Mayer C, Etting I, Lorin de la Grandmaison G, Alvarez JC. Evaluation ofthe cardiovascular risk induced by cannabis use from a series of 43 autopsy cases.Int J Legal Med 2023 ;137 :1725-1733. doi: 10.1007/s00414-023-03079-x.4-Costentin J. Les effets épigénétiques du cannabis/tétrahydrocannabinol. Bull AcadNatl Med 2020 ; 204 : 570-576. doi.org/10.1016/j.banm.2020.04.004.5- Goullé JP, Guerbet M. L’usage récréatif du cannabis : des effets aux méfaits.Données épidémiologiques. Bull Acad Natl Med 2020 ;204 : 543-550.doi :10.1016/j.banm.2020.04.001.6- Lo JO, Hedges JC, Metz TD. Cannabis Use and Perinatal Health Research.JAMA. 2023; Aug 17. doi: 10.1001/jama.2023.14697.7- Marijuana and hallucinogen use, binge drinking reached historic highs amongadults 35 to 50. National Institute on Drug Abuse website.https://nida.nih.gov/news-events/news-releases/2023/08/marijuana-and hallucinogen-use-binge-drinking-reached-historic-highs-among-adults-35-to-50August 17, 2023 Accessed September 1, 2023.

L’appareil cardio-vasculaire n’aime pas le cannabis

               On savait la responsabilité du cannabis fumé (avec son oxyde de carbone et son THC) dans la survenue d’infarctus du myocarde (3ième cause), dans celle d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques chez des sujets jeunes, dans celle d’artérites des membres inférieurs. Voilà qu’on lui décrit maintenant une responsabilité dans le développement d’insuffisances cardiaques.

L’étude qui le montre a porté sur 157 000 sujets ayant un âge moyen de 54 ans (61% de femmes). Ils ont été suivis pendant 4 ans. Au cours de cette période d’observation, 2960, soit 2% d’entre eux, ont présenté une insuffisance cardiaque.  Après miseen relation de cette cardiopathieavec la consommation quotidienne de cannabis, il a été constaté que cettedernière était à l’origine d’un risque accru de 34% de développer une insuffisance cardiaque, relativement à ceux qui n’en consommaient pas.

Ref. :American Heart Association (AHA) Scientific session 2023,Yakubau Bene-Alhusan et coll. Daily marijuana use is associated with incident heart failure. “All of us” Research Program Nov. 13, 2023

ZERO TABAC AU ROYAUME-UNI ?

L’ancienne colonie inspire l’ancienne métropole. Un an après que la Nouvelle-Zélande a adopté un plan pour une génération sans tabac, le Premier Ministre britannique Rishi Sunak a annoncé, ce mercredi 4 octobre lors du congrès du Parti conservateur à Manchester, vouloir adopter une stratégie similaire. Le plan consiste à relever d’un an chaque année l’âge légal pour acheter du tabac, actuellement fixé à 18 ans au Royaume-Uni.

Ainsi, toutes les personnes nées à partir d’une certaine date, fixée au 1er janvier 2009 en Nouvelle-Zélande, ne pourraient jamais acheter légalement du tabac, tandis que ceux nés avant cette date conserveraient cette possibilité.

« Nous devons essayer d’empêcher les adolescents de commencer à fumer » s’est justifié le chef du gouvernement britannique, qui a rappelé que « que quatre fumeurs sur cinq ont commencé avant d’avoir 20 ans ». « Aucun d’entre nous, même ceux qui fument, ne voulons voir nos enfants devenir fumeurs et ce changement sauvera plus de vies que n’importe quelle autre décision que nous pourrions prendre ». Le leader conservateur a défendu l’idée d’une ligne médiane entre statu quoet prohibition totale du tabac. « Le tabagisme ne sera pas criminalisé et notre approche progressive signifie que toute personne qui peut légalement acheter des cigarettes aujourd’hui ne sera pas empêché de le faire à l’avenir » a expliqué le Premier Ministre.

Les blagounettes de la LXXXVIII

Quand mes amis me manquent, je fais comme pour les échalotes… je les fais revenir avec du vin blanc.

Tu es la levure de ma vie ! C’est-à-dire ? Tu me gonfles !

Ils passent leur journée à dormir, tu ne les vois qu’aux heures des repas. En fait, la seule différence entre un chat et un ado, c’est que le chat ne boit que du lait.

J’ai fait un test de QI, je suis rassuré : il est négatif.

Le gendarme : « Bonsoir, vous avez bu ? « Non » « Soufflez ! » « Où est le gâteau ? »

Je viens de lire un bouquin sur les méfaits de l’alcool, ça fait peur. À partir d’aujourd’hui, j’arrête de lire.

Les gens disent que boire du lait rend plus fort. Buvez 5 verres de lait et essayez de déplacer un mur, vous ne pouvez pas. Maintenant, buvez 5 verres de whisky. Le mur bouge tout seul.

Je bois tellement que si j’étais un super héros, on m’appellerait Barman.

Deux hommes discutent dans un café :
« J’ai lu dans le journal qu’un homme a tué sa femme le lendemain de sa nuit de noces ».L’autre répond « Parfois, la nuit porte conseil »

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Dry january :

Parmi les effets positifs du Dry january sur le long terme, 42 % des personnes ayant participé au défi estiment avoir depuis réduit leur consommation d’alcool.

Le Dry january a des effets positifs sur la consommation d’alcool sur le long terme.

SANTÉ – Arrêter l’alcool pendant un mois, et après ? En France, le Dry january – défi qui consiste à ne pas boire d’alcool le premier mois de l’année – a considérablement gagné en popularité, si bien qu’un tiers des Français y ont participé en 2023, selon l’IFOP. Si ses effets bénéfiques pendant le mois de janvier sont connus – meilleur sommeil, plus d’énergie – qu’en est-il de ses effets sur le long terme ?

Selon un sondage de YouGov pour Le HuffPost que nous révélons ce dimanche 14 janvier, 54 % des Français qui ont déjà fait le Dry january voient des effets positifs sur leur santé à long terme – c’est-à-dire au-delà de 6 mois. Le même pourcentage déclare avoir aussi une meilleure forme physique.

Autres bénéfices déclarés par les sondés ayant fait un Dry january : 39 % disent toujours faire des économies d’argent six mois après. Et pour cause, ils sont 42 % à estimer avoir réduit leur consommation d’alcool depuis la fin du défi, ou du moins à dire mieux la contrôler. Alors que la France compte encore 42,8 millions de consommateurs, ils sont 12 % des sondés ayant fait un Dry january a estimé que cela a engendré une moindre sociabilité.

L’alcool responsable de 41 000 morts par an

Les bénéfices de l’arrêt de l’alcool, ou d’une simple réduction, ne sont plus à prouver. Selon le site de l’Assurance maladie, réduire sa consommation augmente l’espérance de vie et apporte meilleure qualité de vie, mais aussi « une préservation de l’autonomie, de meilleures performances cognitives ainsi qu’une amélioration de l’humeur et de l’anxiété ».

Si l’arrêt de l’alcool augmente l’espérance de vie, c’est que sa consommation est responsable directement ou indirectement de plus d’une soixantaine de maladies (cancers, maladies cardiovasculaires, digestives, mentales, etc.).

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Les voeux du CNPERT pour 2024

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Chers collègues, sympathisants et amis,

C’est une tâche bien agréable que nous réserve ce début d’année, celle de vous offrir nos vœux de santé, de bonheur et de succès personnels et collectifs.

Notre CNPERT en a besoin, lancés comme nous le sommes dans une lutte de longue haleine où la santé publique n’est malheureusement pas une priorité. C’est une raison majeure d’affirmer cette année que nous en faisons une priorité pour la génération actuelle et toutes celles à venir

Nous saluons l’arrivée à la présidence du CNPERT du Professeur Jean-Pierre Goullé qui alors qu’il vient de terminer un parcours remarquable à la tète de l’Académie nationale de médecine, enchaine cette nouvelle présidence.

Souhaitons lui, sans en douter, le même succès que dans toutes les instances qu’il a dirigées, il sait aussi qu’il peut compter sur nous.

C’est aussi le moment de saluer le travail accompli par l’ancien Président, le Professeur Jean Costentin, véritable pionnier et pilier de la lutte contre l’usage des drogues, infatigable pourfendeur d’une complaisance plus ou moins affichée de nos dirigeants.

Il ne nous quitte pas cependant puisqu’il reprend les fonctions qu’occupait Jean-Pierre Goullé.

Les éditeurs du Blog restent à leurs postes et à votre écoute, soucieux de vous apporter, outre les bases actualisées du dossier des méfaits des drogues, une plate- forme de rencontres et de discussions entre gens compétents, décidés et de bonne foi.

Ce sont nos propres vœux, nous vous attendons.
Jean-Paul Tillement et Guy Millant

Tout savoir sur la 3-MMC : cette nouvelle drogue de synthèse

Lise Lafaurie Journaliste nutrition, bien-être, santé, food – Publié le 12/01/2024 –  en collaboration avec Gonzague de Larocque (médecin addictologue et sexologue)

D’où vient-elle ? Quels sont ses effets ? Quels sont les risques en cas d’addiction ? Les réponses du Docteur Gonzague de Larocque médecin Addictologue et sexologue à Paris. 

Composition : C’est quoi la 3 MMC (3-méthylméthcathinone) ?

La 3MMC est une drogue apparue au début des années 2010, qui appartient à la catégorie des cathinones de synthèse, des composés liés à l’alcaloïde stimulant dérivé de la plante Catha edulis dite khat, cultivée en Afrique de l’Est et dans le sud-ouest de la péninsule arabique. « Bien qu’issue d’une plante, la 3MMC est loin d’être naturelle, car elle est largement modifiée chimiquement en laboratoire » indique le Dr De Larocque. Dans la grande famille des cathinones de synthèse issues du Kath, il existe plus d’une cinquantaine de drogues, dont les plus connues sont la méphédrone, la 4-MEC, la MDPV, et l’alpha-PVP.

Son nom chimique est la 3-méthylméthcathinone, également connue sous le nom de métaphédrone. La 3MMC se présente sous la forme poudre, de cristaux qui ressemblent à des sels de bains ou encore de comprimés. Elle peut être : ingérée (voie orale), sniffée (voie nasale), injectée (par seringue dans le sang par une veine) ou insérée par voie anale.

Quels sont les effets de la drogue 3-mmc ?

La 3MMC agit en tant que stimulant du système nerveux central et possède des effets similaires à ceux de la MDMA (ecstasy) et d’autres amphétamines. On en entend beaucoup parler depuis quelques temps, notamment depuis l’affaire Pierre Palmade, car elle est largement utilisée dans le contexte des soirées Chemsex.  » Ses effets sont proche de ceux des amphétamines (ecstazy) et de la cocaïne : euphorisant, augmentation des perceptions sensorielle, élévation du moi, maintient en éveil (ce qui permet d’avoir des plans sexuels qui durent longtemps), effet empathogène (augmente la sensation d’empathie et le désir de contact avec les autres) et surtout désinhibition importante » résume le médecin addictologue.

C’est quoi une soirée chemsex ?

Aussi connue sous le nom de « party and play » (PnP), le chemsex est une pratique sociale où des individus consomment des substances psychoactives, dans le contexte d’activités sexuelles. Le terme « chemsex » est une contraction de « chemical » (chimique) et « sex » (sexe). « Ces soirées sont nées il y a quelques décennies en Angleterre et en Allemagne, principalement dans le milieu gay et séropositif : ces hommes qui subissaient la sérophobie étaient assez isolés et se retrouvaient entre eux pour ces soirées » raconte le Dr De Larocque. Puis, petit à petit, elles ont débordé de la communauté homosexuelle et se sont répandues dans tous les pays européens.

Les adeptes de chemsex -chemsexeurs – sont aussi appelés « cols blancs », car ce sont des personnes socialisées, qui travaillent et ne sont pas issues de milieux défavorisés. « C’est d’ailleurs une partie du problème lorsqu’ils tombent dans l’addiction : ils ne se reconnaissent souvent pas dans le profil du toxicomane et sont un peu dans le déni, ce qui rend toute prise en charge plus compliquée » explique l’addictologue.

Quel est le prix de cette cathinone de synthèse ?

La 3MMC est une drogue bien meilleur marché que toutes les autres drogues aux effets similaires, et c’est aussi ce qui la rend si attractive et accessible. « Les adeptes s’en procurent facilement sur le Darkweb, et son prix est largement inférieur à celui de la cocaïne » indique le médecin spécialiste. Selon les sources, elle serait vendue 20 à 40 euros soit entre 2 et 4 fois moins cher que la cocaïne.

Combien de temps reste-t-elle dans le sang ?

La détection de la 3-MMC se fait par des techniques avancées de chromatographie.La durée pendant laquelle la 3-MMC (3-Méthylméthcathinone) reste détectable dans le sang dépend de plusieurs facteurs, tels que la fréquence de consommation, la dose absorbée, le métabolisme de chacun, son poids corporel… En général, elle peut être détectée dans le sang pendant quelques heures à quelques jours après sa consommation, en fonction des méthodes de test utilisées et de la sensibilité du test.

Il faut savoir que la 3-MMC est plus longtemps détectable dans l’urine que dans le sang.

Addiction, overdose, accidents : Quels sont les risques et dangers de la 3MMC ?

  • Effets cardiovasculaires : « elle est cardiotonique, ce qui signifie qu’elle provoque une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle. Elle peut entraîner des problèmes cardiovasculaires grave allant jusqu’à l’arrêt cardiaque » alerte le spécialiste.
  • Effets psychiatriques : La 3-MMC peut entraîner des effets psychiatriques tels que l’anxiété, la paranoïa, les hallucinations et même des épisodes psychotiques, en particulier à des doses élevées. « Il arrive que des consommateurs aient des délires important les poussant à se mettre en danger, voire à se tuer » ajoute le Dr De Larocque.
  • Dépendance : Comme de nombreuses substances psychoactives, l’utilisation fréquente de la 3-MMC peut entraîner une dépendance. « L’addictivité est importante, mais comme toujours, elle rencontre des fragilités neuronales chez certaines personnes, qui font qu’une addiction se développe. Certaines personnes réussissent à consommer occasionnellement sans jamais tomber dans l’addiction » explique l’expert. Lorsque l’addiction se met en place, les conséquences psychosociales sont alors dramatiques.
  • Comportements à risque : L’utilisation de 3-MMC diminue les inhibitions et augmente les comportements à risque, en particulier sur le plan sexuel. La transmission d’infections sexuellement transmissibles (IST) est un risque important.
  • Problèmes de sommeil : La 3-MMC peut perturber le cycle du sommeil, entraînant des problèmes d’insomnie et de fatigue.
  • Overdose : La prise de doses excessives de 3-MMC peut entraîner une surdose, avec des conséquences potentiellement graves, y compris des crises, des problèmes cardiaques et la perte de conscience.

Enfin, lorsqu’elle est inhalée par le nez, la 3MMC est particulièrement nocive pour les cloisons nasales et peut donc à l’usage provoquer de sérieuses lésions.

Quelle prise en charge en cas d’addiction à la 3MMC ?

Comme toutes les addictions, et peut être plus encore, le traitement de la dépendance à la 3MMC est compliqué, et nécessite une véritable implication du patient. « La difficulté supplémentaire réside dans le fait qu’il y a généralement une double addiction : au sexe et à la substance. La sexualité induisant le besoin de drogue, le patient doit donc dans un premier temps être abstinent sexuellement, avant de réapprendre dans un second temps à avoir des relations sexuelles sans être sous emprise de drogue » détaille l’addictologue. Et c’est bien souvent compliqué, car après avoir vécu des soirées chemsex où les sensations sont largement décuplées, la sexualité sobre devient fade et sans intérêt.

La prise en charge est multidisciplinaire et passe tout d’abord par une évaluation médicale afin de faire le point sur la santé physique et mentale du patient. La désintoxication, ou sevrage est ensuite la première étape indispensable : elle peut être effectuée dans un cadre médical sous la supervision de professionnels de la santé.La prise en charge psychologique passe souvent par une TCC (thérapie comportementale et cognitive) qui apprend au patient à modifier ses schémas de pensée et ses comportements associés à la consommation de substances, afin de l’aider la personne à développer des habitudes plus saines et à résister aux déclencheurs de l’usage de substances.

Il existe également plusieurs solutions d’accompagnements ou dispositif d’aide et d’écoute, accessibles à tous, en cas d’usage problématique :

  • Les Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (CAARUD) ;
  • Les Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) ;
  • Le groupe d’entraide Facebook « Info Chemsex (by AIDES) » mis en place par l’association AIDES (groupe privé et accessible sur demande) ;
  • La ligne chemsex d’AIDES sur WhatsApp ou Signal au 07 62 93 22 29 

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THAÏLANDE : 18 MOIS APRÈS SA DÉPÉNALISATION, L’USAGE RÉCRÉATIF DU CANNABIS VA ÊTRE INTERDIT

De nombreux touristes profitaient de la dépénalisation du cannabis. [MANAN VATSYAYANA / AFP]

Publié le 10/01/2024

Une marche arrière qui fait du bruit sur le continent asiatique. Près d’un an et demi après avoir décriminalisé le cannabis, la Thaïlande s’apprête à revenir sur ses pas en interdisant à nouveau l’utilisation de la plante à des fins récréatives.

Selon CNN, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur en 2023 serait à l’origine de ce changement. Ce mardi, le ministère de la Santé a publié un projet de loi indiquant que les contrevenants risquaient de lourdes amendes ou jusqu’à un an de prison, voire les deux sanctions.

Avec ce projet de loi, l’usage du cannabis médical sera le seul autorisé sur le territoire, comme cela était déjà le cas depuis 2018.

L’ASIE STRICTE FACE À L’USAGE DE DROGUES

«La Thaïlande promouvra des politiques relatives au cannabis à des fins médicales. Nous n’avons jamais songé à encourager les gens à consommer du cannabis à des fins récréatives ou à l’utiliser d’une manière qui pourrait irriter les autres», a indiqué Anutin Charnvirakul, l’ancien ministre de la Santé qui a fait pression pour la légalisation du cannabis dans le pays. 

Malgré la précédente décriminalisation du cannabis, fumer du cannabis restait illégal dans le pays. Pourtant, de nombreux touristes étrangers ont pu se rendre en Thaïlande afin de profiter de tout le commerce lié à cette plante : dispensaires, spas au chanvre, festivals…

Une dépénalisation qui avait fait grand bruit, alors que de nombreux pays de la région imposent d’importantes sanctions en cas de possession, de trafic ou de consommation de cannabis. À Singapour, le trafic de drogue est notamment puni de la peine de mort.

THAÏLANDE CANNABIS

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