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janvier 2024

Tabac, alcool, cancers
 comment la prĂ©vention peut faire gagner des mois de vie en plus

Par Marie-Cécile Renault Publié le 19/01/2024

DÉCRYPTAGE – Mieux dĂ©pister les cancers et lutter contre les addictions dĂ©gagerait un gain de 5 milliards Ă  16,7 milliards d’euros.

À peine nommĂ©e Ă  la tĂȘte d’un vaste ministĂšre – allant du Travail Ă  la SantĂ© en passant par les SolidaritĂ©s -, Catherine Vautrin s’est fait critiquer pour la banniĂšre de son compte X (ex-Twitter). La RĂ©moise de 63 ans y avait postĂ© une photo de vignes de Champagne
 qu’elle s’est empressĂ©e de remplacer par un clichĂ© de sa visite Ă  l’hĂŽpital de Dijon, samedi dernier avec Gabriel Attal. Anecdotique certes, mais en plein « dry january », cet Ă©pisode est rĂ©vĂ©lateur des enjeux de santĂ© publique liĂ©s Ă  l’alcool, deuxiĂšme cause Ă©vitable de mortalitĂ© par cancer, responsable chaque annĂ©e de 28.000 nouveaux cas. Le sujet a d’autant plus Ă©chauffĂ© les esprits que la prĂ©vention a disparu de l’intitulĂ© du poste de Catherine Vautrin, lĂ  oĂč ses prĂ©dĂ©cesseurs AurĂ©lien Rousseau et François Braun Ă©taient ministres de la SantĂ© et de la PrĂ©vention. Autant dire que les acteurs du secteur attendent la nomination d’un ministre dĂ©lĂ©guĂ© – le nom d’AgnĂšs Pannier-Runacher revient pour ce poste avec insistance – qui retrouve cette prĂ©rogative dans son pĂ©rimĂštre.

Car dans un systĂšme de santĂ© français essentiellement axĂ© sur le curatif, la prĂ©vention est un enjeu majeur. D’une part, c’est un moyen d’amĂ©liorer la santĂ© des Français, alors que l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance a encore augmenté : les hommes dĂ©passant dĂ©sormais la barre des 80 ans en moyenne et les femmes 85,7 ans, selon le dernier bilan dĂ©mographique de l’Insee.

D’autre part, c’est un moyen de dĂ©sengorger le systĂšme de soins, alors que les urgences restent asphyxiĂ©es, que des lits hospitaliers sont fermĂ©s faute de personnel, et que les mĂ©decins de ville manquent. Enfin, la prĂ©vention est un levier puissant pour rĂ©aliser des Ă©conomies qui pourront ĂȘtre rĂ©investies dans le systĂšme de santĂ©, lĂ  oĂč il y en a le plus besoin. Une nĂ©cessitĂ© alors que les comptes de la SĂ©cu s’enfoncent dans le rouge : de 8,8 milliards en 2023, le « trou de la SĂ©cu » va encore se creuser Ă  11,2 milliards cette annĂ©e et 17,5 milliards en 2027.

Or la France part de trĂšs loin en matiĂšre de prĂ©vention. Les rĂ©sultats obtenus sont Â«â€Šglobalement mĂ©diocres Â», malgrĂ© un effort financier comparable Ă  celui des pays voisins, dĂ©plorait la Cour des comptes dans un rĂ©cent rapport, soulignant que les programmes de prĂ©vention mĂ©dicalisĂ©e (vaccination et dĂ©pistage), comme les actions de promotion de la santĂ©, Â«â€Šsouffrent d’une adhĂ©sion trop faible Â».

Pourtant, si la France Ă©tait aussi efficace sur le sujet que la moyenne des pays de l’OCDE, il serait possible de rĂ©aliser 5 milliards d’euros d’Ă©conomie par an sur les dĂ©penses de santĂ©, tout en augmentant l’espĂ©rance de vie des Français de 8 mois sans maladie chronique ou grave terme, rĂ©vĂšle une Ă©tude du cabinet AsterĂšs rĂ©alisĂ©e pour l’association des acteurs de la French Care. Dans un scĂ©nario plus optimiste, oĂč la France s’alignerait cette fois sur les pays ayant les meilleurs scores, l’Ă©conomie potentielle grimperait jusqu’Ă  16,7 milliards d’euros tandis que l’espĂ©rance de vie en bonne santĂ© augmenterait de 2 ans.

Haro sur le tabac et l’alcool

Pour rĂ©aliser ces modĂ©lisations, AsterĂšs a identifiĂ© 15 indicateurs couvrant des aspects tels que les comportements Ă  risque (alimentation, activitĂ© physique, tabagisme, consommation d’alcool, surpoids et obĂ©sitĂ©), le dĂ©pistage de certains cancers et la vaccination. Pour chaque pathologie, le cabinet a calculĂ© les coĂ»ts associĂ©s, allant des traitements Ă  la prise en charge hospitaliĂšre, en passant par les dĂ©penses de l’Assurance-maladie pour chaque jour non travaillĂ©.

RĂ©sultat, si la France apparaĂźt mieux placĂ©e que la moyenne dans certains domaines – par exemple l’alimentation ou la vaccination contre la grippe -, elle est trĂšs en retard par exemple dans la lutte contre deux habitudes Ă  risque : le tabac et l’alcool. Les Français sont 26 % Ă  fumer quotidiennement (contre 16 % en moyenne dans l’OCDE) et ils consomment en moyenne 10,4 litres d’alcool par an (contre 8,4 litres). Â«â€ŠIl y a un enjeu Ă  mieux lutter contre la consommation de tabac et d’alcool, oĂč nous avons de vraies marges de progression Â», insiste Antoine TesniĂšre, professeur d’anesthĂ©sie-rĂ©animation, prĂ©sident des acteurs de la French Care et directeur de PariSantĂ© Campus.

Environ 9200 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque annĂ©e au manque de dĂ©pistage en France ainsi que 11.000 Ă  des stades avancĂ©s, avec un coĂ»t du non-dĂ©pistage qui varie de 2400 Ă  6500 euros par patientAntoine TesniĂšre, professeur d’anesthĂ©sie-rĂ©animation, prĂ©sident des acteurs de la French Care et directeur de PariSantĂ© Campus

Des progrĂšs seraient aussi possibles en amĂ©liorant le dĂ©pistage prĂ©coce des cancers, premiĂšre cause de mortalitĂ© prĂ©maturĂ©e en France. Alors que l’Assurance-maladie propose le dĂ©pistage systĂ©matique de trois cancers (sein, col de l’utĂ©rus et colorectal) les performances sont dĂ©cevantes avec une participation infĂ©rieure en France Ă  la moyenne de l’OCDE pour deux cancers sur trois. Â«â€ŠEnviron 9200 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque annĂ©e au manque de dĂ©pistage en France ainsi que 11.000 Ă  des stades avancĂ©s, avec un coĂ»t du non-dĂ©pistage qui varie de 2400 Ă  6500 euros par patient Â», souligne Antoine TesniĂšre.

En revanche, la France, pays de Pasteur, affiche des taux de vaccination satisfaisants, exception faite de la vaccination contre le HPV. Plus de 6100 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque annĂ©e Ă  la faible vaccination contre le papillomavirus et la prise en charge d’un cancer attribuable au HPV coĂ»te en moyenne 6400 euros par patient et par an, soit 6100 euros pour l’Assurance-maladie et 300 euros pour les complĂ©mentaires santĂ©, indique l’Ă©tude. La dĂ©cision de l’exĂ©cutif de gĂ©nĂ©raliser le vaccin pour tous les Ă©lĂšves de cinquiĂšme dĂšs la rentrĂ©e 2023, devrait ainsi permettre d’amĂ©liorer la prĂ©vention.

De mĂȘme, les consultations de prĂ©vention aux Ăąges clĂ©s de la vie, voulues par le gouvernement, commencent Ă  se dĂ©ployer depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, aprĂšs avoir Ă©tĂ© expĂ©rimentĂ©es entre octobre et dĂ©cembre dans les Hauts-de-France. Un premier pas d’une rĂ©volution indispensable.

Source

Fringale et cannabis : le lien enfin expliquĂ© par la science

PUBLIÉ LE 19 JAN 2024 GUYONNETHTTPS://WWW.SCIENCE-ET-VIE.COM/AUTEUR/LOUISE-GUYONNET

Des neuroscientifiques de l’universitĂ© de Washington ont analysĂ© le phĂ©nomĂšne de “fringale” chez les consommateurs de cannabis.

Comment expliquer cette sensation de faim difficilement contrĂŽlable chez les consommateurs de cannabis ? Selon les chercheurs, tout se joue dans l’hypothalamus
 

La sensation de faim qui fait planer 

Sensation de faim violente et pressante, la fringale est difficilement contrĂŽlable. Cette impulsion est bien connue des adeptes du cannabis, qui dĂ©crivent cette impression souvent post-consommation. Effet secondaire connu, certes, et dĂ©sormais expliquĂ© grĂące Ă  l’initiative de neuroscientifiques de l’universitĂ© de Washington, qui se sont penchĂ©s sur cet effet dĂ©vorant de la drogue douce. 

Lire aussi >> Cannabis et schizophrĂ©nie : un lien complexe

Une Ă©tude se serait donc focalisĂ©e sur l’hypothalamus, une rĂ©gion du cerveau connue comme fonctionnant comme une sorte de “centre de coordination de contrĂŽle” pour le corps. L’hypothalamus est en connexion avec la glande responsable de la production d’hormones et celles associĂ©es Ă  l’impression de faim. Juste avant, on retrouve un amas de neurones appelĂ© ‘arc’.

C’est cette partie de l’hypothalamus qui retient toute l’attention des scientifiques, puisqu’elle serait responsable du comportement alimentaire.  

Herbe et hypothalamus

A partir d’expĂ©riences menĂ©es sur des rongeurs, oĂč des rats ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  des vapeurs de cannabis, les chercheurs ont dĂ©couvert que le cannabis impact l’arc. Des petits groupes de neurones inclus dans l’arc contiennent en effet des rĂ©cepteurs cannabinoĂŻdes qui sont dĂ©sinhibĂ©s sous l’effet de la drogue. «Lorsque les souris reçoivent du cannabis, des neurones qui ne sont gĂ©nĂ©ralement pas actifs s’activent Â», prĂ©cise le neuroscientifique Jon Davis.

Ces rĂ©cepteurs activĂ©s par les effluves de cannabis empĂȘchent Ă©galement les neurones de recevoir des messages d’arrĂȘt de la part des autres neurones. Ainsi, les rongeurs cobayes de l’expĂ©rience ont eu un comportement alimentaire dĂ©rĂ©glĂ© et se sont mis Ă  manger davantage. A partir de ces rĂ©sultats et des conclusions Ă©tablies par cette expĂ©rience, il serait possible de dĂ©velopper des mĂ©dicaments pour lutter contre des TCA spĂ©cifiques, comme l’anorexie. 

Ces rĂ©cepteurs se trouvant dans l’arc n’ont pas l’apanage du sentiment de fringale : d’autres Ă©tudes montrent que des neurones Ă©galement situĂ©s dans l’hypothalamus, les neurones POMC , Ă  l’origine de la satiĂ©tĂ©, y jouent Ă©galement un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant. 

Sources : Scientific Reportsnature

Manifestations psychiques et physiques en lien avec la consommation de cannabis

La consommation de cannabis entraĂźne des effets Ă  trĂšs court, moyen et long terme, qui doivent ĂȘtre reconnus. En l’absence d’antidote et de traitement spĂ©cifique, la prise en charge, lorsqu’elle se justifie, peut faire appel Ă  des traitements symptomatiques.

Isabelle Hoppenot 16 janvier 2024

Le delta-9-tĂ©trahydrocannabinol (THC) largement en cause. 

Le delta-9-tĂ©trahydrocannabinol (THC) largement en cause. 

Résumé

Le New England Journal of Medicine a rĂ©cemment publiĂ© une revue sur les effets psychiques et physiques du cannabis.

La consommation de cannabis entraĂźne des manifestations psychiques et physiques largement imputables Ă  l’un des 125 phytocannabinoĂŻdes qui entrent dans sa composition, le delta-9-tĂ©trahydrocannabinol (THC).

L’intoxication aiguĂ« se traduit, dans les 24 heures aprĂšs la prise, par des signes psychiques, cognitifs et physiques, dont l’intensitĂ© et la durĂ©e dĂ©pendent de la dose, du mode de consommation et de la tolĂ©rance de l’individu.

L’hyperĂ©mĂšse cannabinoĂŻde est une entitĂ© de reconnaissance plus rĂ©cente, qui doit ĂȘtre Ă©voquĂ©e face Ă  des vomissements cycliques chez un consommateur rĂ©gulier.

De maniĂšre subaiguĂ«, jusqu’à un mois suivant la prise, certaines personnes peuvent prĂ©senter des troubles d’ordre psychiatriques (troubles anxieux, du sommeil et/ou psychotiques, confusion), qui peuvent nĂ©cessiter une prise en charge symptomatique.

En cas d’élĂ©ments psychotiques, une Ă©volution vers un trouble psychotique Ă  long terme, non diffĂ©renciable de la schizophrĂ©nie, est rapportĂ©e dans un nombre non nĂ©gligeable de cas.  

Lors du sevrage, les signes sont le plus souvent spontanément résolutifs.

N.B. : les troubles de l’usage ne sont pas abordĂ©s dans cette actualitĂ©.

La majoritĂ© des effets du cannabis dĂ©coulent de l’interaction entre le delta-9-tĂ©trahydrocannabinol (THC), considĂ©rĂ© comme son principal composĂ© psychoactif, et le systĂšme cannabinoĂŻde endogĂšne. Le cannabidiol (CBD), autre phytocannabinoĂŻde largement Ă©tudiĂ©, a aussi des propriĂ©tĂ©s psychoactives (anxiolytique, analgĂ©sique et possiblement antipsychotique), mais il est dĂ©nuĂ© d’effet euphorisant.

Une publication rĂ©cente du New England Journal of Medicine [1] fait le point sur le diagnostic et le traitement des diffĂ©rentes manifestations cliniques en lien avec la consommation de cannabis (plante de chanvre, analogues et dĂ©rivĂ©s), dont des troubles psychiatriques listĂ©s dans le DSM-V-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, fifth edition, text revision). Certaines peuvent apparaĂźtre rapidement aprĂšs la prise, d’autres de façon subaiguĂ« ou chronique.

L’intoxication aiguĂ«, des symptĂŽmes psychiques, cognitifs et physiques

Les manifestations de l’intoxication aiguĂ« au cannabis dĂ©butent rapidement et durent typiquement moins de 24 heures. La prise de cannabis induit toute une variĂ©tĂ© d’effets psychologiques et physiologiques aigus, dont l’intensitĂ© et la durĂ©e varient en fonction de la dose (de THC essentiellement), de la voie d’administration et du degrĂ© de tolĂ©rance du sujet.

Parmi les effets aigus psychiques et cognitifs, sont dĂ©crits l’euphorie, la relaxation et la sĂ©dation, les fringales, l’altĂ©ration de la mĂ©moire Ă  court terme, de la concentration et de la coordination psychomotrice. Certaines personnes peuvent ressentir une anxiĂ©tĂ© accrue, des attaques de paniques ou de paranoĂŻa. La survenue de symptĂŽmes psychotiques, tels que des altĂ©rations de la perception, des hallucinations ou un syndrome confusionnel est possible, mais moins frĂ©quente.

Les symptĂŽmes physiques sont Ă©galement nombreux : troubles de la coordination motrice, troubles de l’élocution, sĂ©cheresse de la bouche, injection conjonctivale, tachycardie, hypotension orthostatique et nystagmus horizontal. L’inhalation de cannabis peut induire de la toux, un wheezing, une dypsnĂ©e, une augmentation des expectorations et une exacerbation d’asthme. Et quel que soit le mode de consommation, le cannabis peut provoquer des troubles du rythme transitoires, tels que fibrillation atriale, tachycardie supraventriculaire, extrasystoles ventriculaires, parfois tachycardie ventriculaire non soutenue.

Enfin, le cannabis altĂšre les capacitĂ©s de conduite de vĂ©hicules, et est associĂ© Ă  une augmentation de 30 Ă  40 % du risque d’accident (chiffre Ă  mettre en parallĂšle Ă  une augmentation de 250 Ă  300 % de ce risque observĂ©e en cas d’alcoolĂ©mie de 0,8 g/L).

La durĂ©e d’évolution de ces symptĂŽmes varie en fonction du mode de consommation. AprĂšs inhalation, ils surviennent en quelques minutes et persistent pendant 3 Ă  4 heuresEn cas d’ingestion, les signes d’intoxication apparaissent aprĂšs un dĂ©lai de 30 minutes Ă  3 heures et durent environ de 8 Ă  12 heures.

Chez les personnes qui en prennent pour la premiĂšre fois ou de façon trĂšs occasionnelle, l’intoxication au cannabis survient classiquement aprĂšs une dose de 2 Ă  3 mg de THC inhalĂ© ou de 5 Ă  10 mg ingĂ©rĂ©.

L’intoxication aiguĂ«, le plus souvent lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e

Dans la majoritĂ© des cas, cette intoxication est lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e et, la plupart du temps, ne conduit pas Ă  demander un avis mĂ©dical. Les personnes qui consultent sont gĂ©nĂ©ralement celles prĂ©sentant une anxiĂ©tĂ© importante ou une attaque de panique, des symptĂŽmes psychotiques au premier plan ou encore une altĂ©ration marquĂ©e de la coordination motrice.

Une prise en charge en milieu hospitalier s’impose en cas de troubles de l’humeur sĂ©vĂšres (idĂ©es suicidaires, par exemple) et de symptĂŽmes psychotiques.

Il n’y a pas d’antidote ni de traitement spĂ©cifique. Le patient doit rester dans un environnement calme et ĂȘtre rassurĂ©. En cas d’agitation ou d’anxiĂ©tĂ© majeure, il peut ĂȘtre fait appel Ă  une benzodiazĂ©pine. Les signes psychotiques rĂ©pondent gĂ©nĂ©ralement Ă  un antipsychotique de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, Ă  une posologie adaptĂ©e Ă  la sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes.

L’ingestion accidentelle de cannabis chez l’enfant peut provoquer un coma, des convulsions ainsi qu’une dĂ©tresse cardiorespiratoire.

Quatre syndromes psychiatriques subaigus

La prise de cannabis peut aboutir Ă  quatre syndromes psychiatriques subaigus, marquĂ©s par une persistance des symptĂŽmes plus de 24 heures aprĂšs la prise ou dont la sĂ©vĂ©ritĂ© nĂ©cessite une prise en charge adaptĂ©e, et durant moins d’un mois.

Les symptĂŽmes sont proches de ceux observĂ©s au cours de ces mĂȘmes syndromes non liĂ©s Ă  la prise d’une substance, mais le diagnostic est suggĂ©rĂ© par leur survenue pendant ou peu aprĂšs la consommation de cannabis, ou Ă  l’arrĂȘt de cette consommation, et leur rĂ©solution dans le mois qui suit l’abstinence.

Le traitement est trĂšs orientĂ© par les symptĂŽmes et, en l’absence d’études cliniques de qualitĂ©, surtout guidĂ© par l’expĂ©rience du praticien.

Trouble anxieux

Le trouble anxieux induit par le cannabis peut se manifester par une anxiĂ©tĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e ou par des attaques de panique, semblables Ă  celles survenant en dehors de toute consommation de cannabis. Sa prĂ©valence est mal connue, mais il serait responsable de 20 Ă  25 % des passages aux urgences en lien avec le cannabis. Il n’y a pas de donnĂ©es sur son Ă©volution.

Trouble psychotique

Des symptĂŽmes psychotiques transitoires sont rapportĂ©s par de 5 Ă  50 % des adultes, le risque Ă©tant plus Ă©levĂ© en cas d’antĂ©cĂ©dents personnels ou familiaux de symptĂŽmes psychotiques. Certaines variations allĂ©liques du gĂšne de la catĂ©chol O-mĂ©thyltransfĂ©rase (enzyme responsable de la dĂ©gradation de la dopamine) sont associĂ©es Ă  un risque accru de psychose induite par le cannabis.

Les registres scandinaves estiment Ă  de 3 Ă  6 /100 000 l’incidence annuelle de symptĂŽmes psychotiques liĂ©s Ă  la prise de cannabis nĂ©cessitant une prise en charge mĂ©dicale.

Les donnĂ©es en population montrent qu’un trouble psychotique Ă  long terme, non diffĂ©rentiable de la schizophrĂ©nie, surviendrait chez de 20 Ă  50 % des patients ayant eu un trouble psychotique subaigu induit par le cannabis. Cette Ă©volution serait plus frĂ©quente chez ceux ayant dĂ©butĂ© leur consommation Ă  l’adolescence ou en cas d’utilisation de cannabis Ă  forte concentration de THC.

Troubles du sommeil

Le cannabis, et plus particuliĂšrement le THC, rĂ©duit la latence Ă  l’endormissement et augmente la durĂ©e du sommeil, mais a peu d’effets sur l’architecture du sommeil. Ces effets tendent Ă  diminuer avec la rĂ©pĂ©tition des prises, sans doute en lien avec un phĂ©nomĂšne de tolĂ©rance.

Le sevrage a, en revanche, un impact marquĂ© sur le sommeil, rapportĂ© par les deux tiers des patients. Les insomnies et cauchemars peuvent persister plusieurs semaines aprĂšs la disparition des autres symptĂŽmes de sevrage.

Aucun traitement n’a fait la preuve de son efficacitĂ© sur les troubles du sommeil induits par le cannabis. Une meilleure hygiĂšne de sommeil et une thĂ©rapie cognitive et comportementale peuvent ĂȘtre proposĂ©es, mais ces approches n’ont pas Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es cliniquement.

Syndrome confusionnel

Le syndrome confusionnel induit par le cannabis est mal compris. Les quelques cas publiĂ©s indiquent qu’il s’agit plus souvent d’une forme hyperactive, caractĂ©risĂ©e par une hyperactivitĂ©, une agitation, une dysautonomie et une dĂ©sorientation, souvent associĂ©es Ă  des hallucinations. Un traitement par antidĂ©presseur tricyclique pourrait ĂȘtre un facteur de risque de ce syndrome, qui doit ĂȘtre distinguĂ© d’une psychose induite par le cannabis.

HyperĂ©mĂšse cannabinoĂŻde 

Le syndrome d’hyperĂ©mĂšse cannabinoĂŻde associe nausĂ©es, vomissements cycliques et douleurs abdominales survenant gĂ©nĂ©ralement dans les 24 heures suivant une prise importante et rĂ©pĂ©tĂ©e de cannabis. Il reprĂ©sente une cause importante de consultation dans les services d’urgence et serait Ă  l’origine de 10 % des vomissements cycliques. Il doit donc ĂȘtre reconnu afin d’éviter la multiplication d’examens complĂ©mentaires inutiles. 

Le contexte de consommation de cannabis, Ă  toujours rechercher Ă  l’interrogatoire face Ă  des vomissements cycliques, la rĂ©solution des troubles par la prise de douches chaudes et leur disparition avec le sevrage prolongĂ© font Ă©voquer le diagnostic. Les antiĂ©mĂ©tiques sont habituellement inefficaces.

Grossesse et allaitement

Si la consommation de cannabis au cours de la grossesse n’a pas d’impact sur le pronostic maternel, elle est en revanche associĂ©e Ă  un risque accru de petit poids gestationnel pour l’ñge et d’admission en nĂ©onatalogie. Les Ă©ventuelles consĂ©quences Ă  long terme de l’exposition in utero au cannabis sur le dĂ©veloppement neuropsychologique de l’enfant sont encore mal connues, faute de donnĂ©es cliniques de qualitĂ©.

Le THC est prĂ©sent dans le lait maternel Ă  des concentrations bien plus importantes que dans le plasma et peut persister jusqu’à 48 heures aprĂšs la derniĂšre prise. Le cannabis modifie la composition du lait maternel, qui devient plus riche en lactose et moins riche en immunoglobulines A. Mais lĂ  encore, les effets Ă  long terme de la consommation de cannabis au cours de l’allaitement, qui s’ajoutent dans la plupart des cas Ă  ceux d’une exposition in utero, sont mal connus.

Syndrome de sevrage

Un syndrome de sevrage, gĂ©nĂ©ralement modĂ©rĂ© et spontanĂ©ment rĂ©solutif, peut survenir lors d’une rĂ©duction importante ou de l’arrĂȘt du cannabis. Les symptĂŽmes psychiques sont au premier plan : humeur dĂ©pressive, anxiĂ©tĂ©, agitation, irritabilitĂ©, baisse de l’appĂ©tit et troubles du sommeil (cf. supra). Les signes physiques, tels que crampes abdominales, douleurs musculaires, tremblements, frissons, maux de tĂȘte, hypersudation et perte de poids sont moins frĂ©quents.

Ces signes apparaissent typiquement un Ă  deux jours aprĂšs la rĂ©duction ou l’arrĂȘt de la consommation, avant d’atteindre un pic entre le 2e et le 6e jour puis diminuer ensuite sur plusieurs semaines.

Ils ne sont pas toujours faciles à distinguer d’un sevrage tabagique concomitant.

La moitiĂ© des personnes en sevrage prĂ©sentent au moins un de ces signes. Leur incidence et leur sĂ©vĂ©ritĂ© sont corrĂ©lĂ©es Ă  la durĂ©e et Ă  la frĂ©quence de consommation, mais pas avec l’ñge, le genre ou la prise d’autres substances.

GĂ©nĂ©ralement, un traitement n’est indiquĂ© qu’en cas de troubles du sommeil ou de l’humeur interfĂ©rant avec la vie quotidienne. La prise en charge se fonde sur des conseils et Ă©ventuellement sur la prescription d’un traitement symptomatique. 

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Drogue, alcool, tabac. Cinq conseils pour aider un proche Ă  sortir de son addiction

Sandra Pinel, auteure de « Journal d’une polyaddict libĂ©rĂ©e », donne des conseils pour sortir de ses addictions â€ą Â©Atlantic TĂ©lĂ©vision by Mstream

Écrit par Johann Pailloux et Murielle Dreux – PubliĂ© le 17/01/2024

Comment agir face Ă  l’addiction d’un proche ? Le compagnon, l’enfant ou l’ami se retrouve souvent spectateur impuissant face Ă  une descente aux enfers. Sandra Pinel, infirmiĂšre ex-addict devenue patiente-experte en addictologie, vient de publier « Journal d’une polyaddict libĂ©rĂ©e » oĂč elle livre ses conseils et des outils pour se libĂ©rer des addictions.

« Si je fume une cigarette, je fume le paquet, si je bois un verre, je bois le tonneau, et si je prends un rail de coke, j’en prends trois grammes. Je n’ai pas le bouton stop, donc je ne consomme plus« .

Sandra Pinel est infirmiĂšre Ă  Saint-Nazaire. Ancienne dĂ©pendante Ă  l’alcool, au tabac, au cannabis et aux mĂ©dicaments, elle s’est rĂ©tablie. Devenue patiente-experte addictions, c’est dĂ©sormais elle qui aide les autres Ă  s’en sortir.

Être addict, c’est avoir perdu sa libertĂ© face Ă  un produit ou Ă  un comportement avec une incapacitĂ© Ă  diminuer ou arrĂȘter malgrĂ© les consĂ©quences sur sa vie.Sandra Pinel

Pour Sandra, « les proches aidants sont les premiers Ă  trinquer et, pris d’un sentiment de honte, ont parfois des difficultĂ©s Ă  demander de l’aide« .

Conseil n°1 – Imposez vos limites

« Refusez d’ĂȘtre en prĂ©sence de la personne quand elle a consommĂ©. Changez de piĂšce, partez vous promener sans elle. Évitez de lui parler quand elle a consommĂ©, vos mots ne seront pas entendus et cela risquerait d’augmenter les frustrations. Vous ne pouvez pas soigner, mais vous pouvez accompagner : il y a trop d’émotions, il n’y a pas le recul nĂ©cessaire« .

Conseil n°2 – Ne faites pas « pour »

« Refusez d’acheter de l’alcool ou d’appeler son employeur pour prĂ©venir de son absence afin que la personne mesure les consĂ©quences de ses consommations. Acceptez que vous ne puissiez pas tout contrĂŽler« .

Conseil n°3 – Dites ce que vous ressentez

« Employez-le « je », sinon ça sonne comme une injonction, du chantage et la personne peut se braquer, voire cela peut entraĂźner des confrontations. Expliquez-lui le mal que cela vous fait, les consĂ©quences sur votre vie, le fait que vous ne cautionnez pas son comportement, mais que vous ĂȘtes lĂ  si elle souhaite ĂȘtre soutenue. Lui Ă©crire est parfois plus simple, car cela permet de poser les choses. Et mĂȘme si vous ne lui donnez pas la lettre, ça vous permet de mettre de l’ordre dans vos idĂ©es et de mieux les exprimer ensuite« .

Conseil n°4 – Faites-vous aider

« Le mĂ©decin traitant est souvent l’acteur de premier recours. Les professionnels de l’addictologie peuvent aussi vous recevoir. Les groupes d’entraide en ligne sont trĂšs apprĂ©ciĂ©s Ă©galement, comme le groupe Facebook, forum Addict’AIDE, alcool/drogue info service. Vous y trouverez des informations et une Ă©coute« .

Conseil n°5 – Prenez soin de vous

« S’accorder le droit d’aller voir une amie, d’aller faire un soin du visage ou de pratiquer une activitĂ© sportive ou manuelle, permet de prendre de la distance vis-Ă -vis de la situation et d’avoir des instants Ă  soi. Ces instants sont trĂšs importants, car ils vous permettent de souffler, de reprendre de l’énergie et ainsi, de ne pas sombrer vous-mĂȘme« .

Un livre témoignage pour lutter contre les addictions

Sandra Pinel vient de publier « Journal d’une polyaddict libĂ©rĂ©e » aux Ă©ditions Eyrolles. Un ouvrage dans lequel elle donne des conseils et des outils pour se libĂ©rer des addictions. Elle Ă©voque aussi son enfance auprĂšs d’un pĂšre alcoolique avec lequel elle a commencĂ© Ă  fumer le cigarillo tous les dimanches Ă  l’ñge de 11 ans. Elle est devenue infirmiĂšre pour sauver son pĂšre, en vain.

Puis ce fĂ»t l’alcool, le cannabis et autres drogues et mĂ©dicaments, jusqu’à ce qu’un mĂ©decin la mette face Ă  la rĂ©alitĂ© : elle allait finir comme son pĂšre. Un Ă©lectrochoc pour Sandra qui va petit Ă  petit tout arrĂȘter.

DĂ©barrassĂ©e de ses addictions, elle se forme et obtient un diplĂŽme universitaire d’addictologie, ainsi qu’une certification Patient-expert addictions. Aujourd’hui, elle exerce dans un Ă©tablissement mĂ©dico-social d’accompagnement et de prĂ©vention en addictologie Ă  Saint-Nazaire.

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La Lettre du C N P E R T Janvier 2024 N°88

In memoriam : Éloge du professeur Claude Giudicelli

C’est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du dĂ©cĂšs de notre trĂšs cher Ami, membre du conseil d’administration du CNPERT, le mĂ©decin gĂ©nĂ©ral Claude-Pierre Giudicelli.

NĂ© le 10 juin 1934 Ă  Paris, le professeur Claude-Pierre GIUDICELLI a fait une carriĂšre exemplaire de mĂ©decin militaire associant ses compĂ©tences scientifiques Ă  l’exercice d’importantes responsabilitĂ©s. Docteur en mĂ©decine en 1960, il est nommĂ© successivement assistant (1967) puis mĂ©decin des hĂŽpitaux des armĂ©es(1971).

Sa carriĂšre est intimement liĂ©e au Val-de-GrĂące. Comme chef de service de nĂ©phrologie pendant plus de 10 ans ; comme enseignant : professeur agrĂ©gĂ© en 1976, il est Ă©lu titulaire de la chaire d’hygiĂšne, Ă©cologie et ergonomie en 1985 et nommĂ© directeur adjoint de l’École d’application du Val-de-GrĂące en 1989.

Vingt-cinq ans plus tard, scandalisĂ© par l’annonce de la fermeture programmĂ©e de cet hĂŽpital de prestige, il tentera de l’orienter vers la prise en charge des grands blessĂ©s civils et militaires. L’échec de ce projet restera pour lui une dĂ©ception profonde.

Mais le parcours de Claude Giudicelli ne s’arrĂȘte pas au Val-de-GrĂące :pour le Service de santĂ© des armĂ©es, Il a accompli plusieurs missions humanitaires : lors du sĂ©isme de 1970 au PĂ©rou, en 1975 aux Comores. Il reprĂ©sente le ministre de la DĂ©fense Ă  la Croix Rouge Française entre 1990 et 1992.En 1990, il est nommĂ© directeur adjoint du Service de santĂ© des armĂ©es, puis inspecteur gĂ©nĂ©ral en 1992.

Elu membre correspondant de l’AcadĂ©mie nationale de mĂ©decine en 1990, il accĂšde au titulariat en 2009 et estnommĂ© membre Ă©mĂ©rite en 2014.  Responsable du dictionnaire de l’AcadĂ©mie de mĂ©decine, il s’engage rĂ©solument dans ce travail de bĂ©nĂ©dictin, jamais terminĂ© ; constituant une Ă©quipe Ă  laquelle il avait su insuffler un puissant esprit d’amitiĂ© et de travail.SensibilisĂ© aux effets bĂ©nĂ©fiques de l’activitĂ© sportive et du sport sur la santĂ©, il a Ă©tĂ© l’un des acteurs majeurs du dĂ©veloppement de ces rĂ©flexions au sein de l’acadĂ©mie.

Membre actif de plusieurs sociĂ©tĂ©s savantes tant militaires que civiles, il Ă©tait commandeur dans l’ordre national de la LĂ©gion d’honneur, officier de l’ordre national du MĂ©rite et commandeur de l’ordre des Palmes acadĂ©miques. Il Ă©tait membre du conseil d’administration de notre CNPERT.

A son Épouse, Ă  ses enfants et petits-enfants, avec les membres du CNPERT, nous prĂ©sentons, avec une grande Ă©motion, nos vives condolĂ©ances.

Prs J. Costentin, J.-P. Goullé, J.-P. Tillement

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Les vƓux du nouveau prĂ©sident du CNPERT pour la nouvelle annĂ©e

Pr. Jean-Pierre Goullé

Chers membres du CNPERT, Chers Amis,

AdhĂ©rent de longue date au CNPERT, je mesure l’honneur qui m’est fait du succĂ©der Ă  deux de mes maĂźtres Ă  la facultĂ© de Rouen, le professeur Roger Boulu et le professeur Jean Costentin. La tĂąche est immense dans le champ des toxicomanies, car dans le domaine de la prĂ©vention, la France a pris un retard considĂ©rable qu’il convient de combler au plus vite et je m’associe Ă  l’alerte lancĂ©e par notre ministre de la SantĂ© et de la prĂ©vention, au mois de septembre dernier Ă  Chamonix « Notre systĂšme de santĂ© ne tiendra pas si on ne prend pas ce virage » avait-il dĂ©clarĂ©. Il est patent que le dĂ©ficit d’information en matiĂšre de santĂ©, dĂšs l’école, constitue une carence.

Dans le champ des drogues par exemple, je rappelle que l’Observatoire europĂ©en des drogues et toxicomanies a dĂ©cernĂ© Ă  la France, il y a peu, le bonnet d’ñne de la classe en Europe, en raison de l’absence d’enseignements flĂ©chĂ©s dans nos programmes pĂ©dagogiques.

Aussi, je souhaite rappeler que pour tenter de combler cette lacune, depuis 2019, Ă  l’initiative du regrettĂ© Doyen Claude Dreux, l’AcadĂ©mie nationale de mĂ©decine organise chaque annĂ©e une sĂ©ance intitulĂ©e « La jeune acadĂ©mie ». Elle a pour but de sĂ©lectionner des classes d’élĂšves volontaires et d’aborder avec eux les problĂšmes de santĂ© qui les intĂ©ressent directement.

L’objectif est de mieux apprĂ©hender la connaissance qu’ils ont de leur Ă©tat de santĂ© et la perception des risques qui les entourent, mais surtout de les impliquer, afin d’élaborer les pistes de prĂ©vention les mieux ciblĂ©es.A l’instar d’une « vĂ©ritable commission » de l’AcadĂ©mie, ces classes mĂšnent leurs travaux portant sur un thĂšme de leur choix, sous la direction d’un professeur, en relation avec des acadĂ©miciens : nutrition, activitĂ© physique, sommeil, conduites Ă  risque, dĂ©pendance aux Ă©crans ou aux drogues, par exemple.Le travail de chaque classe comporte un sondage Ă  l’aide d’un questionnaire diffusĂ© Ă  l’ensemble des Ă©lĂšves de leur Ă©tablissement.

AprĂšs la rĂ©daction d’un rapport, ils prĂ©sentent leurs rĂ©sultats dans la salle des sĂ©ances de l’AcadĂ©mie, sous forme d’une communication orale, assortie de recommandations, suivie d’échanges avec tous les Ă©lĂšves, leurs enseignants et les acadĂ©miciens.Leurs propositions sont ensuite soumises Ă  un vĂ©ritable scrutin acadĂ©mique Ă  leurs camarades prĂ©sents. Il s’agit donc d’éduquer pour mieux prĂ©venir.

Le CNPERT doit continuer Ă  dĂ©velopper ses actions d’information sur toutes les drogues, en particulier Ă  destination des plus jeunes, en rappelant que 60% des Ă©lĂšves de terminale ont expĂ©rimentĂ© le tabac et qu’ils sont dĂ©jĂ  prĂšs de 50% Ă  avoir consommĂ© de l’alcool dĂšs la classe de sixiĂšme.

VoilĂ  le vƓu que je formule pour cette annĂ©e 2024, dont je souhaite qu’elle vous apporte, paix, joie, bonheur et santĂ©.

Les pĂšres fument du cannabis, les enfants trinquent ?

Boris Chaumette, MD PhD, Maitre de confĂ©rences des UniversitĂ©s – Praticien Hospitalier (MCU-PH), UniversitĂ© Paris CitĂ©, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences.

Le cannabis est la drogue illicite la plus largement consommĂ©e dans les pays dĂ©veloppĂ©s et ses effets dĂ©lĂ©tĂšres sur la santĂ©, notamment psychique, sont dĂ©sormais bien connus. Cependant, de nouveaux rĂ©sultats scientifiques laissent penser que les perturbations biologiques qui dĂ©coulent de sa consommation pourraient affecter les gĂ©nĂ©rations suivantes par des mĂ©canismes Ă©pigĂ©nĂ©tiques mis rĂ©cemment en Ă©vidence. Des rĂ©sultats qui incitent Ă  tirer la sonnette d’alarme !

Le cannabis exerce son action biologique par la modulation du systĂšme endocannabinoĂŻde. Ce systĂšme est prĂ©sent dans le cerveau humain, expliquant les effets psychiques de la consommation de cannabis. Mais il joue Ă©galement un rĂŽle dans la reproduction, influençant la fabrication des spermatozoĂŻdes chez l’homme et la maturation des ovules chez la femme. Il intervient dans la fĂ©condation, le dĂ©veloppement embryonnaire et l’accouchement.

Son usage au cours de la grossesse a Ă©tĂ© associĂ© Ă  un risque accru de trouble du spectre de l’autisme chez les enfants Ă  naitre. Dans une Ă©tude rĂ©alisĂ©e au Canada (Corsi et al. 2020), 2,2% des enfants exposĂ©s in utero au cannabis dĂ©velopperaient un autisme contre 1,4% dans la population gĂ©nĂ©rale. Les taux de dĂ©ficience intellectuelle et d’hyperactivitĂ© avec dĂ©ficit de l’attention Ă©taient Ă©galement plus Ă©levĂ©s chez les enfants exposĂ©s au cannabis durant la grossesse.

La consommation de cannabis chez les pĂšres pourrait Ă©galement avoir une influence sur le neurodĂ©veloppement des enfants en raison de modifications Ă©pigĂ©nĂ©tiques dans les spermatozoĂŻdes. La possibilitĂ© d’une transmission Ă©pigĂ©nĂ©tique transgĂ©nĂ©rationnelle reste dĂ©battue car l’épigĂ©nome est thĂ©oriquement reprogrammĂ© aprĂšs la fĂ©condation.

Cependant, des marques Ă©pigĂ©nĂ©tiques pourraient ĂȘtre conservĂ©es et transmises par le pĂšre (Tang et al. 2015) soulevant la possibilitĂ© d’un impact de l’environnement paternel sur le devenir des futurs enfants (Day et al. 2016). Il serait donc thĂ©oriquement possible que la consommation de cannabis chez le futur pĂšre modifie la mĂ©thylation de l’ADN des spermatozoĂŻdes et entraine des consĂ©quences chez les enfants Ă  venir.

Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e sur des modĂšles animaux a montrĂ© que l’exposition de rats mĂąles au Δ9-THC avant la conception entraĂźne une modification des synapses cholinergiques dans diverses rĂ©gions cĂ©rĂ©brales chez la descendance (Slotkin et al. 2020).

La descendance de ces rats exposĂ©s, bien que non exposĂ©e elle-mĂȘme, montre Ă  l’adolescence des altĂ©rations comportementales avec une hyperactivitĂ© motrice, des perturbations de l’apprentissage et de la mĂ©moire (test de reconnaissance du nouvel objet et labyrinthe Ă  bras radial) (Holloway et al. 2020) et des capacitĂ©s attentionnelles (test de dĂ©tection du signal) (Levin et al. 2019).

Ces rĂ©sultats sont diffĂ©rents en fonction du dĂ©lai entre consommation de cannabis et accouplement ; une consommation de cannabis rĂ©cente serait plus Ă  risque d’induire des modifications comportementales dans la progĂ©niture. Ces rĂ©sultats suggĂšrent la prĂ©sence d’une mĂ©moire Ă©pigĂ©nĂ©tique de la consommation de cannabis au niveau des spermatozoĂŻdes pouvant durer plusieurs jours et ĂȘtre partiellement transmise Ă  la descendance.

Ces Ă©tudes sont Ă©videmment compliquĂ©es Ă  rĂ©aliser chez l’humain. Toutefois, des analyses de la mĂ©thylation de l’ADN ont Ă©tĂ© conduites dans des petits groupes d’hommes : plus de 6 000 sites CpG ont Ă©tĂ© identifiĂ©s comme diffĂ©rentiellement mĂ©thylĂ©s entre 12 consommateurs et 12 non consommateurs de cannabis (Murphy et al. 2018). Ces sites Ă©taient notamment prĂ©sents au niveau de gĂšnes intervenant dans la voie de signalisation Hippo impliquĂ©e dans la prolifĂ©ration cellulaire et l’apoptose.

Des comparaisons entre des spermatozoĂŻdes de rats exposĂ©s ou non exposĂ©s au cannabis ont aussi montrĂ© des modifications de la mĂ©thylation de l’ADN au niveau de la mĂȘme voie biologique Hippo. Dix gĂšnes ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s en commun chez l’Homme et le rat (APC2, GDF6, LLGL1, TCF7L1, BMP7, BMP6, FGF12, PRKACA, GNG7, GNB2). APC2 a Ă©galement Ă©tĂ© rapportĂ© comme dysmĂ©thylĂ© dans le sperme d’hommes ayant fumĂ© du tabac (Jenkins et al. 2017), ce qui suggĂšre que les modifications observĂ©es pour ce gĂšne sous l’effet du cannabis ne sont pas spĂ©cifiques.

Parmi les multiples gĂšnes identifiĂ©s par leur Ă©tude, les auteurs ont ensuite sĂ©lectionnĂ© DLGAP2 pour une analyse plus fine (Schrott et al. 2019). Ce gĂšne code une protĂ©ine membranaire situĂ©e sur les neurones postsynaptiques, impliquĂ©e dans la signalisation neuronale et l’organisation des synapses.

Il s’agissait donc d’un bon gĂšne candidat pour poursuivre les investigations. Les auteurs ont rĂ©alisĂ© une deuxiĂšme technique en utilisant les mĂȘmes prĂ©lĂšvements de spermatozoĂŻdes et ont confirmĂ© une hypo mĂ©thylation de 10 CpGs prĂ©sents dans un intron du gĂšne. L’étude de 28 Ă©chantillons de cerveaux issus d’interruption volontaire de grossesse a montrĂ© une bonne corrĂ©lation entre le niveau de mĂ©thylation de cette rĂ©gion et l’expression du gĂšne, suggĂ©rant un effet biologique de cette dysmĂ©thylation. Poursuivant leurs analyses Ă  l’aide d’un modĂšle animal, les auteurs ont trouvĂ© qu’une autre rĂ©gion du gĂšne DLGAP2 Ă©tait hypomĂ©thylĂ©e dans les spermatozoĂŻdes de rats exposĂ©s au cannabis.

Une CpG de cette rĂ©gion a Ă©tĂ© Ă©galement retrouvĂ©e comme hypomĂ©thylĂ©e dans le nucleus accumbens de la progĂ©niture de ces rats. En revanche, dans l’hippocampe, une seule CpG de cette rĂ©gion Ă©tait retrouvĂ©e comme dĂ©mĂ©thylĂ©e dans la progĂ©niture bien que n’apparaissant pas dans la liste de celles hypomĂ©thylĂ©es dans les spermatozoĂŻdes du gĂ©niteur.

Une autre Ă©tude s’est intĂ©ressĂ©e aux diffĂ©rences de mĂ©thylation de l’ADN dans les spermatozoĂŻdes de pĂšres ayant eu ou non des enfants autistes (Garrido et al. 2021). La comparaison de ces deux groupes de 13 pĂšres chacun ont montrĂ© des diffĂ©rences demĂ©thylationdans des gĂšnes connus pour ĂȘtre associĂ©s Ă  l’autisme dont ce mĂȘme gĂšne DLGAP2.

La mĂ©thylation de l’ADN est stable en raison de la prĂ©sence de mĂ©thyltransfĂ©rases qui maintiennent ces marques Ă©pigĂ©nĂ©tiques au cours des divisions cellulaires. Cependant, arrĂȘter le cannabis diminuerait progressivement certaines diffĂ©rences Ă©pigĂ©nĂ©tiques constatĂ©es au niveau du sperme suggĂ©rant une rĂ©versibilitĂ© au moins partielle.

Ainsi, certaines modifications de mĂ©thylation Ă©taient attĂ©nuĂ©es aprĂšs 11 semaines d’arrĂȘt du cannabis soit un cycle de spermatogĂ©nĂšse (Schrott et al. 2021). Toutefois, certaines anomalies persistaient voire apparaissaient aprĂšs la pĂ©riode sans cannabis.

En outre, l’étude d’un modĂšle animal a Ă©galement montrĂ© que des anomalies Ă©pigĂ©nĂ©tiques pouvaient potentiellement se transmettre sur plusieurs gĂ©nĂ©rations : les modifications de mĂ©thylation dans le gĂšne PXYLP1 ont ainsi Ă©tĂ© retrouvĂ©es Ă  la fois dans le sperme des rats mĂąles exposĂ©s au cannabis et dans celui de leurs descendants n’ayant jamais Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  cette drogue (Schrott et al. 2022).

Ces Ă©tudes prĂ©liminaires portent sur de faibles Ă©chantillons et proviennent du travail d’une seule Ă©quipe basĂ©e Ă  l’UniversitĂ© Duke (Durham – USA). Il est donc nĂ©cessaire de rĂ©pliquer de maniĂšre indĂ©pendante ces rĂ©sultats pour les confirmer et obtenir des conclusions scientifiques fiables.

Cependant, ces résultats suggÚrent que la consommation de cannabis chez les futurs pÚres peut entrainer des conséquences néfastes pour sa future descendance, en particulier pour le neurodéveloppement. Consommer du cannabis ne serait donc plus une prise de risque individuelle mais familiale, ce qui invite à la prudence et devrait conduire à informer la population de ces effets potentiels.

Le principe de prĂ©caution voudrait que les consommateurs masculins soient incitĂ©s, au mĂȘme titre que les femmes, Ă  arrĂȘter le cannabis plusieurs mois avant un projet de grossesse pour prĂ©server l’Ă©pigĂ©nome de leurs spermatozoĂŻdes. PrĂ©caution d’autant plus nĂ©cessaire que le cannabis a un effet nĂ©gatif sur la fertilitĂ© masculine (Hamed, Ekundina, and Akhigbe 2023).

Références

Corsi, Daniel J., Jessy Donelle, Ewa Sucha, Steven Hawken, Helen Hsu, Darine El-Chañr, Lise Bisnaire, Deshayne Fell, Shi Wu Wen, and Mark Walker. 2020. ‘Maternal Cannabis Use in Pregnancy and Child Neurodevelopmental Outcomes’. Nature Medicine 26 (10): 1536–40. https://doi.org/10.1038/s41591-020-1002-5.

Day, Jonathan, Soham Savani, Benjamin D Krempley, Matthew Nguyen, and Joanna B Kitlinska. 2016. ‘Influence of Paternal Preconception Exposures on Their Offspring: Through Epigenetics to Phenotype’. American Journal of Stem Cells 5 (1): 11–18.

Garrido, Nicolás, Fabio Cruz, Rocio Rivera Egea, Carlos Simon, Ingrid Sadler-Riggleman, Daniel Beck, Eric Nilsson, Millissia Ben Maamar, and Michael K. Skinner. 2021. ‘Sperm DNA Methylation Epimutation Biomarker for Paternal Offspring Autism Susceptibility’. Clinical Epigenetics 13 (1): 6. https://doi.org/10.1186/s13148-020-00995-2.

Hamed, Moses Agbomhere, Victor Olukayode Ekundina, and Roland Eghoghosoa Akhigbe. 2023. ‘Psychoactive Drugs and Male Fertility: Impacts and Mechanisms’. Reproductive Biology and Endocrinology: RB&E 21 (1): 69. https://doi.org/10.1186/s12958-023-01098-2.

Holloway, Zade R., Andrew B. Hawkey, Erica Pippin, Hannah White, Corinne Wells, Bruny Kenou, Amir H. Rezvani, Susan K. Murphy, and Edward D. Levin. 2020. ‘Paternal Factors in Neurodevelopmental Toxicology: THC Exposure of Male Rats Causes Long-Lasting Neurobehavioral Effects in Their Offspring’. Neurotoxicology 78 (May): 57–63. https://doi.org/10.1016/j.neuro.2020.01.009.

Jenkins, TG, ER James, DF Alonso, JR Hoidal, PJ Murphy, JM Hotaling, BR Cairns, DT Carrell, and KI Aston. 2017. ‘Cigarette Smoking Significantly Alters Sperm DNA Methylation Patterns’. Andrology 5 (6): 1089–99. https://doi.org/10.1111/andr.12416.

Levin, Edward D., Andrew B. Hawkey, Brandon J. Hall, Marty Cauley, Susan Slade, Elisa Yazdani, Bruny Kenou, et al. 2019. ‘Paternal THC Exposure in Rats Causes Long-Lasting Neurobehavioral Effects in the Offspring’. Neurotoxicology and Teratology 74 (July): 106806. https://doi.org/10.1016/j.ntt.2019.04.003.

Murphy, Susan K., Nilda Itchon-Ramos, Zachary Visco, Zhiqing Huang, Carole Grenier, Rose Schrott, Kelly Acharya, et al. 2018. ‘Cannabinoid Exposure and Altered DNA Methylation in Rat and Human Sperm’. Epigenetics 13 (12): 1208–21. https://doi.org/10.1080/15592294.2018.1554521.

Schrott, Rose, Kelly Acharya, Nilda Itchon-Ramos, Andrew B. Hawkey, Erica Pippen, John T. Mitchell, Scott H. Kollins, Edward D. Levin, and Susan K. Murphy. 2019. ‘Cannabis Use Is Associated with Potentially Heritable Widespread Changes in Autism Candidate Gene DLGAP2 DNA Methylation in Sperm’. Epigenetics 15 (1–2): 161–73. https://doi.org/10.1080/15592294.2019.1656158.

Schrott, Rose, Jennifer L. Modliszewski, Andrew B. Hawkey, Carole Grenier, Zade Holloway, Janequia Evans, Erica Pippen, David L. Corcoran, Edward D. Levin, and Susan K. Murphy. 2022. ‘Sperm DNA Methylation Alterations from Cannabis Extract Exposure Are Evident in Offspring’. Epigenetics & Chromatin 15 (September): 33. https://doi.org/10.1186/s13072-022-00466-3.

Schrott, Rose, Susan K Murphy, Jennifer L Modliszewski, Dillon E King, Bendu Hill, Nilda Itchon-Ramos, Douglas Raburn, et al. 2021. ‘Refraining from Use Diminishes Cannabis-Associated Epigenetic Changes in Human Sperm’. Environmental Epigenetics 7 (1): dvab009. https://doi.org/10.1093/eep/dvab009.

Slotkin, Theodore A., Samantha Skavicus, Edward D. Levin, and Frederic J. Seidler. 2020. ‘Paternal Δ9-Tetrahydrocannabinol Exposure Prior to Mating Elicits Deficits in Cholinergic Synaptic Function in the Offspring’. Toxicological Sciences: An Official Journal of the Society of Toxicology 174 (2): 210–17. https://doi.org/10.1093/toxsci/kfaa004.

Tang, Walfred W.C., Sabine Dietmann, Naoko Irie, Harry G. Leitch, Vasileios I. Floros, Charles R. Bradshaw, Jamie A. Hackett, Patrick F. Chinnery, and M. Azim Surani. 2015. ‘A Unique Gene Regulatory Network Resets the Human Germline Epigenome for Development’. Cell 161 (6): 1453–67. https://doi.org/10.1016/j.cell.2015.04.053.

Retour au bon sens, en appliquant la loi

Emmanuel Le Taillandier

Il est grand temps de revenir Ă  des vĂ©ritĂ©s simples et Ă  des constats de bon sens. Prenons par exemple le cas de la corruption dans un pays : pour que cela se rĂ©alise il est Ă©vident qu’il faut ĂȘtre au moins deux : le corrupteur et le corrompu. C’est Ă©lĂ©mentaire ! Ensuite on peut dĂ©battre sur le degrĂ© de responsabilitĂ© de l’un et de l’autre. Le droit du commerce international sanctionne surtout le corrupteur quand des marchĂ©s sont passĂ©s de façon dĂ©loyale. Mais le corrompu s’est-il laissĂ© corrompre ? Ou a-t-il exercĂ© un chantage sur le corrupteur prĂ©sumĂ© en lui faisant comprendre qu’il fallait passer par le « bakchich Â» s’il voulait avoir quelque chance de travailler dans le pays ? Dans ce cas la responsabilitĂ© est partagĂ©e.

Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©es un dĂ©bat vient enfin de s’ouvrir en ce qui concerne le trafic de drogue. Pour que cela marche, lĂ  aussi il faut ĂȘtre deux : le trafiquant, nommĂ© aussi « dealer Â» et son client, le consommateur qui accepte de le payer, contribuant ainsi sciemment au blanchiment d’argent. Dans ce cas Ă©galement, un dĂ©bat peut s’ouvrir sur le degrĂ© de responsabilitĂ© de l’un et de l’autre. En effet le consommateur peut ĂȘtre, selon le jargon utilisĂ©, « rĂ©crĂ©atif Â» (sic !) ou « problĂ©matique Â».  On appelle consommateur problĂ©matique -le terme est Ă©lĂ©gant- une personne affectĂ©e par l’addiction Ă  une drogue et qui ne peut plus s’en passer ; Ă  moins d’en ĂȘtre sevrĂ©e. Le degrĂ© de responsabilitĂ© du consommateur « problĂ©matique Â» n’est pas le mĂȘme que celui du consommateur dit « rĂ©crĂ©atif Â», mĂȘme si au dĂ©part sa consommation Ă©tait « rĂ©crĂ©ative Â». Il est Ă©vident nĂ©anmoins que la responsabilitĂ© est partagĂ©e, voire mĂȘme renforcĂ©e par des tiers qui prĂ©tendent vouloir le bien de tous ou par des lobbys dont l’efficacitĂ© n’est plus Ă  dĂ©montrer.

Ceci dit, quand un Ministre de l’intĂ©rieur, quelle que soit sa couleur politique, rappelle publiquement Ă  NĂźmes aprĂšs deux assassinats de jeunes que « Â« s’il n’y avait pas consommation, il n’y aurait pas d’offres et donc pas de trafiquants Â», il ne fait qu’énoncer une vĂ©ritĂ© simple et un constat de bon sens qui devraient faire l’unanimitĂ©. Or ses propos font scandale auprĂšs de certains. Pourtant il ne fait que formuler autrement ce qu’écrivait le 24 aoĂ»t dernier le Directeur adjoint des rĂ©dactions d’un grand journal populaire « Le Parisien Â» dans son Ă©ditorial sur « Un monde parallĂšle Â» :

« Un monde parallĂšle dont les consommateurs de cannabis, de cocaĂŻne ou de
 drogues de synthĂšse font mine d’ignorer l’existence — car, si on peut souligner l’échec de dĂ©cennies de politiques de sĂ©curitĂ© et dĂ©battre des avantages et inconvĂ©nients d’une lĂ©galisation des drogues « douces », on ne peut passer sous silence la responsabilitĂ© des acheteurs qui entretiennent le trafic. Un monde pourtant si proche : NĂźmes, Marseille, Besançon, Bobigny, Grenoble, Avignon

 Â»

Nous insistons sur ce point car il est contestĂ© par nombre de ceux-lĂ  mĂȘmes qui ont en charge le respect de la lĂ©gislation relative au trafic de drogues. Nous nommons le Syndicat de la magistrature et nous sursautons quand nous entendons sur France INFO (26/06/2023) que ce syndicat fait partie d’un collectif qui a lancĂ© une pĂ©tition demandant la suppression des sanctions pĂ©nales pour l’usage de drogues. « On veut faire croire que pour lutter contre les trafics, il faut s’attaquer aux consommateurs« , dĂ©plore ce groupe de professionnels chargĂ©s d’appliquer les lois.

Ce procĂšs d’intention est dĂ©libĂ©rĂ©ment maintenu dans le flou pour Ă©viter toute sanction professionnelle : « On Â» veut faire croire, disent-ils. Qui est donc ce « On Â» qu’ils ne savent pas dĂ©signer ? Qui donc cherche Ă  « faire croire Â» qu’on « s’attaque aux consommateurs Â» ? Qui donc est de mauvaise foi ? Quel serait l’intĂ©rĂȘt de ceux qui chercheraient Ă  « faire croire Â» ? Pourquoi en voudrait-on aux consommateurs dans une sociĂ©tĂ© rĂ©putĂ©e libĂ©rale ?

La Loi et l’État de droit ne s’attaquent Ă  personne : au contraire « on Â»cherche Ă  protĂ©ger la jeunesse, Ă  protĂ©ger les habitants des citĂ©s et des quartiers, on cherche Ă  Ă©viter des assassinats, des guerres entre bandes rivales. C’est ce qu’a rappelĂ© la SecrĂ©taire d’État Ă  la Ville le 25 aoĂ»t dernier sur BFM TV : « Je suis absolument contre la lĂ©galisation du cannabis Â». Elle est sans nuances ;est-ce cela Â« s’attaquer aux consommateurs Â» ?

Ne prenons pas parti pour ou contre un ministre ou une SecrĂ©taire d’État en fonction de son Ă©tiquette politique, mais attaquons-nous Ă  ceux qui attentent Ă  la SantĂ© Publique, estimant que c’est notre devoir, sur la base de donnĂ©es scientifiquement et mĂ©dicalement dĂ©montrĂ©es.

En vulgarisant ces donnĂ©es et ces arguments nous espĂ©rons que les magistrats syndicalistes prendront le temps de nous lire
et, surtout, qu’ils n’auront plus Ă  condamner de jeunes assassins.

Extraits de l’article : « Cinq ans de lĂ©galisation du cannabis au Canada ; quel bilan ? » De la revue Newsweed (revue qui milite depuis 2015, pour la lĂ©galisation du cannabis)

« La lĂ©galisation du cannabis au Canada fĂȘte ses 5 ans. Elle n’est pas remise en question par l’État fĂ©dĂ©ral mais amĂšne son lot d’inquiĂ©tudes pour les entreprises qui y prennent part et de nouveaux enjeux de santĂ© et de sociĂ©tĂ©. Quel est le bilan de ces 5 annĂ©es de cannabis lĂ©gal Â»

« Assez mĂ©caniquement, le nombre d’affaires judiciaires liĂ©es au cannabis a diminuĂ© de 73% pour les femmes et de 83% pour les hommes. Les infractions liĂ©es au cannabis signalĂ©es par la police sont passĂ©es de 99 pour 100 000 habitants en 2018, annĂ©e de la lĂ©galisation, Ă  28 pour 100 000 habitants cinq ans plus tard ».                                                                                                         

«  Si la lĂ©galisation du cannabis a ouvert de nouvelles portes aux consommateurs rĂ©crĂ©atifs, elle a Ă©galement soulevĂ© des prĂ©occupations en matiĂšre de santĂ©.  Une Ă©tude menĂ©e en Ontario et en Alberta a fait Ă©tat d’une augmentation inquiĂ©tante de 20% des cas d’intoxication et de troubles d’usage liĂ©s au cannabis. Une autre Ă©tude menĂ©e en Ontario a rĂ©vĂ©lĂ© que le nombre d’admissions aux urgences avait Ă©tĂ© multipliĂ© par treize en raison du syndrome d’hyperĂ©mĂšse cannabinoĂŻde, souvent dĂ» Ă  des consommations importantes et rĂ©pĂ©tĂ©es.                         

Le nombre de femmes enceintes exposant leur fƓtus au cannabis pendant la grossesse a doublĂ©, et les visites Ă  l’hĂŽpital pour des enfants ayant ingĂ©rĂ© du cannabis ont triplĂ©. En outre, l’incidence des victimes d’accidents de voiture ayant du THC dans le sang a doublĂ©, passant de 3,8% Ă  8,5%                                            

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral du Canada est le principal bĂ©nĂ©ficiaire de la lĂ©galisation du cannabis. L’industrie lĂ©gale du cannabis a contribuĂ© Ă  hauteur de 30 milliards d’euros au produit intĂ©rieur brut du Canada depuis la lĂ©galisation, le marchĂ© rĂ©crĂ©atif Ă©voluant autour des 3 milliards d’euros annuels. NĂ©anmoins, les entreprises du cannabis peinent Ă  ĂȘtre rentables. Seuls 20% environ des cultivateurs de cannabis auraient actuellement des flux de trĂ©sorerie positifs, ce qui tĂ©moigne des difficultĂ©s Ă©conomiques du secteur ».

Remarques exprimĂ©es par le Pr. Jean Costentin :

Ce bilan, pour le moins nĂ©gatif, fait l’impasse sur beaucoup de points importants.  exit : les troubles psychiatriques, la toxicitĂ© physique (supĂ©rieure Ă  celle du tabac), la crĂ©tinisation, la baisse du Quotient Intellectuel, la dĂ©motivation, l’aboulie, le « j’menfoutisme », les effets Ă©pigĂ©nĂ©tiques que le consommateur peut transmettre Ă  sa progĂ©niture (malformations, autisme, schizophrĂ©nie, vulnĂ©rabilitĂ© aux toxicomanies, retard du dĂ©veloppement psychomoteur, vulnĂ©rabilitĂ© Ă  l’anxiĂ©tĂ©, aux troubles dĂ©pressifs, aux dĂ©ficits cognitifs, Ă  certains cancers. S’agissant des 30 milliards d’augmentation du PIB, dont 3 pour le marchĂ© « rĂ©crĂ©atif », d’oĂč viennent les 27 autres ?  Confusion du chanvre textile et de ses graines, avec le chanvre indien ?

Dans un prĂ©cĂ©dent communiquĂ©, les AcadĂ©mies de mĂ©decine et de pharmacie s’étaient Ă©mues d’une consultation citoyenne portant sur le « cannabis rĂ©crĂ©atif » aux items orientĂ©s (1). Cette dĂ©marche s’inscrivait dans un mouvement idĂ©ologique visant Ă  adouber au prĂ©alable un usage mĂ©dical afin de donner Ă  cette drogue des lettres de noblesse « thĂ©rapeutiques ».

Or, comme il vient d’ĂȘtre rappelĂ© dans une mĂ©ta-analyse rĂ©cente : « La plupart des rĂ©sultats associĂ©s aux cannabinoĂŻdes ne sont Ă©tayĂ©s que par des preuves faibles (Ă©tudes observationnelles), avec une certitude faible Ă  trĂšs faible (essais contrĂŽlĂ©s randomisĂ©s) ou qui ne sont pas significatifs (Ă©tudes observationnelles, essai contrĂŽlĂ©s randomisĂ©s) » (2).

En revanche, la toxicitĂ© du principal constituant psychotrope de la drogue, le tĂ©trahydrocannabinol (THC) est parfaitement Ă©tablie : toxicitĂ© physique supĂ©rieure Ă  celle du tabac (cancers, infarctus, troubles du rythme cardiaque, AVC, artĂ©rites…), toxicitĂ© psychique (troubles cognitifs et anxiodĂ©pressifs, syndrome amotivationnel, dĂ©sinhibition, induction ou aggravation de la schizophrĂ©nie
), effets sur la grossesse et sur la descendance, modifications Ă©pigĂ©nĂ©tiques (3, 4).

Il est aussi un inducteur de violences familiales, professionnelles, routiĂšres (avec 605 morts en 2021). La multiplication par 6 en 25 ans du taux de THC dans sa rĂ©sine, augmente son pouvoir addictif et, partant, le recrutement des sujets qui en deviennent dĂ©pendants aprĂšs l’avoir expĂ©rimentĂ© ; ce qui exacerbe aussi sa toxicitĂ© physique et psychique ; on est trĂšs loin de la « drogue douce » longtemps prĂ©sentĂ©e (5).

Ceci explique le nombre croissant et la gravitĂ© de ses effets indĂ©sirables et toxiques, tout particuliĂšrement chez les plus vulnĂ©rables, les adolescents et les jeunes adultes. Son « usage problĂ©matique », dĂšs l’ñge de 17 ans a progressĂ©, Ă©tant de 18 % en 2011 et de 25 % en 2017 (5). Plusieurs Ă©tudes ont confirmĂ© ses effets dĂ©lĂ©tĂšres sur la maturation cĂ©rĂ©brale, laquelle ne s’achĂšve que vers 25 ans.

Elles montrent que l’usage du THC s’accompagne d’une dĂ©pendance et d’une baisse du quotient intellectuel, d’autant plus marquĂ©es que sa consommation est plus frĂ©quente et prĂ©coce. Chez la femme enceinte, alors que la consommation d’alcool et de tabac a rĂ©gressĂ©, celle du cannabis a progressĂ© d’une façon prĂ©occupante.

Ses effets dĂ©lĂ©tĂšres ne se limitent pas Ă  l’usager, ils affectent aussi sa descendance. ConsommĂ© pendant la grossesse, il agit au niveau du placenta (modifiant l’expression de certains gĂšnes), avec des consĂ©quences sur le fƓtus (altĂ©rant son dĂ©veloppement), mais Ă©galement sur le nouveau-nĂ© (prĂ©maturitĂ©, petit poids de naissance, risques d’admission en soins intensifs
) et sur le nourrisson (risque accru de mort subite).

Sa consommation par un futur pĂšre, peut avoir des consĂ©quences sur le fƓtus qu’il engendrerait, qui pourraient aboutir Ă  des troubles du spectre de l’autisme, des troubles psychotiques et intellectuels (6).Alors que la lutte visant Ă  rĂ©duire les terribles mĂ©faits sanitaires du tabac et de l’alcool n’est que de peu d’effets, ce serait une faute grave de lĂ©galiser une source d’addiction supplĂ©mentaire, alors que le PrĂ©sident de la RĂ©publique a fixĂ© commeobjectif l’avĂšnement d’une gĂ©nĂ©ration « zĂ©ro tabac » en 2032, le cannabis Ă©tant portĂ©sur les Ă©paules du tabac.

Dans les pays qui ont lĂ©galisĂ© son « usage rĂ©crĂ©atif », il a Ă©tĂ© montrĂ© que cettemesure ne rĂ©duit ni son usage, ni ses trafics (7). Quant aux hypothĂ©tiques recettesissues des taxes d’État, pour le tabac et pour l’alcool, elles couvrent moins de lamoitiĂ© des dĂ©penses sanitaires liĂ©es Ă  leur consommation.Aux États-Unis, oĂč plus de 30 Ă©tats ont lĂ©galisĂ© son usage, les derniĂšres donnĂ©es duNational Institute on Drug Abuse montrent que les consommations de cannabis ontatteint en 2022 des sommets historiques, chez les adultes en Ăąge de procrĂ©er (tantpour la tranche des 31 Ă  50 ans, que chez les jeunes adultes ĂągĂ©s de 19 Ă  30 ans),chez lesquels les consommations ont considĂ©rablement augmentĂ© et ce d’une façoncontinue, au cours de ces 5 derniĂšres annĂ©es (7).

Dans des Ă©tudes antĂ©rieures, ilavait Ă©tĂ© mis en Ă©vidence que la consommation de la drogue Ă©tait plus Ă©levĂ©e dansles Etats qui avaient lĂ©galisĂ© l’usage rĂ©crĂ©atif, comparativement aux autres.Ainsi, par mĂ©connaissance de tous ses effets dĂ©lĂ©tĂšres, la lĂ©galisation de « l’usagerĂ©crĂ©atif » du cannabis constituerait une grave erreur sanitaire.

1-CommuniquĂ© bi-acadĂ©mique du 07 avril 2021.2- Solmi M, De Toffol M, Kim JY, Choi MJ, Stubbs B, Thompson T et al. Balancingrisks and benefits of cannabis use: umbrella review of meta-analyses of randomized controlled trials and observational studies. BMJ. 2023 Aug30;382:e072348. doi:10.1136/bmj-2022-072348.3- Cotier P, Mayer C, Etting I, Lorin de la Grandmaison G, Alvarez JC. Evaluation ofthe cardiovascular risk induced by cannabis use from a series of 43 autopsy cases.Int J Legal Med 2023 ;137 :1725-1733. doi: 10.1007/s00414-023-03079-x.4-Costentin J. Les effets Ă©pigĂ©nĂ©tiques du cannabis/tĂ©trahydrocannabinol. Bull AcadNatl Med 2020 ; 204 : 570-576. doi.org/10.1016/j.banm.2020.04.004.5- GoullĂ© JP, Guerbet M. L’usage rĂ©crĂ©atif du cannabis : des effets aux mĂ©faits.DonnĂ©es Ă©pidĂ©miologiques. Bull Acad Natl Med 2020 ;204 : 543-550.doi :10.1016/j.banm.2020.04.001.6- Lo JO, Hedges JC, Metz TD. Cannabis Use and Perinatal Health Research.JAMA. 2023; Aug 17. doi: 10.1001/jama.2023.14697.7- Marijuana and hallucinogen use, binge drinking reached historic highs amongadults 35 to 50. National Institute on Drug Abuse website.https://nida.nih.gov/news-events/news-releases/2023/08/marijuana-and hallucinogen-use-binge-drinking-reached-historic-highs-among-adults-35-to-50August 17, 2023 Accessed September 1, 2023.

L’appareil cardio-vasculaire n’aime pas le cannabis

               On savait la responsabilitĂ© du cannabis fumĂ© (avec son oxyde de carbone et son THC) dans la survenue d’infarctus du myocarde (3iĂšme cause), dans celle d’accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux ischĂ©miques chez des sujets jeunes, dans celle d’artĂ©rites des membres infĂ©rieurs. VoilĂ  qu’on lui dĂ©crit maintenant une responsabilitĂ© dans le dĂ©veloppement d’insuffisances cardiaques.

L’étude qui le montre a portĂ© sur 157 000 sujets ayant un Ăąge moyen de 54 ans (61% de femmes). Ils ont Ă©tĂ© suivis pendant 4 ans. Au cours de cette pĂ©riode d’observation, 2960, soit 2% d’entre eux, ont prĂ©sentĂ© une insuffisance cardiaque.  AprĂšs miseen relation de cette cardiopathieavec la consommation quotidienne de cannabis, il a Ă©tĂ© constatĂ© que cettederniĂšre Ă©tait Ă  l’origine d’un risque accru de 34% de dĂ©velopper une insuffisance cardiaque, relativement Ă  ceux qui n’en consommaient pas.

Ref. :American Heart Association (AHA) Scientific session 2023,Yakubau Bene-Alhusan et coll. Daily marijuana use is associated with incident heart failure. “All of us” Research Program Nov. 13, 2023

ZERO TABAC AU ROYAUME-UNI ?

L’ancienne colonie inspire l’ancienne mĂ©tropole. Un an aprĂšs que la Nouvelle-ZĂ©lande a adoptĂ© un plan pour une gĂ©nĂ©ration sans tabac, le Premier Ministre britannique Rishi Sunak a annoncĂ©, ce mercredi 4 octobre lors du congrĂšs du Parti conservateur Ă  Manchester, vouloir adopter une stratĂ©gie similaire. Le plan consiste Ă  relever d’un an chaque annĂ©e l’ñge lĂ©gal pour acheter du tabac, actuellement fixĂ© Ă  18 ans au Royaume-Uni.

Ainsi, toutes les personnes nĂ©es Ă  partir d’une certaine date, fixĂ©e au 1er janvier 2009 en Nouvelle-ZĂ©lande, ne pourraient jamais acheter lĂ©galement du tabac, tandis que ceux nĂ©s avant cette date conserveraient cette possibilitĂ©.

« Nous devons essayer d’empĂȘcher les adolescents de commencer Ă  fumer Â» s’est justifiĂ© le chef du gouvernement britannique, qui a rappelĂ© que « que quatre fumeurs sur cinq ont commencĂ© avant d’avoir 20 ans Â». « Aucun d’entre nous, mĂȘme ceux qui fument, ne voulons voir nos enfants devenir fumeurs et ce changement sauvera plus de vies que n’importe quelle autre dĂ©cision que nous pourrions prendre Â». Le leader conservateur a dĂ©fendu l’idĂ©e d’une ligne mĂ©diane entre statu quoet prohibition totale du tabac. « Le tabagisme ne sera pas criminalisĂ© et notre approche progressive signifie que toute personne qui peut lĂ©galement acheter des cigarettes aujourd’hui ne sera pas empĂȘchĂ© de le faire Ă  l’avenir Â» a expliquĂ© le Premier Ministre.

Les blagounettes de la LXXXVIII

Quand mes amis me manquent, je fais comme pour les Ă©chalotes… je les fais revenir avec du vin blanc.

Tu es la levure de ma vie ! C’est-Ă -dire ? Tu me gonfles !

Ils passent leur journĂ©e Ă  dormir, tu ne les vois qu’aux heures des repas. En fait, la seule diffĂ©rence entre un chat et un ado, c’est que le chat ne boit que du lait.

J’ai fait un test de QI, je suis rassurĂ© : il est nĂ©gatif.

Le gendarme : « Bonsoir, vous avez bu ? « Non » « Soufflez ! » « OĂč est le gĂąteau ? »

Je viens de lire un bouquin sur les mĂ©faits de l’alcool, ça fait peur. À partir d’aujourd’hui, j’arrĂȘte de lire.

Les gens disent que boire du lait rend plus fort. Buvez 5 verres de lait et essayez de déplacer un mur, vous ne pouvez pas. Maintenant, buvez 5 verres de whisky. Le mur bouge tout seul.

Je bois tellement que si j’Ă©tais un super hĂ©ros, on m’appellerait Barman.

Deux hommes discutent dans un café :
« J’ai lu dans le journal qu’un homme a tuĂ© sa femme le lendemain de sa nuit de noces Â».L’autre rĂ©pond « Parfois, la nuit porte conseil Â»

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Dry january :

Parmi les effets positifs du Dry january sur le long terme, 42 % des personnes ayant participĂ© au dĂ©fi estiment avoir depuis rĂ©duit leur consommation d’alcool.

Le Dry january a des effets positifs sur la consommation d’alcool sur le long terme.

SANTÉ – ArrĂȘter l’alcool pendant un mois, et aprĂšs ? En France, le Dry january – dĂ©fi qui consiste Ă  ne pas boire d’alcool le premier mois de l’annĂ©e – a considĂ©rablement gagnĂ© en popularitĂ©, si bien qu’un tiers des Français y ont participĂ© en 2023, selon l’IFOP. Si ses effets bĂ©nĂ©fiques pendant le mois de janvier sont connus – meilleur sommeil, plus d’énergie – qu’en est-il de ses effets sur le long terme ?

Selon un sondage de YouGov pour Le HuffPost que nous rĂ©vĂ©lons ce dimanche 14 janvier, 54 % des Français qui ont dĂ©jĂ  fait le Dry january voient des effets positifs sur leur santĂ© Ă  long terme – c’est-Ă -dire au-delĂ  de 6 mois. Le mĂȘme pourcentage dĂ©clare avoir aussi une meilleure forme physique.

Autres bĂ©nĂ©fices dĂ©clarĂ©s par les sondĂ©s ayant fait un Dry january : 39 % disent toujours faire des Ă©conomies d’argent six mois aprĂšs. Et pour cause, ils sont 42 % Ă  estimer avoir rĂ©duit leur consommation d’alcool depuis la fin du dĂ©fi, ou du moins Ă  dire mieux la contrĂŽler. Alors que la France compte encore 42,8 millions de consommateurs, ils sont 12 % des sondĂ©s ayant fait un Dry january a estimĂ© que cela a engendrĂ© une moindre sociabilitĂ©.

L’alcool responsable de 41 000 morts par an

Les bĂ©nĂ©fices de l’arrĂȘt de l’alcool, ou d’une simple rĂ©duction, ne sont plus Ă  prouver. Selon le site de l’Assurance maladie, rĂ©duire sa consommation augmente l’espĂ©rance de vie et apporte meilleure qualitĂ© de vie, mais aussi Â« une prĂ©servation de l’autonomie, de meilleures performances cognitives ainsi qu’une amĂ©lioration de l’humeur et de l’anxiĂ©tĂ© Â».

Si l’arrĂȘt de l’alcool augmente l’espĂ©rance de vie, c’est que sa consommation est responsable directement ou indirectement de plus d’une soixantaine de maladies (cancers, maladies cardiovasculaires, digestives, mentales, etc.).

Source

Les voeux du CNPERT pour 2024

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Chers collĂšgues, sympathisants et amis,

C’est une tĂąche bien agrĂ©able que nous rĂ©serve ce dĂ©but d’annĂ©e, celle de vous offrir nos vƓux de santĂ©, de bonheur et de succĂšs personnels et collectifs.

Notre CNPERT en a besoin, lancĂ©s comme nous le sommes dans une lutte de longue haleine oĂč la santĂ© publique n’est malheureusement pas une prioritĂ©. C’est une raison majeure d’affirmer cette annĂ©e que nous en faisons une prioritĂ© pour la gĂ©nĂ©ration actuelle et toutes celles Ă  venir

Nous saluons l’arrivĂ©e Ă  la prĂ©sidence du CNPERT du Professeur Jean-Pierre GoullĂ© qui alors qu’il vient de terminer un parcours remarquable Ă  la tĂšte de l’AcadĂ©mie nationale de mĂ©decine, enchaine cette nouvelle prĂ©sidence.

Souhaitons lui, sans en douter, le mĂȘme succĂšs que dans toutes les instances qu’il a dirigĂ©es, il sait aussi qu’il peut compter sur nous.

C’est aussi le moment de saluer le travail accompli par l’ancien PrĂ©sident, le Professeur Jean Costentin, vĂ©ritable pionnier et pilier de la lutte contre l’usage des drogues, infatigable pourfendeur d’une complaisance plus ou moins affichĂ©e de nos dirigeants.

Il ne nous quitte pas cependant puisqu’il reprend les fonctions qu’occupait Jean-Pierre GoullĂ©.

Les éditeurs du Blog restent à leurs postes et à votre écoute, soucieux de vous apporter, outre les bases actualisées du dossier des méfaits des drogues, une plate- forme de rencontres et de discussions entre gens compétents, décidés et de bonne foi.

Ce sont nos propres vƓux, nous vous attendons.
Jean-Paul Tillement et Guy Millant

Tout savoir sur la 3-MMC : cette nouvelle drogue de synthĂšse

Lise Lafaurie Journaliste nutrition, bien-ĂȘtre, santĂ©, food – PubliĂ© le 12/01/2024 –  en collaboration avec Gonzague de Larocque (mĂ©decin addictologue et sexologue)

D’oĂč vient-elle ? Quels sont ses effets ? Quels sont les risques en cas d’addiction ? Les rĂ©ponses du Docteur Gonzague de Larocque mĂ©decin Addictologue et sexologue Ă  Paris. 

Composition : C’est quoi la 3 MMC (3-mĂ©thylmĂ©thcathinone) ?

La 3MMC est une drogue apparue au dĂ©but des annĂ©es 2010, qui appartient Ă  la catĂ©gorie des cathinones de synthĂšse, des composĂ©s liĂ©s Ă  l’alcaloĂŻde stimulant dĂ©rivĂ© de la plante Catha edulis dite khat, cultivĂ©e en Afrique de l’Est et dans le sud-ouest de la pĂ©ninsule arabique. « Bien qu’issue d’une plante, la 3MMC est loin d’ĂȘtre naturelle, car elle est largement modifiĂ©e chimiquement en laboratoire » indique le Dr De Larocque. Dans la grande famille des cathinones de synthĂšse issues du Kath, il existe plus d’une cinquantaine de drogues, dont les plus connues sont la mĂ©phĂ©drone, la 4-MEC, la MDPV, et l’alpha-PVP.

Son nom chimique est la 3-mĂ©thylmĂ©thcathinone, Ă©galement connue sous le nom de mĂ©taphĂ©drone. La 3MMC se prĂ©sente sous la forme poudre, de cristaux qui ressemblent Ă  des sels de bains ou encore de comprimĂ©s. Elle peut ĂȘtre : ingĂ©rĂ©e (voie orale), sniffĂ©e (voie nasale), injectĂ©e (par seringue dans le sang par une veine) ou insĂ©rĂ©e par voie anale.

Quels sont les effets de la drogue 3-mmc ?

La 3MMC agit en tant que stimulant du systĂšme nerveux central et possĂšde des effets similaires Ă  ceux de la MDMA (ecstasy) et d’autres amphĂ©tamines. On en entend beaucoup parler depuis quelques temps, notamment depuis l’affaire Pierre Palmade, car elle est largement utilisĂ©e dans le contexte des soirĂ©es Chemsex.  » Ses effets sont proche de ceux des amphĂ©tamines (ecstazy) et de la cocaĂŻne : euphorisant, augmentation des perceptions sensorielle, Ă©lĂ©vation du moi, maintient en Ă©veil (ce qui permet d’avoir des plans sexuels qui durent longtemps), effet empathogĂšne (augmente la sensation d’empathie et le dĂ©sir de contact avec les autres) et surtout dĂ©sinhibition importante » rĂ©sume le mĂ©decin addictologue.

C’est quoi une soirĂ©e chemsex ?

Aussi connue sous le nom de « party and play » (PnP), le chemsex est une pratique sociale oĂč des individus consomment des substances psychoactives, dans le contexte d’activitĂ©s sexuelles. Le terme « chemsex » est une contraction de « chemical » (chimique) et « sex » (sexe). « Ces soirĂ©es sont nĂ©es il y a quelques dĂ©cennies en Angleterre et en Allemagne, principalement dans le milieu gay et sĂ©ropositif : ces hommes qui subissaient la sĂ©rophobie Ă©taient assez isolĂ©s et se retrouvaient entre eux pour ces soirĂ©es » raconte le Dr De Larocque. Puis, petit Ă  petit, elles ont dĂ©bordĂ© de la communautĂ© homosexuelle et se sont rĂ©pandues dans tous les pays europĂ©ens.

Les adeptes de chemsex -chemsexeurs – sont aussi appelĂ©s « cols blancs », car ce sont des personnes socialisĂ©es, qui travaillent et ne sont pas issues de milieux dĂ©favorisĂ©s. « C’est d’ailleurs une partie du problĂšme lorsqu’ils tombent dans l’addiction : ils ne se reconnaissent souvent pas dans le profil du toxicomane et sont un peu dans le dĂ©ni, ce qui rend toute prise en charge plus compliquĂ©e » explique l’addictologue.

Quel est le prix de cette cathinone de synthĂšse ?

La 3MMC est une drogue bien meilleur marchĂ© que toutes les autres drogues aux effets similaires, et c’est aussi ce qui la rend si attractive et accessible. « Les adeptes s’en procurent facilement sur le Darkweb, et son prix est largement infĂ©rieur Ă  celui de la cocaĂŻne » indique le mĂ©decin spĂ©cialiste. Selon les sources, elle serait vendue 20 Ă  40 euros soit entre 2 et 4 fois moins cher que la cocaĂŻne.

Combien de temps reste-t-elle dans le sang ?

La dĂ©tection de la 3-MMC se fait par des techniques avancĂ©es de chromatographie.La durĂ©e pendant laquelle la 3-MMC (3-MĂ©thylmĂ©thcathinone) reste dĂ©tectable dans le sang dĂ©pend de plusieurs facteurs, tels que la frĂ©quence de consommation, la dose absorbĂ©e, le mĂ©tabolisme de chacun, son poids corporel… En gĂ©nĂ©ral, elle peut ĂȘtre dĂ©tectĂ©e dans le sang pendant quelques heures Ă  quelques jours aprĂšs sa consommation, en fonction des mĂ©thodes de test utilisĂ©es et de la sensibilitĂ© du test.

Il faut savoir que la 3-MMC est plus longtemps dĂ©tectable dans l’urine que dans le sang.

Addiction, overdose, accidents : Quels sont les risques et dangers de la 3MMC ?

  • Effets cardiovasculaires : « elle est cardiotonique, ce qui signifie qu’elle provoque une augmentation de la frĂ©quence cardiaque et de la pression artĂ©rielle. Elle peut entraĂźner des problĂšmes cardiovasculaires grave allant jusqu’Ă  l’arrĂȘt cardiaque » alerte le spĂ©cialiste.
  • Effets psychiatriques : La 3-MMC peut entraĂźner des effets psychiatriques tels que l’anxiĂ©tĂ©, la paranoĂŻa, les hallucinations et mĂȘme des Ă©pisodes psychotiques, en particulier Ă  des doses Ă©levĂ©es. « Il arrive que des consommateurs aient des dĂ©lires important les poussant Ă  se mettre en danger, voire Ă  se tuer » ajoute le Dr De Larocque.
  • DĂ©pendance : Comme de nombreuses substances psychoactives, l’utilisation frĂ©quente de la 3-MMC peut entraĂźner une dĂ©pendance. « L’addictivitĂ© est importante, mais comme toujours, elle rencontre des fragilitĂ©s neuronales chez certaines personnes, qui font qu’une addiction se dĂ©veloppe. Certaines personnes rĂ©ussissent Ă  consommer occasionnellement sans jamais tomber dans l’addiction » explique l’expert. Lorsque l’addiction se met en place, les consĂ©quences psychosociales sont alors dramatiques.
  • Comportements Ă  risque : L’utilisation de 3-MMC diminue les inhibitions et augmente les comportements Ă  risque, en particulier sur le plan sexuel. La transmission d’infections sexuellement transmissibles (IST) est un risque important.
  • ProblĂšmes de sommeil : La 3-MMC peut perturber le cycle du sommeil, entraĂźnant des problĂšmes d’insomnie et de fatigue.
  • Overdose : La prise de doses excessives de 3-MMC peut entraĂźner une surdose, avec des consĂ©quences potentiellement graves, y compris des crises, des problĂšmes cardiaques et la perte de conscience.

Enfin, lorsqu’elle est inhalĂ©e par le nez, la 3MMC est particuliĂšrement nocive pour les cloisons nasales et peut donc Ă  l’usage provoquer de sĂ©rieuses lĂ©sions.

Quelle prise en charge en cas d’addiction Ă  la 3MMC ?

Comme toutes les addictions, et peut ĂȘtre plus encore, le traitement de la dĂ©pendance Ă  la 3MMC est compliquĂ©, et nĂ©cessite une vĂ©ritable implication du patient. « La difficultĂ© supplĂ©mentaire rĂ©side dans le fait qu’il y a gĂ©nĂ©ralement une double addiction : au sexe et Ă  la substance. La sexualitĂ© induisant le besoin de drogue, le patient doit donc dans un premier temps ĂȘtre abstinent sexuellement, avant de rĂ©apprendre dans un second temps Ă  avoir des relations sexuelles sans ĂȘtre sous emprise de drogue » dĂ©taille l’addictologue. Et c’est bien souvent compliquĂ©, car aprĂšs avoir vĂ©cu des soirĂ©es chemsex oĂč les sensations sont largement dĂ©cuplĂ©es, la sexualitĂ© sobre devient fade et sans intĂ©rĂȘt.

La prise en charge est multidisciplinaire et passe tout d’abord par une Ă©valuation mĂ©dicale afin de faire le point sur la santĂ© physique et mentale du patient. La dĂ©sintoxication, ou sevrage est ensuite la premiĂšre Ă©tape indispensable : elle peut ĂȘtre effectuĂ©e dans un cadre mĂ©dical sous la supervision de professionnels de la santĂ©.La prise en charge psychologique passe souvent par une TCC (thĂ©rapie comportementale et cognitive) qui apprend au patient Ă  modifier ses schĂ©mas de pensĂ©e et ses comportements associĂ©s Ă  la consommation de substances, afin de l’aider la personne Ă  dĂ©velopper des habitudes plus saines et Ă  rĂ©sister aux dĂ©clencheurs de l’usage de substances.

Il existe Ă©galement plusieurs solutions d’accompagnements ou dispositif d’aide et d’Ă©coute, accessibles Ă  tous, en cas d’usage problĂ©matique :

  • Les Centre d’accueil et d’accompagnement Ă  la rĂ©duction des risques des usagers de drogues (CAARUD) ;
  • Les Centre de Soins, d’Accompagnement et de PrĂ©vention en Addictologie (CSAPA) ;
  • Le groupe d’entraide Facebook « Info Chemsex (by AIDES) » mis en place par l’association AIDES (groupe privĂ© et accessible sur demande) ;
  • La ligne chemsex d’AIDES sur WhatsApp ou Signal au 07 62 93 22 29 

Source

THAÏLANDE : 18 MOIS APRÈS SA DÉPÉNALISATION, L’USAGE RÉCRÉATIF DU CANNABIS VA ÊTRE INTERDIT

De nombreux touristes profitaient de la dépénalisation du cannabis. [MANAN VATSYAYANA / AFP]

Publié le 10/01/2024

Une marche arriĂšre qui fait du bruit sur le continent asiatique. PrĂšs d’un an et demi aprĂšs avoir dĂ©criminalisĂ© le cannabis, la ThaĂŻlande s’apprĂȘte Ă  revenir sur ses pas en interdisant Ă  nouveau l’utilisation de la plante Ă  des fins rĂ©crĂ©atives.

Selon CNN, l’arrivĂ©e au pouvoir d’un gouvernement conservateur en 2023 serait Ă  l’origine de ce changement. Ce mardi, le ministĂšre de la SantĂ© a publiĂ© un projet de loi indiquant que les contrevenants risquaient de lourdes amendes ou jusqu’à un an de prison, voire les deux sanctions.

Avec ce projet de loi, l’usage du cannabis mĂ©dical sera le seul autorisĂ© sur le territoire, comme cela Ă©tait dĂ©jĂ  le cas depuis 2018.

L’ASIE STRICTE FACE À L’USAGE DE DROGUES

«La ThaĂŻlande promouvra des politiques relatives au cannabis Ă  des fins mĂ©dicales. Nous n’avons jamais songĂ© Ă  encourager les gens Ă  consommer du cannabis Ă  des fins rĂ©crĂ©atives ou Ă  l’utiliser d’une maniĂšre qui pourrait irriter les autres», a indiquĂ© Anutin Charnvirakul, l’ancien ministre de la SantĂ© qui a fait pression pour la lĂ©galisation du cannabis dans le pays. 

MalgrĂ© la prĂ©cĂ©dente dĂ©criminalisation du cannabis, fumer du cannabis restait illĂ©gal dans le pays. Pourtant, de nombreux touristes Ă©trangers ont pu se rendre en ThaĂŻlande afin de profiter de tout le commerce liĂ© Ă  cette plante : dispensaires, spas au chanvre, festivals


Une dĂ©pĂ©nalisation qui avait fait grand bruit, alors que de nombreux pays de la rĂ©gion imposent d’importantes sanctions en cas de possession, de trafic ou de consommation de cannabis. À Singapour, le trafic de drogue est notamment puni de la peine de mort.

THAÏLANDE CANNABIS

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