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février 2024

Belgique : Infor Drogues devient Infor Drogues ET addictions pour s’ouvrir à des dépendances plus larges

Pour évoquer ce changement de nom et de perspectives, Antoine Boucher, porte-parole d’Infor Drogues et Addictions, était l’invité du 12h30.

Ne dites plus “Infor Drogues”, mais bien “Infor Drogues et addiction”. L’asbl vient tout juste de changer de nom. “Les drogues sont toujours présentes, l’actualité le souligne malheureusement. Cependant, d’autres comportements se développent dans notre société. Ils ne sont pas forcément reconnus par le grand public comme quelque chose de similaire. Il y a de plus et plus d’”addicts” et sans consommer de produit. Ça concerne le jeu, surtout les jeux d’argent, mais le sport aussi par exemple”, explique Antoine Boucher.

La structure veut être perçue comme un service qui va répondre aux besoins de ces profils différents. “Le suffixe “drogue”, ne les conduit pas directement à nous téléphoner ou à faire appel à notre service d’accompagnement”, détaille-t-il encore.

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Qu’arrive-t-il à votre foie quand vous arrêtez de boire de l’alcool ?

Publié: 11 février 2024, auteur Ashwin Dhanda Associate Professor of Hepatology, University of Plymouth

Dans la mythologie grecque, Zeus punit Prométhée pour avoir donné le feu aux humains. Il l’enchaîna et demanda à un aigle de se régaler de son foie. Chaque nuit, le foie repoussait et, chaque jour, l’aigle revenait pour son festin. En réalité, un foie peut-il vraiment repousser ?

Le foie est le plus grand organe interne du corps humain. Il est nécessaire à des centaines de processus corporels, notamment pour décomposer les toxines comme l’alcool. Comme il s’agit du premier organe à « voir » l’alcool qui vient d’être consommé, il n’est pas surprenant qu’il soit le plus sensible aux effets de l’alcool. Toutefois, d’autres organes, notamment le cerveau et le cœur, peuvent également être endommagés par une consommation excessive d’alcool sur le long terme.

En tant que spécialiste du foie, je rencontre tous les jours des personnes atteintes d’une maladie hépatique liée à l’alcool. Le spectre de ces maladies s’étend de la formation de graisse dans le foie (stéatose hépatique) à la formation de lésions (cirrhose). Ces maladies ne provoquent généralement aucun symptôme tant que les dommages n’ont pas atteint un stade très avancé.

Au début, l’alcool rend le foie gras. Cette graisse provoque une inflammation du foie. En réaction, celui-ci tente de se soigner en produisant du tissu cicatriciel. Si ce phénomène se poursuit sans contrôle, l’ensemble du foie peut devenir un maillage de cicatrices entre lesquelles se trouvent de petits îlots de « bon » foie : c’est la cirrhose.

Aux derniers stades de la cirrhose, lorsque le foie est défaillant, les malades peuvent devenir jaunes (jaunisse), se gonfler de liquide et devenir somnolents et confus. Cette situation est grave et peut être fatale.

La plupart des personnes qui boivent régulièrement plus que la limite recommandée de 14 unités d’alcool par semaine (environ six pintes de bière de force normale (4 % d’alcool) ou environ six verres moyens (175 ml) de vin (14 % d’alcool) auront une stéatose hépatique. Une consommation importante et à long terme d’alcool augmente le risque de développer une cicatrisation et une cirrhose.

(Le site Alcool Info Service explique que l’indication en degré (°) ou en pourcentage (%) pour une boisson alcoolisée correspond à la quantité d’alcool pur contenue dans 100 ml de boisson. Si une boisson fait 35° (ou est concentrée à 35 %), cela signifie que 100 ml de cette boisson contiennent 35 ml d’alcool pur. Plus le degré ou le pourcentage est élevé, plus la boisson est concentrée en alcool pur, ndlr.)

(Les repères de consommation d’alcool préconisés en France par Santé publique France sont les suivants : ne pas consommer plus de dix verres standard par semaine ; ne pas consommer plus de deux verres par jour ; avoir des jours sans consommation dans une semaine, ndlr.)

Bonnes nouvelles

Heureusement, il y a de bonnes nouvelles. Chez les personnes souffrant de stéatose hépatique, après seulement deux à trois semaines d’arrêt de consommation d’alcool, le foie peut guérir et semble fonctionner aussi bien que s’il était tout neuf.

Chez les personnes souffrant d’une inflammation du foie ou de légères lésions, même sept jours après l’arrêt de la consommation d’alcool, on observe une réduction notable de la graisse, de l’inflammation et du tissu cicatriciel au niveau du foie. L’arrêt de la consommation d’alcool pendant plusieurs mois permet au foie de guérir et de revenir à la normale.

Chez les gros buveurs qui présentent des lésions plus graves ou qui souffrent d’une insuffisance hépatique, l’arrêt de la consommation d’alcool pendant plusieurs années réduit le risque d’aggravation de l’insuffisance hépatique et de décès. Cependant, les personnes qui boivent beaucoup peuvent être physiquement dépendantes de l’alcool et arrêter brusquement peut conduire à un sevrage alcoolique.

Dans sa forme légère, le sevrage alcoolique provoque des tremblements et des sueurs. Mais s’il est sévère, il peut provoquer des hallucinations, des crises et même la mort. Le sevrage brutal n’est jamais recommandé aux grands buveurs qui doivent consulter un médecin pour savoir comment arrêter l’alcool en toute sécurité.

D’autres bénéfices

L’arrêt de la consommation d’alcool a également des effets positifs sur le sommeil, les fonctions cérébrales et la tension artérielle.

Éviter l’alcool pendant de longues périodes réduit également le risque de plusieurs types de cancer (notamment du foie, du pancréas et du côlon) et le risque de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux.

Cependant, l’alcool n’est pas le seul facteur en cause quand on est en mauvaise santé. L’abandon de l’alcool présente de nombreux bénéfices pour la santé, mais ce n’est pas la panacée. Il doit être intégré dans un mode de vie sain, qui inclut une alimentation équilibrée et la pratique régulière d’activité physique.

Ainsi, pour répondre à la question posée par le mythe de Prométhée, le foie a le pouvoir étonnant de se réparer après avoir été endommagé. Mais il ne peut pas repousser à l’identique s’il a déjà été gravement endommagé.

Si vous arrêtez de boire et que vous n’avez qu’un foie gras, il peut rapidement redevenir normal. Si vous avez un foie cicatriciel (cirrhose) au départ, l’arrêt de l’alcool permettra une certaine guérison et une amélioration de la fonction, mais tous les dommages déjà causés ne pourront pas être réparés.

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L’INTOXICATION AU CANNABIS CHEZ LE CHIEN

Par Édouard Martin, D.M.V., I.P.S.A.V., clinicien enseignant en urgentologie et soins intensifs

L’intoxication au cannabis est de plus en plus fréquente chez le chien. Ces intoxications sont généralement accidentelles, suite à l’ingestion de mégots, de feuilles séchées, de résine ou de gâteaux contenant du cannabis. Une prise en charge par un vétérinaire est souvent nécessaire mais le pronostic est généralement bon.

À quoi est due l’intoxication au cannabis ?

Lors d’intoxication au cannabis, les signes cliniques sont dus aux cannabinoïdes, des substances psychoactives, dont la plus active est le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol). Le THC agit sur le cerveau et est à l’origine de nombreux symptômes.

Quels sont les signes observés lors d’intoxication au cannabis ?

Les signes cliniques apparaissent dans les 3 heures suivant l’ingestion et sont très variés :

  • Troubles neurologiques : alternance de phases d’agitation et de somnolence, pertes d’équilibre, dilatation des pupilles voire crises convulsives dans les cas les plus graves ;
  • Troubles digestifs : vomissements, hypersalivation, augmentation de l’appétit, incontinence fécale ;
  • Troubles cardiorespiratoires : augmentation ou diminution de la fréquence cardiaque et respiratoire ;
  • Troubles généraux : tremblements, hyperthermie ou hypothermie, incontinence urinaire.

Les symptômes durent en général 12 à 72h, dépendamment de la dose ingérée.

Comment diagnostiquer une intoxication au cannabis ?

Le diagnostic d’une intoxication au cannabis peut être difficile car il se fait à partir des signes cliniques, souvent vagues et variés, et l’histoire des propriétaires. Les propriétaires restent souvent discrets sur les circonstances. Ceci est une erreur car en n’informant pas correctement votre vétérinaire, vous pourriez mettre la vie de votre animal en danger.

Quels sont les traitements ?

Si votre animal a mangé récemment du cannabis, il est recommandé de consulter rapidement un vétérinaire pour qu’il puisse le faire vomir si possible. Par contre si votre animal présente des signes neurologiques importants, le faire vomir est déconseillé voire dangereux.

Par la suite, votre vétérinaire pourra donner des traitements visant à limiter l’absorption digestive et les symptômes. La plupart du temps, une hospitalisation est nécessaire pour surveiller votre animal et adapter les traitements au besoin (fluides par voie intraveineuse, anti-vomitif, anti-convulsivant…).

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Voici ce qui se passe quand une personne arrête de consommer de l’alcool !

LINFO.RE – créé le 10.02.2024

Le Dr. Dan Véléa, psychiatre addictologue à Paris, a récemment souligné les bienfaits de l’arrêt de la consommation d’alcool sur la santé.

Les effets positifs incluent la perte de poids, l’amélioration de la santé du ventre et du foie, mais aussi la réduction des risques de dépendance.

Une peau visiblement plus belle

Selon le Dr. Dan Véléa, l’alcool entraîne des signes visibles tels que les couperoses chez les personnes dépendantes, résultant d’une vasodilatation qui fragilise les vaisseaux sanguins. À l’arrêt de la consommation, la peau se régénère, les rougeurs diminuent, et l’hydratation s’améliore. Le Dr. Preethi Daniel de la London Doctors Clinic complète que l’arrêt de l’alcool génère rapidement une amélioration physique, avec des traits détendus, une peau éclatante et des yeux brillants. “Cela s’explique par le fait que les calories ingérées proviennent en majorité de nourriture plutôt que d’alcool“, ajoute-t-elle.

Une diminution de la fatigue

D’après les constatations de l’addictologue : “Une personne qui arrête de boire retrouve de l’énergie“. Cela s’explique par l’amélioration des nuits de sommeil et de la réduction du nombre de calories consommées qui fatiguent l’organisme.

Un foie en bonne santé

En France et en Europe, l’alcool demeure la première cause de cirrhose du foie, entraînant environ 12 000 décès annuels. La moitié est liée à une consommation excessive de l’alcool. Ainsi, l’AFEF (Association Française pour l’étude du foie) alerte sur les conséquences alarmantes de cette réalité.

Une baisse de poids et un ventre dégonflé

Arrêter l’alcool entraîne une perte de poids visible et un ventre moins gonflé. La suppression des calories diminue la masse graisseuse, particulièrement chez les buveurs de bière. La déshydratation due à l’alcool contribue à ce changement physique.

Moins de vertige et de stress

« Narcissiquement parlant, il y a une reconstruction qui se fait et qui est fondamentale et bénéfique. », souligne l’addictologue. L’arrêt de l’alcool permet de réduire les vertiges, le stress et les tremblements qui favorisent une amélioration globale de votre bien-être physique et psychologique. 

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Le barreau du tabac ….

Dans l’échelle des toxicomanies, briser le barreau du tabac éloignera de l’addiction à d’autres drogues

Pr. Jean Costentin

Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les errements des humains Le tabac (puisqu’il faut l’appeler par son nom) Capable d’enrichir, les industriels qui le produisent faisait aux Hommes la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : (détournement de J. de La Fontaine)

Deux attitudes s’opposent : combattre le tabagisme, pour empêcher les adolescents d’y accéder ou, au contraire, faciliter l’accès au cannabis par sa légalisation. Agir résolument contre le tabagisme préservera d’abord nos concitoyens de sa létalité effroyable.

En effet, le tabac est, avant l’alcool, la toute première cause de mort évitable : 13 millions des nôtres, qui pourtant n’ignorent rien de ses dangers, s’y adonnent ;

75 000 d’entre eux en meurent chaque année ; la cigarette est ainsi le mode le plus commun de suicide (les « cartouches de cigarettes » sont ainsi une expression à double sens). Comme dans la fable des animaux malades de la peste, les fumeurs n’en meurent pas tous, mais tous sont frappés (au moins à un certain degré).

Les handicaps nombreux dont ils sont victimes pour beaucoup ne sont pas anodins ; ils altèrent leur qualité de vie, le confort de la fin de leur existence et, de plus, obèrent les comptes sociaux.
L’addiction à la nicotine du tabac est si rapide et son abandon si difficile, qu’il faut empêcher qu’il y ait une première fois, ou du moins que cette expérimentation soit la plus tardive possible.

Les 13 millions de nos concitoyens qui s’y sont laissé prendre ne parviennent pas à s’en détacher. Un fumeur sur deux mourra de son tabagisme ; aucunproduit en vente libre dans le commerce n’a de conséquences aussi désastreuses.

Le président de la République, l’an passé, lors de la journée du cancer, a exprimé sa détermination que 2032 voit apparaitre en France la première génération sans tabac.
Excellente initiative, mais dont, hélas, on ne voit pas les mesures qui permettrontd’atteindre cet objectif.

C’est au niveau du tabac qu’il faut situer, chez nos jeunes, le niveau de leur transgression vers d’autres drogues et non pas, comme actuellement, au niveau du cannabis. Un niveau pourtant que des idéologues (dont des addictologues à contre-emploi) voudraient, par sa légalisation, situer à encore plus haut niveau, ceux de la cocaïne, des amphétamines, de l’ecstasy, des cathinones et même, pendant qu’ils y sont, au niveau des morphiniques.

Le cannabis est porté sur les épaules du tabac, support végétal de la combustion desa résine (haschisch/shit). Encore plus délétère que le tabac, le cannabis y ajoute ses méfaits propres. A sa toxicité physique, assez semblable, il ajoute ses méfaits psychiques (ivresse, désinhibition, amotivation, crétinisation…) qui souvent débordent dans le domaine psychiatrique (anxiété, dépression, psychose aigue, schizophrénie…).

N’oublions pas parmi ses méfaits ceux qui survivent durablement à son élimination complète de l’organisme et qui sont liés à des mécanismes épigénétiques.

Ces mécanismes opérant au niveau des gamètes des consommateurs, font que certaines des modifications induites peuvent être transmises à leur progéniture avec des conséquences variées : malformations, autisme, déficits cognitifs, schizophrénie et, pour ce qui nous intéresse ici, une plus grande vulnérabilité aux toxicomanies qui s’exprimera à l’adolescence, en relation avec une raréfaction des récepteurs dopaminergiques D 2 dans le noyau accumbens.

L’exposition au cannabis/THC, par un mécanisme épigénétique, intensifie les effets de récompense /appétitifs de la cocaïne ainsi que ceux des morphiniques. Le sujet cannabinophile qui expérimente ces deux drogues les perçoit d’emblée avec une grande intensité, qui l’incite très vite à y recourir à nouveau, à en user, à en abuser et ainsi à en devenir dépendant.

L’usage régulier d’une drogue amoindrit ses effets. La tolérance qui s’installe, incite à accroitre ses doses et la fréquence de son usage, pour maintenir à un niveau élevé la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens.

Quand ces palliatifs ne suffisent plus le consommateur y ajoute une drogue plus « puissante », pour laquelle une tolérance jouera bientôt, faisant ajouter une troisième drogue, etc… Ce cheminement peut aboutir aux morphiniques (plus de 200 000 héroïnomanes en France, en attendant l’arrivée des
fentanyloïdes, responsables de 100 000 décès aux U.S.A. en 2023)
.

Pour empêcher cetteascension morbide de l’échelle des toxicomanies il faut en briser les premiers barreaux, pour tenter au moins de différer cette ascension au-delà de l’adolescence.
L’adolescence est une période de très grande vulnérabilité, car plus tôt les drogues sont expérimentées, plus vite elles sont adoptées et plus intenses sont les détériorations subséquentes.

Durant cette période le cortex préfrontal, aux effets répresseurs des compulsions, se connecte progressivement avec le reste du cerveau. L’adolescence correspond à la phase de maturation cérébrale (12 à 24 ans), que perturbe notablement le cannabis/THC, en caricaturant la fonction subtile des endocannabinoïdes (via les récepteurs CB 1 ), impliqués dans le bon déroulement de cette maturation.

L’adolescence est la période critique des apprentissages, de l’acquisition d’une culture, des ambitions, de l’élaboration des projets professionnels et de vie ; bref, le plus mauvais moment pour cette rencontre avec le cannabis.

Une excellente idée du Canada (vidéo)

Drogue. La Thaïlande va mettre fin à l’usage récréatif du cannabis

Un an et demi après avoir dépénalisé la consommation de cannabis, la Thaïlande s’apprête à restreindre son usage. Les acteurs de cette industrie naissante, mais déjà en plein essor, s’inquiètent.

Courrier international

Un virage à 180 degrés.

Dix-huit mois après avoir voté une des lois les plus libérales de la région, la Thaïlande est sur le point d’interdire l’utilisation récréative du cannabis. Une nouvelle version de la loi sera soumise en Conseil des ministres la semaine prochaine, a annoncé mardi 6 février le ministre de la Santé, Cholnan Srikaew.

“Le texte révisé conserve la disposition essentielle selon laquelle le cannabis ne doit être utilisé qu’à des fins médicales, explique le Bangkok PostMais il stipule clairement que toute utilisation à des fins récréatives ne sera pas autorisée.”

Avez-vous déjà testé la bière sans alcool ?

Nous sommes le pays avec le plus de nouveaux consommateurs de ce genre de boisson : +25%

Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’il y ait la mousse ! De plus en plus de Français troquent leur habituelle pinte de blonde pour une bière sans alcool, séduits par une offre croissante et les avantages pour leur santé, sans renoncer pour autant au caractère festif et convivial souvent associé aux boissons alcoolisées. 

Lancée dans les années 70, la bière sans alcool a initialement été pensée pour un marché de niche : les automobilistes, les femmes enceintes ou les anciens alcooliques. Mais ces dernières années, l’offre a été diversifiée et élargie. Le nombre de marques a doublé depuis 2010, atteignant plus de 700, selon la Fédération des Brasseurs. Une conséquence de l’amélioration des techniques de brassages et des arômes, permettant d’améliorer le goût du produit, longtemps un frein pour la massification du marché.

Pour conserver le goût d’une boisson alcoolisée, les fabricants utilisent pourtant les mêmes ingrédients. Baléa, une brasserie du pays basque sollicité dans le sujet ci-dessus, a lancé sa bière sans alcool il y a deux ans. Ce qui change ? Ce sont les quantités. En d’autres termes, il faut limiter le sucre, soit ce que consomment les levures pour fabriquer de l’alcool pendant la fermentation. Résultat : une bière quasiment sans alcool, vendue au même prix qu’une bière traditionnelle.

Le sans alcool a même séduit certains domaines prestigieux autour de Saint-Émilion (Sud-Ouest). Le vin est envoyé en Allemagne pour retirer l’alcool à l’aide d’une machine perfectionnée. Il y est distillé ; les arômes sont retirés avant d’être réinjectés une fois l’opération terminée. 50.000 bouteilles sont vendues chaque année depuis sa création en 2019.

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De mystérieux vomissements liés au cannabis

PHOTO KYLE GRILLOT, ARCHIVES BLOOMBERG

Environ six consommateurs de cannabis sur mille au Canada présentent un syndrome de vomissements en série. Le risque est plus élevé chez les utilisateurs fréquents, surtout s’il consomme du cannabis avec un fort taux de THC.

On associe la marijuana à l’appétit. Mais pour certains utilisateurs fréquents, la drogue est liée à des vomissements en série. Le « syndrome d’hyperémèse cannabinoïde » est de plus en plus présent dans les urgences.

MATHIEU PERREAULT La Presse

« La prévalence du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde a augmenté du tiers avec la légalisation du cannabis au Canada en 2018 », explique Christopher Andrews, un gastroentérologue de l’Université de Calgary qui a fait le point sur la question il y a un an dans la revue Alimentary Pharmacology & Therapeutics. « Au début de la pandémie, il y a eu une forte augmentation, avec une prévalence deux fois plus importante qu’avant la légalisation. »

Ce syndrome se caractérise par des vomissements incontrôlables qui amènent les patients aux urgences. « On voit de plus en plus ça depuis une dizaine d’années », confirme Martin Laliberté, urgentologue et toxicologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). « Ce sont des patients difficiles à suivre. Après leur départ des urgences, souvent on n’entend plus parler d’eux. »

Comment une substance associée aux fringales peut-elle susciter de telles nausées ? « C’est un dérèglement du système endocannabinoïde dû à une forte consommation de cannabis avec une haute concentration de THC », explique la sommité mondiale de ce syndrome, la gastroentérologue Thangam Venkatesan, de l’Université d’État de l’Ohio.

La Dre Venkatesan, qui suit 1600 patients présentant ou ayant présenté ce syndrome aux États-Unis, au Canada et en Inde, a découvert que cette forte consommation rend le système endocannabinoïde plus vulnérable au stress.

« C’est un système qui aide à la réponse aux stresseurs, dit-elle. Le cannabis l’active, ce qui diminue la réponse au stress. Mais si on consomme trop de cannabis avec un fort taux de THC, les récepteurs du système endocannabinoïde deviennent moins nombreux, parce qu’ils sont surstimulés par le cannabis. Alors on devient paradoxalement plus vulnérable au stress. Parfois, simplement se lever le matin devient trop stressant et on se met à avoir des vomissements incontrôlables. »

Selon le DAndrews, environ six consommateurs de cannabis sur mille au Canada ont ce problème. Mais comme seulement 18 % des consommateurs de cannabis en consomment chaque jour, selon les données de Statistique Canada, le risque est plus élevé chez les utilisateurs fréquents.

« Et si on consomme des concentrés de THC, avec des taux dépassant 75 % plutôt que 20 % dans du cannabis normal, le risque est encore plus élevé, dit la Dre Venkatesan. On a vu apparaître ce problème parce que même dans le cannabis normal, les taux de THC sont beaucoup plus élevés qu’avant. Il y a 30 ans, le cannabis ne contenait que 4 ou 5 % de THC. »

Douches chaudes

La chaleur peut amenuiser les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. « Les gens peuvent prendre jusqu’à 10 ou 15 douches chaudes par jour », dit la Dre Venkatesan.

Bien que certains antipsychotiques pourraient potentiellement aussi amenuiser les symptômes, la seule solution est d’arrêter le cannabis pour permettre aux récepteurs du système endocannabinoïde de se remettre de la surstimulation, selon le DAndrews.

« Après six mois d’abstinence, normalement le nombre de récepteurs du système revient à la normale, dit le DAndrews. Il y a des études sur des molécules qui pourraient stimuler les récepteurs pour aider à contrôler le vomissement, sans entraver la réactivation des récepteurs pendant l’abstinence. »

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