À l’inverse, la caféine et le manque de sommeil ne semblent pas avoir d’effets sur le rythme cardiaque.
L’ESSENTIEL
Il faut un examen médical complet, et plusieurs tests cardiaques pour détecter l’arythmie.
La prise en charge de l’arythmie repose sur des médicaments, sur le changement de certaines habitudes de vie ou sur une intervention chirurgicale.
Environ 700 000 personnes seraient concernées en France par la fibrillation atriale.
Notre cœur bat généralement entre 50 et 100 fois par minute. Lorsque les battements sont irréguliers, il s’agit d’artyhmie cardiaque. Cette pathologie peut avoir plusieurs causes : des lésions liées à une crise cardiaque, du diabète, le stress ou encore l’apnée du sommeil. Dans JAMA Cardiology, une équipe de recherche de l’université de Californie – San Diego montre que les origines du trouble ne sont pas toujours celles que l’on croit. Ils ont testé plusieurs hypothèses avec un groupe de volontaires pour le prouver.
Qu’est-ce que l’arythmie cardiaque ?
L’arythmie peut se manifester de plusieurs manières : elle peut ralentir ou accélérer le rythme cardiaque. Dans le premier cas, il s’agit de brachycardie, lorsque les battements cardiaques sont inférieurs à 60 par minute. À l’inverse, s’il y a plus de 100 battements du cœur par minute, c’est de la tachycardie. La fibrillation cardiaque est caractérisée par des contractions désordonnées. Ces différentes pathologies peuvent se manifester par un essoufflement, de la fatigue, des étourdissements, des palpitations ou des douleurs à la poitrine. Parfois, les personnes concernées ne ressentent aucun symptôme.
Quelles sont les facteurs déclencheurs supposés ?
450 personnes ont participé à cette recherche. Elles ont utilisé un appareil d’enregistrement d’électrocardiogramme ainsi qu’une application téléphonique pour noter les déclencheurs potentiels de leur arythmie : boire de l’alcool ou consommer de la caféine, dormir sur le côté gauche ou ne pas dormir suffisamment, manger un gros repas, une boisson fraîche ou s’en tenir à un régime particulier, faire de l’exercice ou toute autre chose qu’ils pensaient être impliquée dans leur arythmie. La caféine était perçue par les participants comme l’une des causes principales de l’arythmie, en réalité, les données montrent qu’il n’y a pas de lien entre les deux. Des recherches ont même montré que le café pouvait avoir un effet protecteur sur le rythme cardiaque.
Des troubles mortels
Selon les conclusions des auteurs, l’alcool est le seul déclencheur : lors de l’étude, la consommation de boissons alcoolisées était systématiquement associée à une dérégulation du rythme cardiaque. Ils rappellent que ces troubles cardio-vasculaires contribuent à plus de 150 000 décès chaque année aux États-Unis. Ce taux de mortalité a n’a cessé d’augmenter depuis vingt ans.
Avec l’alcool, quand peut-on parler de dépendance ? Certains signes problématiques doivent vous alerter; vous avez peut-être besoin d’aide pour vous sevrer.
Après les mois difficiles que nous venons de traverser – durant lesquels confinement et couvre-feu sont devenus la norme – quelques mauvaises habitudes ont pu plus facilement se greffer à notre routine. Manque d’activités, ennui, climat anxiogène… Force est de constater que ce genre de situation se veut propice au développement de certaines addictions dont celle à l’alcool fait partie.
Le plus souvent, la limite est fine entre consommer de l’alcool par plaisir et en consommer par besoin. À partir de quel moment peut-on dire que le rapport entretenu avec l’alcool dérive vers le malsain ? C’est la question que nous nous sommes posée ici.
DÉPENDANCE À L’ALCOOL : 6 SIGNES RÉVÉLATEURS
Votre entourage s’inquiète
De plus en plus, vos proches vous font des remarques quant à votre consommation d’alcool ? Ces derniers ont peut-être perçu quelque chose que vous ne pouvez – ou ne voulez – pas voir… Vous devriez prendre au sérieux ces observations, surtout si elles viennent de personnes qui veulent votre bien.
Vous n’envisagez pas une fête sans alcool
Pour vous, une sortie festive sans présence d’alcool est une aberration ! C’est simple, vous ne voyez pas l’intérêt de faire la fête sans consommer de boissons alcoolisées. S’amuser sans boire, c’est possible ça ? Vous êtes même prête à refuser une invitation pour ce motif. Une fois de plus, il s’agit d’un signe qui devrait vous alerter.
Vous tolérez mieux l’alcool qu’avant
Vous avez remarqué être en capacité de boire beaucoup plus d’alcool avant de ressentir les premiers signes de l’ivresse ? Cela signifie que votre organisme a fini par s’habituer et qu’il résiste désormais à de plus grandes quantités de boissons alcoolisées. Si certains considèrent cela comme une fierté, sachez qu’il s’agit plutôt d’un signe particulièrement inquiétant.
Vous consommez plus d’alcool qu’avant
Étant donné que vous tolérez mieux l’alcool désormais, vous avez tendance à en boire de plus en plus. Cela se traduit à la fois par une consommation en plus grande quantité, afin d’en ressentir les effets, mais aussi par une fréquence plus rapprochée et régulière. Résultat : il n’est pas rare que vous vous retrouviez à consommer bien plus d’alcool que vous ne le souhaitiez initialement.
Vous remarquez également des signes physiques
Votre peau est plus terne, plus sèche, votre mine a l’air plus fatiguée ? Vous ressentez des picotements et des engourdissements dans les extrémités de votre corps ? Vous souffrez de troubles digestifs (de reflux gastriques ou de brûlures d’estomac par exemple) ? Vous avez pris ou perdu du poids de manière inexpliquée ? Sachez que tous ces symptômes physiques peuvent être liés à votre consommation d’alcool.
Malgré tout cela, vous continuez à consommer de l’alcool
Tous ces signes ayant un impact sur vos relations avec les autres, votre apparence ou même votre santé, vous ne pouvez que les constater. Pourtant, cela ne vous empêche pas de continuer à consommer de l’alcool, un peu comme si vous ne pouviez pas vous en sevrer. Cela peut une nouvelle fois témoigner d’un rapport malsain à l’alcool, voire d’une addiction.
ALCOOLISME : IL EST TEMPS DE VOUS FAIRE AIDER !
Si vous vous êtes reconnue dans l’un ou plusieurs points cités précédemment, cela signifie que votre consommation d’alcool devient problématique. Vous allez peut-être avoir besoin de l’aide d’un professionnel et il n’y a aucun mal à ça ! Ce dernier saura évaluer votre problème et vous aider à le régler au travers de moyens adaptés. Alors, pourquoi hésiter à consulter ?
Un vilain cercle vicieux, dans lequel il ne vaut mieux pas s’empêtrer.
Fumer et boire sont terriblement mauvais pour la santé. | Diego Indriago via Pexels
Il y a des êtres singuliers, que l’on peut observer en fin d’après-midi ou en début de soirée, au moment où leur vraie nature surgit. Des êtres qui, toute la journée, refusent les invitations à fumer une cigarette. «Je ne fume pas, merci», lancent-ils parfois, suscitant l’admiration des masses accros au tabac. Mais, une fois qu’ils sont attablés à un bar, pinte de bière ou verre de vin sous le pif, leur discours change du tout au tout: une gorgée d’alcool et l’envie de fumer surgit. «Je fume seulement quand je bois», expliquent-ils alors timidement, tout en grattant une clope. Il a bon dos, le non-fumeur.
Les habitués du tabac peuvent se moquer. Eux plus que quiconque sont esclaves de ce drôle de phénomène. Verre en main, l’envie de fumer est irrésistible, au point d’enchaîner cigarettes et gorgées à un rythme effréné. C’est un fait: quand on boit, l’envie de fumer est exacerbée. Derrière ce désir incontrôlable se cache en fait une explication scientifique.
Fumer, c’est repartir
On s’en doute, associer cigarette et alcool entraîne d’une manière ou d’une autre une sensation de plaisir. Sinon, peu de gens y trouveraient un intérêt. Une découverte scientifique confirme cette hypothèse: fumer et boire actionnent simultanément le système de récompense dans le cerveau, créant un sentiment d’euphorie. Le plaisir, lui, n’en est que décuplé.
Cet état de bien-être est loin d’être la seule explication. Un autre phénomène entre dans la danse, bien plus insidieux encore. Il concerne directement les effets qu’entraînent les deux substances sur le corps humain. Des effets qui se nourrissent mutuellement, engouffrant le consommateur dans un dangereux cercle vicieux.
«La nicotine affaiblit l’effet de fatigue induit par l’alcool en stimulant la zone du cerveau qui contrôle le sommeil.»
Mahesh Thakkar, directeur de recherche
Pour les besoins d’une étude publiée dans la revue Journal of Neurochemistry, des scientifiques de l’université du Missouri, aux États-Unis, ont équipé des rats d’électrodes, avant de les exposer à du tabac et à de l’alcool (pas sûr que les rongeurs aient eu leur mot à dire dans l’affaire). En observant les résultats, les chercheurs ont remarqué que la nicotine contenue dans les cigarettes permettait de réduire la somnolence. Une somnolence elle-même provoquée par la consommation d’alcool. Vous voyez le genre.
«Nous avons découvert que la nicotine affaiblit l’effet de fatigue induit par l’alcool en stimulant une réponse dans une zone particulière du cerveau, le proencéphale basal (région du cerveau contrôlant le sommeil)», explique Mahesh Thakkar, membre de l’étude, cité par le média Sciences et Avenir. L’effet léthargique de l’alcool serait donc contrebalancé par la sensation de dynamisme qu’entraîne la consommation de cigarettes. Pour faire simple: quand on boit on s’endort, quand on fume on se réveille. Le terrain parfait pour une escalade des vices.
Pire, quand ce dangereux mécanisme s’installe, il devient encore plus difficile de s’en débarrasser. À chaque verre, la recherche de ce plaisir de récompense s’associe à l’effet de fatigue qu’entraîne la consommation d’alcool, à la recherche d’un esprit festif et à la sensation d’énergie que vous apporte la cigarette. Difficile alors de ne pas craquer, de plonger à nouveau sa main dans un paquet, surtout quand, autour, les gens fument à tout va.
Arrêter de boire pour arrêter de fumer
On ne va pas vous refaire le topo. On le sait, fumer et boire sont terriblement mauvais pour la santé. Foie, poumons, cœur, vaisseaux… tout morfle lorsqu’on consomme des cigarettes ou de l’alcool. Alors mélanger les deux n’est clairement pas la meilleure des choses à faire pour votre corps. Notamment quand on est jeune.
Certains dégâts de ce cocktail néfaste sont déjà visibles dès l’adolescence, selon une étude parue en 2018 dans l’European Heart Journal. Fumer et boire à cette tranche d’âge entraîne par exemple une rigidité des artères et un risque de maladies cardiovasculaires. En outre, après 100 cigarettes, soit quatre par jour pendant moins d’un mois, les ados ont des artères environ 4% plus rigides que celles des non-fumeurs.
Alcool et tabac ne font clairement pas bon ménage. Pas de quoi vous faire arrêter pour autant ce dangereux cocktail? Voici un argument infaillible: associé à l’alcool, le tabac pourrait aggraver la gueule de bois.
Une étude américaine datant de 2012, menée sur 113 étudiants, a montré que ceux qui fumaient et buvaient en soirées présentaient des symptômes plus fréquents et plus sévères de gueule de bois. Un argument de poids pour stopper totalement la cigarette, ou même l’alcool (sans aucun doute le meilleur moyen de dire adieu à la gueule de bois). De toute façon, pour faire une croix sur la cigarette, rien de mieux que de surveiller son débit de boissons.
La meilleure façon d’arrêter définitivement l’une des deux habitudes reste de limiter la consommation de l’autre. Autrement dit: pour arrêter d’enchaîner cigarette sur cigarette, mieux vaut arrêter de s’enfiler en toute insouciance des verres d’alcool dans le gosier.
Les États-Unis vivent la pire épidémie d’addiction de leur histoire. Un funeste record dû à l’explosion de la consommation d’opioïdes. Une crise qui frappe de manière disproportionnée les « populations blanches rurales paupérisées ». Demain chez nous?100.306 exactement.
C’est le nombre de décès par overdose aux États-Unis entre avril 2020 et avril 2021. 274 chaque jour. Une augmentation de 28,5% par rapport à la même période l’année précédente (78.056 décès), selon des chiffres provisoires publiés le 17 novembre par les centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).
Au cœur de cette crise de santé publique: « les opiacés de synthèse« , a expliqué lors d’une conférence de presse Deb Houry, l’une des cadres dirigeantes des CDC.Il s’agit d’une autre « épidémie » s’est inquiété Joe Biden dans un communiqué commentant la parution de ces chiffres. « Alors que nous continuons à faire des progrès pour vaincre la pandémie de Covid-19, nous ne pouvons pas ignorer cette épidémie de disparitions qui a touché des familles et des communautés à travers tout le pays« , a indiqué le Président des Etats-Unis.
Le phénomène avait déjà atteint un seuil critique en 2016 et 2017, au point d’avoir fait baisser l’espérance de vie des Américains ces années-là.
Crise politique et sanitaire
Les opiacés, comme le fentanyl, la morphine ou l’oxycodone sont à l’origine des médicaments destinés à calmer la douleur. Ils émettent des signaux qui atténuent la perception de la souffrance et renforcent la sensation de plaisir. À faible dose, les opioïdes peuvent provoquer une sensation de sommeil, mais à forte dose, ils peuvent ralentir la respiration et le rythme cardiaque, ce qui peut entraîner la mort.
Ceux-ci sont extrêmement addictifs et sont facilement accessibles, puisqu’une simple ordonnance suffit pour s’en procurer. Ils mènent généralement à une addiction aux drogues de la famille des opioïdes, comme l’héroïne.Faits diversPlus de 100.000 Américains morts par surdose de médicaments en un anHier, 16:39Le CDC estime que le « fardeau économique » de l’abus d’opioïdes sur ordonnance aux États-Unis est de 78,5 milliards de dollars par an.
C’est la plus importante épidémie de drogue de l’histoire des États-Unis, selon la chaîne PBS. Mais cette crise n’est pas uniquement qu’une question de santé publique. Elle est aussi éminemment politique et sociale explique à Sputnik Olivier Piton, avocat qui a un cabinet à Paris et un à Washington, observateur assidu de la société américaine. »C’est un phénomène dont on a pris la mesure au début du mandat de Donald Trump. C’est un type de drogue et d’addiction qui touche en particulier les populations blanches paupérisées », explique-t-il.
En effet, la dépendance aux opioïdes « ne se limite pas aux grandes villes« , précise le CDC. Les effets de l’épidémie d’opioïdes « sont plus intenses dans les communautés rurales où les possibilités d’emploi sont souvent limitées et où l’isolement est omniprésent. Entre 1999 et 2015, les taux de mortalité liés aux opioïdes dans les zones rurales ont quadruplé chez les 18-25 ans et triplé chez les femmes. » »Ça ne veut pas dire qu’il n’y a que les populations blanches paupérisées », précise Olivier Piton.
En effet, « si la crise des opioïdes a été caractérisée par le fait qu’elle touche principalement les Américains blancs, un nombre croissant de Noirs américains ont également été touchés« , rappelle le New York Times. De 2018 à 2019, le taux de décès dus aux opioïdes chez les Noirs a augmenté de 38%. Toutefois, « en proportion des autres drogues, la portion des populations blanches paupérisées est surreprésentée« , résume Olivier Piton.
Pire épidémie d’addiction de l’histoire des USA
« C’est dû à un déclassement lié à la crise économique et sociale qui mène à une paupérisation générale, y compris chez les Blancs« , explique-t-il, avant de poursuivre: « C’est cette même population qui avait amené Trump au pouvoir« . Péjorativement qualifiées de « White trash » (littéralement « déchets blancs« ), ces populations majoritairement rurales, qui se décrivent elles-mêmes comme la « majorité silencieuse« , ont été abandonnées économiquement et politiquement par l’État. En 2015, 16,7% de la population rurale était pauvre, contre 13,0% de la population urbaine dans son ensemble et 10,8% parmi les personnes vivant dans les zones suburbaines aisées.
Ces populations blanches rurales ont effectivement été frappées de plein fouet par la désaffection progressive de nombreux centres industriels qui, jadis, faisaient la force du pays. À cette peine économique s’ajoute une autre, peut-être plus profonde encore, une souffrance politique:« Pendant un certain nombre d’années, et particulier sous le mandat d’Obama, on a refusé de considérer la majorité blanche pour ce qu’elle était. Jusqu’à Donald Trump, dans le spectre de l’offre politique, ces populations-là se sont senties abandonnées par le pouvoir politique », explique Olivier Piton.
Prise en étau entre la misère sociale et l’invisibilité politique, une partie de cette population s’est ainsi tournée vers ces paradis artificiels. « Ça a fait des ravages énormes« , poursuit notre interlocuteur.Face à cette crise, le gouvernement Trump avait décrété en 2017 « l’état d’urgence de santé publique« .
Le 45e Président des États-Unis avait débloqué une enveloppe de trois milliards de dollars par an pour faire face à l’épidémie et mis en place une série de mesures, mais celles-ci n’ont eu qu’un effet limité pour contenir l’épidémie.Malgré les effets positifs de ces politiques les premières années, avec un nombre de décès par overdose de médicaments en baisse par rapport à son niveau record de 2017 à 2018, la pandémie de Covid-19 est venue mettre un coup d’arrêt à cette dynamique positive.
Internationalisation de l’épidémie
Après la publication de ces chiffres alarmant ce 17 novembre par le CDC, le gouvernement Biden a annoncé prévoir d’améliorer l’accès à la naloxone, un antidote capable de contrer une overdose. Mais pour Olivier Piton, le problème est ailleurs: « les mesures médicales sont de surface, le fond reste que ces populations blanches sont paupérisées. Il faut traiter le problème à la racine. »
D’autant que, comme le Covid-19, cette épidémie se diffuse.Désormais, « les opioïdes touchent toutes les couches de la société: les cols bleus, les cols blancs, tout le monde. Ça ne s’arrête pas. C’est tous les jours. Et ça ne va pas en s’améliorant », s’alarmait dans les colonnes du Times Walter Bender, shérif adjoint dans le comté de Montgomery, dans l’Ohio.L’épidémie a également fait son trou chez le voisin canadien. La consommation d’opiacés y a explosé.
Le nombre d’hospitalisations dues à une intoxication aux opioïdes au Canada a augmenté de plus de 50% entre 2007-2008 et 2016-2017, selon un récent rapport publié par l’Institut canadien d’information sur la santé.Et doucement, mais sûrement, ces opioïdes, qui peuvent être fabriqués en laboratoire, traversent l’Atlantique et viennent faire des ravages en Europe, notamment en France.
En Europe, 5.000 décès par surdose d’opiacés ont été enregistrés en 2019 (+3% par rapport à 2018).
En 2019 en France, 450 personnes sont mortes à la suite d’une overdose d’opioïdes.
En 2021, l’accoutumance à ces substances provoque encore cinq morts par semaine. Et comme aux États-Unis, ce fléau affecte de manière disproportionnée les zones rurales victimes de la désindustrialisation.Cinq personnes meurent chaque semaine d’overdose en France, un chiffre sous-estimé3 Septembre, 10:11Dans une étude de 2014 sur l’usage de drogues en milieu rural, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) mettait en lumière la surconsommation d’opiacés ou d’opioïdes dans les communautés rurales françaises.
À partir de l’exemple du nord de la Meuse, « un territoire marqué par la relégation de ses habitants, due notamment à l’absence de proximité d’un centre urbain dynamique« , l’OFDT a constaté un phénomène de cause à effet entre une très forte prévalence de consommation d’héroïne et d’interpellations pour usage illicite d’opiacés et le sentiment d’abandon politique et économique.
Laurent*, 28 ans, ancien SDF devenu mécanicien et consommateur d’opioïdes, habitant pour sa part le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire, incarne le consommateur français-type: dans les colonnes du Monde, il raconte attendre le passage du camping-car de l’association d’aide aux usagers Espace deux fois par mois. Il vient y chercher « du matériel propre et des conseils » sur la consommation. « Cela m’évite de réutiliser mes seringues« , explique-t-il.
Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à tomber dans cette dépendance extrêmement dangereuse pour la santé. Contrairement au monde associatif qui se mobilise, l’État français ne semble pas encore avoir pris la mesure du danger que peut causer cette épidémie. Un problème encore trop éloigné des métropoles que bichonnent les décideurs politiques, sans doute.
Un prototype de voiture pouvant détecter le taux d’alcoolémie dans le souffle d’un conducteur, sur une photo transmise par l’association de fabricants automobiles pour la sécurité routière (ACTS), l
Aux Etats-Unis, les voitures pourraient bientôt refuser de rouler si le conducteur est en état d’ivresse, grâce à des capteurs capables de détecter l’alcool dans l’haleine ou à travers la peau. Mais ces technologies interpellent les défenseurs de la vie privée et des libertés.
Le président Joe Biden a signé cette semaine une loi qui va obliger les fabricants d’automobile à intégrer des outils de ce genre dans les années à venir.
Dans un pays où l’alcool au volant tue plus de 10.000 personnes tous les ans, et où le taux d’alcool autorisé est en moyenne plus élevé que dans de nombreux autres pays occidentaux, la nouvelle législation suscite beaucoup d’enthousiasme.
« Je pleure des larmes de joie », a réagi Alex Otte, président de MADD, une ONG qui voit cette loi comme un moyen de sauver des milliers de vies. « C’est le début de la fin de l’ivresse au volant ».
Mais le texte soulève aussi des questions: que se passera-t-il si la voiture se trompe et refuse de démarrer? Les véhicules deviendront-ils potentiellement des témoins contre leur propriétaire, en cas de procès?
Les autorités américaines ont trois ans, potentiellement renouvelables, pour se prononcer sur ces sujets.
La technologie, elle, est quasi prête. Des chercheurs ont mis au point des capteurs qui aspirent et testent le souffle du conducteur.
– Démarreur mouchard –
Ils ont aussi développé un scanneur, intégré au bouton de démarrage du moteur, qui mesure le taux d’alcool dans les vaisseaux sanguins sous la peau des doigts, grâce à une lumière infrarouge.
Ces inventions ont été mises au point par une collaboration entre une association de fabricants automobiles pour la sécurité routière (ACTS) et les autorités concernées.
Des systèmes anti-triche seront intégrés pour empêcher la voiture de démarrer en cas de taux d’alcool supérieur à la limite de 0,08%, en vigueur dans la plupart des Etats américains, a expliqué Robert Strassburger, président de l’ACTS.
« Nous émettons tous du dioxyde de carbone quand nous expirons, (et le système) sait détecter si l’échantillon vient du chauffeur et pas d’ailleurs », a-t-il précisé à l’AFP.
Quand au capteur digital du démarreur, il est relié à un circuit entre le siège et l’ordinateur de bord: « Si un passager appuie sur le bouton, le circuit ne fonctionne pas et la mesure n’est pas prise », détaille M. Strassburger.
Ces outils sont considérés comme « passifs », par opposition aux appareils existants, qui nécessitent une action des conducteurs, comme de souffler dans un tube avant de pouvoir circuler.
Ce genre d’alcootest intégré au véhicule est obligatoire dans certaines juridictions en cas de condamnation pour conduite en état d’ivresse.
– « Anticonstitutionnel » –
Certains experts sont favorables à ces technologies, tant qu’elles sont correctement régulées, mais d’autres pointent les dangers et dérives potentiels.
Laura Perrotta, présidente de l’association des usagers des autoroutes américaines, pense que ces capteurs sont formidables, tant qu’ils fonctionnent correctement.
« Imaginez que quelqu’un se fasse un bain de bouche et n’arrive pas à démarrer sa voiture ou que le système ne détecte pas que quelqu’un a bu trop de verres », remarque-t-elle. « Ca pourrait poser un vrai problème ».
Pour les défenseurs des libertés individuelles, l’enjeu ne relève pas de la technique mais de la légalité.
« C’est complètement anticonstitutionnel que nos voitures nous surveillent pour le compte du gouvernement », s’insurge Albert Fox Cahn, fondateur de l’ONG Surveillance Technology Oversight Project.
« Ce n’est pas moins illégal que si le gouvernement obligeait les opérateurs téléphoniques à installer des micros cachés dans toutes les maisons pour s’assurer que personne ne commettra de crime à l’avenir », a-t-il ajouté.
Robert Strassburger a fait valoir que les autres technologies qui récoltent des informations dans les voitures sont déjà régulées, et que la police a besoin d’un mandat pour y accéder. Mais la décision finale reviendra selon lui aux « fabricants ou aux législateurs, qui ne leur laisseront pas le choix ».
L’alcoolisme peut s’immiscer insidieusement dans votre vie, sans même que vous en ayez conscience.
Et pour cause : vous continuez à aller au travail, à sortir avec vos amis et à vous occuper de vos enfants normalement. Mais, sans vous en rendre compte, vous buvez souvent.
Cette forme de dépendance, dite “fonctionnelle”, est plus fréquente qu’il n’y paraît. Découvrez les signes qui doivent alerter.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, le problème de boisson n’est pas toujours flagrant. Une personne alcoolique n’a pas forcément les joues rouges, les yeux injectés de sang, ni l’incapacité de tenir des propos cohérents.
Elle n’est pas toujours isolée, sans famille ni emploi. Bien au contraire, ce trouble peut survenir de façon beaucoup plus insidieuse, et même vous concerner sans que vous en ayez conscience. On parle alors d’alcoolisme fonctionnel. On vous liste les indices qui doivent vous mettre la puce à l’oreille dans ce diaporama.
Qu’est-ce qu’un alcoolique fonctionnel ?
Ce terme a été utilisé pour la première fois en 2007, dans une étude menée par le Dr Howard B. Moss et son équipe de la National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAA). Les chercheurs avaient mis en évidence quatre types de dépendance à l’alcool, dont l’alcoolisme fonctionnel.
Cette catégorie concernerait près de 20 % des alcooliques, principalement des personnes d’âge moyen, qui travaillent et ont fondé une famille – également fumeurs, pour la moitié d’entre eux.
Dans une interview accordée au Sun, Martin Preston, fondateur du centre de désintoxication Delamere (Royaume-Uni) explique qu’un “alcoolique fonctionnel est une personne qui souffre d’alcoolisme, mais qui est toujours capable d’occuper un emploi, de jouer un rôle au sein d’une famille et, pour la plupart des gens, semble s’en sortir”.
C’est pourquoi il n’est pas toujours facile à repérer, d’autant que les personnes concernées sont particulièrement douées pour cacher leur état.
Les personnes concernées semblent n’avoir aucun problème
Très loin du stéréotype classique de l’accro à la bouteille, “ils occupent des postes de haut niveau, à la City ou dans les médias, au sein desquels boire beaucoup est accepté, et presque attendu », détaille l’expert. Leur consommation, bien qu’excessive, ne les empêchent pas de conserver leur occupation et leur vie de famille. Ils ont aussi tendance à la minimiser, voire à la nier, malgré quelques inquiétudes exprimées par leurs proches.
« Ces personnes ont vécu ainsi pendant des années, mais tout à coup, elles éprouvent des symptômes physiques”, précise Martin Preston. “Par exemple, elles se sentent malades le matin, elles ont parfois besoin d’un verre et peut-être même que leur conjoint leur a déjà fait comprendre qu’il ou elle en avait assez, et qu’il fallait maintenant choisir entre la boisson ou lui/elle”.
Alcoolisme fonctionnel : l’importance de le repérer tôt
Tant que les conséquences négatives de sa consommation d’alcool sur sa vie quotidienne sont encore peu apparentes, il est peu probable qu’un alcoolique fonctionnel veuille y remédier.
Parfois, il n’a même tout simplement pas conscience du problème. Pourtant, “plus le traitement est entrepris tôt, meilleur sera le résultat pour la personne concernée et pour ses proches”.
Pour rappel, “la consommation d’alcool a une influence sur le développement de nombreuses pathologies : cancers, maladies cardiovasculaires et digestives, maladies du système nerveux et troubles psychiques…”, peut-on lire sur le site de Santé Publique France.
Sans même aller jusque-là, l’alcool peut aussi entraîner des difficultés plus banales : fatigue, hypertension, troubles du sommeil, problèmes de mémoire ou de concentration, irritabilité…
Dans son interview au Sun, Martin Preston a révélé les signes de l’alcoolisme fonctionnel.
Nous vous les listons dans ce diaporama, pour vous aider à repérer si vous ou l’un de vos proches est concerné.
Transportés en urgence à l’hôpital de Rennes, les deux enfants âgés de deux et cinq ans sont en bonne santé. Leur père, placé en garde à vue, sera convoqué au tribunal.
Avec France Bleu Armorique –
Cette madeleine de Proust avait un arrière-gout amer. Qui ne se souvient pas, enfant ou même adulte, d’avoir plongé ses doigts dans la pâte à gâteau ?
Cette fois, l’expérience aurait pu mal tourner, comme le raconte France Bleu Armorique mardi 9 novembre.
Dimanche 7 novembre à Trémorel (Côtes-d’Armor), deux enfants âgés de deux et cinq ans ont été pris de malaise après avoir léché la casserole dans laquelle leurs parents avaient préparé un alléchant gâteau… au cannabis !
Comprenant très vite ce qu’il se passait, les parents ont immédiatement appelé les secours qui ont décidé de transporter les enfants par hélicoptère au CHU Pontchaillou, à Rennes. Après une nuit passée à l’hôpital, les deux enfants ont pu retrouver leurs parents en bonne santé.
Le père sera prochainement convoqué au tribunal après avoir été placé en garde à vue à la gendarmerie de Merdrignac (Côtes-d’Armor). Choquée, la mère sera entendue prochainement.
AU RAPPORT – Selon la dernière étude de l’Agence nationale de santé publique, près d’un Français sur quatre dépasse les repères fixés en matière de consommation d’alcool. Et une part non négligeable d’entre eux semble minimiser les risques liés à ce comportement.
Maelane LOAEC
Si la proportion de Français qui boivent trop n’a pas augmenté depuis 2017, elle plafonne encore à un haut niveau. Selon le dernier baromètre de Santé publique France, publié ce mardi 9 novembre, 23,7% des 18-75 ans déclarent avoir dépassé les repères de consommation délimités par l’institution en 2017, avec l’aide de l’Institut national du cancer.
À savoir : pas plus de 10 verres standard par semaine et pas plus de deux par jour, en se réservant donc des jours sans une goutte d’alcool dans la semaine. Ce serait donc près d’un adulte français sur quatre qui aurait une consommation excessive d’alcool.
Cette proportion n’a pas beaucoup augmenté par rapport à celle de 2017, lorsque le niveau montait à 23,6%. À noter également, cette étude a été interrompue lors du premier confinement de mars, « modifiant ainsi la période usuelle de recueil des données » : aucune interview n’a été réalisée entre mi-mars et juin 2020, mais il y a eu davantage d’entretiens pendant l’été, période davantage propice à la consommation. Conséquences : ces données pourraient être « surestimées » par rapport à 2017.
Un risque pour la santé parfois sous-estimé
Santé Publique France rappelle dans cette étude que la consommation excessive d’alcool cause plus de 40.000 décès par an, et coûterait 118 milliards d’euros par an. Des risques dont de nombreux Français ne semblent pas conscients. Parmi les sondés, 17% des personnes affirmant dépasser les repères de consommation estiment que boire quotidiennement ne représente pas de danger pour la santé. Un avis partagé par 8% de ceux qui ne consomment pas au-delà des recommandations.
Si 84% de ceux ayant une consommation excessive de l’alcool reconnaissent en revanche que cette consommation peut aggraver le risque de cancer, ils sont 23% seulement à se dire prêts à boire moins, la faute à « des comportements très ancrés » déplore Santé Publique France.
Les hommes et les actifs davantage concernés par une consommation excessive
L’étude révèle aussi que les hommes sont les plus susceptibles de multiplier les verres : 33,2% boivent trop, contre 14,7% pour les femmes. Un ratio inchangé par rapport à 2017. Parmi les adultes qui déclarent trop consommer, 68,1% sont des hommes, alors que parmi ceux qui affirment ne pas dépasser les repères, ils ne sont que 42,5%.
Santé Publique France note également que si cette consommation « n’est pas très marquée socio-démographiquement », « le niveau de diplôme et le niveau de revenu » a tout de même une influence. Les personnes qui gagnent les plus hauts revenus dépassent souvent les repères de consommation, ainsi que plus largement les personnes actives : 57,6% des hommes et 59,2% des femmes qui ont un emploi déclarent trop boire, contre 9,4% et 7,2% pour les personnes au chômage.