D’après une étude scientifique récente, les dégâts de l’alcool apparaissent dès le premier verre consommé.
Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 02/09/2018 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 2 septembre 2018 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.
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Le cannabis persiste jusqu’à 6 jours dans le lait maternel
Selon des chercheurs américains,le THC (principe actif du cannabis) pourrait persister jusqu’à 6 jours après consommation dans le lait maternel. Devant le manque de données concernant l’impact neurologique sur les nourrissons, les scientifiques appellent naturellement les femmes allaitantes à stopper toute prise de marijuana.
Des scientifiques de l’Université de Californie à San Diego ont cherché à savoir quels composants du cannabis pénètrent dans le lait maternel et combien de temps ils y restent. Pour cela, ils ont étudié 54 échantillons provenant de jeunes mères consommant du cannabis à des degrés divers.
Résultat, ils ont détecté du tétrahydrocannabinol, ou THC, le principal composant psychoactif de la marijuana, dans 63% des échantillons de lait maternel. Et ce jusqu’à six jours après la dernière consommation déclarée par la mère.
« La quantité de THC potentiellement absorbée par le nourrisson était relativement faible », explique Christina Chambers, principale auteure de ce travail. « Mais nous ne savons toujours pas si cette dose peut être délétère pour le bébé. » Les conseils des chercheurs ne peuvent donc aller que dans le sens de ceux de l’Académie américaine de pédiatrie. A savoir, s’abstenir de toute consommation au cours de l’allaitement.
Anne Souyris, adjointe Santé et Relations avec l’AP-HP du maire de Paris, vient de proposer la création de quatre nouvelles salles de shoot. Une aberration ne venant jamais seule, elle y adjoint (évidemment), pour satisfaire toute la population des toxicomanes, un bus itinérant pour aller au-devant des fumeurs de crack, dans les rues de la capitale.
Il y a quatre ans, le ministre de la « Santé », Marisol Touraine, assignait à ces salles de shoot un caractère expérimental dont les résultats devaient être analysés pendant six ans ; leur existence serait alors reconsidérée. Les résultats doivent être jugés si positifs que madame Souyris propose déjà d’en ouvrir plein d’autres. Ce fut pourtant dans la douleur que les habitants du quartier de la gare du Nord accueillirent cette salle ; douleur qui, d’ailleurs, n’est toujours pas calmée.
Cette grande première, qui n’a que deux ans d’existence, n’a été suivie que par Strasbourg, après une inconvenante course-poursuite pour savoir qui, de Paris ou de Strasbourg, pourrait se glorifier d’être la première ville à s’en doter – ainsi qu’à s’endetter, car leur coût de fonctionnement est exorbitant.
La proximité de l’hôpital Lariboisière venait sécuriser le processus d’accueil des « overdoses », justification principale du « Shootez-vous en toute sécurité ». Cela a été une incitation à l’auto-administration de plus fortes doses de drogues ; ainsi, le nombre d’« overdoses » s’est accru, mais la mortalité s’est réduite, du fait de la sécurité apportée par l’hôpital voisin.
Les deux arguments principaux de ces salles de shoot étaient, au nom de la « réduction des risques », la prise en charge des overdoses et la prévention de la contamination par les virus du SIDA et de l’hépatite C, résultant de l’échange de seringues contaminées. Ces deux arguments sont fallacieux.
On dispose, désormais, d’un agent bloquant les récepteurs sur lesquels agissent l’héroïne, la morphine, la méthadone et d’autres opioïdes, pour déclencher l’inhibition de la respiration, qui caractérise « l’overdose » ; il s’agit de la naloxone : Nalscue®, qui peut être administrée, en spray, par quiconque, en tous lieux, hors les salles de shoot.
Depuis longtemps, la contamination par le virus du SIDA n’est plus le fait des toxicomanes, qui accèdent librement et le plus souvent gratuitement à la fourniture de seringues et d’aiguilles. Elle est, principalement, le fait de pratiques homosexuelles masculines, avec des partenaires multiples, s’adonnant à des injections de drogues stimulantes pour leur permettre d’« assurer » (les cathinones sont très en vogue dans cette « indication »). On lira sur ce sujet le bulletin épidémiologique hebdomadaire du 19 septembre 2017 qui donne des chiffres précis obtenus à partir d’un questionnaire auto-anonyme réalisé en 2015.
On peut alors se poser la question si, plutôt que de salles de shoot supplémentaires, ce n’est pas d’« homo-sexodromes » dont la capitale devrait se doter.
Un collectif d’une dizaine d’associations agissant contre les toxicomanies (dont j’avais assuré la coordination) avait contesté, avec maints arguments à l’appui, le principe de ces salles de shoot ; l’Académie nationale de médecine ainsi que celle de pharmacie avaient exprimé, d’une façon très argumentée, leurs réserves. Ils n’ont pas été entendus.
Aujourd’hui, les personnels de ces salles s’appliquent à en justifier le bien-fondé (défense de leur emploi oblige) alors que les objections et critiques précédemment émises se vérifient chaque jour. Et l’on aboutit à ce grand écart entre ceux qui voudraient les faire fermer et ceux qui voudraient les multiplier.
Des chercheurs américains ont dressé la liste des facteurs responsables du vieillissement précoce du cerveau. Ils sont parvenus à ces résultats suite à l’examen de plus de 30.000 personnes, révèle la plateforme informatique McKnight’s Senior Living.
Les employés de l’Université Johns Hopkins et de l’Université de Californie ont détaillé les facteurs accélérant le processus de vieillissement cérébral, lit-on sur la plateforme d’information McKnight’s Senior Living.
Il s’est ainsi avéré que l’abus de cannabis et d’alcool accélérait le vieillissement cérébral ainsi provoquait des problèmes psychiques à cause de la diminution flux sanguin.
Plus de 30.000 participants âgés de9 mois à 105 ans ont pris part à l’étude. Les chercheurs ont basé leurs conclusions sur 62.454 analyses SPECT, une tomoscintigraphie par émission monophotonique qui permet de récupérer des images ainsi que des reconstructions en trois dimensions d’organes et de leur métabolisme à l’aide d’un ensemble de gamma-caméras tournant autour du patient.
Selon les résultats, la schizophrénie faisait vieillir le cerveau en moyenne de quatre ans, l‘abus de cannabis de 2,8 ans, le trouble bipolaire de 1,6 an, le trouble déficitaire de l’attention ou l’hyperactivité de 1,4 an et l’abus d’alcool de 0,6 an.
Les chercheurs n’ont pas observé de vieillissement accéléré auprès des personnes atteintes de dépression ou de démence, ce qui pourrait être dû à différents types de schémas cérébraux occasionnés par ces troubles.
Cette formule inspirée du Livre d’Ézéchiel (chapitre 18) m’est revenue en mémoire pour aborder, avec humour mais gravité, les dernières nouvelles publiées cette semaine sur le cannabis.
Une information vient de faire état d’un accroissement important des admissions hospitalières de bambins et d’enfants ayant consommé du cannabis que leurs parents avaient laissé traîner. À Nice, il y a un an, des parents ont été condamnés à un an de prison pour « détention, usage de stupéfiants et abandon moral de leur bébé de 14 mois » qui s’était intoxiqué, au domicile familial, en ingérant du shit.
Une étude du réseau d’addictovigilance (surveillance des addictions) montre une « hausse constante, depuis 2014 » (multiplié par 2,5 en trois ans), du nombre de ces intoxications. Elles se traduisent, indique l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), par une somnolence ou, au contraire, mais de façon deux fois moins fréquente, par une une agitation, une dilatation des pupilles, un relâchement musculaire et, dans les cas les plus graves, une accélération du rythme cardiaque, une détresse respiratoire, des convulsions, voire un coma.
Si ce constat se suffit à lui-même, il incite à plusieurs commentaires, concernant des problèmes en amont.
Quatre femmes sur cinq fumant du cannabis et qui « tombent » enceintes sont incapables d’arrêter leur consommation de tabac et de cannabis, infligeant à leur fœtus une triple agression : de la nicotine, du tétrahydrocannabinol (THC) et de l’oxyde de carbone (CO). Elle s’exprime par une prématurité, avec une hypotrophie plus marquée que ne le voudrait l’âge de la gestation, associée à d’autres graves conséquences : retard du développement, hyperactivité avec déficit de l’attention, risque accru de mort subite « inexpliquée » et, à l’adolescence, une attirance accrue pour les drogues.
Ce risque accru de toxicomanies paraissait dû aux carences éducatives et au déplorable exemple de parents consommateurs de drogues. Ces carences parentales expliquent, certes, beaucoup de choses, auxquelles s’associent le défaut d’attention portée à la santé de leur progéniture, parfois le choix de l’allaitement, alors que persiste la consommation du cannabis, et aussi la négligence qui laisse traîner les drogues en tous lieux…
Une découverte récente vient compléter l’explication du risque plus important de toxicomanies à l’adolescence. Elle concerne le phénomène de l’épigénétique.
Les travaux de l’équipe de Hurd montrent que la consommation de cannabis par les parents (avant la conception) ou par la maman (pendant la gestation) modifie non pas le code génétique (l’ADN chromosomique, le plan, en quelque sorte) mais l’expression de celui-ci, la façon de le lire.
Cela aboutit à une moindre expression des récepteurs D2 de la dopamine dans une structure cérébrale que l’on pourrait appeler le centre du plaisir – le noyau accumbens. Ces récepteurs D2, stimulés par la dopamine, déterminent la sensation de plaisir 1 qui est diminuée au prorata de leur réduction.
C’est pourquoi cet adolescent qui, comme tout un chacun, a besoin de cette sensation de plaisir recourt à des drogues dont l’effet commun, quelle que soit leur nature, est d’augmenter la libération de dopamine dans le noyau accumbens. Ainsi, ces récepteurs D2, moins nombreux, sont, sous l’effet de ces drogues, à tout instant, stimulés davantage (ce qui corrige leur raréfaction).
Des données importantes, comme celle des effets épigénétiques du cannabis, s’accumulent. On comprend aisément l’impatience de certains à obtenir la légalisation du cannabis, qui deviendra impossible quand de telles informations seront portées à la connaissance d’un large public
Une vaste méta-analyse du Lancet a enquêté sur la consommation d’alcool et son effet sur la santé de 28 millions de personnes entre 1990 et 2016. Sa conclusion : l’alcool est dangereux, même à faible dose.
Un verre, ça ne va pas : c’est dès le premier que commencent les dégâts.
Juste un verre d’alcool de temps en temps, c’est bon pour la santé croyez vous ? Erreur.
L’idée d’une dose d’alcool « inoffensive » voire même bénéfique serait un mythe. Car les bénéfices de l’alcool contre certaines pathologies cardiaques (les cardiopathies ischémiques) seraient contrebalancés par une augmentation du risque de cancers… dès le premier verre.
Il semblerait que ses effets soient nocifs même à faible dose. C’est ce qu’indiquent les conclusions d’une vaste méta-analyse publiée le 23 août 2018 dans The Lancet. L’alcool est impliqué dans la mort de 2,8 millions de personnes par an, ce qui en fait le 7ème facteur de risque d’une mort prématurée dans le monde. Pour les gens dont l’âge est compris entre 15 et 49 ans, c’est même le principal facteur.
Une méta-analyse sur 28 millions de personnes entre 1990 et 2016
Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont procédé à une vaste méta-analyse. Ces dernières participent au projet Global Burden of Disease Study (GBD), quivoit collaborer plus de 1800 chercheurs à travers 127 pays avec notamment le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ce vaste projet de recherche, financé par la fondation Bill et Melinda Gates, recueille de nombreuses données relatives à la santé publique dans le monde. Il est mis à jour tous les 5 ans, et ce depuis 1990. Pour ce travail, ils se sont appuyés plus de mille études distinctes. Tout d’abord 694 études évaluant la consommation d’alcool dans le monde, puis 592 autres études s’intéressant aux risques sanitaires liés à la consommation d’alcool, couvrant au total un échantillon de 28 millions de personnes de 195 pays entre 1990 et 2016.
Conclusions : un seul verre par jour suffit à augmenter de 0,5% le risque de développer l’un des 23 problèmes de santé associé à l’alcool. (voir ci-dessous.)
L’augmentation de ce risque reste toutefois à nuancer : comme l’analyse le statisticien britannique David Spiegelhalter, on peut interpréter ces 0,5% différemment. Il faudrait que 25.000 personnes consomment, par an, 400.000 bouteilles d’alcool fort pour développer, chaque année, une maladie grave supplémentaire liée à l’alcool. Cela correspond à la consommation de 16 bouteilles d’alcool fort par an et par personne. De quoi rassurer, dans une certaine mesure, les buveurs très occasionnels.
BIAIS. La méthodologie des chercheurs leur permet d’éliminer plusieurs biais : contrairement à de précédentes études, elle ne se base pas seulement sur du déclaratif. Autrement dit, les quantités d’alcool que les personnes affirment consommer sont recoupées avec d’autres données, comme la consommation d’alcool dans les lieux touristiques ou encore des estimations du commerce illicite. De quoi corriger des déclarations parfois sous-évaluées… mais puisque l’étude n’a pas tenu compte des adolescents de moins de 15 ans, les auteurs alertent que les chiffres restent certainement sous-évalués.
Pas d’effet protecteur de l’alcool à faible dose
De précédentes études avaient suggéré qu’une faible consommation pouvait avoir un effet protecteur contre certaines maladies cardiaques et formes de diabète, et qu’il existait un niveau de consommation non dangereux. Ce travail vient les contredire. « Nous avons découvert, en combinant tous les types de risques liés à la consommation d’alcool, que ce risque augmentait à n’importe quel niveau de consommation, et vient compenser les éventuels effets protecteurs », a déclaré dans un communiqué Max Griswold, auteur principal, de l’université de Washington. « L’augmentation des risques est faible à un verre par jour, mais augmente ensuite rapidement. »
SANTÉ PUBLIQUE. Pour les chercheurs, il est urgent d’adapter les politiques de santé publique. « L’alcool entraîne des conséquences graves pour la santé des populations en l’absence d’action politique adaptée », a également indiqué Emmanuela Gakidou, chercheuse ayant participé à ce travail. « Nous devons réévaluer nos recommandations de santé publique sur l’alcool. Cela peut passer par la mise en place de taxe, des heures de vente, voire l’interdiction de la publicité. » En France, en juin 2018, plus d’une personne sur 2 se déclarait favorable à une hausse du prix de l’alcool.
Le palmarès des plus grands buveurs dans le monde
De quoi également établir le palmarès des pays où l’on boit le plus… et où l’on souffre le plus des maladies liées à l’alcool. C’est au Danemark qu’on est le plus malade de l’alcool, hommes et femmes confondus. Mais c’est en Roumanie qu’on boit le plus, si on est un homme (8,2 consommations par jour en moyenne), et en Ukraine (4,2 consommations par jour) si on est une femme. Quant à la France, elle est le 6e pays pour les hommes, le 8e pour les femmes, où l’on souffre le plus de maladies liées à l’alcool, derrière notamment l’Argentine, l’Allemagne et la Suisse.
Facebook a pris très au sérieux la vente de stupéfiants qui était facilitée par son réseau social depuis quelques années. Plusieurs mesures ont été mises en place à la suite d’un rapport du CDC qui rapporte que 30 000 Américains sont morts d’une overdose de substances opioïdes.
Pour lutter contre la vente de drogues sur son réseau social, Facebook a banni de sa recherche de nombreux termes relatifs à ces substances illicites. Sont notamment concernés les noms de nombreuses drogues opioïdes, très addictives. Il s’agit d’un changement qui arrive quelques heures après la publication d’un rapport par le CDC (Centre de contrôle des maladies et de la prévention aux USA) selon lequel 30 000 Américains sont morts en 2017 suite à une overdose d’opioïde, soit 50 % de plus qu’en 2016.
Il s’avère que Facebook est devenu au fil du temps une véritable place de marché pour vendeurs et acheteurs de drogues, où sont organisées rencontres et transactions. Avec la mise en place de ce filtrage, Facebook espère pouvoir contrer ce phénomène. À noter qu’il ne s’applique qu’aux pages et non pas aux profils. On peut donc trouver des utilisateurs qui contournent le changement opéré par Facebook en modifiant le nom de leur profil, avec celui d’une drogue en particulier. Facebook va donc devoir encore travailler sur son outil pour le rendre plus efficace.
L’idée est aussi de se servir de ce système pour faire de la prévention. Ainsi, aux États-Unis, si vous tapez « acheter Xanax », un seul résultat s’affiche et présente la mention « Besoin d’aide ? Si vous ou une personne que vous connaissez lutte contre une substance opioïde, nous souhaitons aider en offrant confidentiellement un traitement, en plus d’informations sur la prévention. » Le message est suivi d’un lien vers le site gouvernemental d’aide contre l’addiction aux drogues.
Précisons que cette volonté de Facebook de mettre un terme à la vente de stupéfiants ne date pas d’hier. En novembre 2017, Mark Zuckerberg s’étonnait d’apprendre que son réseau social était le théâtre d’un gigantesque réseau de vente de drogues. Cinq mois plus tard, en avril, le PDG de Facebook était entendu au Capitole pour répondre aux questions de personnalités politiques, suite au scandale Cambridge Analytica.
L’homme politique David McKinley avait alors demandé à Mark Zuckerberg : « Votre plateforme est utilisée pour acheter des drogues très addictives sans prescription. Avec le respect que je vous dois, Facebook permet ce genre de pratique, par conséquent vous faites du mal aux gens. Êtes-vous d’accord avec ces propos ? » Le PDG n’avait alors pas répondu directement à la question en se justifiant : « Il y a de nombreux secteurs de contenus où nous devons faire un meilleur travail pour faire respecter nos règles. »
En juin, Facebook annonçait travailler sur de nombreuses restrictions en matière de drogue. Il avait notamment annoncé qu’un lien vers un site d’aide contre l’addiction à la drogue serait mis en place. L’objectif était clairement de montrer que le réseau social ne fermait pas les yeux devant certaines dérives de sa plateforme. À voir si ces nouvelles dispositions seront, à terme, déployées sur d’autres versions que la seule mouture américaine de Facebook.
VIDÉO – Les ingestions accidentelles de résine de cannabis par de jeunes enfants sont en constante augmentation depuis 2014. Avec des conséquences parfois sévères.
Rien n’échappe à la curiosité des enfants. Une sucrerie qui traîne sur la table du salon? Hop, dans la bouche. Il faut donc faire attention à tout ce qui se trouve à la portée de ces mains baladeuses… En particulier s’il s’agit de substances dangereuses, comme le cannabis. Les intoxications accidentelles d’enfants ne cessent d’augmenter, révèle une nouvelle étude de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), publiée au mois d’août 2018. Entre 2015 et septembre 2017, près de 200 cas ont été recensés par les centres d’addictovigilance. Un chiffre qui a presque triplé par rapport à la période 2010-2014.
La consommation de cannabis en quelques chiffres
Un rapport parlementaire préconise des amendes de 150 à 200 euros plutôt que la prison pour les consommateurs de drogue. Cette mesure vise surtout les fumeurs de cannabis. Quelques chiffres sur la substance illicite la plus consommée de France.
Cinq fois plus de cas graves
Ces intoxications se font le plus souvent par l’ingestion de résine de cannabis (appelée aussi «haschich»). Elles ont lieu à la maison, dans un cadre familial, avec une recrudescence au cours de la période estivale et lors des fêtes de fin d’année, observe l’Agence du médicament. Les très jeunes enfants en sont les principales victimes. En 2014, 7 intoxications sur 10 concernaient des tout-petits d’un an et demi ou moins, constatait une étude menée par des médecins français, publiée en août 2017 dans la revue Pediatrics. C’est toujours le cas en 2017, souligne l’ANSM, le plus jeune patient étant âgé de seulement 7 mois.
Les principaux symptômes retrouvés sont la somnolence avec des phases d’agitation, des vomissements, la dilatation des pupilles, une faiblesse du tonus musculaire (hypotonie), et des battements du cœur rapides et irréguliers (tachycardie). Heureusement, l’agence n’a relevé aucun mort mais l’intoxication aiguë peut aboutir à un coma, une insuffisance respiratoire et des convulsions.
Ces conséquences graves semblent de plus en plus récurrentes, selon l’ANSM. En effet, entre 2015 et 2017, les hospitalisations ont doublé par rapport à la période 2010-2017, et le nombre de cas graves avec mise en jeu du pronostic vital est cinq fois plus élevé. Une tendance qui existe depuis 2004, puisque 2 comas ont été observés entre 2004 et 2009 contre 29 entre 2010 et 2014, ajoute l’étude parue dans Pediatrics.
Des substances de plus en plus dangereuses
Cette gravité croissante s’expliquerait par un changement dans la production du cannabis. Celui-ci est de plus en plus concentré en THC (la substance psychoactive du cannabis). «Les formes hybrides de cannabis qui permettent une récolte plus abondante mais contiennent plus de THC ont remplacé les plants traditionnels», constatait l’étude de Pediatrics. La teneur moyenne en THC dans le haschich «a triplé en dix ans pour atteindre 23%», souligne l’ANSM.
La consommation et la détention de cannabis sont interdites en France, et y exposer son enfant peut être passible d’une peine de prison. Devant le moindre soupçon d’ingestion, il faut immédiatement appeler le Samu (le numéro 15).
Plusieurs paquets de fentanyl saisis à l’aéroport international O’Hare de Chicago en novembre 2017 Photo : Reuters/Joshua Lott
Le cannabis est toujours aussi populaire dans le monde, mais les autorités s’inquiètent de plus en plus du détournement de médicaments d’ordonnance vers le marché noir. Portrait de la consommation des drogues ici et ailleurs sur la planète.
Un texte de Jean-Philippe Guilbault
Dans son plus récent rapport, l’Office des Nations unies sur les drogues et le crime (ONUDC) confirme que le cannabis, avec ses 192 millions d’utilisateurs dans le monde, demeure la drogue la plus populaire en 2017, particulièrement chez les jeunes.
Au cours de la dernière année, 5,8 % des jeunes de 15 à 16 ans en auraient consommé, estime l’organisme international.
Le cannabis demeure la drogue la plus consommée dans le monde, selon un récent rapport de l’ONU. Photo : Getty Images/Joseph Eid
Or, si le cannabis se hisse au sommet des drogues les plus consommées dans plusieurs pays, l’ONUDC s’inquiète surtout de la hausse de la consommation illégale de médicaments d’ordonnance.
*Au sein du Royaume-Uni, l’Irlande du Nord affiche cependant un taux plus élevé de personnes consommant des tranquillisants, soit 10 % de sa population.
Méthodologie : L’ONUDC compile les résultats de plusieurs études nationales. Seules les estimations jugées les plus probables ont été retenues, pour les années les plus récentes, dans chaque pays.
« L’usage non médical d’opioïdes pharmaceutiques est une source de préoccupation croissante tant pour les services de détection et de répression que pour les professionnels de la santé publique », est-il écrit dans le rapport.
Fentanyl en Amérique du Nord, méthadone en Europe ou tramadol en Afrique et au Proche-Orient, plusieurs régions du monde sont aux prises avec de graves crises de santé publique liées à de nombreux décès par surdose de ces médicaments produits de manière illégale.
« Le Canada entier est dans une crise des opiacés », estime Anne-Élisabeth Lapointe, directrice générale du Centre québécois de lutte aux dépendances. « Au Québec, on ne s’entend pas encore pour dire si on est dans cette crise ou si nous sommes plutôt dans une préoccupation, mais c’est sûr que l’on observe ce phénomène qui est parti de l’ouest du pays et qui se promène d’une province à l’autre. »
Les autorités américaines sont aux prises avec une crise liée à de nombreux décès par surdose de fentanyl. Photo : Getty Images/Chip Somodevilla
C’est surtout aux États-Unis que les opioïdes, particulièrement le fentanyl, frappent le plus fort, souligne Mme Lapointe.
« En 2015 et 2016, pour la première fois en cinquante ans, l’espérance de vie a reculé aux États-Unis d’Amérique pendant deux années consécutives », rappelle d’ailleurs le rapport de l’ONUDC.
L’organisation internationale s’inquiète également qu’une soixantaine de pays doivent maintenant composer avec d’importantes consommations de substances tranquillisantes comme les benzodiazépines (Xanax, Valium, Ativan, etc.)
« L’abus de benzodiazépines présente des risques graves, notamment un risque accru de surdose lorsqu’elles sont utilisées en association avec de l’héroïne », souligne le rapport. « Les benzodiazépines sont souvent en cause dans les cas de surdoses mortelles liées à des opioïdes comme la méthadone. »
Un phénomène qui inquiète également l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, qui a produit un rapport sur les usages non médicaux des benzodiazépines en juin dernier.
« Au Canada on est des mangeurs de pilules et le Québec encore plus », s’exclame Mme Lapointe, qui est également directrice générale de la prévention à la Maison Jean Lapointe, un centre montréalais pour la réadaptation des personnes souffrant de dépendances.
L’ONU s’inquiète d’une hausse dans la consommation non médicale de médicaments de prescription. Photo : iStock
Selon elle, les personnes qui abusent de ce type de médicaments deviennent rapidement dépendantes et le sevrage est « excessivement difficile », même sous la supervision d’un médecin.
« Ou bien les médecins n’appuient pas assez sur ce point-là quand ils en prescrivent à leurs patients, ou soit que les patients cessent d’écouter la consigne et décident d’en prendre plus », croit Mme Lapointe.
Si l’ONUDC indique que les tranquillisants seraient plus populaires auprès des femmes, alors que le cannabis, la cocaïne et les opiacés seraient plus utilisés par les hommes, une démarcation claire entre les sexes n’est pas si évidente.
« En termes généraux, les hommes ont plus d’opportunités et d’occasions de consommer des drogues, quelles qu’elles soient », explique Anna Samaha, professeure au département de pharmacologie de l’Université de Montréal. « Mais une fois que les femmes ont eu accès aux drogues, la dégringolade, la progression vers l’addiction est accélérée. »
Le contexte social et l’âge
Selon les observations de l’ONUDC, les raisons motivant la consommation de drogues chez les jeunes sont multiples et complexes. Parmi celles-ci, le contexte social, des facteurs personnels ou l’environnement familial peuvent mener un jeune à consommer.
« La situation géographique, le statut socio-économique de la population, mais aussi les perceptions culturelles, toutes ces choses-là peuvent jouer [un rôle dans la consommation d’une certaine drogue] », précise Mme Samaha.
Le choix des drogues varierait également en fonction de la richesse du milieu d’où provient le jeune.
Ainsi, des drogues comme l’ecstasy, la méthamphétamine, la cocaïne ou le LSD sont souvent plus consommées dans des pays riches, notamment lors de soirées dans des bars.
À l’opposé, dans des milieux plus défavorisés, les produits inhalés, comme la peinture, le pétrole ou de la colle, sont prédominants, ajoute l’ONUDC.
Face à une consommation de plus en plus diversifiée selon les contextes sociaux, appliquer une solution simple au problème des drogues dans le monde est impossible, estime l’organisme onusien.
L’adoption de mesures isolées, qu’elles soient axées sur une seule substance ou qu’elles visent à lutter contre le problème de la drogue, peut s’avérer inefficace, voire contre-productive.
Anna Samaha rappelle également qu’il ne faut pas oublier que la dépendance aux drogues demeure un problème en partie médical et partage les observations de l’ONUDC selon lesquelles il faut adapter les traitements « en respectant les droits de la personne ».
L’organisme invite donc les autorités à respecter les besoins particuliers des femmes, des jeunes et des personnes plus âgées, puisque ces populations sont de plus en plus touchées par les problèmes de dépendance aux drogues.