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Hypertension artérielle et consommation d’alcool

Résumé

Il existe un lien positif entre alcool et hypertension, cependant, la forme de la relation reste discutée ; elle serait soit linéaire, soit en forme de J ou de U. Les mécanismes physiopathologiques sont multiples : action directe de l’alcool sur les cellules musculaires lisses, action indirecte par stimulation des hormones impliquées dans la régulation hydro-sodée et la vasoconstriction artérielle de l’organisme.

La quantité d’alcool occasionnant une hypertension n’est pas clairement définie, elle se situe aux alentours de deux à trois boissons standards. Par ailleurs, consommer de l’alcool en dehors des repas augmente le risque d’hypertension.

Ainsi l’hypertension liée à l’alcool est une hypertension secondaire qui justifie comme premier traitement la diminution, voire l’arrêt total de la consommation alcoolique.

INTRODUCTION

Les problèmes de santé liés à la consommation excessive d’alcool ont été largement étudiés en raison de leurs répercussions sévères sur la santé publique.1 En effet, on estime que dans les pays occidentaux, environ 10% de la population âgée de plus de 14 ans ont une consommation à risque (tableaux 1 et 2) ou une dépendance à l’alcool (tableau 3) qui seraient responsables d’environ 4% des maladies en général, autant que le tabac (4,1%) et l’hypertension (4,4%).2,3 

En Suisse, on estime la mortalité annuelle due à l’alcool à 3000morts avec un coût social annuel de 6,5milliards de francs à la collectivité.4 Parmi les problèmes de santé liés à l’alcool, l’hypertension est souvent citée.5 Les premières études sur le lien entre l’alcool et l’hypertension ont été publiées en 1915 par Lian, un médecin militaire français, chez des soldats buvant plus de deux litres de vin par jour.6 

Puis pendant plus d’un demi-siècle, aucune recherche sur ce sujet n’a été effectuée et c’est seulement depuis 1967 que de nombreuses études sont parues et ont démontré d’une part la prévalence de l’hypertension artérielle chez les patients alcooliques et d’autre part la relation très nette entre consommation alcoolique et niveau tensionnel parmi des populations non sélectionnées selon leur consommation alcoolique.5,7

L’hypertension est souvent aussi sous-évaluée dans les différentes études. En effet, l’alcool est connu pour être un vasodilatateur (Heberden recommandait l’utilisation de l’alcool pour le traitement de l’angine de poitrine en 1786),8 et il paraissait à l’époque invraisemblable que l’alcool soit responsable d’hypertension ; mais cet effet est complètement contrebalancé par l’activation du système nerveux sympathique se produisant lors d’une consommation excessive d’alcool.5,9

Après un bref rappel sur les mécanismes physiopathologiques des effets de l’alcool sur la pression artérielle, nous aborderons l’épidémiologie et la clinique et pour terminer, nous décrirons les interventions possibles en cas d’hypertension artérielle associée à une alcoolisation excessive.

Tableau 1.

Définition de la consommation à risque (recommandations de l’OMS)

Tableau 2.

Définition d’un verre standard d’alcool

Tableau 3.

Définition de la dépendance à l’alcool

MÉCANISMES PHYSIOPATHOLOGIQUES

Le principal facteur responsable d’hypertension chez les patients grands consommateurs d’alcool est l’activation du système nerveux sympathique qui supprime complètement l’effet vasodilatateur de l’alcool. Cette activation est due à l’augmentation de la production de la corticolibérine hypothalamique (CRF, coticotropin-releasing factor).

Cette hypothèse est confirmée par la suppression de l’hypertension induite par l’alcool lors de l’administration simultanée de dexaméthasone qui exerce une rétro-inhibition sur la sécrétion de CRF par l’hypothalamus.9,10 

Il en résulte une hypersécrétion des catécholamines (au niveau du système nerveux central ainsi que des reins et des surrénales), du cortisol, de l’angiotensine plasmatique et de l’aldostérone par augmentation de l’activité rénine plasmatique.7

Par ailleurs, l’alcool aurait un effet direct sur les cellules musculaires lisses. En effet, il y aurait une accoutumance à l’effet aigu vasodilatateur de l’alcool avec une sensibilisation exagérée aux effets vasoconstricteurs des amines vasomotrices entraînant ainsi une augmentation des résistances vasculaires périphériques et une hypertension artérielle.11 

Enfin, sur un plan expérimental, les mouvements ioniques au niveau des cellules musculaires lisses sont modifiés sousl’effet de l’alcool avec notamment une élévation de l’entrée calcique dans les cellules musculaires et une diminution de la quantité de magnésium au sein de ces cellules, le calcium ayant un rôle constricteur extrêmement important.7,12 

Chez les personnes grandes consommatrices d’alcool, on constate une augmentation de la résistance à l’insuline qui induit une rétention d’eau et de sodium, une hypertrophie de la paroi du muscle lisse vasculaire et une augmentation des taux cytoplasmiques de calcium qui comme on l’a vu plus haut est responsable d’une vasoconstriction et donc d’une augmentation de la pression artérielle.12

Peu de choses sont connues sur le lien entre l’hypertension et le sevrage alcoolique qui est un phénomène fréquent chez les patients alcoolo-dépendants et qui peut induire des changements brutaux des fonctions vitales dont la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Lors du sevrage alcoolique, les canaux ioniques s’ouvrent brutalement sous l’effet de certains neurotransmetteurs dont l’aspartate ce qui induit une dépolarisation neuronale et donc une excitation neuronale.

Le système nerveux cérébral adrénergique est ainsi activé entraînant une augmentation des taux de catécholamines et de cortisol.5,10 Ainsi, lors du sevrage alcoolique il y a une augmentation transitoire de la pression artérielle qui doit être prise en charge chez les patients initialement hypertendus afin d’instaurer un traitement provisoire.

ÉPIDÉMIOLOGIE

Depuis 1967, plus de 500 études croisées ou prospectives, concernant un nombre de patients variant de 500 à 90 000 selon les études, ont été effectuées7 confirmant toutes, à quelques rares exceptions près,13 l’existence d’une relation positive entre niveau tensionnel et consommation alcoolique.14 

La prévalence d’une consommation alcoolique élevée dans une population atteinte d’hypertension artérielle essentielle varie de 5 à 7%, ainsi l’incidence de l’hypertension liée à l’alcool serait plus élevée que les autres causes remédiables d’hypertension artérielle secondaire. En revanche, la prévalence de l’hypertension artérielle dans une population de patients alcooliques est beaucoup plus élevée entre 15 et 30% selon les études.7,16 

Le lien positif entre alcool et hypertension semble présent dans les deux sexes, chez toutes les races et semble être indépendant des autres facteurs de risque incluant les habitudes nutritionnelles.15,17 Les études ont principalement été effectuées chez des consommateurs d’alcool buvant plus de 1,9 boisson par jourmais les mêmes observations pour des consommations plus basses ont été retrouvées dans d’autres études soulevant un problème de santé publique important.18 

La plupart des études utilisent la quantité moyenne d’alcool consommé dans une journée commemesure avec une possible sous-estimation chez les grands consommateurs d’alcool ce qui rend très difficile la définition d’une valeur seuil.

Pour compliquer les choses quelques études ontmis en évidence des pressions artérielles plus basses chez les consommateurs de faible quantité d’alcool que chez les abstinents, spécialement chez les femmes.15

Tableau 4.

dds ratios (OR) de l’incidence de l’hypertension durant six ans pour les trois catégories de consommation alcoolique selon la race et le sexe19

Tableau 5.

Odds ratios (OR) de la prévalence de l’hypertensiona

Quelques études évaluent l’incidence de l’hypertension chez les consommateurs d’alcool selon leurs habitudes de consommation. L’étude ARIC (The Atherosclerosis Risk in Communities) est une cohorte américaine de 15792 individus âgés de 45 à 64 ans de race blanche ou noire évalués à trois reprises sur les six ans de suivi (entre 1987-1989 et 1993-1995).

L’incidence de l’hypertension est la même chez les sujets consommant entre 0 et 209 g d’alcool par semaine et ce n’est qu’à partir de 210 g (soit trois boissons standard d’alcool par jour) qu’une incidence plus élevée est retrouvée (tableau 4).19 Les mêmes chiffres étaient déjà retrouvés dans l’étude KaiserPermanente en 1977.20 Cette constatation est indépendante de la race, du sexe, de l’âge et des autres facteurs de risque cardiovasculaires.

Cependant, chez les personnes de peau noire, le risque d’hypertension apparaît déjà pour des doses faibles à modérées d’alcool.19 L’étude Western New York Health Study, réalisée entre 1995 et 2001 chez 2609 individus de race blanche habitant à l’ouest de New York, âgés de 35 à 80 ans et sans maladie cardiovasculaire retrouve des prévalences un peu plus basses, soit à partir de plus de deux boissons par jour (180 gpar semaine),21 et ceci quel que soit le type de boissons (vin, bière ou spiritueux).

Par ailleurs dans la même étude, le risque d’hypertension est augmenté chez les patients buvant en dehors des repasmême pour les individus ayant une consommation faible à modérée (tableau 5). Les études italiennes de Trevisan et coll. qui regroupent neuf études sur les maladies cardiovasculaires effectuées entre 1978 et 1987 dont quatre s’intéressaient à la consommation et à la façon de boire, ont montré que les buveurs de vin pendant et en dehors des repas avaientuneprévalenced’hypertension plus élevée et ceci dans les deux sexes.22 

Une étude plus récente du suivi de cettemême cohorte italiennemontre que boire en dehors des repas est associé à un risque plus élevé de décès toutes causes confondues.23 Le suivi encore plus récent de cette cohorte montre que le risque d’infarctus du myocardeestplusélevé chez les hommes rapportant consommer la plupart de leurs boissons en dehors des repas comparés aux hommes consommant pendant les repas.24 

Ainsi, l’étude Western New York Health Study conduite aux Etats-Unis confirme les études italiennes où pourtant la culture en ce qui concerne l’alcool est différente. Aussi, il semble que l’effet protecteur de la consommation d’alcool pendant les repas existe en dehors de facteurs géographiques, culturels et indépendamment de la quantité d’alcool consommée et du sexe.

Il existe clairement une relation positive entre la quantité d’alcool absorbée quotidiennement et le niveau de la pression artérielle, mais celle-ci reste différente selon les auteurs et discutée. Une étude réalisée en 2000 par Okudo et coll. chez des hommes japonais, âgés de plus de 45 ans n’étant pas hypertendus, montre une relation linéaire entre la pression artérielle et les habitudes de consommation (fréquence et quantité consommée sur un mois), alors que chez les hommes âgés de 40 à 44 ans, cette relation n’est pas linéaire pour la fréquence et la quantité consommée sur le mois.25 

Une autre étude menée par Rosito et coll. chez des hommes âgés de 19 à 30 ans consommant de l’alcool de manière sociale, montre qu’après une consommation aiguë d’alcool (60 g), cette relation est biphasique avec une phase initiale de vasodilatation induisant une diminution de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque puis plus tardivement (12 à 18 heures) une hypertension.26 Une autre étude effectuée chez des hommes hypertendus montre une courbe en forme de J avec une élévation de la pression artérielle à partir de trois unités standard d’alcool par jour.

Cette courbe en forme de J a été plus souvent retrouvée chez les femmes que chez les hommes comme le montre l’étude de Thadhani effectuée chez des femmes de 25 à 42 ans suivies pendant huit ans mettant en évidence une diminution du risque d’hypertension de 14% chez les femmes consommant 0,5 boisson par jour comparativement à celles qui ne consomment pas d’alcool.28 

Dans ce travail, le risque de développer une hypertension commence à partir de 1,5 boisson par jour. Un effet dose pourrait donc exister avec un possible plateau à sept boissons ou plus par jour.29

Dans cette liste de travaux, nous terminerons par le «French paradox». En effet, en France, la prévalence de la maladie coronarienne est plus basse bien que les habitudes alimentaires et notamment la consommation de lipides soient les mêmes que dans les autres pays de l’Europe de l’Ouest. Ces constatations seraient dues à la tradition de boire du vin rouge.30 En fait, les travaux plus récents ne permettent pas de retenir un type particulier d’alcool pour expliquer le «French paradox».31

HYPERTENSION ET SEVRAGE ALCOOLIQUE

En pratique clinique, le sevrage prolongé d’alcool permet d’apporter des arguments supplémentaires pour confirmer l’existence d’une relation de cause à effet entre l’alcool et l’hypertension. Ceccanti et coll.10 ont observé 147 personnes alcoolo-dépendantes, ayant une consommation active jusqu’à la veille de leur admission et indemnes d’autre maladie (y compris d’autres addictions) admises volontairement en hôpital de jour pour trois semaines pour un sevrage.

Les résultats montrent une diminution brutale du nombre de patients hypertendus de J0 (56,5%) à J3 (36,5%) puis progressive de J5 (23,8 %) à J10 (23,8%) et J18 (21,8%). La majorité des patients ont une hypertension légère à modérée et seulement 6,3% ont une hypertension sévère à J0 contre 0,7% à J18. Une faible corrélation entre la pression artérielle diastolique et la sévérité de la dépendance alcoolique est notée. Dans cette étude, trois facteurs majeurs sont susceptibles d’expliquer l’augmentation de la pression artérielle: le facteur de risque alcool, le syndrome de sevrage et l’âge.

Les pressions artérielles habituelles des patients quand ils consomment de l’alcool sont mal documentées, aussi l’effet hypertensif de l’alcool ne peut donc pas être fermement établi, mais cette hypothèse est soutenue par la diminution rapide de la pression artérielle après le sevrage d’alcool. Les pressions artérielles sont corrélées à l’âge, mais l’augmentation n’est pas entièrement expliquée par celui-ci.

Les variabilités de la pression artérielle sont également expliquées par des facteurs directement liés à l’alcool comme expliqué plus haut: la détérioration de l’endothélium vasculaire, la persistance d’un trouble de la régulation de la pression artérielle tout au long du sevrage et la sensibilité plus marquée au sodium de la pression artérielle.

Par ailleurs, 20% des patients sont encore hypertendus à J18, l’hypothèse est que l’alcool induirait des perturbations durables dans le temps, raison pour laquelle ces patients doivent être suivis au long cours pour dépister des complications liées à l’hypertension, initier un traitement pharmacologique ou encore proposer une modification de l’hygiène de vie (alimentation, activité sportive, etc.).

INTERVENTIONS POSSIBLES

Le lien entre l’alcool et l’hypertension existe, de plus il est clairement démontré que l’alcool augmente la fréquence des accidents vasculaires cérébraux, en particulier hémorragiques, ainsi que celle des symptômes d’insuffisance cardiaque congestive.32 L’hypertension artérielle seule représente une importante cause de mortalité et morbidité et liée à l’alcool, elle favoriserait les événements cérébraux en accentuant les effets directs de l’alcool sur la morbidité par accident vasculaire cérébral mais aussi par myocardiopathie alcoolique.33 

Il nous paraît donc essentiel de recommander aux consommateurs d’alcool une réduction de leur consommation en dessous de trois unités standard par jour. Pour les personnes alcoolo-dépendantes, l’abstinence sera plutôt proposée. En dehors des traitements pharmacologiques, de nombreuses études ont été menées pour encourager les patients hypertendus à améliorer leur style de vie en leur proposant de réduire leurs apports salés, lipidiques ou encore leur consommation d’alcool, en les encourageant à faire de l’activité physique ou à perdre du poids.34 

Les quatre essais contrôlés randomisés qui s’intéressaient à la réduction de la consommation d’alcool comme moyen de diminuer l’HTA sont tous en faveur de cette réduction. L’effet moyen de la réduction de la consommation d’alcool est de 4 mmHg pour la pression systolique et de 3 mmHg pour la diastolique.34 Aucun essai ne combinait la réduction d’alcool à une autre intervention.

CONCLUSION

Il existe clairement un lien entre alcool et hypertension artérielle. Les patients hypertendus doivent bénéficier d’une anamnèse alcoologique détaillée pour leur suggérer de réduire leur consommation d’alcool si celle-ci s’avère excessive.

En cas d’HTA qui résiste à un traitement bien conduit, le clinicien aura à cœur de rechercher une consommation d’alcool excessive comme possible cause de cette résistance thérapeutique. Même une diminution modeste de la consommation d’alcool est susceptible de réduire l’HTA et ses conséquences.

SOURCE

Références

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Lettre du CNPERT Juillet 2023

Chers collègues                                                                      

Voici la lettre N° 85 de notre CNPERT.

C’est par un bel éloge de notre ami, Jean-Pierre Olié par Claude Pierre Giudicelli qui nous rappelle la brillante carrière de notre collègue et son implication dans l’activité du CNPERT. Il nous manque déjà. Nous nous associons au chagrin de ses proches.

Malgré les constantes et nouvelles observations des méfaits du cannabis, la dernière étant l’association de sa consommation à l’émergence de troubles schizophréniques, les partisans de sa légalisation n’en démordent pas au mépris de toute logique. Non le cannabis n’est pas une drogue douce, non il ne favorise pas la créativité, non il n’est pas analgésique. Mais oui, il est addictogène, peu réversible et son marché est des plus rentables. C’est pour cela qu’on l’exploite.

Faute de pouvoir l’innocenter (!) ou l’imposer, on tente de le contourner en mettant à profit des substances apparentées chimiquement et toxicologiquement au THC et présentes dans la plante. Après le CBD, moins addictogène semble t-il, voici le HHC qui l’est nettement plus et qui en dérive. La preuve est faite que cette «  recherche  » vise des effets psychogènes et non thérapeutiques. On le savait déjà, mais elle s’affirme au grand jour avec des prix promotionnels.

Nos objectifs restent entiers avec l’espoir que l’antidote du THC verra le jour : imaginé à Bordeaux, il est étudié actuellement aux USA !

Bonnes vacances et à bientôt, à l’Académie.

Jean Paul Tillement

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Quand le CBD vire au C’est Bêtement Débile

Pr. Jean Costentin

La CBD mania s’amplifie, invitant à revenir sur ce qui s’apparente à une tromperie, à une alversation.

Avant d’évoquer les quelques effets réels, et surtout la multitude des effets imaginaires impartis au cannabidiol/CBD, objet d’un exceptionnel emballement médiatique, revenons sur les circonstances de son développement et sur l’engouement qu’il suscite, en prenant appui sur la crédulité de nombre de nos concitoyens.

Le chanvre indien/cannabis, par son principe actif majeur le tétrahydrocannabinol/THC, puissamment psychotrope (dès ses très faibles concentrations sanguines, de l’ordre du millionième de gramme par litre) induit, comme toutes les autres drogues, une appétence.

Elle incite à en répéter l’usage/l’us, ce qui conduit à l’abus, c’est à dire à la dépendance, qui affecte environ 20% de ceux qui ont eu la mauvaise idée de s’en approcher. Jouant de cet attrait et subodorant un juteux marché, des Rapatous de la finance, indifférents aux conséquences sanitaires, sociales, sociétale très négatives de son expansion, se sont préparés pour le produire abondamment et pour le diffuser.

Dépensant des sommes considérables, ils ont bâti des serres, sélectionné des cultivars, mobilisé des médias, lancé des commandos de lobbyistes pour subvertir des décideurs aux plus hauts niveaux des pouvoirs publics (députés, sénateurs, partis politiques, maires…). Leurs actions ont conduit à l’institution d’une mission parlementaire, initiée par le député O. Véran, avant qu’il ne devienne ministre de la Santé, puis le porte-parole que l’on sait du gouvernement.

Cette mission vise ostensiblement à la légalisation du cannabis, en trois strates : le cannabis dit « thérapeutique » ; le cannabis dit « de confort » (par référence au cannabidiol) ; et enfin le cannabis dit « récréatif » pour éviter le qualificatif toxicomaniaque susceptible d’effrayer l’électeur qui ne leur a pas donné mandat pour ce faire.

Simultanément des médecins, des pharmaciens, des scientifiques, pharmacologues, toxicologues, cliniciens, épidémiologistes, thérapeutes ont pris connaissance des méfaits sanitaires du cannabis, plus important encore que ceux du tabac et de l’alcool (auquel il est d’ailleurs souvent associé).

Malgré la pusillanimité et la discrétion des médias à les restituer, ces mises en garde cheminent et font craindre à ces Rapetous la ruine de leur projet du « cannabis pour tout, cannabis pour tous ». Les moyens qu’ils ont engagés étant énormes, ils devaient rebondir.

Une autre molécule, très voisine du THC, largement présente dans la plante, le cannabidiol/CBD, pouvait sauver leur mise. Des manipulations génétiques ont permis d’éteindre dans la plante la synthèse du THC et de privilégier celle du CBD. Il leur restait à bâtir une réputation extraordinaire à ce CBD, pour en faire une thériaque, une panacée, un sirop Typhon (de la chanson, buvons, buvons… de Richard Anthony).

Prenant grand soin de le distinguer du THC, ils ont déclaré que le CBD était dénué d’activités psychotropes. Pourtant, dans l’élan irrépressible lui impartissant des activités multiples, ils ont décrit des activités typiquement psychotropes : sédatif, tranquillisant, anxiolytique, ataraxique ; antistress ; antipsychotique ; antidépresseur ; actif pour l’aide à l’abstinence de plusieurs drogues.

Ils lui ont aussi imparti des activités neurotropes : anti spastique ; antalgique ; anti-Alzheimer ; antiparkinsonienne ; une activité dans la chorée d’Huntington ainsi que dans la redoutable sclérose latérale amyotrophique et encore comme antiépileptique.

Ils ont revendiqué de nombreux autres effets, physiques ceux-là, dans: l’arthrose ; les prostatites ; la fibromyalgie ; les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Crohn et rectocolite hémorragique) ; le colon irritable ; l’acné ; les nausées et les vomissements, la prévention du diabète de type 2,….

Deux effets, ceux-là démontrés, ont permis l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché de deux médicaments. Un premier, associe du THC à du CBD, le Sativex ® , indiqué contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques. Pourtant, 8 ans après l’obtention de son A.M.M. en France, et l’élévation au pinacle par les médias, il n’est pas commercialisé.

La commission spécialisée du ministère de la Santé a jugé que le service médical qu’il pouvait rendre étant négligeable, il ne serait remboursé qu’à 15% de son prix par la sécurité sociale (comme l’étaient alors les médicaments homéopathiques) ; exit ainsi le Sativex ®

Un second médicament, l’Epidyolex ® , fait du seul CBD, est commercialisé pour deux indications : le syndrome de Dravet et le syndrome de Lennox-Gastaut ; deux variétés rares et graves d’épilepsies infantiles.

Il s’agit d’une microniche thérapeutique mais s’agissant d’un produit issu du cannabis, son retentissement médiatique a été démesuré, présenté comme une révolution. Plus posément indiquons que ce médicament a démontré une activité antiépileptique, qu’il n’exerce qu’en étant ajouté aux autres médicaments faiblement actifs déjà administrés ; il diminue alors la fréquence des crises, sans pour autant les faire disparaître.

Des médias, des publicités mensongères, des groupes de pression, d’insatiables Rapetous, abusent de la crédulité du public. Craignons que les succès commerciaux qu’ils remportent stimulent leurs ardeurs pour de nouvelles malversations.

Vers une République de marquis poudrés?

La cocaïne ne semble pas touchée par l’inflation. Voici pourquoi

Céline Pina 4 juillet 2023

Vers une République de marquis poudrés?
Plus d’une tonne de cocaïne saisie au bord d’un navire de commerce par les douaniers garde-côtes de Manche-Mer du Nord, Dunkerque, octobre 2021

Comme chez nos voisins européens, la cocaïne est désormais disponible à prix cassé dans nos villes et nos campagnes. Importée en gros, elle a cessé d’être un produit de luxe. Mais son inquiétant pouvoir de corruption et de destruction, lui, n’a pas diminué.


La vie est chère ? Tout augmente ? Pas forcément. De 150 euros au détail il y a quelques années, le gramme de cocaïne se négocie aujourd’hui entre 60 et 80 euros à Paris. Face à la hausse de prix de l’énergie et des matières premières, la cocaïne, jadis produit de luxe, se démocratise.

L’augmentation des saisies en témoigne : dans le port d’Anvers, en 2022, la police a saisi 110 tonnes de cocaïne. En 2015, c’était moins de 16 tonnes. Ces chiffres témoignent moins de l’amélioration des performances policières contre le trafic que de l’explosion du marché : l’Europe est le nouvel eldorado des trafiquants de cocaïne.

Yann Bastière, représentant de SGP Unité Police explique le mécanisme à l’œuvre : « Le marché de la cocaïne aux États-Unis est saturé. Dans le même temps, la production explose. En Colombie, premier pays producteur, les surfaces ensemencées ont augmenté de 43 % en 2021 par rapport à 2020. Trouver de nouveaux débouchés est une nécessité vitale.

Pour que ces marchés soient rentables, il faut pouvoir écouler de grandes quantités de drogue. Voilà pourquoi l’Europe et son importante classe moyenne sont la cible privilégiée des trafiquants depuis quelques années. Voilà pourquoi les prix sont en baisse tandis que la qualité augmente : il faut conquérir et fidéliser de nouveaux consommateurs. »

Des arrivées massives et peu contrôlées

La porte d’entrée de la drogue, ce sont les grands ports de conteneurs, comme Anvers, Rotterdam ou Le Havre. Un autre acteur est déterminant dans le cas de la France : la Guyane. Sa frontière avec le Suriname, narco-État et plaque tournante du trafic de la cocaïne colombienne vers la France, en fait un véritable « narco-département ».

Selon une source policière, « la frontière avec le Suriname, très peu contrôlée, ressemble aux Champs-Élysées en matière de fréquentation, surtout à l’approche des deux rotations quotidiennes de l’aéroport de Cayenne vers la France. À chaque contrôle, on attrape trois ou quatre mules, mais on sait très bien que ce n’est que la pointe immergée de l’iceberg. Plus il y a de mules, alors que les effectifs de douane sont limités, plus un grand nombre passe entre les mailles du filet. Ils se moquent de perdre trois ou quatre mules si sur chaque voyage ils en font passer des dizaines d’autres. » 

Et ce fonctionnaire longtemps chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants de raconter : « Un jour, nous avions décidé de faire un contrôle exhaustif et inopiné d’un avion. Même en prenant la décision le plus tard possible, le pouvoir de corruption des trafiquants est tel que l’info a fuité malgré tout. Eh bien, sur un avion de 250 personnes, une quarantaine de personnes ne se sont pas présentées à l’embarquement alors que les billets n’étaient plus remboursables. »

Le gros du trafic vers l’Europe reste néanmoins transporté par conteneur. Dans le cas emblématique d’Anvers, seul 1,5 % des 12 millions de conteneurs débarqués sont analysés. De source policière, on estime que seulement 10 % de la drogue transitant par ce biais serait interceptée. Pour les trafiquants, cette perte est acceptable au vu des énormes bénéfices : le marché de la cocaïne à Anvers est estimé à plus de 50 milliards par an, soit 10 % du PIB de la Belgique.

Terreur et corruption

« Les trafiquants connaissent parfaitement le fonctionnement des ports. Ils planquent notamment la drogue dans des conteneurs de produits périssables, car ceux-ci doivent être débarqués très vite et ne peuvent être stockés. Mais surtout, ils disposent de tellement d’argent qu’ils n’ont pas de mal à corrompre des dockers, des douaniers, des policiers… Et si la corruption ne marche pas, il reste la terreur », raconte Fabrice Rizzoli, président de Crim’Halt. À Anvers, la violence générée par le trafic de drogue a ainsi débordé du port sur la ville, pour finir par gangrener le pays. La situation est devenue d’autant plus incontrôlable que les autorités ont longtemps refusé d’investir dans des systèmes de caméras performants ou des portiques à scanners.

Facile d’accès, le port est devenu le terrain de jeu de la « Mocro Maffia », cette mafia marocaine qui sévit dans le nord de l’Europe, notamment en Belgique, aux Pays-Bas ou dans le nord de la France, régions où beaucoup d’immigrés issus du Rif se sont installés depuis les années 1960. En effet, l’arrivée de la cocaïne s’appuie sur les réseaux déjà existants, et notamment ceux du cannabis.

Selon Yann Bastière, « il existe une joint-venture entre mafias italienne, marocaine et corse, et les producteurs sud-américains. Une des preuves de ces liens structurels se trouve au Maroc. On y saisit en effet de plus en plus de cocaïne alors que le Maroc n’est pas producteur. Le produit y arrive, car il emprunte les routes du trafic de cannabis et est distribué par les mêmes acteurs. »

En France, le port du Havre s’est imposé rapidement comme une porte d’entrée importante pour la cocaïne. En 2021, 10 tonnes de cocaïne ont été saisies, une augmentation de 164 % en un an. Comme à Anvers, corruption et violences ont organisé l’emprise mafieuse sur le port et les dockers sont en première ligne.

L’organisation particulière des ports et le règne de syndicats tout-puissants qui imposent leurs normes empêchent l’installation de caméras, imposent un accès libre aux conteneurs par les dockers, font de ceux-ci des agents incontournables pour récupérer la marchandise.

Une source policière nous a confirmé que, « sans la complicité de dockers, faire sortir la drogue est impossible. D’ailleurs, un certain nombre d’entre eux se retrouvent devant la justice suite à des affaires de corruption. Cela permet de se faire une idée des sommes offertes par les trafiquants. 10 000 euros pour un prêt de badge, 50 000 euros au grutier pour déplacer un conteneur… Difficile de résister à de telles tentations. »

L’appât du gain n’explique cependant pas tout. Selon Yann Bastière, « l’extrême violence des trafiquants et leur détermination mettent une pression énorme sur les employés des docks, les douaniers et les policiers. Au Havre, des dockers ont été enlevés et séquestrés, leurs familles ciblées. Et il y a une disproportion entre les moyens affectés au contrôle et à la police, et ceux des trafiquants. » Depuis que les polices belges, françaises et néerlandaises ont réussi à s’introduire dans la messagerie Sky ECC utilisée par des réseaux mafieux, elles sont tombées sur des vidéos de chambres de torture, de personnes démembrées et passées au hachoir.

De quoi décourager l’honnêteté. Le port du Havre a déjà connu des enlèvements et son premier mort. En 2020, le corps d’Allan Affagard, docker et syndicaliste CGT, a été retrouvé derrière une école. Il avait été soupçonné d’avoir facilité la sortie de cocaïne du port et mis en examen pour cela. Des accusations qu’il avait toujours récusées.

Le pouvoir des trafiquants

Aux Pays-Bas, la princesse héritière et le Premier ministre sont directement menacés de mort par les trafiquants. En Belgique, c’est le ministre de la Justice qui est ciblé. Mais si des menaces réelles pèsent sur la classe politique, l’inquiétude réside aussi dans sa corruption potentielle. Avec des enjeux et des moyens colossaux, les réseaux mafieux ont besoin de développer des liens avec les élus à tous les niveaux.

Certes, peu d’affaires ont éclaté, mais les spécialistes pensent que l’histoire retentissante qui a éclaboussé la ville de Saint-Denis, où une demi-tonne de cannabis était entreposée dans le centre technique municipal, n’est peut-être pas si exceptionnelle. La relative impunité dont a bénéficié l’employé durant le temps qu’a duré ce trafic interroge sur l’aveuglement des élus et la grande mansuétude de la hiérarchie.

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On peut citer aussi le cas de Florence Lamblin, élue EELV et adjointe au maire du 13e arrondissement, accusée d’avoir aidé au blanchiment d’argent lié au trafic de drogue, ou encore de Nicolas Jeanneté, directeur du parti Nouveau Centre et conseiller de Paris, accusé de trafic de stupéfiants, de Mélanie Boulanger, maire PS de Canteleu et de son adjoint chargé du commerce, accusés d’avoir été sous l’emprise de trafiquants de drogue et de leur avoir « facilité » la vie.

Comme dans le cas des personnels portuaires, le ciblage des élus pourrait s’avérer d’autant plus « rentable » que les menaces de mort des caïds de la drogue sont crédibles, durables et suivies d’effets, là où la protection policière peut apparaître limitée et défaillante.

En attendant une réaction à la hauteur des périls encourus, les spécialistes du marché de la drogue alertent : « Quand la production augmente et que les prix sont quasiment divisés par deux, on constate un rajeunissement et une massification des consommateurs. […] Pour s’en procurer, il suffit de taper “livraison de cocaïne” sur Twitter ou Snapchat par exemple, cela permet d’obtenir un numéro fonctionnant sur WhatsApp, qui vous livre chez vous dans l’heure », raconte Yann Bastière. L’ubérisation du deal fonctionne à merveille. Pour notre malheur collectif.

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La «drogue du zombie» ravage les Etats-Unis: arrive-t-elle en Suisse?

La «drogue du zombie» pousse les autorités sanitaires américaines à s’emparer du dossier dans l’urgence. A Philadelphie, l’épicentre du fléau, les ravages sont conséquents. Mais qu’en est-il en Suisse?

Une nouvelle drogue qui sonne comme une potion de l’enfer: la xylazine, un sédatif pour animaux non-autorisé pour un usage humain par l’Agence américaine des médicaments (FDA) mélangée à du fentanyl. Une mixture si addictive qu’elle a remplacé l’héroïne à New York. Si Philadelphie est le noyau, même l’épicentre de ce cocktail (dévastateur) baptisé «tranq», la Grosse pomme est touchée de plein fouet par le fléau: 19% des overdoses , soit 419 décès, impliquaient de la xylazine en 2021, selon les chiffres établis par la ville.

Surnommée la «drogue du zombie», elle peut vous mettre KO pendant des heures, selon les témoignages compulsés.

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Pourtant, la substance n’est pas si dangereuse. C’est surtout le croisement avec le fentanyl qui est fatal. Le mélange, 50 fois plus puissant que l’héroïne, est responsable de la crise des opioïdes au pays de l’oncle Sam. Ce tranquillisant pour animaux inhibe le système nerveux sympathique, responsable de la contraction des muscles. Cela ralentit donc le rythme cardiaque et la respiration du consommateur, rappelle L’Express.

Le pire? Les effets secondaires

L’administration Biden en parle comme «la drogue la plus mortelle ayant jamais menacé les Etats-Unis». Et si les individus sous l’emprise de cette drogue se traînent, comme déconnectés de leur corps, elle peut également engendrer des plaies profondes sur une peau nécrosée, creusant même jusqu’à l’os. Les effets secondaires sont absolument dévastateurs.

«Souvent, les gens disent qu’apparaissent des petits bleus ou des marques noires, puis c’est comme si les tissus mouraient dans la zone concernée»

Une infirmière à l’AFP

Même si elle n’appartient pas à la famille des opioïdes, elle provoque, tout comme eux, une insuffisance respiratoire en cas d’abus. Pire, le naloxone, remède prévu pour traiter les surdosages, n’a aucun effet sur la xylazine.

Et en Suisse?

L’Europe reste, pour l’heure, à l’écart de cette tendance mortelle. La France a officiellement repéré des cas, mais l’impact sur le marché est très, très moindre. Le produit a été détecté par deux fois dans de l’héroïne, à Lyon.

Au Royaume-Uni, une première overdose mortelle a été repérée par les autorités cette année. Comme le rapporte Le Point, l’Agence européenne des drogues souligne, dans une publication datant du 16 juin, le cas de l’Estonie qui a identifié de la xylazine dans plusieurs échantillons contenant des mélanges de différentes drogues. 

L’agence explique que la percée de ce cocktail n’est pour l’heure que très limitée, mais «ce groupe de substances représente une menace, susceptible d’avoir un impact plus significatif sur la santé et la sécurité européennes à l’avenir.»

Nick Gallagher reacts as volunteer registered nurse Jennifer D'Angelo treats his skin wounds the Savage Sisters' community outreach storefront in the Kensington neighborhood of Philadelphia, ...

Un consommateur de xylazine, ici, à Philadelphie. keystone

Les ravages aux Etats-Unis préoccupent les autorités sanitaires, car la situation paraît ingérable dans plusieurs villes américaines. Un désastre sanitaire qui ne semble pas trop inquiéter ici, en Suisse. Frank Zobel, directeur adjoint chez Addiction Suisse, reste mesuré concernant l’arrivée de la xylazine.

«Les marchés des drogues américains et européens sont souvent très différents. Cela fait dix ans que nous parlons du fentanyl et à part quelques épiphénomènes, nous n’en avons pas encore»

Frank Zobel, co-responsable du secteur Recherche chez Addition Suisse

Si une crise éclate aux Etats-Unis, «cela ne signifie toutefois pas qu’elle va apparaître de manière significative chez nous», tempère Frank Zobel.

«Notre expérience est qu’il ne faut pas créer des « drug panics » avant qu’elles n’existent véritablement» Frank Zobel

En Europe, les habitudes de consommation ne changent pas. En Suisse, les autorités continuent à encadrer les usagers. Les locaux de consommation ou les suivis par des médecins font que les personnes tombées dans la drogue ne bouleversent pas leur routine et ne cherchent pas à tenter de nouvelles drogues comme la xylazine.

Ce fléau qui gangrène certaines villes des Etats-Unis est lié à l’accès aux soins: difficile et trop onéreux pour une frange de la population. «On envoie les forces de police, mais ça ne sauve pas le consommateur. En Suisse, ils sont suivis et ne sont pas livrés à eux-mêmes comme aux Etats-Unis», conclut Frank Zobel.

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Rien qu’un ou deux verres d’alcool par jour peuvent provoquer diabète de type 2 et obésité

Une consommation légère ou modérée d’alcool ne protège pas contre les risques de diabète de type 2 et d’obésité, d’après une étude.

Rien qu’un ou deux verres d’alcool par jour peuvent provoquer diabète de type 2 et obésité

ITAKDALEE/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • D’après une étude, boire rien qu’un verre d’alcool par jour a un impact délétère sur la santé.
  • La consommation d’alcool, quelle que soit la dose, est un facteur de risque d’obésité et de diabète de type 2.
  • Malgré les risques, les Français restent de grands consommateurs d’alcool comparés à d’autres populations.

L’alcool est un fléau et ce n’est pas qu’une question de dose. En effet, d’après une étude publiée dans Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism de l’Endocrine Society, même si l’on boit moins de 7 verres d’alcool par semaine, les risques sur la santé sont réels.

Alcool : boire peu n’a pas d’effet protecteur sur la santé 

Ainsi, s’il est largement admis qu’une consommation excessive d’alcool est à l’origine d’un large éventail de problèmes de santé (diabète, obésité, troubles hépatiques et maladies cardiaques) une consommation modérée d’alcool n’a pas d’effet protecteur.

En effet, d’après l’étude, même une consommation légère à modérée d’alcool (pas plus d’un verre standard par jour) ne protège pas contre l’obésité et le diabète de type 2.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont évalué les données auto-déclarées sur la consommation d’alcool de 408.540 participants à la banque de données britannique.

La consommation d’alcool impacte davantage les femmes

Ils ont constaté que les personnes qui buvaient plus de 14 verres par semaine avaient une masse grasse plus importante et un risque plus élevé d’obésité et de diabète de type 2.

Le diabète de type 2 est un trouble du métabolisme principalement lié au mode de vie, rappelle l’Inserm.

Ces associations étaient d’ailleurs plus fortes chez les femmes que chez les hommes. Mais aucune donnée n’est venue étayer l’association entre une consommation modérée d’alcool et l’amélioration de l’état de santé des personnes buvant moins de sept boissons alcoolisées par semaine. 

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Alcool : les Français boivent encore trop

« Nous espérons que nos recherches aideront les gens à comprendre les risques associés à la consommation d’alcool et qu’elles éclaireront les futures lignes directrices et recommandations de santé publique relatives à la consommation d’alcool« , a déclaré Tianyuan Lu, de l’Université McGill au Québec, Canada. 

« Nous voulons que notre travail encourage la population générale à choisir d’autres comportements plus sains que la consommation d’alcool« , ont conclu les auteurs.

En France, malgré une diminution régulière du volume d’alcool consommé depuis 50 ans, la consommation de boissons alcoolisées reste très importante, en fréquence et en volume, indique l’Assurance Maladie. La France est d’ailleurs au 4è rang des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – qui compte 38 pays, en terme de consommation d’alcool. 

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Des accidents de la route qui portent la signature du cannabis

30/06/2023
Source: Université Laval

Le type d’accidents de la route dans lesquels sont impliqués les conducteurs qui ont consommé du cannabis serait différent de celui impliquant des conducteurs ayant consommé de l’alcool. C’est ce qu’a constaté une équipe de chercheurs canadiens après avoir étudié près de 7000 accidentés de la route, dont 30% avaient de l’alcool ou du THC dans le sang.


Image d’illustration Pixabay

Ces personnes ont été évaluées entre janvier 2018 et décembre 2021 à l’urgence de l’un des 15 centres de traumatologie qui participaient à l’étude. Un échantillon de sang a été prélevé chez ces patients dans les six heures suivant l’accident. « Ces prélèvements ont été faits pour des raisons médicales et non parce qu’on soupçonnait qu’il y avait eu consommation d’alcool ou de cannabis », précise l’un des auteurs de l’étude, Éric Mercier, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

L’équipe de recherche, dont fait également partie Marcel Émond, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, a quantifié la concentration d’alcool et de THC dans le sang de ces patients et ils l’ont mise en relation avec l’âge et le sexe des sujets, le lieu et l’heure de l’accident ainsi que la gravité des blessures. Les analyses, publiées dans la revue Addiction, ont révélé la présence de THC ou d’alcool chez 18% et 17% des patients respectivement. Elles ont aussi montré que 4% des patients présentaient un taux élevé de THC (≥ 5 ng/ml) et que 13% avaient un taux élevé d’alcool (≥ 0,08%).

Parmi les accidentés, les hommes étaient surreprésentés, tant dans le groupe avec taux élevé de THC élevé que dans le groupe avec taux élevé d’alcool. Les jeunes étaient aussi plus à risque, particulièrement dans le groupe de personnes ayant consommé du cannabis. « Un des résultats qui nous a frappés est que, chez les moins de 19 ans, 5% présentaient un taux élevé de THC alors qu’à peine 3% avaient un taux élevé d’alcool », souligne le professeur Mercier.

Les caractéristiques de l’accident semblent révélatrices d’un certain patron de consommation, suggèrent les résultats. Ainsi, il y a davantage de risque que les accidents impliquant des personnes ayant un taux élevé d’alcool se produisent la nuit, pendant la fin de semaine, en zones rurales, qu’ils impliquent un seul véhicule et qu’ils causent des blessures graves.

À l’opposé, il y a plus de risques que les accidents impliquant des personnes ayant un taux élevé de THC surviennent pendant la journée, un jour de semaine et qu’ils impliquent plusieurs véhicules. « Cela suggère une consommation routinière de cannabis plutôt qu’une consommation récréative dans un contexte spécial », avance Éric Mercier.

Lorsque les membres du personnel soignant traitent un patient qui a eu un accident de la route typique de ceux qui surviennent sous l’effet du cannabis, ils devraient avoir une conversation avec le patient sur les risques que ce produit pose pour la conduite automobile « Des interventions de la sorte ont montré leur efficacité dans le cas de l’alcool », rappelle le professeur Mercier, qui est également médecin urgentologue et chef d’équipe en traumatologie à l’hôpital de l’Enfant-Jésus du CHU de Québec.

Les interventions des gouvernements pourraient aussi s’inspirer des résultats de cette étude, poursuit-il. « Nos données montrent que les jeunes de moins de 19 ans forment un groupe particulièrement à risque pour ce qui est de la conduite automobile sous l’effet du cannabis, ce qui n’est pas le cas pour l’alcool. La règle du zéro alcool prévue au Code de la sécurité routière pour les moins de 22 ans peut expliquer ce constat. Il faudrait envisager l’adoption d’une mesure similaire pour le THC. »

Enfin, les campagnes de sensibilisation portant sur les risques associés à la conduite automobile sous l’effet du cannabis auraient intérêt à cibler les jeunes hommes, un groupe chez qui la juste appréciation du risque fait parfois défaut. « Il existe une fausse croyance qui veut que le cannabis affecte peu la capacité de conduire. Une personne sous l’effet du cannabis est très mal placée pour évaluer son niveau d’intoxication et sa capacité à conduire. Il n’est pas mauvais de le redire et de rappeler que la conduite sous l’effet du cannabis peut avoir des conséquences graves pour soi-même et pour les autres », conclut le professeur Mercier

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Une perception plus efficace de l’amende sanctionnant la consommation de stupéfiants déclenche un tollé dans le monde des addicts et des addictologues.

Pr. Jean Costentin, Président du centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

Le diable se cache aussi dans la réaction à certains faits mineurs, or c’est d’un fait mineur dont il s’agit ici. Comme l’avait pressenti notre CNPERT, l’amende forfaitaire de 200 € infligée à un individu pris en flagrant délit de possession ou de consommation de cannabis ou d’une autre drogue illicite, ne serait acquittée que dans 35% des cas.

Souvenons-nous qu’à l’origine (loi de décembre 1970) la peine qui pouvait être infligée pour ce délit était de 3.500 € d’amende, voire d’une année d’emprisonnement, avec inscription au casier judiciaire.

De démissions face à ce fléau à l’origine de réductions successives, on est arrivé à une simple amende de 200 € (réduite à 150 € pour un paiement extemporané), en solde de tout compte puisque, n’étant inscrite nulle part, sans la possibilité d’accroître son montant au prorata du nombre des récidives constatées (ce qui serait de la prévention). C’est ce que permettrait aisément, l’inscription extemporanée sur un fichier informatique, consultable par tout gendarme ou policier amené à dresser ce type de contravention.

Constatant que cette amende, quasi symbolique, n’est payée que par 35% des contrevenants, le Président de la République a demandé à son ministre de l’Intérieur, qu’une simplification (inspirée du prélèvement à la source) améliore son recouvrement ; soit en numéraire (mais hormis les dealers tout le monde ne se promène pas avec 200 € en poche) soit par carte bleue (que beaucoup prétendront alors ne pas posséder) ; avec mise en oeuvre « Avant l’août, foi d’animal, intérêt et principal ».

Cet effet d’annonce a l’apparence d’une manifestation d’autorité, mais c’est sans doute un coup d’épée dans l’eau, eu égard aux impédimentas que nous avons évoqués.

Cela suffit néanmoins pour déclencher, d’une façon totalement disproportionnée, le chœur des shootés, des cannabinophiles et des diverses amicales de « la drogue pour tous qui font feu de tout « pétard » pour p», ousser leur revendication permanente de légalisation du cannabis et des autres drogues illicites. Illico, ils mettent sur la plateforme de l’Assemblée nationale une pétition, signée par 18 de ces associations maléfiques.

Ils nous assurent pourtant (sans du tout nous rassurer), comme le CESE (comité économique, social et environnemental) que, bien sûr, la vente serait encadrée (promis, juré), interdite aux mineurs (évidemment) ; nous prenant pour des aveugles, amnésiques et sots que nous ne sommes pas.

Notre mémoire continue de nous faire déplorer la faillite de l’alcool (excepté pour les alcooliers) avec  les 4.500.000 sujets alcoolo-dépendants, dont 41.000 en décèdent chaque année ; ses nombreuses pathologies induites ; ses quelques centaines de milliers d’alcooliques, cassés, clochardisés ; la multiplication chez nos jeunes des ivresses aigües et des comas alcooliques issus des bitures expresses/binge drinking.

Continuons aussi à déplorer les 13.000.000 de fumeurs, incapables de se détacher de la nicotine ; dont 75.000 décèdent annuellement (1 ere cause des décès évitables ; seul produit du marché qui tue la moitié de ses consommateurs) ; les très nombreux estropiés qui obèrent les comptes sociaux et souffrent à différents degrés de perturbations de leur qualité de vie ; le fait que la majorité des buralistes ne respecte pas l’interdiction de la vente du tabac aux mineurs.

La « part du feu » indûment concédée dans notre Nation à l’alcool et au tabac étant beaucoup trop vaste, la seule attitude responsable est de la réduire, et en aucune façon de l’accroître, par une extension au cannabis et aux autres drogues illicites.

Rappelons que la toxicité d’un « joint » ou d’un « pétard » est six fois supérieure à celle d’une cigarette de tabac, et qu’avec le cannabis s’ajoute une toxicité psychique ravageuse.

Alors que le Président de la République a déclaré, lors de la journée nationale contre le cancer, que l’année 2032 devrait voir apparaître la première génération sans tabac, des députés de sa majorité  prônent la légalisation du cannabis préalable à celle de toutes les autres drogues ; d’autres élus d’opposition plus à gauche, les 18 associations toxicophiles qui pétitionnent sur la plateforme de l’Assemblée Nationale et dont les cris d’orfraie sont renforcés par ceux d’addictologues à contre-emploi, de drogués et d’insatiables Rapetous.

Au sein de cette association de mal fêtards, on constate la participation de la fédération d’addictologie. Cette FA est richement dotée/dopée de subventions d’Etat, les justifiant à partir des objectifs  qu’elle affiche : « prévention » ; « réduction des risques » ; « traitement des addictions », ce que sa gestion contredit, car :

– c’est trahir la prévention que de faire croire au caractère bénin des drogues, et de militer pour leur libre accès ;

– c’est trahir le concept de réduction des risques que de faciliter le premier d’entre eux, qui est l’entrée dans la consommation d’une drogue ; surtout quand il s’agit des cannabis, cocaïne, amphétamines, morphiniques.. contre lesquels on ne dispose pas de moyens permettant d’en détacher ceux qui s’y sont fait piéger.

– c’est trahir le serment d’Hippocrate que donner des espoirs de traitement des dépendances, qui diminuent la dissuasion de s’approcher des drogues, alors que le traitement, aboutit souvent à ne faire que de la « substitution» ad vitam (cf. la méthadone ou la buprénorphine à haut dosage).

Les pouvoir publics devraient se pencher sur leurs résultats ; vérifier que les praticiens appointés respectent leur devoir de réserve vis à vis des médias et du grand public et ne font pas de prosélytisme ; et enfin mettent en relation les moyens qu’ils leur allouent avec le respect d’un cahier des charges, sans doute à reconsidérer.

Pourquoi ne faut-il pas boire d’alcool dans l’avion ?

Fêter le début des vacances avec une petite coupe dans les airs, c’est tentant, mais comment notre corps réagit-il à l’alcool en haute altitude ? Est-ce toujours une si bonne idée de boire du vin ou un spiritueux dans l’avion ? Décryptage.

Par Aimie Blanchard

Publié le 28/06/2023

Pourquoi ne faut-il pas boire d’alcool dans l’avion ?
Pourquoi ne faut-il pas boire d’alcool dans l’avion ? Adobe Stock

Alors que vous êtes à quelques milliers de mètres au-dessus du sol, l’hôtesse de l’air ou le steward passe avec son chariot rempli de mignonettes : du vin, du whisky, du rhum, quelques cacahuètes et autres boissons chaudes. Excité de découvrir le Maroc ou légèrement angoissé à l’idée d’un long-courrier Paris-Séoul, vous optez pour un apéritif, et au bout de quelques gorgées, une ivresse inhabituelle se fait sentir.

Réagit-on à l’alcool de la même manière sur terre que dans l’avion ?

La réponse est non. Les avions circulent entre 5 000 et 12 000 mètres d’altitude en moyenne, et même si la cabine est pressurisée, la pression ressentie est équivalente à 2 400 mètres d’altitude. Comme à la montagne, le taux d’oxygène diminue, et l’alcool va pénétrer plus rapidement dans le sang.

De plus, le manque d’oxygène va également agir sur le cerveau, les neurones vont moins bien fonctionner et les effets neurologiques de l’alcool en sont augmentés. Dans l’avion, la sensation d’ivresse survient plus rapidement et plus intensément que sur la terre ferme. 

Qu’importe l’altitude, l’alcool déshydrate, mais dans l’avion, l’air est froid et sec, il déshydrate déjà l’organisme, ce qui accentue la quantité d’alcool dans le sang. Il faut donc penser à beaucoup boire d’eau lorsque l’on voyage dans les airs. 

Peut-on boire des bulles dans l’avion ?

Le gaz carbonique contenu dans les bulles dilate les vaisseaux sanguins du système digestif, l’alcool est donc absorbé plus vite et l’ivresse arrive plus rapidement.

L’alcool a-t-il le même goût dans l’avion que sur terre ?

Selon Fabrizio Bucella, sommelier et professeur à l’Université libre de Bruxelles, le manque d’oxygène amoindrit nos perceptions. Le taux d’humidité étant inférieur au niveau de la mer, les sinus travaillent moins bien. D’autant plus que la température ambiante d’un avion est généralement basse, le froid brouille nos facultés sensorielles. Dans les airs, nous n’aurons donc pas le même goût en bouche, nos ressentis étant moins précis et moins expressifs.

Le jus de tomate encore meilleur dans l’avion : mythe ou réalité ?

On raconte souvent que le jus de tomate est encore meilleur dans l’avion. Est-ce vrai ? Nous venons de le dire, en altitude, la perception du goût et de l’odorat est modifiée. La particularité du jus de tomate, c’est qu’il est fort en saveur, c’est à la fois sucré, salé, acide et umami.

Comme dans l’avion, les saveurs sont moins perceptibles, le jus de tomate perd en acidité et laisse plus de place pour que l’umami s’exprime. Aussi appelée la cinquième saveur, l’umami est ce goût rond et doux, avec une finale saline qui en bouche stimule nos glandes et épaissit notre salive, d’où la sensation de confort et de rondeur.

On trouve l’umami dans le miso, la sauce soja, la sauce Maggi, les vieux parmesans, les sauces tomate, le céleri, etc. Pas de hasard si le jus de tomate plaît autant. Composé à 95 % d’eau, il est un bon allié des voyages dans les airs, à condition de ne pas ajouter une trop grande quantité de sel – et d’éviter la vodka. 

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