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Crack et cocaïne : pourquoi deux drogues si proches sont-elles traitées si différemment dans la sphère publique ?

Marie Jauffret-Roustide Research Fellow, Inserm

Marie Jauffret-Roustide a mené plusieurs études sur la prise en charge des usagers de crack dont une recherche intitulée Crack en Ile de France menée en collaboration entre l’Inserm et l’OFDT. https://www.ofdt.fr/publications/collections/resultats/synthese-des-principaux-resultats-de-letude-crack-en-ile-de-france/ Cette recherche a bénéficié d’un financement de la ville de Paris, de la Mildeca et de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France. Ce budget a servi à financer le salaire d’assistants de recherche. Le salaire de Marie Jauffret-Roustide est pris en charge par l’Inserm, aucune rémunération n’a été reçue de la part de ces financeurs.

« Affaire Pierre Palmade », scènes ouvertes de crack dans le nord-est de Paris… Ces dernières années, la cocaïne et le crack ont …………..CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA SUITE

Hausse de la consommation de cocaïne en France

la Fédération Addiction travaille à des réponses adaptées

Le rapport de l’OFDT sur la cocaïne, publié le 27 mars 2023, fait état d’un « marché en plein essor ». Malgré la politique de prohibition, la France est aujourd’hui parmi les pays les plus consommateurs de cocaïne en Europe. La Fédération Addiction travaille à développer une offre de réduction des risques et de soins adaptée à cette hausse de la consommation de cocaïne.

Une hausse de la consommation de cocaïne qui place la France parmi les pays les plus consommateurs d’Europe

Le théma La cocaïne, un marché en plein essor publié par l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT) fait état d’une hausse de la consommation de cocaïne parmi les Français qui s’inscrit dans un contexte européen et mondial où cette drogue circule de plus en plus, et ce depuis 20 ans.

Si la consommation de cocaïne ne concerne toujours qu’une partie marginale de la population (1,6 % de la population adulte en 2017), la France fait aujourd’hui partie du club des pays de l’Union européenne où la cocaïne est la plus diffusée. Ainsi, 600 000 Français ont consommé de la cocaïne dans l’année écoulée : il s’agit ainsi de la drogue illicite la plus consommée en France derrière le cannabis et devant l’ecstasy.

Le rapport de l’OFDT met cependant en exergue un recul des niveaux d’expérimentation de la cocaïne chez les adolescents et chez les 18-25 ans. La progression de la consommation s’observe en effet chez les adultes,mais seulement dans certaines tranches d’âges, en particulier les trentenaires et quarantenaires. L’OFDT formule l’hypothèse que « cette hausse de la proportion d’usagers dans l’année traduit probablement, un changement de comportement parmi les initiés à la cocaïne, plus qu’une progression généralisée de la consommation : parmi les adultes qui ont essayé la cocaïne, ceux qui consomment ensuite de façon occasionnelle voire régulière sont plus nombreux que dans les générations précédentes ».

Conformément à ce qui s’observe dans les autres pays européens, la majorité des usagers de cocaïne en France n’en consomment qu’en de rares occasions, à titre expérimental.

L’OFDT note également une diversification des modes d’usages de la cocaïne ainsi qu’une diversification sociale des usagers : l’expérimentation de la cocaïne touche aujourd’hui des personnes travaillant dans tous les secteurs professionnels, de plus en plus de femmes et de plus en plus de territoires ruraux et périurbains.

La progression de la consommation s’observe chez les adultes, mais seulement dans certaines tranches d’âges : en particulier les trentenaires et quarantenaires.

La consommation de cocaïne sous forme de crack reste — malgré le focus médiatique sur cette question — résiduelle : elle concerne selon l’OFDT « certains segments de population et certains territoires » et « s’explique par divers facteurs ».

Une consommation qui entraine de plus en plus de complications

Cette diffusion accrue de la cocaïne — qui est par ailleurs de plus en plus pure et qui continue de bénéficier de perceptions sociales minorant sa dangerosité— a des conséquences sanitaires importantes. Ainsi, 130 décès directement liés à l’usage de cocaïne ont été enregistrés en 2020 en France. En 2022, le taux de recours aux urgences pour un usage de cocaïne était de 21,2 pour 100 000 contre 8,6 en 2010, soit un triplement. Autre indicateur : l’augmentation des demandes de traitement liées à la cocaïne. Les CSAPA, qui enregistraient 2 613 demandes de traitement liées à la cocaïne en 2010, en enregistrent 5 907 dix ans plus tard.

Dans ce contexte, la Fédération Addiction travaille à mieux outiller les professionnels du secteur de l’addictologie à l’accompagnement des usagers de cocaïne

Outiller les professionnels

Le projet AIPAUC (« Améliorer l’information, la prévention et l’accompagnement des usagers de cocaïne »), soutenu par le Fonds de lutte contre les addictions, s’intéresse à l’ensemble des personnes consommatrices de cocaïne : aussi bien celles qui consomment de la cocaïne en poudre, en contexte festif et qui ne rapportent pas nécessairement des troubles de l’usage, que celles plus marginalisées faisant plus souvent usage de crack ou de cocaïne injectée. Il s’agit de toucher ces différents publics sans avoir de message unique.

Concrètement, le projet permettra la création dès 2023 de plusieurs supports destinés aux professionnels du champ de l’addictologie : une synthèse et un support vidéo sur les outils de réduction des risques, une synthèse sur la prévention, une vidéo sur les complications liées aux consommations et une synthèse sur les thérapeutiques. L’ensemble de ces livrables seront présentés dans le cadre de cinq journées régionales.

Par ailleurs, la hausse de la concentration de la cocaïne argumente en faveur du renforcement des dispositifs d’analyse de drogues. La Fédération Addiction anime à ce titre le réseau Analyse ton prod’ qui a analysé 400 échantillons de cocaïne en Île-de-France en 2022.

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«Lpoufa», une drogue qui bouffe les neurones des jeunes

Depuis quelques jours, le nom d’une drogue enflamme la toile. «Lpoufa», composée de résidus de cocaïnes et de quelques produits chimiques, envahit le marché marocain et détruit la vie de plusieurs jeunes consommateurs.

Il y a quelques jours, les opérations de lutte contre le trafic de drogues menées par les services de la wilaya de la sûreté de Casablanca ont permis l’interpellation de 15 individus.

Dans le cadre de ces interpellations, les autorités ont saisi plusieurs doses de la drogue « Lpoufa » et de cocaïne, outre la saisie de boites de bicarbonate de sodium et de bouteilles en plastique utilisés dans la préparation et la consommation de « lpoufa ».

Qu’est-ce que «Lpoufa» ?

Largement utilisée chez les jeunes casablancais et plus particulièrement dans la région de Deroua, le mode d’emploi de «lpoufa», connue également sous le nom «la cocaïne des pauvres» rappelle celui de la chicha puisqu’il suffit d’une petite bouteille, d’une paille, d’un papier aluminium et de la fameuse préparation pour fumer cette drogue extrêmement dangereuse comme l’explique Dr Hachem Tyal, psychiatre; « Lpoufa est composée du résidu de cocaïne et de produits chimiques très dangereux sur la santé. Cette drogue va directement interagir avec le cerveau pour procurer un effet très agréable de détente et d’apaisement chez le consommateur ». 

Et d’ajouter « à part son prix très abordable, lpoufa a un effet immédiat. Quelques minutes après avoir fumé cette drogue, la personne se sent très bien. Mais comme son effet est immédiat, la descente est également très rapide ce qui pousse les consommateurs à en demander plus ».

Comme toute drogue, les répercussions de «lpoufa» sont très dangereuses comme l’explique notre psychiatre; « cette drogue a des conséquences lourdes sur le corps mais aussi sur la psychologie du consommateur. Lpoufa peut causer des accidents vasculaires cérébraux, des crises cardiaques.

Sur le niveau psychiatrique, elle peut entrainer la décompensation de certaines structures de personnalités fragiles qui se retrouvent avec des maladies mentales graves. Elle peut également modifier l’équilibre de l’individu puisque le consommateur devient rapidement coléreux, irritable et peut même souffrir de troubles émotionnelles ».

A part ses conséquences sur la santé, « lpoufa » détruit la vie du consommateur; « La vie d’un addict se fait au rythme de la prise, et c’est pour ça qu’on se retrouve avec des personnes qui ne s’intéressent à rien, (travail, vie familiale…) sauf ce qui touche à leur addiction. Ils sont tellement pris dans leurs addictions qu’ils ne se rendent pas compte de ce qui les entoure et sont pris dans le tourbillon de cette drogue », avant d’ajouter «ce qui est encore grave c’est quand nous avons des consommateurs adolescents.

Cette drogue les pousse à désinvestir la scolarité et perturbe leurs capacités cognitifs puisqu’’ils n’arrivent plus à utiliser leurs compétences intellectuels dans de bonnes conditions. Avec les mauvais résultats scolaires qui s’ajoutent ; les jeunes sont dans une vraie spirale infernale ».

Pour faire face à cette drogue dévastatrice, les parents et les spécialistes poussent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à intervenir rapidement pour arrêter la propagation de cette substance qui menace la vie des jeunes.

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Trafic de stupéfiants : comment l’économie légale se rend co-responsable

Publié: 17 juillet 2023, par  Clotilde Champeyrache Associate Professor in Economics, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Et si l’économie légale endossait une responsabilité non négligeable dans l’explosion actuelle du trafic de stupéfiants et en particulier de la cocaïne ? On a souvent tendance à penser la réalité de façon manichéenne avec, d’un côté, le monde de l’illégal recourant communément à la violence et, de l’autre, une sphère légale, par essence saine et pacifique, prospérant indépendamment du crime.
La réalité est bien moins binaire.

Le comprendre devient un impératif afin de mieux combattre la banalisation de la consommation de stupéfiants en France et ailleurs. Cette consommation affecte nos économies, nos systèmes de santé et même nos démocraties avec les sommes d’argent dont dispose le commerce illégal à des fins de corruption, comme l’expliquait récemment au Point le directeur du Centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants regroupant six pays européens.

Trois exemples de détournement d’outils légaux au profit des narcotrafiquants illustrent comment l’économie légale fournit – parfois sciemment – des instruments de développement des activités criminelles, dont le trafic de stupéfiants. Il s’agit des trust and company service providers, des fournisseurs de messagerie cryptée et des infrastructures portuaires.

Déclarer légalement une entreprise de couverture
Le terme de « sociétés-écrans » revient régulièrement lorsqu’il s’agit de trafic de stupéfiants, qu’elles servent de façade légale pour l’activité illégale ou d’outil de blanchiment de l’argent sale.

Des prestataires légaux, les trust and company service providers (TCSP) (« prestataires de services aux sociétés et fiducies »), offrent en toute légalité des services d’enregistrement et de domiciliation des sociétés et fiducies permettant de garantir l’opacité sur la propriété réelle des entités.

En quelques clics sur Internet, il est possible d’immatriculer une société dans une place offshore pour une somme modique et sans même forcément se déplacer.Ces prestataires agissent en toute liberté malgré des rapports du Groupe d’action financière (Gafi) pointant la responsabilité de ces sociétés dans le blanchiment d’argent.

Le Gafi est l’organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.En particulier, ces TCSP peuvent proposer, moyennant finance, des « directeurs désignés » (nominee directors), c’est-à-dire des personnes dont le nom apparaitra dans les registres en lieu et place du nom du véritable propriétaire (beneficial owner).

Ils ne disposent d’aucun pouvoir opérationnel et décisionnel dans la société, n’ont pas non plus de droit d’accès ou de regard sur les comptes bancaires de la société : dit autrement, ce sont des hommes de paille. Cette option est évidemment fort appréciée des narcotrafiquants.L’approvisionnement de la France se fait via des organisations internationalisées pour l’import de gros. Ce sont ces organisations qui ont des sociétés-écrans.

La lutte est compliquée car elle suppose de s’immiscer dans la souveraineté des places offshore. Le traçage des flux financiers est aussi difficile du fait de la multiplication des juridictions dans lesquelles les sociétés et les comptes bancaires associés sont créés.Des « WhatsApp » pour gangstersLes fournisseurs de messagerie cryptés ne peuvent pas non plus se dédouaner de certaines responsabilités.

L’opération d’infiltration d’EncroChat menée en 2020 sous l’égide d’Europol et d’Eurojust l’a bien mis en évidence. Elle a permis aux forces de l’ordre de divers pays associés d’accéder à plus de 120 millions de messages cryptés largement émis par des acteurs du narcobanditisme. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs jugé que les éléments collectés ainsi par des moyens classés secret défense pouvaient être utilisés dans un procès sans porter atteinte aux droits de la défense.

C’est grâce à une société légale, EncroChat, vite surnommée « le WhatsApp des gangsters », qu’ils ont été envoyés. Les activités de cette entreprise de télécommunications des Pays-Bas ont cessé en juin 2020 juste après la révélation de l’infiltration du système par les forces de l’ordre.Aujourd’hui placée sous enquête, l’entreprise proposait des téléphones modifiés aux fonctionnalités propres à attirer spécifiquement des organisations criminelles.

Sans micro, ni caméra, ni GPS, ces téléphones n’étaient pas traçables. Ils étaient également reliés à un système de messagerie chiffrée.Via ce canal, les criminels géraient divers points du trafic : organisation logistique de l’acheminement des stupéfiants, règlements des factures, approvisionnement en armes, location de services illégaux tels que des tueurs à gages… Toutes ces opérations pouvaient être réalisées en des temps record.

Outre le cryptage des messages, le système offrait un ensemble d’options utiles aux activités criminelles. On retrouvait notamment la possibilité d’utiliser un code PIN spécifique pour effacer toutes les données du téléphone et pour afficher de fausses interfaces de nature à dérouter les enquêteurs qui se saisiraient de l’objet.

Assurant que l’offre de tels services n’était pas problématique, les dirigeants d’EncroChat ont toujours prétendu que le cryptage, le non-traçage et l’effacement des données répondaient à des besoins typiques des journalistes ou bien des activistes, donc de personnes craignant que leurs actions soient espionnées sans pour autant s’inscrire dans l’illégalité.

L’analyse par les forces de l’ordre des messages interceptés montre cependant que la quasi-totalité d’entre eux conduit à des membres d’organisations criminelles comme la Mocro-Maffia néerlandaise ou le cartel de Sinaloa. Sans boutiques, ni revendeurs officiels, il était d’ailleurs quasi nécessaire d’être coopté par le membre d’une organisation criminelle pour acquérir un « Encro ».

Des ports qui ne s’estiment pas responsablesNombre de messages décryptés par les autorités concernaient l’organisation du transport des stupéfiants, notamment de la cocaïne. Or le mode principal d’acheminement des drogues reste la voie maritime. Cela pose la question stratégique des zones portuaires et de l’utilisation en ces endroits d’infrastructures légales par des organisations criminelles.

Récemment, l’actualité a braqué les projecteurs sur les ports d’Anvers et de Rotterdam, principaux ports européens et portes d’entrée de la cocaïne en Europe. Des saisies ont toutefois montré que d’autres ports européens sont concernés, en particulier, pour ce qui est de la France, Le HavreBrest et Montoire-de-Bretagne.Le commerce mondial ne cesse de croître et passe à 90 % par les voies maritimes.

D’après la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) ce sont plus de 11 milliards de tonnes de marchandises qui circulent annuellement dans le monde sur des porte-conteneurs et des vraquiers. Loin de se répartir harmonieusement entre les différents ports, l’activité commerciale maritime est extrêmement polarisée avec de grands ports se livrant une concurrence sans merci pour capter toujours plus de flux.

Avec seulement 2 % de containers inspectés à Rotterdam, la porte est ouverte pour faire circuler en quantité importante des marchandises illégales. 

Cela se traduit par une course au gigantisme des infrastructures – en réponse aussi au développement des capacités de charge des nouvelles générations de super porte-conteneurs – et à la rapidité de traitement du dépotage des cargaisons. Le port de Rotterdam se targue ainsi de fonctionner 24h/24, 365 jours/365 et de prendre en charge un conteneur toutes les six secondes.Naturellement, la quête d’une extrême fluidité dans la circulation des marchandises s’accommode mal du ralentissement induit par d’éventuels contrôles sur la nature – légale ou non – des marchandises.

Au nom de l’efficience économique, le choix a clairement été fait de peu contrôler : environ 2 % des marchandises seulement sont inspectés, totalement ou partiellement, à Anvers et Rotterdam, au détriment de la sécurité.Cela ouvre des possibilités majeures de dissimulation de marchandises illégales au milieu des chargements légaux avec un risque de détection faible.

À cela s’ajoutent des stratégies pour dévier d’éventuels contrôles, là aussi en exploitant les failles de l’économie légale. Les organisations criminelles vont exploiter leur capacité de corruption pour obtenir la complicité de professions clefs comme les dockers, les douaniers, les transporteurs. Cette corruption passe par des pots-de-vin mais aussi par des pressions (menaces, éventuelles violences) sur les personnes.

Si le rôle des ports dans l’entrée de stupéfiants sur nos territoires est avéré, la route semble pourtant encore longue pour que les autorités portuaires en endossent pleinement la responsabilité si l’on en croit cet extrait du rapport annuel d’activité 2021 du port de Rotterdam :« Le crime lié aux stupéfiants au port a régulièrement été dans l’actualité l’année dernière.

S’attaquer à la criminalité subversive est un défi posé à la société dans son ensemble qui, à strictement parler, n’est pas de la responsabilité de l’Autorité du Port de Rotterdam. »Pourtant, une lutte efficace contre le trafic de stupéfiants doit intégrer le fait que l’économie légale fournit des « facilitateurs » auxquels il convient également de s’attaquer dans une logique d’entrave aux trafics.

Lettre du CNPERT Juillet 2023

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SOMMAIRE

In memoriam : Eloge du Professeur Jean-Pierre Olié

La réalité du cannabis se compose des dénis successifs de ceux qui veulent encore le légaliser HHC : Vide ou bide juridique ?

Association entre les troubles liés au cannabis et la schizophrénie, particulièrement chez les hommes jeunes : un constat au Danemark

Alerte sur un opioïde l’oxycodone – 0xycontin®

Le cannabis ne rend pas plus créatif

Et l’on reparle d’un traitement très novateur de l’addiction au cannabis/THC

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Voici la lettre N° 85 de notre CNPERT. C’est par un bel éloge de notre ami, Jean-Pierre Olié par Claude Pierre Giudicelli qui nous rappelle la brillante carrière de notre collègue et son implication dans l’activité du CNPERT. Il nous manque déjà. Nous nous associons au chagrin de ses proches.

Malgré les constantes et nouvelles observations des méfaits du cannabis, la dernière étant l’association de sa consommation à l’émergence de troubles schizophréniques, les partisans de sa légalisation n’en démordent pas au mépris de toute logique. Non le cannabis n’est pas une drogue douce, non il ne favorise pas la créativité, non il n’est pas analgésique. Mais oui, il est addictogène, peu réversible et son marché est des plus rentables. C’est pour cela qu’on l’exploite.

Faute de pouvoir l’innocenter (!) ou l’imposer, on tente de le contourner en mettant à profit des substances apparentées chimiquement et toxicologiquement au THC et présentes dans la plante. Après le CBD, moins addictogène semble t-il, voici le HHC qui l’est nettement plus et qui en dérive. La preuve est faite que cette «  recherche  » vise des effets psychogènes et non thérapeutiques. On le savait déjà, mais elle s’affirme au grand jour avec des prix promotionnels.

Nos objectifs restent entiers avec l’espoir que l’antidote du THC verra le jour : imaginé à Bordeaux, il est étudié actuellement aux USA !

Professeur Tillement

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Ces seniors qui se défoncent de plus en plus

La consommation de substances psychoactives est en hausse chez les personnes âgées, selon le New York Times.

Jean Costentin

Jean Costentin est membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie. Professeur en pharmacologie à la faculté de Rouen, il dirige une unité de recherche de neuropsychopharmacologie associée au CNRS.
Président du Centre National de prévention, d’études et de recherches en toxicomanie, il a publié en 2006 Halte au cannabis !, destiné au grand public.


Atlantico : Selon le New York Times, l’abus de substances psychoactives est en hausse chez les personnes âgées. Que sait-on à ce sujet (nombre d’individus concernés, type de stupéfiants, qu’il soit légal ou non…) ? Comment expliquer cette augmentation de la consommation des drogues à tous les âges ?

Jean Costentin : La société évolue beaucoup et très vite ; l’exemplarité dont se sentaient investis les adultes et plus encore les personnes du troisième âge, part en quenouille. Les parents qui n’ont pas su ou pas voulu protéger leurs enfants des méfaits des drogues, fondent avec délice dans l’abus des drogues dont ils ont fait la connaissance dans les années 1970 et suivantes.

Quand ils ont accédé à des professions incompatibles avec la poursuite de ces consommations, soit ils les ont interrompues,  ou  bien très diminuées, pour mener des carrières subnormales (assez moyennes relativement à ce qu’elles auraient pu être, s’ils n’avaient jamais consommé), soit ils se sont vu barrer l’accès à ces professions et leur croisière professionnelle s’est déroulée à de plus basses altitudes.

Quand leur parcours de vie a été émaillé de bleus à l’âme, de ruptures professionnelles, sentimentales,  familiales, amicales, d’épisodes dépressifs, de crises existentielles, leur incitation a été vive de se réfugier dans la consommation de drogues, dans ces « paradis artificiels ; elle fut d’autant plus forte qu’ils les avaient fréquenté antérieurement.

Leurs enfants et leurs petits enfants, sont devenus de plus en plus nombreux et de façon de plus en plus précoce consommateurs d’alcool (avec la déplorable pratique de la « biture expresse »), de tabac (véhicule du haschisch, pour la confection de joints), du cannabis, avec le détournement  des morphiniques (buprénorphine/Subutex®en particulier).

La permissivité ambiante a permis que les jeunes français deviennent les tout premiers consommateurs Européens de cette drogue qui a piégé plus de 20% de ceux qui l’ont expérimenté. En dépit de son caractère illicite, du fait de l’absence de toute prévention éducative et  en raison de la contamination exceptionnelle de nos quartiers (où on a cru acheter la paix sociale  en le laissant librement circuler),  notre Nation compte un million cinq cent mille usagers réguliers de cette drogue ; avec phénomène nouveau la cocaïne et sa forme à fumer, le crack, qui lui font  la poussette.

Loin d’une prévention, l’anti prévention consiste en ce que périodiquement des politiques appellent à la légalisation de cette drogue, qui n’a pourtant rien de banale ni d’anodine. Les jeunes consommateurs, comme tout un chacun, vieillissent d’un an tous les 365 jours ; ils arrivent à l’âge adulte, poursuivent leur consommation, en y ajoutant souvent d’autres drogues pour pallier la tolérance au cannabis qui s’installe, dont les effets s’amenuisent malgré l’accroissement des doses et de la fréquence des consommations.

Leur poids politique s’accroit, ils accèdent même à des responsabilités publiques et se laissent subvertir par des lobbies puissants qui attendent de cette légalisation du cannabis de juteuses royalties. Intérêts capitalistes, idéologie, démagogie politique,  transformation d’indignés en résignés, apaisement des enthousiasmes à créer, à produire, recherché par les tenants de la régression économique…

Dans quelle mesure le fait de consommer des substances psychoactives telles que le cannabis ou l’alcool – entre autres – est-il préjudiciable pour les individus les plus âgés ? S’exposent-ils à des risques auxquels ne sont pas confrontés des sujets plus jeunes ? 

Les méfaits individuels des drogues sont bien moindres chez l’adulte et plus encore chez le sujet âgé que chez l’adolescent. Chez ces derniers elles affectent la maturation cérébrale qui se déroule entre 12 et 24 ans, à la période des apprentissages, de la culture, qui font mauvais ménage avec la drogue de la crétinisation, qui gomme les affects, érode les ambitions, crée une démotivation, perturbe la cognition.

Drogue rendant les sujets tout puissants dans leur tête, sur place, qui remettent à plus tard ce qu’ils ne feront jamais, avec des troubles délirants et hallucinatoires, apprentissage à la schizophrénie ; dont on estime que 15% des nouveaux cas sont dus à sa consommation.

Alors que le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France, et que les habitudes de consommation se conservent tout au long de la vie, existe-t-il un risque de transmission de pratiques à risques de l’adulte à l’enfant ? Quelles peuvent en être les conséquences ? 

Chez l’adulte, au delà de 24 ans,  les troubles individuels sont significativement moindres, même si c’est l’âge des accidents mortels de la route et du travail. C’est le moment d’insister sur les effets épigénétiques du cannabis/THC (qui consistent en une modification du niveau d’expression de certains gènes, donc de certains caractères)  qui peuvent affecter les capacités cognitives, la vulnérabilité à des troubles anxieux et/ou dépressifs, l’appétence pour certaines drogues.

Cela a été montré chez le Rat, son exposition au cannabis/THC produit, très longtemps après l’élimination de la drogue de l’organisme, une appétence redoublée pour les morphiniques ou pour la cocaïne ; le plaisir qu’il éprouve alors est si marqué que l’ancien consommateur de cannabis se fait piéger rapidement et intensément par ces dernières drogues.

Plus grave encore est le fait que ces modifications épigénétiques des spermatozoïdes ou des ovules exposés au THC sont transmissibles, au moins en première génération aux enfants de ces parents intoxiqués, avec des conséquences multiples : malformations congénitales, déficits cognitifs,  troubles du spectre de l’autisme, troubles anxieux, dépressifs, vulnérabilité aux toxicomanies…

Paraphrasant Ezéchiel : « les parents ont fumé le cannabis vert et leurs enfants en ont eu les neurones perturbés ».

Comment reconnaître les pratiques à risques chez les personnes âgées ? Une fois cette pratique identifiée, les traitements sont-ils identiques à ceux des sujets plus jeunes ?

Les sujets âgés sont très fréquemment déprimés et le recours à des drogues est une tentation vive. L’alcool est le plus souvent utilisé, mais aussi d’autres drogues chez les sujets qui en ont consommé antérieurement. Leur métabolisme hépatique est diminué, leur élimination rénale aussi, et ce sur le fond d’une fragilité accrue (équilibre postural précaire, perturbations cognitives, troubles cardio-vasculaires, hypertrophie prostatique, constipation..) qui majore la toxicité de ces drogues.

S’il faut viser l’abstinence complète des drogues chez les sujets jeunes, dans une vision moins rigoureuse on pourra s’appliquer à faire diminuer les doses et fréquences d’administration chez les sujets âgés.

Source Atlantico

En Bretagne, quand la drogue se vend sur les réseaux sociaux et se livre à domicile

La Bretagne n’échappe pas à ce phénomène : la livraison de drogues directement à domicile en utilisant notamment les réseaux sociaux. Une activité très lucrative et plus difficile à combattre que les deals de r

« La livraison de drogue à domicile en Bretagne ne cesse de se développer », assure Anne-Cécile Doucet, substitut du procureur de la République de Rennes (Ille-et-Vilaine). « Un phénomène qui s’amplifie depuis la crise sanitaire de 2020 avec l’utilisation des réseaux sociaux et des messageries comme Telegram ou  Signal. » Les annonces de vente de kétamine, MDMA, herbe, résine, ecstasy et autres produits pullulent en effet sur les réseaux.

Lundi 10 juillet 2023, lors d’une audience au tribunal correctionnel de Rennes, trois hommes ont écopé de trois à quatre ans de prison avec placement en détention. Depuis 2020, ils se livraient justement à cette vente de stupéfiants à domicile.

Ubérisation du trafic de drogue

« Les vendeurs comme les acheteurs sont séduits par cette possibilité d’accès aux drogues, poursuit Anne-Cécile Doucet. Cette vente via les réseaux favorise finalement l’accès à la diversité et à la variété des produits stupéfiants, à des tarifs dégressifs, ainsi qu’à une mise en concurrence discrète. C’est également un gain de temps, une sécurité dans les transactions et un risque d’interpellation moindre que le deal de rue. » Une ubérisation du trafic de drogues qui gagne du terrain.

Cannabis, cocaïne, héroïne, MDMA mais aussi la kétamine. Une drogue venue majoritairement des Pays-Bas,  aux effets brefs et non détectables aux contrôles salivaires qui séduit les jeunes ».

Lire aussi : La drogue était livrée à domicile : prison ferme pour les dealers 2.0

La substitut du procureur met aussi en avant « des réseaux de distribution et de livraison qui ont un rayonnement tentaculaire et qui ne se limitent pas aux grandes agglomérations ».

Clients et vendeurs investissent les périphéries des villes et les petites communes. Autre fait marquant : « L’observatoire des drogues indique que parmi les individus qui ont fait l’objet d’interpellations, ils ont en général peu d’antécédents judiciaires. Il s’agit de personnes qui vont avoir un profil de type « autoentrepreneur ». Ils n’ont pas les contraintes de gestion d’une main-d’œuvre et de devoir surveiller un terrain. »

« La réponse pénale doit être ferme »

Mais pour la représentante du Parquet, « la réponse pénale doit être aussi ferme. Aucun trafic de stupéfiants, quel qu’en soit le produit, ne doit être banalisé. Aucun trafiquant ne doit se sentir légitimé. Quelle que soit la raison pour laquelle il s’est inscrit dans un trafic de stupéfiants ».

Des nouveaux modes de trafic qui entraînent aussi une augmentation de la délinquance : « Des faits de violence sont également observés. Augmentation des règlements de compte, utilisation d’armes à feu… »

Source

Principaux arguments contre la légalisation du cannabis

Pr. Jean Costentin

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Légaliser le cannabis serait euthanasier notre société. Alors que ça craque / crack de partout, requérant de multiples corrections majeures, y ajouter la légalisation du cannabis asphyxierait notre société à bout de souffle

Maroc : Salle de sport dédiée à la lutte contre la consommation de drogues

L’Association Espace Al Hayat a lancé un projet social en ouvrant une salle de sport à Hay Nahda à Rabat, dédiée aux jeunes. L’objectif, selon Hicham Maarouf, président et fondateur de l’Association, est d’encourager les jeunes à pratiquer le sport comme moyen de prévention contre la prolifération, la consommation et l’addiction à la drogue.

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