Recherche

Auteur

cnpert

L’Amérique du Nord, la nouvelle route de la drogue des narcotrafiquants français

En trois semaines en octobre, l’Office antistupéfiants a opéré trois saisies importantes de cannabis en provenance des États-Unis et du Canada pour près de 3 tonnes. L’émergence de cette nouvelle filière outre-Atlantique inquiète les autorités.

Par Vincent Gautronneau,  Jérémie Pham-Lê et Victoire Haffreingue-Moulart

Le 9 novembre 2025

Les saisies de stupéfiants en provenance d’Amérique du Nord explosent. En octobre, près de 3 tonnes de cannabis ont été saisies par les policiers du groupe d’appui et d’observation de l’Ofast. (Illustration) SIPA/Christine Biau
Les saisies de stupéfiants en provenance d’Amérique du Nord explosent. En octobre, près de 3 tonnes de cannabis ont été saisies par les policiers du groupe d’appui et d’observation de l’Ofast. (Illustration) SIPA/Christine Biau

La scène se déroule dans une zone industrielle comme il en existe des milliers en France. Cette nuit du 10 octobre 2025, sur un parking sans âme d’Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), une fourgonnette et un utilitaire se rapprochent discrètement. Au moment où des paquets volumineux sont transvasés d’un coffre à l’autre, les policiers du groupe d’appui et d’observation (GAO) de l’Office antistupéfiants (Ofast), en filature depuis plusieurs heures, interviennent. Deux personnes sont interpellées et plus de 500 kg de cannabis sont saisis. Dix jours plus tard, dans le nord de la France, un véhicule est à son tour intercepté alors qu’il se dirige vers la Belgique. À son bord, les policiers découvrent 500 kg de haschich et de cannabis.

SOURCE

Une nouvelle campagne de communication de la MILDECA

PAR LE PROFESSEUR TILLEMENT


Jeunes et cannabis : une campagne de communication pour débanaliser et prévenir la consommation

L’objectif était de poursuivre les actions de prévention que mène sans relâche la Mission
Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA) en ciblant un public jeune, principalement desadolescents et une drogue fréquente en milieu scolaire, le cannabis. Ces choix
s’expliquent facilement à la fois par la vulnérabilité du cerveau en cours de maturation et par le regain de publicité pour la dépénalisation du cannabis, présenté à tort comme une drogue « douce », ce que toutes
les études sérieuses démentent.
La méthode choisie était originale. Elle met en scène l’offre de cannabis faite à un ami qui ne fume pas pour célébrer et prolonger un moment agréable vécu ensemble. Cette offre porte en elle le danger d’un premier contact venant d’une personne dont on ne se méfie pas. C’est alors le risque d’une accroche
addictive passée inaperçue. Le but est de montrer comment, dans un geste banal et courant entre camarades, peut se glisser un danger d’y mettre un joint – comme l’est l’offre d’une cigarette (ou d’un apéritif alcoolique).
Des jeunes, filles et garçons, y participentdans trois scènes filmées (vidéos), très courtes (30 secondes), concises maissuffisamment violentes pour que celui ou celle qui les regarde soit convaincu(e) qu’il
s’agit de situations à risque bien réel et engarde un souvenir durable. Ces démonstrations utilisent des moments privilégiés où la possibilité d’une intoxicationparait exclue. Ce sont deux copines qui
prolongent un match de basket où leur équipe a gagné. Ce sont deux potes qui meublent un
temps mort entre deux cours. C’est le début d’une rencontre amoureuse entre deux étudiants qui sont suffisamment émus pour y voir le moindre danger. Le message adapté à chaque scénario
rappelle la dangerosité du produit en reprenant des phrases connues du grand public :

  • le cannabis nuit gravement à votre jeunesse.
  • le cannabis nuit gravement à votre avenir.
  • le cannabis nuit gravement à votre santé mentale.
    Ces vidéos rappellent le statut illégal du cannabis et proposent de consulter, dans le site « drogues-info-service.fr », l’espace dédié aux consultations « jeunes consommateurs ».Cette campagne, lancée à la fin du mois d’août, était idéalement située à la fin des vacances scolaires d’été. Elle a duré trois
    semaines, tout juste avant la reprise des cours et donc l’opportunité de ce type de rencontre.
    Au plan de la conception de cette campagne, la MILDECA a utilisé les enseignements les plus récents des sciences comportementales pour créer les conditions optimales de perception et d’assimilation des messages apportés.
  • Elle s’est entourée de spécialistes de communication et a « rodé » sa campagne par un pré-test de faisabilité.
    Les organisateurs précisent les enjeux de cette campagne. Ils sont de deux ordres. Le premier est de prévenir du risque médical encouru, de l’engrenage de l’addiction et de la survenue possible de troubles de santé mentale, et du démasquage de maladies psychiatriques.
  • Le second enjeu est la mise en garde contre l’échec scolaire, à un moment crucial des études, et aussi contre ses conséquences collectives, en particulier la dégradation des interactions sociales.
    Sachant que ce type de campagne a déjà porté ses fruits (campagnes contre l’alcoolisme et le tabagisme), les organisateurs ont voulu aussi accompagner la diminution significative de la consommation de cannabis que l’on observe en France chez les jeunes, d’année en année de façon
    constante. Ils veulent enfin donner, à ceux qui :
  • suivront leurs conseils, la possibilité d’un choix de vie plus éclairé et une meilleure
  • chance de réaliser leurs ambitions.
  • On connait la qualité et l’efficacité du travail de la MILDECA. Je ne doute pas qu’une fois encore, il sera fructueux.
  • Ce que lui souhaitent ses amis du CNPERT.

Des chercheurs déconseillent cette boisson : « Votre troisième verre pourrait déclencher un AVC 10 ans plus tôt »

Par Marie BlatrixVoir plus

Publié le 08/11/2025 à 12:59

On le sait déjà : l’alcool est à consommer avec modération, car il peut s’avérer destructeur pour notre santé. Une nouvelle étude a démontré qu’un verre de trop, en cas de consommation excessive, pouvait vous coûter un AVC.

LIRE LA SUITE

Légalisation du cannabis : un pari perdant

par le professeur Tillement

La promesse

On a longtemps voulu croire au récit séduisant de la légalisation. Celui d’un État qui, en ouvrant les portes du marché,fermerait celles du crime. Celui d’une société où l’offre légale, transparente, taxable, assécherait les filières clandestines.

Celuid’une jeunesse qui, face à la banalisation,tournerait le dos aux joints. Mais la promesse n’a pas tenu. « La légalisation n’est pas une baguette magique, c’est un miroir : elle reflète nos contradictions. »

Le Canada, vitrine fissurée

Au Canada, laboratoire mondial depuis 2018, le marché légal a conquis l’essentiel des dépenses.

Près de 80 % des achats passentpar des circuits régulés, avec emballagesofficiels et taxes à l’appui. Et pourtant, un quart du commerce reste encore dans l’ombre. Pourquoi ? Parce que l’illégal va plus vite, vend moins cher, s’adapte aux goûts des consommateurs.

Parce que la demande, elle,ne baisse pas : en 2024, plus d’un quart des Canadiens déclaraient avoir consommé dans l’année, davantage qu’avant la réforme. «Légal ou pas, le désir ne se dissout pas dans l’encre de la loi. »

La Californie, empire paradoxal De l’autre côté de la frontière, la Californie incarne ce paradoxe. Premier marché légalde la planète, avec ses dispensaires ultramodernes et ses campagnes de communication.

Mais derrière les vitrines, le constat est implacable : la majorité de la consommation reste hors de contrôle. Les taxes écrasent le légal, les maires refusent l’installation de points de vente, les trafiquants continuent d’inonder les quartiers.

Résultat : jusqu’à 75 % du marché demeurent clandestins. « Quand le légal est trop cher, c’est le marché
noir qui prospère. »

L’Uruguay, pionnier contrarié

On a salué l’Uruguay, premier pays à briser le tabou dès 2013. Mais l’expérience tourne court : obligation d’enregistrement des usagers, plafonds de THC, distribution limitée aux seules pharmacies. Trop d’entraves, pas assez de liberté. Une moitié des consommateurs continue donc d’acheter ailleurs, discrètement, fidèlement, hors du système.

« Quand l’État distribue au compte-gouttes, le marché noir abreuve à flots. »

Cannabis : près d’un jeune sur deux en a déjà fumé avant 25 ans

La part des jeunes Français ayant consommé au moins une fois du cannabis a quasiment

doublé en 20 ans. Les résultats ont révélé que 47% des moins de 25 ans ont déjà fumé du cannabis.

Un signe de la banalisation de cette drogue.

CLIQUER SUR SOURCE POUR LIRE LA SUITE

Les usages de drogues en France et en Europe à 16 ans en baisse

Les principaux résultats de la dernière enquête European School

Par le Professeur Jean-Pierre Goullé

European School Survey Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD) réalisée dans 37 pays européens en 2024 – enquête menée tous les quatre ans – ont été publiés au mois de septembre dernier. Ils montrent
l’état actuel des consommations de tabac, d’alcool, de cannabis et d’autres drogues chez les jeunes de 16 ans, ainsi qu’un panorama de leur évolution au cours de la dernière décennie, en France et dans l’ensemble des pays participants de l’UE des 27 et de dix autres pays en Europe.

Excellente nouvelle, les résultats sont particulièrement encourageants. En effet, si l’on note une baisse des expérimentations et des consommations d’alcool, de tabac et de cannabis à cet âge dans toute l’Europe, la baisse est extrêmement marquée en France.

En 2024, un cinquième des jeunes Français de 16 ans a déjà expérimenté le tabac (20%), seuls cinq pays font mieux. A 16 ans, 68% des jeunes Français ont expérimenté l’alcool, alors que, dans les deux-tiers des pays participants, la moyenne dépasse 70%.

Pour le cannabis, si la France a longtemps été l’un des plus gros consommateurs à cet âge, en
2024, son expérimentation connaît une baisse spectaculaire. Les résultats montrent que l’initiation au cannabis a été divisée par trois en dix ans (31% en 2015, 8,4% en 2024) et seuls dix pays font mieux.
Jean-Pierre Goullé

Fumer du cannabis a-t-il des effets à long terme sur votre santé? Ça dépend de quand vous avez commencé

Théa Doulcet – 6 novembre 2025

Consommer du cannabis avant l’âge de 15 ans pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la santé des jeunes. C’est ce que révèle une étude qui évoque certains troubles mentaux et physiques à l’âge adulte liés à la substance.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université McGill de Montréal (Canada) et relayée par le média New Atlas, affirme que le cannabis est l’une des substances les plus consommées par les adolescents à travers le monde. Pourtant, cette période de la vie correspond à une phase décisive de développement cérébral, phase sur laquelle la consommation pourrait avoir un impact important.

Selon le psychiatre Massimiliano Orri, auteur principal de l’étude, «les jeunes de moins de 15 ans se trouvent dans une période critique de croissance cérébrale, ce qui peut les rendre plus vulnérables aux effets du cannabis sur la santé mentale». À cet âge, la zone émotionnelle du cerveau se forme en effet plus vite que celle du raisonnement, qui continue de mûrir jusqu’à la vingtaine.

Les scientifiques ont suivi 1.591 participants de la naissance à 23 ans. Les données recueillies ont permis d’établir trois profils: les non-consommateurs (60%), les consommateurs tardifs (20%), et les consommateurs précoces et réguliers (20%). Les chercheurs ont ajusté leurs modèles en prenant en compte 32 facteurs susceptibles d’influencer les résultats, comme le statut socio-économique, les antécédents médicaux ou la consommation de substances chez les parents.

Des risques accrus avant 15 ans 

Leurs conclusions? Les jeunes ayant commencé avant 15 ans présentent 51% de risques supplémentaires de consulter pour un trouble mental et 57% de risques accrus de recevoir un traitement contre la dépression ou l’anxiété. Côté santé physique, ces mêmes jeunes enregistrent 86% de risques en plus de recours à des soins, notamment pour des blessures ou des intoxications. En revanche, aucune corrélation n’a été observée avec les maladies respiratoires ou les comportements suicidaires.

Pour les jeunes consommateurs ayant débuté après 15 ans, les chercheurs n’ont pas constaté d’augmentation significative du recours aux soins psychiatriques, même si une légère hausse des consultations liées à des blessures physique demeure. Les non-consommateurs restent, sans surprise, les moins concernés par des problèmes de santé.

Les auteurs de l’étude nuancent toutefois ces résultats: certains traits de personnalité ou facteurs génétiques non mesurés pourraient influencer à la fois la consommation et la santé. Les abandons d’étude, plus fréquents chez les hommes et les participants à faible revenu, peuvent aussi biaiser les données. Par ailleurs, l’étude a été réalisée avant la légalisation du cannabis au Canada en 2018, à une époque où les produits étaient moins concentrés en THC.

Malgré ces limites, les chercheurs appellent à renforcer la prévention auprès des plus jeunes. Si la légalisation du cannabis a pu banaliser son usage, cette étude rappelle qu’une consommation précoce n’est pas sans risque. À l’adolescence, le cerveau reste en construction: toute perturbation chimique peut y laisser des traces.

SOURCE

Faut-il interdire l’alcool à la buvette de l’Assemblée nationale

Une nouvelle drogue ultra puissante à l’origine de centaines de décès aux États-Unis et en Europe

Laura Perren – 6 novembre 2025

Un tueur microscopique, quarante fois plus puissant que le fentanyl, inquiète aujourd’hui les autorités américaines et européennes. Des centaines de décès ont été confirmés des deux côtés de l’Atlantique.

Temps de lecture: 2 minutes – Repéré sur Wired

Quelques milligrammes, parfois absorbés sans même le savoir, suffisent à tuer. Le nouvel ennemi des services de santé se prénomme le nitazène, une drogue de synthèse de la famille des opioïdes, quarante fois plus puissante que le fentanyl. Sous forme liquide, en poudre ou en comprimés, ce stupéfiant agit sur le système nerveux, provoquant une sensation de relaxation et d’euphorie.

Les nitazènes ont été synthétisés pour la première fois dans les années 1950 par le fleuron suisse de la chimie CIBA –devenu depuis Novartis. À l’origine, les chercheurs pensaient créer un substitut à la morphine, mais l’autorisation médicale n’est jamais venue. En cause, le caractère très addictif du comprimé et la ribambelle d’effets secondaires associés: dépression respiratoire, troubles de la conscience et risque élevé d’overdose, survenant brutalement après la prise et engageant le pronostic vital.

Difficile de dater avec certitude le moment où le nitazène est passé du laboratoire au marché noir. Les premières traces remontent à environ six ans, lorsque les forces de l’ordre américaines ont intercepté une cargaison dans le Midwest. Depuis, des décès ont été signalés en Europe et outre-Atlantique. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a interdit sa «production, vente et usage» en juillet 2024.

L’attirance des fabricants et revendeurs pour cette drogue de synthèse s’explique par sa puissance et ses effets similaires à ceux de l’héroïne. Ils l’utilisent pour couper d’autres opioïdes, gonflant ainsi leurs profits au détriment des usagers qui ignorent ce qu’ils consomment réellement. Longtemps oublié des autorités, bénéficiant d’un certain flou juridique, le nitazène s’est discrètement imposé sur le marché.

Une molécule répandue partout aux États-Unis

Fabriqué au Mexique ou dans des laboratoires américains clandestins à partir de matières premières venues d’Asie, le nitazène s’est aujourd’hui répandu sur la quasi-totalité du territoire américain. En 2023, 70% des 105.000 décès par overdose enregistrés étaient liés aux opioïdes, principalement au fentanyl. Les spécialistes craignent que le nitazène, encore minoritaire, ne soit le prochain raz de marée.

En Europe, la situation préoccupe également. Le marché des opioïdes reste historiquement dominé par l’héroïne, provenant essentiellement d’Afghanistan. Avec la reprise du pouvoir par les talibans en 2021, la culture du pavot à opium a été interdite, fermant ainsi les robinets de la production du principal composant de la poudre blanche. Avec l’épuisement des stocks d’opium, les consommateurs pourraient se tourner vers des alternatives comme le nitazène.

Dans une interview au Wall Street Journal, Vanda Felbab-Brown, spécialiste du commerce mondial d’opioïdes à la Brookings Institution de Washington, prévient: «Si de grands groupes criminels, tels que les mafias albanaise, turque, italienne ou mexicaine, se lancent dans la fourniture de nitazènes à grande échelle en Europe, nous pourrions assister à une catastrophe sanitaire majeure».

Dans son rapport 2025, l’European Union Drug Agency s’inquiète de l’augmentation de la consommation de nitazènes. L’agence signale des «foyers de décès et de toxicité aiguë» dès 2023 en France, puis en 2024 en Allemagne. L’Estonie n’est pas épargnée: le taux de mortalité lié au nitazène a grimpé de près de 50% entre 2022 et 2023, atteignant 135 décès par million d’habitants –six fois plus élevé que la moyenne européenne. Face à cette montée en flèche, les experts voient un risque réel pour les années à venir. Ils appellent les gouvernements à redoubler les efforts avant que le nitazène ne s’installe durablement comme le nouveau fléau mondial.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑