En mai 2025, la préfecture, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le parquet de Perpignan ont signé un nouveau plan de prévention et de lutte contre les pratiques addictives, toujours plus préoccupantes. Made in Perpignan a rencontré les praticiens du CSAPA* Aline Vinot de Perpignan. Médecins, psychologues, infirmiers et psychiatres du centre prennent en charge toujours plus de patients souffrant d’addictions.
« Notre département connaît des fragilités nombreuses qui le rendent particulièrement vulnérable au développement des comportements addictifs » communique le préfet des Pyrénées-Orientales Thierry Bonnier. Les trafics depuis l’Espagne et l’Andorre et les difficultés sociales forment un cocktail favorable aux comportements addictifs. La préfecture relève également l’important nombre d’évènements festifs où circulent des ………..
Par Destination Santé (en partenariat avec La Provence)
Publié le 10/08/25
Source : Destination Santé
Les conséquences à long terme de la consommation de cannabis sont mal connues. Les études portent souvent sur le cannabis et le risque pour la santé mentale, plus rarement sur la santé physique. Une étude publiée dans la revue Preventive Medicine Reports , s’est intéressée aux liens entre le cancer de la bouche et l’addiction au cannabis. Ce travail a été mené aux Etats-Unis, où quelque 17,7 millions de personnes déclaraient consommer quotidiennement ou quasiment quotidiennement du cannabis en 2022….
Les conséquences à long terme de la consommation de cannabis sont mal connues. Les études portent souvent sur le cannabis et le risque pour la santé mentale, plus rarement sur la santé physique. Une étude publiée dans la revue Preventive Medicine Reports, s’est intéressée aux liens entre le cancer de la bouche et l’addiction au cannabis.
Ce travail a été mené aux Etats-Unis, où quelque 17,7 millions de personnes déclaraient consommer quotidiennement ou quasiment quotidiennement du cannabis en 2022. L’auteur de l’étude, le Pr. Raphael Cuomo, de la faculté de médecine de San Diego, a épluché les dossiers cliniques de l’Université de Californie, incluant plus de 45 000 adultes entre janvier 2012 et décembre 2019, sans diagnostic de cancer de la bouche. Tous ont été suivis durant 5 ans afin d’estimer l’incidence du cancer de la bouche chez les consommateurs réguliers de cannabis.
Les produits de combustion en cause
Au total, 949 personnes (2,1 %) se sont vu diagnostiquer une addiction au cannabis. Parmi elles, 0,7 % ont été dépistées d’un cancer de la bouche, contre 0,2 % chez les personnes qui n’étaient pas dépendantes. Le risque de développer un cancer de la bouche chez les personnes dépendantes est ainsi plus de 3 fois supérieur que dans la population générale. Le risque est multiplié par 6 chez les fumeurs de tabac. « La fumée de cannabis contient de nombreux composés cancérigènes présents dans la fumée de tabac, dont les effets néfastes sur le tissu épithélial tapissant la bouche sont connus, a déclaré le Pr Raphael Cuomo dans un communiqué. Ces résultats s’ajoutent à un nombre croissant de preuves suggérant qu’une consommation chronique ou problématique de cannabis pourrait contribuer au risque de cancer des tissus exposés aux produits de combustion. »
Il fait en outre l’hypothèse que les effets immunodépresseurs du tétrahydrocannabinol présent dans le cannabis pourraient constituer un facteur de risque. « Ces résultats soulignent la nécessité d’évaluer les risques oncologiques à long terme liés à la consommation problématique de cannabis », conclut-il.
Plus aucun territoire n’est à l’abri du narcotrafic. En Bretagne, les points de deal se multiplient dans les villes moyennes. Comme à Dinan, où les forces de l’ordre et les élus tentent de combattre le fléau.
Une nouvelle étude publiée aujourd’hui dans la revue scientifique Dépendance a découvert que les jeunes adultes aux États-Unis ne «titres pas» lorsqu’ils utilisent un fort cannabis. En d’autres termes, ils n’utilisent pas moins de cannabis pour compenser la puissance la plus forte. En fait, c’est le contraire: les jeunes adultes qui signalent l’utilisation de cannabis solide l’utilisent également plus fréquemment et en quantités plus élevées que les jeunes adultes qui utilisent des formes plus faibles du médicament.
Cette étude a interrogé plus de 400 jeunes adultes en Californie aux États-Unis qui avaient consommé du cannabis au cours du dernier mois. On leur a demandé de décrire la force de leur produit de cannabis typique en utilisant une échelle de puissance THC de 0 (pas de THC) à 5 (concentration THC très élevée). Le THC, ou tétrahydrocannabinol delta-9, est le principal composé psychoactif du cannabis qui fait que ceux qui l’utilisent pour vivre un «haut». Près de la moitié de ces 400 participants (195) ont déclaré qu’ils utilisaient régulièrement des fleurs de cannabis de puissance élevée ou très élevée.
Les participants ont révélé à quelle fréquence ils avaient consommé des fleurs de cannabis au cours du mois dernier, à quelle fréquence ils consomment généralement en une seule journée et à quelle quantité de cannabis ils consomment généralement par jour. Les participants qui consommaient généralement un cannabis de puissance plus forte fumé plus fréquemment du cannabis et en plus élevés que les participants qui utilisaient généralement du cannabis à faible ou modéré. Chaque étape sur l’échelle de puissance du THC était associée à 3,33 jours supplémentaires d’utilisation du cannabis par mois et à 0,13 plus de grammes de fleur de cannabis utilisés par jour.
Chaque participant a également répondu à un questionnaire Cudit-R (test d’identification des troubles de la consommation de cannabis – révisé), qui identifie les symptômes du trouble de la consommation de cannabis. Les scores des participants ont augmenté en moyenne de 1,21 avec chaque niveau de puissance THC, de sorte que les participants qui ont déclaré généralement utiliser des produits avec un contenu THC élevé ou très élevé avaient un score moyen de 11,2, par rapport au score moyen de 7,0 pour les participants qui utilisaient généralement des produits avec un THC très faible. Un score de 8 ou plus sur l’enquête Cudit-R indique une consommation de cannabis potentiellement problématique; Un score de 13 ou plus indique un éventuel trouble de consommation de cannabis. Cette étude transversale n’a pas pu déterminer si l’utilisation des THC plus fortes a augmenté les risques d’un trouble de la consommation de cannabis ou si ceux qui souffraient d’un trouble de cannabis ont préféré utiliser du cannabis plus fort.
Sur les marchés américains, la puissance moyenne des fleurs de cannabis a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. Notre étude montre que les jeunes adultes qui recherchent du cannabis de puissance plus élevée utilisent également plus de cannabis et présentent de plus grands symptômes de trouble de la consommation de cannabis.
À mesure que le marché du cannabis de puissance plus élevé se développe, nous devons nous assurer que les jeunes adultes comprennent à quel point il est important de connaître la force du cannabis qu’ils utilisent et les risques associés à la consommation de cannabis. «
Dr Michael Dunbar, auteur principal, Rand
Cette étude a été financée par l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme (NIAAA).
Commentaires du Professeur Tillement
L’article très intéressant de l’équipe du Dr Dunbar et coll. appelle les commentaires suivants :
-Le cannabis utilisé par ces jeunes américains est de plus en plus concentré en THC, il est donc de plus en plus actif. Ce constat est aussi de l’UE. -Malgré cela, les usagers n’ont pas limité les quantités utilisées, ils n’ont pas « titré »leurs prises, ce qui était prévisible. Ils sont devenus toxicomanes, le premier signe en est la tolérance acquise
Rappelons la définition de la tolérance acquise : C’est la diminution progressive des effets d’une même dose par répétition de celle- ci et en conséquence, la nécessité d’augmenter progressivement les doses pour obtenir le même effet, les fournisseurs de drogue s’en chargent
-Les auteurs ont bien choisi leur journal : « Dependance ». Ce mot est traduit en français par subordination, asservissement..
-Les effets indésirables, ici troubles de consommation, ne sont pas soumis au phénomène dépendance, ils rendent la toxicomanie difficile voire impossible à vivre
La traduction automatique( ?) du mot « drug » par médicament n’est pas exacte. Pour le cannabis, le terme utilisé est « drug of abuse », en français substance toxicomanogène
La conclusion des auteurs est aussi la nôtre, il est important, majeur, d’informer les usagers des risques qu’ils courent
L’alcool, une des premières causes de mortalité sur les routes. Une campagne estivale de sensibilisation aux risques a fait une halte à Piriac. Ce qu’il faut en retenir.
Un principe de base qui parfois, surtout l’été, période plus festive, s’évapore au soleil. Et c’est pour cela que l’association Prévention Routière mobilise ses bénévoles pour sensibiliser les estivants et les locaux aux risques de l’alcool au volant, « mais aussi dans toute forme de mobilité », comme le précise Méryl Magnet, la directrice régionale Pays de la Loire.
Prévention routière « paie » sa tournée d’été
Mercredi 30 juillet, la tournée d’été était en place près des plages de Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique).
Familles, jeunes et moins jeunes, sont passés par les stands le temps de tester leurs réflexes avec des lunettes simulant l’ivresse (parcours, chamboule-tout, jenga, jeu de rapidité sur buzzer…), de rappeler les précautions à prendre en cas de consommation d’alcool et tordre le cou à certaines croyances.
Au passage, disons-le, « non, le café fort ne fait pas dessaouler plus vite ».
Nous ne disons pas ne consommez pas d’alcool, mais si vous le faites, ne mettez pas les autres ou vous-même en danger. Préférez rester sur place, utiliser les transports en commun, ou désignez un Sam qui conduira à votre placeMéryl Magnet, directrice régionale Pays de la Loire de l’association Prévention routière
10 décès en juillet en Loire-Atlantique
Un discours qui va dans le sens des campagnes de sensibilisation soutenue financièrement par la préfecture de Loire-Atlantique, représentée, pour cette opération par la sous-préfète, Marie Argouarc’h.
L’occasion pour elle de donner quelques chiffres sur la mortalité sur les routes depuis le début de l’année.
Le Département a enregistré 33 décès sur la route depuis le début de l’année, toutes raisons confondues, dont 10 depuis début juillet.
Un accident sur trois est lié à l’alcool.
Sur l’année 2024, cette cause était présente dans un peu plus de 16 % des décès… Et c’était le premier facteur à l’origine de ces accidents mortels.
1 500 suspensions de permis en 6 mois
Sur le volet répressif, sur les 67 000 dépistages réalisés en 2024 en Loire-Atlantique en zone gendarmerie, 1 500 étaient positifs.
Depuis le début de l’année, sur les 1 500 suspensions de permis, plus de la moitié était liée à l’alcool et 300 aux stupéfiants.Marie Argouarc’h
Alors la prévention, la Préfecture l’encourage à l’année avec notamment les IDSR, intervenants départementaux de la sécurité routière, des bénévoles (toujours en recherche) qui mènent le même type d’actions que l’association Prévention routière.
Et pour cette tournée d’été, le succès est au rendez-vous, avec en moyenne 250 visiteurs par journée d’action (1) et plus de 400 éthylotests distribués.
Loin de toute stratégie de santé publique, l’État tunisien s’apprête à importer massivement des tests salivaires pour traquer les consommateurs de drogue sur les routes. Pendant que les réseaux d’importation prospèrent en toute impunité, le pouvoir choisit la solution la plus simple : réprimer les jeunes, au lieu de prévenir, soigner ou intercepter. Une politique de gadgets et de peur, présentée comme un progrès.
L’État n’a pas d’argent pour recruter des enseignants ou améliorer les conditions dans les hôpitaux, mais il en trouve pour acheter, en devises, des milliers de tests salivaires de dépistage de drogues. Ces tests rapides, à large spectre, permettront de détecter différentes substances comme le cannabis, la cocaïne ou la morphine.
Selon le colonel-major Chamseddine Adouani, chef du bureau de communication de l’Observatoire national de la sécurité routière, interrogé sur Mosaïque FM, « l’Observatoire a pu constater que plus de 30 % des jeunes conducteurs ont conduit sous l’emprise de l’alcool, notamment sur certains axes routiers menant aux plages ou lors d’événements comme les festivals. »
Un constat jugé préoccupant, qui justifierait un dispositif de contrôle plus rigoureux, à la fois dissuasif et préventif. Les autorités entendent ainsi accentuer la pression sur les comportements à risque, en misant sur une approche alliant répression, technologie et responsabilisation. D’après le colonel-major, l’Observatoire souhaite responsabiliser les citoyens tout en exploitant les nouvelles technologies, mais il estime que la prévention seule ne suffit pas.
Une répression sans sensibilisation
Le discours de M. Adouani n’est cependant pas partagé par son collègue du ministère de l’Intérieur, Sami Saoudi, porte-parole du même Observatoire.
Toujours sur Mosaïque FM, il affirme que la mise en place de ces tests salivaires se fera sans campagne de sensibilisation. Autrement dit, les automobilistes seront pris de court par des mesures répressives soudaines pouvant mener directement à la prison. Comme le rappelle Chamseddine Adouani, « un test positif à la drogue implique désormais d’en informer le parquet ».
Une politique fondée sur des chiffres invérifiables
Le discours de ces deux responsables de l’Observatoire de la circulation est inquiétant à plus d’un titre. Il s’agit peut-être de simples ballons d’essai lancés par l’État, mais l’intention répressive est bel et bien présente.
Ce qui frappe dans ces déclarations, c’est leur approximation et leur déconnexion de la réalité.
Y a-t-il eu une étude réalisée par un organisme sérieux sur l’usage des drogues au volant ? Aucun des deux responsables n’en mentionne, et jamais une telle étude n’a été médiatisée.
Quant à l’alcool, Chamseddine Adouani affirme que 30 % des jeunes ont conduit en état d’ébriété. Où est cette étude ? Quand et comment a-t-elle été menée ? Il ne le précise pas. Ce chiffre paraît difficilement crédible : même dans les pays où l’alcool est culturellement omniprésent, on n’atteint pas de tels taux. Il est donc invraisemblable qu’un jeune sur trois boive de l’alcool au volant en Tunisie. Cela se remarquerait à l’œil nu et ne correspond pas à nos réalités culturelles.
À la rigueur, on pourrait admettre qu’un contrôle policier sur trois aboutisse à un constat d’alcoolémie. Mais de là à affirmer qu’un jeune conducteur sur trois est en état d’ébriété, il y a un gouffre.
Une technologie dévoyée de son objectif initial
Concernant les tests salivaires que l’État entend introduire, il est bon de rappeler que ces outils existent depuis des lustres dans les pays développés.
Ils sont utilisés sur les routes, certes, mais surtout dans les aéroports.
Il s’agit de languettes que l’on passe sur les doigts des voyageurs, leurs valises ou leurs vêtements – et non dans la bouche – permettant de détecter en quelques secondes un éventuel contact avec des substances illicites.
Or, à en croire MM. Adouani et Saoudi, les tests salivaires de dépistage de drogues seront exclusivement déployés sur les routes, et non aux points frontaliers d’où la drogue est effectivement introduite en Tunisie.
C’est là que le bât blesse. Les autorités choisissent de s’attaquer au consommateur final, maillon le plus faible de la chaîne, tandis que les passeurs et les dealers sont complètement absents du discours des deux responsables.
Or, l’évidence saute aux yeux : ce sont les trafiquants qu’il faudrait identifier et interpeller en premier, pas le petit jeune inconscient qui cherche juste un moment d’euphorie.
Une légalité floue, un débat évité
Autre point fondamental dans la communication des deux représentants : le cadre législatif de ces nouveaux tests de dépistage.
Si M. Saoudi ne dit pas un mot de l’aspect juridique, comme s’il était secondaire, M. Adouani admet à demi-mot que l’instauration de cette procédure exige un cadre légal adapté.
Or, c’est précisément ce cadre juridique qui devrait être discuté en priorité, avant même d’importer les tests salivaires ou d’en faire la promotion médiatique.
Le juge Afif Jaïdi soulève d’ailleurs ce point essentiel :
« Loin de toute propagande médiatique sur les réalisations, il est juridiquement impossible d’utiliser la technologie évoquée sans un cadre législatif qui l’autorise.
Il est également interdit d’élargir son usage à d’autres personnes que les conducteurs de véhicules, sauf dans le cadre d’une enquête judiciaire.
Dans tous les cas, et même après l’adoption de la législation nécessaire, il faudra respecter le droit de toute personne soumise au test de le refuser.
Il incombera alors à l’agent chargé de l’opération d’informer la personne concernée de ce droit, ainsi que des conséquences légales prévues en cas de refus (dans l’hypothèse où un texte de loi viendrait à criminaliser le refus de se soumettre à l’analyse pour les conducteurs).
En résumé, “bientôt” ne signifie rien d’autre que le fait que des équipements ont été importés sans aucune préparation à leur utilisation, et que leur usage reste illégal à ce jour. »
Prévention absente, prisons pleines
Le dernier point préoccupant dans cette communication concerne la politique de prévention.
L’État tunisien cherche-t-il à protéger ses citoyens ou à les jeter en prison ? Quelle est sa réelle priorité ?
Alors que tous les secteurs souffrent d’un manque cruel de moyens – éducation, santé, justice, transports, culture, sports, jeunesse – voilà que l’on découvre qu’il a préféré importer des languettes pour poursuivre les jeunes consommateurs.
Mais qu’a fait l’État pour prévenir ces jeunes contre la drogue ?
À ce jour, aucune campagne de prévention digne de ce nom n’a été menée.
L’Observatoire cherche à copier les pays développés sur le plan technologique, mais oublie de les copier lorsqu’il s’agit de mener des campagnes de sensibilisation dans les lycées, les universités ou les médias.
Ce même État ne fait rien, non plus, pour soigner les accros ou accompagner les toxicomanes. L’addiction à la drogue est une maladie reconnue et un fléau mondial.
Pourtant, le gouvernement préfère remplir des prisons déjà surpeuplées plutôt que de construire des centres de désintoxication ou des structures de traitement des addictions.
Une politique de terreur sous couvert de progrès
Tout l’argent en devises mobilisé pour l’achat de ces languettes de dépistage ne servira, au final, qu’à instaurer un climat de peur, une atmosphère de suspicion permanente sur les routes, dans les véhicules, dans les quartiers. Un sentiment de traque, ciblant en priorité les jeunes issus des classes populaires, les plus vulnérables, les moins armés pour faire face à la machine judiciaire.
Pourtant, cet argent aurait pu être investi ailleurs. Il aurait pu servir à former des agents spécialisés, à construire des centres de désintoxication, à accompagner les familles démunies, à éduquer, à prévenir. Il aurait pu surtout renforcer les postes frontaliers, moderniser les équipements de la douane, et permettre l’identification des circuits d’importation de drogue, car il ne faut pas se mentir : la Tunisie n’est pas un pays producteur de drogues.
100 % de la drogue qui circule dans le pays est importée. Elle franchit nos ports, nos aéroports, nos frontières terrestres. Et pourtant, ce ne sont ni les passeurs ni les barons de la drogue que l’on traque. Ce sont les consommateurs, les petits, les anonymes.
L’État, qui prétend s’inspirer des pratiques des pays développés, en oublie l’essentiel : ces pays investissent massivement dans la prévention, les soins et la lutte contre les réseaux structurés. Chez nous, on singe la technologie, on importe les gadgets, mais on refuse d’en adopter l’esprit. On fait mine d’agir, alors qu’on ne fait que punir.
Une fois de plus, le pouvoir choisit la voie la plus courte, la moins exigeante, la plus brutale : la répression pure et simple. Pas de réflexion globale, pas de stratégie nationale de santé publique, pas de politique sociale. Seulement des tests, des fourgons de police, des prisons. Et derrière ce décor sécuritaire, un pays qui s’effrite socialement, une jeunesse qu’on humilie, et une drogue qu’on laisse passer tant qu’elle ne dérange pas les puissants.
Voilà ce qu’il faut bien nommer : une politique de terreur, déguisée en progrès technologique. Et, au fond, le même vieux réflexe autoritaire : frapper d’abord, penser ensuite.
L’association de la prévention routière a mis en place un atelier prévention pour lutter contre l’alcool au volant à la base de loisirs de Bois-le-Roi.
L’été s’accompagne souvent de fêtes, avec des moments festifs parfois alcoolisés. « L’alcool est l’une des premières causes de mortalité sur la route. En 2024, cela représentait 29 % des accidents mortels », déplore Honorine Guilet, directrice régionale d’Île-de-France de l’association de la prévention routière.
Assurer sa sécurité et celle des autres
Le collectif s’est rendu près de la base de loisirs de Bois-le-Roi afin de sensibiliser adultes et enfants sur les dangers liés à la consommation d’alcool au volant.
« Il y a différentes manières d’assurer sa sécurité lors d’une soirée, raconte Xavier Momon, bénévole en Seine-et-Marne. Les fêtards peuvent dormir sur place, souffler dans l’éthylotest s’ils décident de conduire, prendre les transports en commun ou bien désigner un Sam. »
Le Sam est celui qui ne boit pas d’alcool et qui ramène les autres en toute sécurité. « Conduire sous l’empire de l’alcool met en péril sa propre sécurité et celle des autres », explique Laurence Colas, une bénévole de la prévention régionale d’Île-de-France.
Une stricte réglementation
Pas de cadeau en matière de consommation d’alcool au volant pour les automobilistes. En France, il est interdit de conduire un véhiculeavec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,5 gramme par litre de sang. « Être au volant, c’est une grande responsabilité, confie la directrice. Cet atelier, c’est aussi passer un message : celui du bon sens, de la citoyenneté et de protéger sa vie et celle d’autrui. Pour cela, tout le monde est bienvenu pour échanger. »
L’étude d’une pneumologue de l’hôpital Lannelongue (Hauts-de-Seine) met en lumière un lien préoccupant entre consommation de cannabis inhalé et cancer du poumon, en particulier chez les adolescents. Des chiffres récents renforcent les soupçons d’un impact sanitaire jusque-là sous-estimé.
Si les effets neuropsychiques du cannabis chez les consommateurs sont désormais bien documentés, ses conséquences sur la santé pulmonaire restent moins connues. C’est sur cet angle encore peu exploré qu’a travaillé une pneumologue de l’hôpital Lannelongue, dans les Hauts-de-Seine, en étudiant les liens entre la toxicité du cannabis et le cancer du poumon, notamment chez les jeunes.
Multiplication par deux du risque de cancer du poumon
En France, on estime qu’à 17 ans, une personne sur cinq a déjà consommé du cannabis, principalement sous forme inhalée, souvent mélangé à du tabac. Cette pratique pose des questions majeures de santé publique, d’autant que les effets du cannabis sur les poumons ont longtemps été minimisés, voire présentés comme neutres ou bénéfiques dans un usage thérapeutique.
Les résultats de cette étude, couplés à d’autres travaux, montrent une multiplication par deux du risque de cancer du poumon chez les adolescents ayant consommé plus de 50 joints. Sur un échantillon d’une centaine de patients opérés pour ce type de cancer, 4 sur 10 étaient des consommateurs chroniques de cannabis.
Prévalence de consommation de cannabis
Une étude prospective affine ces résultats, en distinguant les effets du tabac, du cannabis, et de leur usage combiné. Les premiers chiffres, portant sur 150 patients de moins de 60 ans atteints d’un cancer du poumon, indiquent une prévalence de consommation de cannabis de 38 %. Un taux que les scientifiques jugent élevé et préoccupant.
Pour le docteur Tony Romuald, médecin chef du service d’addictologie au CHU de la Guadeloupe, ces résultats confirment des hypothèses déjà posées par les professionnels de santé. Il rappelle cependant qu’il est essentiel de distinguer le cannabis fumé du cannabis utilisé à des fins thérapeutiques, ce dernier ne présentant pas les mêmes risques.
Ces nouvelles données relancent le débat sur la consommation de cannabis chez les jeunes et ses conséquences à long terme, au-delà des seuls troubles psychiques déjà bien identifiés.
Reuters – Traduit par Zonebourse – Voir l’original
Les principaux acteurs du secteur de l’alcool sont restés en retrait face à la montée en puissance des boissons à base de cannabis, observant des marques telles que Cann et Wynk conclure des accords avec des distributeurs de bière et de spiritueux, tout en s’assurant une place de choix dans les rayons des magasins d’alcool.
Aujourd’hui, alors que leurs ventes ralentissent, certaines entreprises du secteur de l’alcool commencent à préparer le terrain pour une éventuelle incursion dans ce marché aussi lucratif que risqué, selon une douzaine de fondateurs de marques de cannabis, de fournisseurs d’ingrédients et de fabricants de boissons interrogés par Reuters.
Les boissons contenant du THC, la substance psychoactive du cannabis, sont limitées aux dispensaires agréés dans 24 États américains où l’usage récréatif du cannabis est légal. Cependant, de petites quantités de THC peuvent également être extraites du chanvre, une plante apparentée au cannabis mais légale au niveau fédéral. Les boissons contenant du THC issu du chanvre peuvent ainsi être vendues dans de nombreux magasins d’alcool, supérettes et supermarchés.
C’est là que les géants de l’alcool voient une opportunité, malgré des expériences passées parfois décevantes dans le secteur du cannabis.
Le brasseur de Corona, Constellation Brands, mène actuellement des recherches internes sur les boissons au cannabis à base de chanvre afin d’évaluer ses prochaines étapes, selon une source proche du dossier.
Le groupe Pernod Ricard, distillateur de la vodka Absolut, a rencontré le mois dernier Brez, fabricant de boissons au THC issu du chanvre, pour discuter d’un éventuel investissement, a indiqué Aaron Nosbisch, fondateur de Brez.
« Ils n’ont pas investi pour l’instant mais restent à l’affût », a déclaré Nosbisch.
Pernod Ricard a refusé de commenter la rencontre, tandis que Constellation Brands a indiqué ne pas commenter les rumeurs et spéculations.
Les fabricants d’alcool subissent encore le contrecoup de la frénésie de consommation observée pendant la pandémie aux États-Unis, lorsque les ventes ont explosé alors que les consommateurs, disposant de liquidités, se sont rués sur les bouteilles haut de gamme pour la maison, avant de retrouver massivement les bars à la levée des restrictions. Depuis, les ventes d’alcool sont en baisse, sur fond d’inflation, de hausse des taux d’intérêt et de budgets serrés.
Le secteur fait également face à des avertissements croissants des autorités sanitaires, qui rappellent qu’une consommation même modérée d’alcool est associée à au moins sept types de cancer.
Aux États-Unis, le volume global de bière a chuté de près de 6 % jusqu’en mai cette année, selon le Beer Institute. Les volumes de spiritueux et de vin ont respectivement reculé de 5,6 % et 9 % sur la même période, d’après la Wine & Spirits Wholesalers of America.
Preuve du tumulte que traverse l’industrie, le PDG du leader mondial Diageo a démissionné la semaine dernière alors que l’entreprise peine à relancer sa croissance.
Mais les boissons à base de chanvre progressent rapidement. Selon le cabinet d’études Euromonitor, le marché des boissons infusées au THC issu du chanvre devrait dépasser le milliard de dollars de ventes cette année, et franchir la barre des 4 milliards en 2028.
Gavin Hattersley, PDG de Molson Coors, a reconnu en janvier auprès de Reuters qu’il serait naïf de penser que les boissons au THC n’ont aucun impact, « au moins à petite échelle ».
Tilray Brands, quatrième brasseur artisanal américain avec des marques comme Montauk et Shock Top, commercialise ses nouveaux seltzers au THC dérivé du chanvre via ses distributeurs de bière, tels qu’United Distributors en Géorgie, ont confié des dirigeants à Reuters. Les boissons au THC de l’entreprise sont disponibles dans 13 États.
« Aucun acteur ne s’est encore imposé comme leader sur ce marché, et c’est ce que nous visons », a déclaré Irwin Simon, PDG de Tilray, plus tôt cette année.
D’autres, comme Lagunitas (Heineken) et Pabst Blue Ribbon, cinquième brasseur américain, ont apposé leur nom sur des seltzers au THC vendus dans des dispensaires en Californie. Lagunitas envisage d’étendre la distribution de son seltzer au THC, potentiellement à base de chanvre, à d’autres États, selon Cannacraft, son fournisseur d’ingrédients.
Un porte-parole de Lagunitas indique qu’aucune expansion immédiate n’est prévue, mais que l’entreprise suit l’évolution du marché et reste à l’affût d’opportunités alors que les goûts des consommateurs et la réglementation évoluent.
Boston Beer, fabricant de la Sam Adams, est l’un des brasseurs les mieux placés pour pénétrer le marché américain des boissons au cannabis, même s’il n’a pas précisé de calendrier. L’entreprise vend déjà sa marque Teapot, un thé infusé au THC, au Canada où le cannabis est légal, et a testé l’an dernier une version américaine à base de THC issu du chanvre.
Pour évaluer la nouvelle formule, un panel d’experts sensoriels a goûté Teapot, qu’il contienne du THC issu du chanvre ou du cannabis, sans pouvoir faire la différence, a confié Paul Weaver, responsable du pôle cannabis de l’entreprise.
« C’est clairement un relais de croissance pour notre organisation », affirme Weaver.
AVANCÉES PRUDENTES
Les grands groupes de l’alcool avancent prudemment sur le marché des boissons au cannabis, car la réglementation étatique et fédérale reste mouvante et susceptible d’évoluer, expliquent cinq dirigeants de fournisseurs d’ingrédients et de marques de boissons au THC.
La Californie, pourtant État pionnier du cannabis, a interdit l’an dernier les boissons à base de chanvre pour éviter que les enfants n’en consomment. D’autres États ont instauré des taxes spécifiques ou restreint les ventes, une incertitude qui freine l’entrée des alcooliers sur ce marché.
Le sénateur Mitch McConnell, qui avait oeuvré à la légalisation du chanvre en 2018 pour soutenir les agriculteurs du Kentucky, a introduit en juillet un amendement à un projet de loi de finances fédéral visant à interdire les produits intoxicants issus du chanvre.
Dans une tribune publiée le 17 juillet dans le Louisville Courier Journal, McConnell précise que ses efforts visent à empêcher que des bonbons au THC, ressemblant à des sucreries classiques, ne tombent entre les mains des enfants.
Le sénateur n’a pas souhaité faire d’autres commentaires.
Les grands brasseurs ont déjà connu des déconvenues avec le cannabis. En 2022, Anheuser-Busch inBev, premier brasseur américain, a mis fin à un partenariat avec Tilray portant sur la recherche de boissons au cannabis au Canada. La même année, Molson Coors a fermé sa filiale américaine de boissons infusées au CBD, un composé non psychoactif du cannabis et du chanvre, en raison d’un contexte réglementaire incertain.
Constellation Brands a réorganisé son investissement dans le producteur canadien Canopy Growth l’an dernier, après des ventes décevantes.
Aujourd’hui, cependant, les boissons au THC issu du chanvre sont largement commercialisées. Outre la baisse des ventes de bière, les brasseurs subissent la pression des droits de douane, qui menacent d’augmenter le prix des boissons importées, et d’une clientèle hispanique qui fréquente moins les bars par crainte des contrôles migratoires.
FORTES MARGES
Les magasins d’alcool s’emparent de ces boissons en vogue pour doper leurs marges, car elles se vendent généralement plus cher qu’un pack de six bières et commencent à dépasser d’autres types d’alcool en volume.
Jon Halper, PDG de la chaîne Top Ten Liquors dans le Minnesota, a déclaré à Reuters en juin que les boissons au THC représentent désormais 15 % de son chiffre d’affaires, deux ans après leur introduction. D’ici l’an prochain, elles pourraient rivaliser avec le vin, qui représente actuellement un peu plus de 20 % de ses ventes.
Ces boissons prennent principalement la place de la bière dans les réfrigérateurs, explique Halper. Les marges sur les boissons au cannabis sont supérieures à celles de la bière et des spiritueux, ce qui aide son entreprise à compenser la baisse des ventes d’alcool.
À Charleston, en Caroline du Sud, Southern Horizon Logistics, société soeur du distributeur Budweiser Southern Crown Partners, vend désormais plus de boissons à base de chanvre que de vin ou de spiritueux, selon Justin Ashby, directeur administratif.
Ryan Moses, PDG du distributeur Best Brands à Nashville, Tennessee, souligne que la croissance des boissons au THC a permis de compenser la stagnation ou la baisse des ventes d’alcool. Au lieu de procéder à des licenciements, Moses a pu réaffecter des employés à cette nouvelle catégorie.
« D’ici cinq à dix ans, cela pourrait être aussi important que les autres catégories », estime-t-il.
Les consommateurs, à l’image de Josh Goldberg, 39 ans, de Lindenhurst (New York), troquent aussi la bière et la tequila contre des seltzers au THC. Goldberg a opéré ce changement il y a près de deux ans et n’a pas bu d’alcool depuis.
« Cela remplace le geste de boire par autre chose », explique-t-il.
Halper, le propriétaire des magasins du Minnesota, précise que les clients achetant des boissons infusées au THC sont majoritairement des femmes de plus de 35 ans.
« Les mères de famille ont vraiment adopté cette catégorie », conclut-il.