Une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) évalue à 265 milliards d’euros le coût social de l’usage des drogues licites et illicites, l’alcool et le tabac générant l’essentiel de la charge.
Si les drogues illicites coûtent chaque année 7,7 milliards d’euros à la société, le « coût social » de l’alcool et du tabac serait bien plus important : respectivement 102 et 156 milliards d’euros, selon une étude publiée lundi 31 juillet par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).
Ces sommes, calculées pour l’année 2019, prennent en compte la valeur économique des 115 499 vies humaines perdues (1), la perte de qualité de vie des malades liés à l’usage des drogues, les pertes de production pour les entreprises mais aussi le coût pour les finances publiques (dépenses de prévention, de répression ou de soins).
L’élue Renaissance Caroline Janvier brise le tabou de la drogue et de l’alcool en politique
Dans des confidences à Paris Match ce jeudi, la parlementaire Renaissance réplique à la suite de l’affaire Joël Guerriau. «Il faut aussi analyser ce phénomène comme un système, sans rien excuser», explique cette ex-consultante dans le secteur médico-social.
C’est rare qu’une députée, qui plus est lorsqu’elle est dans la majorité, brise l’omerta sur les liens entre politique et substances. Alors que l’affaire Joël Guerriau, du nom du sénateur accusé d’avoir drogué la parlementaire MoDem Sandrine Josso en vue d’une agression sexuelle à son domicile mi-novembre, a bien secoué la classe politique, l’élue Renaissance du Loiret Caroline Janvier a décidé de prendre le taureau par les cornes.
Dans des confidences à Paris Match, publiées ce jeudi, elle l’affirme : «Il y a des soirées où de la drogue circule.» «Comme il y a des dîners ou des fins de sessions parlementaires où il y a une consommation excessive d’alcool», relate-t-elle.
Si Sandrine Josso «a un grand courage de parler», considère Caroline Janvier, «il faut aussi analyser ce phénomène comme un système, sans rien excuser.» Pour celle qui est parlementaire depuis 2017, «la politique fabrique des comportements déviants.» Façon pour elle de décrire les attitudes qu’elle a pu observer ces dernières années au Palais Bourbon. Des dérives qui «se font davantage au cours des séances de nuit, de retour de dîners où il y a eu de l’alcool», raconte cette ancienne consultante dans le milieu médico-social. «Il a été proposé, au bureau de l’Assemblée, qu’on ne serve plus d’alcool à la buvette, mais ça en est resté là», déplore également la députée macroniste.
«Vous prenez quelque chose pour tenir»
Avec la cadence de travail qu’impose la politique, Caroline Janvier s’était mise à boire, quelques fois, plusieurs verres par jour. Elle s’est arrêtée depuis. «Je fais le lien avec les séances de nuit, qui n’ont aucun sens, avec le rythme de vie, la pression de l’agenda, des médias avec qui on n’a pas le droit à l’erreur», fait-elle valoir. Et de présenter le dilemme auquel sont confrontés bon nombre d’élus : «Soit vous avez une excellente hygiène de vie, soit vous prenez quelque chose pour tenir.»
Car la députée Renaissance ne s’arrête pas là et indique que «les pratiques addictives existent aussi chez les ministres». «Que la personne qui leur jette la première pierre se mette à leur place une semaine. Ils ont un niveau de pression inimaginable», détaille l’élue. Qui «échange avec certains», n’ayant pour eux «pas de jugement mais de l’empathie.» Si la parlementaire refuse «jeter le discrédit» sur ces personnalités gouvernementales, elle souhaite dénoncer «les dérives (qui) sont le symptôme d’un engagement excessif.»
RÉCEPTION DE LA DÉLÉGATION DU MINISTÈRE CHINOIS DES AFFAIRES CIVILES RECEPTION OF THE DELEGATION OF THE CHINESE MINISTRY OF CIVIL AFFAIRS
Jean-Pierre Goullé, président de l’Académie nationale de médecine a eu l’honneur de recevoir le vice-ministre des affaires civiles de Chine. Ce dernier a exprimé son intérêt pour les questions du vieillissement de la population chinoise et s’est montré ouvert à l’établissement de relations plus étroites avec l’Institution française sur ce sujet.
L’Académie nationale de médecine et le Ministère des Affaires civiles de Chine se réjouissent des progrès de leur collaboration sur la thématique du vieillissement de la population. Par ailleurs, les liens avec la Chine se renforcent avec la prochaine signature d’un protocole d’accord entre l’Académie nationale de médecine et les quatre universités chinoises francophones (Shangaï, Chongqing, Kunming, Wuhan).
Une toute récente étude (D. Miran et coll., JAMA Network open) a été réalisée au Canada, où le cannabis a été légalisé il y a cinq ans. « Cannabis récréatif », disent ceux qui feignent d’ignorer que la « récré » peut tourner au drame.
Les résultats de l’expérience canadienne sont sans appel. Les hospitalisations liées à la consommation de cannabis ont été multipliées par deux, alors que 25% des canadiens déclarent avoir consommé du cannabis au cours des douze derniers mois ; un tiers d’entre eux à raison d’au moins trois fois par semaine, installant leur imprégnation permanente par le THC, qui persiste très longtemps dans l’organisme.
Ces chiffres rejoignent ceux du Colorado et de l’État de Washington. Une telle augmentation des hospitalisations est rapportée dans une étude Américaine pour la Californie, l’Oregon, l’État de Washington. Exit donc l’argument d’une absence d’augmentation de la consommation ; exit l’argument de l’innocuité. Les effets de la légalisation du cannabis à l’étranger apportent des arguments supplémentaires pour nous en prémunir.
La schizophrénie coûte cher à la nation
En France, des idéologues politisés sont aux « manettes » de l’addictologie et tétanisent les praticiens sérieux de cette discipline au point qu’ils s’abstiennent de les contredire, pour ne pas être voués aux gémonies et par souci de tranquillité, sachant de plus que les médias ne répercuteront pas leurs propos ou les déformeront.
Parmi les divers diktats que ces addictologues politisés ont imposé, arrêtons-nous à celui concernant les relations entre la consommation du cannabis dont ils réclament la légalisation et la survenue de cette maladie grave qu’est la schizophrénie. Une affection qui engendre un drame personnel, familial, sanitaire et social.
Elle affecte en France 650.000 de nos concitoyens (1% de la population) ; elle coûte très cher à la nation en matière d’hospitalisations, de médicaments, d’improductivité et d’assistance sociale.
La France est la nation européenne qui en consomme le plus. Or la dangerosité du cannabis s’accroit : la concentration en THC s’est accrue d’un facteur 7 en 40 ans. Sa consommation commence de plus en plus tôt (dès la cinquième au Collège). Son THC s’abat sur un cerveau en pleine phase de maturation (12 à 24 ans). Il laisse perdurer des synapses (interfaces entre deux neurones) qui n’étaient pas mobilisées par une fonction, lesquelles deviendront des voies neuronales empruntées par les troubles délirants et hallucinatoires.
Il élague des synapses qui participaient à des fonctions, produisant alors des amputations cognitives avec involution de l’intelligence : ce sont les manifestations principales de la schizophrénie. Ces 100.000 cas de schizophrénie recrutés par le cannabis sont passés inaperçus à ces addictologues aveugles, estimant qu’il n’y a pas d’augmentation perceptible du nombre de schizophrènes dans notre pays alors que la consommation de cannabis s’est envolée.
Pourtant, sur les 650.000 schizophrènes attendus, seuls 300.000 d’entre eux sont diagnostiqués et traités. Que font-ils des 350.000 qui manquent à l’appel ? C’est dans le vivier des sujets incarcérés et des marginaux de la rue qu’ils devraient chercher ces schizophrènes dont ils n’ont pas vu croître le nombre.
Une étude de 1853 !
Revenir sur cela peut donner l’impression de réinventer l’eau tiède, de tels constats ayant été faits de longue date, mais ils ont été occultés. Ainsi, l’étude de Tennant et Groesbeck (1972) sur les soldats américains stationnant en Europe après la guerre ; ainsi l’étude de M.-L. Arsenault (Nouvelles Zélande) montrant que sur 1 000 collégiens qui s’adonnaient au cannabis, 10% étaient schizophrènes à 18 ans (2002) ;
Ainsi l’étude de S. Andréasson (Suède) (1983) montrant à partir des 50 000 conscrits de l’armée suédoise de 1971 que si leur consommation de cannabis avait excédé 50 « joints » dans la période précédant la conscription, leur risque de développer une schizophrénie dans les dix ans était multiplié par 6. Enfin, n’oublions pas le livre de l’aliéniste J.-J. Moreau, intitulé « Du haschisch et de l’aliénation mentale » publié en… 1853 ! L’étude canadienne s’ajoute à une longue liste.
C’est avec une profonde tristesse que nous avons accompagné ce matin, notre collègue et ami, le Médecin Général Inspecteur Claude –Pierre Giudicelli pour lui rendre un dernier hommage en la Chapelle du Val de Grace.
Décédé le 9 Novembre, il a jusqu’au dernier moment, participé activement aux travaux du CNPERT dont il était membre du Conseil d’Administration, relecteur attentif et vigilant des messages de la lettre et du blog, défenseur d’une jeunesse exempte de drogue, équilibrée et travailleuse, sportive et responsable.
Energique et bienveillant, il a inculqué à plusieurs générations le sens de l’honneur, du devoir et du travail bien fait. Il est présent dans nos cœurs, dans nos travaux et restera un exemple de ce que doit être un grand serviteur de la France
A son épouse, à ses enfants et à tous les siens, nous redisons nos sentiments affectueux et de vive sympathie.
Extraits de l’article : Site de Newsweed, site qui milite depuis 2015, avec une certaine subtilité, pour la légalisation du cannabis
« La légalisation du cannabis au Canada fête ses 5 ans. Elle n’est aujourd’hui pas remise en question par l’État fédéral mais amène son lot d’inquiétudes pour les entreprises qui y prennent part et de nouveaux enjeux de santé et de société.
Quel est le bilan de ces 5 années de cannabis légal »
« Assez mécaniquement, le nombre d’affaires judiciaires liées au cannabis a diminué de 73% pour les femmes et de 83% pour les hommes. Les infractions liées au cannabis signalées par la police sont passées de 99 pour 100 000 habitants en 2018, année de la légalisation, à 28 pour 100 000 habitants cinq ans plus tard ».
« Si la légalisation du cannabis a ouvert de nouvelles portes aux consommateurs récréatifs, elle a également soulevé des préoccupations en matière de santé.
Une étude menée en Ontario et en Alberta a fait état d’une augmentation inquiétante de 20% des cas d’intoxications et de troubles liés au cannabis. Une autre étude menée en Ontario a révélé que le nombre d’admissions aux urgences avait été multiplié par treize en raison du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde,, souvent dû à des consommations importantes et répétées.
Le nombre de femmes enceintes exposant leur fœtus au cannabis pendant la grossesse a doublé, et les visites à l’hôpital pour des enfants ayant ingéré du cannabis ont triplé.
En outre, l’incidence des victimes d’accidents de voiture ayant du THC dans le sang a doublé, passant de 3,8% à 8,6%.
Néanmoins, les entreprises du cannabis peinent à être rentables. Seuls 20% environ des cultivateurs de cannabis auraient actuellement des flux de trésorerie positifs, ce qui témoigne des difficultés économiques du secteur ».
Remarques exprimées par le Pr. Jean Costentin :
Ce bilan, qui me parait pour le moins négatif fait de plus l’impasse sur nombre de points importants.
Ainsi, exit :
Les troubles psychiatriques, a toxicité physique (supérieure à celle du tabac), la crétinisation, la baisse du Quotient Intellectuel, la démotivation, l’aboulie, le » j’menfoutisme« , les effets épigénétiques que le consommateur peut transmettre à sa progéniture (malformations, autisme, schizophrénie, vulnérabilité aux toxicomanies, retard du développement psychomoteur, vulnérabilité à l’anxiété, aux troubles dépressifs, aux déficits cognitifs, à certains cancers.
S’agissant des 30 milliards d’augmentation du PIB, dont 3 pour le marché « récréatif », d’où viennent les 27 autres, sans doute pas du cannabis « thérapeutique » ; n’y aurait-il pas une confusion du chanvre textile et de ses graines, avec le chanvre indien
Au 110, boulevard de la Libération, dans le IVe arrondissement : c’est à cette adresse que Marseille verra l’ouverture d’une salle de shoot. Ce projet, dans les tuyaux depuis des années, a été validé en ce mois d’octobre 2023.
La salle de shoot fut d’abord une volonté de la municipalité de Jean-Claude Gaudin, puis une promesse de campagne de Michèle Rubirola, avant d’être un projet porté par Benoît Payan et Michèle Rubirola – toujours elle – en tant qu’adjointe à la santé. Le feuilleton aura donc été long mais, après des ouvertures annoncées et reportées, la salle de shoot marseillaise devrait bien voir le jour, comme confirmé dans un communiqué rédigé par la Fédération Addiction :
« Le comité de pilotage de la Halte soins addictions (HSA), constitué de la préfecture de région PACA et des Bouches-du-Rhône, de l’agence régionale de santé PACA, de la ville de Marseille, du tribunal judiciaire de Marseille et de l’AP-HM, a confirmé la proposition de l’association ASUD Mars Say Yeah d’implanter la HSA au 110, boulevard de la Libération. »
Gestion confiée à une association militante
Anciennement appelée salle de consommation à moindre risque (SCMR), elle est désormais nommée Halte soins addictions (HSA). In fine, c’est la même chose. Il s’agit d’un « espace de réduction des risques par usage supervisé et d’accès aux soins », comme défini par l’arrêté du 26 janvier 2022 publié au Journal officiel le 23 février 2022. De son côté, l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) précise que ces structures « permettent aux usagers de drogues de les consommer dans des conditions plus sûres, par injection ou par inhalation ».
En somme, un lieu où les toxicomanes peuvent se rendre pour se droguer et être aidés. Sa gestion sera confiée, comme prévu, à l’association ASUD Mars Say Yeah dont le but est de « changer l’image des usagers de drogues dans la société et à leurs propres yeux. Changer la loi qui pénalise l’usage simple et privé des adultes. Transformer les « toxicos » en citoyens comme les autres, bénéficiaires de droits et de devoirs. » Tout un programme !
Dans une ville gangrenée par le trafic de drogue et qui vit au rythme des règlements de comptes entre gangs, pas sûr que l’idée soit louable. Le 26 juin dernier, lors d’un déplacement dans la cité phocéenne, Emmanuel Macron semblait vouloir s’attaquer aux consommateurs pour toucher les trafiquants. Dans une interview accordée à La Provence, le président de la République appelait une « réponse plus efficace au délit d’usage de stupéfiants ».
Comment, dans ces conditions, peut-on confier le projet à une association qui milite pour la dépénalisation du cannabis et souhaite « mettre fin aux sanctions pour simple consommation de drogues » ? Et comment l’État peut-il allouer un budget de un million d’euros par an à ce projet, sachant cela ? Encore une belle incohérence.
Ouvrir la structure discrètement
Par ailleurs, rappelons que cette Halte soins addictions a mis du temps à aboutir : son installation était controversée. En 2019, Martine Vassal, présidente du conseil départemental et de la Métropole, s’était dite « opposée à l’ouverture programmée d’une salle de shoot subventionnée, à deux pas de l’hôpital de la Conception et du centre-ville ». Les riverains étaient également très réticents à l’idée qu’une telle structure s’installe dans leur quartier.
Cette-fois ci, ce n’est plus dans le Ve arrondissement mais dans le IVe, plus loin de l’hôpital de la Conception mais toujours aussi proche du centre-ville et très proche du centre de jeunesse Timon-David (88 m), des écoles Saint-Vincent-de-Paul (150 m) et Saint-Joseph-la-Madeleine (260 m) et de la crèche Les Mirabelles (170 m).
Résultat : les riverains ne sont pas les mêmes, mais ils sont toujours aussi inquiets. Sur le groupe Facebook du Comité d’intérêt de quartier (CIQ), Marion Fabre, mère de famille, ne comprend pas cette décision : « C’est hallucinant de vouloir mettre ça dans une rue où il y a trois écoles (dont collèges et lycées) et une crèche ! »
Elle n’est pas la seule à avoir été choquée par cette annonce. Thibault M. Imhoff, administrateur de la page, dénonce une « décision unilatérale pour ne pas dire arbitraire, sans aucune concertation ni consultation citoyennes, sans prévenir – à défaut d’impliquer – les associations de parents d’élèves, les directeurs d’établissements scolaires avoisinants, les associations de commerçants ou le CIQ. »
Rien de très étonnant puisque Béatrice Stambul, alors présidente de l’association ASUD Mars Say Yeah, annonçait, en 2019, qu’elle procéderait de la sorte : « Il est sûrement préférable d’ouvrir la structure sans faire trop de bruit, pour ne pas éveiller des protestations d’office. »
Outrés, les habitants du quartier n’entendent pas en rester là. Ils doivent se réunir, ce lundi 16 octobre au soir, pour débattre du projet mais aussi, sans doute, pour voir comment s’y opposer. À ce jour, l’espoir est encore permis puisque le ministre de la Santé et de la Prévention, Aurélien Rousseau, n’a pas entériné cette décision.
Cependant, si l’affaire suit normalement son cours, la Halte soins addictions ouvrira ses portes en 2024, au milieu des bébés, des enfants et des adolescents.
En utilisant une information ciblée et des outils pratiques, cette application a démontré scientifiquement son efficacité et vient ainsi compléter la liste des moyens de prévention existants.
Clémence Lamirand – Publié: le 13.10.2023
L’application devrait aussi servir à comparer sa consommation à celle des autres. Car la comparaison permet de réfléchir à ce que l’on boit soi-même. Thomas M Barwick
«L’alcool et toi, ça donne quoi?» C’est par cette question sur sa page d’accueil que l’application Smaart interpelle les jeunes. Son objectif: lancer une réflexion autour de leurs habitudes de consommation d’alcool. «La conscientisation de sa consommation est cruciale, introduit le Pr Nicolas Bertholet, médecin adjoint au Service de médecine des addictions du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
Il est important que les jeunes se questionnent: j’en suis où? Et par rapport aux autres? L’idée est vraiment de déclencher une prise de conscience, qui pourra générer si besoin des changements de comportement. L’application ne dit pas ce qu’il faut faire, elle suggère de réaliser un bilan.»
Les concepteurs de l’application Smaart, le Service de médecine des addictions du CHUV, accompagné par des étudiants de l’Université de Lausanne (UNIL), l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l’Hospitality Business School (EHL) et la Haute École de santé Vaud (HESAV), souhaitent aussi que leur application serve à comparer sa consommation à celle des autres.
Se comparer pour moins consommer
Car la comparaison permet de réfléchir à sa propre consommation. «Plus nous buvons, plus nous pensons que les autres boivent beaucoup, explique le médecin lausannois, et plus nous pensons que les autres boivent, plus nous buvons.» Ce phénomène peut faire entrer les jeunes dans un cercle vicieux et mener à une consommation toujours plus importante. D’où les notions essentielles d’évaluation et de comparaison.
«Cette application, nous l’avons voulue très ludique. Il est, par exemple, possible de prendre ses amis en photo et l’appli choisit au hasard celui qui ne boira pas d’alcool et conduira!» PrNicolas Bertholet, médecin adjoint au Service de médecine des addictions du CHUV
L’application propose également de monitorer sa consommation, afin d’observer son évolution et de calculer son alcoolémie un soir de fête. Il est aussi possible de se challenger, pourquoi pas entre amis, en se fixant des objectifs de consommation. Ceux-ci réalisés, on est virtuellement récompensé. «Cette application, nous l’avons voulue très ludique, raconte le Pr Bertholet. Il est, par exemple, possible de prendre ses amis en photo et l’appli choisit au hasard celui qui ne boira pas d’alcool et conduira!»
Des informations sur la santé
Du contenu permet aussi de s’informer, par exemple sur les différents types de boissons et leurs degrés d’alcool ou sur le nombre de verres recommandés, et de savoir vers quel professionnel se tourner en cas de difficultés. L’application parle santé et conséquences néfastes de l’alcool sur l’organisme. Mais toujours sur un ton décalé, parfaitement adapté à sa cible (les 15-25 ans).
«À la fin du bilan, par exemple, on donne un équivalent en hamburgers», sourit le Pr Bertholet. Une comparaison qui plaît aux plus jeunes, mais qui rappelle aussi et surtout, on a parfois tendance à l’oublier, que les boissons alcoolisées sont souvent sucrées et toujours très caloriques, et donc mauvaises pour la santé. «Ce paramètre peut d’ailleurs inciter ceux qui surveillent leur poids à se motiver pour limiter leur consommation», souligne le médecin lausannois.
Une indispensable prévention des risques
L’alcool engendre aussi des comportements à risque – et c’est peut-être le critère le plus impactant à prendre en compte face aux jeunes. Après une soirée très arrosée, le risque d’accident, de violence, de passage à l’acte suicidaire ou encore d’agression sexuelle est en effet nettement augmenté.
Des comportements qui sont directement reliés au fait que l’alcool limite la réflexion et réduit notamment les capacités de discernement et la perception des situations dangereuses. En effet, 20% des décès chez les hommes de 15-30 ans seraient attribuables à l’alcool (10% chez les femmes). D’où la nécessité de mettre en place des projets de prévention variés, surtout chez une population qui se rend rarement chez le médecin.
«C’est pour ces personnes qui consomment mais ne souffrent pas de comportements addictifs que l’application a été créée.» Pr Nicolas Bertholet, médecin adjoint au Service de médecine des addictions du CHUV
Avec des consommations excessives répétées, le risque est aussi de tomber dans une dépendance à l’alcool, contre laquelle il n’est pas facile de lutter. «Il est différent de boire pour faire face à des sentiments douloureux ou à une anxiété que pour faire la fête, souligne le Pr Bertholet. Les enjeux ne sont pas les mêmes. Sans addiction, on dispose d’une marge de manœuvre pour moins boire.
C’est d’ailleurs pour ces personnes qui consomment mais ne souffrent pas de comportements addictifs que l’application a été créée.» Une application qui, pour ses concepteurs, est un outil de plus parmi d’autres déjà disponibles pour lutter contre la surconsommation d’alcool chez les jeunes.
«Elle n’est pas une baguette magique, conclut l’expert. Il est très important de disposer d’une variabilité de dispositifs, car cela augmente les chances que chacun trouve celui qui lui convient pour réussir à réduire sa consommation.»
Une étude à la conclusion «très positive»
Une étude sur l’efficacité de l’application Smaart, qui souhaite prévenir la consommation d’alcool à risque chez les jeunes, a été menée auprès de 1770 personnes sur douze mois. Elle a suivi le volume total d’alcool consommé et le nombre de jours de consommation excessive (4 verres ou plus par jour pour les femmes et 5 pour les hommes) des participants, une moitié ayant accès à l’appli, l’autre non.
Parmi ceux qui ont eu la possibilité de la télécharger, 80% l’ont installée sur leur smartphone. Certains l’ont beaucoup utilisée, d’autres très peu. En moyenne, ils l’ont consultée 20 fois durant les douze mois. À la fin de l’année de suivi, les personnes du groupe «appli» ont moins consommé d’alcool chaque semaine que le groupe contrôle.
«Ils ont aussi eu moins d’épisodes de consommation excessive, souligne le Pr Nicolas Bertholet, investigateur de l’étude. La conclusion est très positive.» Ces bons résultats ont été publiés dans le «British Medical Journal».
La consommation d’opioïdes aux États-Unis, notamment chez les plus jeunes, a pris de telles proportions que des lycéens peuvent y être autorisés à posséder un antidote contre les surdoses.
Le Narcan, antidote aux surdoses, s’invite de plus en plus dans le quotidien des adolescents aux États-Unis, pays ravagé par une crise des opioïdes, y compris du fentanyl, une drogue jusqu’à 50 fois plus puissante que l’héroïne. (Photo Olivier Douliery/AFP)
Chaque matin avant de quitter sa maison pour se rendre à son lycée, Jackson Danzing, 17 ans, s’assure d’avoir dans son sac ses livres, ses devoirs, son déjeuner… et un antidote permettant de réanimer une victime d’overdose.
Le Narcan s’invite de plus en plus dans le quotidien des adolescents aux États-Unis, pays ravagé par une crise des opioïdes, y compris du fentanyl, une drogue jusqu’à 50 fois plus puissante que l’héroïne.
« Tout le monde a un ami ou une connaissance qui a touché aux drogues. Imaginez-vous un scénario où vous retrouvez l’un de vos amis en train de faire potentiellement une surdose et que vous ne savez pas quoi faire », dit Jackson, qui a mis sur pied, avec sa camarade, Marin Peale, des formations sur l’usage du Narcan pour 350 de leurs camarades de lycée.
Ici, à Arlington, près de la capitale Washington, où est scolarisé Jackson, l’usage de ce spray nasal ne tient pas du scénario de fiction : la police y est intervenue pour sept surdoses, l’an dernier, dans les écoles publiques. Un étudiant est même décédé.
De mars 2022 à mars 2023, les États-Unis ont dénombré 110 000 décès liés à des surdoses (ou overdoses), dont les deux tiers dues à la consommation de fentanyl, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).
Chez les adolescents, les morts par surdose ont bondi de 94 % de 2019 à 2020, selon les CDC, qui attribuent, notamment, ce phénomène à la plus grande « disponibilité du fentanyl de synthèse produit illégalement ».
Soutien politique
Cependant, l’accès croissant à la naloxone, le nom générique du Narcan, peut aussi être controversé : certains parents, rapportent des élèves d’Arlington, estiment que cette molécule banalise, voire justifie, l’usage de drogues dures.
À travers le pays, les autorités locales ont adopté des politiques différentes face aux opioïdes.
À Portland, ville progressiste de l’Oregon (ouest), le choix a été fait de réduire les sanctions pour la consommation de drogue, au point où des marchés à ciel ouvert de produits illicites ont commencé à bourgeonner avec, à la clé, une hausse des surdoses…
Des États ont, quant à eux, emprunté un chemin inverse en durcissant les lois anti-drogues. Après trois surdoses, dont deux mortelles, de lycéens, plus tôt cette année, au Tennessee (sud), le seul survivant a été inculpé pour le meurtre de ses deux camarades.
Mais, en règle générale, « je vois, dans les tendances politiques, un soutien à la naloxone (…) et je crois qu’il s’agit d’une victoire en termes de santé publique », soutient Keith Humphreys, chercheur à l’université Stanford.
À Arlington, comme dans toute la Virginie, l’interdiction des drogues reste en vigueur. Et les étudiants qui apportent de la naloxone au lycée doivent avoir suivi au préalable une formation sur son utilisation et obtenu le feu vert parental, explique Darrell Sampson, directeur des services aux élèves des écoles publiques de la ville.
« Dans les écoles, nous avons toujours eu à faire face aux drogues. Mais aucune de ces substances n’était si peu onéreuse à produire, si létale même à petites doses, et si addictive que les opioïdes et le fentanyl », dit-il.
« Ambition modeste »
Pour Keith Humphreys, l’accès croissant au Narcan n’est qu’une partie de la solution face à la gravité de la crise.
Selon lui, les autorités doivent consacrer plus de fonds publics à la santé mentale des jeunes pour les aider à gérer leurs émotions, à nouer des relations plus saines. Quant à la naloxone, elle peut servir en cas d’overdose mais pas aider à juguler les problèmes d’addiction.
« Ce serait une erreur de penser qu’en réduisant le nombre de morts par surdoses nous aurions fait un grand progrès. C’est une ambition extrêmement modeste. »
« Ce serait une erreur de penser qu’en réduisant le nombre de morts par surdoses nous aurions fait un grand progrès. C’est une ambition extrêmement modeste », dit-il.
Jackson Danzig et Marin Peale ont, eux, commencé à se promener avec de la naloxone, l’an dernier, avant que leur école ne les y autorise officiellement afin de leur éviter des ennuis.
Un an plus tard, le Narcan fait partie de leur quotidien. « Peu importe la salle de classe, il doit y en avoir une boîte et, de mon côté, j’en ai toujours sur moi. Comme ça je suis toujours prête », résume Marin.