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Addiction : les visites liées à la drogue et l’alcool grimpent lors des températures élevées

Une hausse des visites à l’hôpital liées aux troubles de l’alcool et à l’usage de drogue est observée lorsque les températures sont élevées, et pourrait être aggravée par le changement climatique. Addiction : les visites liées à la drogue et l'alcool grimpent lors des températures élevées


L’ESSENTIEL

  • Les températures élevées et le changement climatique peuvent contribuer à la montée des troubles liés à la drogue et à l’alcool, selon une nouvelle étude.
  • Les chercheurs ont observés, en effet, une hausse des visites à l’hôpital pour des troubles liés à ces substances quand la température est plus élevée.
  • Les scientifiques prônent pour sensibiliser la population aux dangers de la consommation d’alcool et de substances pendant les périodes de fortes chaleurs.

La hausse des températures n’augmenterait pas seulement les cas de déshydratation, de coup de chaud ou de problèmes cardiaques. Selon une étude menée par des chercheurs de la Columbia University Mailman School of Public Health, le dérèglement climatique favoriserait une hausse des hospitalisations dues aux troubles liés à l’alcool et à la drogue.

Alcool : une hausse des consultations quand la température grimpe

Pour leurs travaux, les chercheurs ont examiné la relation entre la température et les visites à l’hôpital liées à l’alcool et à d’autres drogues (cannabis, cocaïne, opioïdes et sédatifs) dans l’État de New York. Ils ont ainsi réuni les dossiers de 671.625 visites liées à l’alcool et de 721.469 consultations pour les troubles liés à l’usage de substances illicites. L’équipe les a ensuite comparés avec les données des registres des températures quotidiennes et de l’humidité de la région au cours des 20 dernières années.

L’analyse montre que plus les températures sont élevées, plus il y a de visites à l’hôpital pour des troubles liés à l’alcool. Ces augmentations pourraient « potentiellement être dues à la hausse du temps passé à l’extérieur à effectuer des activités plus risquées, à consommer plus de substances lors d’une météo plus agréable, à une transpiration plus importante provoquant une plus grande déshydratation ou à conduire sous l’influence », expliquent les auteurs dans leur communiqué.

SUR LE MÊME THÈME

Un effet similaire observé avec la drogue

En ce qui concerne les troubles liés à la drogue, la recherche a également révélé un lien entre la hausse des températures et une augmentation des visites à l’hôpital. Cependant, cet effet n’était observé que jusqu’à une limite de 18,8°C. Les auteurs préviennent toutefois que « leur étude peut sous-estimer le lien entre l’augmentation de la température et les troubles liés à la consommation de substances parce que les troubles les plus graves peuvent avoir entraîné des décès avant qu’une visite à l’hôpital ne soit possible ».

Source

Près d’un français sur deux …

Emmanuel le Taillandier

Les résultats de la récente enquête Harris portant sur la légalisation du cannabis donnent les opinions des personnes sondées de façon précise.
Près d’un français sur deux est favorable à la légalisation du cannabis.
Mais les questions de l’enquête ne portent pas sur les raisons de ces opinions, sur la façon dont elles
se sont formées sur ce sujet et sur leur versatilité.

Nous nous intéresserons aux réponses positives et émettrons des hypothèses sur les raisons que nous soupçonnons. Elles sont évidemment discutables. Encore faut-il les poser pour pouvoir les discuter. Nous les présentons dans un ordre qui est aléatoire sans préjuger du poids que peut représenter chaque point mentionné.


RAISONS POSITIVES :

  • L’effet « mouton » : les autres le font, d’autres pays ont légalisé. Donc pourquoi pas nous ?
    Nous risquons d’être en retard. Nous sommes ringards si nous ne faisons pas comme les
    autres, notamment comme les allemands qui viennent de relancer le débat.
  • L’effet « vert » : Le merchandising mis en place pour le CBD et le cannabis est très séduisant
    car il est construit autour de photos présentant cette plante verte étoilée qui se déploie magnifiquement. L’effet visuel est réussi : le cannabis est une jolie plante. Sa teinte verte suscite inconsciemment des sympathies politiques. Elle est très bien mise en valeur. De ce point de vue le coup joué par les partisans de la légalisation est gagnant même si la faveur dont jouit cette plante n’a rien de rationnel.
  • L’effet « médias » : Il s’agit d’enquêtes orientées prouvant les bénéfices du cannabis dit « médical » en qualité d’antalgique et soulignant la position retardataire des autorités de Santé qui refuseraient à des patients cette possibilité de soulagement. Mais ce ne serait qu’une question de temps. Les effets sur la santé publique sont délibérément passés sous silence.
  • L’effet « justice » : le syndicat de la magistrature demande la dépénalisation et met son poids dans la balance.
  • L’effet « munichois » : De toutes façons la guerre contre la drogue est perdue d’avance. Donc il est préférable d’abdiquer et de renoncer à ce combat.
  • L’effet « consommateur » : Toutes les personnes souffrant d’addictions, ainsi que les jeunes qui « consomment » ne veulent pas renoncer à cette dépendance et souhaitent au contraire qu’elle soit facilitée. Il s’agit de la masse des consommateurs réguliers qui ne se soucient pas des aspects criminels du trafic. S’ils s’en inquiètent un peu ils trouvent dans la légalisation la justification facile de leur comportement puisque cette mesure, selon eux, permettrait d’assécher les gains des trafiquants.
  • Ces raisons positives en faveur de la légalisation sont remises en cause depuis peu de temps en raison de scandales touchant des « people » (affaire Palmade, etc..), des personnes connues dans les médias.

Elles le sont également en raison des assassinats répétés de jeunes trafiquants dans les quartiers de villes, les cités où prévaut l’illégalité et une certaine émotion est perceptible.
Le « collectif » qui s’est constitué en faveur de la légalisation met donc les bouchées doubles. Mais qu’est-ce qu’un collectif sinon une « liste à la Prévert » ?

Un collectif n’a en soi pas plus d’existence légale que de légitimité, si ce n’est qu’il peut bénéficier d’une certaine complaisance médiatique, et même politique. Mais est-ce suffisant pour argumenter de façon valable ?

Emmanuel le Taillandier

La Lettre du C N P E R T Septembre 2023

Centre National de Prévention, d‘Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies

 S’il faut être attentif à l’état de la planète que nous léguerons à  nos  enfants,  il  est  majeur  de  noupréoccuper de l’état des enfants que nous lui léguerons                                                           

Lettre N° LXXXVI – Président Pr. J. Costentin _ Éditeur en chef  Pr. J.-P. Tillement

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Pr. Jean Costentin

Si au cours d’une compétition est détectée dans les urines d’un sportif une drogue qui pourrait être le reliquat d’une consommation effectuée antérieurement à cette compétition à des fins « récréatives » (avec un taux inférieur à une certaine limite) et que le sportif peut apporter des éléments en faveur d’une consommation « festive », les suspensions de plusieurs années qui prévalaient antérieurement peuvent être ramenée à trois mois et, par le jeu « d’une composition administrative » négociée avec les Organisations nationales antidopage (ONADs), la sanction peut être réduite à deux mois ;  c’est-à-dire à deux fois rien. Ces sanctions ne constituent plus un frein à la consommation de cannabis ou de cocaïne ; les deux drogues qui sont actuellement les plus fréquemment en cause.

Cette mansuétude appelle plusieurs commentaires. La présence de la drogue dans l’organisme d’une façon contemporaine de l’épreuve signifie qu’à un certain degré, difficile à apprécier, la drogue peut affecter les performances. 

Cette disposition de l’AMA s’affranchit des législations nationales, dont certaines prohibent en toute période la consommation de ces drogues, qui sont illicites.

 La défausse de certains sportifs est maintenant de se déclarer dépendants / « accros ». On comprend dès lors que, s’ils abordent l’épreuve dans les affres de l’abstinence, leur performance va être détériorée. Dans ce cheminement vers le pire, on verra peut-être apparaître des demandes d’AUT (autorisations d’usages thérapeutiques) de drogues pour pallier les effets du sevrage !

 Le concept de drogue récréative est doublement contestable, d’abord parce que ladite récréation peut se terminer mal, voire dramatiquement ; mais aussi parce que toutes les drogues sont récréatives, suscitant une sensation de plaisir liée à l’intensification de la stimulation des récepteurs dopaminergiques (D2) dans le noyau accumbens/striatum ventral. 

Cette disposition de l’AMA ouvre une boite de pandore. Dans notre pays où l’expansion pandémique des toxicomanies fait des ravages, cette disposition, qui aligne le code du sport sur les dérives des sociétés Nord-Américaines, est un très mauvais signal.

 La consommation de drogues par un sportif est interdite tant lors des entraînements que lors des épreuves. Tout sportif convaincu d’être dépendant d’une drogue devrait être suspendu aussi longtemps qu’il lui faudrait pour qu’à plusieurs reprises il soit contrôlé exempt de ces substances ou de leurs métabolites dans ses urines, ou qu’un test capillaire (cheveu) permette de constater son arrêt durable de consommation. 

Cette disposition de l’AMA parait inspirée par une idéologie funeste qui, à petits pas, veut faire progresser les sociétés vers la légalisation de toutes les drogues.

Les barrières qui protégeaient des drogues par un front uni des familles, des religions, du monde éducatif, associatif, médical, et sportif s’effondrent, en route vers le pire. 

Pr. Jean-Pierre Goullé

Chaque année, Santé publique France estime la prévalence du tabagisme et son évolution par rapport à l’année précédente. Cet indicateur joue un rôle majeur dans le pilotage des politiques publiques, mises en œuvre dans la lutte contre le tabagisme. Après une baisse d’ampleur inédite entre 2016 et 2019 (de 29,4% à 24,0% en métropole), la prévalence s’est stabilisée depuis 2019. Rappelons que le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France (75.000 cas en 2015 soit 13% des décès).

En 2022, en France métropolitaine, plus de trois personnes de 18-75 ans sur dix déclaraient fumer (31,8%) dont un quart quotidiennement (24,5%). Les hommes fument davantage que les femmes (27,4% de tabagisme quotidien, vs 21,7%).

Des inégalités sociales très marquées en matière de consommation

Les inégalités sociales en matière de tabagisme ont été étudiées à partir de trois indicateurs : diplôme, revenu et situation professionnelle. Les résultats montrent que : 

– La prévalence du tabagisme quotidien reste en 2022 nettement plus élevée lorsque le niveau de diplôme est plus faible : elle varie de 30,8% parmi les personnes n’en ayant aucun ou inférieur au baccalauréat à 16,8% parmi les titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat. 

– La prévalence est la plus élevée parmi le tiers de la population dont les revenus sont les plus bas (33,6 %) ; 

– Parmi les 18-64 ans, la prévalence du tabagisme quotidien reste nettement plus élevée chez les personnes au chômage (42,3%), que chez les actifs occupés (26,1%) ou les étudiants (19,1%). 

Une tendance au vapotage en progression

En 2022, parmi les 18-75 ans, on dénombrait 5,5% d’usagers quotidiens contre 2,5% en 2016.

Près de 6 fumeurs sur 10 souhaitent arrêter de fumer

Les données du Baromètre de Santé publique France 2021 montrent que parmi les fumeurs quotidiens, 59,3% déclarent avoir envie d’arrêter de fumer, 26,4% déclarent avoir le projet d’arrêter dans les 6 prochains mois et 30,3% ont fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine dans les 12 derniers mois. Les hommes fumeurs sont plus nombreux que les femmes à avoir envie d’arrêter (61,7% vs 56,5% des femmes) et à avoir fait une tentative d’arrêt dans les 12 derniers mois (34,3% vs 25,8%).

Une nouvelle impulsion vers une « génération sans tabac » 

Le second programme national de lutte contre le tabac lancé en 2018 s’est achevé en 2022 sur un bilan positif : baisse globale du tabagisme quotidien chez les adultes (de 26,9% en 2017 à 24,5% en 2022) et diminution significative chez les jeunes de 17 ans (de 25,1% en 2017 à 15,6% en 2022). Il est noté une multiplication du volume de traitements de substitution nicotinique pris en charge et du nombre de professionnels de santé prescripteurs, ainsi qu’une augmentation des lieux devenus « sans tabac ». 

Dans l’objectif de poursuivre la lutte contre ce fléau et parvenir à une première génération sans tabac en 2032, en cohérence avec l’objectif de la stratégie décennale de lutte contre les cancers qui est celui, à terme, d’une société sans tabac, le ministre de la Santé et de la Prévention a annoncé un nouveau programme national de lutte contre le tabac dont la préparation se poursuit et qui sera lancé cette année 2023. Dans la continuité et l’accélération du précédent programme, il s’agira notamment de mieux prévenir l’entrée dans le tabagisme et d’accompagner les fumeurs vers l’arrêt, avec une attention particulière pour les populations cibles, notamment les jeunes.

Réf. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2023, 9-10 : 149-169. Journée mondiale sans tabac, 31 mai 2023.

Pr. Jean Costentin

La CBD mania s’amplifie, invitant à revenir sur ce qui s’apparente à une tromperie, à une malversation. Avant d’évoquer les quelques effets réels, et surtout la multitude des effets imaginaires impartis au cannabidiol / CBD, objet d’un exceptionnel emballement médiatique, revenons sur les circonstances de son développement et sur l’engouement qu’il suscite, en prenant appui sur la crédulité de nombre de nos concitoyens.

Le chanvre indien/cannabis, par son principe actif majeur le tétrahydrocannabinol/THC, puissamment psychotrope dès ses très faibles concentrations sanguines (de l’ordre du millionième de gramme par litre) induit, comme toutes les autres drogues, une appétence. Elle incite à en répéter l’usage/l’us, ce qui conduit à l’abus, c’est à dire à la dépendance, qui affecte environ 20% de ceux qui ont eu la mauvaise idée de s’en approcher. 

Jouant de cet attrait et subodorant un juteux marché, des Rapetous de la finance, indifférents aux conséquences sanitaires, sociales, sociétale très négatives de son expansion, se sont préparés pour le produire abondamment et pour le diffuser. Dépensant des sommes considérables, ils ont bâti des serres, sélectionné des cultivars, mobilisé des médias, lancé des commandos de lobbyistes pour subvertir des décideurs aux plus hauts niveaux des pouvoirs publics (députés, sénateurs, partis politiques, maires…). Leurs actions ont conduit à l’institution d’une mission parlementaire, initiée par le député O. Véran, avant qu’il ne devienne ministre de la Santé, puis le porte-parole que l’on sait du gouvernement.

Cette mission vise ostensiblement à la légalisation du cannabis, en trois strates : le cannabis dit « thérapeutique » ; le cannabis dit « de confort » (par référence au cannabidiol) ; et enfin le cannabis dit « récréatif » pour éviter le qualificatif toxicomaniaque susceptible d’effrayer l’électeur qui ne leur a pas donné mandat pour ce faire. Simultanément des médecins, des pharmaciens, des scientifiques, pharmacologues, toxicologues, cliniciens, épidémiologistes, thérapeutes ont pris connaissance des méfaits sanitaires du cannabis, plus important encore que ceux du tabac et de l’alcool (auquel il est d’ailleurs souvent associé).

Malgré la pusillanimité et la discrétion des médias à les restituer, ces mises en garde cheminent et font craindre à ces Rapetous la ruine de leur projet du « cannabis pour tout, cannabis pour tous ». Les moyens qu’ils ont engagés étant énormes, ils devaient rebondir. Une autre molécule, très voisine du THC, largement présente dans la plante, le cannabidiol / CBD, pouvait sauver leur mise. Des manipulations génétiques ont permis d’éteindre dans la plante la synthèse du THC et de privilégier celle du CBD. Il leur restait à bâtir une réputation extraordinaire à ce CBD, pour en faire une thériaque, une panacée, un sirop Typhon (de la chanson, buvons, buvons… de Richard Anthony).

Prenant grand soin de le distinguer du THC, ils ont déclaré que le CBD était dénué d’activités psychotropes. Pourtant, dans l’élan irrépressible lui impartissant des activités multiples, ils ont décrit des activités typiquement psychotropes : sédatif, tranquillisant, anxiolytique, ataraxique ; antistress ; antipsychotique ; antidépresseur ; actif pour l’aide à l’abstinence de plusieurs drogues. Ils lui ont aussi imparti des activités neurotropes : anti spastique ; antalgique ; anti-Alzheimer ; antiparkinsonienne ; antiépileptique ; une activité dans la chorée d’Huntington ainsi que dans la redoutable sclérose latérale amyotrophique 

Ils ont revendiqué de nombreux autres effets, (physiques ceux-là), dans : l’arthrose ; les prostatites ; la fibromyalgie ; les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Crohn et rectocolite hémorragique) ; le côlon irritable ; l’acné ; les nausées et les vomissements, la prévention du diabète de type 2…. 

Deux effets, ceux-là démontrés, ont permis l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché de deux médicaments. Un premier, associe du THC à du CBD, le Sativex®, indiqué contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques.

Pourtant, 8 ans après l’obtention de son A.M.M. en France, et l’élévation au pinacle par les médias, il n’est pas commercialisé. La commission spécialisée du ministère de la Santé a jugé que le service médical qu’il pouvait rendre étant négligeable, il ne serait remboursé qu’à 15% de son prix par la sécurité sociale (comme l’étaient alors les médicaments homéopathiques) ; exit ainsi le Sativex® 

Un second médicament, l’Epidiolex®, fait du seul CBD, est commercialisé pour deux indications : le syndrome de Dravet et le syndrome de Lennox-Gastaut ; deux variétés rares et graves d’épilepsies infantiles. Il s’agit d’une micro niche thérapeutique mais s’agissant d’un produit issu du cannabis, son retentissement médiatique a été démesuré, présenté comme une révolution.

Plus posément indiquons que ce médicament a démontré une activité antiépileptique, qu’il n’exerce qu’en étant ajouté aux autres médicaments faiblement actifs déjà administrés ; il diminue alors la fréquence des crises, sans pour autant les faire disparaître.

Des médias, des publicités mensongères, des groupes de pression, d’insatiables Rapetous, abusent de la crédulité du public. Craignons que les succès commerciaux qu’ils remportent stimulent leurs ardeurs pour de nouvelles malversations.

 Pr. Jean-Pierre Goullé

Le fonds de lutte contre les addictions (FLCA) est géré par les Agences régionales de santé. Une instruction du 30 juin dernier expose l’appui de ces fonds à la déclinaison régionale d’actions nationales prioritaires de santé et de lutte contre le tabac. Elle rappelle que le périmètre de ce fonds a été élargi en 2022 à l’ensemble des addictions, y compris à celles sans substance (jeux, écrans, etc.). Cependant, elle insiste sur le fait que, compte tenu de l’impact de santé publique des substances psychoactives, la prévention de leur consommation reste « une priorité forte » du fonds dans le cadre de la stratégie interministérielle de mobilisation contre les conduites addictives pour les cinq prochaines années (2023-2027).

Le FLCA contribue aussi à la déclinaison des actions associées au Programme national de lutte contre le tabac, au cadre de référence pour la prévention du jeu excessif et pathologique et la protection des mineurs, ainsi qu’au plan d’actions pour un usage raisonné des écrans par les enfants et les jeunes avec une mise en œuvre à l’échelle régionale. Le FLCA doit également contribuer à la stratégie nationale multisectorielle de développement des compétences psychosociales chez les enfants et les jeunes.  L’instruction précise : que compte tenu de leur impact sur la santé des Français, le FLCA continuera à soutenir en priorité les actions permettant de réduire :

– La consommation de tabac, dans une logique d’amplification des mesures de lutte et de prévention, en s’appuyant sur le prochain Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027. L’objectif est de maintenir un haut niveau d’engagement sur cette priorité de santé publique afin d’atteindre les objectifs de réduction du tabagisme fixés pour 2027 et d’aboutir à la première génération sans tabac en 2032 ;

– Les usages nocifs d’alcool, avec comme objectifs, la réduction du nombre de personnes ayant des usages dépassant les seuils de consommation à moindre risque ;

– Les usages nocifs des substances illicites, avec un focus concernant le cannabis et la cocaïne, en cohérence avec la stratégie interministérielle 2023-2027 de mobilisation contre les conduites addictives. Les actions prioritaires sont précisées :

1- Prévention de la consommation des substances psychoactives, pour les années 2023-2027 constitue une priorité forte du FLCA. Les récents résultats publiés par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives sur les usages des jeunes de 17 ans sont un fort encouragement à poursuivre cet effort.

Les orientations énoncées les années précédentes sont reconduites :

– Les actions de prévention des consommations et de prise en charge des addictions liées aux deux premiers déterminants de santé représentés par le tabac et l’alcool, en particulier les interventions et programmes visant à renforcer les compétences psychosociales des enfants et des jeunes ainsi que la poursuite du déploiement de la démarche « Lieux de santé sans tabac » ;

– Les actions de prévention de l’usage et d’accompagnement des usagers de substances illicites, tout particulièrement de cannabis et de cocaïne ;

–  Le soutien aux approches des poly consommations 

– Les actions ciblant les publics prioritaires, tels qu’identifiés par les programmes régionaux de santé et le Programme national de lutte contre le tabac, notamment les jeunes, les femmes enceintes, les publics avec un statut socio-économiquement modeste, les personnes en situation de précarité (bénéficiaires de minima sociaux, demandeurs d’emploi…), les personnes présentant des maladies chroniques,  celles vivant avec le VIH, avec des troubles psychiques, avec un handicap, celles prises en charge en détention et par la protection judiciaire de la jeunesse ainsi que les membres des  secteurs professionnels à forte prévalence tabagique.

2- Les « Lieux de santé sans tabac » se déclinent autour de trois axes :

a) Améliorer la santé du patient fumeur en lui proposant systématiquement une démarche de sevrage tabagique avant et pendant son séjour en établissement de santé et en faisant le lien avec son médecin traitant et avec tout professionnel de santé en charge d’accompagner la personne dans l’arrêt du tabac ;

b) Aider tous les personnels fumeurs des établissements à s’engager dans une démarche d’arrêt du tabac en s’appuyant sur les services de santé au travail ;

c) Organiser les espaces des établissements de santé dans une logique de promotion de la santé, afin de favoriser la non-exposition au tabac, en particulier des mineurs et des anciens fumeurs.

L’objectif national est le suivant :

Amener, sur la période 2023-2027, au moins 50% de l’ensemble des établissements de santé publics et privés, à adopter cette démarche. Cet objectif général suppose d’atteindre :

* Le taux de 50% pour les établissements publics/privés de santé mentale ;

* Le taux de 100% pour les établissements suivants à échéance 2027 :

– Ceux qui ont une activité « femme, mère, nouveau-né, enfant », notamment les établissements autorisés à l’activité de soins de gynécologie obstétrique ;

– Les lieux de soins autorisés à traiter les patients atteints d’un cancer ;

– Les CHR et/ou CHU ;

– Les lieux de formation des étudiants en filière santé.

Référence : Bulletin officiel Santé – Protection sociale – Solidarité n° 2023/12 du 30 juin 2023

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                     In memoriam

Nous avons la tristesse de vous faire part du décès du professeur Michel Paris (23 Mai 2023, âgé de 85 ans).

Docteur en Pharmacie, licencié ès Sciences, DEA de philosophie, professeur de pharmacognosie à la faculté de Chatenay Malabry, il était un spécialiste du cannabis. Parmi les membres fondateurs de notre CNPERT, il a rédigé d’éminentes contributions à notre lettre bimensuelle, ainsi qu’au livre « Le cannabis – ce qu’il faut savoir et faire savoir » (Ed. Lavoisier 2019). 

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Vient de paraître

     « La toxicomanie au crack en Île-de-France »

       État des lieux, recommandations et plan d’action

Par la professeure Laurence Vaivre-Douret. Ed. L’Harmattan, Juin 2023, 160 pages, 18 €

Préface du Pr. J.-P. Goullé, président de l’académie de Médecine

La substance de ce livre est celle du rapport commandité fin 2021 par la Région Île-de-France, et réalisé à partir d’une cinquantaine d’auditions « tous azimuts ».                                                                               

Pour traiter ce problème de santé publique, sociétal et sécuritaire, il élabore seize recommandations et propose un plan d’action. Outre des actions de prévention, il insiste sur la prohibition du crack et sur le fait « d’aller vers » le consommateur et de « l’amener vers le soin ». 

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Ministère de la Santé et de la Prévention

Arrêté du 19 juillet 2023 fixant la quantité maximale autorisée pour la vente aux particuliers de produits mentionnés à l’article L. 3611-1 du code de la santé publique contenant du protoxyde d’azote.

A partir du 1er janvier 2024, la vente aux particuliers de protoxyde d’azote est limitée, par acte de vente : 

– aux cartouches dont le poids individuel est égal ou inférieur à 8,6 grammes ;

– au sein d’un conditionnement (boite) ne dépassant pas un total de 10 cartouches.

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Pr. Jean-Pierre Goullé

La consommation d’alcool en France connaît une baisse depuis plusieurs années. En 2019, les français ont bu en moyenne 11,6 litres d’alcool pur par an, contre 12,1 litres en 2018 et 12,6 litres en 2017 ; alors que la moyenne des 38 États membres de l’OCDE est de 9,5 litres. Cette baisse est particulièrement marquée chez les jeunes, atteignant 20% entre 2010 et 2019.

Malgré ces chiffres la France est un pays où la consommation d’alcool reste élevée. Ainsi en 2019, elle se classait au 12ème rang parmi les 38 États membres de l’OCDE. Soulignons le phénomène d’alcoolisation massive ou « binge drinking », correspondant à la consommation de 5 unités alcooliques en une occasion. Chez les jeunes, il s’agit d’un phénomène en progression qui comporte de nombreux dangers ; il concerne 18% des élèves de troisième et 52% de terminale. 

L’alcool est responsable de 41.000 décès chaque année, seconde cause de mortalité évitable, dont 39% par cancers, 24% par maladies cardio-vasculaires, 17% par affections digestives et 13% par accidents ou suicides. Il est également associé à de multiples formes de violence (familiales, viols et agressions, accidents mortels de la route, …).

ALCOOL – Définition de la consommation à risque selon l’OMS

Un verre standard d’alcool = 10 g d’alcool pur

Calcul pour 25 cl de bière à 5° :

5 g pour 100 g x 2,5 x 0,8 (densité alcool) = 10 g

Définition de la dépendance à l’alcool

Pr. Jean Costentin

Légaliser une drogue ne saurait, bien au contraire, réduire sa consommation. Pour mémoire le tabac piège 13.000.000 de nos concitoyens tandis que l’alcoolodépendance concerne 4.500.000 d’entre nous qui en usent irrépressiblement chaque jour  ; avec pour corollaire 73.000 décès annuels pour le tabac et 41.000 pour l’alcool, sans compter les multiples handicaps induits.

Légaliser avant d’avoir effectué une prévention dont on aurait vérifié l’efficacité serait mettre la charrue devant les bœufs.

Attardons-nous aux recettes fiscales escomptées de cette légalisation. On était déjà informé des calculs effectués dans l’État du Colorado (parmi les premiers aux USA à avoir légalisé le cannabis). Pour un dollar de taxes encaissées, cet État doit débourser 4,5 dollars  pour pallier les surcoûts, de différentes natures, générés par cette légalisation : accidents routiers et professionnels, crimes et délits, assurances, frais de justice, soins médicaux et en particulier psychiatriques…., et tout cela sans inclure le coût de l’abêtissement, de la démotivation au travail, de la baisse de production, non plus que l’assistance qu’il doit apporter à ceux que ce cannabis, bientôt d’ailleurs associé à d’autres drogues, plonge dans l’incurie.

Mais revenons en France. Un économiste, P. Kopp, vient d’effectuer à la demande de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies une étude bénéfices/coûts, des deux drogues licites que sont le tabac et l’alcool.

Le coût social du tabac ressort à 166 milliards d’€ ; celui de l’alcool à 102 milliards d’€ ; tandis que le coût social des drogues illicites n’est que de 8 milliards d’€. Cette différence parle d’elle-même en faveur du maintien de leur statut illicite. Pour l’ensemble de ces drogues cela obère annuellement le budget de notre Nation de près de 265 milliards d’€.

Dans ces calculs interviennent le prix des vies perdues (valeur estimée à 115.000 € l’année de vie humaine) ; la perte de qualité de vie ; la baisse de productivité ; la prévention ; la répression ; les soins…

Ces chiffres tiennent compte du moins à verser de pensions de retraite ; on ne dira pas du montant des amendes perçues pour détention ou usage de stupéfiants, puisque dans près de 50% des cas elles ne seraient pas perçues

Attardons-nous au coût des soins médicaux :

Alors que les taxes perçues sur les ventes du tabac sont de 13 milliards d’€ le coût des seuls traitements est estimé à 16,5 milliards d’€. 

Alors que les taxes perçues sur les ventes de boissons alcooliques sont de 4 milliards d’€, le coût des seuls soins médicaux est de 7,8 milliards d’€.

En matière de tendance, les dépenses globales engendrées par les drogues se sont accrues de 15 milliards d’€ en 10 ans, alors que pourtant on a assisté sur les 20 dernières années à une diminution de la consommation d’alcool de l’ordre de 20 % et à une plus nette diminution la vente de tabac, puisqu’elle serait de 50%.

On se demande quelle fraction pourrait être distraite de ce désastreux bilan de faillite pour abonder, a posteriori, des opérations de prévention. 

Encore un argument des pro-légalisateurs du cannabis qui s’effondre. 

J Costentin Bull. Acad. Nat. Med. 2023, 207,171-177

Les toxicomanies sont en expansion en France. Parmi les substances consommées à des fins toxicomaniaques on constate le détournement de certains médicaments. Cette revue a considéré : les raisons qui incitent à ces détournements ; les mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent ces appétences, avec pour pivot le circuit de récompense et ses neurones dopaminergiques méso-limbiques qui stimulent les récepteurs D2 de la dopamine du noyau accumbens ; les principaux médicaments détournés, avec leur impact sur ce système ; une illustration de cette situation est faite à partir de deux détournements, la « crise des opioïdes » aux États-Unis et les détournements de la buprénorphine à haut dosage en France. Cette revue a été conclue par l’énumération de différentes mesures qui pourraient réduire ces détournements.

En complément du résumé de cet article ajoutons quelques détails sur un des aspects traités : Les principales raisons pouvant inciter à ces détournements 

–  Un niveau de remboursement par l’assurance maladie relativement élevé ;

–  les « déserts médicaux » incitant à l’automédication ;

–  la modicité des honoraires médicaux abrège les consultations, incitant à la prescription d’anxiolytiques afin de pallier le temps qui n’a pu être consacré pour rassurer le patient ;

– l’idée qu’il existe un médicament pour traiter chaque trouble, aussi minime soit-il ; avec le recul de l’attitude qui consiste à « prendre sur soi » ;

– les nombreux reliquats de traitements antérieurs, présents dans l’armoire à pharmacie, qui sont très vite sollicités ;

– l’idée que le meilleur praticien est celui qui agit le plus vite et le plus intensément sur tous les états d’inconforts de ses patients, l’amenant à prescrire d’emblée des médicaments « puissants » ;

– l’absence d’une éducation civique à la santé et au bon usage des médicaments ;

– la publicité d’un certain nombre de médicaments (non remboursés), qui contribue à une automédication excessive ;

– quelques pharmaciens prenant des libertés avec les restrictions légales à la délivrance de certains médicaments qui devraient être prescrits par un médecin, ou qui ne respectent pas la fréquence des renouvellements, ou qui renouvellent des médicaments qui ne devraient pas l’être sans une nouvelle ordonnance… ;

– le détournement de médicaments par des adolescents à des fins : de dopage, d’auto médication, de pratiques addictives, par imitation, pour chasser leurs problèmes, pour fuir le réel, pour modifier leurs états de conscience, pour « planer », pour réussir leurs examens en stimulant leur éveil, leur attention et réduire leur temps de sommeil pour accroître leurs performances sexuelles (« le chemsex ») ;

– l’achat de médicaments sur le Net ;

– la diminution de la tolérance à la douleur ;

– les effets épigénétiques du cannabis, du tabac, de l’alcool (qui font l’objet d’abus), qui magnifient le plaisir éprouvé par l’usage d’autres drogues.

– l’usage de molécules (prodrogues) peu addictives sous leur forme native, mais dont le métabolisme chez certains utilisateurs donne naissance à des dérivés puissamment addictifs (ainsi la codéine, le tramadol…).

La « crise des opioïdes » aux USA, conséquence des cheminements que l’on vient de voir a tué l’année passée 100.000 américains.

En France, la buprénorphine à haut dosage (Subutex®), qui est d’un prix élevé pour l’assurance maladie, fait l’objet d’un détournement massif qui concernerait plusieurs dizaines de milliers de ses « bénéficiaires ». Le trafic de ce produit de substitution à l’héroïne, ouvre à de jeunes toxicophiles le couloir des opioïdes qui fait accéder à la porte de l’héroïne elle-même. Ce scandale de la buprénorphine dure depuis des années dans l’indifférence, ou du moins l’inaction, des pouvoirs publics…  

3 milliards de dollars pour chercher s’il y a de l’eau sur Mars, alors que chez Leclerc le pack de 6 bouteilles de Cristalline est en promo à 6 euros

Je m’emmerbête à l’Opéra alors que je me distrais si bien à l’apéro

En acquittant la dernière mensualité de mon automobile je me suis aspergé de Nina Ricci, car qui paie ses dettes sent Ricci

Ce cochon d’Henri voulait changer de sexe, il a dument fini Henriette

Si tu bois la tasse c’est que tu n’as pas de bol

Adepte de l’acupuncture Il se fait percer le corps de toutes parts par des tirs bouchons pour tenter de se détacher de l’alcool

L’alcoolique conjugue l’absence d’un passé simple avec un futur compliqué 

Consommation d’alcool en France, les indicateurs virent au rouge

Pour rendre l’eau potable il suffit d’y ajouter beaucoup de Pernod, pour qu’elle devienne, n’en déplaise à Pasteur la plus saine des boissons

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Etats-Unis : un cinquième des consommateurs de cannabis ont un trouble de l’usage

Seattle, le mercredi 30 août 2023 – Dans un Etat où le cannabis est totalement légal, 21 % des consommateurs en ont un usage problématique selon une nouvelle étude.

Les Etats-Unis se sont engagés depuis dix ans dans un long processus de dépénalisation et de légalisation du cannabis. A ce jour 38 Etats ont légalisé l’usage récréatif du cannabis et 23 son utilisation médicale. Plus de la moitié des adultes américains ont désormais accès librement au cannabis. Un usage facilité qui n’est bien sûr pas sans poser des problèmes de santé publique.

Des chercheurs américains ont donc souhaité connaitre la part des consommateurs de cannabis présentant un trouble de l’usage du cannabis (« cannabis use disorder » ou CUD) notamment en fonction du motif de leur consommation (médical, récréatif ou mixte). L’étude, publiée ce mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) a été menée au sein de l’Etat de Washington, ce qui est tout sauf un hasard : cet état progressiste sur la côte Pacifique est en effet le premier à avoir autorisé le cannabis à usage récréatif il y a de cela plus de dix ans en 2012.

Un trouble de l’usage plus grave chez les fumeurs récréatifs

Les auteurs de l’étude ont interrogé environ 1 500 fumeurs réguliers de cannabis, c’est-à-dire indiquant consommer du cannabis au moins une fois par mois. Parmi eux, 42,4 % indiquaient fumer du cannabis pour raison médicale, 25,1 % à titre récréatif tandis que 32,5 % disaient fumer à la fois pour raison médicale et à titre récréatif. Les personnes fumant pour raison médicale étaient généralement plus âgées que ceux consommant à titre récréatif. Les chercheurs de l’université de Washington ont ensuite demandé aux participants à l’étude s’ils présentaient l’un des onze symptômes reconnus par la dernière édition du DSM du trouble de l’usage du cannabis.

Au total, 21,3 % des consommateurs de cannabis interrogés présentaient au moins deux des symptômes listés, une situation synonyme d’un trouble de l’usage léger et 6,5 % en présentaient au moins quatre, ce qui correspond à un trouble de l’usage sévère. Si la proportion de personnes présentant un trouble de l’usage (en général) ne variait pas selon les types de consommation, tel n’est pas le cas en cas de trouble de l’usage sévère : les personnes fumant du cannabis à titre récréatif (7,2 %) ou faisant un usage mixte (7,5 %) étaient bien plus nombreuses à présenter de nombreux symptômes d’un usage problématique que ceux consommant du cannabis pour raison médicale (1,3 %).

De manière générale, les symptômes les plus fréquents rencontrés par les consommateurs de cannabis sont l’accoutumance, l’augmentation incontrôlée de la consommation et le manque. Plus spécifiquement, ceux fumant à titre récréatif rapportaient plus fréquemment qu’ils continuaient à fumer malgré des conséquences néfastes, qu’ils perdaient du temps à fumer et que la consommation les empêchait de remplir leurs obligations sociales.

Un argument contre la légalisation du cannabis ?

Les résultats de l’étude confirment ceux de précédentes recherches, notamment d’une méta-analyse mené en 2020 ayant conclu que 22 % des consommateurs de cannabis présentaient un trouble de l’usage.

« Même si beaucoup de personnes peuvent consommer du cannabis sans devenir dépendants, la prévalence du trouble de l’usage dans cette étude montre qu’il est important de comprendre qui est à plus grand risque de présenter un tel trouble afin de mieux éduquer le public et mieux former les professionnels de santé » commente le Pr Beth Cohen, professeur à l’université de Californie.

Selon les auteurs de l’étude, le fait que les personnes consommant du cannabis pour raisons médicales puissent présenter un trouble de l’usage devrait pousser les professionnels de santé à limiter leur prescription de cannabis et à privilégier des alternatives thérapeutiques plus sures.

Mais les chercheurs ne se risquent pas à entrer dans le débat politique sur l’opportunité de revenir ou non sur la légalisation du cannabis.

Source

Quentin Haroche

Comment les drogues et l’alcool affectent-ils le corps ?

De nombreuses personnes pensent que leur mode de consommation de drogues récréatives et d’alcool n’est pas problématique, car elles estiment pouvoir maîtriser leurs usages. Toutefois, c’est rarement le cas : il suffit de leur poser la question « imagines-tu ne pas boire d’alcool/consommer de drogue pendant une fête ? » pour se rendre compte que, si leur consommation n’est pas fréquente, elle relève néanmoins de l’addiction puisqu’elles ne peuvent pas se passer de ces produits dans certaines situations. De plus, les drogues et l’alcool ont des effets sur l’organisme dès leur première ingestion.

Comment les drogues et l’alcool affectent-ils le cerveau

Comment les drogues et l’alcool affectent-ils l’organisme ?

Combien de temps la drogue reste-t-elle dans le corps ? Cas de deux drogues : L’alcool et le cannabis !.

1. Le Cannabis

2. L’alcool

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ALCOOL, DROGUE, VITESSE :

Le nombre d’accidents mortels sur les autoroutes a augmenté de 43% en 2022, tuant 188 personnes, selon l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa).

Les accidents mortels sur autoroute ont augmenté de 43% en 2022, avec 188 tués, principalement des conducteurs jeunes (moins de 35 ans) fortement alcoolisés ou sous l’emprise de stupéfiants, selon des données du secteur publiées mercredi.

En plein chassé-croisé des vacances d’été, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa), qui publie ce bilan annuel, s’alarme d’une ….. Cliquez ici pour lire la suite

Mastercard agit contre le cannabis

Mastercard moves to block cannabis purchases using its debit cards. The payments giant told financial institutions to bar such transactions , citing the illegality of marijuana on a federal level. It’s a further blow to the cannabis industry.

Crack et cocaïne : pourquoi deux drogues si proches sont-elles traitées si différemment dans la sphère publique ?

Marie Jauffret-Roustide Research Fellow, Inserm

Marie Jauffret-Roustide a mené plusieurs études sur la prise en charge des usagers de crack dont une recherche intitulée Crack en Ile de France menée en collaboration entre l’Inserm et l’OFDT. https://www.ofdt.fr/publications/collections/resultats/synthese-des-principaux-resultats-de-letude-crack-en-ile-de-france/ Cette recherche a bénéficié d’un financement de la ville de Paris, de la Mildeca et de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France. Ce budget a servi à financer le salaire d’assistants de recherche. Le salaire de Marie Jauffret-Roustide est pris en charge par l’Inserm, aucune rémunération n’a été reçue de la part de ces financeurs.

« Affaire Pierre Palmade », scènes ouvertes de crack dans le nord-est de Paris… Ces dernières années, la cocaïne et le crack ont …………..CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA SUITE

Principaux arguments contre la légalisation du cannabis

Pr. Jean Costentin

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Légaliser le cannabis serait euthanasier notre société. Alors que ça craque / crack de partout, requérant de multiples corrections majeures, y ajouter la légalisation du cannabis asphyxierait notre société à bout de souffle

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