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Les chercheurs appellent à une action politique pour réduire la consommation d’alcool

Par : Giedre Peseckyte | EURACTIV.com

Selon les chercheurs, pour remédier à ce problème, il est urgent de sensibiliser le public au lien entre l’alcool et les cancers et d’accroître les interventions des pouvoirs publics pour réduire la consommation d’alcool dans les régions les plus touchées. [SHUTTERSTOCK]

Une étude du Lancet Oncology a révélé que 4 % de tous les cancers nouvellement diagnostiqués en 2020 pourraient être associés à la consommation d’alcool, dont la proportion la plus élevée, soit environ 6 %, se situe en Europe centrale et orientale.

Il a été démontré que la consommation d’alcool endommage l’ADN en augmentant la production de substances chimiques nocives dans l’organisme et nuit à la production d’hormones, ce qui peut contribuer au développement du cancer. L’alcool peut également aggraver les effets cancérigènes d’autres substances, comme le tabac.

L’étude mondiale évaluée par des scientifiques a montré que la consommation d’alcool était liée à plus de 740 000 nouveaux cas de cancer en 2020. Les cancers de l’œsophage, du foie et du sein représentaient le plus grand nombre de nouveaux cas, suivis des cancers colorectaux et des cancers de la bouche et de la gorge.

Selon les chercheurs, pour remédier à ce problème, il est urgent de sensibiliser le public au lien entre l’alcool et les cancers et d’accroître les interventions des pouvoirs publics pour réduire la consommation d’alcool dans les régions les plus touchées.

« Les stratégies de santé publique, telles que la réduction de la disponibilité de l’alcool, l’étiquetage des produits alcoolisés avec un avertissement sanitaire et les interdictions de commercialisation, pourraient réduire les taux de cancers dus à l’alcool », a déclaré Harriet Rumgay du Centre international de recherche sur le cancer.

Le contexte local, a-t-elle ajouté, « est essentiel pour une politique réussie en matière de consommation d’alcool et sera déterminant pour réduire les cas de cancer liés à la consommation d’alcool ».

Consommation d’alcool par personne de plus de 15 ans en 2016

L’étude estime que les hommes représentaient la majorité des cas de cancer associés à l’alcool, tandis que les femmes représentaient un peu plus d’un quart des cas.

Chez les femmes, les plus grandes proportions de cas de cancer attribués à l’alcool ont été estimées en Europe centrale et orientale, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Chez les hommes, les plus grandes proportions de cas de cancer liés à l’alcool ont été relevées en Europe centrale et orientale et en Asie de l’Est.

Malgré les politiques fiscales et tarifaires qui ont entraîné une diminution de la consommation d’alcool en Europe, l’Europe centrale et orientale, ainsi que la région de l’Asie de l’Est, présentaient les proportions les plus élevées de cas de cancer pouvant être associés à l’alcool, soit 6%. En comparaison, les proportions les plus faibles ont été observées en Afrique du Nord et en Asie occidentale, toutes deux inférieures à 1 %.

Alors que la consommation à risque et la consommation excessive d’alcool sont à l’origine de la plus grande proportion de cas de cancer, la consommation modérée d’alcool – l’équivalent d’environ deux verres par jour – représentait près d’un septième de tous les cas associés à l’alcool.

« Notre étude met en évidence la responsabilité d’une consommation d’alcool, même relativement faible, sur les taux de cancer, ce qui est préoccupant, mais elle suggère également que de petits changements dans le comportement de la population en matière de consommation d’alcool pourraient avoir un impact positif sur les futurs taux de cancer », a déclaré Mme Rumgay.

Contrairement à ces résultats, le plan européen de lutte contre le cancer présenté en février ne porte que sur la consommation nocive d’alcool.

Un cas de cancer sur vingt-cinq est lié à l’alcool, selon une étude

Le Centre international de recherche sur le cancer estime qu’environ 4 % des cas de cancer détectés dans le monde en 2020 sont liés à la consommation d’alcool, y compris « légère et modérée ».

Environ 4 % des cas de cancer détectés l’an dernier dans le monde (soit 740 000) sont liés à la consommation d’alcool, y compris modérée, selon des estimations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) publiées mercredi 14 juillet.

La plupart (86 %) de ces cancers attribuables à l’alcool sont associés à une consommation « à risque et excessive » (plus de deux boissons alcoolisées par jour), selon l’étude. Mais une consommation « légère à modérée » (jusqu’à deux verres d’alcool par jour) représente tout de même « un cas sur sept attribuables à l’alcool, c’est-à-dire plus de 100 000 nouveaux cas de cancer dans le monde » en 2020, estime dans un communiqué le CIRC, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cela montre « la nécessité de mettre en œuvre des politiques et des interventions efficaces pour sensibiliser le public au lien entre la consommation d’alcool et le risque de cancer, et pour réduire la consommation globale d’alcool », commente l’une des responsables du CIRC, la docteure Isabelle Soerjomataram.

Sept cancers listés

Publiée dans la revue médicale The Lancet Oncology, l’étude a listé sept cancers dont le risque est augmenté par la consommation d’alcool : cavité buccale, pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum, foie et sein chez les femmes (soit 6,3 millions de cas en 2020).

En croisant cela avec des données de consommation d’alcool par pays dix ans auparavant (le temps que la maladie se déclare), les chercheurs ont estimé que 741 300 de ces cancers (soit 4 % du nombre total de nouveaux cas de cancers dans le monde en 2020) pouvaient être directement liés à l’alcool.

« En 2020, les types de cancer avec le plus grand nombre de nouveaux cas associés à la consommation d’alcool étaient le cancer de l’œsophage (190 000 cas), le cancer du foie (155 000 cas) et le cancer du sein chez les femmes (98 000 cas). »

La Mongolie est le pays où la proportion de nouveaux cas de cancers liés à l’alcool est la plus haute (10 %, 560 cas). C’est au Koweït, pays musulman où la consommation d’alcool est interdite, qu’elle est la plus basse (0 %, 5 cas). Cette proportion est estimée à 5 % en France (20 000 cas), 4 % au Royaume Uni (16 800), 3 % aux Etats-Unis (52 700) ou encore 4 % en Allemagne (21 500).

En outre, les hommes représentent environ les trois quarts du total des cas de cancer attribuables à l’alcool (567 000 cas).

L’étude comporte toutefois des limites, souligne The Lancet Oncology dans un communiqué. D’une part, elle ne prend pas en compte les interruptions de soins dues à la pandémie de Covid-19, qui ont pu conduire à sous-diagnostiquer certains cancers l’an dernier. D’autre part, elle n’intègre pas les interactions entre la consommation d’alcool et d’autres phénomènes comme le tabac ou l’obésité, auxquels des cancers peuvent aussi être imputés.

Source Le Monde

Addictions : les jeunes peu conscients des risques

Par Jean-Guillaume Bayard
Les jeunes ont tendance à minorer les risques du tabac, de l’alcool des drogues et des écrans. Du côté des médecins généralistes, la prévention concerne surtout le tabac mais reste encore trop faible pour l’alcool et le cannabis.

Addictions : les jeunes peu conscients des risques

ANTONIOGUILLEM/ISTOCK




L’ESSENTIEL

  • 84% des interrogés boivent de l’alcool, 56% fument du tabac, 36% du cannabis, 5% consomment des drogues dures et 41% déclarent passer plus de 6 heures par jour devant un écran.
  • La perception du risque est relativement élevée pour les drogues dures mais baisse drastiquement pour le tabac et le cannabis tandis que l’alcool et les écrans paraissent banalisés.
  • La consommation de ces substances a des conséquences à court terme chez les jeunes.

La pandémie, les mesures restrictives et l’augmentation du télétravail ne sont pas sans conséquence sur les addictions des Français. Parfois, reconnaître une addiction peut être difficile, notamment chez les jeunes qui ont tendance à minimiser les risques liés au tabac, à l’alcool, la drogue ou même aux écrans. C’est ce que montre un sondage mené par Ipsos pour le groupe d’assurances la Macif sur des jeunes de 16 à 30 ans.

Un cocktail de substances

Chez les jeunes, la substance la plus consommée est l’alcool puisque 84% des interrogés indiquent en boire. Derrière, se trouve le tabac (56%) et le cannabis (36%). Enfin, il y a les drogues dures dont la prise régulière concerne 5% des jeunes. Mais ce n’est pas tout puisque le sondage a également évalué l’addiction liée aux écrans et les résultats révèlent que 41 % des jeunes interrogés déclarent passer plus de 6 heures par jour devant.

L’usage de ces différentes substances peut s’additionner et entraîner une poly-consommation. “Quand on prend une drogue dure, systématiquement, on boit de l’alcool et on fume”, insiste Adeline Merceron, responsable de l’activité santé chez Ipsos. Ce cocktail de substances peut poser problème et empêcher de sortir du cercle vicieux de la consommation. “Il peut y avoir interaction entre les substances, relève Cécile Masset, médecin scolaire à l’université catholique de Lille. Quand on va essayer de vous sevrer, il risque d’y avoir transfert de dépendance ; par exemple, si un jeune arrête l’alcool, il va fumer davantage.” Les écrans aussi sont présents dans ce mélange puisque la prise régulière de produits est corrélée à une augmentation du temps passé devant ceux-ci.

Des conséquences minimisées

Ce que le sondage met principalement en lumière c’est le manque de conscience des risques encourus par les adolescents. “On sait qu’au niveau des addictions, c’est à l’adolescence que tout se joue, assure Emmanuel Petit, en charge de la prévention à la Macif. De toute façon, ils vont tester ces substances, donc autant leur donner les clefs de compréhension pour le faire dans un environnement sécurisé.” Il apparaît à travers ce sondage que la perception du risque est relativement élevée pour les drogues dures mais baisse drastiquement pour le tabac et le cannabis tandis que l’alcool et les écrans paraissent banalisés. “Souvent, ces jeunes ont une illusion de contrôle, ajoute Jessica Sautron, psychologue et thérapeute spécialiste de la famille. Mais la prise de conscience intervient au moment d’une faillite, : une séparation, un retrait de permis, la perte d’un travail.”

Sans attendre le long terme, la consommation de ces substances a des conséquences à court terme chez les jeunes. Le sondage révèle que 52 % des jeunes ont perdu le contrôle d’eux-mêmes au moins une fois au cours des 12 derniers mois, après avoir consommé une de ces substances. Et un sur cinq au moins dix fois dans l’année. Les résultats révèlent que 14% sont du fait du cannabis, 7 % de drogue dure et 61 % des écrans interactifs. Cela entraîne beaucoup de bad trips, de l’échec scolaire et professionnel pour 30 %, et un isolement pour 27 %. Enfin, pour 20 %, cette consommation, généralement festive, provoque des pensées suicidaires, 29 % des agressions physiques et sexuelles, et 14 % un accident de circulation.

Le travail préventif des généralistes varie selon les substances

En parallèle de ce sondage, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier deux études sur les opinions et pratiques des médecins généralistes libéraux en matière de prévention. En première ligne concernant la prévention, il apparaît dans ces recherches que les médecins font quasiment systématiquement ce travail préventif sur les risques liés à la consommation de tabac mais avec plus de parcimonie concernant l’alcool et le cannabis. Dans les chiffres, 66% d’entre eux font ce repérage pour chacun de leurs patients pour le tabac mais cela tombe à 43% pour l’alcool et chute à 24% pour le cannabis.

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Le gouvernement veut lutter contre le tabac et l’alcool pour réduire les cancers

Le gouvernement veut lutter contre le tabac et l'alcool pour reduire les cancers
Le gouvernement veut lutter contre le tabac et l’alcool pour réduire les cancers© AFP/Archives/ROSLAN RAHMAN

Aller vers une France sans tabac, ce qui inclut de nouvelles hausses des prix, et limiter les excès d’alcool sont deux axes majeurs de la stratégie de lutte contre le cancer pour les dix années à venir, détaillée lundi par le gouvernement.

Les grandes lignes de cette stratégie décennale 2021-2030 avaient été annoncées en février par le président Emmanuel Macron, et le premier comité de pilotage s’est réuni lundi.

L’un des principaux objectifs de ce plan est de « réduire de 60.000 par an le nombre de cancers évitables à horizon 2040 », indique le Premier ministre Jean Castex dans le dossier de présentation.

Selon les chiffres officiels, 382.000 personnes apprennent chaque année qu’elles sont touchées par un cancer et 157.500 en meurent. Or, on estime que 153.000 cancers par an pourraient être évités.

C’est pourquoi l’action publique doit être guidée par « la perspective d’une France affranchie du tabac », selon les termes du plan. Avec 45.000 morts par an, le tabac est en effet « le premier facteur de risque de cancer ».

Le gouvernement veut donc poursuivre l’action menée dans le cadre de la lutte anti-tabac ces dernières années, qui a permis de faire baisser d’1,6 million le nombre de fumeurs entre 2016 et 2018.

« Le prix de vente de tous les produits du tabac devra converger vers les prix les plus hauts, pratiqués par les pays les plus avancés sur ce sujet (AustralieRoyaume-Uni, Irlande) », selon le plan.

Plusieurs hausses de prix ont été imposées en France ces dernières années, et le paquet de 20 cigarettes coûte désormais environ 10 euros. Mais en Australie, cela peut aller jusqu’à l’équivalent de 30 euros.

Juste derrière le tabac, « l’alcool est le deuxième facteur de risque de cancer ».¨Pourtant, « son image est positive pour la population qui l’associe à la fête, à la convivialité et au plaisir ».

C’est pourquoi la stratégie de réduction envisagée n’est pas la même que contre le tabac: il faut « prendre en compte la dualité +risque/plaisir+ propre à la consommation » d’alcool.

L’objectif n’est donc pas le zéro alcool, mais la diminution des consommations excessives, supérieure aux repères établis par les autorités sanitaires.

Cela passe par l’adoption d’un « programme national de prévention du risque alcool, interministériel et pluridisciplinaire ».

Les autres objectifs de la stratégie de lutte contre le cancer sont de « réaliser 1 million de dépistages en plus à horizon 2025, réduire de 2/3 à 1/3 la part des patients souffrant de séquelles 5 ans après un diagnostic, améliorer le taux de survie des cancers de plus mauvais pronostic à horizon 2030 », selon M. Castex.

Pour renforcer le dépistage du cancer colorectal, à partir d’octobre prochain, toute personne éligible pourra recevoir le kit nécessaire à domicile, après une commande en ligne, sans consultation médicale préalable.

En février, M. Macron avait indiqué que cette stratégie décennale s’appuierait sur un financement de 1,7 milliard d’euros pour les cinq premières années, dont 600 millions d’euros pour la recherche.

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Les magasins vendant de l’alcool désormais tenus de vendre des éthylotests

REPORTAGE – Dorénavant, tous les commerces qui vendent de l’alcool à emporter doivent aussi vendre des éthylotests. Comment cette mesure est-elle perçue par les clients et les commerçants ?

Depuis quelques jours, Karine Bricout, caviste, a pris les devants. Bien en évidence sur son comptoir, les nouveaux éthylotests sont proposés à la vente, à 1,30 euro l’unité. Il y en a deux : le bleu pour les jeunes conducteurs et le jaune pour tous les autres automobilistes. En effet, la limite d’alcool autorisée n’est pas la même.

Les avis sur les éthylotests sont partagés. « Ça peut être utile pour les personnes qui se sentent responsables. Mais si ce n’est pas imposé, je ne vois pas trop l’utilité » ; « Pour la sécurité, ça peut aider à la prévention et à inciter les gens à en acheter », lancent des clients.

Avec cette nouvelle mesure, vous pouvez aussi trouver des éthylotests dans les stations-services et normalement partout où il y a de l’alcool à emporter, sauf dans les bars et les restaurants. Dans l’hypermarché E.Leclerc à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les tests ont fait leur apparition depuis quelques jours. Une mesure qui laisse sceptique Jérémy Bellais, chef de rayon. Pourtant, la plupart des clients croisés dans le reportage en tête d’article se disent partants.

Que peut-on faire pour réduire sa consommation d’alcool ?

Publié le 30/06/2021

Si vous voulez réduire la quantité d’alcool que vous consommez ou arrêter complètement de boire, voici ce qu’il faut faire.

Pressions sociales

La société considère souvent qu’il est socialement inacceptable de ne pas boire d’alcool. Vous serez considéré comme triste si vous choisissez de rester sobre. On vous bombardera de questions comme « Êtes-vous enceinte ? » ou « Êtes-vous alcoolique ? » Il y a même des pressions pour qu’on « se contente d’en prendre un » ou « c’est une occasion spéciale, prenez un verre ».

Bénéfices pour la santé

Réduire votre consommation d’alcool peut avoir d’énormes avantages pour votre santé. Vous dormirez mieux. Vous allez perdre du poids. L’état de votre cœur et de votre foie commencera à s’améliorer. Les relations sociales deviendront encore plus significatives parce qu’elles ne sont pas étroitement liées à l’alcool.

Mesures à prendre

Si vous avez pris la décision de réduire votre consommation d’alcool, voici six suggestions de AF Drinks pour commencer votre voyage.

Pourquoi être « sober curious »

Savoir clairement pourquoi vous le faites aide beaucoup. Si vous comparez les effets d’une bière sur votre corps et le fait de se sentir comme un champion à 6 heures du matin, dire non est facile.

Commencer simplement

Beaucoup de gens utilisent l’alcool pour s’installer dans une situation sociale, mais souvent n’importe quelle boisson fait l’affaire. Essayez de siroter de l’eau gazeuse pendant environ une demi-heure, puis demandez-vous si vous aimeriez boire.

Tester les eaux et les sodas

Tu as déjà été sobre à un mariage ? Essayez et restez ouvert à l’expérience. Vous découvrirez peut-être une toute nouvelle dynamique que vous n’avez jamais vue auparavant.

Ne pas répondre aux questions si vous ne voulez pas

On vous demandera pourquoi vous ne buvez pas, mais vous n’avez pas à répondre. Faites juste un sourire et dites, « Je n’ai pas envie », ou « J’aimerais vraiment ne pas boire en ce moment. »

Parlez en à vos amis

S’ils sont bons, ils vous soutiendront, proposeront des options plus intéressantes et ils vont vous aider à mettre fin aux situations de pressions.

La toxicomanie, un problème de santé publique en pleine expansion

ACTUALITÉS juin 27, 2021 Mise à jour: juin 27, 2021

La toxicomanie, un problème de santé publique qui ne cesse d’augmenter. C’est ce qu’affirment la Fundación de Ayuda contra la Drogadicción (FAD) et l’expert en traitement Xavier Fàbregas, dans le cadre de la Journée mondiale contre les drogues, le 26 juin. Une maladie qui est passée d’une préoccupation majeure à un camouflage parmi les problèmes quotidiens.

Sortir avec des amis, boire quelques verres et rentrer en rampant. « Des choses que nous avons tous vécues à un moment de notre vie », confesse le Dr Xavier Fàbregas, fondateur du Mas Ferriol, un centre spécialisé dans le traitement des addictions et de la santé mentale.

Une consommation de drogues légales, dit Fábregas, qui se fait dans le but de socialiser et de passer un bon moment.

Cependant, lorsque ce but n’est plus de passer du bon temps, mais d’échapper aux problèmes, c’est là que la sonnette d’alarme se déclenche.

Et c’est que l’expression « noyer son chagrin dans l’alcool » n’est pas dite pour rien. Selon l’expert, c’est pour cette raison même qu’une dépendance de ce calibre commence.

« Il faut savoir que ce qui génère la dépendance n’est pas tant la recherche du plaisir que la recherche de la non-douleur. Vous avez des problèmes avec ces substances parce que la consommation est faite pour arrêter la pensée. Pour arriver à ce moment où vous ne ressentez plus rien », précise le Dr Fàbregas.

Selon la Fondation d’aide contre la toxicomanie (FAD), il s’agit de l’un des problèmes de santé publique les plus graves auxquels la société est confrontée.

Se présentant toujours comme un problème de première ligne, la préoccupation de la population à l’égard de la consommation de drogues est passée de la deuxième à la vingtième place, selon les données du Centre de recherche sociologique (CIS).

Table des matières

La consommation de drogues est en hausse dans le monde

Environ 275 millions de personnes ont consommé une drogue au cours de l’année écoulée, soit une augmentation de 22 % depuis 2010. Et plus de 36 millions de personnes ont de graves problèmes de toxicomanie.

Ce sont les données du Rapport mondial sur les drogues 2021 que l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a publié à l’occasion de la Journée mondiale de la drogue.

Pour la directrice générale de la FAD, Beatriz Martín Padura : « Les données inquiétantes fournies par le rapport de l’ONU nous rappellent que la consommation de drogues reste l’un des plus grands problèmes de santé publique auxquels nous sommes confrontés et que nous ne pouvons pas nous en désintéresser. »

La consommation a augmenté en particulier dans les pays en développement en raison de la croissance démographique, de l’arrivée d’une nouvelle génération de drogues synthétiques moins chères, de l’expansion de l’utilisation d’opioïdes tels que le tramadol en Afrique et de la puissance accrue de ces substances, ce qui a entraîné une augmentation de la létalité et des décès par overdose, notamment dans ces pays.

En revanche, en Europe, les décès par overdose avoisinent les 8 500, ce qui est loin des plus de 50 000 décès dus aux opioïdes aux États-Unis.

Les Nations unies prévoient que d’ici à 2030, le nombre de personnes consommant des drogues augmentera de 11 %, ce chiffre pouvant atteindre 40 % dans certains pays africains.

Pour Martín Padura, ces données « doivent nous faire réfléchir à notre responsabilité. En Espagne, nous avons connu une grande crise dans les années 80, mais avec beaucoup d’efforts et de ressources, la situation s’est stabilisée, même s’il s’agit sans aucun doute d’un problème de santé grave ».

« Dans les pays plus défavorisés qui ne disposent pas des mêmes ressources, notamment en Afrique, la drogue est une épidémie qui compromet leurs chances de développement. Il est de la responsabilité mondiale de prendre des mesures de soutien conjointes, notamment des mesures de prévention, pour mettre fin à cette escalade », ajoute-t-il.

Selon les Nations unies, la drogue la plus populaire est le cannabis, avec environ 200 millions de consommateurs, suivi des opioïdes avec 62 millions, et de la cocaïne avec 20 millions.

Les drogues sont moins préoccupantes qu’auparavant

« Il y a beaucoup, beaucoup d’autres choses qui nous préoccupent plus officiellement que le problème de la toxicomanie. Pour la population générale, le chômage, la situation politique, la corruption ou le changement climatique restent des sujets de préoccupation. Des questions qui ont plus d’intérêt public que le problème de la drogue », regrette le Dr Fàbregas.

C’est pourquoi le spécialiste du traitement des dépendances lance un message fort à l’occasion de la Journée mondiale contre la drogue : on peut sortir de la drogue, mais il faut le faire avec un message totalement différent de celui qui a été donné jusqu’à présent, au-delà de l’abstinence.

Lorsqu’on parle de drogues, beaucoup de gens pensent à des choses comme la cocaïne, l’héroïne ou d’autres types de « drogues de synthèse ». Mais le concept va plus loin.

« Les drogues sont des substances qui ont le pouvoir de générer une dépendance. Et nous définirions la dépendance comme l’utilisation de la drogue malgré les conséquences négatives qui l’accompagnent. »

Le spécialiste précise donc que l’alcool, si présent dans notre vie quotidienne, est également considéré comme un type de drogue.

Cependant, elle n’est pas perçue comme un facteur de risque, comme c’est de plus en plus le cas pour des drogues comme le cannabis, car la « culture méditerranéenne s’est installée » dans notre société.

« En Méditerranée, il est normal que nous célébrions tout avec de l’alcool. Baptêmes, communions, mariages… Nous l’avons assimilé à une consommation normale, mais cela ne veut pas dire que, pour d’autres personnes, c’est un très gros problème de santé ».

Suivant cette définition, le Dr Fàbregas précise que les médicaments ou même la malbouffe peuvent également être considérés comme des médicaments.

« Nous savons qu’il y a beaucoup de substances qui sont ajoutées à la malbouffe pour la rendre plus addictive. C’est génial, mais c’est la même chose qui a été faite avec le tabac. Il y a des tonnes d’arômes et de substances qui sont uniquement destinés à rendre cet aliment plus addictif. »

Un autre élément dans une liste sans fin de fronts de bataille à combattre pour parvenir à une société saine.

Les médicaments, quant à eux, peuvent avoir été prescrits, mais ce qui a commencé par une ordonnance peut aussi se terminer par une dépendance, dit-il.

Un motif plus personnel

Selon le Dr Fàbregas, une dépendance est considérée comme n’importe quelle autre maladie, mais avec une caractéristique particulière : c’est la seule dans laquelle le patient fait tout pour se rendre plus malade.

« Avec la pneumonie, on ne se met pas à la fenêtre en hiver pour attraper un mauvais rhume. D’autre part, dans les addictions, il y a ce facteur contradictoire. Vous devez comprendre que l’origine des addictions n’est pas logique ».

Un profil plus jeune

Cet expert prévient que le profil des toxicomanes est de plus en plus jeune. Aujourd’hui, trouver des jeunes de 13 ans en train de fumer avant un cours, explique-t-il, n’est plus choquant.

« Malheureusement, nous constatons que les gens commencent à consommer à un âge très précoce ».

Selon le médecin, l’erreur réside dans le message qui a été lancé sur les drogues, dans lequel prédominent les interdictions et les limitations.

« Il est très difficile d’apprendre avec ces messages négatifs. Il faut faire comprendre aux gens que c’est précisément le côté positif des drogues qui les rend accros. Parce que si l’expérience est très désagréable, personne ne la répétera », dit-il.

« Je pense que ce message qui parlait du toxicomane comme d’un perdant a été très bien reçu. Comme un perdant parce qu’il perdait ces choses importantes dans sa vie de tous les jours. Et que ce que nous devions faire, c’était de les récupérer à nouveau, afin qu’ils servent de compensation à ce renoncement », conclut-il.

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9 idées reçues sur l’alcool dont il est temps de se défaire

© Getty Images1/9 – La bière, ça désaltère


Faux. C’est une impression uniquement. La bière ne désaltère pas. Elle contient de l’éthanol, une molécule qui déshydrate en favorisant l’élimination de l’eau dans le corps. Il n’y a que l’eau qui déshydrate…© Getty Images/EyeEm2/9 –

 Le vin est meilleur pour la santé que le whisky
Faux. On a parfois l’impression que parce que la boisson est moins forte au goût, moins concentrée en degrés d’alcool, elle est moins « mauvaise ». Mais c’est faux. Toutes les boissons contiennent de l’éthanol, et c’est dangereux dans tous les cas. D’autre part, un verre de vin (10cl), équivaut à un verre de pastis (2,5cl), à un verre de whisky (2,5cl), à un demi de bière (25cl)…© Getty Images/Westend613/9 – 

Nous ne sommes tous égaux face à l’alcool
Vrai. Les hommes supportent mieux l’alcool que les femmes. Encore une injustice liée au genre ? En tout cas, pour la même dose d’alcool ingérée, le taux d’alcool dans le sang sera moins élevé chez un homme que chez une femme. En cause ? La corpulence globalement moins élevée des femmes. Le corps des femmes comporte en général moins d’eau et plus de graisse que celui des hommes, donc l’alcool a moins de liquide pour se répartir. Le foie des femmes met plus de temps à éliminer l’alcool.© Shutterstock4/9 – 

L’alcool rend plus fort
Faux. Les calories de l’alcool n’apportent aucune énergie. Ce sont tout simplement des calories « vides » car elles ne fournissent ni vitamines, ni sels minéraux, ni protéines…© Getty Images5/9 – L’alcool fait grossir
Vrai. L’alcool est très calorique. Quel qu’il soit. L’alcool pur correspond à 7 calories par grammes. Rien que dans un verre de whisky (3cl), il y a 70 calories.  En plus, l’alcool favorise le stockage des graisses. Le ventre à bière, ce n’est pas un mythe !© Getty Images6/9 – 

L’alcool, ça réchauffe
Faux. L’alcool donne l’impression d’être réchauffé. C’est parce que vos vaisseaux sanguins se dilatent sous la peau que vous avez l’impression d’avoir chaud. Mais en réalité, c’est l’inverse qui se produit : votre température interne baisse. Attention alors, car vous devenez plus vulnérable à la température extérieure.© Getty Images7/9 – 

Une cuite de temps en temps, ce n’est pas grave
Faux. Effectivement, ce n’est pas avec une cuite occasionnelle que vous allez automatiquement devenir dépendant. Mais… une consommation d’alcool excessive désinhibe, et met, de fait en danger. Par ailleurs, vous risquez d’être malade, de vous blesser accidentellement, de ne pas voir vos limites et de faire un coma éthylique… Sans parler des simples maux de tête du lendemain.© Getty Images/EyeEm8/9 – Faire du sport aide à éliminer l’alcool plus vite
Faux. Le seul remède pour éliminer l’alcool, c’est la patience. Il n’existe aucun moyen de dessoûler à vitesse grand V. Pour éliminer un verre d’alcool, il faut attendre 1h30.© Getty Images9/9 – 

En petite quantité, l’alcool n’est pas mauvais pour la santé
Faux. Dès le premier verre, l’alcool est néfaste. Par définition, compte tenu de ce qu’il demande comme effort au corps pour le digérer, il ne peut pas être « bon ».  Des études ont prouvé que dès le premier verre consommé, les risques de développer un cancer augmentent.  Le maximum recommandé est de 2 verres par jour, pas tous les jours. Plus on consomme, et plus les risques augmentent.

[DIAPORAMA] Certains alcools « moins pires » que d’autres, un verre de whisky qui « donne des forces », la bière qui désaltère… les idées reçues sur l’alcool sont nombreuses mais rarement vraies. On fait le point avec les médecins addictologues d’Alcool-info service.

Les Français ont davantage bu en confinement, et depuis le déconfinement, le beau temps et la ré-ouverture des terrasses, l’apéro est devenu une religion… Mais l’alcool est l’ennemi de la santé, ne l’oublions pas ! Voici des idées reçues sur l’alcool, expliquées par Alcool Info Service, dont il est grand temps de se défaire.

10 idées de boissons sans alcool

L’ALCOOL EST MAUVAIS DÈS LE PREMIER VERRE

« Oh ça va, un verre d’alcool n’a jamais tué personne… » Cette phrase que l’on a tous entendu, et qui dédramatise la consommation d’alcool nécessite d’être explicitée. D’abord, l’alcool, même consommé en petite quantité est mauvais pour la santé. Ensuite, « une cuite de temps en temps » peut poser problème. Pas forcément en terme de dépendance, mais simplement d’effets secondaires : l’alcool désinhibe, rend vulnérable, rend malade aussi…

« Oui mais moi ça va, je ne bois que du vin« . Un verre de vin n’est pas « meilleur » pour la santé qu’un verre de whisky… De la même manière que la « bière qui désaltère » est un mythe. D’autre part, le vin (comme tous les alcools !) est calorique et a tendance à entraîner un stockage des graisses. Le « ventre à bière » n’est pas un mythe.

QU’EST-CE QU’ON, BOIT QUAND ON VEUT ÉVITER L’ALCOOL ?

« L’alcool n’apporte rien : ni vitamines, ni fibres, ni minéraux, ni protéines, ni bonnes graisses, ni sucres intéressants. Ce ne sont que des calories, rappelle Tiffany-Skye Varenne, diététicienne-nutritionniste à Nantes. Sans alcool, on a les yeux en face des trous, on fait des choix conscients, on maintient une bonne santé sur le long terme et on régule son poids. » Alors que boire pour avoir l’impression de participer à la fête ? Chaque option a ses avantages et inconvénients.

>> Une eau aromatisée. C’est un excellent choix, car ces boissons contiennent zéro calories et zéro sucre. Dans tous les cas, on préfère des préparations à base d’eau plate ou gazeuse plutôt que de soda ou de limonade. « Une menthe à l’eau, qui ne compte que 24 calories par verre, est plus intéressante qu’un diabolo menthe (où de la limonade est utilisée à la place de l’eau), pouvant aller jusqu’à 90 calories et 30 g de sucre », explique Tiffany-Skye Varenne.

>> Un jus de fruit. Attention, les jus ne sont pas tous égaux : comptez 110 calories pour un verre de 25 cl de jus d’orange pressé, 57 calories pour le jus de tomates et environ 135 calories pour un nectar d’abricots. « Les fibres des légumes se perdent au moment de l’extraction, mais ces jus restent moins sucrés que ceux à base de fruits », suggère Laurianne Chignard Henneveu, diététicienne nutritionniste à Nantes. Méfiez-vous cependant des compositions : certains « green juices » contiennent certes quelques pourcentages d’épinards ou de concombre, mais sont souvent faits avec une majorité de jus de pomme ou de raisin, et sont donc aussi sucrés qu’un jus de fruits. Pour un choix vraiment minceur, on opte pour des jus 100 % légumes avec une base de concombre (très aqueux), agrémentée de menthe, de fenouil ou d’épinard pour donner du goût.

>> Une bière sans alcool. Elle contient environ 30 % de sucre en moins que sa version alcoolisée, « mais aussi du magnésium, du potassium et des vitamines du groupe B », précise Laurianne Chignard Henneveu. Une bouteille de 25 cl à 27 Cal. pour 100 cl apporte 68 calories : il s’agit d’une alternative intéressante, notamment si vos collègues ont tous une bière à la main le vendredi soir. Surtout quand on sait qu’une bière classique contient environ 190 Cal. et 12 g de glucides par pinte, et jusqu’à 282 Cal. et 28 g de glucides lorsqu’elle est aromatisée à la tequila.

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Contre l’alcool au volant pendant l’Euro, ce spot belge est redoutable

Dans ce clip de prévention, un homme ultra-riche a fait fortune en pariant sur la mort des jeunes tués sur la route.

BELGIQUE – Limiter le nombre de morts sur la route, à tout prix. Pendant l’Euro, les Belges s’engagent pour réduire les risques d’accident au volant. Comme vous pouvez le voir dans le spot publicitaire ci-dessusBruxelles Mobilité, l’équivalent de la Sécurité routière en Belgique, s’attaque à la conduite sous influence. Leur dernière campagne très second degré détourne les codes des paris sportifs pour cibler les jeunes. Et rappeler que, quel que soit le moyen de déplacement, la conduite sous l’emprise de drogue ou d’alcool peut être mortelle.

Selon le service public régional de la capitale belge, l’alcool et les drogues jouent un rôle dans 13% des accidents graves -c’est-à-dire avec des morts et blessés graves- à Bruxelles. L’usage de certaines substances constitue une “tendance” problématique. Ainsi, on apprend qu’en 2020, 14% des conducteurs bruxellois de moins de 34 ans affirmaient par exemple inhaler au moins une fois par mois du gaz hilarant avant de prendre la voiture. 

L’euphorie du déconfinement, la période de l’Euro et la popularité des Diables rouges renforcent les craintes d’une conduite à risque dans la capitale belge. Avec ce spot de prévention volontairement cynique, Bruxelles Mobilité espère marquer les esprits.

En France, un spot avec Philippe Etchebest

En France, la réouverture des terrasses avait suscité les mêmes inquiétudes. La Sécurité routière s’est offert un clip avec le célèbre cuisinier et juré de “Top Chef” Philippe Etchebest. Tout est bon pour inciter les jeunes à ne pas prendre le volant après avoir consommé de l’alcool. 

Pour rappel, dans l’Hexagone, il est interdit de conduire avec un taux d’alcool dans le sang supérieur ou égal à 0,5 g/l de sang (ou 0,2 g/l si vous avez un permis probatoire). Le taux d’alcool maximal autorisé est de 0,5 g/l de sang soit 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré.

Chaque verre consommé fait monter le taux d’alcool de 0,20 g à 0,25 g en moyenne, explique la Sécurité routière sur son site. Ce taux peut augmenter en fonction de l’état de santé, du degré de fatigue ou de stress, mais aussi en lien avec le tabagisme ou simplement avec les caractéristiques physiques de la personne: pour les plus minces, chaque verre peut représenter un taux d’alcool de 0,30 g.

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